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	<title>Yémen &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Yémen, 8 ans de guerre inutile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Apr 2022 13:22:51 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-16892 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_327_D3_LQ_18d751fe98-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_327_D3_LQ_18d751fe98-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_327_D3_LQ_18d751fe98-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_327_D3_LQ_18d751fe98.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Ce devait être une « Tempête décisive ». En 2015, à peine arrivé au pouvoir, le Prince héritier d&rsquo;Arabie Saoudite Mohammed Ben Salmane lançait une vaste coalition militaire contre les Houthis au Yémen. Cette organisation chiite, en conflit avec le gouvernement central yéménite depuis le début de la guerre civile en 2014, constituait alors une menace sécuritaire sur la frontière sud du royaume wahhabite, d&rsquo;autant plus grande que l&rsquo;Iran, son parrain régional, la soutenait sur le plan logistique et idéologique. Riyad, armée par les meilleures industries de défense du monde – celles de la France et des Etats-Unis en tête – ne pouvait que l&#8217;emporter rapidement face à des rebelles issus du pays le plus pauvre du monde arabe, et tel était le récit officiel porté jusqu&rsquo;à Washington.</p>
<p>Huit ans plus tard, la « Tempête » n&rsquo;a eu aucun impact décisif sur le mouvement insurrectionnel. La guerre civile s&rsquo;est muée en affrontement régional entre l&rsquo;Arabie Saoudite et l&rsquo;Iran, qui a équipé les Houthis, ses proxies locaux, en drones de pointe et missiles balistiques d&rsquo;une sophistication telle qu&rsquo;ils ont pu frapper sans difficulté les infrastructures pétrolières saoudiennes proches de la capitale. Irrésolue depuis huit ans, la guerre a en revanche détruit la moitié du pays et engendré la plus grave catastrophe humanitaire de ce début de siècle.</p>
<p>On peut s&rsquo;étonner que l&rsquo;une des principales puissances du monde arabo-musulman ait été mise en échec si longtemps par une milice, certes soutenue par Téhéran, mais ne disposant pas de l&rsquo;ampleur des moyens militaires de l&rsquo;Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis, son principal allié au sein de la coalition.</p>
<div></div>
<p>La stratégie militaire saoudienne constitue une première erreur qui explique la durée de la guerre. En ne faisant aucune distinction entre frappes civiles et militaires, en multipliant les attaques contre les Yéménites dans l&rsquo;exercice de leur quotidien – au cours de mariages, ou de funérailles comme en 2016 à Sanaa – les Saoudiens se sont aliénés la population adverse, soumise à un lourd blocus économique et à des massacres qui l&rsquo;ont naturellement rendue plus sensible au discours présentant les Houthis comme une force de résistance. Cet état de fait a largement facilité le recrutement de volontaires par la milice, certes aussi peu exemplaire que ses adversaires – elle est accusée d&rsquo;user d&rsquo;enfants-soldats et d&rsquo;un gouvernement autoritaire dans les zones qu&rsquo;elle contrôle – mais s&rsquo;imposant comme l&rsquo;une des rares possibilités de survie dans un pays où 23 millions d&rsquo;habitants souffrent de la faim du fait de la guerre. Ce faisant, les Saoudiens se sont également discrédités sur la scène internationale, notamment aux yeux des Etats-Unis, accusés d&rsquo;être complices de crimes de guerre. A peine élu, Joe Biden a retiré les Houthis de la liste américaine des organisations terroristes et gelé les ventes d&rsquo;armes à Riyad.</p>
<p>Bien que mieux équipée, l&rsquo;Arabie Saoudite par son amateurisme dans la sphère militaire et l&rsquo;imprécision de ses frappes  – volontaire ou accidentelle, le doute persiste &#8211; aura contribué à durcir l&rsquo;opposition yéménite et à prolonger indéfiniment une guerre extrêmement coûteuse pour ses finances. Entre 2015 et 2019, le conflit aurait coûté plus de 700 milliards de dollars à Riyad, un budget qui n&rsquo;aura pas été dédié à sa transition économique, contrairement aux objectifs de « MBS » pour son pays.</p>
<div></div>
<p>Seconde erreur de taille, s&rsquo;attaquer à une organisation soutenue de longue date par l&rsquo;Iran, nation autrement plus performante que le royaume wahhabite en matière de guérilla par proxy. Téhéran a en effet eu quarante ans pour perfectionner ce type d&rsquo;affrontement, et surtout le maintenir dans le temps afin d&rsquo;affaiblir ses adversaires. Le véritable échec de Riyad est d&rsquo;avoir, en huit ans, permis à une organisation insurrectionnelle de devenir une réelle force militaire et un interlocuteur incontournable pour définir l&rsquo;avenir du Yémen.</p>
