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	<title>Palestine &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Ardavan Amir-Aslani : « L’Holocauste ne justifie pas les exactions d’Israël »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 08:42:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un entretien saisissant avec Merwan Mihoubi pour la chaîne Omerta, Ardavan Amir-Aslani, avocat et essayiste d&#8217;origine iranienne, partage son<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-lholocauste-ne-justifie-pas-les-exactions-disrael/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans un entretien saisissant avec Merwan Mihoubi pour la chaîne <em>Omerta</em>, Ardavan Amir-Aslani, avocat et essayiste d&rsquo;origine iranienne, partage son analyse de la situation dramatique au Moyen-Orient. Avec la clarté et la franchise qui le caractérisent, il aborde des sujets sensibles tels que la mort d&rsquo;Hassan Nasrallah, la stratégie du gouvernement israélien, la position de l&rsquo;Iran, et les implications d’un conflit potentiel avec les États-Unis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soulignant l’impossibilité d’éradiquer une idéologie par la force, Me Amir-Aslani prévient que les violences actuelles ne font que nourrir une nouvelle génération de combattants, rappelant que « l&rsquo;on ne tue pas une idée avec des bombes ». Il critique également l’utilisation du terme « terroriste » pour justifier des actions contre les peuples libanais et palestinien, affirmant son refus de rester silencieux face à cette « tragédie humaine. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un entretien essentiel pour ceux qui s&rsquo;interrogent sur la justice et les réponses aux crises géopolitiques actuelles : <a href="https://www.youtube.com/watch?v=UD4o6-5NauA">Regarder l&rsquo;interview</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Diffusé le 28.10.2024 sur la chaine Youtube d’Omerta, média d’enquête et de documentaires 100% digital.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Conflit israélo-palestinien : la dictature des mots</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/conflit-israelo-palestinien-la-dictature-des-mots/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Feb 2024 14:11:15 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Personne ne peut rester indifférent face au déferlement d’horreurs qu’a connu Israël le 7 octobre dernier. De la même façon,<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/conflit-israelo-palestinien-la-dictature-des-mots/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Personne ne peut rester indifférent face au déferlement d’horreurs qu’a connu Israël le 7 octobre dernier. De la même façon, personne ne peut ignorer le carnage à Gaza. Chacun peut avoir son idée sur le conflit israélo-palestinien et sur la légitimité du combat des Palestiniens pour avoir un État bien à eux. En revanche, qu’un camp ou l’autre veuille imposer ses mots et son récit quant aux événements des cinq derniers mois est inadmissible, pour ne pas dire insupportable. Le comble de cette dictature de la pensée unique est arrivé avec la déclaration ahurissante d’Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, qui a dit vouloir couper les subventions aux associations qui n’adhéreraient pas au récit israélien de la tragédie du 7 octobre dernier et des événements qui s’en sont suivis. On se croirait en Corée du Nord et non pas à Paris.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Du mauvais usage du mot “terroriste”</strong></h4>
<p>Ce choix des mots est devenu un enjeu politique majeur. Cela a commencé avec le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense qui ont qualifié le Hamas d’organisation terroriste et d’animaux, en cherchant à les déshumaniser. Ils ont ainsi fait abstraction de l’occupation israélienne de la Palestine et des conditions de vies des Palestiniens à Gaza, véritable camp de concentration d’après la définition communément admise du Larousse, c’est-à-dire un lieu où “sont rassemblés, sous la surveillance de l’armée ou de la police, soit des populations civiles de nationalité ennemie, soit des minorités ethniques ou religieuses, soit des prisonniers de droit commun ou des détenus politiques”.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Au passage, Nelson Mandela était qualifié de terroriste par le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud”</em></p>
