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	<title>Washington &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>La fin du tropisme de Washington pour les pétro-monarchies arabes du golfe persique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Feb 2021 16:54:04 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-7803 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico-fin-du-tropisme-300x167.png" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico-fin-du-tropisme-300x167.png 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico-fin-du-tropisme-150x83.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico-fin-du-tropisme.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Un changement radical semble s’opérer sur la politique étrangère moyen-orientale de l’administration de Joe Biden : le retour au multilatéralisme et à la diplomatie institutionnelle telle qu’appliquée par l’Amérique d’avant Donald Trump.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un vent nouveau souffle sur Foggy Bottom, le métonyme utilisé pour qualifier le Département d’Etat à Washington. En effet, deux initiatives sont à signaler pour illustrer ce changement radical qui semble s’opérer sur la politique étrangère moyen-orientale de l’administration de Joe Biden. Ce jeudi 4 février, le Président américain s’est rendu au Département d’Etat pour prononcer son premier discours sur la politique étrangère des Etats-Unis. Il s’agissait là d’un geste hautement symbolique par rapport à l’administration précédente qui n’a eu de cesse de fustiger ce département en le qualifiant d’Etat profond entre autres adjectifs déplaisants et noms d’oiseaux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce discours a marqué le retour au multilatéralisme et à la diplomatie institutionnelle telle qu’appliquée par l’Amérique d’avant Trump. Autre changement majeur, la seule décision concrète annoncée par Biden lors de ce discours était l’arrêt du soutien logistique des Etats-Unis à la coalition saoudienne et émiratie engagée dans le conflit contre les Houthis. Parallèlement à cette annonce éminemment symbolique, le Département d’Etat a également entrepris de revoir sa politique à l’égard des Houthis, notamment en ouvrant la voie au retrait de leur inscription comme mouvement terroriste; inscription effectuée dans les dernières heures de l’administration Trump.</p>
<p>En outre, l’attitude ouvertement méprisante du  nouveau secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken, qui s’est abstenu d’appeler ses homologues au sein des pétromonarchies arabes du golfe persique, à l’exception des Emirats, leur signifiait le mécontentement américain quant à leur financement des mercenaires russes dans le conflit libyen! Cette façon de faire tranche avec celle de Donald Trump qui, en rupture avec une tradition centenaire qui voulait que le premier déplacement d’un Président nouvellement élu soit vers les capitales des pays voisins, soit Ottawa ou alors Mexico City, s’était rendu en Arabie Saoudite. Ainsi les premiers entretiens du secrétaire d’Etat américain ont eu lieu avec ses homologies canadiens et mexicains, le ministre saoudien des affaires étrangères ou encore le Maréchal Sissi, le « dictateur favori » de Trump, attendent toujours son appel.</p>
<p>L’Amérique est donc de retour et avec elle, peut être, l’espoir de mettre un terme au conflit yéménite. Un conflit qui a causé la mort de cent mille civils du fait des bombardements aériens saoudiens qui prenaient pour cible de manière indiscriminée aussi bien les infrastructures déjà mis à mal du Yémen que des écoles ou des cérémonies de mariages. Le choix comme Ambassadeur au Yémen de Tim Lenderking, farouchement opposé à cette guerre, est un autre symbole de ce changement. En effet, en voulant systématiquement présenter les Houthis comme terroristes et en soutenant, Abdrabbo Mansour Hadi, le Président d’un gouvernement fantoche soutenu par les islamistes sunnites d’Aden qui n’a été élu par personne et qui n’a de surcroit jamais mis les pieds au Yémen, Donald Trump n’avait fait que prolonger le conflit et la détresse humaine de la population yéménite.</p>
