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	<title>Turquie &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
	<lastBuildDate>Fri, 06 Jun 2025 09:37:32 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Cette guerre du Soudan qui n’en finit pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2025 09:14:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis plus de deux ans, la guerre entre les FAS (Forces armées soudanaises), armée régulière soudanaise menée par le général<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus de deux ans, la guerre entre les FAS (Forces armées soudanaises), armée régulière soudanaise menée par le général Al-Bourhane, et les FSR (Forces de soutien rapide), milice paramilitaire du général Mohamed Hamdan dit Hemetti, ravage le Soudan dans l’indifférence générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au carrefour du Sahel et de la Corne de l’Afrique, ce pays riche en ressources et stratégique grâce à son littoral de 800 km sur la mer Rouge est malmené par les puissances étrangères, en dépit du tragique bilan humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, un soulèvement populaire renverse la dictature d’Omar El-Béchir. Après une courte tentative de transition politique, l’armée régulière dirigée par le général Abdel Al-Bourhane et les FSR, milice issue des Janjawids qui ont participé au génocide du Darfour en 2003, fomentent un putsch en octobre 2021. Mais, dès avril 2023, cette alliance est rompue et dégénère en guerre civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partition en germe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début du conflit, les FSR ont progressé à une vitesse fulgurante et se sont emparées de Khartoum, obligeant l’armée régulière à se retrancher à Port Soudan et à y transférer toutes les institutions. Cependant, au terme de lourdes offensives menées depuis septembre, le général Al-Bourhane a revendiqué le 26 mars 2025 la libération de la capitale et a réinvesti le palais présidentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dorénavant, les FSR sont concentrées au sud et à l’ouest du pays, dans la région du Darfour, où elles sont accusées par le département d’État américain de mener des actes génocidaires, tandis que les FAS, auxquelles on reproche des crimes de guerre, contrôlent le nord et l’est du pays, faisant craindre une nouvelle partition du Soudan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la guerre des drones a étendu le champ des combats. Début mai, des attaques aériennes ont frappé des infrastructures stratégiques de Port Soudan, capitale de facto par laquelle transite l’aide humanitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats en soutien à la milice des FSR</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à ces attaques, l’armée régulière soudanaise a immédiatement rompu le peu de relations diplomatiques qui lui restait avec les Émirats arabes unis (EAU), qu’elle a qualifiés d’“État agresseur”. Depuis le début du conflit, Khartoum accuse l’émirat de soutenir militairement les FSR en les approvisionnant via son allié tchadien, en contrepartie de quoi Abu Dhabi profiterait du pillage des ressources aurifères organisé par les miliciens d’Hemetti. En dépit des rapports onusiens et des sanctions américaines prononcées contre plusieurs entreprises basées aux Émirats et accusées de violer l’embargo sur les armes au Darfour, Abu Dhabi continue de nier fermement ces allégations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les FAS peuvent compter sur le soutien de la Turquie et de l’Iran qui l’approvisionnent en drones, et sur l’Égypte en matière de renseignement, qui, partageant sa frontière avec l’État soudanais, redoute l’extension du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces sur la mer Rouge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le déplacement des combats à Port Soudan, ville côtière de la mer Rouge, inquiète de plus en plus les puissances avoisinantes qui voient leurs intérêts menacés. Large de seulement 300 kilomètres maximum, la mer Rouge, par laquelle transitent plus de 12 % du commerce mondial de marchandises, est un axe maritime cardinal. Alors que les attaques des Houthis ont révélé les coûts exorbitants et les retards significatifs du détournement des navires de leur itinéraire, l’extension du conflit soudanais préoccupe la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Moscou est parvenu, en février dernier, à décrocher auprès des autorités soudanaises un accord de principe pour l’établissement d’une base militaire à Port Soudan, anticipant une éventuelle perte de ses bases syriennes de Tartous et Hmeimim compte tenu de la chute de son allié Bachar al-Assad, les récentes attaques ont révélé la volatilité de la situation, mettant à mal les ambitions russes.<br>De son côté l’Arabie saoudite espère relancer le processus de Djeddah qu’elle avait parrainé en 2023, afin d’obtenir enfin l’accalmie régionale dont elle a impérativement besoin pour mener à bien ses ambitions économiques post-pétrole et ses projets touristiques sur la mer Rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident tente la réconciliation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’aggravation de la situation humanitaire, avec 150 000 victimes depuis avril 2023, plus de 12 millions de déplacés et la moitié de la population au bord de la famine, a conduit à la tenue d’une conférence à Londres le 15 avril dernier. À l’initiative du Royaume-Uni, de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et de l’Union africaine, celle-ci a réuni 14 pays, dont l’Arabie saoudite et les États-Unis, pour dégager une première manne financière de 800 millions de dollars et tenter de trouver un chemin de réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le général Al-Bourhane a fustigé cette tendance de l’Occident à renvoyer dos à dos l’armée régulière et les paramilitaires. Le chef des Forces armées soudanaises a multiplié les déplacements à l’étranger – en Arabie saoudite en mars, en Égypte et Turquie en avril – afin de consolider ses alliances stratégiques dont il a impérativement besoin pour faire pression sur les EAU s’il veut, à terme, négocier une sortie de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas-125970/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas-125970/">Le nouvel Economiste</a> le 05/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;©SIPA</p>
