<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Ukraine &#8211; Amir Aslani</title>
	<atom:link href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/tag/ukraine/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com</link>
	<description>Éclairages et réflexions</description>
	<lastBuildDate>Mon, 14 Nov 2022 10:01:54 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.2</generator>
	<item>
		<title>Iran-Russie, un mariage de raison en Ukraine</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-russie-un-mariage-de-raison-en-ukraine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2022 08:57:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=22309</guid>

					<description><![CDATA[Pourtant en difficulté sur le front ukrainien, l’armée russe parvient à maintenir sa pression sur la population grâce au soutien<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-russie-un-mariage-de-raison-en-ukraine/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourtant en difficulté sur le front ukrainien, l’armée russe parvient à maintenir sa pression sur la population grâce au soutien logistique de l’Iran. Téhéran a en effet accepté de soutenir l’un de ses rares alliés en mettant à son service son expertise en matière de missiles balistiques et de drones de pointe, maîtrise acquise et perfectionnée au cours de la décennie passée et qui a déjà fait des ravages au Yémen et en Arabie saoudite.</p>
<p class="mise_en_avant">“Ces appareils furtifs, dotés d’une charge explosive et capables de couvrir plus de 2500 km à 185 km/heure, sont dotés d’un double avantage : un fonctionnement très basique facile à programmer, ce qui les rend très abordables”</p>
<p>Les drones “Shahed 136”, fabriqués par la société Iran Aircraft Manufacturing Industrial Company (ou HESA), présentent en effet plusieurs intérêts pour la Russie. Ces appareils furtifs, dotés d’une charge explosive et capables de couvrir plus de 2500 km à 185 km/heure, sont dotés d’un double avantage : un fonctionnement très basique (voire “primitif”, selon l’état-major ukrainien), facile à programmer, ce qui les rend très abordables. Ils permettent ainsi à Moscou de faire des économies financières et logistiques en épargnant son propre stock de missiles, puisqu’une armée peut lancer plusieurs Shahed à la fois.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Iran et Russie main dans la main</strong></h4>
<p>Depuis le début de l’été, des échanges techniques se sont opérés entre l’armée russe et les Iraniens, qui ont d’abord accueilli une délégation russe en juin et juillet à l’aérodrome de Kachan, avant de livrer plusieurs appareils – drones kamikazes et drones de surveillance et de guerre électronique. Des opérations de formation ont également été réalisées sur le front après des essais insatisfaisants. Depuis, ces drones ont servi efficacement à la contre-offensive russe menée dans la région de Kharkiv et contre le port d’Odessa.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’utilisation des drones iraniens par la Russie illustre une alliance de circonstances entre deux pays ostracisés sur la scène internationale et sous sanctions occidentales, en proie à de grandes difficultés économiques, domestiques ou militaires”</p>
<p>L’utilisation des drones iraniens par la Russie illustre une alliance de circonstances entre deux pays ostracisés sur la scène internationale et sous sanctions occidentales, en proie à de grandes difficultés économiques, domestiques ou militaires, enfin stratégiquement réunis par toutes ces raisons et par une vision du monde multipolaire qui désigne les États-Unis comme un ennemi commun. Si après 1979, la République islamique se déclarait non alignée entre l’Est et l’Ouest, aujourd’hui les choses ont manifestement changé et Téhéran a choisi un camp.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>De la Syrie à l’Ukraine</strong></h4>
<p>Pourtant, les deux alliés ne s’apprécient guère, pour des raisons en premier lieu historiques qui remontent au temps de leurs empires respectifs. La relation s’est néanmoins approfondie sous l’égide de Vladimir Poutine afin de sécuriser l’accès de la Russie au Moyen-Orient, et l’engagement russe en Syrie en soutien à Bachar El-Assad, allié de Téhéran, s’est inscrit dans cette logique dès 2015. Depuis lors, les forces aériennes de Moscou combinés aux milices chiites iraniennes au sol ont travaillé de concert sur le terrain syrien, avec l’objectif in fine d’amoindrir l’influence américaine dans la région. Le conflit ukrainien offre aujourd’hui des caractéristiques semblables, outre qu’il permet à l’Iran de s’afficher comme une puissance militaire régionale dont il faut craindre la force de frappe. En outre, les deux pays sont engagés de longue date dans une coopération économique et énergétique sur le pétrole et le gaz, ainsi que dans la sphère nucléaire – la Russie a travaillé pendant plusieurs années sur le site de Bushehr avant que des retards et de lourdes pertes financières aient mis fin à cette collaboration.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le conflit ukrainien permet à l’Iran de s’afficher comme une puissance militaire régionale dont il faut craindre la force de frappe”</p>
<p>Officiellement, Téhéran nie toute implication dans le conflit ukrainien, en dépit de la rhétorique des Gardiens de la révolution vantant les mérites des drones de pointe iraniens. Mettre en lumière les liens militaires entre la Russie et l’Iran est en effet délicat, alors que la majorité de la population iranienne exprime plus volontiers sa solidarité avec les Ukrainiens et défie depuis plus d’un mois la République islamique. Il n’en reste pas moins que Téhéran use du contexte pour souligner sa propre importance stratégique : soutien militaire et politique d’une superpuissance, l’Iran démontre une nouvelle fois l’échec des sanctions américaines et de la “pression maximale”, ainsi que ses propres capacités techniques et militaires qui en font une puissance redoutée au Moyen-Orient.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Pressions géopolitiques de toutes parts</strong></h4>
<p>L’axe Moscou-Téhéran comporte de multiples implications géopolitiques. L’avenir de l’accord sur le nucléaire iranien est en effet plus sombre que jamais, alors que l’Union européenne s’est entendue en trois jours sur de nouvelles sanctions contre Mohammed Hossein Bagheri, le chef d’état-major des armées iraniennes, et la société HESA, le constructeur aéronautique iranien des drones Shahed. Bien qu’elle demeure son meilleur soutien au Conseil de sécurité, la Russie a par ailleurs tout intérêt à ce que l’accord ne survive pas et que les sanctions contre l’Iran ne soient pas levées, afin d’éviter un retour des hydrocarbures iraniens sur le marché mondial et donc, un potentiel concurrent énergétique.</p>
<p class="mise_en_avant">“La Russie a par ailleurs tout intérêt que les sanctions contre l’Iran ne soient pas levées, afin d’éviter un retour des hydrocarbures iraniens sur le marché mondial et donc, un potentiel concurrent énergétique”</p>
<p>La pression augmente également sur Israël, qui n’a toujours pas pris position dans la guerre en Ukraine et tente de conserver sa neutralité, en raison du poids de la Russie dans le dossier syrien et la liberté qu’elle lui accorde pour frapper localement les forces iraniennes. En dépit de l’engagement de l’Iran, son ennemi juré, dans la guerre en Ukraine, Tel-Aviv a pour l’heure choisi de maintenir sa position.</p>
<p>Enfin, l’Arabie saoudite, qui semblait avoir clairement choisi le camp de la Russie à l’issue de la dernière réunion de l’Opep+, ne verra sans doute pas d’un bon œil cette collaboration militaire avec son rival régional.</p>
<p>Outre le risque accru de prolifération d’armements, l’alliance entre la Russie et l’Iran porte en elle la possibilité d’une redéfinition des équilibres au Moyen-Orient et au-delà. Étrangement, depuis le renforcement de leur pacte anti-occidental, les deux pays souffrent d’une aggravation de leur situation domestique et d’un rejet massif de leur propre population. Faire le pari de l’Est pour résister à l’Ouest sera-t-il tenable ?</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Est-il trop tard pour ressusciter l’accord sur le nucléaire iranien?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/est-il-trop-tard-pour-ressusciter-laccord-sur-le-nucleaire-iranien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jun 2022 12:28:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Causeur]]></category>
		<category><![CDATA[Nucléaire iranien]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=18399</guid>

					<description><![CDATA[Un an après la reprise des négociations à Vienne, la normalisation tant attendue entre l’Iran et les États-Unis n’a toujours<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/est-il-trop-tard-pour-ressusciter-laccord-sur-le-nucleaire-iranien/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-18400 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/iran-nucleaire-accord-de-vienne-joe-biden-ukraine-abadan1-768x466-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/iran-nucleaire-accord-de-vienne-joe-biden-ukraine-abadan1-768x466-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/iran-nucleaire-accord-de-vienne-joe-biden-ukraine-abadan1-768x466-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/iran-nucleaire-accord-de-vienne-joe-biden-ukraine-abadan1-768x466.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Un an après la reprise des négociations à Vienne, la normalisation tant attendue entre l’Iran et les États-Unis n’a toujours pas eu lieu. L’Iran a certes imprimé sa marque en voulant négocier à son rythme et à ses conditions, estimant primordial que les États-Unis, après tout responsables du <em>casus belli</em> depuis leur retrait unilatéral du <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em> en mai 2018, fassent le premier pas en levant toutes leurs sanctions économiques. Ce retrait catastrophique, s’il a imposé une « pression maximale » à l’Iran, a néanmoins coûté aux États-Unis leur position de force dans le processus de négociations. Comment, en effet, exiger des concessions de l’adversaire lorsqu’on est responsable du contexte de crise ? Fermement attaché à sa position sur ce point, l’Iran a par ailleurs ajouté un moyen de pression, en augmentant depuis avril 2021 son enrichissement d’uranium de 20 à 60%, bien au-delà des quantités autorisées dans le cadre de l’accord de Vienne de 2015. Cette montée en puissance technologique a de fait considérablement réduit le temps de son <em>breakout tim</em>e, le nombre de mois nécessaires pour acquérir le matériel destiné à la fabrication d’une bombe atomique. D’un an au temps où le <em>JCPoA</em> était appliqué, l’estimation s’est réduite aujourd’hui à environ un mois. Face à un Iran plus que jamais proche de devenir un « État du seuil », les Occidentaux ont donc considéré que la signature d’un accord était une impérieuse nécessité, cette urgence favorisant naturellement les demandes de Téhéran.</p>