<p>Le bilan saoudien est donc désastreux et dépourvu du moindre bénéfice. L&rsquo;abdication du président yéménite Abdou Rabou Mansour Hadi jeudi dernier et la passation de pouvoir à un conseil présidentiel, deux jours après l&rsquo;entrée en vigueur d&rsquo;un cessez-le-feu de deux mois, sont dès lors apparues comme des tentatives désespérées de la part de l&rsquo;Arabie Saoudite pour négocier avec les Houthis et tenter d&rsquo;enrayer le cycle de la violence ouvert en 2015. A cette fin, le royaume prévoit déjà d&rsquo;user, comme à son habitude, de sa « diplomatie du porte-feuille » : il a déjà promis au gouvernement transitoire, de concert avec les Emirats Arabes Unis, une aide de 3 milliards de dollars, dont un tiers uniquement dédié à renflouer la banque centrale yéménite. Il faudra sans doute changer de stratégie face aux Houthis, qui ont d&rsquo;ores et déjà dénoncé le nouveau conseil comme illégitime et refusé d&rsquo;entamer les négociations à Riyad. Veulent-ils seulement la paix ? Il est permis d&rsquo;en douter, tant le conflit lui-même leur aura permis de gagner en puissance et d&rsquo;amoindrir l&rsquo;influence saoudienne dans la région, suivant en cela les objectifs de l&rsquo;Iran. Par ailleurs, l&rsquo;association, au sein de ce conseil, de huit membres défendant tous des intérêts divergents quant à l&rsquo;avenir du Yémen (les uns militant pour la cause saoudienne, quand d&rsquo;autres rêvent d&rsquo;un Yémen du Sud indépendant) risque de compromettre la résolution du conflit.</p>
<p>Dans l&rsquo;affaire, les Etats-Unis brillent par leur absence. Peut-être est-ce pour le mieux. Au-delà des déclarations de principes et des quelques mesures symboliques prises par l&rsquo;administration Biden au début de son mandat, la politique américaine vis-à-vis du Yémen aura été particulièrement décevante. Ironiquement, toute l&rsquo;aide matérielle accordée à l&rsquo;allié saoudien ne lui aura même pas permis de renforcer sa sécurité, comme en témoignent les attaques régulières des Houthis contre les infrastructures de Saudi Aramco. L&rsquo;ancienne « Arabie heureuse », sacrifiée depuis huit ans sur l&rsquo;autel de la rivalité entre l&rsquo;Arabie Saoudite et l&rsquo;Iran, ne pourra voir la fin du conflit qui la déchire que si des concessions sont faites par l&rsquo;ensemble des belligérants. C&rsquo;est dire si cette issue appartient encore à un avenir incertain.</p>
<p>Huit ans de martyre, sacrifié sur l&rsquo;autel de la rivalité entre l&rsquo;Arabie Saoudite et l&rsquo;Iran.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 17/04/2022.</strong></p>
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		<item>
		<title>Le dernier coup dramatique de Donald Trump au Yémen</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-dernier-coup-dramatique-de-donald-trump-au-yemen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Jan 2021 09:58:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Yémen]]></category>
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					<description><![CDATA[Comme dernier geste avant le passage de relais entre les administrations républicaine et démocrate, l’administration Trump a annoncé le 10<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-dernier-coup-dramatique-de-donald-trump-au-yemen/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-7581 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/le-dernier-coup-declat-de-donald-trump-au-yemen-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/le-dernier-coup-declat-de-donald-trump-au-yemen-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/le-dernier-coup-declat-de-donald-trump-au-yemen-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/le-dernier-coup-declat-de-donald-trump-au-yemen-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Comme dernier geste avant le passage de relais entre les administrations républicaine et démocrate, l’administration Trump a annoncé le 10 janvier 2021, soit 10 jours exactement avant la fin officielle du mandat de Donald Trump, l’inscription des Houthis, rebelles yéménites, sur la liste noire des groupes terroristes. Trois de leurs hauts responsables, dont le chef de file, Abdel Malik Al-Houthi, sont également individuellement désignés. Ce grand coup diplomatique contre l’Iran, allié des Houthis et grand rival chiite de l’Arabie saoudite sunnite au Moyen-Orient, pèsera non seulement dangereusement sur l’économie yéménite déjà usée par la guerre, mais pire, empêchera de poursuivre l’aide humanitaire indispensable pour éviter au pays de sombrer dans une famine massive. Cette décision ciblant ce groupe armé marque définitivement au fer rouge l’Iran qui aura été sans conteste le pays qui aura subi le plus l’acharnement de Donald Trump pendant son mandat.</p>
<h4 class="inter-titre">Les amis de ses ennemis sont ses ennemis</h4>
<p>Donald Trump avait donné le ton en mai 2018 lorsqu’il avait décidé, de manière unilatérale, le retrait des États-Unis de l’accord nucléaire iranien, puis en avril 2019 lorsqu’il avait mis son veto à une résolution du Congrès qui l’exhortait à arrêter tout soutien à la coalition saoudienne dans le conflit au Yémen. Il a ensuite exercé consciencieusement une politique de pression maximale sur l’Iran. Et malgré une économie iranienne pour le moins aux abois en raison des sanctions américaines et de la Covid-19, Donald Trump n’a pas hésité à continuer l’offensive, notamment dernièrement avec l’annonce d’une nouvelle salve de sanctions contre ce pays. Durant son mandat, ses actions ont ainsi été motivées par deux principaux objectifs. Le premier est de protéger les intérêts d’Israël. Le dernier exemple en date est la récompense attribuée au royaume chérifien à travers les accords de normalisation entre le Maroc et Israël en date de décembre 2020, qui concèdent au Maroc la souveraineté sur le Sahara occidental en échange de la reconnaissance d’Israël.</p>