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		<title>L’espoir déçu d’un gouvernement d’union nationale en Syrie</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/lespoir-decu-dun-gouvernement-dunion-nationale-en-syrie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Apr 2025 15:45:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Trois mois seulement après sa prise éclair du pouvoir le 8 décembre dernier, renversant le régime de Bachar al-Assad et<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/lespoir-decu-dun-gouvernement-dunion-nationale-en-syrie/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Trois mois seulement après sa prise éclair du pouvoir le 8 décembre dernier, renversant le régime de Bachar al-Assad et laissant la communauté internationale stupéfaite, l’ancien djihadiste Al-Joulani, rebaptisé Ahmed al-Charaa, s’attelle à la délicate reconstruction de l’État syrien. Les autorités doivent relever deux immenses défis : rétablir la paix civile et préserver l’intégrité territoriale du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paix civile encore lointaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’Ahmed al-Charaa tente tant bien que mal de lisser son image pour obtenir des chancelleries occidentales, et notamment de celle des États-Unis, la levée des sanctions économiques, la composition de son nouveau gouvernement, rendue publique le 29 mars dernier, inquiète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’exception d’une chrétienne nommée aux Affaires sociales, d’un alaouite aux Transports, d’un druze à l’Agriculture et d’un Kurde à l’Éducation – sans lien avec les FDS (Forces démocratiques syriennes) – les ministères régaliens sont réservés aux proches du nouveau maître de Damas et aux sunnites extrémistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’annonce de ce nouveau gouvernement a indigné l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES), dominée par les Kurdes, estimant qu’il ne reflétait pas la “diversité et la pluralité du pays” et que ses membres ne se sentaient donc pas “concernés par l’application ou l’exécution des décisions émanant de ce gouvernement”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AANES ira-t-elle jusqu’à remettre en cause l’accord du 10 mars dernier entre le nouveau pouvoir syrien et le commandant des FDS Mazloum Abdi, qui prévoit l’intégration des Kurdes au nouvel État qui se dessine laborieusement, en échange de garanties tangibles pour leurs droits ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accord entre les Kurdes et le pouvoir de Damas ne prévoit pas un système étatique réparti par confession, à l’image du Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AANES représentant près d’un tiers du territoire et abritant d’importants gisements pétroliers, la normalisation de ses relations avec Damas est indispensable au nouveau pouvoir syrien pour garantir l’intégrité territoriale du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce titre, dès la Conférence du dialogue national du 25 février dernier, Ahmed al-Charaa avait insisté sur sa volonté de dissoudre les milices et d’unifier l’armée régulière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, selon l’accord du 10 mars, les FDS — qui ont courageusement combattu Daech durant la guerre civile — doivent rejoindre les rangs de l’armée, les contours exacts de cette intégration restent à préciser, et seront sans doute influencés par l’évolution de la situation sécuritaire du pays et le sort réservé aux minorités qui entretenaient de bons rapports avec le régime d’Assad. D’autant que la région du Rojava, contrôlée par les Kurdes, abrite d’importants camps de réfugiés et des prisons peuplées d’anciens djihadistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que plus de mille alaouites ont été tués début mars dans les régions côtières de l’ouest du pays par des miliciens sunnites et partisans du nouveau pouvoir, les arrestations arbitraires se poursuivent et inquiètent fortement les minorités syriennes. En définitive, la paix civile dépendra de la volonté et de la capacité du nouveau maître de Damas à garantir leur sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’intégrité territoriale du pays encore incertaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Syrie est aussi confrontée aux ingérences des puissances régionales qui entendent bien profiter de sa fragilité intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Asphyxié par les sanctions internationales, le pays doit, pour soutenir son armée, s’en remettre à la Turquie d’Erdogan qui, profitant du recul de l’influence iranienne, avance ses pions. La présence militaire turque serait concentrée principalement le long de l’axe Jarabulus-Idlib au nord-ouest de la Syrie, et dans des proportions plus modestes entre Tal Abyad et Ras al-Aïn, proche des territoires contrôlés par l’AANES.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soutien historique des rebelles syriens contre Bachar al-Assad, Ankara entretient d’étroits liens avec le gouvernement d’Ahmed al-Charaa et ambitionne de quadriller militairement le pays en installant même des bases militaires en Syrie, notamment vers Alep et Homs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Débarrassé du régime de Bachar al-Assad, par lequel transitait le soutien iranien au Hezbollah, Israël refuse catégoriquement de tels projets turcs et exige la démilitarisation complète du Sud de la Syrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tel Aviv craint aussi que les infrastructures et le matériel militaire ne se retrouvent entre les mains de factions encore plus radicales que le pouvoir d’Ahmed al-Charaa, tant l’unité du pays demeure laborieuse et incertaine, sans compter les djihadistes étrangers encore présents sur le territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël entend détruire ce qu’il reste des capacités militaires syriennes et poursuit ses frappes aux alentours de Damas et ses incursions près de sa frontière dans le plateau du Golan, entraînant des affrontements meurtriers avec la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les autorités syriennes et turques ont dénoncé les agissements de l’État hébreu, leurs réactions et ripostes respectives restent prudentes. La Syrie pour la simple raison que son armée n’en a pas les moyens et qu’elle redoute un embrasement qui retarderait la levée des sanctions internationales. Quant à la Turquie, sa priorité reste la question kurde et le sort des FDS, qu’Ankara considère comme la branche syrienne du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan avec qui la Turquie est en conflit depuis plus de 40 ans).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau président syrien est ainsi pris en étau entre l’assistance militaire nécessaire de la Turquie pour la protection de son territoire et la réaction israélienne aux ambitions d’Ankara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi 7 avril dernier, à l’occasion de la visite de Benjamin Netanyahou à Washington, le président Trump a annoncé qu’il ferait jouer ses bons rapports avec Recep Tayyip Erdogan pour apaiser la situation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Washington aurait transmis une liste de conditions à la levée des sanctions, qui apparaît, dès lors, déterminante pour permettre au régime de relever ces défis.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/lespoir-decu-dun-gouvernement-dunion-nationale-en-syrie-124438/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/lespoir-decu-dun-gouvernement-dunion-nationale-en-syrie-124438/"><em>Le nouvel Economiste</em></a> le 10/04/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Turquie, un pas de plus vers la dictature ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/turquie-un-pas-de-plus-vers-la-dictature/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Apr 2025 13:51:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Au pouvoir depuis 22 ans, et cherchant à réformer une fois de plus la Constitution pour lever l’interdiction de concourir<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/turquie-un-pas-de-plus-vers-la-dictature/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Au pouvoir depuis 22 ans, et cherchant à réformer une fois de plus la Constitution pour lever l’interdiction de concourir à un troisième mandat présidentiel, Recep Tayyip Erdogan est confronté à une crise politique intérieure qui s’ajoute aux difficultés économiques du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En arrêtant le 19 mars