<p>Les Houthis contrôlent, en effet, un territoire important et à peu près 90% de toute la population yéménite. Ces derniers se revendiquent du régime qui a dirigé la partie nord du Yémen sous le nom de royaume mutawakkilite du Yémen et qui a existé en tant qu’Etat indépendant jusqu’en 1970 avec un siège à l’Onu. Les saoudiens qui n’ont jamais accepté ce royaume chiite Zaydite dont la création précédait la création de leur propre pays ont toujours tenté de le déstabiliser et ce jusqu’à ce que les Houthis qui portent le nom de leur chef, un député assassiné, prennent le pouvoir à Sana’a. La guerre menée, depuis cinq ans, par la coalition saoudienne contre les Houthis, ou plus précisément, le peuple chiite du Yémen, a créé une crise humanitaire sans pareille. Malgré le choléra et la famine qui ravagent le pays et en dépit des bombardements des populations civiles, les  saoudiens n’ont pu prendre ne serait ce qu’un mètre carré du territoire Houthis; Renaud Girard qualifiera d’ailleurs l’armée saoudienne « de l’armée la plus nulle du monde ».</p>
<p>Il est permis de penser que ce vent nouveau qui souffle sur Washington mettra un terme à cette crise humanitaire qui n’a que trop duré.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 07/02/2021.</strong></p>
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		<item>
		<title>Téhéran-Washington : Le calme d’après ou d’avant la tempête ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/teheran-washington-le-calme-dapres-ou-davant-la-tempete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2020 18:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine lettrine"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-6322 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p class="lettrine lettrine">Mais que se passe-t-il entre l’Iran et les Etats-Unis depuis quelques mois ? Il semblerait qu’un calme relatif soit de rigueur de part et d’autre. Bien entendu la rhétorique agressive et va-t-en guerre est toujours présente. Le contraire serait étonnant tellement ces deux pays ont habitué, depuis plus de quarante ans, la communauté internationale à leur discours belliqueux. Il n’en demeure pas moins qu’un vent d’apaisement à peine perceptible semble souffler sur les relations entre ces deux pays. C’est d’autant plus remarquable qu’au cours des douze derniers mois, ils ont failli se retrouver face à face dans un véritable conflit militaire total. Rappelons les récents incidents. Il y a d’abord eu la destruction du drone américain au-dessus des eaux territoriales iraniennes en juin 2018. Ensuite, il convient de mentionner la destruction des installations pétrolières saoudiennes par des missiles cruise vraisemblablement à l’initiative de l’Iran, même si revendiquée par les Houthis du Yémen. Et enfin l’assassinat du Général Soleimani en Iraq et les frappes iraniennes en retour sur les bases américaines. Chacun de ces incidents, et c’est un euphémisme, aurait pu déclencher une guerre totale entre les deux pays. Mais il n’en fut rien.</p>
<p>Toujours fidèle à leur politique de « pression maximale » les Etats-Unis continuent à peser de tout leur poids sur l’échiquier international contre l’Iran. Le 13 mai dernier, Brian Hook, l’homme chargé des questions iraniennes au département d’Etat, publiait un article dans le Wall Street Journal où il exhortait la communauté internationale à renouveler l’embargo sur les armes conventionnelles à destination de l’Iran, embargo qui dure depuis 13 ans et qui est appelé à s’achever au mois d’octobre prochain. De son coté Donald Trump persévère avec ses diatribes à l’encontre de Téhéran en menaçant de couler les bateaux iraniens qui se rapprocheraient à moins de 100 mètres des bâtiments de la marine américaine naviguant dans les eaux internationales du golfe persique. Les Iraniens, pour leur part, ne sont pas restés inertes et continuent, eux aussi, avec leur politique de « résistance maximale » et ne manquent pas une occasion de menacer l’armée américaine dans la région et de narguer Washington avec leur programme spatial qui a fait entrer le pays dans le camp très select des pays disposant d’une véritable politique spatiale. Or, aussi bien du coté iranien que de celui des Américains, on entend davantage de menaces verbales que l’on constate d’actions.</p>
