<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>téhéran &#8211; Amir Aslani</title>
	<atom:link href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/tag/teheran/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com</link>
	<description>Éclairages et réflexions</description>
	<lastBuildDate>Tue, 25 Jul 2023 09:01:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.1</generator>
	<item>
		<title>Un contentieux territorial pourrait-il nuire aux relations entre Moscou et Téhéran ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/un-contentieux-territorial-pourrait-il-nuire-aux-relations-entre-moscou-et-teheran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jul 2023 09:01:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Moscou]]></category>
		<category><![CDATA[RFI]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=26924</guid>

					<description><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani a eu le plaisir d&#8217;être reçu sur RFI afin d&#8217;échanger sur la question suivante : « Un contentieux territorial<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/un-contentieux-territorial-pourrait-il-nuire-aux-relations-entre-moscou-et-teheran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir-Aslani a eu le plaisir d&rsquo;être reçu sur RFI afin d&rsquo;échanger sur la question suivante : « <em>Un contentieux territorial pourrait-il nuire aux relations entre Moscou et Téhéran ?</em> »</p>
<p>Dans une déclaration commune avec les membres du Conseil de coopération du Golfe, la Russie a décidé de soutenir la souveraineté des Émirats arabes unis sur trois îles du golfe arabo-persique, revendiqués également par l’Iran. Comment a réagi Téhéran face à cette position russe ? Cette position pourrait-elle endommager les relations entre les deux pays, alliés dans la guerre en Ukraine ?</p>
<p>Retrouvez son interview <a href="https://www.rfi.fr/fr/podcasts/appels-sur-l-actualit%C3%A9/20230724-vos-questions" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Téhéran se bunkérise</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/teheran-se-bunkerise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 May 2023 15:07:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Le Monde]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=25856</guid>

					<description><![CDATA[Le régime, désormais allié de l’Arabie saoudite, resserre les rangs. Et a prouvé sa capacité à étouffer la contestation, en<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/teheran-se-bunkerise/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le régime, désormais allié de l’Arabie saoudite, resserre les rangs. Et a prouvé sa capacité à étouffer la contestation, en attendant les législatives de 2024.</p>
<p>Ali Khamenei, 84 ans, apostrophé par un étudiant lors d’une causerie avec des jeunes triés sur le volet. La vidéo, qui montre un Guide suprême impassible face à une jeunesse en colère, est devenue virale, symbole d’un pouvoir autiste. Sourd aux demandes de libéralisation. Rien ne semble plus tabou en Iran, même si la contestation a changé de visage. Fini, les manifestations dans les villes, place à la désobéissance civile, souvent individuelle. [&#8230;]</p>
<p>Retrouvez la suite de l&rsquo;article <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2023/05/786Chall-Iran-1.pdf" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Assassinat du scientifique iranien, piège de dernière heure tendue à Téhéran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/assassinat-du-scientifique-iranien-piege-de-derniere-heure-tendue-a-teheran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2020 18:29:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=7024</guid>

					<description><![CDATA[En criminologie, c’est un principe établi de longue date qu’en matière de crime, pour identifier le coupable, il convient d’identifier<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/assassinat-du-scientifique-iranien-piege-de-derniere-heure-tendue-a-teheran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-6322 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>En criminologie, c’est un principe établi de longue date qu’en matière de crime, pour identifier le coupable, il convient d’identifier la personne à qui profite le crime. Ainsi, il ne fait guère de doute que le récent assassinat d’un scientifique iranien, qualifié d’Oppenheimer iranien, d’après le créateur de la bombe nucléaire américaine, est à attribuer à Israël, comme d’ailleurs d’autres assassinats de scientifiques iraniens, ces douze dernières années. Sans grand étonnement d’ailleurs, cet assassinat que même les grands ténors du renseignement américain, comme l’ancien directeur de la CIA John Brennan, n’hésitent pas à qualifier de terrorisme d’Etat qui bafoue le droit international, intervient à peine deux semaines après que le président sortant Donald Trump ait été dissuadé <em>in extremis</em> de bombarder les installations nucléaires iraniennes. Sans surprise non plus que l’assassinat se réalise à à peine quelques jours du déplacement du Secrétaire d’Etat américain en Israël et en Arabie Saoudite où Netanyahu l’a rejoint accompagné par le directeur du Mossad.</p>
<p>Incontestablement, le meurtre de ce scientifique est une lourde perte pour le programme nucléaire iranien. Mais au-delà de l’aspect militaire, son assassinat met en grand danger la politique moyen-orientale du nouveau Président-élu Joe Biden. En effet, ce dernier même s’il ne peut être considéré comme un grand ami de l‘Iran, et c’est un euphémisme, n’a pas caché néanmoins sa volonté de faire réintégrer les Etats-Unis dans l’accord nucléaire iranien du 14 juillet 2015. Il reprend ainsi le pari qu’avait fait l’ancien Président Obama de faire revenir l’Iran dans le système financier international et de la sorte encourager un changement de comportement de ce pays dans la région. Il est vrai qu’un retour pur et simple des Etats-Unis dans cet accord ne saurait être envisager en l‘absence de gestes de la part de l’Iran notamment en se mettant en conformité avec ses engagements au titre de ce même accord.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, aux yeux des Israéliens, cet assassinat vise deux objectifs. D’abord, ils veulent retarder ou porter un coup certain au programme nucléaire iranien même s’il est avéré que ni les assassinats d’autres scientifiques cette dernière décennie ni  les cyberattaques comme Stuxnet n’ont pas pu y mettre un terme définitif. Ensuite, ils espérent une réaction de l’Iran ou des éléments incontrôlés du pouvoir iranien par des mesures de rétorsion qui immanquablement fourniraient le prétexte recherché par Washington de surenchérir par des frappes massives sur les sites nucléaires iraniens et ce dans les derniers mois restant de l’administration Trump. De la sorte, toute initiative diplomatique serait prise en otage faute d’interlocuteur en Iran. D’ores et déjà les voix s’élèvent en Iran pour des représailles alors que la stratégie de Téhéran, ces derniers mois, avait été de faire le dos rond dans l’attente de l’inauguration d’un nouveau président américain, Ceci explique l’absence de réaction véritables face aux provocations subies en 2020. L’assassinat du Général Soleimani n’a donné lieu qu’à des frappes contre les bases américaines en Iraq avec information préalable de ces derniers de les évacuer. L’incendie du site des centrifugeuses de Natanz en juillet dernier, attribué aux israéliens n’a pas fait l’objet de représailles non plus.</p>
<p>L’avenir du dialogue irano-américain dépendra donc de la capacité des iraniens à restreindre leurs réactions face à cet assassinat. S’ils arrivaient à se contrôler ainsi que leurs proxys au Moyen-Orient, il y aura un espoir d’un déblocage avec Washington. Dans le cas contraire, la stratégie de provocation menée par Israël portera ses fruits et le dossier iranien sera gelé pour de longues années. En tout état de cause, les astres ne sont pas alignés sous des auspices favorables pour l’Iran. En effet, l’arrivée de la prochaine administration démocrate sera suivie, un mois plus tard en février 2021, par l‘arrivée d’une nouvelle administration iranienne probablement dominée par des conservateurs hostiles au dialogue avec Washington. Par ailleurs, Donald Trump en ayant recours à des sanctions à l’encontre de l’Iran a davantage compliqué la diplomatie future. En effet, ces dernières sanctions frappent l’Iran pour un soutien allégué au terrorisme ou pour des considérations de droits de l’homme, ce qui empêche leurs levées par décret présidentiel et nécessite un vote du Congrès. Avec l’incertitude qui pèse sur le contrôle du Sénat qui se jouera au sein de l’Etat de Géorgie en janvier 2021 il n’est pas certain que les démocrates remportent la majorité au Sénat dont le contrôle s’avèrera indispensable si l’administration Biden espère renverser la politique étrangère de Donald Trump.</p>