dernier Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul et chef de l’opposition, à quelques jours de la primaire de son parti, les autorités turques n’imaginaient sans doute pas déclencher d’aussi vastes manifestations qui ont réuni à Istanbul des centaines de milliers de personnes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Deux modèles distincts pour la Turquie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Plébiscité par sa réélection à la mairie d’Istanbul en mars 2024, Ekrem Imamoglu a été provisoirement démis de ses fonctions. Dans les jours qui ont suivi son arrestation, 15 millions d’électeurs se sont mobilisés pour les primaires maintenues par sa famille politique, le désignant officiellement comme candidat à la prochaine élection présidentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa supposée collusion avec le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme terroriste en Turquie, la prétendue falsification de ses diplômes nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle et une éventuelle affaire de corruption dans le cadre de marchés publics lui sont reprochés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux antipodes l’un de l’autre, Imamoglu et Erdogan incarnent deux modèles pour la Turquie. Alors que le CHP (Parti républicain du peuple), héritier de la philosophie kémaliste, plaide pour un régime séculier, l’AKP (Parti de la Justice et du développement) défend l’islamo-conservatisme et poursuit activement sa politique de réislamisation de la société turque en obédience avec l’idéologie des Frères musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La capitale économique, qui abrite un cinquième de la population turque, est hautement symbolique pour le président en exercice. Originaire d’Istanbul, Recep Tayyip Erdogan en a été maire de 1994 à 1998, puis la ville est restée le bastion de son parti, l’AKP, jusqu’en 2019, année où Ekrem Imamoglu et son mouvement, le CHP, ont remporté les élections.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Spectateur du succès de son adversaire, Erdogan est conscient, par expérience, que la mairie d’Istanbul est un parfait tremplin pour la présidence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Stratégie minutieusement planifiée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’arrestation du chef de l’opposition a stupéfié la communauté internationale, la stratégie d’Erdogan semble pourtant avoir été minutieusement planifiée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà en 2017, le maître de la Sublime Porte était parvenu à mettre en œuvre un régime présidentiel en Turquie et à renforcer sensiblement ses prérogatives. Aujourd’hui, il instrumentalise la question kurde pour verrouiller la future présidentielle et n’a pas hésité à manœuvrer pour diviser ses opposants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, en octobre 2024, le MHP (Parti d’action nationaliste) de la coalition d’Erdogan a amorcé des discussions, dont les contours restent encore flous, avec les députés du parti pro-kurde DEM (Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples), qui s’étaient alliés avec le CHP, parti du maire d’Istanbul, lors des élections municipales de mars 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques mois plus tard, en février 2025, à l’issue de pourparlers avec les autorités d’Ankara, Abdullah Öcalan, le leader du PKK, emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999, a appelé son mouvement à déposer les armes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parti DEM semble aujourd’hui écartelé entre le maire d’Istanbul, dont il a dénoncé l’arrestation, et le parti présidentiel, dont il peut avoir besoin pour avancer sur la question kurde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En attendant 2028</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la recomposition des équilibres régionaux au Moyen-Orient profite aux ambitions néo-ottomanes d’Erdogan, il ne peut s’appuyer uniquement sur sa politique étrangère et doit affronter des difficultés intérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le président turc conserve un franc soutien dans l’arrière-pays, sans doute renforcé par la chute de Bachar al-Assad, l’avènement d’Ahmed al-Charaa et le retour progressif des réfugiés syriens qui représentaient un lourd problème de politique intérieure, Erdogan reste confronté à une inflation historique – malgré un récent ralentissement – qui affecte sensiblement le pouvoir d’achat des Turcs et, ce faisant, sa popularité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À moins qu’il y ait des élections anticipées, l’élection présidentielle n’aura lieu qu’en 2028. D’ici là, l’opinion publique passera-t-elle une fois de plus au-dessus des nombreuses arrestations qui ravivent les souvenirs des soulèvements populaires de Gezi de 2013 et de sa brutale répression, ou au contraire, se lassera-t-elle des éternelles manœuvres d’Erdogan pour s’accrocher au pouvoir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/turquie-un-pas-de-plus-vers-la-dictature-124195/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/turquie-un-pas-de-plus-vers-la-dictature-124195/"><em>Le nouvel Economiste</em></a> le 03/04/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Turquie en crise : Ardavan Amir-Aslani invité de la matinale de France Info</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/turquie-en-crise-ardavan-amir-aslani-invite-de-la-matinale-de-france-info/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 17:41:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 23 mars 2025, Maître Ardavan Amir-Aslani était l’invité de Jean-Baptiste Marteau sur la matinale de France Info, pour réagir<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/turquie-en-crise-ardavan-amir-aslani-invite-de-la-matinale-de-france-info/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 23 mars 2025, Maître Ardavan Amir-Aslani était l’invité de Jean-Baptiste Marteau sur la matinale de France Info, pour réagir à l’incarcération d&rsquo;Ekrem Imamoglu, maire d’Istanbul, et aux manifestations massives qui secouent actuellement la Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avocat, enseignant en géopolitique à l’École de guerre économique et auteur de l’ouvrage <em>La Turquie, nouveau califat ?</em> (Éditions de l’Archipel), il analyse les mécanismes de pouvoir mis en œuvre par Recep Tayyip Erdogan pour conserver son emprise sur le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une intervention à (re)voir ici :</p>



<figure class="wp-block-video"><video height="270" style="aspect-ratio: 480 / 270;" width="480" controls src="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2025/03/France-Info_Turquie-en-crise.mp4"></video></figure>
