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	<title>Occidentaux &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>La Suède et la Finlande cèdent au diktat de la Turquie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jul 2022 17:00:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-19047 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/otan2-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/otan2-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/otan2-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/otan2.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Bien qu’elles ne soient pas encore entrées officiellement dans l’Otan, la Suède et la Finlande ont déjà fait preuve d’une remarquable faculté d’adaptation : elles ont parfaitement identifié la position qu’occupe la Turquie au sein de l’organisation et la manière dont il convient d’opérer avec elle. Il semble en effet impossible de rester brouillé avec cet allié “problématique”, si indispensable qu’il peut se permettre de manier le chantage auprès des Occidentaux et obtenir gain de cause.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Levée de veto contre extradition d’exilés turcs</strong></h4>
<p>Lors du sommet de l’Otan fin juin à Madrid, et après quelques semaines de tension savamment orchestrée, la Turquie a ainsi accepté de lever son veto à l’adhésion des deux nations scandinaves à l’Alliance atlantique. En échange, Recep Tayyip Erdogan a obtenu la fin de l’embargo sur les ventes d’armes mis en place par Stockholm et Helsinki en 2019 pour sanctionner les attaques turques contre les Kurdes en Syrie, ainsi que leur coopération pour extrader les exilés turcs accusés de “terrorisme” par Ankara. Autrement dit : le président turc bénéficie désormais sur la question kurde, l’une de ses principales préoccupations stratégiques, du soutien total de deux nations qui s’étaient fait un devoir de procurer un asile politique aisé et sûr et d’être exemplaires en matière de neutralité.</p>
<p class="mise_en_avant">“Des exilés contre une promesse de sécurité : c’est donc le “deal” sur lequel la Turquie, la Suède et la Finlande se sont finalement accordées”</p>
<p>Des exilés contre une promesse de sécurité : c’est donc le “deal” sur lequel la Turquie, la Suède et la Finlande se sont finalement accordées. Les deux nations scandinaves ont en effet renoncé à soutenir les membres du mouvement de Fethullah Gülen, jugé responsable du putsch raté du 15 juillet 2016 par Ankara, et accepté de reconnaître le PKK comme une organisation terroriste, ainsi que “toutes les autres organisations terroristes et leurs extensions”, désignant explicitement le Parti de l’union démocratique kurde en Syrie (PYD) et sa branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG). Les demandes d’extradition formulées par la Turquie, pour l’heure contre 33 personnes réfugiées en Suède, et jusqu’ici toujours refusées, seront désormais toutes examinées et traitées “de manière rapide et approfondie”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La Suède renie ses valeurs</strong></h4>
<p>Outre qu’il s’agit là d’une bien triste façon de rétribuer les Kurdes pour leur précieuse aide dans la lutte contre Daech au Moyen-Orient, cette complaisance nouvelle envers Ankara pose plusieurs problèmes éthiques et politiques immédiats. La Suède compte une communauté non négligeable de 100 000 Kurdes, des membres ou des sympathisants du PKK, mais aussi de simples citoyens turcs, parlementaires, auteurs, journalistes, exilés à l’étranger pour fuir les persécutions dont ils font l’objet en Turquie. L’accord passé les mettra-t-il également en danger ? “Nous avons dû donner et recevoir” a justifié la Première ministre suédoise. Toute la question est de savoir si le don et le gain sont équivalents, et c’est précisément le débat qui secoue actuellement l’opinion publique suédoise. La sécurité du pays – qui n’est pourtant pas en situation de menace immédiate face à la Russie – valait-elle le reniement de ses propres valeurs fondamentales ? D’un point de vue plus strictement politique, l’entrée dans l’Otan valait-elle de rompre l’accord passé entre les sociaux-démocrates suédois et la députée indépendante Amineh Kakabaveh, ancienne peshmerga (combattante) kurde et résidente en Suède depuis 30 ans, qui avait obtenu une meilleure coopération avec le YPG en Syrie en échange de son vote crucial pour le gouvernement minoritaire ?</p>
<p class="mise_en_avant">“La sécurité du pays – qui n’est pourtant pas en situation de menace immédiate face à la Russie – valait-elle le reniement de ses propres valeurs fondamentales ?”</p>