<p>Mais le temps est aussi devenu une arme à double tranchant : en s’allongeant à l’infini, le temps des négociations les a rendues d’autant plus soumises aux aléas géopolitiques et domestiques, et à l’établissement d’un rapport de force de plus en plus complexe entre les deux principaux concernés, Téhéran et Washington, alors que les Européens sont relégués au rang de figurants par leur propre manque d’initiative.</p>
<h4><strong>La guerre en Ukraine occulte le danger iranien</strong></h4>
<p>Après quelques semaines d’interruption, le dernier cycle de négociations à Vienne début février 2022 promettait pourtant de s’achever sur un document convenant enfin aux deux pays. Arrive la guerre en Ukraine, qui interrompt une fois de plus les discussions et change considérablement la donne. Le premier problème est alors venu de la Russie. L’Iran s’en est certes rapproché ces dernières années, tant dans les domaines énergétiques et militaires que diplomatiques, son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU constituant un atout de poids pour l’appuyer dans les négociations sur le nucléaire. Dans la foulée de l’invasion russe en Ukraine, le gouvernement Raïssi a d’ailleurs manifesté son soutien à Moscou, souscrivant à l’idée qu’une expansion de l’OTAN aux portes de la Russie était « <em>une menace pour la sécurité et la stabilité des nations indépendantes</em> ». Le régime s’est néanmoins gardé de reconnaître les républiques de Donetsk et de Luhansk, en raison d’un lourd passif historique entre la Russie et la Perse fait de guerres et de pertes territoriales pour cette dernière. L’Iran depuis lors se méfie naturellement des ambitions du Kremlin dans son « étranger proche » et n’aime pas spécialement valider à l’étranger l’indépendantisme des peuples de crainte de nourrir l’irrédentisme de ses propres minorités, qu’elles soient kurdes, baloutches, et surtout azéries. Téhéran a tout de même voté contre la résolution onusienne devant suspendre la Russie du Conseil des droits de l’homme le 7 avril, dans une volonté manifeste de préserver une alliance qui lui est indispensable tant que durent les sanctions.</p>
<p>Mais bien qu’unis dans leur objectif commun d’affaiblir le modèle occidental et de participer à l’émergence d’un monde multipolaire, l’Iran et la Russie n’en connaissent pas moins une relation ambivalente. Parce qu’elle sait le poids qu’elle représente dans la réussite des négociations viennoises, la Russie n’a pas hésité à interférer dans le processus et à conditionner sa signature du nouveau traité à la préservation de ses liens économiques avec Téhéran, alors qu’elle s’est trouvée frappée par de nouvelles sanctions occidentales. Bien que sortant des limites de l’accord, cette exigence diplomatique a été agréée par les États-Unis, qui ont estimé qu’une résolution de la question nucléaire avec Téhéran valait bien, malgré le contexte, une concession à la Russie.</p>
<p>Malgré la résolution de ce court différend diplomatique, les négociations sont de nouveau entrées dans une phase de blocage. Alors que le contexte de la guerre en Ukraine pouvait significativement l’aider à normaliser les relations avec Téhéran et éviter, de ce fait, une crise nucléaire, Joe Biden a montré une frilosité qui détonne par rapport à ses promesses de campagne. Le président américain avait en effet promis de rétablir le<em> JCPoA</em> dont il a été l’artisan sous Barack Obama. Les deux pays ayant réussi à dépasser leurs divergences, l’accord, jugé vital pour contenir les progrès de l’Iran en matière nucléaire, semblait sur le point d’être conclu. Téhéran avait en effet, comme preuve de sa bonne volonté, accepté de baisser son seuil d’uranium enrichi à 3,67%, soit celui établi par l’accord de 2015, tandis qu’un compromis permettant d’éviter de détruire ses centrifugeuses (soit par le biais d’un démantèlement, ou par l’intervention d’un pays tiers pour recevoir ce matériel) avait été trouvé. Restait encore à inscrire véritablement dans le marbre la principale garantie réclamée par l’Iran, à savoir le maintien des États-Unis dans le nouvel accord en cas d’alternance politique à Washington. C’était sans compter avec l’inscription par Donald Trump des Gardiens de la Révolution sur la liste américaine des <em>Foreign Terrorist Organizations, </em>dont Téhéran réclame le retrait.</p>
<h4><strong>Le statut des Gardiens de la Révolution au cœur des négociations</strong></h4>
<p>Courtisé, au même titre que le Venezuela, dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine et de la hausse des prix de l’énergie, l’Iran s’estime en effet en position de force pour obtenir de nouvelles concessions des États-Unis. Après avoir systématiquement refusé que tout sujet hors nucléaire soit abordé lors des négociations, il a donc formulé cette demande très mal accueillie par les Occidentaux. Mais l’administration Raïssi ne pouvait pas se priver d’une telle occasion de se montrer plus exigeante que ses prédécesseurs réformateurs. Elle doit en effet consolider son pouvoir, et pour ce faire donner des gages à ce corps d’élite qui dépend directement du Guide suprême Ali Khamenei, et qui contrôlerait plus du tiers de l’économie iranienne, en particulier dans ses secteurs clés de l’énergie, du BTP et des télécommunications. Frappés par diverses sanctions depuis 2007, les Gardiens de la Révolution figurent de longue date soit, pour certains de leurs membres, sur la <em>Specially Designated Nationals and Blocked Persons list</em> américaine, soit sur la <em>FTO</em> en tant que groupe depuis 2019 seulement. Aucune de ces désignations n’ayant jamais réussi à tempérer leur influence, ni en Iran, ni au Moyen-Orient, celles-ci restent donc très symboliques, mais ce symbole entache le prestige d’une formation qui se présente, en Iran et dans tout le Moyen-Orient, comme le seul rempart contre Daech et le djihadisme sunnite dans la région.</p>
<p>Robert Malley, l’envoyé spécial de la Maison-Blanche pour l’Iran, et le Secrétaire d’État Antony Blinken, ont affirmé que même s’il n’était plus listé comme groupe terroriste, le corps militaire resterait soumis aux sanctions imposées depuis quinze ans. Pourquoi, dès lors, se passer d’une concession sans conséquence – du propre aveu de l’administration Biden – qui pourrait pourtant garantir la survie de l’accord sur le nucléaire iranien ?</p>
<p>D’abord pour une question de politique intérieure et de perspective électorale, intrinsèquement corrélées à la politique étrangère aux États-Unis. Les élections de <em>mid-term</em> en novembre prochain risquent en effet d’être perdues par le camp démocrate. L’administration Biden se sait donc en position de faiblesse en raison d’un bilan mitigé sur le plan domestique, et d’échecs cuisants en politique internationale – le retrait honteux des troupes américaines d’Afghanistan, certes décidé par son prédécesseur, pèse très lourd en défaveur de Joe Biden, puisque le Pentagone lui-même l’a qualifié « d’échec stratégique ». Il apparaît donc risqué d’accorder des concessions à l’Iran et de souffrir pour la peine d’un coût électoral conséquent. Les Républicains, fidèles à leur positionnement historique contre l’accord nucléaire depuis 2015, mettent tout en œuvre pour éviter une normalisation avec l’Iran, comme le prouve la motion déposée début mai par le sénateur de l’Oklahoma James Lankford, exigeant que tout accord nucléaire aborde la question de l’influence régionale de l’Iran et rende impossible la levée de l’anathème qui frappe les Gardiens de la Révolution. Votée par une large majorité sénatoriale, cette motion a également reçu le vote positif des seize sénateurs démocrates.</p>
<p>Ce vote, tout comme les hésitations de l’administration Biden, souligne au demeurant le fort clivage qui existe à la Maison-Blanche entre tenants d’une ligne de fermeté vis-à-vis de Téhéran, et ceux au contraire qui préfèrent donner sa chance à la voie diplomatique. Les premiers, représentés par l’équipe de négociateurs de Richard Nephew, envoyé spécial pour l’Iran, souhaitaient notamment imposer à Téhéran une date-butoir au-delà de laquelle il ne serait plus possible de négocier. Leur départ fin janvier 2022 a marqué la consolidation de la ligne des « modérés », incarnée par Robert Malley, conseiller de Joe Biden pour le Moyen-Orient et plus particulièrement en charge de la question nucléaire iranienne, et Antony Blinken, son Secrétaire d’État. Le camp démocrate n’en reste pas moins divisé sur la « question iranienne », notamment lorsque l’un de ses membres les plus influents, le président de la Commission des affaires étrangères du Sénat Robert Menendez, s’est dit fermement opposé à un accord nucléaire devant le Congrès, tout comme dix-huit de ses collègues démocrates qui ont exprimé leur désaccord par voie de presse début avril.</p>
<h4><strong>Inquiétudes et manœuvres israéliennes</strong></h4>