<p class="mise_en_avant">“Durant son mandat, ses actions ont ainsi été motivées par deux principaux objectifs. Le premier est de protéger les intérêts d’Israël. L’objectif concomitant a été d’affaiblir au maximum l’Iran, identifié comme principal ennemi de l’État hébreu et indirectement des États-Unis.”</p>
<p>L’objectif concomitant a été d’affaiblir au maximum l’Iran, identifié comme principal ennemi de l’État hébreu et indirectement des États-Unis. La politique menée contre l’Iran et les sanctions diplomatiques et financières afférentes se sont également abattus systématiquement sur les pays ayant eu l’audace de nouer un quelconque lien avec la République islamique. Le but poursuivi par Donald Trump était de forcer les Iraniens à capituler et renégocier en position de faiblesse un nouvel accord global dans les prochains mois, répondant à toutes les inquiétudes américaines concernant à la fois le nucléaire, mais également les missiles balistiques iraniens et la projection militaire de ce pays au Moyen-Orient. Las de subir le courroux américain et afin de se donner des moyens efficaces lors de la reprise des négociations à l’occasion lors de l’avènement de l’administration Biden, le gouvernement iranien a durci le ton début janvier 2021 en annonçant la reprise des activités nucléaires et en poursuivant plus que jamais sa politique régionale. Et parmi ces fervents opposants, on retrouve notamment les Houthis yéménites qui font depuis quelques jours l’objet d’une nouvelle offensive américaine.</p>
<h4 class="inter-titre">Yémen et Iran : un destin lié</h4>
<p>Le mouvement Houthi, appelé officiellement Ansar Allah (“partisans de Dieu”) et plus simplement “les Houthis”, du nom de leur chef assassiné, sont les membres d’un groupe armé, politique et théologique basé dans le nord du pays et composé de membres adeptes du zaïdisme, courant de l’islam chiite majoritaire dans le nord du Yémen. Au fil des conflits – qui d’ailleurs ne datent pas de 2015 mais des années 60 – les Houthis sont parvenus à contrôler tout le nord du Yémen dans lequel vit l’essentiel de la population du pays (soit environ 20 millions d’habitants), et surtout la capitale, Sanaa, l’administration et tous les ministères. Rappelons qu’un royaume chiite a vécu de manière indépendante dans cette partie de la péninsule arabique pendant presque mille ans jusqu’à la réunification entre les deux Yémen dans les années soixante. Depuis lors, ils sont dans la ligne de mire de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite qui considère le Yémen comme son arrière-cour et le groupe rebelle comme des mercenaires à la solde de Téhéran.</p>
<p class="mise_en_avant">“Au fil des conflits – qui d’ailleurs ne datent pas de 2015 mais des années 60 – les Houthis sont parvenus à contrôler tout le nord du Yémen dans lequel vit l’essentiel de la population du pays (soit environ 20 millions d’habitants), et surtout la capitale, Sanaa, l’administration et tous les ministères”</p>
<p>Depuis le début du conflit, l’Arabie saoudite et les Émirats ont mené d’innombrables raids aériens à coup de tirs indiscriminés entre civils et militaires, qui ont engendré des réponses plus modestes, par faute de moyens, de la part des rebelles yéménites. La désignation de terroriste ciblant les Houthis, demandée de longue date par l’Arabie saoudite et les Émirats, a finalement été décidée par un Donald Trump déterminé à profiter de ses derniers instants au pouvoir. La justification de la décision de sanction de ce groupe, selon Mike Pompeo, secrétaire d’État américain, réside dans la survenance d’“actes terroristes qui menacent les populations civiles, les infrastructures et le transport maritime”, allusion à peine voilée aux attaques de missiles et drones des Houthis, lancés depuis la ville portuaire d’Al-Hodeïda, visant le trafic commercial en mer Rouge ainsi que des installations pétrolières du royaume saoudien voisin. Ces attaques ont été aussitôt décriées par le chef de la diplomatie de l’Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhan Al Saud, qui a dénoncé l’aide que l’Iran aurait fourni au groupe rebelle yéménite en lui fournissant des drones de combat chargés d’explosifs. De son côté, l’Iran condamne la décision américaine, estimant que la liste noire américaine est “un processus qui a perdu sa crédibilité”. Liant entièrement le sort de l’Iran aux rebelles Houthis et au Yémen tout entier, le chef de la diplomatie saoudienne estime que cette décision vise à renforcer la “dissuasion contre les activités néfastes du régime iranien” dans la région.</p>
<h4 class="inter-titre">La fin d’un conflit interminable encore plus incertaine</h4>
