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	<title>Trump &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Les Brics +, nouvelle alliance anti-US ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 13:03:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les 6 et 7 juillet derniers se tenait le 17e sommet des Brics&#160;+ à Rio, réunissant ses membres fondateurs, ses<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les 6 et 7 juillet derniers se tenait le 17e sommet des Brics&nbsp;+ à Rio, réunissant ses membres fondateurs, ses récents adhérents, des pays “associés” ainsi que plusieurs États “invités”. Les Occidentaux, longtemps habitués à distribuer les cartes, doivent à présent composer avec les Brics&nbsp;+ symbole d’un nouveau monde multipolaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Puissance économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 2009 à l’initiative de la Chine, de la Russie, du Brésil et de l’Inde, le groupe s’est significativement élargi ces dernières années, représentant une véritable force d’attraction géopolitique sous-estimée par les observateurs européens. Après l’adhésion de l’Afrique du Sud en 2010, l’Iran, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Indonésie les ont rejoints en 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’en 2000, les États-Unis et l’Union européenne représentaient respectivement 25 % et 22 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat (PPA), le rapport de force s’est, depuis, inversé. La part de l’Union européenne est tombée à 17 %, celle des États-Unis à 15 %, tandis que les Brics&nbsp;+ concentrent désormais 40 % du PIB mondial en PPA et la moitié de la population mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contournement du dollar</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges commerciaux entre ses membres connaissent un bond sans précédent, au point d’amorcer le contournement du dollar en privilégiant des transactions en monnaie locale, à l’instar des échanges russo-chinois. Dans le sillage de ces nouvelles routes de la soie, la Chine a multiplié les accords bilatéraux d’échanges de devises. Pour cela, Pékin s’appuie aussi sur des partenariats commerciaux étroits. En mai 2025, Pékin et Brasilia ont renouvelé pour cinq ans leur accord d’échanges en devise locale. La Chine, premier partenaire commercial du Brésil depuis 2009, s’approvisionne massivement auprès de ce pays, devenu un véritable grenier alimentaire pour son marché intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux mesures douanières de Washington, les BRICS ont menacé de renforcer les mécanismes d’échange en monnaie locale, tout en écartant l’idée de créer une monnaie commune concurrente au dollar, à laquelle plusieurs membres — à commencer par l’Inde — restent opposés. L’organisation a aussi, à nouveau, réclamé une représentation plus équitable dans les structures internationales héritées de la Seconde guerre mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Force géopolitique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’absence des présidents russe, chinois, égyptien et iranien, ses membres sont parvenus à émettre des positions communes sur plusieurs dossiers internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur déclaration finale, les dirigeants des Brics ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza et ont condamné l’intervention militaire en Iran. S’agissant du conflit ukrainien, l’organisation a embrassé la position de la Russie en ne mentionnant pas sa responsabilité mais en condamnant les attaques ukrainiennes contre des civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Brics ont aussi pris soin de ménager les États-Unis pour poursuivre leurs intérêts respectifs. Si ses membres ont vivement dénoncé les pressions douanières américaines, ils ont fait preuve de retenue en évitant d’attaquer frontalement Donald Trump. Ce zèle n’a pas eu l’effet escompté puisque le président américain a immédiatement menacé de nouveaux droits de douane les États “s’alignant sur les politiques antiaméricaines des Brics”.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indispensable coopération américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants des Brics&nbsp;+ ne peuvent faire abstraction de l’influence commerciale et géopolitique des États-Unis, dont la coopération demeure indispensable à la préservation de leurs intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À commencer par la Russie, qui a absolument besoin de la neutralité américaine pour isoler Zelensky et ses soutiens européens afin de pouvoir gagner un maximum de territoires avant un cessez-le-feu en Ukraine. La Chine qui, en valorisant son monopole sur les terres rares, a réussi à obtenir de Washington un accord-cadre sur les droits de douane, reste aussi prudente à l’approche de prochaines négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran de son côté est dans une position délicate. Deux semaines après la fin de “la guerre des douze jours”, le président iranien Massoud Pezeshkian a fait preuve de bonne volonté en se disant prêt à reprendre les négociations avec les États-Unis dans un entretien exclusif réservé à l’animateur américain Tucker Carlson, proche de Donald Trump. Ses déclarations ont déchaîné le camp conservateur iranien, laissant planer le doute sur une éventuelle reprise des pourparlers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, représenté par le prince Faisal au sommet de Rio, l’Arabie saoudite hésite encore à rejoindre l’organisation, craignant de froisser son allié outre-Atlantique avec qui elle a signé des accords commerciaux titanesques et dont elle a besoin impérativement pour développer son programme nucléaire civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, l’émergence des Brics ne doit pas être lue comme une nouvelle guerre froide et le rétablissement de la logique des blocs, mais davantage comme l’avènement d’un monde multipolaire rééquilibré dans lequel les nations souveraines aspirent légitimement à la défense de leurs intérêts nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us-126979/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us-126979/">Le nouvel Economiste</a>, le 10/07/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>
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		<item>