<p>Israël incarne l’autre source de pression pesant sur Joe Biden. Dès 2015, Benjamin Netanyahu s’était fait la voix inlassable de l’opposition de l’État hébreu à toute normalisation entre l’Iran et les Etats-Unis, qualifiant le <em>JCPoA </em>« d’erreur historique » devant le Congrès, l’ONU ou la presse américaine. Depuis deux ans, Israël a intensifié sa guerre de l’ombre avec Téhéran, que ce soit par voie aérienne, maritime ou numérique, sans compter les assassinats de personnalités iraniennes, les frappes contre les sites sensibles iraniens et les proxies de la République islamique en Syrie, opérations jamais officiellement revendiquées par l’État hébreu mais dont l’origine ne fait aucun doute ni pour les autorités iraniennes, ni pour Washington. La toute dernière opération de ce genre, l’assassinat du colonel Sayyad Khodayi, haut gradé de la force Al-Qods, a ainsi été publiquement dévoilée par les États-Unis à la fureur de Tel-Aviv, qui a décliné tout commentaire. En intervenant précisément dans un moment où les négociations sur le nucléaire se cristallisaient autour de la question du retrait éventuel des Gardiens de la liste des FTO, l’élimination du chef présumé de l’unité 840, réputée secrète au sein de la force Al-Qods, avait pourtant valeur de message auprès de Washington, afin de rappeler l’activisme terroriste des Pasdarans. De plus en plus inquiète face aux hésitations de la Maison-Blanche, l’armée israélienne intensifierait ses efforts militaires, comme l’atteste l’entraînement dit « Chariots de feu » effectué fin mai, qui simulait pour la première fois une frappe à grande échelle sur l’Iran.</p>
<p>Particularisme américain, ce lobbying diplomatique se double d’une intense campagne d’influence de la part des diverses organisations pro-israéliennes américaines, généralement de droite voire néo-conservatrices ou chrétiennes évangélistes, comme l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), l’American Jewish Committee ou encore Christians United for Israel. En 2015, ce sont près de 20 millions de dollars et 300 lobbyistes qui avaient été mobilisés pour faire barrage à la signature de l’accord de Vienne, en vain. Mais là encore, un puissant clivage divise la communauté juive américaine, puisque les groupes plus libéraux défendent la normalisation avec l’Iran et que d’après un sondage de J Street, le groupe le plus emblématique de cette tendance, deux tiers des Juifs américains souhaiteraient voir les États-Unis réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien.</p>
<p>Il apparaît donc regrettable que les États-Unis ne parviennent pas à trancher le nœud gordien, alors qu’un accord renouvelé sur le nucléaire iranien reste plus pertinent que jamais. Le gain d’une normalisation des relations occidentales avec l’Iran serait pourtant significatif. Dans le contexte actuel de forte tension du marché énergétique, son retour sur la scène internationale permettrait de réguler le cours des hydrocarbures, puisqu’il possède près de 100 millions de barils de brut en réserve et, une fois débarrassé des sanctions économiques, une capacité de production supplémentaire de près de 500 000 barils par jour. Également dépositaire des deuxièmes réserves mondiales de gaz naturel, l’Iran pourrait constituer l’alternative la plus crédible pour les Européens et leur permettre de regagner leur indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Cette option devra néanmoins s’inscrire sur le long terme, les infrastructures permettant des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe de l’Est en particulier étant encore balbutiantes, tandis que l’Iran lui-même manque d’investissements dans ce secteur notamment à cause des sanctions qui le coupent de tous les circuits internationaux depuis plus de quarante ans.</p>
<h4><strong>L’économie iranienne résiliente</strong></h4>
<p>En Iran, le régime croit pourtant pouvoir se passer éventuellement d’un accord pour sortir l’économie de l’impasse où elle se trouve, une priorité annoncée par Ali Khamenei lui-même lors de ses vœux de Nouvel an iranien en mars. Échaudée par l’inconstance occidentale, la République islamique s’est en effet employée depuis 2018 à renforcer sa coopération bilatérale avec la Russie et surtout la Chine, sa principale cliente en hydrocarbures, qui prouve que les sanctions américaines peuvent être contournées. Au demeurant, fin 2021, la Banque centrale iranienne faisait état de prévisions plutôt optimistes et d’une résilience plus forte qu’attendue du secteur économique. Les exportations d’hydrocarbures pour 2020 auraient ainsi largement dépassé celles des deux années précédentes, tandis que les revenus pétroliers réalisés sur six mois en 2021 dépassaient déjà ceux réalisés sur la totalité de l’année 2020. La guerre en Ukraine et la forte hausse du cours du brut renflouent effectivement ses caisses, et entraînent de ce fait moins d’empressement de la part du régime pour conclure un accord avec les Américains.</p>
<p>Pour autant, à près de 45,2%, l’inflation reste à un niveau jamais atteint depuis vingt ans, et près de 33% des Iraniens vivraient sous le seuil de pauvreté. La décision du gouvernement de supprimer le taux de change de 42 000 rials pour un dollar a contribué à augmenter l’inflation et les prix des biens de première nécessité, une proposition incompréhensible compte tenu de ses ambitions pour améliorer le quotidien des Iraniens. De fait, le régime lui-même est divisé sur la conduite à tenir vis-à-vis de l’Occident et de l’accord nucléaire. Sans surprise, les conservateurs préféreraient s’en passer, quand les réformateurs estiment qu’il est nécessaire et que le soutien à la stratégie russe en Ukraine est contre-productif pour l’avenir de l’Iran.</p>
<p>Arrivé au pouvoir, Ebrahim Raïssi avait l’ambition de faire construire un million de nouveaux logements par an, de créer un million d’emplois, d’augmenter le salaire des enseignants et de maîtriser l’inflation comme les variations monétaires. Des promesses qui restent impossibles à tenir sous un régime de sanctions, ce que les conservateurs ne peuvent publiquement admettre, mais qui demeure pourtant une triste réalité. En aggravant la crise économique et environnementale – aucune priorité n’est accordée à la transition énergétique alors que l’Iran est l’un des principaux pays émetteurs de CO2 et connaît une insécurité hydrique extrêmement préoccupante – les sanctions créent tous les ingrédients d’une grave crise sociale : paupérisation et exil des Iraniens, notamment de ses intellectuels, et multiplication des mouvements de contestation. L’effondrement d’un immeuble à Abadan, dans la province du Khouzistan, a rappelé récemment le climat de tension extrême au sein de la population iranienne qui ronge la stabilité du régime. Certes, cela fait près de quarante ans que l’Occident parie sur un « <em>regime change »</em> émanant des Iraniens eux-mêmes, ce qu’une stratégie d’étranglement économique devait d’ailleurs accélérer. Certes, depuis quarante ans, la République islamique est toujours debout. Mais le phénomène d’accumulation menace de ne plus être tenable.</p>
<p>La survie à long terme de l’Iran tient, qu’on le veuille ou non, à la levée des sanctions, donc à l’obtention d’un accord renouvelé. Tester la patience occidentale risque en effet de refermer la fenêtre de négociation, sans laquelle l’Iran ne parviendra sans doute pas à faire front. Les Occidentaux multiplient les coups de pression à son encontre, comme l’illustre la résolution critique déposée auprès de l’AIEA par les États-Unis et les Européens afin d’appeler l’Iran à coopérer avec l’Agence atomique. L’accord, ont-ils prévenu, ne restera pas indéfiniment sur la table. Et si la fenêtre se referme, il n’est pas certain qu’il sera possible de la rouvrir.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Causeur le 13/06/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Iran face au risque de l&#8217;insécurité alimentaire</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-face-au-risque-de-linsecurite-alimentaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 May 2022 14:55:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=17169</guid>

					<description><![CDATA[Conséquence de l&#8217;invasion russe en Ukraine, le monde connaît une insécurité alimentaire croissante, la flambée des prix menaçant de nombreux<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-face-au-risque-de-linsecurite-alimentaire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-17170 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/000_1_UD_4_AH_9a7b1daa8e-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/000_1_UD_4_AH_9a7b1daa8e-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/000_1_UD_4_AH_9a7b1daa8e-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/000_1_UD_4_AH_9a7b1daa8e.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Conséquence de l&rsquo;invasion russe en Ukraine, le monde connaît une insécurité alimentaire croissante, la flambée des prix menaçant de nombreux pays importateurs de denrées agricoles. Le risque d&rsquo;une pénurie ou de difficultés d&rsquo;approvisionnement est d&rsquo;autant plus important lorsque l&rsquo;un des principaux exportateurs de blé, la Russie, se voit obligée d&rsquo;établir des quotas afin d&rsquo;assurer sa propre autonomie alimentaire. Moscou a dû en effet interdire temporairement ses exportations de céréales vers les Etats de l&rsquo;Union économique eurasienne, et a fixé son quota à 11 millions de tonnes, dont 8 millions de blé, jusqu&rsquo;au 30 juin prochain.</p>
<p>Or, comme l&rsquo;Egypte et la Turquie, l&rsquo;Iran importe surtout de Russie l&rsquo;essentiel de ses denrées alimentaires de base. Sur près de 52 milliards de dollars d&rsquo;importations diverses pour la seule année 2021, 19 milliards ont ainsi été consacrés à l&rsquo;achat de 30 millions de tonnes de blé, de maïs, d&rsquo;orge, de graines oléagineuses, d&rsquo;huile et de farine de soja destinée à l&rsquo;alimentation animale. Ces chiffres confirment une triste réalité : puissante sur le plan militaire, la République islamique manque d&rsquo;indépendance alimentaire et se trouve de ce fait extrêmement vulnérable face aux fluctuations des marchés mondiaux pour assurer la subsistance de sa population. Dans le cas d&rsquo;une guerre qui implique les deux principaux fournisseurs mondiaux en blé, cette dépendance à l&rsquo;extérieur peut s&rsquo;avérer catastrophique.</p>
<p>Le problème est tel qu&rsquo;Ali Khamenei a appelé, lors de son discours du Nouvel an le 21 mars dernier, à revitaliser le secteur agricole iranien et à rendre l&rsquo;Iran auto-suffisant. Il sait pourtant que ce louable objectif intervient dans un contexte mondial des plus défavorables, outre les problèmes de sécheresse et de raréfaction de l&rsquo;eau extrêmement inquiétants pour l&rsquo;avenir du pays.</p>
<div></div>
