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	<title>sanctions économiques &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Donald Trump dans les pétromonarchies du golfe Persique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 13:50:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pour son premier déplacement au Moyen-Orient, Donald Trump a frappé fort, prenant à contre-pied la plupart des observateurs. Au-delà des<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Pour son premier déplacement au Moyen-Orient, Donald Trump a frappé fort, prenant à contre-pied la plupart des observateurs. Au-delà des avantages économiques considérables attendus, il a dessiné les contours de sa nouvelle politique dans cette région agitée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Promesses d’investissements faramineux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En leur réservant sa première visite officielle, le 47e président des États-Unis a voulu ramener les pétromonarchies dans l’orbite de Washington. Adeptes du réalisme politique, celles-ci avaient amorcé depuis déjà plusieurs années une politique étrangère “non alignée”, tissant d’étroits liens aussi bien avec la Russie que la Chine qui figure parmi leurs premiers partenaires commerciaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pari en voie d’être gagné : les pétromonarchies ont annoncé des promesses d’investissements titanesques aux États-Unis dans les dix prochaines années – respectivement de 600 milliards de l’Arabie saoudite, 500 milliards du Qatar et 400 milliards des Émirats arabes unis (EAU), principalement dans les technologies de pointe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entreprises américaines sont aussi parvenues à décrocher d’importants contrats, à commencer par Boeing qui, en sérieuse difficulté financière, en avait plus que jamais besoin. Alors que les EAU ont passé commande de 28 avions, Qatar Airways a annoncé un contrat faramineux de 200 milliards de dollars auprès du constructeur américain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donnant-donnant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les monarchies du Golfe ne perdent pas de vue leurs intérêts. Alors que l’Arabie saoudite compte en contrepartie sur l’aval de Washington pour le développement de son industrie nucléaire civile, les EAU espèrent négocier une coopération énergétique mais surtout technologique, tant Abu Dhabi ambitionne de devenir un leader de l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la défense de ses intérêts économiques, le président américain a profité de ce déplacement pour présenter les grandes orientations de son second mandat. À l’occasion du forum d’investissement américano-saoudien, Donald Trump a prononcé un discours de politique étrangère dans lequel il tire les leçons du passé, fustigeant l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs néoconservateurs comme démocrates.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eloge de souveraineté des nations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a salué les réussites de ses hôtes dans des termes peu communs, rendant hommage à la souveraineté des nations : “Il est essentiel que le reste du monde en prenne conscience : cette grande transformation n’est pas le fait d’interventionnistes occidentaux, ou d’hommes qui prennent de beaux avions pour venir vous donner des leçons sur la façon de vivre et de gérer vos propres affaires. Non. Les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant “nation-builders”, les ‘neocons’ [ou néoconservateurs, réputés avoir la volonté d’imposer l’ordre libéral par la force si nécessaire, ndlr] ou les ‘non-profit liberals’ [organisations œuvrant dans le secteur à but non lucratif et perçues comme libérales ou progressistes sur le plan politique, ndlr] – comme ceux qui ont dépensé des milliers de milliards de dollars pour ne pas réussir à développer Kaboul, Bagdad et tant d’autres villes.”</p>



<h2 class="wp-block-heading">Iran et Syrie sur la table</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a également exposé ses ambitions stratégiques sur les dossiers brûlants du Moyen-Orient : l’issue du programme nucléaire iranien et l’avenir de la Syrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un véritable réquisitoire contre la politique iranienne passée, Donald Trump a rappelé sa volonté de “mettre fin aux conflits” et de “conclure un accord” avec Téhéran, écartant de facto les frappes préventives voulues par Tel Aviv. Cependant l’issue des négociations demeure incertaine, l’Iran restant intransigeant sur le maintien de son programme nucléaire civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, à la surprise générale, le président Trump a décidé la levée des sanctions contre une Syrie à l’économie exsangue. Encouragé par Mohammed Ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, qui s’est dit prêt à régler la dette syrienne envers la Banque mondiale – 15 millions de dollars – et à participer à la reconstruction de l’État syrien, le président américain a rencontré dès le lendemain, mercredi 14 mai, à Riyad, Ahmed al-Charaa, l’ancien terroriste d’Al-Qaïda relooké. Véritable pari au moment où les autorités provisoires peinent à établir l’autorité de l’État et où des factions encore plus radicales, à l’image de l’État islamique, profitent du vide sécuritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prise de distance avec Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de gestes qui n’ont pu que renforcer les tensions récentes entre Tel-Aviv et Washington. Alors qu’Israël a été exclu de la tournée présidentielle, le vice-président américain J.D Vance a de son côté annulé son déplacement à Tel-Aviv, soi-disant pour des raisons logistiques, à l’annonce de la nouvelle offensive dans l’enclave palestinienne où la tragédie humanitaire s’aggrave jour après jour. Une telle situation a empêché Donald Trump d’obtenir de la part des monarchies du Golfe l’élargissement des accords d’Abraham.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, si sur le plan économique cette première visite au Moyen-Orient est une réussite, l’issue des dossiers régionaux – l’accord nucléaire avec l’Iran, l’avenir de Gaza, du Liban et de la Syrie – demeure encore incertaine. Reste à savoir si la “méthode Trump”, baroque mais pragmatique, fonctionnera.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique-125578/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique-125578/">Le nouvel Economiste</a></em> le 22/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>Les sanctions économiques, une politique inefficace qui radicalise l’Iran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-sanctions-economiques-une-politique-inefficace-qui-radicalise-liran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Dec 2022 11:03:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-23003 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Durant sa campagne présidentielle, Joe Biden avait promis que les Etats-Unis redeviendraient signataires du Joint Comprehensive Plan of Action, que Donald Trump avait unilatéralement décidé de quitter en mai 2018. Après deux ans de mandat, cet idéal apparaît hors d&rsquo;atteinte. Les négociations sur un nouvel accord éventuel sont au point mort, l&rsquo;Iran s&rsquo;est largement affranchi de ses engagements pour reprendre son enrichissement d&rsquo;uranium au point de devenir un « Etat du seuil », et les conservateurs iraniens de retour au pouvoir depuis juin 2021 se montrent bien moins favorables à un dialogue avec l&rsquo;Occident que l&rsquo;administration Rohani. Au contraire, l&rsquo;Iran a poursuivi sa politique du regard tourné vers l&rsquo;Est, soutient logistiquement la Russie dans sa guerre en Ukraine, et a signé plusieurs partenariats économiques et sécuritaires avec la Chine. Ce bilan particulièrement négatif doitbeaucoup à une politique américaine bien connue : celle des sanctions.</p>
<p>Le choix d&rsquo;une application de sanctions économiques et politiques contre l&rsquo;Iran dans l&rsquo;espoir d&rsquo;infléchir ses positions ne date pas de la campagne de « pression maximale » engagée par Donald Trump. Les sanctions européennes qui ont suivi la découverte du programme nucléaire iranien en 2006 s&rsquo;inspiraient déjà de celles mises en place par les Etats-Unis depuis plus d&rsquo;une décennie (gel des actifs iraniens à l&rsquo;étranger, restriction des déplacements de personnalités iraniennes et des échanges commerciaux). Or, à l’époque comme aujourd’hui, cette stratégie d&rsquo;isolement n&rsquo;a jamais obtenu aucun effet positif, puisque l&rsquo;Iran n&rsquo;a jamais renoncé à son programme nucléaire en dépit des conséquences économiques, bien au contraire. Les effets pervers sont en revanche nombreux : entraves au travail des inspecteurs de l&rsquo;AIEA et perte de confiance entre Iraniens et Occidentaux, radicalisation du régime, négation de l&rsquo;isolement de l’Iran et construction d&rsquo;alternatives régionales par le renforcement des partenariats avec les voisins asiatiques.</p>