<p>C’est dire que ce n’est pas gagné !</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 29/11/2020.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Comment la politique iranienne de Trump a jeté Téhéran dans les bras de Pékin</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/comment-la-politique-iranienne-de-trump-a-jete-teheran-dans-les-bras-de-pekin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2020 17:18:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Pékin]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=6544</guid>

					<description><![CDATA[Nombreux sont les analystes qui se plaisent à souligner que les stratégies de partenariat économique apaisent bien davantage les mœurs<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/comment-la-politique-iranienne-de-trump-a-jete-teheran-dans-les-bras-de-pekin/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-6545 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/07/000_14o6zg-1-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/07/000_14o6zg-1-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/07/000_14o6zg-1-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/07/000_14o6zg-1.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p class="lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine lettrine">Nombreux sont les analystes qui se plaisent à souligner que les stratégies de partenariat économique apaisent bien davantage les mœurs entre ennemis d&rsquo;hier et créent des liens plus stables que n&rsquo;importe quel traité de paix&#8230; Et de citer en exemple les échanges économiques de 77 milliards de dollars qui, aujourd&rsquo;hui, s&rsquo;effectuent chaque année entre les Etats-Unis et le Vietnam, hier adversaires lors d&rsquo;un conflit sanglant entre 1965 et 1973.</p>
<p>Malheureusement, l&rsquo;histoire ne semble pas vouloir se répéter avec l&rsquo;Iran. La responsabilité en revient à la « politique iranienne » de Donald Trump, qui avait pour ambition au début de son mandat d&rsquo;affaiblir la Chine et l&rsquo;Iran. Cette stratégie démontre mieux qu&rsquo;aucune autre ses graves lacunes en matière d&rsquo;anticipation et de sens politique, puisqu&rsquo;elle a obtenu l&rsquo;effet inverse : elle a radicalisé davantage le régime iranien, et ouvert la voie à la plus dangereuse concurrente des Etats-Unis, la Chine.</p>
<p>Dans l&rsquo;esprit de son principal architecte, Barack Obama, l&rsquo;accord de Vienne sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015 devait permettre à l&rsquo;Iran de réintégrer la communauté internationale, et ce faisant, contribuer à l&rsquo;essor d&rsquo;une démocratie plus juste et apaisée à Téhéran.</p>
<p>La décision de son successeur de retirer son pays du <em>JCPoA </em>en mai 2018, dans le but non seulement de faire tomber la République islamique en asphyxiant l&rsquo;économie iranienne, mais aussi de renégocier un « meilleur accord » plus en faveur des intérêts américains, s&rsquo;est soldée par un double échec. Le régime dirigé par Ali Khamenei est toujours debout, et celui-ci s&rsquo;est détourné des Occidentaux. Car, face au retrait américain et à l&rsquo;absence de réaction efficace et rapide de la part de ses partenaires européens, l&rsquo;Iran semble avoir définitivement fait son choix, et son regard se tourne désormais vers l&rsquo;Est.</p>
<p>Ces dernières semaines, plusieurs rumeurs ont agité les réseaux sociaux iraniens sur le contenu du fameux accord de coopération stratégique entre la Chine et l&rsquo;Iran, dont la négociation a couru sur près d&rsquo;une année, et qui devrait lier les deux pays sur le plan économique et militaire pendant 25 ans. Les conservateurs, notamment par la voix de l&rsquo;ancien président Mahmoud Ahmadinedjad, ont vivement critiqué un accord présenté comme « <em>secret </em>» et susceptible de brader les intérêts iraniens à une puissance étrangère « <em>sans prendre en compte l&rsquo;avis de la nation à cet égard</em> ». Lors de la première séance, particulièrement agitée, du nouveau Parlement iranien dominé par les conservateurs, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a dû infirmer ces fausses informations et garantir que la nation connaîtrait les détails de l&rsquo;accord dès sa signature.</p>
<p>Car, en dépit des critiques des conservateurs, qui semblent refuser tout accord de coopération avec l&rsquo;étranger, qu&rsquo;il vienne de l&rsquo;ouest ou de l&rsquo;est, le président réformateur Hassan Rohani a tout de même une mission : sortir l&rsquo;Iran de la terrible situation économique dans laquelle il se trouve et négocier de nouveaux partenariats pour contourner les sanctions américaines. Or, force est de constater que seule la Chine semble avoir fourni une solution à la hauteur des enjeux. Les contours du <em>Lion-Dragon deal </em>entre l&rsquo;Iran et la Chine, déjà en partie publics, démontrent effectivement l&rsquo;ampleur du lien qui unira les deux pays pendant un quart de siècle.</p>
<p>Sur le plan énergétique, la Chine, déjà principale cliente des hydrocarbures iraniennes, pourra obtenir pétrole et gaz à un tarif préférentiel – près d&rsquo;un tiers moins cher – payable en monnaies faibles. En contrepartie, Pékin s&rsquo;engage à investir près de 228 milliards de dollars en Iran sur les vingt-cinq prochaines années, les cinq premières années devant cumuler l&rsquo;essentiel de ces apports. Des projets de constructions d&rsquo;usines chinoises en territoire iranien, mais surtout d&rsquo;infrastructures de transport, notamment « vertes » (une liaison ferroviaire électrifiée de 900 kilomètres est ainsi prévue entre Téhéran et Mashad, ainsi qu&rsquo;un train à grande vitesse entre Téhéran, Qom et Ispahan), doivent faire de l&rsquo;Iran un point stratégique et centrale des Nouvelles routes de la Soie, en reliant le Xinjiang à l&rsquo;Asie centrale, puis la Turquie et <em>in fine</em> l&rsquo;Europe, afin de faire circuler plus facilement les produits chinois vers le marché européen. Tous domaines confondus, les investissements chinois se chiffreraient à la somme colossale de 400 milliards de dollars.</p>
<p>Sur le plan géopolitique, le rapprochement avec l&rsquo;Iran ouvre les portes de l&rsquo;Irak à la Chine, autre territoire où elle pourra potentiellement remplir le vide laissé béant par les Américains. Plus important enfin, l&rsquo;accord pose les termes d&rsquo;un triumvirat militaire, essentiellement aérien et naval, entre l&rsquo;Iran, la Chine mais également la Russie, ce qui aura nécessairement des implications sur l&rsquo;équilibre des forces en présence au Moyen-Orient. En cas de signature de l&rsquo;accord, d&rsquo;ici début novembre, les bombardiers et avions de chasse sino-russes bénéficieront d&rsquo;un accès total aux bases aériennes iraniennes, tandis que leurs navires pourront user librement des ports de Chabahar, Bandar-e-Bushehr et Bandar Abbas, développés par des compagnies chinoises. Chine et Russie fourniront également à l&rsquo;Iran leurs meilleures compétences et matériels en matière de guerre électronique, un domaine où l&rsquo;armée iranienne est déjà particulièrement aguerrie.</p>
<p>Ironiquement, c&rsquo;est Zhang Jun, représentant permanent de la Chine aux Nations Unies, qui a le mieux résumé les intentions de l&rsquo;Iran et ses espoirs avec la signature de cet accord : contourner les sanctions économiques américaines et redresser son économie au bord de la faillite. C&rsquo;est donc bien l&rsquo;abandon américain qui a permis à l&rsquo;Iran de tomber dans l&rsquo;escarcelle chinoise&#8230; Ce rapprochement géostratégique avec Téhéran bénéficie pleinement à la Chine, car en servant les intérêts de sa <em>Belt and Road Initiative, </em>elle acte et aggrave le recul stratégique américain en Asie centrale et au Moyen-Orient.</p>
<p>Mais les intérêts de l&rsquo;Iran sont également multiples. Outre la promesse d&rsquo;un redressement et d&rsquo;un développement économique, celui-ci voit son poids diplomatique renforcé face aux Américains et aux Européens en se trouvant lié plus étroitement à deux membres permanents du Conseil de Sécurité. Bénéficier du soutien tactique et militaire de la Chine et de la Russie lui garantit également une meilleure capacité de riposte en cas d&rsquo;attaques israéliennes ou américaines, sujets particulièrement prégnants dans le contexte actuel.</p>