<p>Tous deux soumis au même régime d&rsquo;exclusion des marchés mondiaux, la Russie et l&rsquo;Iran ont donc tout pour s&rsquo;unir davantage et construire des alternatives leur permettant de résister à la volatilité des cours et aux restrictions extérieures. Moscou souhaite en effet rendre son économie et son commerce extérieur moins dépendants du dollar, et travaille conjointement avec Téhéran sur un mécanisme de protection de leurs échanges commerciaux et financiers face aux sanctions. Le mois dernier, le ministère iranien de l&rsquo;Agriculture a sanctuarisé avec la Russie l&rsquo;importation de près de 20 millions de tonnes de denrées agricoles. Un accord bilatéral qui permettrait l&rsquo;échange d&rsquo;hydrocarbures iraniennes contre de l&rsquo;alimentation pour bétail en provenance de Russie serait également en projet.</p>
<p>Les bénéfices peuvent être néanmoins mutuels et le contexte géopolitique, si difficile soit-il, pourrait même représenter une opportunité économique pour l&rsquo;Iran. Bien que ses importations alimentaires se chiffrent chaque année en milliards de dollars, la Russie a interdit l&rsquo;importation en provenance d&rsquo;Europe et des Etats-Unis, une mesure de rétorsion face aux sanctions économiques qui ont suivi son annexion de la Crimée en 2014. Téhéran, qui compte une bonne production maraîchère et laitière, pourrait aisément investir le marché alimentaire russe. En 2021, ses propres exportations vers la Russie ont déjà augmenté de 14%. Fin janvier, donc en amont de l&rsquo;invasion ukrainienne, le président Raïsi annonçait un accord signé avec Moscou qui devrait lever les barrières douanières et porter leurs échanges commerciaux à 10 milliards de dollars par an. A cette fin, un axe commercial nord-sud devrait également être mis en œuvre pour faciliter les échanges.</p>
<p>Le renforcement de cette relation bilatérale est d&rsquo;autant plus nécessaire pour Téhéran que l&rsquo;importation de ses biens de base est désormais conditionnée au taux de change de la Banque centrale iranienne, cinq fois plus élevé que le taux indexé sur le dollar américain. La conséquence que la République islamique veut évidemment éviter est une flambée des prix qui entraînerait de nouveaux mouvements sociaux, semblables à ceux qui avaient suivi l&rsquo;augmentation du prix de l&rsquo;essence en novembre 2019. Certes principal client des denrées russes, l&rsquo;Iran peut néanmoins s&rsquo;approvisionner auprès d&rsquo;autres pays, notamment européens ou asiatiques, le commerce alimentaire étant exempté de sanctions économiques imposées par Washington. Poussé par la nécessité, le gouvernement tente également de favoriser l&rsquo;agriculture iranienne, en garantissant un prix d&rsquo;achat élevé aux céréaliers locaux qui devraient produire cette année 9 millions de tonnes de blé, réduisant quelque peu la dépendance de l&rsquo;Iran aux importations.</p>
<p>Mais ces mesures, certes bienvenues, restent insuffisantes pour garantir l&rsquo;autonomie alimentaire du pays, et sans doute quelque peu tardives. La guerre en Ukraine et ses conséquences sur les marchés mondiaux soulignent encore une fois, comme au moment de la crise sanitaire, à quel point la réflexion sur l&rsquo;autosuffisance, qu&rsquo;elle soit alimentaire ou énergétique, doit devenir une donnée essentielle des politiques publiques. Pays européens comme asiatiques ne peuvent plus y échapper, surtout face à un contexte géopolitique de plus en plus marqué par les crises, et qui ne permet plus de se consacrer au superflu au détriment de l&rsquo;essentiel.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 01/05/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Russie, une puissance fantasmée ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-russie-une-puissance-fantasmee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Mar 2022 09:01:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=16003</guid>

					<description><![CDATA[La double erreur du Kremlin est d&#8217;avoir cru à la fois à la supériorité opérationnelle de son armée, et à<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-russie-une-puissance-fantasmee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-16004 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_324_Z69_J_b3b7a96806-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_324_Z69_J_b3b7a96806-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_324_Z69_J_b3b7a96806-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_324_Z69_J_b3b7a96806.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p dir="ltr">La double erreur du Kremlin est d&rsquo;avoir cru à la fois à la supériorité opérationnelle de son armée, et à la force du sentiment pro-russe au sein de la population ukrainienne. Deux facteurs largement victimes du fantasme de la toute-puissance russe alimenté par Vladimir Poutine et les idéologues nationalistes de son pays.</p>
<p dir="ltr">En plus d&rsquo;être sécuritaires, les intérêts de la Russie en Ukraine sont d&rsquo;ordre idéologique et culturel. Ses débuts dans l&rsquo;histoire européenne démarrent en effet au IXème siècle dans cette principauté alors connue sous le nom de « la Rus&rsquo; de Kiev », convertie un siècle plus tard au christianisme de rite byzantin. C&rsquo;est la conquête mongole au XIIIème siècle qui contribue à l&rsquo;éclatement des Slaves orientaux en trois nations, la Russie, la Biélorussie et l&rsquo;Ukraine, expliquant chez Vladimir Poutine cette obsession du contrôle envers ces deux voisins. Si la Biélorussie, depuis 30 ans aux mains d&rsquo;Alexandre Loukachenko, demeure un obéissant satellite de Moscou, la situation s&rsquo;avère nettement plus complexe avec l&rsquo;Ukraine, plus attirée par les valeurs et les promesses du capitalisme occidental.</p>
<p dir="ltr">Or, dans l&rsquo;optique d&rsquo;effacer le souvenir de la chute de l&rsquo;URSS, « la pire catastrophe du 20ème siècle » selon ses propres termes, Vladimir Poutine n&rsquo;a jamais caché son dessein messianique de restaurer le leadership de la Russie sur l&rsquo;échiquier mondial et européen. La position de l&rsquo;Ukraine s&rsquo;avère ici essentielle. Riche de sa production agricole, de son industrie de défense, de ses infrastructures nucléaires et de sa situation géographique qui lui ouvre les portes de la Mer Noire, l&rsquo;Ukraine a longtemps représenté l&rsquo;un des fondements de la puissance soviétique, étant par ailleurs l&rsquo;une de ses républiques les plus densément peuplées. En 2001, un recensement estimait que 8 millions de Russes vivaient en Ukraine, majoritairement dans les régions de l&rsquo;est et du sud du pays, soit la première diaspora russe que Moscou estime de son devoir de protéger&#8230; voire de réintégrer à son propre territoire.</p>
<div></div>
<p dir="ltr">De ce fait, le désir de l&rsquo;Ukraine de rejoindre les organisations politiques européennes et atlantistes dès le début des années 2000 a été vécu comme une « trahison » par le Kremlin. Ce « séparatisme » ne pouvait qu&rsquo;être le fait d&rsquo;une ingérence « étrangère » &#8211; autrement dit, occidentale – et non la manifestation de l&rsquo;auto-détermination du peuple ukrainien. Certes, Russes et Ukrainiens demeurent culturellement proches, et même Alexeï Navalny, farouche opposant de Vladimir Poutine et contempteur régulier de sa politique étrangère, estimait publiquement que rien ne pouvait différencier les deux peuples. Mais ils ne vivent plus aujourd&rsquo;hui sous le même régime politique et ne forment plus « un seul peuple », une réalité que la Russie, vraisemblablement, peine à accepter. Au demeurant pour Moscou, le maintien de l&rsquo;Ukraine dans la sphère d&rsquo;influence russe est justifié économiquement par son rôle dans l&rsquo;exportation des hydrocarbures russes vers l&rsquo;Europe, et enfin, stratégiquement, par la nécessité de garder l&rsquo;OTAN et les Etats-Unis le plus loin possible de ses frontières, donc d&rsquo;éviter que l&rsquo;Ukraine ne devienne « anti-russe ».</p>
<p dir="ltr">Dès le mois de décembre 2021, la Russie a donc massé près de 175 000 hommes aux portes de l&rsquo;Ukraine, prélude à une invasion qui a été effectivement déclenchée deux mois plus tard. Selon le Kremlin, la stratégie initiale de « l&rsquo;opération spéciale » ne prévoyait pas d&rsquo;attaquer immédiatement les villes du pays, y compris Kiev, afin d&rsquo;éviter de lourdes pertes parmi la population civile, et notamment parmi la diaspora russe. Dans le viseur demeurait néanmoins la reddition de la capitale, symbole du pouvoir et de ce gouvernement jugé gangréné par les mouvements nationalistes de l&rsquo;extrême-droite ukrainienne, comme le bataillon Azov (dont l&rsquo;activisme est avéré mais qui restent minoritaires), et surtout, dans l’esprit du Président russe, vendu aux puissances occidentales.</p>
<p dir="ltr">A la surprise générale, la Blitzkrieg tant vantée par la propagande russe n&rsquo;a pas entraîné la conquête éclair de l&rsquo;Ukraine, l&rsquo;armée russe rencontrant une résistance insoupçonnée et une organisation rapide des forces armées ukrainiennes grâce au soutien occidental. La stratégie initiale a donc rapidement évolué vers un état de siège des principales villes d&rsquo;Ukraine, afin de viser ces « formations nationalistes armées » cachées parmi les civils.</p>
<p dir="ltr">S&rsquo;il peut être difficile de distinguer le vrai du faux dans ce conflit qui se double d&rsquo;une guerre de l&rsquo;information, les analystes occidentaux demeurent néanmoins sceptiques quant à la puissance réelle de l&rsquo;armée russe, ce qui expliquerait son retard par rapport à ses objectifs initiaux. En dépit des efforts budgétaires menés par le Kremlin depuis une dizaine d&rsquo;années (entre 2010 et 2020, 4% du budget annuel a été dédié à la défense) et de l&rsquo;exhibition des forces russes sur les théâtres d&rsquo;opération étrangers, notamment en Syrie, l&rsquo;armée de Vladimir Poutine trahit un manque de préparation opérationnelle et d&rsquo;armes de précision, ainsi que de graves faiblesses en matière de ressources matérielles et humaines. En Ukraine, les Russes comptent deux fois plus de contractuels que de conscrits et s&rsquo;appuient sur des renforts étrangers, des mercenaires du groupe Wagner rapatriés d’Afrique, volontaires tchétchènes et bientôt syriens, voire biélorusses.</p>