<p>Le recours au mot terroriste est de bonne guerre. Le président turc, pays membres de l’Otan, ne cesse de qualifier Israël d’État terroriste, au même titre qu’Israël qualifie le Hamas d’organisation terroriste, et ce dès sa genèse, et plus d’une décennie avant le 7 octobre dernier. Au passage, Nelson Mandela était qualifié de terroriste par le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud, le général de Gaulle et la résistance française de terroristes par l’Allemagne nazie, Irgoun, Stern ou la Haganah de terroristes par les Anglais etc.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Par-delà la rhétorique du gouvernement israélien</strong></h4>
<p>Ces qualifications ne sont pas innocentes car chaque mot, à force de répétition ou d’interdiction, prépare les masses à une absence de réaction face aux exactions à venir. En effet, tout est permis contre les terroristes et les “animaux” qui ne sauraient revendiquer les droits de l’Homme ! Il en va de même quand Israël et ses porte-voix en Occident qualifient la machine de destruction massive contre les Gazaouis qu’est devenu Tsahal, de “combat de civilisation”, de manière à faire croire qu’il s’agit du combat pour la survie de l’Occident face aux hordes de musulmans sur le point l’envahir</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Ces qualifications ne sont pas innocentes car chaque mot, à force de répétition ou d’interdiction, prépare les masses à une absence de réaction face aux exactions à venir.”</em></p>
<p>Inconsciemment, ils font appel aux peurs de l’immigration et de l’insécurité en Europe ; Israël devenant en quelque sorte une armée de première ligne de front se battant pour l’Occident. De la sorte, est écartée l’idée d’un peuple colonisé au mépris du droit international luttant pour sa libération, et aujourd’hui, au vu des 30 000 morts à Gaza, tout simplement pour sa survie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La liberté d’expression en question</strong></h4>
<p>Si l’on commence à censurer et à forcer la population à adhérer à un narratif ou à un autre, la notion de la liberté d’expression disparaît. Israël ne doit pas devenir le sujet tabou que l’on n’a pas le droit d’aborder à moins d’utiliser les termes employés par son gouvernement, pour le coup réellement d’extrême droite, avec des ministres qui appellent ouvertement à un nettoyage ethnique de Gaza par le biais de l’expulsion de la population palestinienne vers l’Égypte, comme ça semble se dessiner.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Les Israéliens, eux au moins, peuvent exprimer leurs interrogations sur les exactions que subissent les Palestiniens de Gaza sans risquer de se faire qualifier d’apologistes du terrorisme”</em></p>
<p>Ce gouvernement israélien est détesté par au moins la moitié de la population israélienne qui questionne sa politique tant intérieure qu’extérieure. Une simple lecture de la presse israélienne démontre que la liberté de parole en Israël est plus grande que dans certains pays européens dont la France.<br />
Les Israéliens, eux au moins, peuvent exprimer leurs interrogations sur les exactions que subissent les Palestiniens de Gaza sans risquer de se faire qualifier d’apologistes du terrorisme.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 14/02/2024.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;union sacrée du nouveau front israélo-arabe contre l&#8217;Iran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/lunion-sacree-du-nouveau-front-israelo-arabe-contre-liran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Mar 2022 08:27:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette semaine, l&#8217;Etat hébreu et ses nouveaux alliés arabes signataires des « Accords d&#8217;Abraham » ont multiplié les rencontres tripartites : lundi et<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/lunion-sacree-du-nouveau-front-israelo-arabe-contre-liran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-16169 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/000_97_G47_B_e004a04430-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/000_97_G47_B_e004a04430-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/000_97_G47_B_e004a04430-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/000_97_G47_B_e004a04430.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Cette semaine, l&rsquo;Etat hébreu et ses nouveaux alliés arabes signataires des « Accords d&rsquo;Abraham » ont multiplié les rencontres tripartites : lundi et mardi, c&rsquo;est l&rsquo;Egypte, premier pays arabe à avoir fait la paix avec son voisin, qui recevait Israël et les Emirats Arabes Unis. Ce dimanche, une réunion des ministres des Affaires étrangères émiratis, marocains et bahreïnis, en présence du Secrétaire d&rsquo;Etat américain Antony Blinken, est prévue sur le sol israélien, une véritable première historique.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, la nouvelle réalité diplomatique du Moyen-Orient voit toutes ces puissances régionales, qui jadis refusaient d&rsquo;entretenir des relations diplomatiques avec l&rsquo;Etat hébreu avant une résolution du conflit israélo-palestinien, désormais unies par de nombreux intérêts communs et plus encore, liguées contre leur traditionnel allié, les Etats-Unis. Aucune ne les a soutenus dans leur effort pour isoler la Russie ou stabiliser le cours du pétrole, qui connaît une hausse sans précédent. Car l&rsquo;Iran, encore et toujours, demeure la pomme de discorde entre les Etats-Unis et les chancelleries arabes et israéliennes, très inquiètes de voir les négociations sur l&rsquo;accord nucléaire enfin aboutir.</p>