<p>La question se pose néanmoins de savoir si ce pari sera gagnant pour l&rsquo;avenir de l&rsquo;Iran. La polémique autour de la signature de l&rsquo;accord, qui a rappelé les fortes tensions internes à la République islamique entre réformistes et conservateurs sur le choix de la stratégie géoéconomique la plus pertinente, traduit le caractère clivant de la solution chinoise. Reste à espérer, a minima, que les déceptions de l&rsquo;accord de Vienne ne se répèteront pas avec ce <em>Lion-Dragon deal</em>.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 12/07/2020.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Téhéran-Washington : Le calme d’après ou d’avant la tempête ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/teheran-washington-le-calme-dapres-ou-davant-la-tempete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2020 18:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<category><![CDATA[Washington]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=6321</guid>

					<description><![CDATA[Mais que se passe-t-il entre l’Iran et les Etats-Unis depuis quelques mois ? Il semblerait qu’un calme relatif soit de rigueur<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/teheran-washington-le-calme-dapres-ou-davant-la-tempete/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine lettrine"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-6322 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1N78ZZ.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p class="lettrine lettrine">Mais que se passe-t-il entre l’Iran et les Etats-Unis depuis quelques mois ? Il semblerait qu’un calme relatif soit de rigueur de part et d’autre. Bien entendu la rhétorique agressive et va-t-en guerre est toujours présente. Le contraire serait étonnant tellement ces deux pays ont habitué, depuis plus de quarante ans, la communauté internationale à leur discours belliqueux. Il n’en demeure pas moins qu’un vent d’apaisement à peine perceptible semble souffler sur les relations entre ces deux pays. C’est d’autant plus remarquable qu’au cours des douze derniers mois, ils ont failli se retrouver face à face dans un véritable conflit militaire total. Rappelons les récents incidents. Il y a d’abord eu la destruction du drone américain au-dessus des eaux territoriales iraniennes en juin 2018. Ensuite, il convient de mentionner la destruction des installations pétrolières saoudiennes par des missiles cruise vraisemblablement à l’initiative de l’Iran, même si revendiquée par les Houthis du Yémen. Et enfin l’assassinat du Général Soleimani en Iraq et les frappes iraniennes en retour sur les bases américaines. Chacun de ces incidents, et c’est un euphémisme, aurait pu déclencher une guerre totale entre les deux pays. Mais il n’en fut rien.</p>
<p>Toujours fidèle à leur politique de « pression maximale » les Etats-Unis continuent à peser de tout leur poids sur l’échiquier international contre l’Iran. Le 13 mai dernier, Brian Hook, l’homme chargé des questions iraniennes au département d’Etat, publiait un article dans le Wall Street Journal où il exhortait la communauté internationale à renouveler l’embargo sur les armes conventionnelles à destination de l’Iran, embargo qui dure depuis 13 ans et qui est appelé à s’achever au mois d’octobre prochain. De son coté Donald Trump persévère avec ses diatribes à l’encontre de Téhéran en menaçant de couler les bateaux iraniens qui se rapprocheraient à moins de 100 mètres des bâtiments de la marine américaine naviguant dans les eaux internationales du golfe persique. Les Iraniens, pour leur part, ne sont pas restés inertes et continuent, eux aussi, avec leur politique de « résistance maximale » et ne manquent pas une occasion de menacer l’armée américaine dans la région et de narguer Washington avec leur programme spatial qui a fait entrer le pays dans le camp très select des pays disposant d’une véritable politique spatiale. Or, aussi bien du coté iranien que de celui des Américains, on entend davantage de menaces verbales que l’on constate d’actions.</p>
<p>En effet, en cette période électorale à Washington, et les 40 millions de demandeurs d’emplois nouvellement inscrits sur la liste du chômage suite à la crise sanitaire du Covid-19, l’appétit n’est franchement pas à la guerre et son lot de body-bag de retour sur le tarmac des aéroports américains. Pareillement, pour les Iraniens, las des efforts massifs qu’ils ont déployés face à cette même crise du coronavirus, et ayant de surcroît les coffres vides du fait de l’impossibilité de vendre leur pétrole par le jeu des sanctions américaines et du crash des cours d’hydrocarbures, la volonté d’en découdre avec les Etats-Unis n’est franchement pas présente. Téhéran n’a pas non plus envie de faire le cadeau d’un clash militaire Iran-USA à la campagne de Donald Trump, mal en point ces temps-ci. D’où la stratégie de « patience héroïque » qu’ils déploient allègrement. L’objectif étant de faire le dos rond avec l’espoir que Joe Biden remporte les élections du mois de novembre et fasse revenir les démocrates à la maison blanche. Même si les Iraniens ne se font pas d’illusion sur un changement de politique américaine sur la question iranienne, tellement la cause d’Israël fait l’unanimité à Washington, aussi bien chez les républicains que chez les démocrates, ils espèrent quand même une baisse des hostilités avec un Biden à la tête de l’exécutif américain.</p>
<p>Ainsi globalement, le temps est à l’accalmie dans les « relations bilatérales » entre ces deux pays. Le dialogue entamé, le mois dernier, entre les deux capitales sur un échange éventuel de prisonniers est une indication à cet égard. La non opposition iranienne quant au choix du Premier ministre irakien, Mustapha al-Kadhimi, pressenti par les Américains est un signe de paix venant de Téhéran. Cette attitude non belliqueuse iranienne a même été récompensée par Washington qui a accordé une dérogation à Bagdad sur l’importation du gaz et de l’électricité iranien valable 4 mois alors qu’en général de telles dérogations ne dépassent pas les six semaines. Téhéran a aussi retourné la courtoisie en réduisant à zéro les heurts quotidiens entre les milices chiites pro-iranien et les troupes américaines stationnées en Irak.</p>
<p>Il est permis de croire que cette paix relative des braves durera au moins jusqu’aux élections américaines de novembre prochain. Ce qui adviendra après, dépendra entre autre de qui de Trump ou de Biden l’emportera.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 24/05/2020.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le jugement des chercheurs français à Téhéran : un signal politique de la part de l&#8217;Iran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-jugement-des-chercheurs-francais-a-teheran-un-signal-politique-de-la-part-de-liran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2020 12:00:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=5512</guid>

					<description><![CDATA[Le 3 mars prochain, les chercheurs français Farida Adelkhah et Roland Marchal seront jugés à Téhéran pour « collusion en vue<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-jugement-des-chercheurs-francais-a-teheran-un-signal-politique-de-la-part-de-liran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5513 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/prisonniers-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/prisonniers-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/prisonniers-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/prisonniers.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le 3 mars prochain, les chercheurs français Farida Adelkhah et Roland Marchal seront jugés à Téhéran pour « <em>collusion en vue d&rsquo;attenter à la sûreté nationale</em> » et « <em>propagande contre le système</em> », ce dernier chef d&rsquo;accusation ne visant que la chercheuse. Tous deux récusent catégoriquement ces faits depuis le début de leur emprisonnement en Iran en juin 2019.</p>
