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	<title>Pakistan &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>La suprématie militaire aérienne de l’Occident abattue en plein vol</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 11:40:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’affrontement aérien qui a opposé, le 7 mai dernier, des avions indiens et pakistanais au-dessus du Cachemire aurait pu n’être<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’affrontement aérien qui a opposé, le 7 mai dernier, des avions indiens et pakistanais au-dessus du Cachemire aurait pu n’être qu’un épisode de plus dans le conflit vieux de soixante-quinze ans. Mais la chute d’un Rafale français, abattu par un chasseur J-10C chinois, a transformé cet incident en un séisme stratégique. Pour la première fois, en presque un siècle, un appareil occidental de premier rang a été neutralisé en combat réel par un concurrent asiatique. Un symbole qui marque l’avènement d’un monde multipolaire dans l’industrie de la défense et qui interroge la supériorité technologique longtemps tenue pour acquise par les armées occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vitrine inespérée pour son complexe militaro-industriel chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rafale, fleuron de Dassault Aviation, incarne l’excellence aéronautique européenne. Doté d’une avionique de pointe et d’une polyvalence reconnue, il figurait parmi les chasseurs les plus redoutés au monde. Son apparente vulnérabilité face au J-10C, un appareil de génération 4.5 développé par la Chengdu Aircaft Corporation, balaie des certitudes ancrées dans les états-majors occidentaux. Les détails de l’interception restent disputés : Islamabad affirme avoir abattu trois avions indiens, dont un Rafale, tandis que New Delhi minimise ses pertes. Mais les analyses concordent sur un point : le missile PL-15, d’une portée supérieure à 200 km, et le radar AESA du J-10C ont joué un rôle décisif. Cette première validation opérationnelle de ces systèmes face à un adversaire de haut niveau érode le mythe de l’invulnérabilité des avions occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Pékin, l’évènement est une aubaine. La Chine, déjà premier exportateur d’armes vers le Pakistan – 82 % des importations militaires pakistanaises en 2024 selon le Sipri (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm) – y trouve une vitrine inespérée pour son complexe militaro-industriel. Longtemps perçue comme une puissance “copiste”, la Chine démontre sa capacité à développer des technologies rivalisant, voire dépassant, celles de l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le J-10C, moins coûteux et sans contraintes politiques, séduit des pays africains et moyen-orientaux. La bourse de Shanghai a d’ailleurs enregistré une hausse de 8 % des actions de Chengdu Aircraft la semaine suivante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un nouvel équilibre des forces</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’évènement a provoqué une onde de choc à Paris, Bruxelles et Washington. La supériorité aérienne occidentale, pilier des doctrines de l’Otan, se voit contestée. Les alliées des États-Unis en Asie-Pacifique pourraient réévaluer leurs achats d’avions de combat. Les performances chinoises obligent l’Occident à accélérer ses programmes de guerre électronique. Le projet européen FCAS (Futur Combat Air system) pourrait être redimensionné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde, humiliée, envisage d’acquérir des Awacs et des F-35 américains pour contrebalancer la menace. Une aubaine pour Washington dans sa stratégie d’endiguement de Pékin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du militaire, l’incident consacre un basculement géopolitique. La Russie perd du terrain en Inde au profit de la France et des États-Unis. La Chine, elle, s’impose comme une puissance capable de fournir des armements compétitifs et désormais éprouvés au combat. Pour Pékin, le message est clair : la hiérarchie des puissances aéronautiques n’est plus figée. Un monde qui change…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Violette Froger</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol-125709/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol-125709/"><em>Le nouvel Économiste</em></a> le 26/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<item>
		<title>Inde &#8211; Pakistan, un fragile cessez-le-feu</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 09:51:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Lundi 12 mai, Donald Trump s’est félicité d’être parvenu à imposer, samedi 10 mai, une paix entre l’Inde et le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lundi 12 mai, Donald Trump s’est félicité d’être parvenu à imposer, samedi 10 mai, une paix entre l’Inde et le Pakistan, empêchant une éventuelle “guerre nucléaire”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’attentat du 22 avril commis contre des touristes indiens dans la région du Jammu-et-Cachemire, l’Inde et le Pakistan ont connu leur pire affrontement militaire depuis des décennies, recensant 70 morts. Dans ce court laps de temps de deux semaines, New Delhi et Islamabad se sont livrés à des manœuvres militaires d’envergure qui tranchent avec leurs affrontements transfrontaliers traditionnellement circonscrits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perpectives d’une guerre coûteuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Surprenant par sa rapidité, ce cessez-le-feu s’explique par la prise de conscience de New Delhi et d’Islamabad des risques d’un embrasement militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie pakistanaise est exsangue. Largement détenue par Pékin, la dette d’Islamabad avoisine les 70 % de son PIB. Alors que le Pakistan a tenté à plusieurs reprises de rééchelonner le paiement des prêts contractés auprès de la Chine, les autorités pakistanaises mesurent le coût financier d’un conflit ouvert avec l’Inde. D’autant plus qu’Islamabad ne veut pas risquer de saboter le nouveau programme de prêt que lui a accordé le FMI le 9 mai dernier, et ce malgré l’opposition catégorique de New Delhi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, l’Inde, qui a fermement riposté à l’attentat du 22 avril, a dû faire face aux défenses aériennes pakistanaises. Dans la nuit du 6 au 7 mai, au cours de l’opération militaire indienne “Sindoor”, destinée à frapper des bastions terroristes dans le Cachemire, plusieurs avions de combat indiens auraient été abattus par l’armée pakistanaise dont un Rafale, une première pour le fleuron français mondialement reconnu comme prouesse technologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La communauté internationale inquiète</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ce cessez-le-feu reste fragile. Depuis maintenant plus de 70&nbsp;ans, on ne compte plus les phases d’accalmie qui laissaient croire à une résolution du conflit et se soldaient pourtant par la reprise des tensions. Les deux belligérants se disputent la souveraineté de la région du Jammu-et-Cachemire depuis la partition des Indes de 1947.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que New Delhi et Islamabad possèdent l’arme nucléaire, les deux puissances misent avant tout sur les armes conventionnelles pour éviter une escalade dramatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde qui, grâce à sa position géographique, maîtrise l’irrigation du fleuve Indus, continue de menacer le Pakistan de lui couper l’eau en ne respectant plus l’accord de 1960 qui réglemente le partage des affluents entre les deux pays. De son côté, bien qu’il s’en défende, le Pakistan peut abriter et se servir des bastions terroristes du Jammu-et-Cachemire pour déstabiliser New Delhi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’une guerre ouverte entre ces deux puissances nucléaires inquiète la communauté internationale, notamment Washington et Pékin qui, grâce à leurs relations respectives – les négociations commerciales en cours avec New Delhi pour le premier, et le soutien financier apporté à Islamabad pour le second –, ont les moyens de plaider pour un apaisement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu-125458/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu-125458/"><em>Le nouvel Economiste</em></a> le 15/05/2025 </p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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		<item>