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		<title>Erdogan reprend sa marche ottomane</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/erdogan-reprend-sa-marche-ottomane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Mar 2025 11:47:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’année 2024 a profondément bousculé les équilibres régionaux au Moyen-Orient. Au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre, puis en<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/erdogan-reprend-sa-marche-ottomane/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’année 2024 a profondément bousculé les équilibres régionaux au Moyen-Orient. Au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre, puis en tant que président depuis 2014, Recep Tayyip Erdogan poursuit méthodiquement sa politique de puissance. Pensée pour restaurer une grandeur néo-ottomane, cette stratégie se déploie tous azimuts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour de la Turquie en Syrie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, la Turquie entend s’imposer comme leader du monde musulman sunnite. À ce titre, Ankara profite largement du renversement du régime de Bachar al-Assad, allié stratégique de l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’Erdogan continue de nier toute implication dans l’offensive éclair de décembre dernier, sa proximité avec le président intérimaire Ahmed al-Charaa, ainsi qu’avec le groupe islamiste sunnite Hayat Tahrir al-Sham en raison de leur obédience commune à l’idéologie des Frères musulmans, lui permet de faire avancer son agenda et de renforcer sa présence dans une région jusque-là sous forte influence iranienne chiite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la chute du régime baasiste, entre 30 000 et 80 000 réfugiés syriens, selon les estimations, ont déjà été rapatriés en Syrie depuis la Turquie. Enfin, Erdogan est parvenu à manœuvrer pour bloquer définitivement la création d’un État kurde à sa frontière sud par les forces kurdes turques du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) et celles syriennes, qui composent majoritairement AANES (Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie), affaiblies par le renversement de leur allié alaouite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que depuis sa prison turque, Abdullah Öcalan, le leader du PKK, a appelé à la dissolution de son parti, le président par intérim syrien et Mazloum Abdi, commandant des Forces démocratiques syriennes, ont conclu le 10 mars dernier un accord historique prévoyant l’intégration des institutions civiles et militaires de l’AANES au sein de l’État syrien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ambitions énergétiques turco-azerbaïdjannaises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Turquie mène aussi depuis des années une stratégie énergétique ambitieuse, notamment dans le Caucase. En 2006, le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (BTE) a été mis en service et récemment, Ankara et Bakou ont convenu d’augmenter le volume des flux du TANAP (Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline) qui depuis sa création a acheminé 76,1 milliards de mètres cubes de gaz azerbaïdjanais vers l’Europe en passant par la Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le 5 mars dernier, l’Azerbaïdjan et la Turquie ont à nouveau renforcé leur partenariat énergétique en inaugurant un autre gazoduc Igdır-Nakhchivan, qui relie la Turquie à l’enclave azerbaïdjanaise de Nakhitchevan coincée entre l’Arménie, la Turquie et l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces projets sont notamment encouragés par la Commission européenne qui, sans se soucier des droits humains et de la souveraineté de l’Arménie, y voit une opportunité de réduire sa dépendance au gaz russe en faisant de l’Azerbaïdjan, riche en gisements offshore, un fournisseur d’hydrocarbures privilégié. À ce titre, le 18 juillet 2022, Ursusla Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Ilham Aliyev, le président azerbaïdjanais, ont signé un mémorandum visant à doubler les importations de gaz azerbaïdjanais d’ici 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette ambition énergétique, la Turquie d’Erdogan entend renouer avec son passé altaïque et fédérer les populations turcophones du Caucase et d’Asie centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran et le corridor stratégique de Zanguezour</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, significativement affaibli, peine à contenir cet expansionnisme turc. Téhéran a subi de lourdes pertes stratégiques, réduisant drastiquement son influence et son pouvoir de nuisance régionale, stratégie cardinale de sa dissuasion extérieure. La guerre à Gaza, l’offensive israélienne contre le Hezbollah et la chute du régime de Bachar al-Assad, son allié historique par lequel transitait son soutien militaire, ont considérablement entamé ses proxys.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran redoute le renforcement de la coopération énergétique entre Ankara et Bakou, craignant d’être marginalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment, les autorités turques et azerbaïdjanaises ont réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre le corridor de Zanguezour. Ce corridor, hautement stratégique car il permettrait des débouchés sur l’Europe comme sur l’Asie, ambitionne de relier la ville de Kars en Turquie à Bakou sur les bords de la mer Caspienne en passant par l’enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan et en longeant les frontières iraniennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran refuse catégoriquement un tel projet qui encerclerait son territoire et compromettrait la souveraineté arménienne. Téhéran craint que ses flux d’approvisionnement et d’exportation ne deviennent tributaires du bon vouloir des autorités turques et azerbaïdjanaises, faisant peser des risques de blocage à l’image des fermetures sporadiques ces dernières années des postes-frontières de Poldacht et d’Astara, qu’a pourtant démenties Bakou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré une frontière commune et une population azérie chiite représentant environ 60 % de l’Azerbaïdjan, les relations irano-azerbaïdjanaises demeurent délicates. Téhéran a adopté une position ambiguë sur le conflit du Haut-Karabakh, reconnaissant la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur ce territoire tout en maintenant une proximité avec Erevan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’Iran redoute aussi le soutien de l’Azerbaïdjan à l’irrédentisme des Azéris d’Iran, qui représentent environ 16 % de la population et sont concentrés dans le nord-ouest du pays, près de la frontière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, malgré ses faiblesses intérieures et profitant de l’affaiblissement de l’Iran, la Turquie d’Erdogan continue d’avancer ses pions au Moyen-Orient et dans le Caucase.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/erdogan-reprend-sa-marchee-ottomane-123735/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/erdogan-reprend-sa-marchee-ottomane-123735/">Le nouvel Economiste</a> le 20/03/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">©SIPA</p>



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		<title>L’avenir incertain du maelström syrien</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/lavenir-incertain-du-maelstrom-syrien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Mar 2025 15:44:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