<p>Laissant de côté leurs différends idéologiques, ces pays se sont convaincus que l&rsquo;union faisait la force. Ces sommets diplomatiques constituent donc un message collectif adressé à la fois aux Etats-Unis et à l&rsquo;Iran, dont le contenu est clair : hors de question de laisser advenir un accord jugé par Israël « <em>moins contraignant que le précédent et qui plongerait le Moyen-Orient dans la violence</em> », un accord qui n&rsquo;interrogerait pas le programme balistique de l&rsquo;Iran ou ses proxies régionaux, un accord enfin qui pourrait être signé si les Etats-Unis, sous pression de Téhéran, acceptaient de retirer le corps des Gardiens de la Révolution de la liste des organisations terroristes.</p>
<div></div>
<p>Cet activisme régional, adjoint à l&rsquo;effort de médiation offert entre l&rsquo;Ukraine et la Russie, démontre la volonté d&rsquo;Israël d&rsquo;incarner désormais un pivot diplomatique dans la région, capable de jouer les honnêtes courtiers entre les Etats-Unis et le monde arabe, en lieu et place de l&rsquo;Egypte, pourtant traditionnellement dévolue à ce rôle de médiateur. Outre l&rsquo;évocation du dossier iranien, Le Caire a d&rsquo;ailleurs profité de ces réunions pour renforcer sa relation bilatérale avec Tel-Aviv. Sa sécurité alimentaire est en effet particulièrement menacée par la guerre en Ukraine puisqu&rsquo;elle importe 85% de son blé et 75% de son huile de tournesol de Russie et d&rsquo;Ukraine, tout comme son économie touristique frappée par l&rsquo;absence des touristes russes.</p>
<p>Il n&rsquo;est cependant pas certain que les objectifs de ces réunions aboutissent. Réunir les Emirats et les Etats-Unis autour d&rsquo;une même table ne suffira sans doute pas à convaincre Abou Dhabi d&rsquo;augmenter sa production d&rsquo;hydrocarbures ou de renoncer à rétablir ses relations avec Bachar El-Assad, deux points de tension réelle avec Washington. En outre, l&rsquo;administration Biden gardera sans doute une certaine rancune envers ses divers relais régionaux, y compris Israël, qui auront soigneusement évité de condamner la Russie pour son offensive en Ukraine. Elles ne convaincront donc pas les Etats-Unis, à la recherche de nouveaux alliés face à Moscou, de maintenir l&rsquo;Iran dans son isolement, dans un contexte international où son retour sur le marché de l&rsquo;énergie paraît plus impératif que jamais.</p>
<p>Face à cette surprenante union sacrée, l&rsquo;Autorité palestinienne apparaît toujours plus isolée, même si Antony Blinken doit rencontrer Mahmoud Abbas à Ramallah. C&rsquo;est là une preuve supplémentaire que, pour la majorité des Etats arabes du Moyen-Orient, la possibilité d&rsquo;un Etat palestinien est définitivement devenue une chimère, une utopie sacrifiée sur l&rsquo;autel de leur obsession iranienne et des nécessaires rééquilibrages géopolitiques accélérés par la guerre en Ukraine.</p>
<p>Passer le conflit israélo-palestinien au second plan de leurs priorités peut cependant constituer une grave erreur stratégique. En effet, les peuples arabes ne se montrent pas aussi ouverts que leurs dirigeants sur la question. En Egypte, l&rsquo;hostilité envers Israël demeure suffisamment forte pour que la présidence ait omis de mentionner le Premier ministre israélien lors du bilan du sommet de mardi dernier. Le « coup de poignard » qu&rsquo;ont constitué les Accords d&rsquo;Abraham a tant et si bien relancé le combat palestinien, que l&rsquo;Etat hébreu redoute une explosion des violences au cours du mois à venir, religieusement central pour les trois monothéismes puisqu&rsquo;il correspond à la célébration de la Pâques chrétienne, de la Pessa&rsquo;h juive et du Ramadan musulman. Lors des rencontres du nouveau triumvirat israélo-arabe, le risque sécuritaire semblait être le dernier de l&rsquo;ordre du jour, alors que la menace est réelle dans un quotidien déjà tendu. Israël a ainsi essuyé récemment une attaque au couteau et à la voiture bélier qui a fait 4 morts.</p>