<p>Après cinq ans d’une guerre sans merci, les positions militaires demeurent gelées dans un immobilisme dangereux. Les Houthis sont toujours au contrôle de Hodeïda, principal point de passage de l’aide humanitaire qui résiste tant bien que mal au blocus aérien, maritime et terrestre mis en place par la coalition saoudienne. Avant les récentes déclarations de l’administration Trump concernant le Yémen, le conflit en était resté sur une note positive avec l’engagement à l’automne dernier de l’Arabie saoudite à des négociations informelles. En effet, malgré la supériorité technologique de l’Arabie saoudite, le conflit s’embourbait, et tout comme les Émirats qui ont fait machine arrière en juillet 2019, l’Arabie saoudite a compris qu’il n’y aurait pas d’issue militaire à ce conflit.</p>
<h4 class="inter-titre">La population yéménite, première victime</h4>
<p>La guerre au Yémen met le pays à feu et à sang depuis de nombreuses années. Le coût humain du conflit est gigantesque : plus de cent mille morts civils et autant de blessés, environ 2 millions de personnes contraintes à fuir en raison des combats, 400 000 enfants en bas âge souffrant de malnutrition sévère. Le système de santé, qui s’est effondré, peine à faire face aux pandémies de Covid-19 et de choléra. 80 % des Yéménites, soit environ 23 millions de personnes, voient leur vie dépendre de l’aide humanitaire.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le coût humain du conflit est gigantesque : plus de cent mille morts civils et autant de blessés, environ 2 millions de personnes contraintes à fuir en raison des combats, 400 000 enfants en bas âge souffrant de malnutrition sévère”</p>
<p>Ainsi, la situation déjà affolante dans le pays le plus pauvre du monde arabe risque de s’aggraver dans les prochaines semaines si la décision de l’Administration Trump n’est pas retoquée. En effet, cette décision, en plus d’avoir pour conséquences de bloquer les transactions bancaires et de compliquer l’achat de vivres et de carburant, pourrait surtout rendre totalement impossible l’acheminement de l’aide humanitaire au Yémen par les ONG vers la population.</p>
<h4 class="inter-titre">Une opposition internationale unanime</h4>
<p>Outre les ONG, le Conseil de sécurité de l’ONU moins les États-Unis ainsi que l’Union européenne ont été vent debout contre la décision américaine, car celle-ci “contribuerait à la famine au Yémen et devrait donc être révoquée le plus tôt possible pour des raisons humanitaires”. L’ONU estime qu’il s’agit de la pire crise humanitaire au monde. Cette prise de position ferme est à souligner car l’ONU, d’habitude frileuse à l’encontre des États-Unis, premier mécène de l’organisation, s’oppose cette fois-ci de manière virulente à cette décision. La Russie, le Mexique, le Niger et le Royaume-Uni ont également dénoncé la décision américaine et ont demandé son annulation. Aux États-Unis, l’Américain David Beasley, à la tête du Programme alimentaire mondial (PAM) et prix Nobel de la paix 2020, a qualifié cette décision américaine de “catastrophique” et demande également son annulation. Les parlementaires démocrates ont appelé Joe Biden à revenir sur cette décision dès son investiture.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’ONU, d’habitude frileuse à l’encontre des États-Unis, premier mécène de l’organisation, s’oppose cette fois-ci de manière virulente à cette décision. Les parlementaires démocrates ont appelé Joe Biden à revenir sur cette décision dès son investiture”</p>
<p>Face aux contestations immédiates des humanitaires et à la prise de position de l’ONU, le chef de la diplomatie américaine a rappelé que les États-Unis étaient le plus grand bailleur de fonds pour l’aide humanitaire et a assuré que le Trésor américain annoncerait le 19 janvier la mise en place de licences sur certaines activités notamment humanitaires pour limiter l’impact de leur décision. Derrière cette annonce se cache en réalité une impréparation aux conséquences de la décision de désignation des Houthis comme groupe terroriste. En effet, dans la précipitation du sprint final, l’administration Trump n’a pas laissé le temps au Trésor américain de mettre en place des licences permettant les exemptions promises à la dernière minute et permettant de limiter l’impact humanitaire au Yémen. Les plus réalistes expliquent que l’application de dérogations ne permettra probablement pas de couvrir tous les besoins de la population yéménite. Finalement, le plus dramatique dans cet événement est donc que le classement des Houthis sur la liste noire des États-Unis ne permettra pas d’atteindre leur principale cible, les rebelles Houthis, qui sont, en l’état actuel des positions militaires, impossibles à renverser. En revanche, les dommages collatéraux sont colossaux puisque cette décision divisera encore plus le pays entre les territoires contrôlés par les Houthis et le reste, encore tenu par le gouvernement “officiel”. Pire, elle poussera certainement les Houthis à augmenter les taxes sur les produits locaux pour compenser le manque à gagner subséquent à la décision américaine. Par ailleurs, le Yémen se verra dans l’obligation de se reposer encore plus sur son allié iranien pour un soutien économique et politique, situation que les États-Unis disaient vouloir éviter à tout prix.</p>