<p dir="ltr">Toujours en phase de réorganisation, la puissance militaire russe est apparue rapidement dépassée par la réalité du terrain et des forces en présence, d&rsquo;où son virage vers une double radicalité, la menace nucléaire et la guerre de siège, avec bombardements et nassages qui frappe délibérément, désormais, les civils. En visant l&rsquo;anéantissement des villes comme Marioupol, qui se dressent sur le chemin de l&rsquo;armée russe pour contrôler les points les plus stratégiques d&rsquo;Ukraine – Marioupol se trouve sur la route d&rsquo;Odessa, principale port de la Mer Noire – Vladimir Poutine cherche désormais non seulement à « punir » une population récalcitrante, mais aussi à montrer que la puissance militaire russe n&rsquo;a rien de fantasmé. Dans ce contexte de tension extrême, le risque d&rsquo;une fuite en avant de sa part et d&rsquo;un déchaînement de violence est pris très au sérieux par les états-majors des armées occidentales.</p>
<p dir="ltr">La plus grave erreur d&rsquo;appréciation du Kremlin aura sans doute été de sous-estimer, outre ses propres forces, la volonté de combattre des Ukrainiens et la réponse occidentale à son offensive. En réveillant un fort réflexe nationaliste, l&rsquo;invasion russe pourrait dès lors entraîner un enlisement du conflit, ce que la Russie n&rsquo;aura pas les moyens d&rsquo;assumer sous un régime de sanctions internationales.</p>
<p dir="ltr">Enfin, comble d’ironie, cette nation ukrainienne que le Président russe peine tant à reconnaitre risque justement de se forger sous les bombes russes.</p>
<p dir="ltr">Outre cette lutte entre bloc russe et bloc occidental qui rappelle les pires heures de la Guerre froide, c&rsquo;est désormais une guerre entre deux nationalismes qui se joue aux portes de l&rsquo;Europe. Quand bien même Poutine remporterait la bataille de Kiev, il n&rsquo;aura sans doute pas gagné la guerre. Son « opération spéciale » permettra peut-être de renverser le gouvernement de Volodymyr Zelensky et de placer un dirigeant fantoche à la tête de l&rsquo;Ukraine, mais la Russie aura le plus grand mal à contrôler un pays profondément divisé entre Est et Ouest, une population meurtrie et méprisant l&rsquo;occupant, un pays en proie à une guérilla incessante. L&rsquo;Ukraine pourrait devenir l&rsquo;Afghanistan de Vladimir Poutine ce qui, pour un dirigeant lisant le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui avec les cartes géopolitiques d&rsquo;hier, prouverait que l&rsquo;Histoire ne manque pas d&rsquo;ironie.</p>
<p dir="ltr"><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p dir="ltr"><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 20/03/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>« Il n&#8217;y aura aucune conséquence »</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/il-ny-aura-aucune-consequence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 09:12:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[DW]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=16006</guid>

					<description><![CDATA[La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné ce mercredi (16.03.2022) à la Russie de cesser immédiatement les opérations militaires commencées<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/il-ny-aura-aucune-consequence/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné ce mercredi (16.03.2022) à la Russie de cesser immédiatement <a class="icon intern" href="https://www.dw.com/fr/guerre-en-ukraine-marioupol-civils-bombardements/a-61101903" target="_blank" rel="noopener">les opérations militaires commencées le 24 février sur le territoire de l&rsquo;Ukraine</a>.</p>
<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une mesure conservatoire en attendant le jugement sur le fond. La CIJ a été saisie par l&rsquo;Ukraine sur la base de la convention de Genève pour la prévention et la répression du génocide. En effet, en démarrant son invasion, la Russie a accusé l&rsquo;Ukraine de génocide contre les populations russophones du Donbass. Ce que nie Kiev qui dénonce un prétexte de la part de Moscou.</p>
<p>Retrouvez la suite de l&rsquo;article et l&rsquo;interview d&rsquo;Ardavan Amir-Aslani sur <a href="https://www.dw.com/fr/cij-russie-suspension-op%C3%A9rations-ukraine-g%C3%A9nocide/a-61152750" target="_blank" rel="noopener">DW</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La difficile neutralité de l&#8217;Arménie face à la crise ukrainienne</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-difficile-neutralite-de-larmenie-face-a-la-crise-ukrainienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2022 09:56:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=15849</guid>

					<description><![CDATA[Le chaos ukrainien inquiète légitimement tous les pays indépendants issus de l&#8217;ancien monde soviétique, dans le Caucase plus que partout<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-difficile-neutralite-de-larmenie-face-a-la-crise-ukrainienne/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-15850 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_32622_TJ_767cd7f118-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_32622_TJ_767cd7f118-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_32622_TJ_767cd7f118-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/0000_32622_TJ_767cd7f118.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le chaos ukrainien inquiète légitimement tous les pays indépendants issus de l&rsquo;ancien monde soviétique, dans le Caucase plus que partout ailleurs. Rares sont ceux qui se sont franchement exprimés en soutien à l&rsquo;offensive décidée par Vladimir Poutine. Certains, comme l&rsquo;Arménie, ont opté pour une prudente neutralité, pour de multiples raisons géostratégiques.</p>
<p>En effet, sortie meurtrie du dernier conflit au Haut-Karabakh qui l&rsquo;a opposée à l&rsquo;Azerbaïdjan en novembre 2020, l&rsquo;Arménie a perdu près de 75% du territoire de l&rsquo;enclave qu&rsquo;elle contrôlait, repassé sous domination azérie. Cette défaite a entamé son poids géopolitique dans la région au profit de la Russie, garante de la sécurité de la zone avec le déploiement d&rsquo;une force de maintien de la paix de 2500 hommes. Erevan s&rsquo;est retrouvée de ce fait tributaire de la puissance russe, qui protège les Arméniens du Haut-Karabakh, mais sécurise aussi la frontière entre l&rsquo;Arménie et l&rsquo;Azerbaïdjan, théâtre d&rsquo;affrontements récurrents depuis trois décennies, et la frontière avec la Turquie.</p>
<p>Alors qu&rsquo;elle était déjà étroitement liée à la Russie par son appartenance à l&rsquo;Organisation du Traité de Sécurité collective (OTSC), son principal traité de coopération, et par une présence militaire russe importante sur son territoire (avec l&rsquo;aéroport militaire de Erevan et la base de Gioumri), cet état de fait a naturellement accru la dépendance de l&rsquo;Arménie à son ancienne tutelle soviétique. Or, ceci l&rsquo;oblige aujourd&rsquo;hui à un délicat exercice d&rsquo;équilibre, compte tenu de sa proximité avec les Occidentaux. Dans l&rsquo;optique d&rsquo;accéder à des financements significatifs dédiées à la modernisation de ses institutions et de son économie, l&rsquo;Arménie a patiemment développé sa coopération avec l&rsquo;OTAN à travers les plans d&rsquo;action individuels pour le partenariat (IPAP), dont le premier date de 2005, ainsi qu&rsquo;avec l&rsquo;Union européenne. Elle est ainsi membre de l&rsquo;initiative de partenariat oriental de l&rsquo;Union et a signé avec les Vingt-Sept un accord de partenariat global et renforcé en 2017. Elle a enfin initié un dialogue stratégique directement avec les Etats-Unis en 2019.</p>
<div id="prisma-banner-incontent2" class="Advert__Styles-sc-uem6oo-0 jpZOuW ads-core-placer " data-ads-core="{&quot;type&quot;: &quot;Pave-Haut2-desktop&quot;, &quot;device&quot;: &quot;tablet,desktop&quot;}">
<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_4__container__">Autant de liens d&rsquo;amitié maintenus durant les vingt dernières années en parallèle des liens avec la Russie&#8230; aujourd&rsquo;hui susceptibles de lui attirer les foudres du Kremlin, une situation que Erevan souhaite à tout prix éviter pour ne pas menacer sa propre souveraineté déjà fragile. Elle a ainsi communiqué a minima sur la guerre en Ukraine, et a offert son soutien diplomatique à la Russie. Le 26 février, l&rsquo;Arménie a été le seul pays à voter contre son expulsion du Conseil de l&rsquo;Europe, et s&rsquo;est abstenue lors des votes du Conseil onusien des droits de l&rsquo;homme et de l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies deux jours plus tard.</div>
</div>
<p>Le peuple arménien, s&rsquo;il s&rsquo;est montré ému et solidaire du sort des Ukrainiens, a pour sa part très peu manifesté, et pour cause. Il garde en effet une rancune tenace envers Kiev, soutien politique et militaire de l&rsquo;Azerbaïdjan auquel elle est soupçonnée d&rsquo;avoir fourni des armes chimiques, du phosphore blanc qui aurait été utilisé contre l&rsquo;Arménie lors du conflit dans le Haut-Karabakh. Volodymyr Zelensky a formellement démenti une telle accusation, sans convaincre une population facilement séduite par les discours nationalistes et les campagnes de désinformation russes. La Russie reste pourtant l&rsquo;un des principaux soutiens militaires de Bakou et lui aurait fourni près de 60% de ses équipements militaires entre 2011 et 2020, selon l&rsquo;Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, quand l&rsquo;Ukraine n&rsquo;en aurait guère fourni que 1%. Pour autant, sans avoir pu délibérément prendre fait et cause pour l&rsquo;Ukraine, l&rsquo;Arménie ne peut totalement se détourner d&rsquo;un conflit qui menace 400 000 de ses ressortissants résidant dans le pays. Si les autorités arméniennes ignorent combien d&rsquo;entre eux ont dû fuir les combats, elles ont déjà annoncé leur volonté d&rsquo;accueillir des réfugiés russes, biélorusses et ukrainiens, en plus de leurs propres compatriotes.</p>
<div id="prisma-banner-incontent3" class="Advert__Styles-sc-uem6oo-0 jpZOuW ads-core-placer " data-ads-core="{&quot;type&quot;: &quot;Pave-Haut2-desktop&quot;, &quot;device&quot;: &quot;tablet,desktop&quot;}"></div>
<div></div>