<p>Une paix serine ne semble pas être d’une actualité immédiate dans cette partie du monde connue pour ses « guerres éternelles ».</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 27/03/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’éternel conflit monte d’un cran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/leternel-conflit-monte-dun-cran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 May 2021 13:41:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[En réponse à de nouvelles tentatives d’expulsions de Palestiniens au profit d’Israéliens le 3 mai dernier, dans le quartier de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/leternel-conflit-monte-dun-cran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-9490 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/israel-palestine-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/israel-palestine-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/israel-palestine-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/israel-palestine-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>En réponse à de nouvelles tentatives d’expulsions de Palestiniens au profit d’Israéliens le 3 mai dernier, dans le quartier de Cheikh Jarrah, secteur palestinien à Jérusalem-Est occupé puis annexé au mépris du droit international par Israël, le Hamas a riposté le 10 mai avec des tirs de roquettes. Selon Robert Mardini, directeur général du Comité international de la Croix-Rouge, “l’intensité de ce conflit, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, avec des raids aériens incessants sur Gaza qui est densément peuplée, et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël”. Dans l’intervalle, le 6 mai, Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid avaient exhorté Israël à mettre fin “à sa politique d’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés” qualifiée d’illégale, en cessant les expulsions à Jérusalem-Est.</p>
<p class="mise_en_avant">“Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid avaient exhorté Israël à mettre fin “à sa politique d’extension des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés” qualifiée d’illégale, en cessant les expulsions à Jérusalem-Est”</p>
<p>Malgré la contestation à l’unisson des puissances européennes, les tensions se sont aggravées après les échauffourées sur l’esplanade des Mosquées. En effet, dans la seule journée du 16 mai, une quarantaine de Palestiniens sont morts sous les bombes de Tsahal, l’armée israélienne, lancées en représailles des salves de roquettes du Hamas. Le bilan est lourd depuis le début des violences : environ 200 Palestiniens tués, dont une soixantaine d’enfants, et 1 200 blessés. L’asymétrie des forces armées dans ce conflit est plus criante que jamais puisque les 3 000 roquettes tirées sur Israël par les groupes armés palestiniens dont le Hamas, ont été pour la plupart interceptées par le système anti-missile israélien “Dôme de fer”, selon l’armée israélienne. Grâce à sa supériorité technologique, Israël a donc été relativement épargné en termes de victimes puisqu’on décompte dix morts dont un enfant et environ 300 blessés dans les rangs israéliens. Jérusalem a également récemment subi une attaque à la voiture bélier contre des soldats israéliens, sans surprise dans le quartier de Cheikh Jarrah où tout a débuté.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Vive condamnation des agissements israéliens à travers le monde</strong></h4>
<p>En Europe et en Amérique, des dizaines de milliers de manifestants ont protesté en soutien aux pertes civiles palestiniennes. En France par exemple, 22 000 personnes sont descendues dans la rue sur tout le territoire, et ce malgré l’interdiction de manifester décidée par le gouvernement. Face au nombre important de civils tués en un court laps de temps, l’Égypte a ouvert ses frontières pour faire transiter trois convois de centaines de Palestiniens blessés dans les récents bombardements, par le terminal de Rafah, seul poste-frontière entre la bande de Gaza et l’étranger non bloqué par Israël. En effet, à l’intérieur de la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants sous blocus illégal depuis quatorze ans, la population subit une sanction collective (barrages routiers, pénurie d’électricité, de soins, de denrées) dans un contexte d’aggravation de la crise sanitaire.</p>
<p class="mise_en_avant">“A l’intérieur de la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d’habitants sous blocus illégal depuis quatorze ans, la population subit une sanction collective (barrages routiers, pénurie d’électricité, de soins, de denrées) ”</p>