<p>L&rsquo;effet des sanctions est néanmoins paradoxal. L&rsquo;administration Trump avait envisagé la « pression maximale » comme un moyen de favoriser un regime change en poussant la population à bout. Dans un premier temps, l&rsquo;organisation de la riposte iranienne par une « économie de la résistance » a permis de différer cet effet. Pour autant, celle-ci accuse des limites certaines. L&rsquo;exclusion du système bancaire international a nécessité la réorganisation des circuits commerciaux iraniens, mais ceux-ci n&rsquo;ont pas pu empêché la perte considérable de pouvoir d&rsquo;achat et de bien-être des Iraniens, en contribuant à une hausse de l&rsquo;inflation. L&rsquo;absence de perspectives d&rsquo;avenir et les contestations sociales récurrentes – notamment celle en cours depuis septembre dernier – ont créé un climat de défiance et entraîné une dépréciation monétaire colossale – le dollar américain s&rsquo;échangeait contre 360 000 rials iraniens le 5 novembre 2022, du jamais vu en quatre décennies. Près de 30% des Iraniens vivraient désormais sous le seuil de pauvreté, le véritable chiffre se situant probablement plus près de la moitié de la population, alors même que l&rsquo;Iran est un pays riche en ressources naturelles et affiche le taux d&rsquo;éducation le plus élevé du Moyen-Orient. Si les sanctions économiques n&rsquo;ont pas fait évoluer le régime iranien, elles sont néanmoins parvenues à nourrir l&rsquo;exaspération de la population iranienne à son encontre.</p>
<p>Ce constat pourrait inciter à maintenir cette politique jusqu&rsquo;à la chute définitive de la République islamique. C&rsquo;est sous-estimer la radicalité dont elle est capable pour assurer sa survie, fusse-ce au prix de la répression sanglante du peuple iranien qui, comme on a pu l’observer cette semaine, a franchi un cran avec l’exécution d’un manifestant.</p>
<p>Pour Robert Malley, envoyé spécial de Washington sur l&rsquo;Iran, « les sanctions ne sont pas la bonne réponse ». L’état de la relation entre les Occidentaux et l’Iran confirment effectivement qu’elles aboutissent à une impasse. De fait, le seul mécanisme qui a donné la preuve de son efficacité pour limiter l’avancée du programme nucléaire de l’Iran demeure le JCPoA, du moins durant les trois ans où il a été effectif. C’est une expérience qui continue à servir d’appui et qui explique la volonté des Occidentaux de le maintenir en vie. Le bras de fer diplomatique entre Washington et Téhéran et les désengagements progressifs de l’Iran du texte de l’accord amenuisent néanmoins cette possibilité. In fine, il pourrait n’être même plus utile de lever les sanctions, tant les progrès de l’Iran en matière nucléaire auront rendu le JCPoA caduc.</p>
<p>Cette extrémité doit être évitée, tout comme l’usage de la force, sans doute la solution qui répugne le plus aux Occidentaux. Tant au sein des chancelleries européennes qu’à la Maison-Blanche, nul n’a de réelle volonté d’envisager un conflit avec l’Iran. Si l’issue en serait tout à fait incertaine, la déstabilisation colossale qu’il entraînerait au Moyen-Orient et dans le monde ne fait en revanche aucun doute. La diplomatie reste donc la meilleure option, celle qui a fait ses preuves avec la signature, après des années de négociations, de l’accord de Vienne en juillet 2015.</p>
<p>L’autre possibilité est tout simplement de soutenir activement l’insurrection du peuple iranien, qui incarne le meilleur moyen de faire advenir un changement en Iran. A cette fin, la pression internationale peut être utile. Mais un allègement des sanctions économiques ou, à tout le moins, un bien meilleur ciblage doit être envisagé. En effet, les maintenir voire les renforcer ne saurait aider le peuple iranien, qui subit tout à la fois les privations économiques et le tour de vis politique et social du régime, alors qu’il aspire à la liberté et à redevenir maître du destin collectif de l’Iran.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 11/12/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le poids des sanctions économiques écrase le peuple iranien sans parvenir à le libérer</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-poids-des-sanctions-economiques-ecrase-le-peuple-iranien-sans-parvenir-a-le-liberer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jan 2020 11:36:27 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-5023 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/000_1FV1I9-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/000_1FV1I9-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/000_1FV1I9-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/000_1FV1I9.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>La « pression maximale » américaine génère une crise humanitaire sans précédent en Iran.</p>
<p>Une fois n&rsquo;est pas coutume, lorsque Donald Trump promettait à l&rsquo;Iran les sanctions « les plus dures jamais imposées à un pays », il ne faisait preuve d&rsquo;aucune exagération. L&rsquo;Iran est incontestablement un pays en situation d&rsquo;intense souffrance depuis trois ans, souffrance qui a atteint son paroxysme ces deux derniers mois. Depuis les manifestations d&rsquo;octobre dernier jusqu&rsquo;au crash accidentel d&rsquo;un avion ukrainien le 8 janvier, en passant par l&rsquo;assassinat de Ghassem Soleimani, les évènements les plus graves ont occupé l&rsquo;actualité internationale durant plusieurs semaines, occultant d&rsquo;autres évènements locaux tout aussi dramatiques : inondations, tremblement de terre, accident de la route meurtrier qui a tué presque tous les passagers de deux bus entrés en collision. Tous ces drames s&rsquo;ajoutent au désarroi grandissant des Iraniens qui, depuis le rétablissement de sanctions économiques, sans doute les pires qu’ils n’aient jamais vécues en quarante ans, subissent leurs conséquences au quotidien. Si cette tragédie occupe peu les médias, c&rsquo;est que personne, tant du côté iranien qu&rsquo;américain, n&rsquo;a intérêt à ce que le monde sache qu&rsquo;une crise humanitaire majeure s&rsquo;aggrave de jour en jour en Iran.</p>