		<title>Iran &#8211; États-Unis, la reprise des négociations en suspens</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 17:00:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Une semaine après l’annonce du cessez-le-feu entre Téhéran et Tel-Aviv, l’avenir du Moyen-Orient reste en suspens. Bien que respectée, cette paix demeure fragile. L’ampleur des dégâts causés par les raids américains sur les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan est encore méconnue et le doute plane quant à la véracité du transfert sur des sites cachés par les Iraniens de 400 kilos d’uranium hautement enrichi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré ses déclarations contradictoires, Donald Trump espère profiter de l’affaiblissement de l’Iran pour le forcer à revenir à la table des négociations. La raison commanderait que l’Iran accepte pour obtenir enfin la levée des sanctions qui asphyxient son économie et sa population civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rupture de confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la reprise du dialogue s’avère plus délicate que jamais. Tout d’abord, la fragile confiance qui régnait entre Washington et Téhéran est rompue. Après s’être retiré unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, Donald Trump a renoué avec sa politique de pression maximale. Alors que les négociations achoppaient sur le fameux taux d’enrichissement d’uranium et qu’une nouvelle réunion américano-iranienne devait se tenir à Mascate, le président américain a privilégié une solution militaire, prenant à rebours sa base électorale à qui il avait promis la fin des expéditions militaires nébuleuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récentes joutes verbales entre Washington et Téhéran n’ont rien arrangé. Alors que le guide suprême déclarait avoir infligé une “gifle cinglante” aux États-Unis, Donald Trump lui a répondu en se vantant d’être celui qui l’avait épargné d’une mort “affreuse”, déchaînant les partisans du régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inflexibilité côté iranien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la classe politique iranienne était déjà divisée sur le bien-fondé des négociations avec les États-Unis, les frappes américaines ont renforcé l’intransigeance du camp conservateur. Ce dernier, prenant exemple sur le Pakistan, est désormais plus convaincu que jamais que le programme nucléaire est son assurance-vie pour sanctuariser son territoire et se maintenir au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que toutes les inspections demandées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont été refusées, le parlement iranien a approuvé un projet de loi visant à suspendre sa coopération avec l’agence onusienne. Le régime reproche à la résolution de l’AIEA du 12 juin 2025, accusant l’Iran de non-respect de ses obligations nucléaires, d’avoir servi de prétexte à Israël pour conduire son offensive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président iranien Masoud Pezeshkian, qui jusqu’à présent restait prudent et laissait une possibilité à la reprise du dialogue, a pourtant ratifié mercredi 2 juillet la suspension de cette coopération. Abbas Araghtchi, son ministre des Affaires étrangères, a rappelé à plusieurs reprises que l’Iran ne négocierait pas sous la menace de bombardements et a exigé des garanties de Washington.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël fauteur de troubles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, si Tel-Aviv a accepté le cessez-le-feu sous la pression des missiles iraniens, Benjamin Netanyahu, qui ne cesse de militer en faveur d’un changement de régime en Iran, risque de compliquer la reprise des négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de ces obstacles, Washington et Téhéran parviendront-ils à surmonter l’hubris ? Donald Trump en a besoin s’il veut rester fidèle à ses engagements de campagne et obtenir le prix Nobel de la paix qu’il convoite tant. Quant à Téhéran, sa situation économique exsangue et la détresse de sa population l’obligeront sans doute à faire des concessions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens-126864/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens-126864/">Le nouvel Economiste</a></em> le 03/07/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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		<title>Iran, et maintenant ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-maintenant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Jun 2025 10:18:21 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans la nuit du lundi 23 juin, 48&nbsp;heures après avoir lancé des raids aériens contre les sites nucléaires iraniens de Fordo, Natanz et Ispahan, Donald Trump a imposé avec difficulté un cessez-le-feu à Tel-Aviv et Téhéran, mettant un terme à l’escalade qui menaçait la stabilité régionale et mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un trop coûteux conflit pour tout le monde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Donald Trump multipliait jusqu’à présent les signaux contradictoires sur les buts de guerre de l’intervention israélienne à laquelle Washington a participé, ses dernières déclarations sont sans équivoques. Après avoir exhorté Israël et l’Iran à cesser immédiatement leurs attaques, le président américain a refusé catégoriquement de céder aux ambitions israéliennes de changement de régime qui “n’apportent que le chaos”, selon ses mots.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington, Téhéran et Tel-Aviv semblent avoir intégré qu’en dépit de leurs ambitions respectives, l’aggravation de ce conflit ne profite à personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celui-ci est tout d’abord trop coûteux pour la propre popularité du président américain. Élu sur la promesse de rompre avec l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs, Donald Trump a absolument besoin de rassurer sa base électorale du mouvement MAGA – Make America Great Again – qui, voyant se dessiner un scénario similaire à celui de la guerre d’Irak de 2003, réclame la fin des hostilités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran et Israël fragilisés</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En difficulté, le pouvoir iranien n’a pas eu d’autre choix que d’accepter le cessez-le-feu pour assurer sa survie et limiter les dégâts des frappes israéliennes qui ont fait plus de 600&nbsp;victimes. Israël pareillement, qui contrairement à ses attentes, ayant été incapable d’enrayer le lancement des missiles iraniens et ayant subi des dégâts très importants à ses infrastructures, ne pouvait pas non plus persévérer dans ce conflit. Alors que l’armée israélienne est parvenue très rapidement à contrôler l’espace aérien de Téhéran, l’arsenal balistique et les installations nucléaires iraniennes ont été gravement endommagés. Redoutant un embrasement qui lui aurait été coûteux, le pouvoir iranien a parfaitement calibré sa riposte en informant en amont Washington de ses frappes symboliques contre ses bases au Qatar.