<p>Fariba Adelkhah, anthropologue spécialiste du chiisme possédant la double nationalité française et iranienne, étudiait dans la ville sainte de Qom au moment de son arrestation. Le 5 juin, son compagnon Roland Marchal, scientifique reconnu pour ses travaux sur la Corne de l&rsquo;Afrique, a été arrêté alors qu&rsquo;il cherchait à la rejoindre. Enfermés à la prison d&rsquo;Evin, près de Téhéran, ils subissent depuis lors des conditions de détention très difficiles, Fariba Adelkhah ayant même entamé une grève de la faim fin décembre qui l&rsquo;a fortement affaiblie. Début janvier, la justice iranienne a écarté l&rsquo;accusation d&rsquo;espionnage à leur encontre, mais les a convoqués le 5 février devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran. Tous deux risquent trois à cinq ans de prison.</p>
<p>Loin d&rsquo;être des faits isolés, ces arrestations arbitraires de chercheurs et de journalistes étrangers par les autorités iraniennes sont relativement fréquentes. Si elles sont toujours entourées d&rsquo;une grande opacité, on sait néanmoins qu&rsquo;elles ne répondent pas à la répression classique de faits d&rsquo;espionnage avérés. En réalité, cette pratique s&rsquo;inscrit plutôt dans l&rsquo;art complexe de la pression diplomatique, maniée au gré du contexte géopolitique. Comprendre les motivations derrière ces arrestations reste donc un exercice difficile, tant celles-ci peuvent répondre à plusieurs facteurs.</p>
<p>En premier lieu, l&rsquo;accusation d&rsquo;« espionnage », telle que l&rsquo;entend le régime iranien, prend une dimension particulière et peut s&rsquo;appliquer aisément à tout ressortissant étranger trop ouvertement critique envers les institutions et la politique de la République islamique. Rapidement accusés de sédition, ceux-ci sont alors considérés comme des agents d&rsquo;influence de l&rsquo;étranger et soupçonnés de fragiliser le régime. Sur ce point, le retrait américain de l&rsquo;accord de Vienne et les nouvelles sanctions imposées par les Etats-Unis ont facilement exacerbé la méfiance et la fébrilité des autorités iraniennes, et plus particulièrement de l&rsquo;aile dure représentée par les Gardiens de la Révolution.</p>
<p>En l&rsquo;espèce, le cas de Fariba Adelkhah et Roland Marchal est particulièrement difficile à négocier pour les autorités françaises, toujours très discrètes sur ces manœuvres délicates qui ne répondent, de surcroit, à aucune réglementation internationale. Un contexte sous haute tension et l&rsquo;identification du bon interlocuteur contribuent essentiellement à bloquer toute avancée en vue de leur libération.</p>
<p>Nul n&rsquo;ignore que l&rsquo;arrestation des deux chercheurs a été supervisée par les Gardiens de la Révolution, corps armé placé sous l&rsquo;autorité immédiate du Guide suprême Ali Khamenei, avec lequel les autorités françaises ne peuvent discuter directement. En outre, d&rsquo;un point de vue plus politique, les Pasdarans, majoritairement conservateurs, ont toujours eu intérêt à refroidir les relations entre les présidents Hassan Rohani et Emmanuel Macron, et ainsi enterrer définitivement un accord sur le nucléaire auquel ils n&rsquo;ont de toute façon jamais cru. Les ambiguïtés de la position française vis-à-vis de l&rsquo;Iran, que ce soit sur le nucléaire iranien – souhait de rester dans l&rsquo;accord tout en déclenchant le mécanisme de règlements des différents devant le Conseil de Sécurité de l&rsquo;ONU – ou sur la politique américaine au Proche-Orient, n&rsquo;ont sans doute pas contribué au choix d&rsquo;une stratégie plus subtile et diplomate de la part de la faction conservatrice du régime iranien.</p>
<p>Mais plus généralement, les prisonniers retenus en Iran servent de moyen de pression en vue de négociations profitables pour la République islamique, le plus souvent pour obtenir la libération de ses propres ressortissants retenus aux Etats-Unis ou en Europe. Ainsi, Fariba Adelkhah et Roland Marchal ne sont pas les premiers intellectuels étrangers à avoir été détenus durant de longs mois et à servir, éventuellement, de monnaie d&rsquo;échange. On se souvient en France du cas de l&rsquo;étudiante Clotilde Reiss, libérée en 2010 en échange d&rsquo;Ali Vakili Rad, l&rsquo;assassin de l&rsquo;ancien Premier ministre du Shah Chapour Bakhtiar. Plus récemment, un autre échange de prisonniers a eu lieu en décembre dernier lorsque Brian Hook, le représentant spécial du Département d&rsquo;Etat américain pour l&rsquo;Iran, a supervisé en Suisse le retour d&rsquo;un Iranien emprisonné aux Etats-Unis contre la libération d&rsquo;un doctorant de Princeton détenu en Iran pendant trois ans. Tout à fait consciente de cette pratique, la justice américaine vient d&rsquo;ailleurs de condamner Téhéran à verser 180 millions de dollars d&rsquo;indemnités à Jason Rezaian, journaliste du <em>Washington Post</em> libéré contre trois prisonniers iraniens après un an et demi de prison, dont la détention aurait été utilisée, selon les mots du tribunal fédéral de Washington, « <em>pour augmenter les moyens de pression dans les négociations en cours avec les Etats-Unis</em> ». Une mesure parfaitement symbolique, et prise essentiellement à des fins « dissuasives »&#8230;</p>
<p>Sans disposer de preuves formelles, de nombreux diplomates pensent ainsi que la détention de Fariba Adelkhah et Roland Marchal vise à obtenir la libération de Jalal Rohollahnejad, un ingénieur iranien arrêté à l&rsquo;aéroport de Nice le 2 février dernier, cible d&rsquo;un mandat d&rsquo;arrêt américain pour des tentatives d&rsquo;exportation vers l&rsquo;Iran de matériel technologique pour le compte d’une entreprise appartenant aux Gardiens de la Révolution, ce qui, en outre, viole les sanctions américaines contre l&rsquo;Iran. Bien que la France ait validé l&rsquo;acte d&rsquo;extradition, l&rsquo;ingénieur est pour l&rsquo;heure toujours détenu  au centre pénitentiaire de Luynes dans l&rsquo;attente du décret du Premier ministre. Il est fort possible que sa libération soit effectivement le but <em>in fine </em>des Pasdarans. Si ce n&rsquo;était pas le cas, comment comprendre alors que les autorités françaises aient cessé toute protection policière envers l&rsquo;activiste iranien Rouhollah Zam, qui bénéficiait de l&rsquo;asile politique en France, pour le laisser se rendre librement en Irak en octobre dernier où il a été appréhendé par les Gardiens de la Révolution et ramené à Téhéran ? Impossible de connaître l&rsquo;ampleur ni le stade des négociations entre les autorités françaises et iraniennes, même s&rsquo;il est évident que celles-ci échangent depuis plusieurs mois.</p>
<p>Fariba Adelkhah et Roland Marchal connaîtront donc leur sort le 3 mars. D&rsquo;ici là, les Iraniens auront voté lors des élections législatives du 21 février, et les probabilités d&rsquo;une victoire des conservateurs sont grandes. Cela changera-t-il quelque chose ? Deux possibilités se dessinent nettement : le choix de la radicalité, c&rsquo;est-à-dire, pour des conservateurs et des Pasdarans galvanisés, de ne rien céder et de conserver les deux chercheurs comme moyen de pression, tant que ceux-ci peuvent servir leurs intérêts. Ou bien le choix de la respectabilité, en prouvant qu&rsquo;une fois de retour au pouvoir, ils peuvent être des interlocuteurs politiques au même titre que les réformateurs. De la part des Gardiens, réputés transgressifs et obéissant à leur propre agenda, cela peut sembler difficile voire improbable. C&rsquo;est oublier que le contexte, à la fois domestique et international, les fragilise. Après deux ans et demi de sanctions, l&rsquo;Iran est de nouveau isolé sur la scène internationale, sa population épuisée et excédée par la politique erratique de ses dirigeants. Saisiront ils l&rsquo;occasion d&rsquo;envoyer un signal fort à la communauté internationale et aux Iraniens ? Pas plus tard qu&rsquo;hier, Téhéran a annoncé la libération d&rsquo;un Allemand condamné à trois ans de prison en échange de la libération d&rsquo;un Iranien détenu en Allemagne et menacé d&rsquo;extradition vers les Etats-Unis. Si cette politique conciliatrice se poursuivait avec la libération des deux chercheurs français, ce serait effectivement un signe que Téhéran est prêt à réviser sa stratégie globale.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 20/02/2020.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Entrée dans l’inconnu stratégique : qui a le plus à perdre de Téhéran ou de Washington ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/entree-dans-linconnu-strategique-qui-a-le-plus-a-perdre-de-teheran-ou-de-washington/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jan 2020 17:47:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<category><![CDATA[Washington]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=4811</guid>