<p>En effet, en cette période électorale à Washington, et les 40 millions de demandeurs d’emplois nouvellement inscrits sur la liste du chômage suite à la crise sanitaire du Covid-19, l’appétit n’est franchement pas à la guerre et son lot de body-bag de retour sur le tarmac des aéroports américains. Pareillement, pour les Iraniens, las des efforts massifs qu’ils ont déployés face à cette même crise du coronavirus, et ayant de surcroît les coffres vides du fait de l’impossibilité de vendre leur pétrole par le jeu des sanctions américaines et du crash des cours d’hydrocarbures, la volonté d’en découdre avec les Etats-Unis n’est franchement pas présente. Téhéran n’a pas non plus envie de faire le cadeau d’un clash militaire Iran-USA à la campagne de Donald Trump, mal en point ces temps-ci. D’où la stratégie de « patience héroïque » qu’ils déploient allègrement. L’objectif étant de faire le dos rond avec l’espoir que Joe Biden remporte les élections du mois de novembre et fasse revenir les démocrates à la maison blanche. Même si les Iraniens ne se font pas d’illusion sur un changement de politique américaine sur la question iranienne, tellement la cause d’Israël fait l’unanimité à Washington, aussi bien chez les républicains que chez les démocrates, ils espèrent quand même une baisse des hostilités avec un Biden à la tête de l’exécutif américain.</p>
<p>Ainsi globalement, le temps est à l’accalmie dans les « relations bilatérales » entre ces deux pays. Le dialogue entamé, le mois dernier, entre les deux capitales sur un échange éventuel de prisonniers est une indication à cet égard. La non opposition iranienne quant au choix du Premier ministre irakien, Mustapha al-Kadhimi, pressenti par les Américains est un signe de paix venant de Téhéran. Cette attitude non belliqueuse iranienne a même été récompensée par Washington qui a accordé une dérogation à Bagdad sur l’importation du gaz et de l’électricité iranien valable 4 mois alors qu’en général de telles dérogations ne dépassent pas les six semaines. Téhéran a aussi retourné la courtoisie en réduisant à zéro les heurts quotidiens entre les milices chiites pro-iranien et les troupes américaines stationnées en Irak.</p>
<p>Il est permis de croire que cette paix relative des braves durera au moins jusqu’aux élections américaines de novembre prochain. Ce qui adviendra après, dépendra entre autre de qui de Trump ou de Biden l’emportera.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 24/05/2020.</strong></p>
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		<title>Entrée dans l’inconnu stratégique : qui a le plus à perdre de Téhéran ou de Washington ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/entree-dans-linconnu-strategique-qui-a-le-plus-a-perdre-de-teheran-ou-de-washington/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jan 2020 17:47:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Atlantico.fr :  La frappe américaine contre Ghassem Soleimani autorisée par Donald Trump sort totalement du cadre diplomatique habituel et créé ainsi<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/entree-dans-linconnu-strategique-qui-a-le-plus-a-perdre-de-teheran-ou-de-washington/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 class="s2">Atlantico.fr :  La frappe américaine contre Ghassem Soleimani autorisée par Donald Trump sort totalement du cadre diplomatique habituel et créé ainsi une réalité stratégique différente. Depuis, les menaces en provenance de Washington se multiplient. Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 janvier, deux bases abritant des soldats américains en Irak ont été visées par des missiles.</h4>
<h4 class="s2">La réponse démesurée de Donald Trump sortant du cadre diplomatique habituelle n&rsquo;est-elle pas déstabilisatrice pour le gouvernement iranien habitué à un cadre diplomatique peut être plus conventionnel ?</h4>
<p><strong>Thierry Coville : </strong>Je ne formulerai pas les choses telle quelles. Je pense qu&rsquo;en effet les iraniens ont été choqués par la frappe américaine contre Ghassem Soleimani, ça a été pour eux un vrai choc. Il ne faut pas oublier qu&rsquo;en Iran il y a deux camps : le premier mené, par Hassan Rohani, qui a joué le rôle de la diplomatie internationale ces dernières années, a imposé et négocié l&rsquo;accord sur le nucléaire et le second mené par les conservateur et incarné par la personne du guide suprême, Ali Khamenei. Les modérés avaient gagné, avec la signature de l&rsquo;accord sur le nucléaire Iranien en juillet 2015, une certaine marge de manœuvre qu&rsquo;ils ont plus ou moins perdu depuis la décision américaine, prise par Donald Trump, de sortir de l&rsquo;accord.</p>