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à Israël, malgré la tentative de profiter de l’affaiblissement du régime iranien pour le renverser, le rappel à l’ordre brutal de Donald Trump l’a un peu plus isolé sur la scène internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De surcroît, comme rappelé, bien que la supériorité militaire de l’État hébreu soit indiscutable, cette guerre “préventive” a révélé les failles du Dôme de fer [le système de défense aérienne mobile israélien ndlr] qui n’est pas parvenu à intercepter des missiles iraniens, causant d’importants dégâts matériels et près de trente victimes civiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers une reprise des négociations ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la question est de savoir si cette accalmie n’est qu’une trêve pour poursuivre en sous-main la déstabilisation du pouvoir iranien ou s’il s’agit de l’amorce d’un nouvel accord sur le nucléaire iranien. Les dires selon lesquels 400 kg d’uranium hautement enrichi auraient été transférés sur d’autres sites gardés secrets obligeraient la communauté internationale à reprendre le chemin du dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, après la dénonciation de Trump de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien en 2018, puis son aval aux frappes israéliennes trois jours avant une réunion irano-américaine à Mascate, la confiance entre l’administration américaine et le pouvoir iranien sera laborieuse à restaurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-maintenant-126638/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-maintenant-126638/">Le nouvel Economiste</a> le 26/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<item>
		<title>Israël/Iran : « Ce conflit traduit la fin du droit international ! » &#8211; Ardavan Amir-Aslani</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/israel-iran-ce-conflit-traduit-la-fin-du-droit-international-ardavan-amir-aslani/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 13:04:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
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					<description><![CDATA[Jeudi 18 juin 2025, Maître Ardavan Amir-Aslani était l’invité de Ligne Droite, la matinale de Radio Courtoisie, pour réagir à<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/israel-iran-ce-conflit-traduit-la-fin-du-droit-international-ardavan-amir-aslani/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jeudi 18 juin 2025</strong>, Maître <strong>Ardavan Amir-Aslani</strong> était l’invité de <em>Ligne Droite</em>, la matinale de<strong> Radio Courtoisie</strong>, pour réagir à la guerre dans laquelle Israël et l’Iran s’enlisent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avocat au barreau de Paris et enseignant en géopolitique du Moyen-Orient à l’École de guerre économique, Maître Ardavan Amir-Aslani décrypte les conséquences de l&rsquo;agression israélienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f3a5.png" alt="🎥" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Une intervention à <a href="https://www.youtube.com/watch?v=gbsq34omvt4" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/watch?v=gbsq34omvt4">(re)voir ici</a></strong> : </p>
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		<title>Iran-Israël, l’engrenage funeste</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-israel-lengrenage-funeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 09:39:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans la nuit du 12 au 13 juin, tandis que Washington et Téhéran poursuivaient leurs négociations de l’accord sur le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-israel-lengrenage-funeste/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans la nuit du 12 au 13 juin, tandis que Washington et Téhéran poursuivaient leurs négociations de l’accord sur le nucléaire iranien, Israël a mené des frappes militaires sur le territoire iranien au mépris du droit international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que son Premier ministre Benjamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le pays s’engouffre dans une guerre d’agression contre l’Iran, détournant l’attention médiatique du chaos humanitaire qui règne à Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capotage des négociations sur le seuil d’enrichissement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Signataire du Traité de non-prolifération, et contrairement à Israël qui n’autorise pas les vérifications de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran a respecté l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015, comme l’attestaient les rapports de AIEA, jusqu’au retrait des États-Unis en mai 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à la dénonciation unilatérale par Washington du JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action, ndlr], Téhéran s’est affranchi de ses engagements en accélérant l’enrichissement de son uranium, dont le taux avoisine à présent les 60 %. Selon les experts militaires, une décision politique et quelques semaines suffiraient pour passer aux 90 % nécessaires à l’arme nucléaire. Ensuite, sa vectorisation sur des missiles nécessiterait au moins un an et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs semaines, les négociations irano-américaines bloquaient sur cette question décisive du seuil maximal d’enrichissement d’uranium. Alors que Washington exigeait un taux zéro, Téhéran refusait de renoncer à un taux minimum nécessaire pour le développement de son programme nucléaire civil dont il a le droit en vertu du TNP. Israël a profité de l’affaiblissement intérieur du régime des mollahs et de la déroute de ses proxys pour lancer son offensive et faire capoter les négociations dont le prochain tour devait se tenir dimanche dernier à Mascate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Objectifs ambigus d’Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les buts de guerre israéliens sont ambigus, oscillant entre destruction des capacités nucléaires iraniennes et renversement du régime. Pourtant, les précédents géopolitiques de 2003 en Irak et de 2011 en Libye ont révélé les conséquences dévastatrices de telles ingérences extérieures, laissant les pays à feu et à sang et créant les conditions du chaos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des sites nucléaires et militaires ont été visés par les frappes israéliennes tandis que le bilan des victimes civiles s’alourdit. L’armée israélienne s’est aussi attaquée à des infrastructures énergétiques afin d’occasionner des pénuries d’électricité et de carburant, espérant entamer le soutien du régime et provoquer des mouvements populaires. Cependant, si la population iranienne, attachée à sa souveraineté, est excédée par le régime et sa répression sanglante, elle est loin d’approuver pour autant l’ingérence israélienne. Par ailleurs, l’opération risque d’être contre-productive et de pousser l’Iran à accélérer clandestinement son programme nucléaire en se