					<description><![CDATA[Atlantico.fr :  La frappe américaine contre Ghassem Soleimani autorisée par Donald Trump sort totalement du cadre diplomatique habituel et créé ainsi<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/entree-dans-linconnu-strategique-qui-a-le-plus-a-perdre-de-teheran-ou-de-washington/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 class="s2">Atlantico.fr :  La frappe américaine contre Ghassem Soleimani autorisée par Donald Trump sort totalement du cadre diplomatique habituel et créé ainsi une réalité stratégique différente. Depuis, les menaces en provenance de Washington se multiplient. Dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 janvier, deux bases abritant des soldats américains en Irak ont été visées par des missiles.</h4>
<h4 class="s2">La réponse démesurée de Donald Trump sortant du cadre diplomatique habituelle n&rsquo;est-elle pas déstabilisatrice pour le gouvernement iranien habitué à un cadre diplomatique peut être plus conventionnel ?</h4>
<p><strong>Thierry Coville : </strong>Je ne formulerai pas les choses telle quelles. Je pense qu&rsquo;en effet les iraniens ont été choqués par la frappe américaine contre Ghassem Soleimani, ça a été pour eux un vrai choc. Il ne faut pas oublier qu&rsquo;en Iran il y a deux camps : le premier mené, par Hassan Rohani, qui a joué le rôle de la diplomatie internationale ces dernières années, a imposé et négocié l&rsquo;accord sur le nucléaire et le second mené par les conservateur et incarné par la personne du guide suprême, Ali Khamenei. Les modérés avaient gagné, avec la signature de l&rsquo;accord sur le nucléaire Iranien en juillet 2015, une certaine marge de manœuvre qu&rsquo;ils ont plus ou moins perdu depuis la décision américaine, prise par Donald Trump, de sortir de l&rsquo;accord.</p>
<p>L&rsquo;approche modérée n&rsquo;a donc plus vraiment la cote en Iran, les durs ont repris les manettes du pouvoir. Or, avec cet « assassinat », Donald Trump, tape en plein dans le mille du coeur de ce qui fait le logiciel de la République Islamique iranienne, c&rsquo;est-à-dire le culte du martyre et le nationalisme. En effet, alors qu&rsquo;il y avait jusqu&rsquo;alors et suite à la répression des mouvements protestataires de novembre dernier de fortes tensions au sein du pouvoir iranien, il y aujourd&rsquo;hui un resserrement des rangs. Nous n&rsquo;avions pas vu de telles foules -telle que celle présente lors de l&rsquo;enterrement de Ghassem Soleimani- depuis l&rsquo;enterrement de l&rsquo;ayatollah Khomenei. Il y a donc un sursaut nationaliste en Iran, lequel renforce le régime.</p>
<p>Pour répondre pleinement à votre question, il y a en ce moment même un débat entre les modérés et les conservateurs. Un groupe de 60 modérés a écrit une lettre dans laquelle ils mettent en garde les conservateurs et leur demandent de ne pas tomber dans le piège tendu, selon eux, par Israël et les Etats-Unis et de ne pas se lancer dans une guerre que le pays perdrait. Face à eux, les durs sont partisans de la manière forte et, confrontés à la réaction imprévisible de Donald Tump, ils semblent, au contraire, être dans leur élément. Cependant, il ne faut pas non plus négliger leur côté extrêmement calculateur. Leur objectif n&rsquo;est pas de provoquer une guerre mais ils sont partagés entre l&rsquo;obligation de réagir face à la décision extrême de Donald Trump, ne serait-ce que pour conserver leur crédibilité dans la région, et le besoin de faire preuve d&rsquo;une certaine prudence.  A l&rsquo;heure actuelle, les dirigeants politiques iraniens se réunissent continuellement et sont en train de réfléchir à la réaction adéquate : ils ne vont pas se précipiter, mais ils répondront certainement de la manière qu&rsquo;ils estiment être la plus adaptée à la décision américaine. C&rsquo;est-à-dire faire mal aux Etats-Unis, en retour, mais sans pour autant déclencher une guerre.</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani :</strong> Depuis la mort de Ghassem Soleimani, le monde attend en tremblant l&rsquo;éventuel basculement des Etats-Unis et de l&rsquo;Iran dans la guerre totale. Pour autant, au-delà du discours militariste et bravache de Donald Trump, sa décision de faire assassiner le général iranien, qui semble ne répondre à aucun plan précis et a pris même le Pentagone de cours, pourrait s&rsquo;avérer désastreuse pour les intérêts américains au Moyen-Orient sans pour autant amener l&rsquo;Iran au bord du gouffre.</p>
<p>L&rsquo;administration Trump justifie cet acte – décidé au mépris du droit international &#8211; en présentant Ghassem Soleimani comme un « terroriste », l&rsquo;assimilant à Oussama Ben Laden ou Al-Baghdadi, deux chefs d&rsquo;organisations terroristes effectivement abattus par l&rsquo;armée américaine en 2011 et 2019.  Il est cependant difficile de mettre sur le même plan Ghassem Soleimani, haut dignitaire d&rsquo;un pays souverain en visite dans un autre pays souverain et sur l’invitation du premier ministre iraquien, et des hors-la-loi revendiquant attentats, massacres et mise en esclavage, sous mandat d&rsquo;arrêt international et en fuite perpétuelle. Les Etats-Unis maintiennent néanmoins que le statut de Soleimani lui permettait de « couvrir ses activités terroristes »&#8230; Une fois la propagande écartée, les faits sont têtus : les Etats-Unis ont délibérément assassiné un militaire d&rsquo;un pays étranger en mission, et revendiqué l&rsquo;acte comme tel. Il faut remonter à la Seconde guerre mondiale pour trouver un tel précédent, lorsque les Américains ont abattu l&rsquo;avion de l&rsquo;amiral japonais Isoroku Yamamoto en 1943. Le Japon et les Etats-Unis étaient alors juridiquement en guerre, ce qui n&rsquo;est pas le cas aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;Iran.</p>
<p>L&rsquo;état-major américain s&rsquo;est justifié enfin d&rsquo;avoir assassiné Soleimani pour prévenir « toute future attaque iranienne », mais surtout pour fragiliser encore un peu plus la République islamique dans le bras de fer qui l&rsquo;y oppose depuis mai 2018, date du retrait américain de l’accord nucléaire avec l’Iran. Or, il se pourrait que les Américains obtiennent un résultat très éloigné de ces objectifs. Qu&rsquo;il soit aimé ou détesté en Iran, Ghassem Soleimani transcende, par sa mort, les clivages politiques. Aux abois après les manifestations du mois de novembre, qui signifiaient clairement le rejet d&rsquo;un régime exsangue par une majorité d&rsquo;Iraniens, la République islamique dispose désormais d&rsquo;une occasion inespérée de resserrer les rangs de sa population divisée, face à la menace d&rsquo;un ennemi extérieur qui n&rsquo;a plus rien de fantasmé. Car pour l&rsquo;heure, c&rsquo;est toujours le régime des ayatollahs, bien qu&rsquo;extrêmement impopulaire, qui détient les moyens de riposter à ce qui est considéré comme un acte de guerre.</p>
<h4 class="s2">Si, ni les américains ni les iraniens n&rsquo;ont intérêts à ce que la situations dégénère, alors que Donald Trump multiplie les menaces, comment la situation peut-elle évoluer Aujourd&rsquo;hui, lequel des deux état à le plus à perdre ?</h4>
<p><strong>Thierry Coville :</strong> L&rsquo;Iran en terme de rapport de force militaire ne fait pas le poids face aux Etats-Unis. Mais, ce qui m&rsquo;étonne réellement dans l&rsquo;attitude actuelle de Donald Trump c&rsquo;est qu&rsquo;il sort totalement de sa stratégie habituelle vis à vis de l&rsquo;Iran. On en vient même à se demander s&rsquo;il a réellement réfléchi aux conséquences de sa décision. En effet, après avoir décidé de la frappe contre Soleimani, il a tweeté « les iraniens ont toujours gagné lorsque l&rsquo;on fait des négociations ».Or, en tweetant ceci le Président américain paraît totalement ignorer la gravité de son geste : après la frappe la américaine, la possibilité que les iraniens acceptent de revenir à la table des négociations -sur l&rsquo;accord nucléaire notamment- semble plus que mince. Donald Trump ne peut pas à la fois donner l&rsquo;ordre de tuer Soleimani dans ces conditions, avec l&rsquo;émotion que la mort du général dégage en Iran, et attendre en même temps de Khamenei qu&rsquo;il accepte de reprendre les discussions. Avec Téhéran il faut toujours se tenir sur ses gardes, mais je pense même que si Donald Trump venait à être ré-élu en 2020, les iraniens ne discuteraient plus en aucun cas avec Washington.</p>