<p>Par ailleurs, alors qu’Israël continue d’interdire aux médias internationaux l’accès à Gaza, l’armée israélienne a détruit, le week-end dernier, l’immeuble abritant les journalistes d’Al-Jazeera et Associated Press. Bien que les démolitions de logements palestiniens ordonnées à titre punitif se soient multipliées ces dernières années, cette attaque dirigée contre des journalistes a fait un tollé en Europe. Les médias européens et la classe politique ont en effet jugé inadmissible cette offensive israélienne, au nom de la liberté d’informer, d’autant plus fondamentale dans une crise aiguë. Tsahal, qui nie toute volonté de dissimulation des dégâts causés par leurs frappes, a affirmé que ce bâtiment, évacué avant les bombardements, était “une cible parfaitement légitime” puisqu’il abritait “des entités appartenant au renseignement militaire” du Hamas, qu’elle accuse de se servir de civils comme “boucliers humains”.</p>
<p>Le 16 mai, l’armée israélienne a annoncé avoir frappé le domicile du chef du Hamas dans la bande de Gaza, Yahya Sinouar, emprisonné pendant vingt ans par Israël et élu en 2019 à ce poste, sans préciser s’il a été tué dans l’attaque. Dans les villes mixtes telles que Jérusalem, Lod, Akko et Haïfa, les affrontements entre juifs et Arabes se multiplient, sur fond de violence anarchique entre civils. Pendant que les émeutiers arabes brûlent un musée ou saccagent des voitures, les extrémistes juifs se livrent à des ratonnades en ouvrant le feu notamment contre des commerçants, en scandant “Mort aux Arabes !”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Un gouvernement israélien plus déterminé que jamais</strong></h4>
<p>Alors que le Hamas œuvre pour récupérer le leadership du peuple palestinien face à un Mahmoud Abbas, président palestinien, qui a reporté les élections par crainte de subir un échec cuisant, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, joue gros lui aussi dans ces affrontements. En se présentant comme le défenseur de l’État hébreu, il veut faire oublier son procès pour corruption débuté au début du mois et asseoir sa crédibilité auprès d’un électorat israélien de plus en plus à droite. Gilad Erdan, envoyé israélien à l’ONU, estime que les Israéliens agissent “avec le sentiment de justice, avec le sentiment que c’est la chose juste à faire, que c’est ce qu’il faut faire pour protéger les citoyens d’Israël”.</p>
<p class="mise_en_avant">“Benjamin Netanyahou, en se présentant comme le défenseur de l’État hébreu, veut faire oublier son procès pour corruption et asseoir sa crédibilité auprès d’un électorat israélien de plus en plus à droite”</p>
<p>Sur la même ligne, le leader du Likoud a déclaré la veille du scrutin : “Tant que je serai Premier ministre, il n’y aura pas d’État palestinien”, martelant à la télévision qu’“il n’y a pas d’opération plus juste ou plus morale”. Convaincus que l’homme fort dont ils ont besoin est Benjamin Netanyahou, les Israéliens s’étaient fortement mobilisés pour le soutenir dans les urnes et lui faire remporter les dernières élections législatives. Benjamin Netanyahou a récemment déclaré que les combats dureraient encore quelques jours et a mis en garde le Hamas : “Vous ne pouvez pas vous cacher, ni au-dessus de la terre, ni en dessous. Personne n’est à l’abri”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Position très ambiguë des États-Unis</strong></h4>
<p>Alors que Benjamin Netanyahou affirme avoir le soutien “sans équivoque” de Joe Biden, ce dernier dit toutefois son inquiétude concernant l’escalade des violences et la sécurité des journalistes à la suite du bombardement de l’immeuble d’Al-Jazeera en rappelant à Israël, par la voix de sa porte-parole Jen Psaki, que “garantir la sécurité des journalistes et des médias indépendants était une responsabilité d’une importance capitale”. Ce ton plus ferme tranche avec le soutien habituellement sans faille de Washington vis-à-vis de l’État hébreu. Néanmoins, Joe Biden a pris soin de rappeler au monde son “fort soutien au droit d’Israël à se défendre contre [les attaques du mouvement islamiste Hamas] et d’autres groupes terroristes à Gaza”. En interne, Joe Biden est en revanche pressurisé par l’aile progressiste du parti démocrate. En effet, la représentante démocrate américaine Alexandria Occasio-Cortez a dénoncé sur Twitter des “déclarations générales” du président américain “avec peu de contexte ou de reconnaissance de ce qui a provoqué ce cycle de violence – à savoir les expulsions de Palestiniens et les attaques contre [la mosquée] Al-Aqsa”, qui déshumanisent selon elle les Palestiniens et laisseraient entendre que les États-Unis fermaient les yeux sur les violations des droits humains commises par Israël. Elle ajoute qu’“en n’intervenant que pour parler des actions du Hamas (…) et en refusant de reconnaître les droits des Palestiniens, Biden renforce l’idée fausse que les Palestiniens sont à l’origine de ce cycle de violence. Ce n’est pas un langage neutre. Il prend parti pour un camp – celui de l’occupation”.</p>