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					<description><![CDATA[Le président intérimaire veut refonder une armée régulière pour désarmer ses opposants, ce qui préoccupe légitimement les minorités À l’occasion<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/lavenir-incertain-du-maelstrom-syrien/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le président intérimaire veut refonder une armée régulière pour désarmer ses opposants, ce qui préoccupe légitimement les minorités</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion de la Conférence du dialogue national qui s’est tenue mardi 25 février dans le palais présidentiel de Damas, le président par intérim Ahmed Al-Charaa a rappelé sa priorité pour la Syrie : dissoudre les milices et unifier l’armée régulière. Alors que le nouveau maître de Damas entend dessiner les contours de son futur système politique, ses ambitions jacobines sont compromises par le morcellement militaire de son territoire. L’unification de l’armée demeure laborieuse, et ce pour plusieurs raisons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le nord-est syrien redoute le réveil de Daech</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, l’avenir des Forces démocratiques syriennes (FDS), bras militaire de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES, ou Kurdistan syrien), composé majoritairement de Kurdes, demeure incertain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les négociations se poursuivent entre le nouveau maître de Damas et Mazloum Abdi, le commandant en chef des FDS, aucune solution n’a été trouvée. L’intégration militaire des FDS, le système politique qui se dessinera à Damas et le contrôle des ressources énergétiques, importantes dans la région du Rojava et de Deir Ez-Zor, restent d’épineuses interrogations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’AANES estime pour l’instant ne pas être liée par l’injonction présidentielle de démilitarisation des groupes armés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’ils venaient à déposer les armes, les Unités de protection du peuple (YPG) [la branche armée du Parti de l’union démocratique (PYD) kurde, ndlr] et les FDS, qui ont courageusement combattu l’État islamique tout au long de la guerre civile, redoutent que les cellules dormantes de Daech ne profitent du vide sécuritaire. En effet, l’équilibre de cette région, épicentre de la résistance kurde, reste fragile, notamment dans certaines localités dont celle de Deir ez-Zor qui abrite des camps de réfugiés peuplés de nombreux anciens djihadistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Compte tenu du passé terroriste d’Ahmed Al-Charaa, l’AANES se méfie des garanties que formule la nouvelle administration syrienne pour la rassurer. Les contingents qui ont participé au renversement de Bachar al-Assad – Hayat Tahrir al-Cham (ou HTC pour Organisation de libération du Levant), Armée nationale syrienne, groupuscules djihadistes isolés – restent éparpillés et divisés idéologiquement, faisant craindre aux Kurdes que l’armée régulière ne soit pas en mesure de contrôler véritablement le désarmement et de sécuriser la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le PKK pris en étau</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un accord global dépendra aussi de l’issue des négociations fraîchement initiées entre Ankara et le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) irakien. Son leader Abdullah Oçalan, emprisonné depuis 1999 en Turquie, a appelé cette semaine à la dissolution et à la démilitarisation du PKK. Ceci aura indéniablement des échos au sein de la branche syrienne du PKK, confrontée régulièrement à des frappes militaires turques et fragilisée par le renversement de leur allié conjoncturel Bachar al-Assad. Pris en étau entre les Turcs et HTC, les Kurdes syriens parviendront-ils à négocier des garanties de sécurité tangibles ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">De surcroît, le gouvernement central peine à imposer le monopole de la violence légitime dans certaines localités du sud du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des affrontements ont eu lieu à Jaramana, dans le sud de la banlieue de Damas, entre une partie de la communauté druze et des hommes du HTC. Aussi, le bastion druze de Soueida demeure méfiant envers la nouvelle administration syrienne, refusant en parallèle l’ingérence israélienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël avance ses positions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin Israël exige la démilitarisation du sud de la Syrie. Si Tel Aviv s’est réjoui de la chute du régime de Bachar al-Assad, par lequel l’Iran faisait transiter ses armes au Hezbollah et au Hamas, il redoute à présent la future politique de l’islamiste Ahmed Al-Charaa comme des groupuscules terroristes qui pourraient profiter du chaos sécuritaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gravement préoccupé par le risque que des massacres similaires à ceux du 7 octobre se reproduisent, le ministre israélien de la Défense a récemment déclaré que les autorités israéliennes ne permettraient pas que le sud de la Syrie devienne le sud du Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le renversement du régime de Bachar al-Assad, l’armée israélienne a avancé ses positions sur le plateau du Golan, zone tampon qui sépare son territoire de celui de la Syrie, faisant craindre un embrasement régional.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Méfiance légitime des minorités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le président intérimaire Ahmed Al-Charaa veut refonder une armée syrienne régulière pour désarmer ses opposants et asseoir son pouvoir, ses revendications se heurtent aux préoccupations légitimes des minorités, inquiètes pour leurs droits dans le futur système politique syrien dont les contours demeurent encore inconnus à ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, la Syrie reste prisonnière de son passé. Si on comprend la volonté du nouveau président syrien d’unifier une armée régulière, attribut vital d’un État, on comprend aussi tout à fait l’extrême méfiance des minorités, compte tenu du pedigree djihadiste du nouveau maître de Damas et de ses hommes d’Hayat Tahrir al-Cham.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Maelström moyen-oriental,<br>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> sur<em> <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/lavenir-incertain-du-maelstrom-syrien-123237/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/lavenir-incertain-du-maelstrom-syrien-123237/">Le nouvel Economiste</a></em> le 06/03/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>



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		<title>Arabie saoudite ou Turquie, un choix existentiel pour Damas</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/arabie-saoudite-ou-turquie-un-choix-existentiel-pour-damas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Feb 2025 09:53:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La Syrie a besoin des investissements saoudiens pour se reconstruire, et de la puissance militaire turque pour réunifier ses frontières<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/arabie-saoudite-ou-turquie-un-choix-existentiel-pour-damas/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La Syrie a besoin des investissements saoudiens pour se reconstruire, et de la puissance militaire turque pour réunifier ses frontières</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 2 février, Ahmed El-Charaa s’est rendu à Riyad, réservant sa première visite officielle à l’étranger au royaume saoudien, alors qu’il avait déjà consacré son premier entretien au journal saoudien panarabe ‘Asharq Al-Awsat’. Le nouveau maître de Damas est venu solliciter la pétromonarchie pour participer à la reconstruction d’une Syrie ravagée par près de quinze années de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riyad a accueilli très favorablement l’arrivée au pouvoir des rebelles islamistes le 8 décembre dernier. D’une part, parce que les relations entre le royaume et la Syrie étaient gelées depuis le début