<p>J&rsquo;ai donc l&rsquo;impression que Donald Trump sort du cadre qu&rsquo;il avait lui-même fixé. Il n&rsquo;a cessé de répéter qu&rsquo;il voulait de nouvelles négociations mais on voit mal comment, dans cette nouvelle réalité stratégique, un tel scénario est envisageable. Il faut donc que d&rsquo;autres Etats -comme l&rsquo;Union Européenne- interviennent tels qu&rsquo;ils avaient promis de le faire, sans succès, lors de la sortie des Etats-Unis de l&rsquo;accord sur le nucléaire. Il faut que les européens remplissent leurs obligations et soient crédibles, il faut agir aux côtés de la Russie et de la Chine pour conserver les retombées économiques prévues dans le cadre de l&rsquo;accord sinon, les iraniens sortiront tout simplement de l&rsquo;accord de manière drastique et reprendront pleinement leur programme nucléaire militaire.</p>
<p>Les Etats-Unis se montrent ici sous un bien mauvais jour. Chacun des deux pays a beaucoup à perdre d&rsquo;un conflit ouvert éventuel, mais ce que l&rsquo;on retient surtout ici c&rsquo;est surtout le manque de respect que Donald Trump a pour le droit international notamment lorsqu&rsquo;il menace de frapper 52 sites culturels iraniens et les mensonges répétés ces derniers jours afin d&rsquo;expliquer la mort de Soleimani. Il y a un gros problème de crédibilité : les américains dans leur narratif n&rsquo;arrêtent pas de répéter que Soleimani était un terroriste et entendait, avant sa mort, s&rsquo;en prendre au intérêts américains or ils ne parviennent pas à fournir quelconques preuves de ces accusations. Ils entrent dans une diabolisation extrême de l&rsquo;Iran, en accusant Soleimani d&rsquo;avoir joué un rôle dans les attentats du 11 septembre- ce qui est totalement faux- ils se ridiculisent presque. C&rsquo;est presque l&rsquo;Irak bis repetita !</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas de gagnant possible dans ce conflit, l&rsquo;Iran a beaucoup à perdre (sa situation économique est catastrophique) mais les Etats-Unis également, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils entraînent un grand nombre de pays dans cet engrenage.</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani </strong>: La question de l&rsquo;éventualité d&rsquo;une réponse de l&rsquo;Iran ne se pose pas. Seule celle de sa mise en œuvre occupe désormais toutes les spéculations, et dépendra fortement d&rsquo;une reconfiguration interne qui va se jouer dans les prochaines semaines.</p>
<p>En février, les Iraniens se rendront aux urnes pour les élections législatives. La mort de Soleimani augure très certainement la défaite des réformateurs au profit des conservateurs et des partisans de la première heure de la ligne dure face à l&rsquo;Occident. A la faveur du climat ambiant, les Gardiens de la Révolution se trouveront naturellement renforcés. Soleimani, commandant de la force Al-Qods, observait une neutralité vis-à-vis du champ politique, même si on l&rsquo;imaginait déjà succéder à Hassan Rohani aux prochaines élections présidentielles. Mais la branche plus politisée du corps militaire ne manquera pas l&rsquo;occasion offerte par sa disparition de s&rsquo;affirmer sur la scène politique iranienne.<br />
Paradoxalement, le changement de régime espéré par Washington pourrait peut-être survenir en Iran&#8230; mais si le pays cesse d&rsquo;être une théocratie, il ne deviendra pas une démocratie pour autant. La chute des ayatollahs profitera plus vraisemblablement aux militaires et notamment aux Gardiens de la Révolution, bras armé le plus radical du régime qui a contribué à la répression sanglante des émeutes de novembre. Pourtant largement détestés des Iraniens, les Gardiens peuvent désormais rallier l&rsquo;opinion à leur cause en jouant sur le sentiment nationaliste blessé  ainsi que sur la crainte de frappes américaines sur le territoire iranien.</p>
<p>Sur le plan extérieur, l&rsquo;Iran joue encore la carte de la diplomatie avec l&rsquo;abandon de ses obligations dans le cadre de l&rsquo;accord de Vienne, sans pour autant sortir clairement du traité de façon à ménager les signataires restants. Téhéran a notamment précisé qu&rsquo;il continuerait de coopérer avec les agents de l&rsquo;AIEA. L&rsquo;effort diplomatique reste donc à l&rsquo;ordre du jour vis-à-vis des partenaires européens, chinois et russes, mais face aux Américains, l&rsquo;Iran se montre sur le pied de guerre, et la question de frappes directes ou indirectes se pose.</p>
<p>Certes, les militaires iraniens ont d&rsquo;ores et déjà annoncé qu&rsquo;ils riposteraient en frappant les bases et contingents de soldats américains répartis dans tout le Moyen-Orient. Mais l&rsquo;unanimité des réactions des alliés de l&rsquo;Iran, du Hezbollah aux Houthis en passant par les milices chiites en Irak, laisse penser que l&rsquo;organisation d&rsquo;un front uni anti-américain dans toute la région fera partie des plans de la République islamique. Son ministre des affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, l&rsquo;a clairement énoncé : « La fin de la présence maligne des Américains en Asie de l&rsquo;ouest a commencé. »</p>
<p>La possibilité semble crédible, si l&rsquo;on en juge par les dernières déclarations et décisions observées en Irak. Le pays a également perdu dans l&rsquo;attaque de vendredi dernier deux éminentes figures militaires. Exactement comme en Iran, l&rsquo;apparition d&rsquo;un ennemi commun semble ressouder un pays jusque-là profondément divisé et au bord de la guerre civile. Même Moqtada Al-Sadr, qui avait pourtant joué la carte anti-iranienne durant les manifestations d&rsquo;octobre dernier, crie vengeance. Le Parlement a ainsi voté à l&rsquo;unanimité de ses membres présents le retrait des troupes américaines d&rsquo;Irak, qui se contenteront d&rsquo;entraîner et de conseiller les forces irakiennes, mais seront interdites de quitter leurs bases ou de voler dans l&rsquo;espace aérien irakien le temps que les arrangements nécessaires soient faits pour leur départ. Donald Trump a beau promettre en représailles des sanctions « comme jamais l&rsquo;Irak n&rsquo;en a connues, plus dures encore que les sanctions iraniennes » et d&rsquo;exiger le remboursement de l&rsquo;intégralité des financements américains, le pays, qui observait jusqu&rsquo;à présent une prudente neutralité entre ses deux parrains ennemis, a déjà choisi son camp, celui du voisin iranien.</p>
<h4 class="s2">Alors que l&rsquo;on est face à une réalité stratégique différente, lequel des deux Etats peut tirer son épingle du jeux ?</h4>
<p><strong>Thierry Coville </strong>: Si la question de la répression de novembre reste posée, c&rsquo;est incroyable à quel point l&rsquo;atmosphère a changé en quelques jours : le régime iranien est solidifié, en Irak les chiites sont beaucoup plus soudés et le pays ne parle plus d&rsquo;expulser l&rsquo;Iran, tous les alliés de l&rsquo;Iran s&rsquo;unissent autour de la République Islamique et promettent également des réactions&#8230; On a l&rsquo;impression que tous les alliées régionaux de l&rsquo;Iran réagissent sous l&rsquo;émotion, renforçant ainsi l&rsquo;influence iranienne dans la région.</p>
<p>Bien entendu, l&rsquo;Iran ne fait pas le poids face aux Etats-Unis militairement parlant mais penser que la décision américaine aller permettre de réduire l&rsquo;influence iranienne dans la région est une grossière erreur. La logique iranienne est de dire : si vous nous attaquez nous mettrons le feux partout. Donc, l&rsquo;assassinat de Soleimani les renforce encore davantage dans cette logique. D&rsquo;un côté l&rsquo;Iran se prépare donc à une guerre asymétrique, et les Etats-Unis bien que militairement supérieure, souffriraient tout autant d&rsquo;un éventuel conflit.</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani : </strong>Pour l&rsquo;heure, la mort de Soleimani, loin de préserver les Etats-Unis, les expose plus que jamais. L&rsquo;abandon en rase campagne des Kurdes face à l&rsquo;offensive turque l&rsquo;été dernier, l&rsquo;absence de réaction après l&rsquo;attaque des sites pétroliers saoudiens le 14 septembre dernier, avaient déjà largement entamé la confiance que leurs alliés pouvaient avoir en eux. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Irak préfère se détourner des Américains pour rallier, du moins officiellement, un voisin contre lequel il s&rsquo;est battu durant huit années sanglantes. Et les talibans eux-mêmes &#8211; pourtant sunnites donc ennemis théoriques de l&rsquo;Iran chiite – ont fait part de leur soutien à la République islamique&#8230; avec d&rsquo;évidentes arrière-pensées stratégiques. S&rsquo;ils ne manquent pas de moyens, les Américains manquent désormais de crédibilité, et ce n&rsquo;est pas la menace de frapper 52 sites culturels iraniens – un pour chaque Américain pris en otage à Téhéran en 1979 – véritable acte de guerre allant à l&rsquo;encontre de tout le droit international, qui contribuera à la leur redonner. Les Etats-Unis apparaissent plus isolés que jamais, seulement encerclés par des pays qui leur sont majoritairement hostiles.</p>