<p>L&rsquo;approche modérée n&rsquo;a donc plus vraiment la cote en Iran, les durs ont repris les manettes du pouvoir. Or, avec cet « assassinat », Donald Trump, tape en plein dans le mille du coeur de ce qui fait le logiciel de la République Islamique iranienne, c&rsquo;est-à-dire le culte du martyre et le nationalisme. En effet, alors qu&rsquo;il y avait jusqu&rsquo;alors et suite à la répression des mouvements protestataires de novembre dernier de fortes tensions au sein du pouvoir iranien, il y aujourd&rsquo;hui un resserrement des rangs. Nous n&rsquo;avions pas vu de telles foules -telle que celle présente lors de l&rsquo;enterrement de Ghassem Soleimani- depuis l&rsquo;enterrement de l&rsquo;ayatollah Khomenei. Il y a donc un sursaut nationaliste en Iran, lequel renforce le régime.</p>
<p>Pour répondre pleinement à votre question, il y a en ce moment même un débat entre les modérés et les conservateurs. Un groupe de 60 modérés a écrit une lettre dans laquelle ils mettent en garde les conservateurs et leur demandent de ne pas tomber dans le piège tendu, selon eux, par Israël et les Etats-Unis et de ne pas se lancer dans une guerre que le pays perdrait. Face à eux, les durs sont partisans de la manière forte et, confrontés à la réaction imprévisible de Donald Tump, ils semblent, au contraire, être dans leur élément. Cependant, il ne faut pas non plus négliger leur côté extrêmement calculateur. Leur objectif n&rsquo;est pas de provoquer une guerre mais ils sont partagés entre l&rsquo;obligation de réagir face à la décision extrême de Donald Trump, ne serait-ce que pour conserver leur crédibilité dans la région, et le besoin de faire preuve d&rsquo;une certaine prudence.  A l&rsquo;heure actuelle, les dirigeants politiques iraniens se réunissent continuellement et sont en train de réfléchir à la réaction adéquate : ils ne vont pas se précipiter, mais ils répondront certainement de la manière qu&rsquo;ils estiment être la plus adaptée à la décision américaine. C&rsquo;est-à-dire faire mal aux Etats-Unis, en retour, mais sans pour autant déclencher une guerre.</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani :</strong> Depuis la mort de Ghassem Soleimani, le monde attend en tremblant l&rsquo;éventuel basculement des Etats-Unis et de l&rsquo;Iran dans la guerre totale. Pour autant, au-delà du discours militariste et bravache de Donald Trump, sa décision de faire assassiner le général iranien, qui semble ne répondre à aucun plan précis et a pris même le Pentagone de cours, pourrait s&rsquo;avérer désastreuse pour les intérêts américains au Moyen-Orient sans pour autant amener l&rsquo;Iran au bord du gouffre.</p>
<p>L&rsquo;administration Trump justifie cet acte – décidé au mépris du droit international &#8211; en présentant Ghassem Soleimani comme un « terroriste », l&rsquo;assimilant à Oussama Ben Laden ou Al-Baghdadi, deux chefs d&rsquo;organisations terroristes effectivement abattus par l&rsquo;armée américaine en 2011 et 2019.  Il est cependant difficile de mettre sur le même plan Ghassem Soleimani, haut dignitaire d&rsquo;un pays souverain en visite dans un autre pays souverain et sur l’invitation du premier ministre iraquien, et des hors-la-loi revendiquant attentats, massacres et mise en esclavage, sous mandat d&rsquo;arrêt international et en fuite perpétuelle. Les Etats-Unis maintiennent néanmoins que le statut de Soleimani lui permettait de « couvrir ses activités terroristes »&#8230; Une fois la propagande écartée, les faits sont têtus : les Etats-Unis ont délibérément assassiné un militaire d&rsquo;un pays étranger en mission, et revendiqué l&rsquo;acte comme tel. Il faut remonter à la Seconde guerre mondiale pour trouver un tel précédent, lorsque les Américains ont abattu l&rsquo;avion de l&rsquo;amiral japonais Isoroku Yamamoto en 1943. Le Japon et les Etats-Unis étaient alors juridiquement en guerre, ce qui n&rsquo;est pas le cas aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;Iran.</p>
<p>L&rsquo;état-major américain s&rsquo;est justifié enfin d&rsquo;avoir assassiné Soleimani pour prévenir « toute future attaque iranienne », mais surtout pour fragiliser encore un peu plus la République islamique dans le bras de fer qui l&rsquo;y oppose depuis mai 2018, date du retrait américain de l’accord nucléaire avec l’Iran. Or, il se pourrait que les Américains obtiennent un résultat très éloigné de ces objectifs. Qu&rsquo;il soit aimé ou détesté en Iran, Ghassem Soleimani transcende, par sa mort, les clivages politiques. Aux abois après les manifestations du mois de novembre, qui signifiaient clairement le rejet d&rsquo;un régime exsangue par une majorité d&rsquo;Iraniens, la République islamique dispose désormais d&rsquo;une occasion inespérée de resserrer les rangs de sa population divisée, face à la menace d&rsquo;un ennemi extérieur qui n&rsquo;a plus rien de fantasmé. Car pour l&rsquo;heure, c&rsquo;est toujours le régime des ayatollahs, bien qu&rsquo;extrêmement impopulaire, qui détient les moyens de riposter à ce qui est considéré comme un acte de guerre.</p>