du conflit en raison du soutien saoudien aux rebelles syriens. D’autre part, parce que Riyad entend bien profiter du recul de l’influence iranienne dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il soit parvenu au pouvoir grâce au soutien turc, le nouveau maître de Damas a aujourd’hui besoin de l’appui des pétromonarchies pour reconstruire une Syrie détruite par la guerre. Il compte aussi sans doute bénéficier des bonnes relations de Mohammed ben Salmane, le Premier ministre saoudien, avec la nouvelle administration américaine pour lever au plus vite les sanctions économiques qui asphyxient son pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La résurgence d’une rivalité ancienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, deux jours plus tard, le 4 février, Ahmed El-Charaa se rendait à Ankara pour s’entretenir avec le président Recep Tayyip Erdogan, conscient sans doute que ce dernier accepterait mal d’être remplacé comme premier partenaire par l’Arabie saoudite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed El-Charaa semble vouloir naviguer entre les deux puissances sunnites au risque de raviver une rivalité turco-saoudienne historique. L’Empire ottoman a dominé le monde arabo-musulman, du Maghreb au Yémen, pendant plus de 400 ans, du XVIe au XXe siècle. Gardien des lieux saints de l’islam, La Mecque et Médine, la Sublime Porte [porte monumentale ouvrant sur le siège du gouvernement du sultan de l’Empire ottoman à Constantinople, ndlr] s’est imposée comme leader du monde musulman sunnite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le XVIIIe siècle, à l’image du chiisme au XVIe siècle, les tribus de l’actuelle Arabie saoudite se sont unifiées autour du wahhabisme, en opposition au pouvoir ottoman. Aujourd’hui encore, sans remettre officiellement en cause l’autorité du royaume saoudien sur les lieux saints, la Turquie adopte un discours critique à son égard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le problème des Frères musulmans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rivalité est aussi politico-religieuse. L’Arabie saoudite et la Turquie incarnent deux modèles opposés de leadership musulman. Depuis l’essor de l’islam politique en Turquie avec l’AKP (le parti de la justice et du développement) et Recep Tayyip Erdogan, Ankara cherche à renouer avec son héritage ottoman et à s’imposer comme leader du monde sunnite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite voit d’un mauvais œil ses ambitions, notamment en raison des liens turcs avec l’idéologie des Frères musulmans. Alors que ce courant trouve un écho favorable durant les printemps arabes de 2011, les pétromonarchies du Golfe, dont Riyad et Abu Dhabi, interdisent les Frères musulmans en 2014, parallèlement au renversement du président égyptien Mohamed Morsi par le maréchal Abdel-Fattah al-Sissi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question kurde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Damas compte sur les investissements saoudiens, avec lesquels la Turquie, en situation économique difficile, ne peut pas rivaliser, elle a aussi besoin de conserver une relation forte avec Ankara notamment pour trouver une issue à la question kurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Erdogan a besoin de l’appui de la Syrie pour éviter la création d’un État kurde sur son flanc sud, et Ahmed El-Charaa aura besoin d’Ankara s’il veut réunifier la Syrie en récupérant le contrôle du Nord-Est, aux dépens des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui aujourd’hui l’administrent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, le nouveau président de Damas a compris qu’il lui faudra bien concilier les financements du royaume saoudien et la puissance militaire turque. En honorant Riyad de sa première visite, il a voulu signifier à Erdogan qu’il pouvait ne plus être son partenaire exclusif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir dira si les États-Unis entendent jouer les arbitres entre leur allié saoudien et la Turquie, membre de l’Otan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Maelström moyen-oriental,<br>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> publié sur le Nouvel Economiste le 06/02/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>Qui pour stopper l&#8217;expansionnisme turc ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/qui-pour-stopper-lexpansionnisme-turc/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Oct 2023 08:55:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[Réélu en mai dernier après sa plus difficile campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan semblait vouloir s’orienter vers un exercice du<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/qui-pour-stopper-lexpansionnisme-turc/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Réélu en mai dernier après sa plus difficile campagne électorale, Recep Tayyip Erdogan semblait vouloir s’orienter vers un exercice du pouvoir plus apaisé et rationnel. Renouant avec la doctrine “zéro problème avec les voisins”, théorisée par son ancien ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, qui avait fait le succès de l’AKP au début des années 2000, le président turc paraissait déterminé à rétablir de bonnes relations aussi bien avec les principales puissances du Moyen-Orient qu’avec les Occidentaux. Rien n’a pourtant changé. Alors que la République de Turquie va fêter son centenaire le 29 octobre prochain, force est de constater que le modèle pensé par Atatürk n’est plus que l’ombre de lui-même. La main tendue vers l’Union européenne ne doit pas duper les Occidentaux. Loin d’être abandonné, le projet néo-ottoman et panturquiste d’Erdogan conserve bien au contraire toute sa vitalité et trouve à s’incarner sur de multiples théâtres d’opérations.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Soutien indéfectible de la Turquie à l’Azerbaïdjan</strong></h4>
<p>L’offensive déterminante de l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh le 19 septembre dernier et la reddition à laquelle le gouvernement autonome de l’enclave a été contraint, entérinant même sa dissolution à partir du 1er janvier 2024, en est l’exemple le plus récent et éloquent. L’issue tragique de ce conflit non résolu depuis trente ans laissait peu de place au doute. Pour l’expliquer, il n’en faut pas moins souligner l’abandon stratégique de la Russie, alliée “théorique” de l’Arménie, dans son étranger proche, qui contraste avec le soutien politique et militaire indéfectible de la Turquie dont a bénéficié l’Azerbaïdjan.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Derrière l’Azerbaïdjan, la victoire revient largement à la Turquie, qui a damé le pion à la Russie et aux Occidentaux”</em></p>
<p>Ces trente dernières années ont donné tout loisir à Bakou de renforcer ses équipements militaires auprès d’Ankara mais aussi d’Israël, autre “parrain” qui a ses propres intérêts anti-iraniens à défendre dans le Caucase. Tout loisir aussi d’attiser le sentiment de revanche envers l’Arménie et l’appartenance au monde turcophone, avec l’appui des médias turcs et de l’idéologie de l’AKP. Initié en septembre 2020 par la guerre dite des “44 jours”, le projet de reconquête de l’enclave arménienne est désormais définitivement achevé. Derrière l’Azerbaïdjan, la victoire revient largement à la Turquie, qui a ainsi damé le pion à la Russie, grande puissance rivale dans la région, et aux Occidentaux, dont le président turc rêve malgré tout de s’affranchir.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Corridor du Zanguezour, intolérable pour l’Iran</strong></h4>