		<title>Inde &#8211; Pakistan, jusqu’où ira l’escalade ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 10:19:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Mardi 22 avril, un groupuscule terroriste tuait vingt-cinq Indiens et un Népalais dans la ville de Pahalgam, au cœur de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Mardi 22 avril, un groupuscule terroriste tuait vingt-cinq Indiens et un Népalais dans la ville de Pahalgam, au cœur de la région du Jammu-et-Cachemire, commettant l’attentat le plus meurtrier auquel l’Inde ait été confrontée depuis vingt-cinq ans. New Dehli a immédiatement pointé du doigt la responsabilité d’Islamabad qui nie son implication. L’Inde accuse pourtant les autorités pakistanaises d’encourager le terrorisme transfrontalier et de soutenir le groupe islamiste “Kashmir Resistance” qui a revendiqué l’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’attentat, les armées indienne et pakistanaise se livrent à des échanges de tirs à la frontière, faisant craindre le retour d’un conflit ouvert entre les deux puissances nucléaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au commencement était la partition des Indes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet attentat a réveillé un conflit régional vieux de plus de 70 ans. Depuis leur indépendance et la partition des Indes de 1947, New Dehli et Islamabad se disputent la souveraineté de la région du Cachemire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Majoritairement musulman, ce territoire a été rattaché à l’Inde contre la logique issue de la partition. Au moment de cette dernière, les régions princières eurent le choix de rejoindre l’un des deux pays. Alors que le maharajah hindou, Hari Singh, sollicitait un moratoire, sa principauté fut attaquée par des mercenaires pakistanais, le conduisant alors à réclamer l’aide de New Dehli et à rejoindre l’Inde en octobre 1947.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première guerre indo-pakistanaise prit fin en janvier 1949 avec un compromis territorial négocié sous l’égide de l’ONU. Le Cachemire fut divisé en deux parties, l’une d’un tiers, conquise par le Pakistan, et l’autre rattachée à l’Inde. Le référendum prévu par la résolution du Conseil de sécurité pour consulter la population n’a jamais été organisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1965, la guerre reprend au Cachemire entre des sécessionnistes soutenus par le Pakistan et les forces armées indiennes. Sous la pression des grandes puissances, un accord de paix est conclu à Tachkent en janvier 1966 et acte le retour à la ligne de démarcation de 1949.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dynamique de l’escalade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, les relations entre les deux pays sont régulièrement ponctuées d’attentats endeuillant lourdement l’Inde et d’affrontements frontaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, un attentat contre un convoi de forces de police indienne revendiqué par le mouvement Jaish-e-Mohammed conduit l’Inde à mener des frappes dans le Cachemire sous administration pakistanaise et à supprimer par décret le statut spécial du Cachemire indien, décision confirmée par la Cour suprême indienne en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fois-ci, le gouvernement indien a pris des mesures de rétorsion encore plus virulentes contre son voisin pakistanais. Le principal poste de frontière qui relie les deux pays a été fermé, des diplomates ont été renvoyés et de nombreux ressortissants pakistanais ont été expulsés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout pour la première fois, le mercredi 23 avril, New Dehli a dénoncé le traité de l’Indus de 1960 qui régit le partage des eaux fluviales entre les deux pays, faisant craindre une escalade sans précédent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vitale irrigation du Pakistan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Géographiquement en amont, New Dehli a la maîtrise des affluents du fleuve, épée de Damoclès pour Islamabad dont l’économie est largement tributaire de cette irrigation. En effet le secteur agricole pakistanais représente près de 30 % de son PIB. Les autorités pakistanaises ont déclaré que toute manœuvre destinée à restreindre ou à couper l’approvisionnement en eau du Pakistan serait considérée comme un acte de guerre et menacent de leur côté de se retirer de l’accord Simla de 1972 qui fixait la ligne de cessez-le-feu dans le Cachemire, remettant en cause l’architecture régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, les arsenaux nucléaires respectifs des deux pays avaient permis d’éviter une issue fatale. Qu’en sera-t-il aujourd’hui si New Dehli, au-delà de la simple dénonciation du traité de l’Indus, restreint l’approvisionnement vital en eau de son voisin ? Alors que mardi 29 avril, Narendra Modi annonçait offrir à son armée une “liberté opérationnelle” pour riposter à l’attentat du Cachemire, jusqu’où ira l’escalade entre les puissances nucléaires ? La situation n’a jamais été aussi incertaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade-125078/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade-125078/">Le nouvel Economiste</a> le 01/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pakistan-Arabie saoudite, ou les limites de la solidarité islamique</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pakistan-arabie-saoudite-ou-les-limites-de-la-solidarite-islamique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jan 2023 14:09:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 5 janvier dernier, soit six semaines à peine après avoir été nommé chef d’état-major des armées pakistanaises, le général<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pakistan-arabie-saoudite-ou-les-limites-de-la-solidarite-islamique/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-23804 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2023/01/pakistan-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2023/01/pakistan-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2023/01/pakistan-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2023/01/pakistan-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le 5 janvier dernier, soit six semaines à peine après avoir été nommé chef d’état-major des armées pakistanaises, le général Amir Munir se rendait discrètement en Arabie saoudite pour échanger avec le ministre de la Défense saoudien et le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Quatre jours plus tard, le général s’entretenait également avec le président émirati Mohammed Ben Zayed al Nayhan et ses conseillers en charge de la sécurité nationale.</p>