<h4 class="s2">Si, ni les américains ni les iraniens n&rsquo;ont intérêts à ce que la situations dégénère, alors que Donald Trump multiplie les menaces, comment la situation peut-elle évoluer Aujourd&rsquo;hui, lequel des deux état à le plus à perdre ?</h4>
<p><strong>Thierry Coville :</strong> L&rsquo;Iran en terme de rapport de force militaire ne fait pas le poids face aux Etats-Unis. Mais, ce qui m&rsquo;étonne réellement dans l&rsquo;attitude actuelle de Donald Trump c&rsquo;est qu&rsquo;il sort totalement de sa stratégie habituelle vis à vis de l&rsquo;Iran. On en vient même à se demander s&rsquo;il a réellement réfléchi aux conséquences de sa décision. En effet, après avoir décidé de la frappe contre Soleimani, il a tweeté « les iraniens ont toujours gagné lorsque l&rsquo;on fait des négociations ».Or, en tweetant ceci le Président américain paraît totalement ignorer la gravité de son geste : après la frappe la américaine, la possibilité que les iraniens acceptent de revenir à la table des négociations -sur l&rsquo;accord nucléaire notamment- semble plus que mince. Donald Trump ne peut pas à la fois donner l&rsquo;ordre de tuer Soleimani dans ces conditions, avec l&rsquo;émotion que la mort du général dégage en Iran, et attendre en même temps de Khamenei qu&rsquo;il accepte de reprendre les discussions. Avec Téhéran il faut toujours se tenir sur ses gardes, mais je pense même que si Donald Trump venait à être ré-élu en 2020, les iraniens ne discuteraient plus en aucun cas avec Washington.</p>
<p>J&rsquo;ai donc l&rsquo;impression que Donald Trump sort du cadre qu&rsquo;il avait lui-même fixé. Il n&rsquo;a cessé de répéter qu&rsquo;il voulait de nouvelles négociations mais on voit mal comment, dans cette nouvelle réalité stratégique, un tel scénario est envisageable. Il faut donc que d&rsquo;autres Etats -comme l&rsquo;Union Européenne- interviennent tels qu&rsquo;ils avaient promis de le faire, sans succès, lors de la sortie des Etats-Unis de l&rsquo;accord sur le nucléaire. Il faut que les européens remplissent leurs obligations et soient crédibles, il faut agir aux côtés de la Russie et de la Chine pour conserver les retombées économiques prévues dans le cadre de l&rsquo;accord sinon, les iraniens sortiront tout simplement de l&rsquo;accord de manière drastique et reprendront pleinement leur programme nucléaire militaire.</p>
<p>Les Etats-Unis se montrent ici sous un bien mauvais jour. Chacun des deux pays a beaucoup à perdre d&rsquo;un conflit ouvert éventuel, mais ce que l&rsquo;on retient surtout ici c&rsquo;est surtout le manque de respect que Donald Trump a pour le droit international notamment lorsqu&rsquo;il menace de frapper 52 sites culturels iraniens et les mensonges répétés ces derniers jours afin d&rsquo;expliquer la mort de Soleimani. Il y a un gros problème de crédibilité : les américains dans leur narratif n&rsquo;arrêtent pas de répéter que Soleimani était un terroriste et entendait, avant sa mort, s&rsquo;en prendre au intérêts américains or ils ne parviennent pas à fournir quelconques preuves de ces accusations. Ils entrent dans une diabolisation extrême de l&rsquo;Iran, en accusant Soleimani d&rsquo;avoir joué un rôle dans les attentats du 11 septembre- ce qui est totalement faux- ils se ridiculisent presque. C&rsquo;est presque l&rsquo;Irak bis repetita !</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas de gagnant possible dans ce conflit, l&rsquo;Iran a beaucoup à perdre (sa situation économique est catastrophique) mais les Etats-Unis également, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils entraînent un grand nombre de pays dans cet engrenage.</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani </strong>: La question de l&rsquo;éventualité d&rsquo;une réponse de l&rsquo;Iran ne se pose pas. Seule celle de sa mise en œuvre occupe désormais toutes les spéculations, et dépendra fortement d&rsquo;une reconfiguration interne qui va se jouer dans les prochaines semaines.</p>