<p>Pour beaucoup en Arménie, le silence reste donc l&rsquo;option stratégique la plus pertinente. Cependant, face au risque de s&rsquo;isoler du camp occidental, il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;elle puisse conserver longtemps une telle neutralité. Préférant temporiser, elle n&rsquo;est donc pas allée plus loin dans son soutien à la Russie et s&rsquo;est gardée de reconnaître l&rsquo;indépendance des républiques séparatistes du Donbass, craignant naturellement un scénario similaire dans l&rsquo;enclave de l&rsquo;Artsakh. Pour autant, le Kremlin lui demandera sans doute des preuves de sa loyauté, notamment dans son effort pour contourner les sanctions occidentales et trouver des alternatives au sein de sa propre sphère d&rsquo;influence. Ce faisant, et dans l&rsquo;hypothèse où la Russie sortirait victorieuse du conflit ukrainien, l&rsquo;autre risque pour l&rsquo;Arménie sera de se retrouver à nouveau prisonnière du joug russe comme au temps de l&rsquo;Union soviétique.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 13/03/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi l’invasion de l’Ukraine fait trembler le Caucase</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-linvasion-de-lukraine-fait-trembler-le-caucase/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Mar 2022 08:52:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Caucase]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=15627</guid>

					<description><![CDATA[Jugée surprenante voire incompréhensible, y compris par les analystes russes, la guerre en Ukraine répond pourtant à un objectif inscrit<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-linvasion-de-lukraine-fait-trembler-le-caucase/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="entry-content">
<div id="madivpw">
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-15628 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/caucase-1-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/caucase-1-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/caucase-1-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/caucase-1-826x459.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Jugée surprenante voire incompréhensible, y compris par les analystes russes, la guerre en Ukraine répond pourtant à un objectif inscrit de longue date dans l’agenda de Vladimir Poutine. Jamais remis de l’effondrement de l’Empire soviétique, le président russe n’a eu de cesse, durant ses deux décennies au pouvoir, de redonner à son pays son statut de grande puissance. Dans son esprit, comme dans celui des gouvernants russes depuis l’époque tsariste, ce statut passe nécessairement par une maîtrise et une unité territoriale, détruite en 1991 avec l’octroi de l’indépendance aux anciennes républiques soviétiques. Depuis lors, l’objectif du Kremlin est bien de reconquérir cet “étranger proche”, soit par l’ingérence politique, soit par la déstabilisation territoriale.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le Caucase, l’Abkhazie, l’Ossétie du Sud et l’Artsakh</strong></h4>
<p>En la matière, le Caucase a servi de laboratoire d’expérimentation à l’invasion ukrainienne. Dès les dernières années de l’URSS, Moscou y a alimenté les tendances séparatistes, ce qui a notoirement abouti à la sécession de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud de la Géorgie en 1992. En 2008, la Russie a reconnu officiellement l’indépendance de ces deux régions après avoir envahi l’Ossétie du Sud, et depuis les soutient militairement et financièrement. Le scénario rappelle donc étrangement celui que vit aujourd’hui l’Ukraine depuis que Vladimir Poutine a reconnu les deux républiques séparatistes de Donetsk et Luhansk, dans le Donbass. Dans les deux cas, le but clairement avoué est d’empêcher ces anciens satellites soviétiques de rejoindre le camp des Occidentaux via l’Otan, et de les maintenir sous influence russe en entamant leur souveraineté territoriale.</p>
<p class="mise_en_avant">“Vladimir Poutine a reconnu les deux républiques séparatistes de Donetsk et Luhansk, le but clairement avoué est d’empêcher ces anciens satellites soviétiques de rejoindre le camp des Occidentaux via l’Otan”</p>
<p>Aujourd’hui plus que jamais, la reconnaissance des deux enclaves de l’est ukrainien résonne particulièrement dans le Caucase, région qui concentre le plus grand nombre d’États séparatistes non reconnus du monde post-soviétique. Ainsi, outre l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, sécessionnistes de la Géorgie, se trouve également le Haut-Karabakh, ou république d’Artsakh, territoire peuplé en majorité d’Arméniens qui a proclamé son indépendance vis-à-vis de l’Azerbaïdjan le 2 septembre 1991, mais n’est reconnu internationalement par aucun État, pas même l’Arménie, ni la Russie.</p>
<p class="mise_en_avant">“Pour les États séparatistes du Caucase déjà reconnus par la Russie, la reconnaissance des républiques populaires de Donetsk et Luhansk est une excellente nouvelle qui renforce leur propre légitimité”</p>
<p>L’analyse de la situation ukrainienne s’avère fort différente selon que l’on se trouve à Tbilissi (capitale de la Géorgie), à Stepanakert (capitale de l’Artsakh &#8211; Haut-Karabakh) ou encore en Ossétie du Sud. Pour les Géorgiens, défenseurs d’une intégrité territoriale dont la Russie les a privés depuis 2008, l’intervention militaire en Ukraine rappelle non seulement de mauvais souvenirs, mais enfreint les principes fondamentaux du droit international et fait craindre que d’autres États de l’étranger proche russe connaissent le même sort. En revanche, pour les États séparatistes du Caucase déjà reconnus par la Russie, la reconnaissance des républiques populaires de Donetsk et Luhansk (dont ils avaient été les premiers et les seuls à reconnaître l’existence dès 2014) est une excellente nouvelle qui renforce leur propre légitimité. Vue d’Abkhazie, la décision russe contribuerait même à renforcer la sécurité régionale et à défendre les droits des petits États sur la scène internationale.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La Haut-Karabakh en quête de reconnaissance internationale</strong></h4>
<p>Mais c’est surtout dans le Haut-Karabakh que la nouvelle a ouvert des perspectives géopolitiques. Depuis la dernière guerre qui a opposé l’Azerbaïdjan et l’Arménie sur sa souveraineté, la république d’Artsakh a perdu les trois quarts de son territoire au profit de Bakou, tandis que la Russie est devenue la force garante de la paix dans la région en vertu du cessez-le-feu de novembre 2020. Bien que Moscou ne reconnaisse pas cette république autoproclamée et la considère comme territoire azéri, les relations se sont déjà considérablement améliorées avec le renforcement de la présence russe dans la région. Désireux d’être le prochain État séparatiste reconnu par Poutine, le Haut-Karabakh s’est donc empressé de saluer l’établissement d’États indépendants et leur reconnaissance internationale comme “un impératif”.</p>
<p class="mise_en_avant">“Désireux d’être le prochain État séparatiste reconnu par Poutine, le Haut-Karabakh s’est empressé de saluer l’établissement d’États indépendants et leur reconnaissance internationale comme “un impératif”</p>
<p>Rien ne serait pourtant plus embarrassant pour l’Azerbaïdjan et, dans une moindre mesure, pour l’Arménie, qu’une reconnaissance internationale, fusse-ce par la seule Russie, de la république d’Artsakh. L’Azerbaïdjan défend de manière générale le principe de l’intégrité territoriale pour soutenir ses propres revendications sur le Haut-Karabakh. Mais déjà en proie à des relations compliquées avec Moscou, et justement en visite auprès de Vladimir Poutine le 21 février dernier, le président de la République d’Azerbaïdjan Ilham Aliyev s’est gardé de tout commentaire sur la situation en Ukraine. En outre, bien qu’il ait rencontré Volodymyr Zelensky à plusieurs reprises ces dernières semaines et que son homologue ukrainien se soit publiquement prononcé pour le respect de l’intégrité territoriale, y compris azérie, Ilham Aliyev ne lui a pas rendu la politesse… L’Arménie partage les mêmes préoccupations que son voisin et ennemi en matière de sécurité régionale, puisqu’elle a affiché un silence tout aussi éloquent après la reconnaissance russe des républiques séparatistes d’Ukraine. Le Premier ministre Nikol Pachinian a cependant accepté de se rendre à Moscou sur l’invitation de Vladimir Poutine.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Les États du Caucase temporisent</strong></h4>
<p>Pragmatiques, les États du Caucase affichent encore la plus grande prudence face à la crise ukrainienne. Sans vouloir s’aliéner les Occidentaux, nul doute qu’ils craignent d’être les prochains sur la liste du chef du Kremlin, devenu inhabituellement belliciste, et préfèrent temporiser avant de prendre parti. La Géorgie a ainsi prévenu qu’elle n’appliquerait pas les sanctions internationales contre la Russie, ce qui a été perçu par sa population comme une lâcheté envers les Ukrainiens. Cependant, il se peut que cette approche isolationniste ne puisse tenir dans un contexte extrêmement tendu et face à une communauté internationale liguée contre la Russie, obligeant chacun à choisir enfin son camp.</p>
<p class="chiffres_cles"><b>Par Ardavan Amir-Aslani. </b></p>
<div><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 02/03/2022.</strong></div>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Ukraine, pomme de discorde entre Poutine et Erdogan</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/lukraine-pomme-de-discorde-entre-poutine-et-erdogan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Feb 2022 10:27:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=15560</guid>