<p>En matière de story-telling, Washington préfère évidemment résumer les effets de la « pression maximale » à l&rsquo;affaiblissement politique du régime. Même la diaspora iranienne, avant tout préoccupée par la chute du régime honni, garde un étrange silence face à la situation vécue par leurs compatriotes, estimant que c&rsquo;est le prix à payer pour mettre la théocratie à bas.</p>
<p>Pour sa part, le régime iranien a tout intérêt à minimiser la gravité de la situation et à nier l&rsquo;efficacité des sanctions. Pour les réformateurs, l&rsquo;admettre constituerait un véritable aveu d&rsquo;échec de leur politique d&rsquo;ouverture envers l&rsquo;Occident. Les conservateurs, plus qu&rsquo;aucune autre faction, craignent que les Iraniens n&rsquo;établissent un lien direct entre les sanctions, ce qu&rsquo;ils endurent, et la politique de la République islamique, au risque d&rsquo;une démobilisation de l&rsquo;électorat à la veille des législatives.</p>
<p>Ainsi, le silence bénéficie, pour l&rsquo;heure, à tous les acteurs de cette crise majeure.</p>
<p>Dans l&rsquo;attente, la situation des Iraniens devient de plus en plus intenable. Certes, la richesse agricole du pays écarte tout risque de famine. Pour autant, la fermeture des marchés mondiaux aux échanges avec l&rsquo;Iran le prive de nombreuses denrées de base, ce qui génère une colossale augmentation des prix des biens alimentaires. Si le taux officiel de l&rsquo;inflation est à 41%, celui des produits de consommation avoisine aujourd&rsquo;hui les 74%. Selon les chiffres de la Banque centrale iranienne, la croissance est passée de 12% en 2016, un an après la signature de l&rsquo;accord de Vienne, à 3% en 2017, suivie d&rsquo;une contraction de 14% les deux années suivantes, traduisant concrètement l&rsquo;impact des sanctions américaines. Ajoutées à celles des quinze années précédentes, leurs effets créent une situation économique et sociale plus grave que celle de la Grande Dépression. Et les prévisions pour l&rsquo;année 2020 sont encore plus alarmistes.</p>
<p>Le prix moyen des loyers a augmenté l&rsquo;année dernière de 95% dans la plupart des grandes villes d&rsquo;Iran. L&rsquo;augmentation des salaires de 15% promise par le gouvernement ne suffira certainement pas à faire face à cette chute drastique du niveau de vie des Iraniens, notamment pour les plus fragiles qui constituent 60% de la population. Le nombre de ceux vivant dans l&rsquo;extrême pauvreté, avec moins de 1,08 dollars par jour, a augmenté de 30% en 2017-2018, chiffre en progression constante.</p>
<p>Le secteur médical est sans nul doute le plus gravement touché par les sanctions. Officiellement, celles-ci n&rsquo;impactent pas les importations de médicaments et de matériel médical. Mais en frappant les banques iraniennes et toutes formes de transactions financières, elles les empêchent de rembourser en devises les importateurs pour leurs achats. Reste la solution du marché noir, qui fait évidemment exploser les prix de ces biens qui commencent à manquer cruellement. L&rsquo;établissement de quotas pour la distribution de médicaments, par exemple contre la grippe, et même pour la réalisation d&rsquo;anesthésies, est devenu un véritable enjeu de santé et de sécurité publique. Il n&rsquo;est désormais pas rare de voir les personnels d&rsquo;hôpitaux pratiquer des césariennes sous anesthésie locale faute de stocks suffisants, ou des patients atteints de cancer décéder faute de recevoir leur traitement, en rupture ou dont le prix a quadruplé.</p>
<p>L&rsquo;administration Trump se réjouit de voir les Iraniens dans la rue, selon elle conséquence directe de l&rsquo;application des sanctions et de sa politique de « pression maximale ». En réalité, la « pression maximale » fait souffrir la population iranienne sans atteindre aucun des objectifs fixés. Les Américains sont désormais isolés au Moyen-Orient, tandis que l&rsquo;Iran n&rsquo;a réduit en rien son influence régionale, pas plus que son enrichissement nucléaire. Enfin, loin de faire tomber la République islamique, les sanctions renforcent l&rsquo;aile la plus radicale du régime, déterminée à résister à la pression américaine quitte à sacrifier la population.</p>