<p>En février, les Iraniens se rendront aux urnes pour les élections législatives. La mort de Soleimani augure très certainement la défaite des réformateurs au profit des conservateurs et des partisans de la première heure de la ligne dure face à l&rsquo;Occident. A la faveur du climat ambiant, les Gardiens de la Révolution se trouveront naturellement renforcés. Soleimani, commandant de la force Al-Qods, observait une neutralité vis-à-vis du champ politique, même si on l&rsquo;imaginait déjà succéder à Hassan Rohani aux prochaines élections présidentielles. Mais la branche plus politisée du corps militaire ne manquera pas l&rsquo;occasion offerte par sa disparition de s&rsquo;affirmer sur la scène politique iranienne.<br />
Paradoxalement, le changement de régime espéré par Washington pourrait peut-être survenir en Iran&#8230; mais si le pays cesse d&rsquo;être une théocratie, il ne deviendra pas une démocratie pour autant. La chute des ayatollahs profitera plus vraisemblablement aux militaires et notamment aux Gardiens de la Révolution, bras armé le plus radical du régime qui a contribué à la répression sanglante des émeutes de novembre. Pourtant largement détestés des Iraniens, les Gardiens peuvent désormais rallier l&rsquo;opinion à leur cause en jouant sur le sentiment nationaliste blessé  ainsi que sur la crainte de frappes américaines sur le territoire iranien.</p>
<p>Sur le plan extérieur, l&rsquo;Iran joue encore la carte de la diplomatie avec l&rsquo;abandon de ses obligations dans le cadre de l&rsquo;accord de Vienne, sans pour autant sortir clairement du traité de façon à ménager les signataires restants. Téhéran a notamment précisé qu&rsquo;il continuerait de coopérer avec les agents de l&rsquo;AIEA. L&rsquo;effort diplomatique reste donc à l&rsquo;ordre du jour vis-à-vis des partenaires européens, chinois et russes, mais face aux Américains, l&rsquo;Iran se montre sur le pied de guerre, et la question de frappes directes ou indirectes se pose.</p>
<p>Certes, les militaires iraniens ont d&rsquo;ores et déjà annoncé qu&rsquo;ils riposteraient en frappant les bases et contingents de soldats américains répartis dans tout le Moyen-Orient. Mais l&rsquo;unanimité des réactions des alliés de l&rsquo;Iran, du Hezbollah aux Houthis en passant par les milices chiites en Irak, laisse penser que l&rsquo;organisation d&rsquo;un front uni anti-américain dans toute la région fera partie des plans de la République islamique. Son ministre des affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, l&rsquo;a clairement énoncé : « La fin de la présence maligne des Américains en Asie de l&rsquo;ouest a commencé. »</p>
<p>La possibilité semble crédible, si l&rsquo;on en juge par les dernières déclarations et décisions observées en Irak. Le pays a également perdu dans l&rsquo;attaque de vendredi dernier deux éminentes figures militaires. Exactement comme en Iran, l&rsquo;apparition d&rsquo;un ennemi commun semble ressouder un pays jusque-là profondément divisé et au bord de la guerre civile. Même Moqtada Al-Sadr, qui avait pourtant joué la carte anti-iranienne durant les manifestations d&rsquo;octobre dernier, crie vengeance. Le Parlement a ainsi voté à l&rsquo;unanimité de ses membres présents le retrait des troupes américaines d&rsquo;Irak, qui se contenteront d&rsquo;entraîner et de conseiller les forces irakiennes, mais seront interdites de quitter leurs bases ou de voler dans l&rsquo;espace aérien irakien le temps que les arrangements nécessaires soient faits pour leur départ. Donald Trump a beau promettre en représailles des sanctions « comme jamais l&rsquo;Irak n&rsquo;en a connues, plus dures encore que les sanctions iraniennes » et d&rsquo;exiger le remboursement de l&rsquo;intégralité des financements américains, le pays, qui observait jusqu&rsquo;à présent une prudente neutralité entre ses deux parrains ennemis, a déjà choisi son camp, celui du voisin iranien.</p>
<h4 class="s2">Alors que l&rsquo;on est face à une réalité stratégique différente, lequel des deux Etats peut tirer son épingle du jeux ?</h4>
<p><strong>Thierry Coville </strong>: Si la question de la répression de novembre reste posée, c&rsquo;est incroyable à quel point l&rsquo;atmosphère a changé en quelques jours : le régime iranien est solidifié, en Irak les chiites sont beaucoup plus soudés et le pays ne parle plus d&rsquo;expulser l&rsquo;Iran, tous les alliés de l&rsquo;Iran s&rsquo;unissent autour de la République Islamique et promettent également des réactions&#8230; On a l&rsquo;impression que tous les alliées régionaux de l&rsquo;Iran réagissent sous l&rsquo;émotion, renforçant ainsi l&rsquo;influence iranienne dans la région.</p>