<p>Le fait qu’Amir Munir se soit rendu si rapidement dans le royaume wahhabite après sa nomination n’est pas dû au hasard. Ancien directeur général de l’ISI [Inter-Services Intelligence, ndlr], les services de renseignements pakistanais, le général entretient des relations de longue date avec Riyad puisqu’il fut attaché d’ambassade militaire en Arabie saoudite au début des années 2000. Il connaît donc parfaitement l’ampleur de la coopération militaire entre les deux pays.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Arabie saoudite, mécène du nucléaire pakistanais</strong></h4>
<p>Officiellement, selon les médias saoudiens qui ne se sont pas étalés sur le sujet, la visite du 5 janvier visait à “souligner la solidité et la durabilité des relations bilatérales entre deux pays frères, ainsi qu’à discuter de leur coopération en matière de défense, des moyens de la renforcer, en plus de discuter des enjeux régionaux et internationaux qui les concerne tous deux”.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le Pakistan, puissance nucléaire depuis 1999 et première armée du monde musulman en termes de capacités opérationnelles, détient un arsenal nucléaire officieusement à la disposition de l’Arabie saoudite, qui a largement financé le programme nucléaire pakistanais dès les années 1970”</p>
<p>Le propos résume assez bien le contour de la relation pakistano-saoudienne, à ceci près qu’il exclut délibérément un de ses aspects à la fois les plus connus et les plus secrets : le fait que le Pakistan, puissance nucléaire depuis 1999 et première armée du monde musulman en termes de capacités opérationnelles, détient un arsenal nucléaire officieusement à la disposition de l’Arabie saoudite, qui a largement financé le programme nucléaire pakistanais dès les années 1970 en échange d’un droit d’usage sur les armes produites. Depuis plus de vingt ans, le dynamisme des relations diplomatiques entre les deux pays, notamment autour des questions de défense, a semblé confirmer ce “mécénat” bien particulier. Nul doute que l’objet de la visite d’Amir Munir à Riyad ait été de faire le point, auprès des autorités saoudiennes, sur l’étendue de cet arsenal, alors que l’Iran, rival honni de l’Arabie saoudite, est devenu un “État du seuil”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Un rival devenu redevable</strong></h4>
<p>La relation entre le Pakistan et l’Arabie saoudite est particulière au sein du monde musulman. “Pays des Purs” autoproclamé, le Pakistan a d’abord constitué un rival inquiétant pour le royaume wahhabite, en raison de sa très nombreuse population musulmane sunnite, de sa position stratégique entre l’Asie et le Moyen-Orient, du dynamisme de sa vie politique – le Pakistan est une république islamique – et de ses grandes compétences en matière militaire.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le Pakistan reste victime de politiques publiques hasardeuses qui ont entravé son développement et l’ont placé à la merci de riches puissances extérieures, rôle que l’Arabie saoudite a volontiers endossé dès les années 1960”</p>
<p>Mais le Pakistan reste néanmoins victime de politiques publiques hasardeuses qui ont entravé son développement et l’ont placé à la merci de riches puissances extérieures, rôle que l’Arabie saoudite a volontiers endossé dès les années 1960, avec des objectifs idéologiques non dissimulés. En outre, les services de la meilleure armée du monde musulman se payent. L’argent demeure en effet, aujourd’hui plus que jamais, l’un des principaux ressorts de la coopération pakistano-saoudienne, alors qu’Islamabad fait face à une multiplicité de crises.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le Pakistan en crise économique majeure</strong></h4>
<p>Crise économique d’abord, qui s’aggrave avec une croissance en baisse et une inflation à 20 %, une forte dépréciation de la roupie, et une dette extérieure de 138 milliards de dollars selon le FMI, dont près de 40 milliards sont dus à la Chine. Celle-ci se double d’une crise monétaire car en ce début d’année 2023, le pays est en effet au bord du défaut de paiement. Les réserves de change du Pakistan ont atteint leur plus bas niveau historique en chutant à 6 milliards de dollars – ce qui ne couvrirait que trois semaines d’importations – niveau qui entraîne à son tour une crise énergétique. Le 3 janvier, le gouvernement présentait un plan de réduction de la consommation électrique, faute d’importations suffisantes en pétrole et en gaz pour faire fonctionner les centrales.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Des bailleurs de fonds pour gérer la crise environnementale</strong></h4>
<p>Enfin, impossible d’ignorer une crise de fond, la crise environnementale et sociale qui est sans doute le plus important défi du Pakistan pour les années à venir. Sa position géographique, au pied des glaciers de l’Himalaya, le rend particulièrement vulnérable face aux effets du changement climatique, la fonte des glaciers et la proximité des fleuves Indus et de ses affluents générant des épisodes d’inondations qui seront amenés à se multiplier si rien n’est fait pour adapter le pays.</p>
<p class="mise_en_avant">“La crise environnementale et sociale est sans doute le plus important défi du Pakistan pour les années à venir. Sa position géographique, au pied des glaciers de l’Himalaya, le rend particulièrement vulnérable face aux effets du changement climatique”</p>
<p>Pour l’heure, le Pakistan ne dispose même pas des ressources nécessaires pour se remettre des dévastatrices inondations de l’été dernier, qui ont fait 1 700 morts, impacté plus de 33 millions de personnes et placé près d’un tiers du pays sous les eaux. La France a contribué à la reconstruction du pays à hauteur de 360 millions d’euros, un maigre soutien comparé aux 20 milliards de dollars engagés sur quatre ans par l’Arabie saoudite pour soutenir l’économie pakistanaise, et au prêt de 2 milliards de dollars prolongé par les Émirats arabes unis, assorti d’une rallonge de 1 milliard pour lui éviter le défaut de paiement. Le FMI s’est certes engagé sur un prêt de 7 milliards de dollars, mais celui-ci n’a été versé qu’à moitié à Islamabad, le gouvernement pakistanais rechignant à respecter les conditions de l’institution de réduire les subventions au secteur de l’énergie et d’augmenter les recettes fiscales.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Entre la Chine et l’Iran</strong></h4>
<p>Les bailleurs de fonds moins exigeants et davantage intéressés par ce que le Pakistan peut leur offrir y gardent donc la préséance… L’Arabie saoudite profite en outre du développement des relations entre le Pakistan et la Chine, qui fournit à l’armée pakistanaise tanks, avions de chasse et frégates lance-missiles. Même si la qualité de l’armement chinois ne peut être comparée aux équipements américains, faire du Pakistan un relais avec Pékin est particulièrement intéressant pour les objectifs des pétromonarchies du golfe Persique, qui questionnent la fiabilité du soutien des États-Unis en matière de sécurité et se cherchent des alternatives régionales.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’Arabie saoudite profite en outre du développement des relations entre le Pakistan et la Chine, qui fournit à l’armée pakistanaise tanks, avions de chasse et frégates lance-missiles”</p>