<h4 class="inter-titre">Révocation probable de la décision par l’administration Biden</h4>
<p>La date du 19 janvier choisie par l’administration sortante pour mettre en œuvre ces sanctions à l’encontre des Houthis n’est pas le fruit du hasard. En effet, l’entrée en fonction de Joe Biden était prévue pour le 20 janvier. Or Donald Trump sait pertinemment qu’il sera ardu pour le nouveau pensionnaire de la Maison-Blanche de détricoter sa dernière décision. En effet, revenir sur une classification terroriste est un processus long et complexe au niveau diplomatique et juridique. Joe Biden, qui faisait partie du gouvernement qui n’a pas empêché la guerre au Yémen lancée par l’Arabie saoudite et les Émirats en mars 2015, a exprimé sa volonté ferme d’arrêter ce conflit meurtrier au plus vite à son arrivée dans le bureau ovale. L’ex-ambassadeur de France au Yémen, Gilles Gauthier, a déclaré dernièrement qu’il était “incroyable qu’un président américain battu puisse encore réaliser cela alors qu’il ne lui reste que quelques jours au pouvoir. D’autant qu’avec Joe Biden, tout sera différent dans la région”.</p>
<p class="mise_en_avant">“Donald Trump sait pertinemment qu’il sera ardu pour le nouveau pensionnaire de la Maison-Blanche de détricoter sa dernière décision. En effet, revenir sur une classification terroriste est un processus long et complexe au niveau diplomatique et juridique”</p>
<p>Après de multiples rebondissements, il s’avère que le champ de mines posé par l’administration sortante réserve un beau défi à Joe Biden et ses équipes. Celui-ci devra composer avec une Amérique plus déstabilisée et fracturée que jamais et reprendre les négociations avec de nombreux pays. Les négociations avec le Yémen et l’Iran devraient débuter plus ou moins rapidement dans la foulée de l’arrivée de Joe Biden, mais au prix de combien de vies yéménites dans l’intervalle ?</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 20/01/2021.</strong></p>
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		<title>Yémen : les Émirats commencent à lâcher l’Arabie saoudite</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/yemen-les-emirats-commencent-a-lacher-larabie-saoudite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2019 14:36:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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<p>En guerre depuis 2015 face à la coalition suscitée et dirigée par l&rsquo;Arabie Saoudite, et subissant la crise humanitaire la plus alarmante de ces dernières années, le Yémen s&rsquo;enfonce un peu plus dans l&rsquo;instabilité et la violence.</p>
<p>Jeudi 1er août, deux attentats ont tué au moins 49 personnes et blessés 48 autres à Aden, l&rsquo;antique ville du sud du pays et base du gouvernement soutenu par les Saoudiens face aux Houthis, qui restent maîtres de Sanaa, la capitale.</p>
<p>Les services de sécurité yéménites assurent que le premier attentat à la voiture piégée, qui s&rsquo;est déroulé en centre-ville devant un QG de police et n&rsquo;a pas été revendiqué, est l&rsquo;oeuvre des djihadistes d&rsquo;Al-Qaïda, très présents dans le sud du pays.</p>
<p>Le deuxième attentat en revanche, qui s&rsquo;est déroulé au même moment en périphérie ouest d&rsquo;Aden, pendant une parade de remise des diplômes à des policiers, a été revendiqué par les rebelles houthis qui ont précisé avoir frappé à l&rsquo;aide d&rsquo;un missile et d&rsquo;un drone. L&rsquo;attaque a tué sur le coup un haut gradé, le général Mounir Al-Yafyi, et a fait près de 35 victimes, tuées ou blessées.</p>
<p>Ces attaques, qui ont très clairement visées les forces de l&rsquo;ordre pro-gouvernement, soutenues par l&rsquo;Arabie Saoudite, sont les plus meurtrières pour la coalition et surviennent précisément quelques semaines après que les Emirats Arabes Unis ont annoncé un retrait de leurs troupes dans le nord du pays.</p>
<p>Sans communication officielle, les Emirats ont en effet décidé de réduire leur effort militaire au Yémen, après que les Houthis aient accepté de céder une partie des territoires qu&rsquo;ils contrôlaient à Hodeïda. Dès le mois de juin, Abou Dhabi a donc rapatrié l&rsquo;essentiel de son artillerie lourde, dont ses hélicoptères Apache, ce qui laissent désormais les milices yéménites du gouvernement officiel sans protection aérienne. De fait, le retrait émirati semble avoir déjà considérablement affaibli la défense d&rsquo;Aden, puisque le rapatriement de leurs missiles Patriot (missiles sol-air à moyenne portée) a laissé la ville sans défense aérienne. Une faiblesse dont les Houthis ont immédiatement profité.</p>