<p>Bien entendu, l&rsquo;Iran ne fait pas le poids face aux Etats-Unis militairement parlant mais penser que la décision américaine aller permettre de réduire l&rsquo;influence iranienne dans la région est une grossière erreur. La logique iranienne est de dire : si vous nous attaquez nous mettrons le feux partout. Donc, l&rsquo;assassinat de Soleimani les renforce encore davantage dans cette logique. D&rsquo;un côté l&rsquo;Iran se prépare donc à une guerre asymétrique, et les Etats-Unis bien que militairement supérieure, souffriraient tout autant d&rsquo;un éventuel conflit.</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani : </strong>Pour l&rsquo;heure, la mort de Soleimani, loin de préserver les Etats-Unis, les expose plus que jamais. L&rsquo;abandon en rase campagne des Kurdes face à l&rsquo;offensive turque l&rsquo;été dernier, l&rsquo;absence de réaction après l&rsquo;attaque des sites pétroliers saoudiens le 14 septembre dernier, avaient déjà largement entamé la confiance que leurs alliés pouvaient avoir en eux. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Irak préfère se détourner des Américains pour rallier, du moins officiellement, un voisin contre lequel il s&rsquo;est battu durant huit années sanglantes. Et les talibans eux-mêmes &#8211; pourtant sunnites donc ennemis théoriques de l&rsquo;Iran chiite – ont fait part de leur soutien à la République islamique&#8230; avec d&rsquo;évidentes arrière-pensées stratégiques. S&rsquo;ils ne manquent pas de moyens, les Américains manquent désormais de crédibilité, et ce n&rsquo;est pas la menace de frapper 52 sites culturels iraniens – un pour chaque Américain pris en otage à Téhéran en 1979 – véritable acte de guerre allant à l&rsquo;encontre de tout le droit international, qui contribuera à la leur redonner. Les Etats-Unis apparaissent plus isolés que jamais, seulement encerclés par des pays qui leur sont majoritairement hostiles.</p>
<p>Les Américains oublient enfin que l&rsquo;armée iranienne n&rsquo;a rien de commun avec l&rsquo;armée épuisée par les purges de Saddam Hussein, ou la guérilla des Vietnamiens et des Afghans. Il reste incontestable que l&rsquo;Iran est une puissance militaire régionale de premier plan, dotée d&rsquo;équipements sophistiqués et d&rsquo;hommes entraînés, une armée entièrement préparée et investie depuis plusieurs années face à l&rsquo;éventualité d&rsquo;une guerre. A l&rsquo;inverse de Trump, les Iraniens ne réagiront pas sous le coup de l&rsquo;émotion, même vive, pour lancer leur riposte. Comme l&rsquo;a déclaré un ancien commandant des Gardiens de la Révolution, il ne fait aucun doute que l&rsquo;Iran réagira, mais de façon indirecte : « A la différence de Trump, qui agit de façon stupide, nous sommes des joueurs d&rsquo;échecs et nous évaluons les conséquences avant chaque mouvement. » Ghassem Soleimani lui-même lançait le même type d&rsquo;avertissement à l&rsquo;administration Trump, qui résonne aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un ton étrangement prophétique : « Vous commencerez la guerre, mais nous en déterminerons la fin ».</p>
<p><strong>Interview paru dans l&rsquo;Atlantico du 8/01/2020.</strong></p>
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		<title>Porte-avion américain déployé au Moyen-Orient : ce que cache l&#8217;escalade entre Téhéran et Washington</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2019 08:13:26 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce dimanche 5 mai, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, a annoncé le déploiement au Moyen-Orient du porte-avions et du groupe aéronaval Abraham Lincoln, ainsi que des bombardiers pour répondre à des « indications inquiétantes d&rsquo;escalade » de la part de Téhéran.</p>