retirant du TNP, comme il l’avait menacé si la ligne rouge de frappes militaires était franchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le lendemain, l’armée iranienne a riposté en lançant des premières salves de drones puis de missiles, dont plusieurs ont percé le Dôme de fer [le système de défense aérienne mobile israélien, ndlr], et fait d’importants dégâts matériels et des victimes civiles, révélant la vulnérabilité d’Israël malgré sa suprématie militaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences en cascade sur la géopolitique et le commerce mondial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet embrasement inquiète au plus haut point les puissances régionales qui voient leurs intérêts compromis, à commencer par les pays du golfe Persique pour exporter leurs hydrocarbures et réussir leur transition économique post-pétrole. L’Arabie saoudite a d’ailleurs fermement condamné l’agression israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine de son côté a dénoncé la violation de la souveraineté iranienne et appelé à un cessez-le-feu immédiat, craignant que les attaques israéliennes ne visent les installations pétrolières iraniennes. L’or noir iranien, que Pékin achète au rabais, représente près de 15 % de ses importations de brut. Si Donald Trump, en négociant avec l’Iran, espérait aussi éloigner le pays de l’orbite chinoise avec qui il avait tissé d’étroits liens durant son isolement international, l’escalade risque au contraire de renforcer l’alliance sino-iranienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le Pakistan, qui promet de soutenir Téhéran, réclame une réunion de l’Organisation de la Coopération islamique pour s’unir contre Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, qui a la maîtrise du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des hydrocarbures mondiaux, menace de bloquer son accès, faisant craindre à la communauté internationale une déstabilisation historique des chaînes d’approvisionnement mondial et l’envolée des prix du baril.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La voix trop discrète de l’Occident</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La suite du conflit est entre les mains de Washington. Tel-Aviv l’exhorte à lui fournir des bombes GBU-57 dont il a besoin pour frapper les sites nucléaires de Natanz et Fordo profondément enfouis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas plus tard qu’il y a un mois à Riyad, Donald Trump fustigeait l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs. Respectera-t-il son engagement électoral de ne pas mener de guerres coûteuses et inutiles ? Ou au contraire cédera-t-il aux demandes israéliennes, faisant le choix d’une déstabilisation totale du régime iranien, au risque d’un embrasement dont la région ne sortirait pas indemne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi 16 juin, les membres du G7 se sont réunis au Canada sur fond d’escalade militaire entre l’Iran et Israël, au point que Donald Trump a dû quitter prématurément le sommet. Alors que les pays européens ont fustigé l’agression russe en Ukraine, leur pudeur à propos de l’agression israélienne en Iran discrédite la voix de l’Occident, qui peine de plus en plus à résonner dans le monde du fait de son indignation à géométrie variable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations civiles, iraniennes comme israéliennes, victimes de l’engrenage de la violence, restent suspendues aux prochains arbitrages politiques qui décideront de l’issue du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-israel-lengrenage-funeste-126363/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-israel-lengrenage-funeste-126363/">Le nouvel Economiste</a></em> le 18/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">@Freepik</p>
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		<title>Donald Trump dans les pétromonarchies du golfe Persique</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 13:50:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pour son premier déplacement au Moyen-Orient, Donald Trump a frappé fort, prenant à contre-pied la plupart des observateurs. Au-delà des<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Pour son premier déplacement au Moyen-Orient, Donald Trump a frappé fort, prenant à contre-pied la plupart des observateurs. Au-delà des avantages économiques considérables attendus, il a dessiné les contours de sa nouvelle politique dans cette région agitée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Promesses d’investissements faramineux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En leur réservant sa première visite officielle, le 47e président des États-Unis a voulu ramener les pétromonarchies dans l’orbite de Washington. Adeptes du réalisme politique, celles-ci avaient amorcé depuis déjà plusieurs années une politique étrangère “non alignée”, tissant d’étroits liens aussi bien avec la Russie que la Chine qui figure parmi leurs premiers partenaires commerciaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pari en voie d’être gagné : les pétromonarchies ont annoncé des promesses d’investissements titanesques aux États-Unis dans les dix prochaines années – respectivement de 600 milliards de l’Arabie saoudite, 500 milliards du Qatar et 400 milliards des Émirats arabes unis (EAU), principalement dans les technologies de pointe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entreprises américaines sont aussi parvenues à décrocher d’importants contrats, à commencer par Boeing qui, en sérieuse difficulté financière, en avait plus que jamais besoin. Alors que les EAU ont passé commande de 28 avions, Qatar Airways a annoncé un contrat faramineux de 200 milliards de dollars auprès du constructeur américain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donnant-donnant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les monarchies du Golfe ne perdent pas de vue leurs intérêts. Alors que l’Arabie saoudite compte en contrepartie sur l’aval de Washington pour le développement de son industrie nucléaire civile, les EAU espèrent négocier une coopération énergétique mais surtout technologique, tant Abu Dhabi ambitionne de devenir un leader de l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la défense de ses intérêts économiques, le président américain a profité de ce déplacement pour présenter les grandes orientations de son second mandat. À l’occasion du forum d’investissement américano-saoudien, Donald Trump a prononcé un discours de politique étrangère dans lequel il tire les leçons du passé, fustigeant l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs néoconservateurs comme démocrates.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eloge de souveraineté des nations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a salué les réussites de ses hôtes dans des termes peu communs, rendant hommage à la souveraineté des nations : “Il est essentiel que le reste du monde en prenne conscience : cette grande transformation n’est pas le fait d’interventionnistes occidentaux, ou d’hommes qui prennent de beaux avions pour venir vous donner des leçons sur la façon de vivre et de gérer vos propres affaires. Non. Les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant “nation-builders”, les ‘neocons’ [ou néoconservateurs, réputés avoir la volonté d’imposer l’ordre libéral par la force si nécessaire, ndlr] ou les ‘non-profit liberals’ [organisations œuvrant dans le secteur à but non lucratif et perçues comme libérales ou progressistes sur le plan politique, ndlr] – comme ceux qui ont dépensé des milliers de milliards de dollars pour ne pas réussir à développer Kaboul, Bagdad et tant d’autres villes.”</p>