<p>L’annexion du Haut-Karabakh pose les bases d’une menace très claire pour la stabilité du Caucase. Car c’est désormais l’intégrité territoriale de l’Arménie elle-même qui risque d’être remise en cause. Lors de la visite d’Erdogan dans l’enclave du Nakhitchevan lundi dernier, six jours à peine après l’offensive azérie sur le Haut-Karabakh, le président turc et son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev ont en effet évoqué “de nouvelles perspectives pour une normalisation générale dans la région”. Derrière cette expression floue se dessine le développement du corridor du Zanguezour, le projet de connexion terrestre entre le Nakhitchevan et le reste du territoire de l’Azerbaïdjan dont le tracé, prévu le long de la frontière commune entre l’Arménie et l’Iran, constitue un problème majeur pour ces deux pays. Intolérable pour l’Iran, qui se verrait ainsi non seulement coupé de son alliée, mais aussi d’une liaison stratégique de première importance vers le Caucase, le projet est considéré par les autorités iraniennes comme l’une des multiples traductions des ambitions pantouranistes de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, et risque donc d’accroître fortement la rivalité géopolitique entre les deux grandes puissances dans la région.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Les ambitions d’Erdogan en Méditerranée orientale</strong></h4>
<p>D’autres conflits où la Turquie joue un rôle déterminant sont prêts à gagner en intensité. Avec la Grèce, les récents gestes de bonne volonté ne suffiront pas à compenser l’ampleur des différents, le ressentiment historique complexifiant d’ailleurs les revendications territoriales. Bien que toutes deux alliées au sein de l’Otan, la Grèce et la Turquie se disputent en effet la souveraineté de plusieurs îles de la mer Égée et de leur zone économique exclusive qui, dans le cas de nombreuses îles du Dodécanèse, abritent en l’occurrence plusieurs sources d’hydrocarbures convoitées par Ankara. En vertu de la doctrine de la “patrie bleue”, les nationalistes turcs estiment en effet que le tracé des frontières issu du traité de Lausanne a désavantagé la Turquie au profit de la Grèce, autrefois vassale de l’Empire ottoman, et considèrent qu’il est nécessaire de corriger cette “erreur historique”.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Bien que toutes deux alliées au sein de l’Otan, la Grèce et la Turquie se disputent la souveraineté de plusieurs îles de la mer Égée qui abritent des sources d’hydrocarbures”</em></p>
<p>Cet objectif s’inscrit au demeurant dans une volonté plus large de renforcer la suprématie turque en Méditerranée orientale, ce qui justifie l’interventionnisme en Libye, à la fois pour des questions idéologiques – Erdogan et le Gouvernement d’accord national libyen étant tous deux proches des Frères musulmans – sécuritaires et économiques. La Syrie demeure également une pièce maîtresse de cette cartographie méditerranéenne, essentiellement pour traiter plus directement la “question kurde” jusque dans le nord de l’Irak.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>D’autres conflits gelés à raviver aux portes de l’Europe</strong></h4>
<p>Désormais fort du précédent posé par l’annexion forcée du Haut-Karabakh par l’Azerbaïdjan, le président turc espère sans doute régler d’autres “conflits gelés” sur le même mode. En marge de sa visite d’État à Bakou, Erdogan a ainsi rappelé sa volonté de voir Chypre se doter d’une solution à deux États et de faire reconnaître internationalement la République turque de Chypre du Nord, qui ne doit son existence qu’à l’invasion de l’armée turque en 1960 et n’est à l’heure actuelle reconnue d’aucun pays hormis la Turquie ! De même, le conflit tout aussi menaçant entre le Kosovo et la Serbie fait craindre un interventionnisme militaire turc aux portes de l’Europe.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’Iran comme seul rempart ?</strong></h4>
<p>Le panturquisme d’Erdogan et son potentiel de déstabilisation régionale devraient susciter une réponse de la communauté internationale, en lieu et place de l’attentisme stupéfait dans lequel elle demeure. Or, face à l’impérialisme turc, les Occidentaux semblent toujours aussi désemparés que par le passé. La pression exercée par la Turquie lors des négociations sur l’extension de l’Otan ou sur la gestion de la crise migratoire démontre, par son efficacité, qu’Erdogan aurait tort de mettre des freins à ses ambitions. En dépit d’un intense lobbying, l’Arménie en quête d’alliés demeure aux portes de l’Union européenne. Embourbée en Ukraine depuis bientôt deux ans, la Russie apparaît désormais incapable d’assurer la stabilité du Caucase, comme la faillite de sa force de maintien de la paix au Haut-Karabakh l’a tristement démontré. Aujourd’hui, tous les regards se tournent instinctivement vers l’autre grande puissance jadis tutélaire dans la région, l’Iran, qui y conserve d’importants liens culturels et stratégiques et s’impose désormais comme le seul recours militaire capable de rivaliser avec la force turque.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 04/10/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Podcast – La Turquie, vers le nouvel empire ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/podcast-la-turquie-vers-le-nouvel-empire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jul 2023 09:32:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La Turquie a renforcé sa place sur la scène mondiale en devenant l’un des pays incontournables du Proche-Orient. Le projet<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/podcast-la-turquie-vers-le-nouvel-empire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Turquie a renforcé sa place sur la scène mondiale en devenant l’un des pays incontournables du Proche-Orient. Le projet panturquiste et panottoman d’Erdogan étend la puissance turque de l’Afrique à l’Europe. Analyse d’un réveil et d’un projet avec Me Ardavan Amir-Aslani.</p>
<p>Avocat au barreau de Paris, Me Ardavan Amir-Aslani est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la géopolitique du monde musulman, dont <em><a href="https://amzn.to/3pzMNnC" target="_blank" rel="noopener">La Turquie, nouveau califat ?</a></em></p>
<p>Retrouvez le podcast <a href="https://www.revueconflits.com/podcast-la-turquie-vers-le-nouvel-empire-ardavan-amir-aslani/" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
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		<title>La Turquie, pour ou contre l&#8217;Occident ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Jul 2023 07:09:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Occident]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[Le bouleversement géopolitique en cours depuis un an aux portes de l’Europe a rouvert les discussions pour l’adhésion à l’Otan<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-turquie-pour-ou-contre-loccident/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le bouleversement géopolitique en cours depuis un an aux portes de l’Europe a rouvert les discussions pour l’adhésion à l’Otan de trois pays directement concernés par la menace russe : la Finlande, la Suède, et bien sûr l’Ukraine. Pour les deux dernières, ce processus devrait occuper l’essentiel de l’ordre du jour du sommet annuel de l’Organisation qui s’est ouvert le 11 juillet à Vilnius. Alors que celui-ci promettait d’être un fiasco en raison de l’opposition persistante de la Turquie à l’adhésion de la Suède, la journée du 10 juillet a été rythmée par une série de rebondissements inattendus, qui témoignent de l’habileté du président Erdogan à user de la position stratégique de la Turquie comme moyen de pression dans les rapports de force internationaux.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Suède dans l’Otan contre Turquie dans l’UE</strong></h4>