<p>Rien en effet, dans le contexte actuel, ne pourrait ramener l&rsquo;Iran à la table des négociations, hormis éventuellement une réapplication à la lettre de l&rsquo;esprit initial de l&rsquo;accord de Vienne, solution de plus en plus utopique. Les faucons américains qui, à l&rsquo;instar de John Bolton, misaient sur une insurrection générale pour renverser le régime, méconnaisse finalement sa réalité. Loin de l&rsquo;avoir affaibli, ils l&rsquo;ont poussé à se radicaliser. La situation économique et le bras de fer diplomatique qui a suivi l&rsquo;assassinat de Ghassem Soleimani a pavé la voie à une victoire des conservateurs aux prochaines élections législatives, chassant sans doute les réformateurs pour un long moment de la scène politique.</p>
<p>Enfin, si de plus en plus d&rsquo;Iraniens réclament un changement politique, leur activisme risque d&rsquo;être mis en sommeil face aux difficultés quotidiennes et à la répression féroce du régime, dont les soutiens continuent de se compter par millions. Loin d&rsquo;une nouvelle révolution qui amènerait une véritable démocratie en Iran, la stratégie américaine pourrait au contraire créer dans le pays toutes les conditions d&rsquo;une guerre civile.</p>
<p>Pour éviter qu&rsquo;un tel scénario se réalise, et au-delà des considérations géopolitiques, la communauté internationale se doit de réagir rapidement face à la gravité de la situation humanitaire de l&rsquo;Iran. Un programme « pétrole contre matériel médical », sur le modèle du programme « pétrole contre nourriture » des Nations Unies pour l&rsquo;Irak dans les années 90, pourrait être mis en place par l&rsquo;ONU avec le soutien tacite des États-Unis, assorti d&rsquo;un assouplissement des transactions financières, ce qui permettrait au pays d&rsquo;importer les biens de première nécessité. Les Européens, en la matière, gagneraient à influencer les Américains après avoir tant failli à soutenir l’Iran. Si cela permettrait au minimum d&rsquo;améliorer le quotidien des Iraniens, cela ne suffira sans doute pas à leur faire oublier pourquoi ces sanctions les frappent directement, ni à qui ils le doivent in fine.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 26/01/2020.</strong></p>
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		<item>
		<title>Pourquoi l’Iran n’a pas besoin des sanctions américaines pour détruire son économie</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-liran-na-pas-besoin-des-sanctions-americaines-pour-detruire-son-economie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Aug 2018 07:54:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[De nouvelles sanctions viennent sanctionner Téhéran ce lundi 5 août, rendant la situation économique du pays encore plus inquiétante. La<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-liran-na-pas-besoin-des-sanctions-americaines-pour-detruire-son-economie/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>De nouvelles sanctions viennent sanctionner Téhéran ce lundi 5 août, rendant la situation économique du pays encore plus inquiétante.<br />
La Maison Blanche a pu détailler, ce lundi 5 août , les nouvelles sanctions économiques qui frapperont l&rsquo;Iran dès ce mardi. Dans quelle mesure, et avant même l&rsquo;application de ces sanctions, l&rsquo;économie iranienne est-elle déjà en prises à de grandes difficultés ? En quoi la gestion du pays par le régime de Téhéran est-elle la principale cause de la mauvaise santé économique du pays ?</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;interview sur l&rsquo;<a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/pourquoi-iran-pas-besoin-sanctions-americaines-pour-detruire-economie-3473027.html" target="_blank" rel="noopener">Atlantico</a>.</p>
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			</item>
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		<title>De la Perse à l&#8217;Iran dans Marianne</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/de-la-perse-a-liran-dans-marianne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jul 2018 06:20:53 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[De la Perse à l'Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[Avocat international et essayiste, Ardavan Amir-Aslani dresse le tableau des fractures qui se creusent et des troubles qui s&#8217;aggravent dans<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/de-la-perse-a-liran-dans-marianne/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avocat international et essayiste, Ardavan Amir-Aslani dresse le tableau des fractures qui se creusent et des troubles qui s&rsquo;aggravent dans son pays natal. Entretien.</p>
<p>Retrouvez l »intégralité de l&rsquo;article <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2018/09/Amir-Aslani_De-la-Perse-à-lIran_Marianne_20-juillet-2018.pdf" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
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