<p>Faut-il s&rsquo;étonner de ce revirement de la part des Emirats ? En aparté, face à l&rsquo;échec évident de l&rsquo;opération dite « Tempête décisive » lancée par le Prince héritier Mohammed Ben Salmane en 2015, des officiels émiratis confient vouloir désormais tenter « <em>une stratégie privilégiant la paix</em> ». En dépit d&rsquo;une supériorité militaire, l&rsquo;Arabie Saoudite et ses alliés sunnites n&rsquo;ont pas réussi à réduire les Houthis chiites à néant, la guérilla perdure, la situation humanitaire s&rsquo;aggrave de jour en jour. De toute évidence, les Emirats préfèrent désormais protéger leurs propres intérêts sur la scène internationale : de nombreux sénateurs américains, critiques du soutien militaire apporté par les Etats-Unis à l&rsquo;Arabie Saoudite, souhaitent faire de la guerre au Yémen un enjeu de la campagne présidentielle de 2020. Soucieux d&rsquo;éviter d&rsquo;apparaître comme les co-responsables d&rsquo;une guerre sale qui aura causé près de 100 000 morts (selon les estimations les plus récentes, largement revues à la hausse), la destruction d&rsquo;un patrimoine précieux et surtout une crise humanitaire sans précédent qui affame des millions d&rsquo;enfants, les Emirats se désolidarisent donc progressivement de leur belliqueux allié saoudien.</p>
<p>De fait, la décision des Emirats affaiblit très fortement l&rsquo;Arabie Saoudite au Yémen mais aussi dans la région, et pourrait avoir de nombreuses conséquences.</p>
<p>Au Yémen, le retrait émirati apparaît comme une victoire pour les Houthis, qui exigent désormais un départ de toutes les forces militaires étrangères du pays. Les attaques de jeudi dernier confirment leur stratégie d&rsquo;inflexibilité et risquent fort de paniquer un gouvernement déjà bien mal en point. Sans les Emirats, les Saoudiens perdent tout espoir de reconquérir les territoires du nord occupés par les Houthis.</p>
<p>Dans le Golfe Persique, Abou Dhabi se trouve géographiquement au cœur des tensions grandissantes entre les Etats-Unis et l&rsquo;Arabie Saoudite d&rsquo;un côté, et l&rsquo;Iran de l&rsquo;autre, fortement soutenu par les Houthis chiites qui menacent les frontières émiraties. Là encore, son intérêt est bien d&rsquo;opter pour la diplomatie plutôt que pour la guerre, et de tenter par tous les moyens d&rsquo;enrayer la montée des violences.</p>
<p>Les Saoudiens font porter la responsabilité de ces attaques à l&rsquo;Iran. Mais faut-il encore rappeler que la guerre du Yémen est le terrain d&rsquo;une guerre par procuration contre Téhéran, presque idéologique, lancée par un Prince héritier qui espérait écraser les rebelles en quelques mois et ainsi affirmer la supériorité de l&rsquo;Arabie Saoudite face à son rival ? La réalité s&rsquo;est chargée de rappeler que les guerres  ont des issues plus qu&rsquo;incertaines. Les Emirats l&rsquo;ont compris, et si leur décision est particulièrement importante, c&rsquo;est qu&rsquo;elle peut ouvrir la voie à des négociations et à la fin de la guerre au Yémen. Qui sait si les Emirats ne pourraient pas alors jouer également un rôle de médiateur et apaiser les tensions dans le Golfe Persique, face à une Arabie Saoudite vaincue au Yémen, et dont la voix perdrait alors largement en influence ?</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 7/08/2019.</strong></p>
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		<title>Interview d&#8217;Ardavan Amir-Aslani pour RT France</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/interview-dardavan-amir-aslani-pour-rt-france-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jun 2018 15:11:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre civile]]></category>
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					<description><![CDATA[Entretien avec Ardavan Amir-Aslami, avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Iran. Interrogé sur la guerre civile au Yémen,<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/interview-dardavan-amir-aslani-pour-rt-france-4/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Entretien avec Ardavan Amir-Aslami, avocat et essayiste, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Iran. Interrogé sur la guerre civile au Yémen, il condamne les bombardements de la coalition arabe et met en lumière les conséquences de ce conflit sur la population : épidémies, famines, des milliers de civils morts dans des conditions épouvantables.</p>
<p>Regardez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;interview <a href="https://www.youtube.com/watch?v=u2rt2pdk_Ks" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
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		<title>L’Arabie (mal)heureuse, terme utilisé pour qualifier le Yémen</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/larabie-malheureuse-terme-utilise-pour-qualifier-le-yemen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jun 2018 10:05:37 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[L’ancien État souverain du Royaume mutawakkelite du Yémen est l&#8217;objet d’une guerre civile sans précédent qui voit à nouveau s’affronter<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/larabie-malheureuse-terme-utilise-pour-qualifier-le-yemen/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’ancien État souverain du Royaume mutawakkelite du Yémen est l&rsquo;objet d’une guerre civile sans précédent qui voit à nouveau s’affronter sunnites et chiites par puissances interposées.</p>
