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	<title>Proche-Orient &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Le Liban à la croisée des chemins</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 09:03:54 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Confronté à une crise économique sans précédent marquée par une inflation galopante, le pays du Cèdre se remet laborieusement de l’offensive israélienne contre le Hezbollah qui s’est soldée par un cessez-le-feu le 27&nbsp;novembre dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fraîchement élu en janvier 2025 après plus de deux ans de vacance présidentielle, Joseph Aoun s’était engagé auprès des Libanais à mener deux grands chantiers : redresser économiquement le pays et restaurer l’autorité de l’État en rendant à l’armée libanaise le monopole de la violence légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour y parvenir, le pays du Cèdre compte sur l’appui des États du golfe Persique et de Washington, dont il a impérativement besoin pour obtenir des financements internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Garants du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, les représentants américains enchaînent les déplacements au Liban depuis un mois. Lundi 21 juillet, l’envoyé spécial Tom Barrack entamait sa troisième visite pour accélérer le désarmement du Hezbollah.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le spectre d’une nouvelle guerre civile</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, l’ambition jacobine du président Aoun se heurte à trois difficultés majeures : le refus des protagonistes d’appliquer sérieusement le cessez-le-feu, la crainte d’une nouvelle guerre civile et le retour du chaos syrien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Hezbollah refuse de rendre son arsenal militaire. Ses députés ont fustigé la pression américaine, estimant que les Israéliens, en poursuivant leurs bombardements et en maintenant leurs troupes dans cinq positions du Sud-Liban, ne respectaient pas davantage l’accord de trêve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La classe politique libanaise est de son côté divisée sur la manière de procéder, entre ceux qui prônent un désarmement par la force s’il le faut et ceux, plus prudents, qui plaident pour un dialogue afin d’éviter que le pays ne bascule à nouveau dans la guerre civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conscient de ce risque, et malgré les pressions américaines qui réclament des actes concrets, le président Joseph Aoun, lors de sa visite au Bahreïn le 22 juillet, a rappelé vouloir agir avec “précaution afin de préserver l’unité du Liban et d’éviter toute atteinte à la paix civile”.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le risque syrien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, côté syrien, les récents affrontements de Soueïda inquiètent au plus haut point l’exécutif libanais. La perméabilité de la frontière entre les deux pays, longue de plus de 300 kilomètres, fait craindre l’extension du chaos syrien sur le territoire libanais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autant que le renvoi des détenus syriens, représentant plus de 30 % de la population carcérale libanaise, renforce les tensions entre les deux voisins. Le nouveau pouvoir de Damas exige leur retour immédiat alors que les autorités libanaises entendent bien garder en détention les auteurs de crimes de sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la rencontre, à Djeddah, le 27 mars dernier, entre les ministres de la Défense libanais et syrien, l’Arabie saoudite, qui entend profiter du retour de ces pays dans le giron sunnite, pourrait de nouveau proposer ses bons offices pour faire avancer les négociations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gagner du temps</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre les bombardements israéliens, les pressions américaines, l’instinct de survie du Hezbollah qui prend prétexte du chaos syrien pour conserver son arsenal, le nouveau président Joseph Aoun est condamné à gagner du temps pour préserver l’unité du pays et respecter à terme sa promesse de reconstruire l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/le-liban-a-la-croisee-des-chemins-127334/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/le-liban-a-la-croisee-des-chemins-127334/">Le nouvel Economiste</a> le 24/07/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>La délicate reconstruction de l’État libanais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 08:00:38 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Samedi 24 mai se tenait le dernier tour des élections municipales libanaises, une première pour la population qui n’avait pas été consultée localement depuis 2016.