<p>Pour autant, l’engagement mutuel entre le Pakistan et l’Arabie saoudite demeure ambivalent. Certes très proche des pétromonarchies sunnites arabes, le Pakistan n’a jamais rompu ses liens avec l’Iran. De même, si le royaume saoudien a besoin de l’armée pakistanaise, et si son activisme dénote une forme de fébrilité face à un Iran nucléaire qui se rapproche de la Russie, ou face à un État hébreu gouverné par des suprémacistes, son soutien à Islamabad demeure relatif, notamment sur la question du Cachemire, que Riyad a toujours refusé de mettre à l’ordre du jour de l’Organisation de la Coopération islamique. Face aux enjeux géopolitiques, la solidarité islamique a donc ses limites.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 18/01/2023.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La politique étrangère du Pakistan en équilibre instable</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-politique-etrangere-du-pakistan-en-equilibre-instable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 May 2022 09:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Emirats Arabes Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-17202 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Jamais aucun Premier ministre pakistanais n’aura fini son mandat, et Imran Khan n’aura pas dérogé à la règle. Bien qu’il ait sans doute été le plus médiatique à ce poste depuis Zulfikar Ali Bhutto dans les années 1970, l’ancien champion de cricket a finalement été évincé par une motion de censure votée au Parlement en avril dernier. Même si de nombreux intellectuels et analystes estiment que son renvoi est injuste, voire commandité par “des influences extérieures”, son avenir politique reste hypothétique.</p>
<p>Pourtant, bien que populiste, Imran Khan restera sans doute l’un des Premiers ministres les plus véritablement engagés à défendre les dossiers prégnants du monde musulman. Ainsi, en quatre ans de mandat, il ne se sera rendu que deux fois en Occident, consacrant l’essentiel de son temps aux questions propres à la géopolitique du Moyen-Orient et de l’Asie du sud.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les soutiens de Khan, et lui-même, évoquent un complot américain pour expliquer sa chute. Mais l’ancien Premier ministre posait surtout de multiples problèmes aux Saoudiens et aux Émiratis”</p>
<p>En vérité, Imran Khan dérangeait, notamment l’armée pakistanaise, consciente de l’importance des relations entre le Pakistan et l’Occident, son principal marché d’exportation, ainsi qu’avec la Chine sur le plan financier et stratégique face à l’Inde. Les soutiens de Khan, et lui-même, évoquent un complot américain pour expliquer sa chute. Mais l’ancien Premier ministre posait surtout de multiples problèmes aux Saoudiens et aux Émiratis. À cet égard, il n’est guère étonnant que les Frères musulmans, dont l’islam politique basé sur un système démocratique s’oppose en tout point à la monarchie absolue saoudienne, soutiennent Khan et comparent son éviction à celle de Mohammed Morsi en Égypte.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Des relations compliquées avec l’Arabie saoudite et les Émirats</strong></h4>
<p>Bailleurs de fonds du Pakistan et s’ingérant régulièrement dans sa vie politique, les deux pétromonarchies n’ont jamais vraiment caché leur mépris envers le “pays des Purs” qui ne s’est pas engagé dans leur guerre au Yémen mais profite volontiers de leur diplomatie du portefeuille, et leur méfiance envers une république islamique forte de 220 millions d’habitants, donc une rivale sérieuse pour le leadership du monde musulman. Khan, précisément, s’est montré sans doute un peu trop critique envers le silence coupable de Riyad et Dubaï face à la situation du Cachemire depuis août 2019, ou sur le conflit israélo-palestinien, au point de vouloir mettre en œuvre une vaste coalition des principales puissances musulmanes du monde asiatique. Ce procès en illégitimité n’a jamais été bien accueilli, et on se souvient du chantage exercé par Riyad sur Imran Khan lorsque celui-ci avait souhaité se rendre au sommet “anti-saoudien” à Kuala Lumpur en décembre 2019, qui réunissait l’Iran, la Turquie, le Qatar et la Malaisie pour évoquer les défis du monde musulman.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les deux pétromonarchies n’ont jamais vraiment caché leur méfiance envers une république islamique, une rivale sérieuse pour le leadership du monde musulman. C’est enfin le rapprochement délibéré avec l’Iran que les deux pétromonarchies n’ont pas pardonné à Imran Khan”</p>
<p>C’est enfin le rapprochement délibéré avec l’Iran que les deux pétromonarchies n’ont pas pardonné à Imran Khan. Tant géographiquement que culturellement, il semble pourtant plus logique pour Islamabad de prendre appui sur la République islamique qui, bien que sous sanctions, reste l’autre véritable puissance de la région, dépositaire de vastes réserves d’hydrocarbures. Téhéran est en outre plus indiqué pour traiter les problématiques liées à l’Afghanistan et au terrorisme des talibans pakistanais, que deux États d’obédience wahhabite ou assimilés qui soutiennent de longue date, à la fois financièrement et idéologiquement, les mouvances salafistes à travers le monde musulman. C’est un fait avéré que dès les années 1960, l’islam imprégné de soufisme du Pakistan a été nettement corrompu par la manne financière saoudienne destinée aux madrasas les plus rigoristes, et à l’esprit très éloigné de la culture initiale du pays.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le retour du statu quo des relations arabo-pakistanaises</strong></h4>
<p>Pour les pétromonarchies arabes du golfe Persique, le départ d’Imran Khan au profit de Shehbaz Sharif, chef de la Ligue musulmane et frère de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, est une excellente nouvelle qui rétablira le statu quo dans lequel demeuraient jusqu’à présent les relations arabo-pakistanaises. La famille Sharif est en effet très proche des Saoudiens, et le nouveau Premier ministre n’a jamais manqué de critiquer les velléités d’indépendance diplomatique de son prédécesseur, ainsi que les tensions avec Riyad. Cohérent, il réservera donc sa première visite officielle à l’étranger au royaume saoudien. Regagner l’amitié de l’Arabie saoudite apparaît en effet d’autant plus nécessaire que le nouveau chef du gouvernement a devant lui de nombreux challenges économiques et financiers qui se greffent sur l’éternelle instabilité politique du pays. Le Pakistan compte en effet une dette de plus de 100 milliards de dollars et verse près de 14 milliards par an en remboursement des prêts contractés auprès des institutions monétaires internationales.</p>
<p class="mise_en_avant">“Regagner l’amitié de l’Arabie saoudite apparaît d’autant plus nécessaire que le nouveau chef du gouvernement a devant lui de nombreux challenges économiques et financiers qui se greffent sur l’éternelle instabilité politique du pays”</p>
<p>Mais l’équilibre demeure la clé de la politique étrangère du Pakistan, et sa meilleure assurance pour faire face à ses propres défis intérieurs. Le travail accompli sous Imran Khan ne pourra pas être défait. Le Pakistan est une puissance nucléaire qui a le potentiel pour s’imposer en Asie, à condition de bien choisir ses amis et de se rapprocher de ceux qui lui sont culturellement proches. Trouver d’autres bailleurs de fonds reste donc possible, voire même indispensable à la sauvegarde des intérêts nationaux du pays.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 03/05/2022.</strong></p>