<p class="mise_en_avant">“En interne, Joe Biden est en revanche pressurisé par l’aile progressiste du parti démocrate. Alexandria Occasio-Cortez a dénoncé des “déclarations générales” du président américain “avec peu de contexte ou de reconnaissance de ce qui a provoqué ce cycle de violence – à savoir les expulsions de Palestiniens et les attaques contre [la mosquée] Al-Aqsa”</p>
<p>Malgré la pression en interne, Joe Biden fait jouer la montre en faisant usage de l’opposition américaine par trois fois, bloquant ainsi la signature d’une déclaration conjointe esquissée lors des réunions d’urgence du Quatuor pour le Moyen-Orient (Union européenne, Russie, États-Unis, ONU). La Russie et la Chine, de même que les alliés des États-Unis, critiquent cette position que tous jugent incompréhensible.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Bérézina diplomatique à l’ONU</strong></h4>
<p>L’ONU, ankylosée par son système de veto d’un des cinq du Conseil de sécurité, ne parvient toujours pas à régler cette situation en usant de la diplomatie. Preuve en est que la dernière des trois réunions d’urgence a été un nouveau fiasco. En effet, en raison du blocage américain, aucune proposition concrète qui pourrait permettre de cesser les hostilités, aucune esquisse de déclaration commune n’a été possible. Les visioconférences n’auront seulement été que le théâtre d’affrontements verbaux entre les représentants politiques de la Palestine et d’Israël qui se sont invectivés à tour de rôle. Le ministre des Affaires étrangères palestinien, Riyad Al-Maliki, a en effet accusé Israël de “crimes de guerre”, dénonçant “l’agression” de l’État hébreu contre le peuple palestinien et ses lieux saints. Gilad Erdan, ambassadeur israélien, a répondu que “le Hamas a choisi d’accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre”, qui aurait été “préméditée” selon lui. Face à cette bérézina diplomatique, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, met en garde contre “ce cycle insensé d’effusion de sang, de terreur et de destruction, qui doit cesser immédiatement” et qui risque de déraper en une crise régionale “incontrôlable”.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’ONU, ankylosée par son système de veto d’un des cinq du Conseil de sécurité, ne parvient toujours pas à régler cette situation en usant de la diplomatie”</p>
<p>Le chef d’État américain a plaidé pour une “solution négociée à deux États”, qui est selon lui “la meilleure voie pour parvenir à une résolution juste et durable du conflit israélo-palestinien”. Cependant, au vu du contexte et de l’histoire de ce conflit, ce souhait ne semble plus réalisable tant le conflit est profond et les dégâts humains et matériels importants.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’Europe en service minimum</strong></h4>
<p>Cette aggravation du conflit a été permise par la passivité de la communauté internationale qui s’est contentée de placer systématiquement le dossier palestinien sous la table. En effet, du côté américain comme du côté européen, les réactions à la montée des violences entre Israéliens et Palestiniens se sont limitées à des appels au calme et à la désescalade. En 2020, l’Union européenne, derrière une unité de façade, avait contribué à bloquer “l’Accord du siècle” de Donald Trump pour le Proche-Orient, très favorable à Israël grâce à l’annexion d’une partie de la Cisjordanie et à l’absence de souveraineté accordée à la Palestine sur son espace aérien ou maritime.</p>
<p class="mise_en_avant">“Cette aggravation du conflit a été permise par la passivité de la communauté internationale qui s’est contentée de placer systématiquement le dossier palestinien sous la table”</p>
<p>Depuis, les Européens se sont concentrés sur la gestion des affaires urgentes, de la crise sanitaire à l’instabilité du Moyen-Orient, en passant par les menaces russes et iraniennes. Mais ce service minimum est indéniablement dangereux, à la fois pour la sécurité des populations mais également hautement délétère pour la crédibilité de l’Europe, qui perd une nouvelle fois des points en ne prenant pas position malgré des circonstances d’une exceptionnelle gravité. Elle n’est pas la seule à perdre de sa superbe puisque les pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc, Soudan) sont dans une position délicate à l’égard de leurs populations, en raison de la signature des accords de normalisation avec l’État hébreu il y a quelques mois.</p>