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’allié gouvernemental, les Forces libanaises, a enregistré des victoires face à son adversaire le Courant patriotique libre dans les régions chrétiennes, à l’exception de la municipalité de Jezzine, le Hezbollah conserve un soutien populaire significatif, comme en témoignent ses victoires dans ses localités historiques du sud-Liban, malgré une forte abstention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le gouvernement s’attelle à la lourde tâche de reconstruire l’État libanais, la tenue d’élections a été perçue comme un signe positif. Dès son investiture en janvier dernier, le président Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise, s’est fixé un double objectif : restaurer l’État régalien en désarmant les milices et endiguer la crise économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le président Aoun renoue les liens diplomatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Conscient des fragiles équilibres politiques et sociaux et redoutant une nouvelle guerre civile, le président libanais s’est prononcé avec précaution en faveur du désarmement du Hezbollah, qu’il dit vouloir mener par “un dialogue bilatéral”. La milice chiite est largement affaiblie militairement depuis l’offensive d’Israël et la chute du régime de Bachar al-Assad par lequel transitait son approvisionnement auprès de l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Joseph Aoun a renoué avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, en convenant les 21 et 23 mai derniers de désarmer, à compter de mi-juin, les camps de réfugiés palestiniens au Liban, administrés par les organisations palestiniennes. Mahmoud Abbas, dont la crédibilité pour incarner l’interlocuteur palestinien est souvent mise en doute, espère restaurer sa représentativité face aux autres factions comme le Hamas et le Jihad islamique dont l’influence progresse dans les camps de réfugiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette reprise en main est fortement encouragée par les États-Unis et les pétromonarchies arabes du golfe Persique qui y conditionnent leur assistance économique. Lors de son discours devant le Forum économique américano-saoudien, le président Trump a fustigé le Hezbollah, se disant désormais “prêt à aider le Liban”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, le président libanais entend bien profiter de la récente recomposition des rapports de force régionaux et du recul de l’influence iranienne pour restaurer des relations diplomatiques avec les pétromonarchies arabes du Golfe. Alors qu’il réservait sa première visite officielle à l’étranger au royaume saoudien, le président Aoun a enchaîné depuis les déplacements au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït, espérant séduire des investisseurs et obtenir des aides financières dont dépend fortement l’économie libanaise, exsangue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de la crise ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’effondrement financier de 2019, l’explosion du port de Beyrouth, l’offensive israélienne et le blocage institutionnel jusqu’à la récente désignation du président Aoun en janvier 2025, ont plongé le pays dans une crise sans précédent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit des efforts du nouveau gouvernement et de son jeu d’équilibre, l’avenir du Liban demeure incertain. Le gouvernement parviendra-t-il à imposer au Hezbollah l’abandon total de son arsenal militaire ? Quant à Israël, rien n’indique pour l’instant son respect total du cessez-le-feu de novembre dernier. Enfin, à la veille de l’arrivée d’une délégation du FMI, ce 28 mai 2025, le gouvernement libanais redouble d’efforts pour afficher sa bonne volonté, espérant enfin décrocher un accord de prêt tant attendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-delicate-reconstruction-de-letat-libanais-125829/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-delicate-reconstruction-de-letat-libanais-125829/">Le nouvel Economiste</a></em> le 29/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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		<title>Le plan de paix au Proche-Orient n’était qu’illusion</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-plan-de-paix-au-proche-orient-netait-quillusion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Sep 2019 09:41:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Proche-Orient]]></category>
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<p>L’annonce de la démission de Jason Greenblatt, l’envoyé spécial de Donald Trump chargé de mettre en place le « plan pour la paix » qui doit régler le conflit israélo-palestinien, intervient à peine quelques semaines avant les nouvelles élections législatives israéliennes du 17 septembre.</p>