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		<title>Pakistan : les dessous de la haine anti France</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pakistan-les-dessous-de-la-haine-anti-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Apr 2021 16:15:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Marianne]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis l’automne, des milliers de musulmans pakistanais harangués par le TLP, un parti islamiste radical, protestent violemment contre les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. Ce parti a récemment appelé à l&rsquo;expulsion de l&rsquo;ambassadeur français Marc Baréty. Jusqu&rsquo;ou cette haine peut-elle aller ? Que peut faire le gouvernement face à ce genre de radicalisation ?</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;article dans le journal <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/04/Pakistan.pdf" target="_blank" rel="noopener">Marianne</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pourquoi les talibans s’émancipent de la tutelle ancestrale pakistanaise</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-les-talibans-semancipent-de-la-tutelle-ancestrale-pakistanaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Sep 2020 15:32:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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					<description><![CDATA[La date n&#8217;a sans doute pas été choisie par hasard : c&#8217;est au lendemain du dix-neuvième « anniversaire » des attentats du 11<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-les-talibans-semancipent-de-la-tutelle-ancestrale-pakistanaise/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-6793 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/le-pakistan-ecarte-du-dialogue-inter-afghan-une-grave-erreur-strategique-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/le-pakistan-ecarte-du-dialogue-inter-afghan-une-grave-erreur-strategique-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/le-pakistan-ecarte-du-dialogue-inter-afghan-une-grave-erreur-strategique-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/le-pakistan-ecarte-du-dialogue-inter-afghan-une-grave-erreur-strategique-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>La date n&rsquo;a sans doute pas été choisie par hasard : c&rsquo;est au lendemain du dix-neuvième « anniversaire » des attentats du 11 septembre, prélude à l&rsquo;invasion de l&rsquo;Afghanistan par les Etats-Unis, que les pourparlers de paix entre les talibans et le gouvernement de Kaboul ont débuté à Doha. Ces négociations, qui faisaient partie du « deal » signé entre les Etats-Unis et les talibans le 29 février dernier, ont été retardées de près de sept mois en raison de profonds désaccords sur la libération des prisonniers des deux camps et de la poursuite des combats.</p>
<p>C&rsquo;est très certainement grâce à l&rsquo;intervention du Pakistan que celles-ci ont enfin pu s&rsquo;organiser. L&rsquo;activisme d&rsquo;Islamabad, voisin direct de l&rsquo;Afghanistan et qui a été l&rsquo;un des premiers pays à souffrir de sa situation chaotique, avait déjà largement facilité le processus de négociations et de reprise du dialogue qui ont mené au <em>US-Taliban Peace Agreement</em> signé en février dernier. Le 25 août, à l&rsquo;occasion de la visite dans le pays du négociateur de cet accord pour les talibans, Abdul Ghani Baradar, le Pakistan a insisté une nouvelle fois sur l&rsquo;urgence de ce dialogue inter-afghan, convaincu que seule la voie politique assurerait le rétablissement de la paix en Afghanistan et de la stabilité dans la région. Il semblerait que cette visite ait effectivement permis d&rsquo;apaiser les tensions diplomatiques entre Kaboul et les talibans, puisque trois semaines plus tard, les deux belligérants se sont retrouvés à la table des négociations. La présence, lors de la visite de Baradar, du chef de l&rsquo;ISI (Inter-Services Intelligence) le général Faiz Hameed n&rsquo;est sans doute pas étrangère à cette rapide avancée. Des liens étroits ont été notoirement tissés entre certains groupes armés afghans et les services de renseignements pakistanais depuis l&rsquo;invasion soviétique en 1979, et ceux-ci conservent une influence suffisante sur les talibans pour que l&rsquo;administration du président afghan Ashraf Ghani le leur reproche régulièrement. Le Pakistan a de plus été l&rsquo;un des trois pays à avoir reconnu officiellement le gouvernement taliban entre 1996 et 2001.</p>
<p>Pourtant, malgré tout cet activisme diplomatique, cette « tutelle » risque d&rsquo;appartenir désormais au passé. Bien qu&rsquo;ayant été un artisan décisif du rapprochement entre Kaboul et les talibans, le Pakistan a été nettement relégué au second plan du second épisode des négociations de Doha qui se sont ouvertes samedi dernier. Certes, Mahmood Qureshi, le ministre des Affaires étrangères pakistanais, a proposé dès samedi – mais par visioconférence &#8211; une stratégie en quatre points insistant notamment sur l&rsquo;amplification de la coopération économique, pour guider ces discussions qui s&rsquo;avèrent d&rsquo;ores et déjà difficiles. Mais le choix par les talibans d&rsquo;un autre émissaire au Qatar, en lieu et place d&rsquo;Abdul Ghani Baradar, a pu surprendre alors qu&rsquo;il est très significatif, notamment pour deux raisons.</p>
<p>Bien plus rigoriste et conservateur que son prédécesseur, Abdul Hakim Ishaqzai, par ailleurs chef du pouvoir judiciaire dans les zones contrôlées par les talibans, est apparu comme un meilleur choix pour des négociations où, d&#8217;emblée, les insurgés refusent la notion de cessez-le-feu et souhaitent gouverner l&rsquo;Afghanistan selon un « système islamique », alors que le président afghan Ashraf Ghani défend un maintien de la République afghane et de sa Constitution. Par ailleurs, le choix de rajeunir leurs cadres – comme la nomination en 2016 de Mollah Yaqoub à la succession de son père, Mollah Omar, le démontre – dénote de la part des talibans un désir de rester un mouvement indépendant sur le plan politique comme financier, et induit nécessairement une émancipation de la tutelle pakistanaise. La nouvelle génération de talibans semble donc désormais miser davantage sur le Qatar que sur le Pakistan pour garantir leurs intérêts.</p>
<p>Néanmoins, l&rsquo;absence d&rsquo;un médiateur clairement identifié risque d&rsquo;être dommageable aux négociations afghanes. Les premières journées de discussions ont d&rsquo;ores et déjà laissé entrevoir le déséquilibre qui réside entre des talibans &#8211; en apparence &#8211; tacticiens et intraitables, et un gouvernement afghan affaibli par ses forts désaccords internes et décrédibilisé par son absence lors des négociations entre Américains et talibans en février. En réalité, les talibans semblent eux-mêmes avoir des difficultés à dégager un consensus sur leur stratégie de négociations, mais le choix de chefs de guerre réputés conservateurs porte à croire que face à eux, l&rsquo;obtention d&rsquo;une désescalade progressive de la violence sera plus facilement obtenue qu&rsquo;un cessez-le-feu radical.</p>
<p>Le Pakistan était pourtant particulièrement indiqué pour jouer ce rôle de médiation, notamment aux yeux des Etats-Unis. Bien qu&rsquo;Islamabad ait intégré en juin 2018 la liste grise du Groupe d&rsquo;Action financière internationale en matière de lutte contre le blanchiment d&rsquo;argent et le financement du terrorisme, Washington reconnaît le rôle de stabilisateur régional de son allié, et l&rsquo;impact bénéfique qu&rsquo;il pourrait avoir sur la reconstruction économique de l&rsquo;Afghanistan. La nécessité d&rsquo;avoir un partenaire fiable et solide est d&rsquo;autant plus importante que la hâte de l&rsquo;administration Trump à clore le chapitre afghan avant l&rsquo;élection présidentielle de novembre, et à rapatrier la majeure partie des troupes américains, ne peut que fragiliser le futur accord et ouvrir le champ libre aux talibans. Ecarté du cœur du processus de négociations, le Pakistan s&rsquo;inquiète aussi d&rsquo;une éventuelle ingérence de l&rsquo;Inde, qui s&rsquo;est toujours opposée à un retour des talibans au gouvernement et cherche à développer sa relation avec Kaboul – ainsi, d&rsquo;après les autorités pakistanaises, qu&rsquo;avec certains groupes militants locaux &#8211; pour défendre ses propres intérêts dans la région.</p>