<p>Les Américains oublient enfin que l&rsquo;armée iranienne n&rsquo;a rien de commun avec l&rsquo;armée épuisée par les purges de Saddam Hussein, ou la guérilla des Vietnamiens et des Afghans. Il reste incontestable que l&rsquo;Iran est une puissance militaire régionale de premier plan, dotée d&rsquo;équipements sophistiqués et d&rsquo;hommes entraînés, une armée entièrement préparée et investie depuis plusieurs années face à l&rsquo;éventualité d&rsquo;une guerre. A l&rsquo;inverse de Trump, les Iraniens ne réagiront pas sous le coup de l&rsquo;émotion, même vive, pour lancer leur riposte. Comme l&rsquo;a déclaré un ancien commandant des Gardiens de la Révolution, il ne fait aucun doute que l&rsquo;Iran réagira, mais de façon indirecte : « A la différence de Trump, qui agit de façon stupide, nous sommes des joueurs d&rsquo;échecs et nous évaluons les conséquences avant chaque mouvement. » Ghassem Soleimani lui-même lançait le même type d&rsquo;avertissement à l&rsquo;administration Trump, qui résonne aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un ton étrangement prophétique : « Vous commencerez la guerre, mais nous en déterminerons la fin ».</p>
<p><strong>Interview paru dans l&rsquo;Atlantico du 8/01/2020.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ce bras de fer que se livrent discrètement Paris et Téhéran pour faire libérer leurs prisonniers respectifs</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/ce-bras-de-fer-que-se-livrent-discretement-paris-et-teheran-pour-faire-liberer-leurs-prisonniers-respectifs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Nov 2019 20:24:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Paris]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=3576</guid>

					<description><![CDATA[Depuis plusieurs mois, alors même que la France multiplie les efforts diplomatiques pour assurer une médiation et sauver l&#8217;accord de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ce-bras-de-fer-que-se-livrent-discretement-paris-et-teheran-pour-faire-liberer-leurs-prisonniers-respectifs/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-3577 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/000_19G0YY-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/000_19G0YY-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/000_19G0YY-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/000_19G0YY.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis plusieurs mois, alors même que la France multiplie les efforts diplomatiques pour assurer une médiation et sauver l&rsquo;accord de Vienne sur le nucléaire iranien, les relations entre Téhéran et Paris sont assombries par des soupçons d&rsquo;espionnage qui ont entraîné plusieurs arrestations des deux côtés.</p>
<p class="lettrine lettrine">Fariba Adelkhah, une franco-iranienne directrice de recherche à Sciences Po, a été arrêtée à son domicile de Téhéran le 5 juin dernier par les Gardiens de la Révolution, alors qu&rsquo;elle effectuait des recherches sur le séminaire de Qom, l&rsquo;un des centres d&rsquo;éducation de l&rsquo;islam chiite duodécimain les plus connus au monde. Malgré leurs efforts, les services du Quai d&rsquo;Orsay n&rsquo;avaient eu alors aucune explication sur les raisons de l&rsquo;arrestation et les conditions de détention de la chercheuse, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;Iran ne reconnaît pas sa double nationalité.</p>
<p>Il est de notoriété publique que la médiatisation des arrestations de chercheurs étrangers aggrave leurs conditions de détention. Ceci expliquerait ainsi que l&rsquo;arrestation d&rsquo;un second chercheur français ait été gardée secrète jusqu&rsquo;à ces dernières semaines. Roland Marchal, spécialiste de l&rsquo;Afrique subsaharienne au Ceri de Sciences Po, avait été arrêté, sans raison apparente, en même temps que sa collègue qu&rsquo;il était venue rejoindre à Téhéran.</p>
<p>Rapidement, une analyse plus fine a permis de dissiper l&rsquo;incompréhension qui entourait ces arrestations. Car ces prisonniers sont devenus, à leur corps défendant, des otages politiques. En effet en Iran, tout le monde n&rsquo;apprécie pas les efforts d&rsquo;apaisement du président Hassan Rohani en faveur d&rsquo;un maintien de l&rsquo;accord de Vienne, à commencer par les conservateurs et leur bras armé, les Gardiens de la Révolution. En faisant arrêter ces chercheurs, ceux-ci ne font ni plus ni moins qu&rsquo;entraver un peu plus l&rsquo;action d&rsquo;Hassan Rohani en compliquant ses relations avec les Européens.</p>
<p>L&rsquo;affaire prend tout de suite une autre dimension lorsqu&rsquo;on se souvient que la France détient un ressortissant iranien, et assurait il y a encore quelques semaines la protection d&rsquo;un opposant recherché par Téhéran.</p>
<p>La République islamique cherche en effet depuis plusieurs mois à obtenir la libération de Jalal Rohollahnejad, un ingénieur arrêté à l&rsquo;aéroport de Nice le 2 février dernier sur demande des Américains, qui l&rsquo;accusent d&rsquo;avoir voulu exporter du matériel technologique (systèmes industriels à micro-ondes et systèmes anti-drones), violant ainsi les sanctions américaines contre l&rsquo;Iran. Les Etats-Unis ont formulé une demande d&rsquo;extradition, validée par le parquet général d&rsquo;Aix-en-Provence et contestée par les Iraniens. Cependant, en l&rsquo;absence du décret du Premier ministre concédant l&rsquo;extradition vers les Etats-Unis, qui n&rsquo;a pas encore été signé, l&rsquo;ingénieur se trouve oujours en France à ce jour.</p>
<p>Par ailleurs, depuis deux ans, Téhéran souhaitait trouver le moyen d&rsquo;extrader un opposant au régime iranien, Rouhollah Zam, qui bénéficiait de l&rsquo;asile politique en France et d&rsquo;une protection policière conséquente. Durant les manifestations de 2017-2018, Rouhollah Zam avait fondé un canal d&rsquo;informations, Amadnews, sur la plateforme de messagerie cryptée Telegram. Depuis son exil, il n&rsquo;avait jamais cessé de mobiliser ses soutiens contre le régime, et s&rsquo;apprêtait à faire évoluer son groupe de diffusion vers un média à plus large impact. A cette fin, il cherchait à lever des fonds auprès d&rsquo;autres figures politiques de l&rsquo;opposition. Sans doute la goutte de trop pour les forces conservatrices de la République islamique, qui ont annoncé publiquement avoir organisé sa capture grâce à une opération « élaborée et professionnelle » digne d&rsquo;un roman d&rsquo;espionnage. Convaincu de se rendre en Irak par une jeune femme iranienne, manifestement au courant de ses projets, pour rendre visite au grand ayatollah Ali Al-Sistani, rival du Guide Suprême Ali Khamenei, et y recevoir son soutien, Rouhollah Zam est donc arrivé à Bagdad le 11 octobre dernier, où il a été arrêté par les Pasdarans et emmené de force en Iran. Il a été longuement vu à la télévision iranienne et présenté comme un « contre-révolutionnaire dirigé par le renseignement français, soutenu par la CIA américaine et le Mossad israélien ». Quatre jours plus tard, on apprenait de façon concomitante l&rsquo;arrestation du chercheur Roland Marchal, qui avait été gardée secrète par le Quai d&rsquo;Orsay depuis le 5 juin.</p>
<p>Le jeu tacite entre Téhéran et Paris paraît clair : si les chercheurs français ont été arrêtés par l&rsquo;Iran, c&rsquo;est très certainement pour obtenir en échange ses ressortissants arrêtés ou réfugiés en France. Dans le cas de Rouhollah Zam, certains analystes ont cependant rejeté l&rsquo;idée que la France l&rsquo;ait « livré » aux Iraniens. En l&rsquo;espèce, la situation est ambigüe. Il paraît en effet peu vraisemblable qu&rsquo;un réfugié politique, sous protection policière, ait pu effectuer un voyage nécessairement risqué en Irak, sans que les renseignements français et le ministère de l&rsquo;Intérieur en soient informés. Ceux-ci ont d&rsquo;ailleurs confirmé publiquement avoir eu connaissance de son voyage, et des menaces qui pesaient sur lui. Au cours des deux dernières années, la DGSI avait ainsi été prévenue par plusieurs services partenaires étrangers, dont le Mossad, qu&rsquo;un « contrat » avait été ouvert par Téhéran contre Rouhollah Zam. L&rsquo;opposant risquait donc potentiellement d&rsquo;être assassiné, sur le sol français ou à l&rsquo;étranger. De son propre aveu, la DGSI aurait même tenté de dissuader l&rsquo;opposant jusqu&rsquo;à la veille de son départ pour l&rsquo;Irak, ce à quoi il aurait répondu qu&rsquo;il jouirait d&rsquo;une protection sur place.</p>