<h2 class="wp-block-heading">Iran et Syrie sur la table</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a également exposé ses ambitions stratégiques sur les dossiers brûlants du Moyen-Orient : l’issue du programme nucléaire iranien et l’avenir de la Syrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un véritable réquisitoire contre la politique iranienne passée, Donald Trump a rappelé sa volonté de “mettre fin aux conflits” et de “conclure un accord” avec Téhéran, écartant de facto les frappes préventives voulues par Tel Aviv. Cependant l’issue des négociations demeure incertaine, l’Iran restant intransigeant sur le maintien de son programme nucléaire civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, à la surprise générale, le président Trump a décidé la levée des sanctions contre une Syrie à l’économie exsangue. Encouragé par Mohammed Ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, qui s’est dit prêt à régler la dette syrienne envers la Banque mondiale – 15 millions de dollars – et à participer à la reconstruction de l’État syrien, le président américain a rencontré dès le lendemain, mercredi 14 mai, à Riyad, Ahmed al-Charaa, l’ancien terroriste d’Al-Qaïda relooké. Véritable pari au moment où les autorités provisoires peinent à établir l’autorité de l’État et où des factions encore plus radicales, à l’image de l’État islamique, profitent du vide sécuritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prise de distance avec Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de gestes qui n’ont pu que renforcer les tensions récentes entre Tel-Aviv et Washington. Alors qu’Israël a été exclu de la tournée présidentielle, le vice-président américain J.D Vance a de son côté annulé son déplacement à Tel-Aviv, soi-disant pour des raisons logistiques, à l’annonce de la nouvelle offensive dans l’enclave palestinienne où la tragédie humanitaire s’aggrave jour après jour. Une telle situation a empêché Donald Trump d’obtenir de la part des monarchies du Golfe l’élargissement des accords d’Abraham.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, si sur le plan économique cette première visite au Moyen-Orient est une réussite, l’issue des dossiers régionaux – l’accord nucléaire avec l’Iran, l’avenir de Gaza, du Liban et de la Syrie – demeure encore incertaine. Reste à savoir si la “méthode Trump”, baroque mais pragmatique, fonctionnera.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique-125578/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique-125578/">Le nouvel Economiste</a></em> le 22/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>Inde &#8211; Pakistan, un fragile cessez-le-feu</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 09:51:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Lundi 12 mai, Donald Trump s’est félicité d’être parvenu à imposer, samedi 10 mai, une paix entre l’Inde et le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lundi 12 mai, Donald Trump s’est félicité d’être parvenu à imposer, samedi 10 mai, une paix entre l’Inde et le Pakistan, empêchant une éventuelle “guerre nucléaire”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’attentat du 22 avril commis contre des touristes indiens dans la région du Jammu-et-Cachemire, l’Inde et le Pakistan ont connu leur pire affrontement militaire depuis des décennies, recensant 70 morts. Dans ce court laps de temps de deux semaines, New Delhi et Islamabad se sont livrés à des manœuvres militaires d’envergure qui tranchent avec leurs affrontements transfrontaliers traditionnellement circonscrits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perpectives d’une guerre coûteuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Surprenant par sa rapidité, ce cessez-le-feu s’explique par la prise de conscience de New Delhi et d’Islamabad des risques d’un embrasement militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie pakistanaise est exsangue. Largement détenue par Pékin, la dette d’Islamabad avoisine les 70 % de son PIB. Alors que le Pakistan a tenté à plusieurs reprises de rééchelonner le paiement des prêts contractés auprès de la Chine, les autorités pakistanaises mesurent le coût financier d’un conflit ouvert avec l’Inde. D’autant plus qu’Islamabad ne veut pas risquer de saboter le nouveau programme de prêt que lui a accordé le FMI le 9 mai dernier, et ce malgré l’opposition catégorique de New Delhi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, l’Inde, qui a fermement riposté à l’attentat du 22 avril, a dû faire face aux défenses aériennes pakistanaises. Dans la nuit du 6 au 7 mai, au cours de l’opération militaire indienne “Sindoor”, destinée à frapper des bastions terroristes dans le Cachemire, plusieurs avions de combat indiens auraient été abattus par l’armée pakistanaise dont un Rafale, une première pour le fleuron français mondialement reconnu comme prouesse technologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La communauté internationale inquiète</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ce cessez-le-feu reste fragile. Depuis maintenant plus de 70&nbsp;ans, on ne compte plus les phases d’accalmie qui laissaient croire à une résolution du conflit et se soldaient pourtant par la reprise des tensions. Les deux belligérants se disputent la souveraineté de la région du Jammu-et-Cachemire depuis la partition des Indes de 1947.