<p>Il y a trois ans, Mohammad Bin Salmane, fraîchement désigné ministre de la Défense à l’âge de 28 ans et pas encore sacré prince héritier saoudien, lançait ce qui allait devenir la plus grande crise humanitaire du moment : la guerre du Yémen contre les rebelles Houthis. L’opération, mal appelée “tempête décisive”, n’allait avoir de côté décisif que le massacre de la population civile. On frôle aujourd’hui le chiffre de 35 000 morts civils alors que le jargon officiel saoudien ne reconnaît que 10 000 morts, chiffre répété d’année en année, sans changement, malgré la poursuite de la guerre.</p>
<p>Lisez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;article <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/larabie-malheureuse-terme-utilise-pour-qualifier-le-yemen-63778/" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
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		<title>Crise humanitaire au Yémen: Cachez moi cette famine gravissime imputable à nos alliés saoudiens que nous ne saurions voir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Nov 2017 09:17:37 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Crise humanitaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Famine, épidémie de choléra, morts par milliers&#8230; Chaque jour le conflit au Yémen fait de plus en plus de victimes.<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/crise-humanitaire-au-yemen-cachez-moi-cette-famine-gravissime-imputables-a-nos-allies-saoudiens-que-nous-ne-saurions-voir/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Famine, épidémie de choléra, morts par milliers&#8230; Chaque jour le conflit au Yémen fait de plus en plus de<br />
victimes. On peut alors raisonnablement s&rsquo;étonner de la différence d&rsquo;intérêt, tant diplomatique que<br />
médiatique, qu&rsquo;y portent les pays occidentaux si prompts à condamner les exactions en Syrie.</p>
<p>Lisez la suite de l&rsquo;article sur l&rsquo;<a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/crise-humanitaire-au-yemen-cachez-moi-cette-famine-gravissime-imputables-nos-allies-saoudiens-que-ne-saurions-voir-amir-aslani-3220610.html" target="_blank" rel="noopener">Atlantico</a>.</p>
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		<title>Prix du pétrole et guerre au Yémen menacent l&#8217;Arabie Saoudite</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/prix-du-petrole-et-guerre-au-yemen-menacent-larabie-saoudite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Mar 2017 08:21:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[&#160; Ardavan Amir-Aslani apporte son expertise de l&#8217;Arabie Saoudite dans la rubrique Double je du magazine Challenges.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-820 alignleft" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2017/03/icon.png" alt="" width="175" height="175" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2017/03/icon.png 175w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2017/03/icon-150x150.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2017/03/icon-174x174.png 174w" sizes="auto, (max-width: 175px) 100vw, 175px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ardavan Amir-Aslani apporte son expertise de l&rsquo;Arabie Saoudite dans la rubrique <strong>Double je</strong> du magazine <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2017/03/Challenges.pdf">Challenges</a>.</p>
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		<title>Le Yémen, ou le Vietnam de l&#8217;Arabie Saoudite</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-yemen-ou-le-vietnam-de-larabie-saoudite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2015 13:32:55 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[conflits]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux mois à peine après le début de la guerre aérienne saoudienne au Yémen, on vient d&#8217;apprendre le déploiement de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-yemen-ou-le-vietnam-de-larabie-saoudite/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux mois à peine après le début de la guerre aérienne saoudienne au Yémen, on vient d&rsquo;apprendre le déploiement de troupes saoudiennes au sol à Aden. Ainsi donc, à peine trois mois après son accession au trône, le nouveau Roi Salman marque de son sceau un nouveau chapitre dans la politique étrangère saoudienne. Un chapitre hasardeux, s&rsquo;il en est, et ce d&rsquo;autant qu&rsquo;il coïncide avec un remaniement complet de la ligne successorale de la Maison des Saouds. Cette aventure Yéménite sera donc indissociablement associée, qu&rsquo;elle qu&rsquo;en soit l&rsquo;issue, au remaniement qui vient de s&rsquo;opérer et ce pour le meilleur et surtout pour le pire.</p>