<p>Elle intervient surtout quelques jours après que Greenblatt lui-même ait confirmé que les détails de ce plan ne seraient dévoilés qu’après le verdict des urnes, contrairement à ce que Donald Trump avait laissé entendre en marge du G7.</p>
<p>Ces deux décisions, loin d’être surprenantes, révèlent au contraire beaucoup de la réalité de ce plan, confié à Jared Kushner, le gendre du président américain : si d’aventure il devait réellement voir le jour, il ne ferait que valider davantage les oukases israéliennes en Cisjordanie et ne servirait absolument pas la cause palestinienne, encore moins la possibilité d’une réconciliation entre Israël et l’Autorité palestinienne.</p>
<p>En premier lieu, rappelons que la mise en œuvre de ce plan sur un conflit d’une gravité et d’une complexité sans égales, a été confiée dès le début à des hommes dépassés par l’ampleur de la tâche.</p>
<p>Jared Kushner a ainsi damé le pion à des diplomates bien plus connaisseurs du dossier et des forces en présence, par sa seule qualité de gendre du président américain.</p>
<p>Jason Greenblatt de son côté, péchait également par son inexpérience. Seule sa proximité avec le président américain et ses convictions pro-israéliennes ont pu expliquer qu’il succède à des diplomates chevronnés, toutes administrations confondues. S’efforçant de justifier systématiquement les décisions unilatérales de Donald Trump, comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël ou de la souveraineté israélienne sur le plateau syrien du Golan, ce juriste n’a pas organisé la moindre table ronde entre les deux acteurs du conflit durant sa mission.</p>
<p>Autre signe démontrant la vacuité du projet américain, le fait que Jason Greenblatt soit remplacé par un homme encore plus étranger au dossier que lui : Avi Berkowitz, qui lui succédera, n’est autre que le bras droit de Jared Kushner, et a décroché son diplôme de droit à Harvard il y a trois ans !</p>
<p>Si on en doutait encore, ces récents évènements confirment que l’administration Trump n’a jamais eu réellement l’intention de solutionner le conflit israélo-palestinien. Le volet économique du plan de paix, présenté fin juin à Bahreïn, a suscité des réactions dubitatives de la part des pays arabes, tant il conjuguait d’anciennes idées déjà portées par les administrations américaines successives, avec ce que la novlangue ultra-libérale peut proposer de pire.</p>
<p>Ainsi, quelques exemples, qui démontrent également une méconnaissance totale de la réalité de la Palestine : ce plan économique de plus de cent pages proposait de faire du pays un carrefour commercial. Comment cela serait-il possible alors que ni la Cisjordanie ni Gaza ne contrôlent leurs frontières, ne disposent d’un port ou d’un aéroport, et que les Palestiniens viennent à peine d’obtenir un réseau 3G ? Comble de l’ironie, le plan appelait à mieux protéger la propriété privée, alors que se multiplient les colonies israéliennes en Cisjordanie&#8230; Jamais, bien entendu, la solution de deux États côte à côte n’a été explicitée.</p>
<p>D’ailleurs, le choix de Bahreïn pour évoquer le volet économique de ce plan creux n’était pas un hasard : il visait clairement à mettre le sujet du conflit israélo-palestinien sur la table en essayant de convaincre les pétromonarchies arabes du golfe persique de soutenir les intérêts, non pas de leurs « frères » palestiniens, mais bien d’Israël. Cela peut paraître surprenant, car on connaît la méfiance, voire la haine, que des pays comme l’Arabie Saoudite vouent à l’Etat hébreu. Pour autant, face à cet « ennemi commun », qu’est censé être l’Iran, l’alliance paraît moins contre-nature. La présence de Brian Hook, envoyé spécial de Trump chargé du dossier iranien, aux côtés de Jared Kushner, est à ce titre explicite.</p>
<p>Que penser enfin d’un plan, non seulement confié à des hommes sans expérience, au contenu aussi vide qu’une coquille de noix, mais en plus conditionné aux résultats des élections législatives israéliennes, sinon qu’il ne sert, selon les mots d’une officielle de l’Organisation pour la Libération de la Palestine, qu’à « justifier les violations israéliennes » envers les Palestiniens ? Que ce plan, téléguidé, selon certains analystes, par la droite israélienne, soit rendu public avant ou après les élections, cela n’a finalement plus d’importance, car on peut déjà considérer qu’il ne contiendra aucune avancée en faveur de la paix et d’un équilibre territorial et politique entre Israël et la Palestine. En revanche, il sera sans doute un blanc-seing accordé au probable vainqueur des élections législatives, Benjamin Netanyahu, pour poursuivre sa politique nationaliste, et défendre les intérêts américains dans la région.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 11/09/2019. </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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