<p>Ainsi, bien que parfaitement conscients des risques encourus par le réfugié politique, les services français ont laissé faire. Ont-ils vu là une occasion pour obtenir des concessions pour libérer Fariba Adelkhah et Roland Marchal ? Cela reste une hypothèse valable. Ce ne serait pas la première fois que ce type « d&rsquo;échanges » s&rsquo;organiserait. On se souvient qu&rsquo;en juillet 2009, la France avait expulsé Ali Vakili Rad, responsable du meurtre de l&rsquo;ancien Premier ministre du Shah Chapour Bakhtiar, deux jours après la libération de l&rsquo;étudiante Clotilde Reiss, arrêtée à Téhéran et assignée à résidence pendant près d&rsquo;un an. Le ministre des Affaires étrangères de l&rsquo;époque, Bernard Kouchner, avait alors formellement exclu tout « marchandage » ou « contrepartie ». Cependant, au-delà de la langue de bois, nul n&rsquo;était dupe.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 03/11/2019. </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ardavan Amir-Aslani : «L&#8217;économie iranienne est réellement en ruine»</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-leconomie-iranienne-est-reellement-en-ruine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2019 13:33:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Pays occidentaux]]></category>
		<category><![CDATA[RT France]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=2790</guid>

					<description><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani était l&#8217;invité de RT France afin de faire le point sur la situation au Moyen-Orient, où les tensions<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-leconomie-iranienne-est-reellement-en-ruine/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir-Aslani était l&rsquo;invité de RT France afin de faire le point sur la situation au Moyen-Orient, où les tensions ne retombent pas entre Téhéran et les pays occidentaux.</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;interview <a href="https://www.youtube.com/watch?v=OUTLYgG8D8E" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Porte-avion américain déployé au Moyen-Orient : ce que cache l&#8217;escalade entre Téhéran et Washington</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/porte-avion-americain-deploye-au-moyen-orient-ce-que-cache-lescalade-entre-teheran-et-washington/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 May 2019 08:13:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[téhéran]]></category>
		<category><![CDATA[Washington]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=2367</guid>

					<description><![CDATA[Ce dimanche 5 mai, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, a annoncé le déploiement au Moyen-Orient du<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/porte-avion-americain-deploye-au-moyen-orient-ce-que-cache-lescalade-entre-teheran-et-washington/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce dimanche 5 mai, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis, a annoncé le déploiement au Moyen-Orient du porte-avions et du groupe aéronaval Abraham Lincoln, ainsi que des bombardiers pour répondre à des « indications inquiétantes d&rsquo;escalade » de la part de Téhéran.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-2368 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/05/000_1FV1IQ.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<h4 class="s2"><strong>Atlantico : Quels sont les éléments qui pourraient expliquer ce mouvement de la part de Washington ? </strong></h4>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani :</strong> L&rsquo;annonce a en effet de quoi surprendre. C&rsquo;est la première fois qu&rsquo;un conseiller à la sécurité nationale américain prend le parti d&rsquo;annoncer un tel déploiement militaire. John Bolton évoque, pour justifier la mise en place de cette force opérationnelle, « un certain nombre d&rsquo;indications et d&rsquo;avertissements inquiétants et critiques », ce qui est pour le moins vague. Il assure également que de nouvelles informations confirment la menace que ferait peser l&rsquo;Iran sur les forces américaines dans la région. Mais enfin, l&rsquo;Iran n&rsquo;a fait aucune provocation militaire contre les Américains ces dernières semaines !</p>
<p>Pendant des années, les Américains ont conservé des forces militaires comparables dans cette région, des bombardiers et chasseurs à la base aérienne al-Udeid au Qatar, et un porte-avion dans le Golfe Persique. Mais ces derniers mois, la Maison-Blanche avait décidé de déplacer ces forces vers d&rsquo;autres théâtres d&rsquo;opérations afin de défendre ses intérêts face à la Chine et à la Russie. Tout d&rsquo;un coup, il apparaît urgent de restaurer cette force de frappe et de montrer de nouveau ses muscles aux portes de l&rsquo;Iran !</p>
<p>On pourrait souligner que l&rsquo;évènement intervient quelques semaines après que les Etats-Unis aient décidé de classer le corps militaire des Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste, ce qui pour l&rsquo;Iran constituait précisément une provocation.</p>
<p>Tout ceci s&rsquo;inscrit en vérité dans la continuité de la stratégie des « faucons » de l&rsquo;administration Trump, qui cherchent à asphyxier l&rsquo;Iran économiquement en réduisant ses exportations de pétrole à zéro, en menaçant de sanctions les autres pays qui feraient commerce avec l&rsquo;Iran. Le but in fine est de pousser le pays à la faute, ce qu&rsquo;il pourrait faire en rouvrant, par exemple, les centrales nucléaires fermées dans le cadre de l&rsquo;accord de Vienne. L&rsquo;objectif final est que Téhéran change de régime politique et retire ses forces militaires du Moyen-Orient.</p>
<h4 class="s2"><strong>Quel lien peut-on établir entre cette annonce et la situation actuelle en Israël ? </strong></h4>
<p>L&rsquo;annonce intervient en effet après l&rsquo;escalade meurtrière à laquelle on assiste depuis samedi dernier entre groupes armés palestiniens et l&rsquo;Etat hébreu. L&rsquo;Iran est régulièrement accusé d&rsquo;armer et de soutenir ces groupes qui opèrent dans la bande de Gaza, aussi il ne serait guère surprenant que Benjamin Netanyahu use de son influence auprès de l&rsquo;administration Trump pour que les Américains agissent dans la région et protègent Israël, qui s&rsquo;est toujours estimé menacé par l&rsquo;Iran.</p>
<h4 class="s2"><strong>Comment envisager la suite de ce qui ressemble à une escalade dans les relations entre Téhéran et Washington ? </strong></h4>
<p>Américains et Iraniens ne veulent pas la guerre, c&rsquo;est du moins ce que chacun déclare. Ainsi John Bolton affirme que les Etats-Unis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien, mais qu&rsquo;ils seront tout à fait prêts à réagir à toute attaque, soit par procuration, soit par les forces iraniennes&#8230;<br />
De son côté, il y a de cela un mois, le ministre des affaires étrangères iranien Javad Zarif laissait le bénéfice du doute à Donald Trump quant à ses intentions belliqueuses, mais soulignait qu&rsquo;il subissait très certainement l&rsquo;influence de la « B Team », à savoir John Bolton, « Bibi », (Benjamin Netanyahu), Ben Zayed, prince héritier des Émirats Arabes Unis et Ben Salmane, prince héritier d&rsquo;Arabie Saoudite.<br />
En outre, il estimait que les Etats-Unis semblaient tout mettre en place pour que des incidents se produisent. Déjà en septembre, ces derniers ont annoncé la fermeture de leur consulat à Basra en Irak, à la suite de tirs de roquette à proximité, et en ont accusé l&rsquo;Iran. Téhéran a non seulement nié mais fait remarquer que son propre consulat avait été incendié lors de ces mêmes manifestations !</p>
<p>L&rsquo;annonce américaine d&rsquo;hier semble donner raison à M.Zarif. A l&rsquo;Iran de rester très vigilant désormais pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait aucun dérapage qui donnerait une bonne raison aux Américains de l&rsquo;attaquer frontalement.</p>
<p><em><strong>Article paru dans l&rsquo;Atlantico du 7/05/2019.</strong></em></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