					<description><![CDATA[Triste première depuis près de 80 ans, l&#8217;Europe connaît de nouveau la guerre, alors que la Russie a lancé ce<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/lukraine-pomme-de-discorde-entre-poutine-et-erdogan/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-15561 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_1_HZ_9_OT_14cf4db7bf-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_1_HZ_9_OT_14cf4db7bf-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_1_HZ_9_OT_14cf4db7bf-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_1_HZ_9_OT_14cf4db7bf.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p style="font-weight: 400;">Triste première depuis près de 80 ans, l&rsquo;Europe connaît de nouveau la guerre, alors que la Russie a lancé ce jeudi une offensive sans précédent contre l&rsquo;Ukraine. Tandis que l&rsquo;OTAN et les Vingt-Sept organisent leur riposte, un pays aurait souhaité tirer profit de la crise ukrainienne pour affermir son rôle de puissance régionale : la Turquie. Voisine de l&rsquo;Ukraine dont elle est séparée par la mer Noire, Ankara est son alliée militaire, mais se trouve être aussi la partenaire économique et politique de la Russie. Recep Tayyip Erdogan a tenté d&rsquo;utiliser cette position d&rsquo;équilibriste à son avantage, en se proposant comme médiateur entre Kiev et Moscou. Mais la fin de non-recevoir que lui a opposé Vladimir Poutine a démontré son faible poids politique, et surtout qu&rsquo;il n&rsquo;était plus possible d&rsquo;être ambigu. Prise entre deux feux, la Turquie va donc devoir choisir son camp entre l&rsquo;Est et l&rsquo;Ouest, entre l&rsquo;Asie et l&rsquo;Occident, entre la Russie et l&rsquo;Ukraine et, à travers elle, les Européens.</p>
<p style="font-weight: 400;">L&rsquo;alliance de l&rsquo;Ukraine et de la Turquie peut surprendre, pourtant les deux pays possèdent des liens ethniques et historiques anciens. Dès le XIIIème siècle, bien avant l&rsquo;arrivée des Russes en Crimée et les déportations opérées par Staline après la Seconde guerre mondiale, la région abritait des Tatars turcophones, sujets du khanat de Crimée allié à l&rsquo;Empire ottoman. Les dissidents tatars ont d&rsquo;ailleurs longtemps milité pour l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Ukraine, acquise après la chute de l&rsquo;URSS en 1991, ce qui permit à 250 000 Tatars de revenir dans la région, pour en être de nouveau chassés après l&rsquo;annexion russe de 2014. Fidèle au pantouranisme, Erdogan se montre solidaire de ce peuple turcophone qui combat aujourd&rsquo;hui activement Moscou au sein de l&rsquo;armée ukrainienne, au point d&rsquo;avoir signé l&rsquo;année dernière un contrat avec Kiev afin de construire 500 logements exclusivement réservés aux réfugiés tatars.</p>
<p style="font-weight: 400;">L&rsquo;Ukraine et la Turquie ont par ailleurs développé de longue date des liens stratégiques pour contrer l&rsquo;expansion de la Russie en mer Noire, dont Ankara contrôle le détroit du Bosphore, son seul accès maritime. Ce verrou essentiel a longtemps valu à l&rsquo;Empire ottoman d&rsquo;être l&rsquo;objet de la prédation de la Russie tsariste, et les deux empires se sont affrontés à près de quatorze reprises, la guerre de Crimée (1853-1856) étant le dernier conflit en date.</p>
<p style="font-weight: 400;">Or, cette rivalité perdure encore aujourd&rsquo;hui, justifiant le rapprochement turco-ukrainien afin de limiter cette menace directe sur l&rsquo;hinterland turc, un phénomène anxiogène pour Ankara depuis le début du conflit du Donbass et l&rsquo;annexion de la Crimée en 2014. Depuis lors, la Russie contrôle en effet la majeure partie des ports ukrainiens et y fait stationner sa flotte de navires de guerre et de sous-marins. Elle possède en mer Noire 49 navires contre 26 avant 2014, tandis qu&rsquo;Ankara n&rsquo;en compte plus que 44. Enfin, armer « la voisine d&rsquo;en face » est rapidement apparue comme une stratégie évidente pour la Turquie afin d&rsquo;assurer sa sécurité stratégique et énergétique, depuis la découverte à l&rsquo;été 2020 d&rsquo;un gisement de gaz naturel au large de ses côtes.</p>
<p style="font-weight: 400;">Outre la position géographique avantageuse de la Turquie, obtenir son soutien logistique et militaire pouvait apparaître pour Kiev comme un pari gagnant en cas d&rsquo;agression russe, compte tenu de son expérience dans le Haut-Karabakh ou en Libye. Depuis 2019, Erdogan et Volodymyr Zelensky se sont donc rencontrés à cinq reprises et ont considérablement renforcé la coopération militaire entre leurs deux pays, d&rsquo;abord avec l&rsquo;achat de 48 drones turcs Bayraktar TB2, puis avec un accord actant la production commune de ces équipements de pointe. Le 3 février dernier, au plus fort des tensions entre la Russie et l&rsquo;Ukraine, Erdogan se rendait à Kiev pour signer un traité de libre-échange et plusieurs accords militaro-industriels.</p>
<p style="font-weight: 400;">Toutes ces raisons expliquent l&rsquo;opposition farouche d&rsquo;Ankara aux visées russes sur l&rsquo;Ukraine depuis 2014. En janvier, en marge d&rsquo;un déplacement en Albanie, Erdogan se montrait pour une fois cohérent et qualifiait la possible invasion de l&rsquo;Ukraine par la Russie de « démarche irrationnelle ». Mais ces prises de position, comme le rapprochement turco-ukrainien, ont froissé la Russie qui a suspendu durant deux mois, au printemps dernier, ses vols vers la Turquie, officiellement en raison de la pandémie de Covid-19. L&rsquo;agacement s&rsquo;est approfondi fin octobre 2021, lorsque l&rsquo;armée ukrainienne a pu frapper un convoi de séparatistes pro-russes dans le Donbass avec des drones turcs, ce qui poussa Vladimir Poutine à reporter sa venue en Turquie, prévue début décembre, à une date indéterminée.</p>
<p style="font-weight: 400;">La crise ukrainienne illustre finalement la relation ambigüe qu&rsquo;entretiennent Erdogan et Poutine. Certes alliés objectifs quand il s&rsquo;agit de bâtir un nouvel ordre mondial post-occidental, ils n&rsquo;en restent pas moins rivaux, que ce soit dans le Caucase (notamment au Haut-Karabakh), en Syrie, en Libye, et plus largement au Moyen-Orient, dans la lignée des tensions qui ont irrigué les relations entre leurs deux pays depuis trois siècles. Depuis la chute de Constantinople, la Russie orthodoxe s&rsquo;est toujours considérée comme l&rsquo;héritière de l&rsquo;Empire byzantin, donc la rivale de l&rsquo;Empire ottoman qui lui avait succédé. Or, dans cette compétition, la Turquie actuelle peut être aisément fragilisée par la Russie en Syrie, notamment dans le contrôle de la région d&rsquo;Idlib, ainsi que sur le plan énergétique &#8211; dépourvue de ressources, Ankara importe 40% de son gaz auprès de la société russe Gazprom.</p>
<p style="font-weight: 400;">La question est donc de savoir si Erdogan arrivera à tenir sa difficile position d&rsquo;équilibriste encore longtemps. Alliée de la Russie et de l&rsquo;Ukraine, la Turquie ne peut oublier qu&rsquo;elle est aussi un membre de l&rsquo;OTAN. A ce titre, elle pourrait être légitimement sollicitée par les Etats-Unis en raison de sa position géographique stratégique afin de déployer des effectifs militaires. Pro-occidental lorsque cela l&rsquo;arrange, Erdogan a de surcroit toujours soutenu l&rsquo;entrée de l&rsquo;Ukraine au sein de l&rsquo;OTAN et milite activement pour une présence de l&rsquo;Organisation renforcée en mer Noire pour défendre ses propres intérêts. Soucieux, à un an d&rsquo;une élection présidentielle difficile, de préserver ses chances de conserver le pouvoir alors que l&rsquo;économie turque s&rsquo;enfonce dans la récession, Erdogan choisira peut-être enfin son camp, lui qui a toujours souhaité ménager des alliances inconciliables. Soutenir l&rsquo;aventurisme de Vladimir Poutine, allié non seulement menaçant pour sa propre sécurité territoriale et stratégique mais aussi en passe de devenir un paria sur la scène internationale, serait à cet égard un mauvais calcul, à l&rsquo;inverse d&rsquo;un rapprochement avec le camp occidental, fût-il insincère et temporaire.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 27/02/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dans le conflit ukrainien, le chantage énergétique russe à l’encontre de l’Europe n’a qu’une seule alternative : l’Iran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/dans-le-conflit-ukrainien-le-chantage-energetique-russe-a-lencontre-de-leurope-na-quune-seule-alternative-liran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jan 2022 11:37:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=14973</guid>

					<description><![CDATA[Avec plus de 100,000 hommes amassés sur la frontière ukrainienne avec des divisions blindés et des lanceurs de missiles, la<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/dans-le-conflit-ukrainien-le-chantage-energetique-russe-a-lencontre-de-leurope-na-quune-seule-alternative-liran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-14975 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Avec plus de 100,000 hommes amassés sur la frontière ukrainienne avec des divisions blindés et des lanceurs de missiles, la Russie est suffisamment armée pour procéder à une invasion intégrale de l’ensemble du territoire ukrainien. Il s’agit là de la plus grande concentration de troupes sur le sol européen depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. A un moment où la crise ukrainienne bat son plein, il est utile de s’interroger sur les marges dont disposent réellement l’occident face à Moscou et ses menaces d’invasions. S’il est vrai que les premiers pays intéressés par l’issue de cette situation belliqueuse sont les pays européens, cela n’empêche que, globalement et hormis quelques rares coups de fil entre Vladimir Poutine et les chefs d’Etat européens, les négociations se déroulent entre américains et russes. Pourtant, outre le fait que le conflit se passe sur le territoire européen, les premières victimes des sanctions que peuvent prendre les américains vont être ces mêmes européens.</p>
<p>En effet, la dépendance européenne envers la Russie, en ce qui concerne ses besoins gaziers et de manière générale ses besoins énergétiques est telle, que les membres de l’Union Européenne ont les pires difficultés pour parler d’une même voix. En effet, l’Europe dépend de la Russie à hauteur de plus de 40 pour cent de ses besoins gaziers. L’Allemagne, le plus dépendant énergiquement vis-à-vis de la Russie, ne cesse de temporiser le conflit tout en insistant auprès de Washington afin que soit épargné le projet de l’oléoduc gazier nord-stream 2 des sanctions que pourraient prendre les Etats-Unis à l’égard de Moscou.</p>
<div></div>