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que New Delhi et Islamabad possèdent l’arme nucléaire, les deux puissances misent avant tout sur les armes conventionnelles pour éviter une escalade dramatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde qui, grâce à sa position géographique, maîtrise l’irrigation du fleuve Indus, continue de menacer le Pakistan de lui couper l’eau en ne respectant plus l’accord de 1960 qui réglemente le partage des affluents entre les deux pays. De son côté, bien qu’il s’en défende, le Pakistan peut abriter et se servir des bastions terroristes du Jammu-et-Cachemire pour déstabiliser New Delhi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’une guerre ouverte entre ces deux puissances nucléaires inquiète la communauté internationale, notamment Washington et Pékin qui, grâce à leurs relations respectives – les négociations commerciales en cours avec New Delhi pour le premier, et le soutien financier apporté à Islamabad pour le second –, ont les moyens de plaider pour un apaisement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu-125458/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu-125458/"><em>Le nouvel Economiste</em></a> le 15/05/2025 </p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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		<title>Rwanda et RDC sur la voie de la paix ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/rwanda-et-rdc-sur-la-voie-de-la-paix/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 May 2025 10:36:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis maintenant près de trois ans et demi, la République démocratique du Congo (RDC) lutte contre l’offensive militaire et le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/rwanda-et-rdc-sur-la-voie-de-la-paix/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis maintenant près de trois ans et demi, la République démocratique du Congo (RDC) lutte contre l’offensive militaire et le pillage de ses ressources minières à l’est de son territoire.<br>En novembre 2021, le M23, milice congolaise tutsie soutenue par Kigali, a repris ses attaques dans le Nord et Sud-Kivu, régions du nord-est de la République démocratique du Congo à la frontière du Rwanda.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aux origines du conflit RDCongo-rwandais</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La genèse de ce conflit remonte au génocide des Tutsis rwandais de 1994 commis par le gouvernement hutu rwandais de Jean Kambanda. Une fois ce dernier renversé, la présence de génocidaires hutus qui se réfugièrent en République démocratique du Congo précipita l’est du pays dans une spirale de tensions ethniques et de guerres meurtrières successives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 23 mars 2009, les rebelles et Kinshasa signèrent un accord mettant fin aux affrontements dans le Nord-Kivu et prévoyant l’intégration des rebelles aux forces armées congolaises régulières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reprochant à Kinshasa de piétiner cet accord, les rebelles prennent le nom de M23 et fomentent des insurrections dans l’est du pays avant d’être neutralisées par les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC), appuyés par la force onusienne Monusco.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit des rapports onusiens, Kigali nie fermement son implication dans le conflit. Kinshasa l’accuse pourtant de soutenir le M23 et d’instrumentaliser les tensions ethniques pour piller les ressources minières dont regorgent les provinces nord et sud du Kivu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la prise des villes de Goma et de Bukavu en janvier 2025, la RDC est confrontée à l’une des plus graves crises de son histoire. L’armée régulière ne parvient pas à arrêter l’offensive fulgurante du M23 qui gagne de plus en plus de terrain à l’est du pays, en dépit des négociations engagées à Doha et à Washington.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Doha et Washington en médiateurs</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les efforts de médiation régionale, le processus de Nairobi initié au printemps 2022 par la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE), et celui de Luanda engagé par l’Angola en novembre 2022, se sont soldés par des échecs. Si bien que c’est finalement au Qatar que les autorités congolaises et le M23 accompagné de sa branche politique l’Alliance fleuve Congo (AFC) ont adopté le 18 mars 2025 une déclaration conjointe en faveur d’un cessez-le-feu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À peine à un mois plus tard, le 25 avril 2025, Washington a offert ses auspices pour parrainer un accord tripartite avec les chancelleries congolaises et rwandaises visant à restaurer la paix dans la région des Grands Lacs. Vendredi 2 mai, Kinshasa et Kigali ont soumis un projet de paix à Washington, qui doit être examiné par les trois parties.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que Bruxelles a fermé les yeux pendant des années sur les agissements du Rwanda, la République démocratique du Congo espère trouver du soutien outre-Atlantique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le “deal” avec Donald Trump</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fidèle à sa politique du “deal”, le président Donald Trump entend capitaliser sur ses efforts de médiation. Washington et Kigali envisagent de signer un accord qui prévoirait l’expulsion des migrants clandestins présents sur le territoire américain vers le Rwanda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la nouvelle administration américaine mesure surtout le potentiel stratégique de la République démocratique du Congo, qui abrite 70 % de la production mondiale de cobalt, matériau indispensable à l’industrie énergétique comme numérique, et cherche à desserrer l’étau de la domination chinoise sur les sols miniers de l’Afrique de l’Est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, acculé, Kinshasa espère bénéficier de la protection américaine contre le M23 et son commanditaire rwandais en encourageant les entreprises américaines à investir dans l’exploitation de ses ressources minières, un marché à ce jour largement dominé par la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce titre, le 3 avril dernier, le président de RDC Félix Tshisekedi recevait Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique de Donald Trump, pour échanger sur la situation régionale et la perspective d’accords miniers entre les États-Unis et la RDC.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir des Grands Lacs se joue sur fond de compétition énergétique entre Washington et Pékin. Reste à savoir si une paix durable adviendra, comme l’espère le président Trump qui dit vouloir conclure un accord d’ici juin.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/rwanda-et-rdc-sur-la-voie-de-la-paix-125283/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/rwanda-et-rdc-sur-la-voie-de-la-paix-125283/">Le nouvel Economiste</a> le 08/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> ©SIPA</p>