<p>Les récents événements prouvent néanmoins que ni l’administration américaine, ni les Européens ne peuvent continuer d’ignorer le conflit.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 19/05/2021. </strong></p>
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		<title>Le plan de paix de Trump illustre une fois de plus l’isolement des Palestiniens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2020 13:27:46 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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<p>Il est très significatif que Benjamin Netanyahu ait été présent lorsque Donald Trump a dévoilé son « plan pour la paix au Proche-Orient » mardi dernier à la Maison-Blanche, et que Mahmoud Abbas ait brillé par son absence. On pourrait s&rsquo;en étonner, puisque ce plan, conçu par le gendre du président Jared Kushner, se propose de créer les conditions de création d&rsquo;un Etat palestinien aux côtés d&rsquo;Israël. Mais une lecture des détails de ce projet, mis au point sans aucune concertation avec les Palestiniens, démontre rapidement que celui-ci répond en tous points aux intérêts israéliens.</p>
<p>Il aura donc fallu trois ans à l&rsquo;administration Trump pour rendre publique ce que les Palestiniens considèrent comme une humiliation et une insulte à leurs droits, et qu&rsquo;ils ont rejeté en bloc.</p>
<p>En premier lieu, le « deal du siècle » confirme la souveraineté d&rsquo;Israël sur la totalité de la vallée du Jourdain, contrôlée depuis la Guerre des Six Jours de 1967, mais également sur les colonies israéliennes présentes en Cisjordanie, pourtant illégales au regard du droit international et même israélien. Donald Trump a eu beau soutenir que son plan doublait le territoire palestinien déterminé par les accords d&rsquo;Oslo – notamment en taillant deux poches dans le désert israélien du Néguev près de Gaza &#8211; dans les faits, il le dépèce littéralement et le réduit d&rsquo;au moins 30%. Cet Etat palestinien morcelé serait de surcroit dépendant d&rsquo;un «<em> réseau innovant de routes, de ponts et de tunnels </em>» ou « <em>d&rsquo;infrastructures de pointe </em>», la liaison entre Gaza et la Cisjordanie devant notamment être assurée par un train à grande vitesse.</p>
<p>Le sort de Jérusalem, « <em>capitale indivisible et libérée</em> » de l&rsquo;Etat hébreu, est à l&rsquo;avenant : le plan n&rsquo;accorde comme « capitale » aux Palestiniens qu&rsquo;une Jérusalem-Est située en dehors de la ville historique, dans les villages se trouvant à l&rsquo;est du mur de séparation israélien érigé à partir de 2002. Ce territoire ne contient aucun symbole religieux, et à ce titre, aucune souveraineté palestinienne n&rsquo;est reconnue sur les lieux saints de la vieille ville. La Jordanie voit sa position de gardien neutre de l&rsquo;Esplanade des Mosquées confirmée.</p>
<p>Enfin, cet Etat palestinien devra démilitariser la bande de Gaza, cesser de verser de l&rsquo;argent « <em>aux terroristes détenus en Israël </em>» et à leurs familles, et se verra en outre interdire tout recours devant des institutions internationales comme la Cour pénale internationale. Donald Trump promet en contrepartie de ces concessions, qu&rsquo;aucun Etat souverain n&rsquo;accepterait, un essor économique soutenu financièrement à hauteur de 50 milliards de dollars, qui devrait multiplier par deux le PIB palestinien, diviser par deux le taux de pauvreté, créer un million d&#8217;emplois et faire passer le taux de chômage sous la barre des 10%. Mais comment cela serait-il possible dans un Etat dépourvu de la maîtrise de son espace aérien, comme le plan le stipule, et sans accès portuaire ?</p>
<p>Depuis décembre 2017 et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d&rsquo;Israël, le divorce est donc de nouveau confirmé entre l&rsquo;Autorité palestinienne et l&rsquo;administration Trump face à ce « deal du siècle » qui pose surtout les conditions d&rsquo;une reddition palestinienne, chose totalement inacceptable pour Mahmoud Abbas. Le vieux chef de 84 ans a martelé lors de la réunion de la Ligue arabe samedi au Caire : « <em>Je n’accepterai jamais cette solution. Je ne veux pas que l’on se souvienne de moi comme celui qui a vendu Jérusalem. […] Les Palestiniens ont le droit de continuer leur lutte légitime par des moyens pacifiques pour mettre fin à l’occupation.</em> » Néanmoins, la solution à deux Etats &#8211; qui inclut la formation d&rsquo;un Etat palestinien sur les frontières de 1967 avec pour capitale Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville annexé et occupé par Israël &#8211; pour laquelle le chef de l&rsquo;Autorité palestinienne s&rsquo;est battu toute sa vie, voit sa réalisation plus hypothétique que jamais. Car les réactions, y compris de ses alliés arabes historiques, au plan de paix de Trump ont montré à quel point il était diplomatiquement isolé.</p>