<p>La réalité est cependant autrement plus grave. Ainsi, à date d’aujourd’hui il n’y a aucune solution de remplacement pour le gaz russe.  Depuis quelques semaines déjà Washington essaie d’identifier des sources alternatives de remplacement du gaz russe en sollicitant autant ses propres producteurs que les producteurs étrangers. C’est donc sous cette optique qu’il convient d’appréhender la rencontre prévue lundi 31 janvier à la Maison Blanche entre le président américain et l’Emir du Qatar, le deuxième plus grand producteur de gaz liquéfié au Monde. Faire se déplacer l’Emir en Amérique est une indication suffisante pour expliquer le désarroi des américains face aux besoins énergétiques de l’Europe. La réalité est que le gaz n&rsquo;est plus disponible en abondance sur le marché. Son prix a d’ailleurs atteint un sommet historique.</p>
<p>En effet, toute la production du Qatar, qui est donc au maximum de sa capacité, est pré-vendue aux pays asiatiques dont le Japon ce qui explique que les qataris sont dans la quasi incapacité de livrer l’Europe. Il en va de même pour les producteurs américains qui pourront, au mieux, dégager un ou deux tankers de LNG, une quantité largement insuffisante pour répondre aux besoins des pays européens. En outre, les pays le plus dépendants du gaz russe sont ceux de l’Europe de l’est et de l’Europe central où la capacité de recevoir du gaz liquéfié est plus que limitée. En effet, la grande majorité des 28 infrastructures LNG en Europe capables de répondre au remplacement du gaz russe, et ce pour le cas où suffisamment de gaz pourraient y être acheminé, ce qui n’est absolument pas le cas pour le moment, sont situées en Europe occidentale. De plus, si du fait des sanctions américaines ou de sa propre initiative, la Russie cessait son approvisionnement de gaz vers l’Europe, d’autres matières de premières nécessités russes, telle que le pétrole, pourraient également être affectées. Ainsi la conjugaison des mesures de rétorsions américaines et le blocus énergétique de l’Europe par la Russie rendrait la situation intenable. En pareil cas, l’Europe gèlerait en cet hiver rude et le baril de pétrole passerait les 200 dollars sur les marchés internationaux !</p>
<p>Si, dans ce monde de conflit entre les Etats-Unis et la Chine et son allié russe, se pose la question fondamentale de l’indépendance énergétique de l’Europe, il n’y a, à terme, qu’une seule alternative, celle du gaz et du pétrole iranien. En effet, l’Iran recèle en son sein les 3e réserves pétrolières ainsi que les principales réserves gazières prouvées au monde, et ce devant la Russie et le Qatar.</p>
<p>C’est dire que l’issue de l’accord nucléaire avec l’Iran ne fait aucun doute…</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 30/01/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi l’Ukraine craint la défection américaine</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-lukraine-craint-la-defection-americaine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Sep 2021 10:03:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Ukraine]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=12080</guid>

					<description><![CDATA[Début septembre, Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a rencontré le ministre de la Défense américain puis le président Biden. Il est<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-lukraine-craint-la-defection-americaine/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-12081 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/volodymyr-zelensky-et-joe-biden-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/volodymyr-zelensky-et-joe-biden-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/volodymyr-zelensky-et-joe-biden-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/volodymyr-zelensky-et-joe-biden-826x459.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Début septembre, Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a rencontré le ministre de la Défense américain puis le président Biden. Il est donc le deuxième dirigeant occidental reçu à la Maison-Blanche, après Angela Merkel, depuis le début du mandat de Joe Biden. Toutefois, celui-ci avait rencontré Vladimir Poutine en juin. Il semble bien que le président ukrainien soit venu chercher à Washington la preuve concrète d’un engagement bilatéral sur le long terme.</p>
<p class="mise_en_avant">“Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a rencontré le ministre de la Défense américain puis le président Biden. Il semble bien que le président ukrainien soit venu chercher à Washington la preuve concrète d’un engagement bilatéral sur le long terme”</p>
<p>Alliée de l’Occident, l’Ukraine, ex-République soviétique, est en effet depuis 2014 le théâtre d’une guerre dans le Donbass, entre les forces ukrainiennes et les séparatistes pro-russes. Le conflit avait été déclenché par l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en 2014, et le dernier épisode en date a été le stationnement temporaire de plus de 100 000 soldats russes à la frontière ukrainienne et en Crimée au début de l’année 2021.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’aide militaire de Washington à Kiev</strong></h4>
<p>Les récentes actualités ont d’autant plus ébranlé la confiance qu’ont les Ukrainiens en leur partenaire américain puisqu’au cours du mois d’août, les Américains se sont retirés précipitamment d’Afghanistan, sans un regard pour les populations civiles en danger suite au retour en force des talibans. Le président ukrainien est également venu réclamer une aide militaire et financière afin de moderniser sa flotte et contrer les Russes dans les eaux du détroit de Kertch, séparant la mer Noire et la mer d’Azov, ce à quoi le Pentagone a répondu par une promesse de 60 millions de dollars d’aide supplémentaire et la fourniture de missiles anti-chars Javelin. Pour rappel, les États-Unis ont déjà alloué depuis 2014, 2,5 milliards de dollars d’aide à l’armée ukrainienne, dont près de 400 millions en 2021. Joe Biden a déclaré que “Les États-Unis restent déterminés à soutenir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine face à l’agression russe”.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le président ukrainien est également venu réclamer une aide militaire et financière afin de moderniser sa flotte et contrer les Russes dans les eaux du détroit de Kertch”</p>
<p>Le ministère russe des Affaires étrangères a pointé du doigt les États-Unis en les accusant d’utiliser l’Ukraine comme une “arme” contre la Russie, et a exhorté la communauté internationale à interdire la livraison d’armes à l’Ukraine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déploré que “Kiev et Washington deviennent amis non en raison de leurs intérêts, mais parce qu’ils sont tous les deux hostiles à Moscou”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Alliance américano-allemande autour de Nord Stream 2</strong></h4>
<p>Mais malgré un engagement répété et un soutien financier américain conséquent et persistant, il semble que le caractère artificiel de la relation américano-ukrainienne finisse par devenir criante. La décision des États-Unis de ne pas appliquer les fameuses sanctions américaines vis-à-vis de la construction du gazoduc Nord Stream 2, projet à 10 milliards d’euros, démontre bien que la politique de sanctions économiques américaine est à géométrie variable et que les priorités des États-Unis n’ont qu’un noyau : ceux des intérêts économiques américains.</p>
<p class="mise_en_avant">“Malgré un engagement répété et un soutien financier américain conséquent et persistant, il semble que le caractère artificiel de la relation américano-ukrainienne finisse par devenir criante”</p>
<p>Les États-Unis sont en effet fortement dépendants de l’Allemagne, première puissance économique de l’UE et chef de file européen, pour tenir une ligne dure face à la Chine, et ils se plient ainsi à la volonté de l’Allemagne. Malgré le fait que ce gazoduc augmentera la dépendance européenne à l’égard de Moscou, Berlin semble décider à renouer avec la Russie sur le plan économique. La tentative de dialogue avec Moscou initiée en juin par l’Allemagne et la France a été un échec, certes, mais prouve l’état d’esprit allemand à l’égard de la Russie. De même, le renoncement américain aux sanctions vis-à-vis de la Russie s’explique par la volonté américaine de ne pas froisser son partenaire allemand, lequel ne veut pas perdre le bénéfice du gaz russe transitant par le gazoduc Nord Stream 2 de la Russie jusqu’en Allemagne.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le risque d’un conflit supplémentaire avec la Russie</strong></h4>
<p>L’Ukraine a annoncé qu’elle allait combattre ce projet malgré l’achèvement du chantier, même après le commencement des livraisons de gaz. L’acharnement ukrainien sur le sujet est compréhensible puisque ce projet privera à terme l’Ukraine d’environ 1,5 milliard de dollars par an de taxes de transit du gaz russe par son territoire. Par ailleurs, le risque d’invasion par la Russie serait potentiellement accru puisque l’infrastructure gazière ukrainienne ne sera plus nécessaire pour alimenter les clients européens. Bien conscient du caractère non interventionniste du parti démocrate, le président ukrainien a mis l’accent sur le fait que ce conflit était une “menace internationale pour la sécurité globale”, mais en vain.</p>
<p>Pour calmer l’ire ukrainienne, Berlin et Washington ont fourni des garanties sur la préservation du transit du gaz russe par son territoire pendant 10 ans, en contradiction avec l’annonce de Moscou qui a affirmé continuer à faire transiter le gaz par l’Ukraine seulement jusqu’en 2024.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le risque d’invasion par la Russie serait potentiellement accru puisque l’infrastructure gazière ukrainienne ne sera plus nécessaire pour alimenter les clients européens”</p>
<p>Au-delà de leur volonté de préserver sa relation avec l’Allemagne, les États-Unis ne peuvent se permettre de risquer un conflit supplémentaire avec la Russie car la priorité absolue demeure sa rivalité avec la Chine montante.</p>
<p>Ainsi, il semble que Donald Trump ou Joe Biden à la tête du gouvernement rime invariablement avec “America first”. La situation entre les États-Unis, l’Ukraine et la Russie constitue aujourd’hui un véritable test pour jauger si l’administration Biden est bien décidée à donner la priorité à sa rivalité avec la Chine, quitte à revenir sur les engagements américains antérieurs.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 15/09/2021.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