<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-2368 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<h4 class="s2"><strong>Atlantico : Quels sont les éléments qui pourraient expliquer ce mouvement de la part de Washington ? </strong></h4>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani :</strong> L&rsquo;annonce a en effet de quoi surprendre. C&rsquo;est la première fois qu&rsquo;un conseiller à la sécurité nationale américain prend le parti d&rsquo;annoncer un tel déploiement militaire. John Bolton évoque, pour justifier la mise en place de cette force opérationnelle, « un certain nombre d&rsquo;indications et d&rsquo;avertissements inquiétants et critiques », ce qui est pour le moins vague. Il assure également que de nouvelles informations confirment la menace que ferait peser l&rsquo;Iran sur les forces américaines dans la région. Mais enfin, l&rsquo;Iran n&rsquo;a fait aucune provocation militaire contre les Américains ces dernières semaines !</p>
<p>Pendant des années, les Américains ont conservé des forces militaires comparables dans cette région, des bombardiers et chasseurs à la base aérienne al-Udeid au Qatar, et un porte-avion dans le Golfe Persique. Mais ces derniers mois, la Maison-Blanche avait décidé de déplacer ces forces vers d&rsquo;autres théâtres d&rsquo;opérations afin de défendre ses intérêts face à la Chine et à la Russie. Tout d&rsquo;un coup, il apparaît urgent de restaurer cette force de frappe et de montrer de nouveau ses muscles aux portes de l&rsquo;Iran !</p>
<p>On pourrait souligner que l&rsquo;évènement intervient quelques semaines après que les Etats-Unis aient décidé de classer le corps militaire des Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, ce qui pour l&rsquo;Iran constituait précisément une provocation.</p>
<p>Tout ceci s&rsquo;inscrit en vérité dans la continuité de la stratégie des « faucons » de l&rsquo;administration Trump, qui cherchent à asphyxier l&rsquo;Iran économiquement en réduisant ses exportations de pétrole à zéro, en menaçant de sanctions les autres pays qui feraient commerce avec l&rsquo;Iran. Le but in fine est de pousser le pays à la faute, ce qu&rsquo;il pourrait faire en rouvrant, par exemple, les centrales nucléaires fermées dans le cadre de l&rsquo;accord de Vienne. L&rsquo;objectif final est que Téhéran change de régime politique et retire ses forces militaires du Moyen-Orient.</p>
<h4 class="s2"><strong>Quel lien peut-on établir entre cette annonce et la situation actuelle en Israël ? </strong></h4>
<p>L&rsquo;annonce intervient en effet après l&rsquo;escalade meurtrière à laquelle on assiste depuis samedi dernier entre groupes armés palestiniens et l&rsquo;Etat hébreu. L&rsquo;Iran est régulièrement accusé d&rsquo;armer et de soutenir ces groupes qui opèrent dans la bande de Gaza, aussi il ne serait guère surprenant que Benjamin Netanyahu use de son influence auprès de l&rsquo;administration Trump pour que les Américains agissent dans la région et protègent Israël, qui s&rsquo;est toujours estimé menacé par l&rsquo;Iran.</p>
<h4 class="s2"><strong>Comment envisager la suite de ce qui ressemble à une escalade dans les relations entre Téhéran et Washington ? </strong></h4>
<p>Américains et Iraniens ne veulent pas la guerre, c&rsquo;est du moins ce que chacun déclare. Ainsi John Bolton affirme que les Etats-Unis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien, mais qu&rsquo;ils seront tout à fait prêts à réagir à toute attaque, soit par procuration, soit par les forces iraniennes&#8230;<br />
De son côté, il y a de cela un mois, le ministre des affaires étrangères iranien Javad Zarif laissait le bénéfice du doute à Donald Trump quant à ses intentions belliqueuses, mais soulignait qu&rsquo;il subissait très certainement l&rsquo;influence de la « B Team », à savoir John Bolton, « Bibi », (Benjamin Netanyahu), Ben Zayed, prince héritier des Émirats Arabes Unis et Ben Salmane, prince héritier d&rsquo;Arabie Saoudite.<br />
En outre, il estimait que les Etats-Unis semblaient tout mettre en place pour que des incidents se produisent. Déjà en septembre, ces derniers ont annoncé la fermeture de leur consulat à Basra en Irak, à la suite de tirs de roquette à proximité, et en ont accusé l&rsquo;Iran. Téhéran a non seulement nié mais fait remarquer que son propre consulat avait été incendié lors de ces mêmes manifestations !</p>
<p>L&rsquo;annonce américaine d&rsquo;hier semble donner raison à M.Zarif. A l&rsquo;Iran de rester très vigilant désormais pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucun dérapage qui donnerait une bonne raison aux Américains de l&rsquo;attaquer frontalement.</p>
<p><em><strong>Article paru dans l&rsquo;Atlantico du 7/05/2019.</strong></em></p>
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