<p>Certes, la Ligue Arabe a condamné ce plan « <em>qui ne respecte pas les droits fondamentaux ni les aspirations du peuple palestinien</em> », et refusé « <em>de coopérer avec l&rsquo;administration américaine pour mettre ce plan en œuvre</em> »&#8230; mais seulement après quatre jours de tergiversations et une réponse d&rsquo;abord gênée de ses pays membres &#8211; Jordanie, Arabie Saoudite et Egypte – qui appelaient à la reprise d&rsquo;un dialogue israélo-palestinien sous l&rsquo;égide des Etats-Unis. Depuis longtemps déjà, la cause palestinienne ne fédère plus les pays arabes du Moyen-Orient, qui préfèrent conserver l&rsquo;alliance américaine face à l&rsquo;Iran que de défendre une cause qu&rsquo;ils estiment perdue d&rsquo;avance.</p>
<p>Certes, à l&rsquo;inverse, il n&rsquo;a fallu que quelques heures aux Européens, après le dévoilement du plan, pour le dénoncer et rappeler leur volonté d&rsquo;œuvrer en faveur d&rsquo;une solution à deux Etats. Si ce rare élan d&rsquo;unanimité a été remarqué, l&rsquo;extrême prudence des déclarations du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, n&rsquo;est pas non plus passé inaperçue. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;après avoir salué au préalable « <em>l&rsquo;initiative prise aujourd’hui par les Etats-Unis, une occasion de relancer les efforts nécessaires et urgents en vue d’une solution viable</em> » qu&rsquo;il a souligné <em>« l&rsquo;engagement ferme et unanime en faveur d’une solution négociée et viable prévoyant deux Etats qui tiennent compte des aspirations légitimes tant des Palestiniens que des Israéliens, en respectant toutes les résolutions pertinentes ». </em></p>
<p>Mais si cette position est réellement commune au sein de l&rsquo;Union, comment ne pas s&rsquo;étonner que la France elle-même ne se soit pas plus fortement déclarée en faveur d&rsquo;une solution à deux Etats, lors de la visite d&rsquo;Emmanuel Macron à Jérusalem les 23 et 24 janvier dernier ? Le président français, qui affiche une diplomatie volontariste sur d&rsquo;autres dossiers, est resté étrangement silencieux et prudent sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;Etat palestinien. On ne peut s&#8217;empêcher de dresser une embarrassante comparaison avec les réactions internationales qui avaient suivi l&rsquo;annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Pourtant opérée avec l&rsquo;approbation de la population locale, cette annexion avait entraîné une série de sanctions économiques de la part des Occidentaux. Il semble que le respect de la souveraineté des Etats et de la volonté des peuples soit à géométrie variable et ne s&rsquo;applique pas, en tout état de cause, au cas palestinien.</p>
<p>Ces réactions timides démontrent peut-être le peu de crédibilité accordée à ce plan de paix, qui intervient dans un moment politique particulièrement tendu, entre les élections israéliennes en mars et américaines en novembre. Mais n&rsquo;est-ce pas pécher par excès d&rsquo;optimisme que de penser que la droite israélienne n&rsquo;y verra pas un blanc-seing pour annexer <em>de facto</em> les colonies de Cisjordanie, ce qui déclencherait une réaction palestinienne immédiate ? Que fera alors la communauté internationale prise de court ? Mahmoud Abbas a d&rsquo;ores et déjà menacé de stopper la coopération sécuritaire avec Israël et les Etats-Unis, et les dispositions concernant la gestion de l&rsquo;Esplanade des Mosquées contiennent à elles seules les ferments d&rsquo;une discorde future. Certes, la Jordanie reste le garant du status-quo, mais dans le même temps, sous pression de la droite messianique israélienne dont il reprend mot pour mot les éléments de langage, Donald Trump a évoqué le droit des croyants « <em>de toutes les confessions </em>» à prier sur le site – ce que les Juifs ne peuvent faire à l&rsquo;heure actuelle, l&#8217;emplacement exact du Temple étant sujet à débat. Si certains Palestiniens peuvent regarder d&rsquo;un air indifférent l&rsquo;annexion des colonies israéliennes, une restriction de l&rsquo;accès à la mosquée Al-Aqsa rallierait facilement tout un peuple. Aujourd&rsquo;hui, le point le plus sensible du Moyen-Orient reste sans nul doute l&rsquo;Esplanade, et ce plan pour la paix pose bien davantage les conditions d&rsquo;un affrontement entre Israël et l&rsquo;Autorité palestinienne dans les mois à venir que d&rsquo;une résolution de ce conflit, qui reste pour l&rsquo;heure sans issue.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 05/02/2020.</strong></p>
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