<p>La genèse du conflit yéménite est ancienne. Riyad essaie de véhiculer l&rsquo;idée que cette guerre trouve sa raison d&rsquo;être dans la volonté de l&rsquo;Arabie Saoudite de contenir l&rsquo;essor de l&rsquo;Iran qui par l&rsquo;intermédiaire de ces prétendus alliés, les rebelles Houthis, essaierait de conquérir le Yémen. Cependant la réalité est toute autre. Certes les Houthis appartiennent à une école chiite, d&rsquo;ailleurs largement distincte de la version pratiquée en Iran, mais cette similarité dans les croyances ne suffit pas pour faire d&rsquo;eux des agents à la solde de l&rsquo;Iran. Rappelons que la version Zaydite du chiisme, celle pratiquée par les Houthis remonte au 8e siècle de notre ère et que celle qui prévaut en Iran, dans sa version duodécimaine, très différente, ne date que du 14e siècle. Rappelons également que jusqu&rsquo;en 1962 il existait un royaume chiite Zaydite au Yémen, et que le combat des Houthis, pour plus de participation dans le pouvoir yéménite n&rsquo;a cessé depuis lors. Les Zaydites d&rsquo;ailleurs dont sont issus les Houthis représentent plus de 40% de la population yéménite. C&rsquo;est dire que nous sommes bel et bien devant un conflit puisant ses racines dans une histoire ancienne. N&rsquo;en déplaise à certains, le problème au Yémen, est un problème qui n&rsquo;est qu&rsquo;interne à ce pays et le territoire de ce pays est loin de représenter un champ de bataille entre l&rsquo;Iran et les pays arabes sunnites. En effet, s&rsquo;il est vrai que des champs de conflits irano-arabes existent ailleurs, en Syrie ou en Iraq par exemple, le Yémen, pour le coup n&rsquo;en est pas un.</p>
<p>Cependant, prétextant, en dépit du bon sens, d&rsquo;une similitude dans les croyances entre Houthis et l&rsquo;Iran, le saut dans l&rsquo;amalgame a été vite fait par Riyad qui a rapidement expédié ses canons à la rencontre du peuple yéménite. Or, une intervention militaire, au mépris du droit international et du principe de la souveraineté des États, qui ne devait durer que quelques semaines, va bientôt entamer son troisième mois. Pire on n&rsquo;est pas près de voir ni la fin des opérations ni le recul des rebelles Houthis qui contrôlent la quasi-totalité des centres urbains du pays. En revanche, ce qui est certain ce sont les cinquante morts et les deux cents blessés que les bombardements saoudiens entraînent de manière quotidienne. Ces morts et ses blessés sont pour la plupart des civils. Cette guerre a également réduit en miettes les infrastructures de ce pays qui est le plus pauvre de l&rsquo;ensemble des pays membres de la ligue arabe.</p>
<p>Ce conflit, mené par le plus riche des pays arabes contre le plus pauvre est aussi une guerre sans fin. Les saoudiens, en s&rsquo;y embarquant essaie, ni plus ni moins, d&rsquo;imposer par la force un changement de régime politique et ce sur un fonds de guerre sectaire menée sur les ruines d&rsquo;un printemps arabes inachevé. Or, de l&rsquo;issue de ce conflit dépendra la pérennité de la maison des Saouds, même s&rsquo;il serait d&rsquo;avantage pertinent, au vu des derniers changements dynastiques, de parler de la maison de Salman qui y joue toute sa crédibilité tant sur le plan domestique qu&rsquo;international!</p>
<p>D&rsquo;ores et déjà, Riyad commence à en payer le prix, d&rsquo;abord par l&rsquo;isolement diplomatique grandissant que cette guerre a créé pour l&rsquo;Arabie Saoudite ensuite par l&rsquo;absence total de tout résultat tangible sur le terrain. Cette guerre qui s&rsquo;intitule « tempête décisive », n&rsquo;a eu de décisive que les souffrances subies par le peuple yéménite. Sur le plan international, le Pakistan, allié traditionnel et fortement dépendant financièrement des largesses saoudiennes a décliné toute participation dans l&rsquo;effort militaire. Le refus de participation pakistanaise, est c&rsquo;est là un fait qui mérite d&rsquo;être souligné, a même fait l&rsquo;objet d&rsquo;un vote parlementaire qui à l&rsquo;unanimité de ses membres a rejeté la demande de collaboration saoudienne. C&rsquo;est dire à quel point la rupture Saoudo-pakistanaise est profonde. La bombe nucléaire saoudienne que l&rsquo;on disait pakistanaise, ne l&rsquo;est peut-être plus. Même l&rsquo;Egypte du Maréchal Sissi qui doit sa présidence au coup d&rsquo;Etat financé par Riyad y est allée à reculons et refuse encore aujourd&rsquo;hui de faire intervenir ses soldats.</p>
<p>Sur le plan domestique yéménite le constat est également accablant. En effet, l&rsquo;ancien Président incompétent Hadi, en fuite en Arabie Saoudite, n&rsquo;est pas près de revenir comme cela avait été annoncé initialement comme étant l&rsquo;objectif principal. Pire, Al-Qaeda en la Péninsule Arabique, l&rsquo;organisation terroriste qui aussi dangereuse que le prétendu État Islamique en Syrie et en Iraq y sévit maintenant sans restriction et donne libre cours à ses phantasmes de califat　avec la prise de contrôle du gouvernorat de Hadramaout dernièrement! Comme si l&rsquo;Iraq, la Syrie et la Libye ne suffisait plus, voici que le Yémen vient de se rajouter à cette liste grandissante d&rsquo;Etat réduit à néant.</p>
<p>Or le Yémen, avec une population de 28 millions, presque le double de celle de l&rsquo;Arabie Saoudite, quoi qu&rsquo;en dise les démographes saoudiens, est historiquement l&rsquo;Arabie heureuse qui n&rsquo;est pas près d&rsquo;oublier les souffrances qu&rsquo;on lui impose. Elle est triste aujourd&rsquo;hui cette Arabie. Elle se fâchera demain!</p>
<p>Article disponible sur <a href="http://www.huffingtonpost.fr/ardavan-amiraslani/guerre-yemen_b_7210832.html">HuffingtonPost</a>.</p>
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