<p>La Finlande pour sa part s’est montrée beaucoup plus circonspecte que sa voisine, promettant de prendre les demandes turques au sérieux tout en continuant de respecter sa politique d’extradition actuellement en vigueur. La position des États-Unis, pourtant fervents soutiens de l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’Otan, est encore plus mesurée. Si Joe Biden et Recep Tayyip Erdogan se sont effectivement entretenus au téléphone avant que ce dernier ne décide de lever son veto, il semblerait que Washington n’ait “rien offert” à Ankara, soit aucune accélération de la vente des avions de chasse américains F-16 que réclame pourtant la Turquie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La “léthargie stratégique” des Occidentaux</strong></h4>
<p>Sans surprise, les dirigeants européens se sont faits discrets face à la satisfaction de la présidence turque. Sans doute étaient-ils embarrassés par une certaine gêne… Les relations entre la Turquie et les Européens ne semblent plus fonctionner désormais que sur un seul mode, qui les voit renier leurs convictions pour céder à ses diktats sous peine de devoir gérer risques sécuritaires et humanitaires. Le chantage turc autour de la crise migratoire ne donne à cet égard aucun signe d’accalmie, six ans après la signature des accords avec l’Union européenne.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les relations entre la Turquie et les Européens ne semblent plus fonctionner désormais que sur un seul mode, qui les voit renier leurs convictions pour céder à ses diktats sous peine de devoir gérer risques sécuritaires et humanitaires”</p>
<p>Cet épisode interroge sur la relative précipitation avec laquelle l’extension de l’Otan a été envisagée par les pays membres. Dans un contexte pré-électoral qui lui est très défavorable, Erdogan n’a pas manqué d’exploiter cette fébrilité pour asseoir à domicile son image d’homme fort, capable d’en imposer aux Occidentaux, en particulier sur la délicate question kurde, une problématique “sécuritaire” qui fait globalement consensus en Turquie. Ce gain diplomatique est en effet capital alors que les perspectives économiques du pays sont en berne, et que l’opposition s’organise pour le remplacer après vingt ans de pouvoir sans partage. La “crise” finno-suédoise est le dernier exemple démontrant que la faiblesse européenne ne fait que renforcer l’autoritarisme du président turc. Réussir à sortir de la “léthargie stratégique” qui caractérise leur relation à la Turquie est donc le véritable problème qui se pose aujourd’hui aux Occidentaux, et auquel ils n’ont pour l’heure fourni aucune réponse satisfaisante.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 06/07/2022.</strong></p>
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		<title>Les Occidentaux face au risque d&#8217;une Russie radicalisée</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-occidentaux-face-au-risque-dune-russie-radicalisee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 Apr 2022 07:55:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Occidentaux]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-17038 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_9_LE_9_AC_21ebab6fc8-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_9_LE_9_AC_21ebab6fc8-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_9_LE_9_AC_21ebab6fc8-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_9_LE_9_AC_21ebab6fc8.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Vladimir Poutine franchira t-il le Rubicon d&rsquo;une guerre nucléaire ? On pourrait dire qu&rsquo;avec l&rsquo;invasion de l&rsquo;Ukraine, il a déjà soumis un test aux Occidentaux, persuadé que ces derniers ne riposteraient pas. Ce premier test a échoué, et la Russie paye cette erreur d&rsquo;appréciation par des sanctions économiques qui l&rsquo;isolent du reste du monde, et une « conquête » de l&rsquo;Ukraine qui se solde pour l&rsquo;heure par un demi-échec.</p>
<p>Même s&rsquo;il est encore trop tôt pour en juger dans le cas de la Russie, il est notoire que les régimes de sanctions imposés par les Etats-Unis s&rsquo;avèrent inefficaces pour atteindre les objectifs visés, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un <em>regime change</em> (comme dans le cas de l&rsquo;Iran) ou de la fin d&rsquo;une guerre, comme avec la Russie en Ukraine. L&rsquo;effet inverse, à savoir une radicalisation de l&rsquo;adversaire, est le résultat généralement observé. C&rsquo;est exactement le risque qui se pose désormais avec le chef du Kremlin, comme en témoigne le lancement-test réussi du missile intercontinental Sarmat. La démonstration de cette arme de pointe avait une double mission : exacerber la fierté du peuple russe en soulignant ses prouesses technologiques, et lancer un avertissement très clair aux Occidentaux. Certes, ces derniers persistent à relativiser la menace, et restent persuadés que Vladimir Poutine optera toujours pour la raison. Mais dans le secret des chancelleries, l&rsquo;inquiétude monte face à cette puissance qui rappelle régulièrement qu&rsquo;elle est nucléaire, et de surcroit dirigée par un homme dont la détermination à montrer la force de son pays (donc la sienne) semble inaltérable.</p>