<p>Après quarante ans d&rsquo;instabilité politique et de guerres incessantes, l&rsquo;Afghanistan se retrouve enfin maître de son destin et face à la nécessité de se reconstruire pour sortir de l&rsquo;isolement international. Il est néanmoins hautement regrettable que le deuxième plus grand pays musulman au monde ne reste qu&rsquo;un lointain observateur d&rsquo;un processus qui le concerne directement. L&rsquo;Egypte, pourtant principale puissance arabe, a pu subir semblable mise à l&rsquo;écart lors du rapprochement entre les Emirats et Israël. Force est de constater que les pétromonarchies ont réussi ces dernières années à développer leur <em>soft power</em> au détriment de pays qui furent longtemps des interlocuteurs privilégiés, mais sont aujourd&rsquo;hui en proie à davantage de difficultés financières que leurs rivaux du Golfe Persique&#8230; Dans cette nouvelle compétition des puissances, la « diplomatie du porte-feuille » semble mettre en échec, du moins pour l&rsquo;heure, la diplomatie traditionnelle issue de la légitimité stratégique et culturelle.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans le Nouvel Economiste du 15/09/2020.</strong></p>
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		<title>Jeu de chaises musicales en Asie du Sud</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/jeu-de-chaises-musicales-en-asie-du-sud/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Aug 2020 16:49:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6745 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/delaisse-par-riyad-le-pakistan-se-rapprocherait-il-de-teherane28089-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/delaisse-par-riyad-le-pakistan-se-rapprocherait-il-de-teherane28089-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/delaisse-par-riyad-le-pakistan-se-rapprocherait-il-de-teherane28089-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/delaisse-par-riyad-le-pakistan-se-rapprocherait-il-de-teherane28089-826x459.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Peut-être plus encore que les conflits, les crises économiques aident généralement à redessiner les alliances. L&rsquo;Arabie Saoudite ne fait pas exception à la règle. Aujourd&rsquo;hui mise en grande difficulté par l&rsquo;épidémie de Covid-19 et la chute des cours du pétrole, Riyad s&rsquo;est plus que jamais rapprochée de l&rsquo;Inde au détriment d&rsquo;un de ses plus anciens alliés et obligés, le Pakistan.</p>
<p>Lorsqu&rsquo;il y a un an, le 5 août 2019, l&rsquo;Inde a révoqué le statut particulier de l&rsquo;Etat de Jammu-et-Cachemire et envahi la région, l&rsquo;Arabie Saoudite &#8211; comme les Emirats Arabes Unis &#8211; n&rsquo;a émis aucune critique, elle qui s&rsquo;alignait traditionnellement sur la position pakistanaise sur la question. Quelques semaines après le début de la crise cachemirie, les Emirats décernaient au Premier ministre indien Narendra Modi leur plus haute distinction civile, tandis que l&rsquo;Arabie Saoudite annonçait un plan d&rsquo;investissement de 15 milliards de dollars dans le secteur énergétique indien. Deux mois après, Riyad accueillait Modi à l&rsquo;occasion de l&rsquo;édition 2019 du « Davos du désert », où le dirigeant populiste promettait près de 100 milliards de dollars d&rsquo;investissements pour développer les infrastructures pétrolières et gazières indiennes d&rsquo;ici 2024. L&rsquo;Inde dépend en effet à plus de 80% des importations pour satisfaire ses besoins énergétiques, la moitié de sa consommation de gaz provenant de l&rsquo;étranger, notamment de l&rsquo;Arabie Saoudite qui s&rsquo;est rapidement imposée comme l&rsquo;un de ses principaux fournisseurs. Les deux pays ont considérablement resserré leurs liens dans les domaines énergétiques et sécuritaires, ce qui explique mieux l&rsquo;étonnant mutisme observé par un pays gardien des Lieux saints de l&rsquo;Islam et leader auto-proclamé du monde musulman à propos de la mise en coupe réglée du Cachemire, une région pourtant à majorité musulmane.</p>
<p>Le Pakistan a rapidement fait les frais de ce changement d&rsquo;alliance stratégique sur le plan diplomatique, mais aussi économique. Depuis août 2019, Imran Khan voit tous ses efforts menés auprès des puissances du monde musulman en faveur du Cachemire tourner à l&rsquo;échec. En décembre dernier, sur pression de Riyad et de peur de voir s&rsquo;envoler les promesses d&rsquo;investissements saoudiens, le Premier ministre pakistanais a dû décliner l&rsquo;invitation de la Malaisie d&rsquo;intervenir lors d&rsquo;un sommet consacré à la question, qui réunissait également l&rsquo;Iran, la Turquie et le Qatar. Une précaution inutile puisque désormais, le pragmatisme économique paraît plus fort que la proximité religieuse. L&rsquo;économie indienne, neuf fois celle du Pakistan, promet bien plus en termes d&rsquo;investissements et de retombées financières pour le royaume saoudien que celle de son partenaire historique. Riyad exporte aujourd&rsquo;hui davantage de pétrole à l&rsquo;Inde et réduit considérablement l&#8217;emploi de la main d&rsquo;œuvre étrangère – en particulier pakistanaise &#8211; une tendance amplifiée par la crise économique actuelle et la nécessité pour le royaume de mettre les Saoudiens au travail. De même, la crise pourrait menacer la promesse de Mohammed Ben Salmane d&rsquo;investir 20 milliards de dollars au Pakistan, notamment dans le port de Gwaidor.</p>
<p>Bien que pays coreligionnaire, le Pakistan a parfaitement conscience de cet éloignement. A tel point qu&rsquo;après un an d&rsquo;occupation indienne au Cachemire et de réelle solitude diplomatique, Islamabad semble adopter un ton plus vindicatif envers son débiteur. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmoud Qureshi a ainsi menacé l&rsquo;Organisation de la Coopération islamique, menée par l&rsquo;Arabie Saoudite, d&rsquo;un véritable schisme. Face au dédain suscité par ses multiples demandes de sommet consacré au Cachemire, à la situation des Palestiniens ou au dossier de la mosquée de Babur à Ayodhya, en Inde, le Pakistan, membre fondateur de l&rsquo;organisation, pourrait s&rsquo;autoriser à devenir leader sur ces sujets aux côtés « <em>de pays musulmans près à nous rejoindre sur le sujet du Cachemire et prêts à défendre les musulmans cachemiris opprimés.</em> » Par un étonnant hasard du calendrier, Riyad a décidé au même moment d&rsquo;annuler un prêt d&rsquo;un milliard de dollars à destination du Pakistan, et n&rsquo;a toujours pas renouvelé l&rsquo;accord lui autorisant des délais de paiement pour le règlement de ses importations pétrolières, qui se chiffrent à trois milliards de dollars. Humiliation ultime, le prince héritier saoudien a refusé de recevoir le Chef d’Etat Major de l’Armée pakistanaise, le Général Qamar Javed Bajwa, en visite officielle en Arabie Saoudite le 17 août dernier.</p>
<p>Certes, les contraintes budgétaires du royaume, qui a dû tripler son taux de TVA et réaliser près de 25 milliards de dollars d&rsquo;économies en urgence, ne sont sans doute pas étrangères à ces décisions, mais on ne peut désormais exclure ces nouvelles tensions diplomatiques pour les expliquer.</p>