<p>En levant enfin son veto maintenu depuis plus d’un an, Erdogan permet d’atteindre l’unanimité des votes et de valider l’entrée de Stockholm au sein de l’Organisation militaire, répondant ainsi au souci d’unité voulu par les Occidentaux dans un contexte où la contre-offensive ukrainienne en a plus que jamais besoin. Dès le début de la demande d’adhésion de la Suède à l’Otan, le président turc avait pourtant formulé des exigences très claires pour accorder son soutien : la fin de l’embargo de Stockholm sur certaines ventes d’armes, l’extradition de citoyens turcs d’origine kurde ou de membres supposés du réseau de Fetullah Gülen, réfugiés en Suède et considérés comme des terroristes par le gouvernement turc. Faute d’obtenir satisfaction sur ces points, la Turquie a longtemps maintenu son opposition, en dépit d’un renforcement de la législation suédoise sur le traitement du terrorisme, démarche qui vise très clairement les membres du PKK en exil. Les deux autodafés du Coran qui ont eu lieu en Suède depuis le début de l’année (le premier d’un militant d’extrême droite, le second d’un réfugié irakien) ont largement contribué à entretenir la crise diplomatique et à durcir la position de la Turquie à l’égard de Stockholm.</p>
<p>Mais les échanges avec Joe Biden la veille du sommet ont semble-t-il été déterminants, et ont offert à Erdogan l’occasion de formuler une nouvelle condition préalable au soutien de la Turquie : une relance de son processus d’adhésion à l’Union européenne, projet au point mort depuis 2016. Quelques heures plus tard, Jens Soltenberg annonçait que la Turquie soutenait totalement l’entrée de la Suède dans l’Otan.</p>
<h4 class="inter-titre">Entre soutien à l’Ukraine et amitié avec la Russie</h4>
<p>“Prendre la meilleure décision pour notre pays, notre nation et notre sécurité.” Cette phrase d’Erdogan explicite clairement la relation utilitariste qu’il entretient avec l’Otan, avant tout un lieu de marchandage – sur la question migratoire, sur les relations avec la Russie, sur l’extension de l’Organisation – afin de faire avancer son propre agenda international et domestique. Ce énième coup de pression n’est finalement pas surprenant dans la forme. En revanche, il interroge davantage sur le fond. Ce revirement est-il annonciateur d’une nouvelle orientation stratégique de la part de la Turquie ?</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Membre de l’Otan, alliée de l’Ukraine, la Turquie n’a jamais rompu avec la Russie. Cette stratégie lui donne un moyen de pression naturel sur ses alliés occidentaux”</em></p>
<p>Ces dernières années, la politique étrangère turque laissait effet planer peu de doutes sur sa rupture avec l’Occident. Sous la pression d’Erdogan, la Turquie a su maintenir un dangereux équilibre entre des relations a priori irréconciliables : membre de l’Otan, alliée de l’Ukraine dont elle a tout de suite soutenu l’entrée dans l’Organisation et avec laquelle elle vient de signer une nouvelle livraison de drones Bayraktar TB2, elle n’a pourtant jamais rompu avec la Russie, un lien renforcé par la proximité personnelle et idéologique entre Poutine et Erdogan sur le rôle de l’Asie sur la scène internationale. Mais cette stratégie maximise précisément la capacité d’action et de chantage de la Turquie, en lui donnant un moyen de pression naturel sur ses alliés occidentaux. Jusqu’à présent, c’est sans doute la menace implicite d’un départ de l’Otan qui lui a permis de conserver sa place au sein de l’Organisation en dépit de ses ambivalences stratégiques. La perte d’une porte d’entrée vers l’Asie et le Moyen-Orient est en effet une perspective effrayante pour Washington, qui explique ses tentatives régulières de négociations directes avec Ankara.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le salut d’Erdogan se trouve à l’Ouest</strong></h4>
<p>En dépit de son engagement en faveur d’un monde multipolaire concurrent de l’ordre international bâti par les États-Unis, la Turquie semble avoir besoin de renforcer son entente avec les Occidentaux. Habile politicien, Erdogan est connu pour ses variations stratégiques au gré de ses réélections. Son dernier mandat présidentiel avait été marqué par un aventurisme militaire largement motivé par une idéologie néo-ottomane. Ce temps est-il révolu ?</p>
<p>En faisant le pari de l’Europe, Erdogan risque la rupture avec Moscou. Mais le président a désormais pour principale priorité de redresser l’économie turque en déshérence, soumise à une inflation croissante et à un manque cruel de capitaux étrangers. À peine réélu, ses premières décisions ont visé à rassurer les marchés, par exemple en nommant Mehmet Simsek, brillant économiste très estimé en Occident, comme ministre des Finances. Peu dupe des promesses d’investissements issues des pétromonarchies du golfe Persique, circonspect face à l’avenir de la Russie, Erdogan estime peut-être que son salut réside désormais à l’Ouest.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le débat sur l’entrée dans l’UE devient pressant</strong></h4>
<p>Tout rapprochement entre la Turquie, l’Otan et l’Union européenne sera de nature à apaiser des relations diplomatiques marquées ces dernières années par de fortes tensions. Mais si la perspective est enthousiasmante, elle n’en reste pas moins lointaine. Ouverte depuis plus de 30 ans, la demande d’intégration de la Turquie à l’Union européenne se heurte aujourd’hui à de nombreuses difficultés, la principale étant que la Turquie de 2023 n’est plus celle de 2003. Son évolution institutionnelle et sociale depuis 2016 la rend très difficilement compatible avec les standards démocratiques européens, sans compter les nombreux blocages dans la transposition de certaines directives, ou encore la modernisation de l’accord douanier UE-Turquie et la libéralisation du régime des visas. Le statut de Chypre, membre de facto de l’Union européenne en dépit d’un territoire divisé et occupé par la Turquie au nord de l’île, constitue également une ligne rouge pour de nombreux États membres réfractaires à l’idée de voir la Turquie intégrer la communauté européenne, à commencer par la Grèce.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“La Turquie de 2023 n’est plus celle de 2003. Son évolution depuis 2016 la rend difficilement compatible avec les standards démocratiques européens”</em></p>
<p>La balle se trouve donc dans le camp des Occidentaux, très divisés sur l’entrée de la Turquie dans l’Europe et désormais contraints par Ankara de devoir trancher ce débat sans cesse reporté aux calendes grecques. En cas de stagnation ou d’échec du processus, Erdogan aura beau jeu de les blâmer et d’en tirer les conséquences stratégiques. Par ce nouveau tour de force, le président turc a une fois de plus endossé le rôle qu’il affectionne le plus et qu’il sait valoriser auprès des Turcs : celui d’un redoutable animal politique capable de défendre avant tout les intérêts de son pays en faisant plier les Occidentaux à sa volonté.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 13/07/2023.</strong></p>
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