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		<title>Iran et États-Unis sous médiation omanaise</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 11:06:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Après une première réunion indirecte le 12 avril à Mascate entre les émissaires américain et iranien, la médiation omanaise sur<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Après une première réunion indirecte le 12 avril à Mascate entre les émissaires américain et iranien, la médiation omanaise sur le dossier du nucléaire iranien se poursuit. Samedi 19 avril, de nouvelles négociations entre l’émissaire américain pour le Moyen Orient et le ministre des Affaires étrangères iranien ont eu lieu à la résidence du sultanat d’Oman à Rome. À en croire l’annonce de prochains pourparlers et de discussions techniques entre experts le 26 avril à Oman, les négociations avancent positivement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Realpolitik saoudienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soucieuses de préserver la stabilité du golfe Persique, les pétromonarchies ont accueilli favorablement ces efforts diplomatiques. À commencer par l’Arabie saoudite qui a choisi cette période opportune pour une visite diplomatique en Iran, tranchant largement avec sa farouche opposition à l’accord sur le nucléaire de 2015.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La venue du ministre de la Défense saoudien, le mercredi 16 avril, et sa rencontre avec le président iranien ainsi qu’avec le guide suprême marque la préférence du royaume pour des négociations plutôt qu’une surenchère militaire. Une visite lourde de sens alors que ces deux rivaux historiques se disputent la puissance régionale depuis des décennies et que leur rapprochement de mars 2023 sous l’égide de la Chine demeurait, jusqu’à présent, très embryonnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume saoudien reste marqué par les tirs de missiles de 2019 attribués à l’Iran contre ses installations pétrolières qui avaient sensiblement impacté ses exportations d’hydrocarbures. L’immobilisme américain et l’échec des dispositifs d’interception Patriot, fournis à prix conséquent par les États-Unis, ont largement fait douter le royaume de la protection américaine. De sorte que Mohammed Ben Salmane, qui maîtrise parfaitement les codes de la realpolitik, a saisi l’importance de nouer des relations de bon voisinage avec l’Iran pour la stabilité régionale dont il a impérativement besoin pour mener ses ambitions post-pétrolières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’Arabie saoudite espère sans doute profiter des liens de l’Iran avec les Houthis pour canaliser leur activisme régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 7 octobre et le début de la guerre à Gaza, les Houthis mènent des attaques en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, ralentissant considérablement le commerce maritime, obligeant les navires à se détourner de leur itinéraire et à passer par le cap de Bonne-Espérance. Alors que les États-Unis mènent depuis mi-mars des frappes meurtrières contre le groupe armé yéménite, ce dernier poursuit ses agissements qui font craindre une escalade régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran en recherche de soutien chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne participe pas aux négociations, contrairement à celles qui avaient ébauché l’accord de 2015, son directeur s’est rendu le même jour en Iran. La veille, il confiait au journal ‘Le Monde’ sa crainte de voir un Iran nucléarisé et encourageait les efforts américains et iraniens, espérant qu’ils débouchent sur un accord. Il avertissait également, dans le cas où les pourparlers progresseraient, que la présence de l’agence serait indispensable pour certifier les détails techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant les contours de l’éventuel accord demeurent flous. Mardi 22 avril, le ministre des Affaires étrangères iranien s’est rendu en Chine, qui défend avec la Russie le droit de l’Iran à un programme nucléaire civil. L’Iran cherche sans aucun doute des appuis à son refus catégorique de renoncer totalement à l’enrichissement de son uranium et au démantèlement de son programme nucléaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les exigences fluctuantes de Washington</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de Washington, les exigences exactes sont fluctuantes. Alors que le conseiller à la sécurité nationale et le secrétaire d’État, plaident pour un démantèlement complet du programme nucléaire, Steve Witkoff, à qui ont été confiées les négociations avec Téhéran, serait plus accommodant avec les autorités iraniennes qui ont affirmé à l’agence de presse iranienne Tasnim, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, que “les Américains n’ont jusqu’à présent soulevé aucune discussion en dehors de la question du nucléaire”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump est-il prêt à restaurer un accord proche de celui qu’il avait lui-même dénoncé huit ans plut tôt pour obtenir une victoire diplomatique et éviter une confrontation militaire ? La même incertitude règne du côté iranien. Les partisans d’un accord qui, affolés par la situation intérieure, espèrent un répit pour assurer la survie de leur régime, parviendront-ils à infléchir le dogmatisme du guide pour lui faire accepter des concessions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise-124802/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise-124802/">Le nouvel Economiste</a> le 24/04/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>



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		<title>Iran &#8211; États-Unis, à quand la reprise du dialogue ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 17:39:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Téhéran a tout à gagner à éviter une escalade militaire qui lui serait fatale, et Washington à contrer les approvisionnements<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Téhéran a tout à gagner à éviter une escalade militaire qui lui serait fatale, et Washington à contrer les approvisionnements en énergie de la Chine</p>