<p>Celles-ci soulignent avec acuité la défiance que les deux alliés ont toujours eu l&rsquo;un pour l&rsquo;autre. Malgré des liens économiques et sécuritaires très étroits – l&rsquo;Arabie Saoudite accueille de nombreux travailleurs pakistanais et avait promis en 2018 un vaste plan d&rsquo;aide financière de six milliards de dollars destinée à renflouer le Pakistan, tandis que celui-ci assure en retour depuis plusieurs années une importante assistance militaire, et surtout la diffusion de l&rsquo;idéologie wahhabite &#8211; le Pakistan ne s&rsquo;est jamais considéré comme le simple lieutenant de l&rsquo;Arabie Saoudite. Islamabad a ainsi observé une constante neutralité sur de nombreux dossiers engageant Riyad, et s&rsquo;est surtout gardé de la soutenir dans sa lutte acharnée contre l&rsquo;Iran. Bien qu&rsquo;étant à la tête de l&rsquo;une des meilleures armées du monde musulman, le Pakistan a ainsi refusé de rejoindre la coalition saoudienne engagée au Yémen depuis 2015 – un mouvement d&rsquo;autant plus surprenant que le Premier ministre d&rsquo;alors, Nawaz Sharif, était resté très proche de son pays d&rsquo;exil &#8211; ainsi que de soutenir toutes les résolutions initiées aux Nations Unies par Riyad contre Téhéran. De même, le Pakistan a refusé de prendre part au blocus imposé au Qatar en juin 2017.</p>
<p>En dépit de liens religieux et financiers évidents avec l&rsquo;Arabie Saoudite, la proximité entre le Pakistan et l&rsquo;Iran, voisins immédiats, apparaît plus naturelle, d&rsquo;abord d&rsquo;un point de vue culturel. 20% de la population pakistanaise est d&rsquo;obédience chiite, tout comme le père fondateur du Pakistan lui-même, Mohammed Ali Jinnah. Prendre parti en particulier pour l&rsquo;Arabie Saoudite aurait logiquement créé des tensions communautaires supplémentaires dans un Pakistan déjà miné depuis sa création par les séparatismes baloutches et pachtounes. Dès 2015, Imran Khan s&rsquo;était déclaré en faveur du <em>Joint Comprehensive Plan of Action </em>qui devait tant bénéficier à l&rsquo;Iran. Devenu Premier ministre trois ans plus tard, il n&rsquo;a cessé de proposer sa médiation pour tenter d&rsquo;apaiser les deux puissances rivales du Moyen-Orient, notamment après les attaques de septembre 2019 sur des sites d&rsquo;exploitation pétrolière saoudiennes, ou après l&rsquo;assassinat du Général Ghassem Soleimani début janvier. L&rsquo;Iran pour sa part s&rsquo;est également rapproché du Pakistan par la force des choses&#8230; quand l&rsquo;Inde a cessé d&rsquo;importer son pétrole après l&rsquo;instauration des sanctions américaines en 2018, et a mis en pause ses investissements dans le pays. Jusqu&rsquo;ici relativement neutre sur le conflit indo-pakistanais autour du Cachemire, l&rsquo;Iran a été l&rsquo;un des premiers pays à exprimer son désaccord après la révocation du statut d&rsquo;autonomie de la région.</p>
<p>Même si à l&rsquo;heure actuelle, la relation entre l&rsquo;Iran et le Pakistan reste à développer – leurs échanges commerciaux n&rsquo;atteignaient que 500 millions de dollars en 2019 – celle-ci pourrait progresser fortement si l&rsquo;Iran réussissait à se dégager de l&rsquo;isolement diplomatique et économique dans lequel les Etats-Unis le tiennent enfermé depuis deux ans. A long terme, et même si le Pakistan restera sans doute un allié essentiel pour Riyad sur le plan sécuritaire, un nouvel ordre stratégique pourrait voir le jour en Asie du Sud : d&rsquo;un côté, une Inde incarnant le principal relais du royaume saoudien dans la région ; de l&rsquo;autre, un Pakistan leader d&rsquo;un nouvel axe aux côtés de l&rsquo;Iran, de la Turquie, du Qatar et de la Malaisie. Un axe plus déterminé à faire avancer la cause cachemirie, et surtout à le soutenir dans son combat fratricide qui l&rsquo;oppose à l&rsquo;Inde depuis plus de soixante-dix ans.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 25/08/2020.</strong></p>
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		<title>L&#8217;avenir du Pakistan &#8211; Institut Diderot</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/institut-diderot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2020 15:01:35 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Institut Diderot]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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					<description><![CDATA[L&#8217;Institut Diderot a convié Ardavan Amir-Aslani afin d’intervenir sur le thème suivant: L&#8217;avenir du Pakistan. Retrouvez l&#8217;intégralité de son intervention<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/institut-diderot/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Institut Diderot a convié Ardavan Amir-Aslani afin d’intervenir sur le thème suivant: <strong>L&rsquo;avenir du Pakistan</strong><b>.</b></p>
<p>Retrouvez l&rsquo;intégralité de son intervention <a href="https://www.institutdiderot.fr/lavenir-du-pakistan/" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
<p>Ardavan Amir-Aslani est notamment l&rsquo;auteur de l&rsquo;ouvrage « Le Pakistan. De l&#8217;empire des Moghols à la République islamique» (<em>Editions l&rsquo;Archipel</em>).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-5623 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/Institut-Diderot-2-225x300.jpg" alt="" width="304" height="404" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/Institut-Diderot-2-225x300.jpg 225w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/Institut-Diderot-2-113x150.jpg 113w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/Institut-Diderot-2-768x1024.jpg 768w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/Institut-Diderot-2.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 304px) 100vw, 304px" /></p>
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		<title>Le Pakistan diplomatiquement isolé dans la crise au Cachemire</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-pakistan-diplomatiquement-isole-dans-la-crise-au-cachemire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Feb 2020 15:45:06 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-5345 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/le-pakistan-lache-par-le-monde-musulman-et-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-au-cachemire-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/le-pakistan-lache-par-le-monde-musulman-et-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-au-cachemire-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/le-pakistan-lache-par-le-monde-musulman-et-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-au-cachemire-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/le-pakistan-lache-par-le-monde-musulman-et-la-communaute-internationale-face-a-la-crise-au-cachemire.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Jeudi dernier, l&rsquo;Arabie Saoudite a une fois de plus décliné la demande du Pakistan de réunir l&rsquo;Organisation de la Coopération islamique pour débattre de la situation au Cachemire. C&rsquo;est un nouveau camouflet pour Imran Khan, le Premier ministre pakistanais, qui avait pourtant assuré en décembre que le royaume wahhabite soutiendrait sa démarche. Pour autant, l&rsquo;Organisation n&rsquo;avait absolument pas confirmé cette annonce.