<p>Se pose alors une question iconoclaste : était-ce une stratégie pertinente d&rsquo;isoler économiquement la Russie et d&rsquo;en avoir fait une paria sur la scène internationale ? Bien avant le lancement du Sarmat, la question taraudait déjà l&rsquo;administration Biden, qui redoute désormais qu&rsquo;un Poutine poussé dans ses retranchements ne devienne ouvertement plus dangereux pour les Occidentaux.</p>
<div></div>
<p>La logique belliciste de Vladimir Poutine répond en effet au souci très ancré dans sa psyché d&rsquo;éviter que l&rsquo;ancienne sphère d&rsquo;influence russe en Europe orientale ne tombe définitivement dans l&rsquo;escarcelle occidentale. Plus largement, la pensée revancharde qui l&rsquo;anime de longue date et son désir de restaurer la grandeur soviétique, couplé au succès réel des sanctions économiques contre la Russie, génèrent aujourd&rsquo;hui la très sérieuse possibilité de tentatives de disruption multipliées de la part de Moscou, et potentiellement irrationnelles. Outre la menace nucléaire, des cyberattaques, domaine où la Russie excelle, sont ainsi redoutées par les Américains. Pourtant, depuis le début de l&rsquo;offensive contre l&rsquo;Ukraine, aucune démarche d&rsquo;ampleur n&rsquo;a été constatée dans ce domaine, d&rsquo;autant que les sociétés financières et les services publics anglo-saxons ont pris des mesures préventives pour contrer d&rsquo;éventuels incursions numériques.</p>
<p>La stratégie de <em>containment, </em>ou d&rsquo;endiguement, mise au point par les Etats-Unis durant la Guerre froide pour contrevenir la puissance soviétique, reste la base du rapport de force qui oppose toujours Washington à Moscou, et que Joe Biden a souhaité poursuivre. Mais dans un monde désormais globalisé et interconnecté, sa mise en œuvre est soumise à des difficultés nouvelles, la dépendance énergétique des Européens et l&rsquo;efficacité de la Russie en matière de cyber-terrorisme constituant de réels atouts pour Moscou. A cause de cette interdépendance, la Russie n&rsquo;a pas été bannie du système financier SWIFT, alors même qu&rsquo;une telle décision aurait eu un effet immédiat et désastreux sur ses finances en supprimant sa rente pétrolière. Autre difficulté pour son concepteur, Georges F. Kennan, l&rsquo;endiguement implique une perte d&rsquo;influence sur l&rsquo;Etat-voyou et ses satellites en raison de leur isolement. Enfin, dans le cas précis de la Russie, le diplomate américain estimait que l&rsquo;expansion de l&rsquo;OTAN à ses frontières était une erreur pouvant mener à une nouvelle Guerre froide. L&rsquo;actualité lui a donné raison.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, la radicalité de Vladimir Poutine s&rsquo;appuie sur deux présupposés, pourtant aisément réfutables. Le président russe croit d&rsquo;abord que la Russie pourra résister à l&rsquo;impact des sanctions économiques grâce à ses partenaires asiatiques, notamment la Chine et l&rsquo;Inde, comme elle l&rsquo;avait déjà fait après l&rsquo;annexion de la Crimée en 2014. Mais la résilience de l&rsquo;économie russe, permise pour l&rsquo;heure par ses réserves, n&rsquo;aura nécessairement qu&rsquo;un temps. La Chine, certes alliée objective de la Russie mais également consciente de la dépendance de sa propre économie au marché américain, se montre par ailleurs très prudente face au conflit.</p>
<p>Enfin, Poutine croit fermement que les sanctions occidentales s&rsquo;émousseront avec le temps et que la « blitzkrieg économique » a échoué. Or, il semblerait que Washington manifeste une détermination équivalente à maintenir sa pression sur la Russie, que ce soit par la voie de l&rsquo;isolement économique, diplomatique, ou par son soutien logistique accru aux forces ukrainiennes.</p>
<p>L&rsquo;administration Biden rappelle néanmoins qu&rsquo;aucune d&rsquo;entre elles n&rsquo;est permanente, et qu&rsquo;elles peuvent au contraire servir à tout moment de levier de négociation dans le cadre d&rsquo;une résolution diplomatique du conflit. Pour le Secrétaire d&rsquo;Etat Antony Blinken, cela signifie clairement un retrait « irréversible » des forces militaires russes d&rsquo;Ukraine. Autant dire une ligne rouge infranchissable pour Vladimir Poutine, qui de son côté réclamerait la fin de l&rsquo;expansion de l&rsquo;OTAN donc la suspension de la procédure d&rsquo;intégration de la Suède et de la Finlande, sérieusement évoquées, et évidemment celle de l&rsquo;Ukraine à l&rsquo;Union européenne. Autres lignes rouges infranchissables, cette fois pour les Occidentaux.L&rsquo;intensification des combats et les exactions toujours plus cruelles contre la population ukrainienne, qui appelleront en représailles des sanctions toujours plus dures contre la Russie, laissent penser que le bras de fer sera amener à durer avec, tel une épée de Damoclès, le risque d&rsquo;une escalade dangereuse dans la violence irrationnelle.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 24/04/2022.</strong></p>
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