<p class="wp-block-paragraph">À seulement sept mois de l’expiration officielle de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, le 18 octobre 2025, Donald Trump semble avoir renoué avec la politique de pression maximale qu’il avait menée au cours de son premier mandat vis-à-vis de l’Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces américaines pour contraindre la négociation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le pays est sous embargo économique depuis la dénonciation unilatérale du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) en 2018 par Trump, ce dernier a, dès son investiture, décidé de nouveaux trains de sanctions contre Téhéran. Celles-ci visent précisément l’industrie pétrolière iranienne, dernier secteur économique lucratif grâce aux contournements silencieux des sanctions, avec notamment l’assistance de la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le nouveau président américain a déclaré avoir adressé, le jeudi 6 mars, une lettre enjoignant les autorités iraniennes à reprendre les négociations sur le programme nucléaire, sous peine de frappes militaires contre leurs installations. Bien qu’attaché à sa doctrine non interventionniste, Donald Trump a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité d’actions préventives, soutenues par Israël, contre des infrastructures iraniennes si les négociations échouaient, espérant ainsi contraindre Téhéran à négocier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a démenti avoir reçu une lettre, il y a répondu indirectement en dénonçant “l’intimidation des gouvernements” et en refusant, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi (en marge de la conférence de l’Organisation de la coopération islamique à Djeddah), d’entamer “aucune négociation directe avec les États-Unis tant qu’ils continueront leur politique de pression maximale et leurs menaces”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, en dépit des pressions épisodiques du nouveau président américain et des réactions cadenassées de Téhéran, le contexte semble plus que jamais propice à la reprise des négociations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran exsangue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, l’Iran traverse une crise sans précédent. Les sanctions en vigueur depuis 2018 asphyxient le pays, confronté à de fréquentes pénuries et à un chômage massif qui frappe notamment la jeunesse iranienne, désillusionnée et écœurée par les sanglantes répressions du régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’inflation avoisine les 40 % et que le rial iranien a connu une dévaluation de près de 30 % le mois dernier, le ministre de l’Économie et des Finances, Abdolnasser Hemmati, a été limogé par le Madjles (Parlement iranien) pour avoir échoué à endiguer ces déséquilibres économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan stratégique, l’influence régionale iranienne a largement reculé. La guerre à Gaza, l’offensive israélienne contre le Hezbollah et la chute du régime de Bachar al-Assad ont significativement affaibli les proxys iraniens, tandis que les frappes israéliennes d’octobre 2024 ont endommagé ses capacités militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection de Massoud Pezechkian, ancien ministre de Rohani sous lequel l’accord sur le nucléaire iranien avait été conclu, traduit la volonté de la population de sortir de son isolement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au régime iranien, son affaiblissement inédit le prédispose à négocier avec l’Occident s’il veut éviter une escalade militaire qui lui serait fatale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Arabie saoudite à la manœuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce risque d’embrasement, les puissances régionales manœuvrent pour servir leur agenda. À commencer par l’Arabie saoudite, qui accueille les négociations russo-américaines sur l’Ukraine et plaide pour la reprise des pourparlers sur le nucléaire iranien. Le prince héritier, Mohammed ben Salmane, est conscient que la stabilité régionale est indispensable pour garantir ses exportations d’hydrocarbures et mener à bien son projet Vision 2030 de diversification économique et touristique post-pétrole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume saoudien garde un souvenir amer des frappes de 2019, attribuées à l’Iran, contre ses installations pétrolières, qui avaient gravement affecté ses exportations de brut. Ce précédent a renforcé la volonté de Riyad d’apaiser ses relations avec son voisin perse, ce qui a conduit à la reprise des relations diplomatiques irano-saoudiennes en mars 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Course américaine à l’hégémonie contre la Chine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le président américain a aussi besoin du soutien saoudien pour la reconstruction de Gaza et pour ses efforts de médiation régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la reprise du dialogue entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour négocier la paix en Ukraine et éloigner la Russie du giron chinois pourrait, compte tenu des étroites relations entre Moscou et Téhéran, faciliter un compromis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trump a parfaitement intégré que la course à l’hégémonie se jouera, dans les années à venir, entre les États-Unis et la Chine. Il perçoit dans la restauration de l’accord sur le nucléaire iranien une opportunité de priver Pékin d’un partenaire stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, qui possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz grâce à son champ gazier South Pars, et les troisièmes de pétrole, est un allié essentiel pour Pékin, surtout depuis le retour des sanctions en 2018.<br>Les États-Unis ont réussi à réduire leur dépendance à la Chine, tant pour les semi-conducteurs, en relocalisant leur production afin de ne plus être tributaires de Taïwan, que pour les terres rares, en contournant le monopole chinois grâce à des négociations visant à obtenir une part des ressources ukrainiennes en échange de leur soutien militaire et financier pendant la guerre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bras de fer avec Pékin sur l’énergie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Washington entend à présent réduire l’influence chinoise et impacter ses approvisionnements énergétiques. Alors que la Russie et l’Iran disposent des premières réserves mondiales de gaz et que la Chine est le premier importateur de gaz, le président Trump refuse catégoriquement que Pékin puisse bénéficier de l’exploitation de gisements gaziers conséquents à l’image de celui de South Pars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autant que la Chine louche sur ce dernier. Si l’Iran a récemment annoncé des contrats de 17&nbsp;milliards de dollars attribués à des entreprises iraniennes pour augmenter la pression des réservoirs de gaz, le géant chinois CNPC (China National Petroleum Corporation) avait été choisi pour remplacer Total et développer la phase 11 du gisement gazier South Pars, avant que Pékin ne se soit désengagé du projet du fait des sanctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’issue de ce bras de fer reste suspendue non seulement aux décisions de Washington et de Téhéran, mais aussi à la manière dont les trois autres puissances – Russie, Arabie saoudite et Israël – ménageront leurs intérêts respectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue-123522/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue-123522/">Le nouvel Economiste</a></em> le 14/03/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">©SIPA</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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