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Depuis que le gouvernement de Narendra Modi a mis fin au statut spécial d&rsquo;autonomie de l&rsquo;Etat de Jammu-et-Cachemire le 5 août dernier, Imran Khan n&rsquo;a cessé de militer auprès des Etats musulmans du monde entier pour obtenir leur soutien envers les musulmans cachemiris, soumis à la politique ultra-sécuritaire de l&rsquo;Inde et littéralement coupés du monde.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Cependant, ses démarches mobilisent peu et jusqu&rsquo;à présent, ne sont pas parvenus à susciter la moindre « solidarité islamique ». Au mieux rencontrent-elles une indifférence polie, au pire une réelle hostilité, notamment de la part de l&rsquo;Arabie Saoudite, pourtant principal partenaire financier du Pakistan et leader autoproclamé du monde musulman sunnite.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Ainsi, à la demande insistante du Prince héritier Mohammed Ben Salmane, Imran Khan aurait annulé sa venue au Sommet islamique qui se tenait en Malaisie en décembre dernier, sous l&rsquo;égide de son Premier ministre Mahathir Mohamad. Le voyage promettait pourtant d&rsquo;être utile à la campagne d&rsquo;Imran Khan : d&#8217;emblée, il avait promis d&rsquo;augmenter les importations d&rsquo;huile de palme du Pakistan pour pallier au retrait de l&rsquo;Inde. En effet, en réaction aux critiques de Mahathir Mohamad concernant le Cachemire et l&rsquo;augmentation des discriminations à l&rsquo;égard des musulmans en Inde, Narendra Modi avait décidé de réduire drastiquement ses importations d&rsquo;huile de palme, dont la Malaisie est le deuxième producteur mondial. Le Premier ministre pakistanais semblait avoir enfin trouvé un allié en Asie du Sud-Est&#8230; C&rsquo;était oublier un peu trop vite l&rsquo;Arabie Saoudite. Celle-ci, ulcérée de voir son leadership dans le monde musulman concurrencé par la Turquie, la Malaisie et le Pakistan dans l&rsquo;organisation de ce Sommet, avait rapidement enjoint Imran Khan de renoncer à sa venue, sous peine de lui retirer toute aide économique.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>A l&rsquo;inverse, l&rsquo;Arabie Saoudite avait réservé un excellent accueil à Narendra Modi en octobre dernier, pour sa seconde visite dans le royaume depuis 2016. A l&rsquo;issue de ses cinq entretiens avec le Prince héritier, le Premier ministre indien semblait avoir fortement renforcé les liens économiques entre l&rsquo;Arabie Saoudite et l&rsquo;Inde, devenue après la France, la Grande-Bretagne et la Chine, l&rsquo;un des principaux clients du pétrole saoudien, loin devant le Pakistan.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Isolé, Imran Khan ? Lui-même semble s&rsquo;en rendre compte avec amertume, comme en témoigne sa déclaration au quotidien pakistanais <i>Dawn </i>: « <i>Le silence de l&rsquo;Organisation de la Coopération islamique sur le Cachemire montre que nous [Pakistanais] ne pesons rien, et que nous [pays musulmans] sommes totalement divisés.</i> »<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En vérité, les réactions de la communauté internationale face à l&rsquo;isolement du Cachemire sont lourdes de sens. Aux lendemains du 5 août, aucun pays ne s&rsquo;est montré ouvertement critique de la décision indienne et n&rsquo;a soutenu le Pakistan, hormis ses trois alliés traditionnels que sont la Turquie, l&rsquo;Iran et la Chine. Cette dernière, partenaire économique du Pakistan de première importance, a d&rsquo;ailleurs fait preuve de bonne volonté en faveur de son allié, en proposant de porter une nouvelle fois le sujet devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies début janvier. Quatorze pays, dont les cinq membres permanents, s&rsquo;y sont pourtant opposés, la France et la Grande-Bretagne arguant catégoriquement que le sujet était de l&rsquo;ordre des relations bilatérales entre l&rsquo;Inde et le Pakistan, et que la situation du Cachemire ne requérait pas de débat urgent au sein de l&rsquo;ONU&#8230; Pour sa part, Donald Trump s&rsquo;était proposé comme médiateur en juillet 2019 sur la crise au Cachemire, soi-disant à la demande de l&rsquo;Inde, ce que Narendra Modi avait rapidement démenti. Trois semaines après l&rsquo;envoi des renforts militaires indiens au Cachemire, dans un volte-face diplomatique dont il a le secret, le président américain choisissait de ne plus s&rsquo;impliquer, estimant que « <i>Narendra Modi avait la situation sous contrôle </i>» et que le différend ne concernait que l&rsquo;Inde et le Pakistan. La stratégie d&rsquo;Imran Khan, consistant à internationaliser le conflit cachemiri pour réussir à vaincre l&rsquo;Inde, a finalement atteint l&rsquo;objectif inverse : une re-localisation du différend exclusivement entre ses deux principaux belligérants, et une absence totale de soutien à la population locale de la part de la communauté internationale.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Plus largement, la politique du Pakistan à l&rsquo;égard du Cachemire semble avoir donné la preuve de son inefficacité. La décision du gouvernement Modi le 5 août, qui a frappé le monde entier de stupeur par son audace et sa radicalité, l&rsquo;a démontré plus cruellement que les quatre conflits indo-pakistanais successifs (en 1948, 1965, 1971 et 1999). Depuis plus de soixante-dix ans, le Pakistan s&rsquo;oppose à l&rsquo;Inde sur la question de la souveraineté de cet Etat princier à majorité musulmane qui, selon la logique de la Partition, aurait dû lui revenir dans le partage territorial. Tel ne fut pas le cas, et depuis 1949, l&rsquo;Inde et le Pakistan se partagent un Cachemire divisé par une ligne de contrôle au tracé aussi imprécis que contesté. Depuis plus de soixante-dix ans, le Pakistan s&rsquo;est construit comme un Etat militaire ultra-sécuritaire, qui consacre entre 3 à 4% de son PIB annuel au budget de la défense, instrumentalise des groupes islamistes radicaux et manipule les indépendantistes cachemiris dans le but affaiblir l&rsquo;Inde. Malgré cela, le Pakistan n&rsquo;est jamais parvenu à régler la situation du Cachemire. Au passage, son obsession sécuritaire vis-à-vis du voisin indien a fortement nui au développement de son économie, le rendant dépendant de bailleurs de fonds comme la Chine ou l&rsquo;Arabie Saoudite, et à son émancipation politique.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>A l&rsquo;inverse, le <i>story-telling</i> indien sur le Cachemire, qui fait du Pakistan le principal fauteur de troubles, a été plus payant à l&rsquo;échelle internationale. Les dernières tensions de février 2019 entre les deux pays, suite à l&rsquo;attentat d&rsquo;un jeune cachemiri, membre du groupe islamiste Jaish-e-Mohamad et soutenu depuis sa fondation en 2000 par les services secrets pakistanais, ont malheureusement corroboré ce discours. Isolé diplomatiquement, économiquement en difficulté, le Pakistan semble ne plus avoir les moyens d&rsquo;une politique va-t-en guerre, malgré les discours de certains faucons du cabinet du Premier ministre. Et le spectre d&rsquo;une guerre nucléaire avec le voisin indien, somme toute irréaliste, ne semble pas davantage effrayer la communauté internationale.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>En réalité, le Pakistan, qui garde historiquement des liens culturels avec le Cachemire, n&rsquo;a plus guère d&rsquo;options devant lui, hormis la solution diplomatique ; la seule, peut-être, qu&rsquo;il n&rsquo;a pas encore suffisamment explorée.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><span class="Apple-converted-space"> <strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></span></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 12/02/2020. </strong></p>
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