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	<title>nucléaire &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Iran &#8211; États-Unis, la reprise des négociations en suspens</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jul 2025 17:00:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Une semaine après l’annonce du cessez-le-feu entre Téhéran et Tel-Aviv, l’avenir du Moyen-Orient reste en suspens. Bien que respectée, cette<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Une semaine après l’annonce du cessez-le-feu entre Téhéran et Tel-Aviv, l’avenir du Moyen-Orient reste en suspens. Bien que respectée, cette paix demeure fragile. L’ampleur des dégâts causés par les raids américains sur les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan est encore méconnue et le doute plane quant à la véracité du transfert sur des sites cachés par les Iraniens de 400 kilos d’uranium hautement enrichi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, malgré ses déclarations contradictoires, Donald Trump espère profiter de l’affaiblissement de l’Iran pour le forcer à revenir à la table des négociations. La raison commanderait que l’Iran accepte pour obtenir enfin la levée des sanctions qui asphyxient son économie et sa population civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rupture de confiance</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la reprise du dialogue s’avère plus délicate que jamais. Tout d’abord, la fragile confiance qui régnait entre Washington et Téhéran est rompue. Après s’être retiré unilatéralement de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018, Donald Trump a renoué avec sa politique de pression maximale. Alors que les négociations achoppaient sur le fameux taux d’enrichissement d’uranium et qu’une nouvelle réunion américano-iranienne devait se tenir à Mascate, le président américain a privilégié une solution militaire, prenant à rebours sa base électorale à qui il avait promis la fin des expéditions militaires nébuleuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les récentes joutes verbales entre Washington et Téhéran n’ont rien arrangé. Alors que le guide suprême déclarait avoir infligé une “gifle cinglante” aux États-Unis, Donald Trump lui a répondu en se vantant d’être celui qui l’avait épargné d’une mort “affreuse”, déchaînant les partisans du régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inflexibilité côté iranien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la classe politique iranienne était déjà divisée sur le bien-fondé des négociations avec les États-Unis, les frappes américaines ont renforcé l’intransigeance du camp conservateur. Ce dernier, prenant exemple sur le Pakistan, est désormais plus convaincu que jamais que le programme nucléaire est son assurance-vie pour sanctuariser son territoire et se maintenir au pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que toutes les inspections demandées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont été refusées, le parlement iranien a approuvé un projet de loi visant à suspendre sa coopération avec l’agence onusienne. Le régime reproche à la résolution de l’AIEA du 12 juin 2025, accusant l’Iran de non-respect de ses obligations nucléaires, d’avoir servi de prétexte à Israël pour conduire son offensive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président iranien Masoud Pezeshkian, qui jusqu’à présent restait prudent et laissait une possibilité à la reprise du dialogue, a pourtant ratifié mercredi 2 juillet la suspension de cette coopération. Abbas Araghtchi, son ministre des Affaires étrangères, a rappelé à plusieurs reprises que l’Iran ne négocierait pas sous la menace de bombardements et a exigé des garanties de Washington.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël fauteur de troubles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, si Tel-Aviv a accepté le cessez-le-feu sous la pression des missiles iraniens, Benjamin Netanyahu, qui ne cesse de militer en faveur d’un changement de régime en Iran, risque de compliquer la reprise des négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit de ces obstacles, Washington et Téhéran parviendront-ils à surmonter l’hubris ? Donald Trump en a besoin s’il veut rester fidèle à ses engagements de campagne et obtenir le prix Nobel de la paix qu’il convoite tant. Quant à Téhéran, sa situation économique exsangue et la détresse de sa population l’obligeront sans doute à faire des concessions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens-126864/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-la-reprise-des-negociations-en-suspens-126864/">Le nouvel Economiste</a></em> le 03/07/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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		<item>
		<title>L’Iran face à ses défis. Entretien avec Maître Ardavan Amir-Aslani</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-face-a-ses-defis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 10:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits : Revue de Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un entretien accordé le 19 juin 2025 à la revue de géopolitique Conflits, Maître Ardavan Amir-Aslani livre son analyse<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-face-a-ses-defis/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans un entretien accordé le <strong>19 juin 2025</strong> à la revue de géopolitique <strong><a href="https://www.revueconflits.com/" data-type="link" data-id="https://www.revueconflits.com/">Conflits</a></strong>, Maître <strong>Ardavan Amir-Aslani</strong> livre son analyse de la guerre en cours entre Israël et l’Iran, dont l’escalade menace de bouleverser la stabilité du Moyen-Orient et de déboucher sur un conflit mondial &#8211; Propos recueillis par Jean-Baptiste Noé</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez <strong><a href="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/" data-type="link" data-id="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/">l&rsquo;interview ici </a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ardavan Amir-Aslani dans <a href="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/" data-type="link" data-id="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/"><em>Conflits : Revue de Géopolitique</em></a> le 19/06/2025</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Iran-Israël, l’engrenage funeste</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-israel-lengrenage-funeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 09:39:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans la nuit du 12 au 13 juin, tandis que Washington et Téhéran poursuivaient leurs négociations de l’accord sur le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-israel-lengrenage-funeste/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans la nuit du 12 au 13 juin, tandis que Washington et Téhéran poursuivaient leurs négociations de l’accord sur le nucléaire iranien, Israël a mené des frappes militaires sur le territoire iranien au mépris du droit international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que son Premier ministre Benjamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le pays s’engouffre dans une guerre d’agression contre l’Iran, détournant l’attention médiatique du chaos humanitaire qui règne à Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capotage des négociations sur le seuil d’enrichissement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Signataire du Traité de non-prolifération, et contrairement à Israël qui n’autorise pas les vérifications de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran a respecté l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015, comme l’attestaient les rapports de AIEA, jusqu’au retrait des États-Unis en mai 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à la dénonciation unilatérale par Washington du JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action, ndlr], Téhéran s’est affranchi de ses engagements en accélérant l’enrichissement de son uranium, dont le taux avoisine à présent les 60 %. Selon les experts militaires, une décision politique et quelques semaines suffiraient pour passer aux 90 % nécessaires à l’arme nucléaire. Ensuite, sa vectorisation sur des missiles nécessiterait au moins un an et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs semaines, les négociations irano-américaines bloquaient sur cette question décisive du seuil maximal d’enrichissement d’uranium. Alors que Washington exigeait un taux zéro, Téhéran refusait de renoncer à un taux minimum nécessaire pour le développement de son programme nucléaire civil dont il a le droit en vertu du TNP. Israël a profité de l’affaiblissement intérieur du régime des mollahs et de la déroute de ses proxys pour lancer son offensive et faire capoter les négociations dont le prochain tour devait se tenir dimanche dernier à Mascate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Objectifs ambigus d’Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les buts de guerre israéliens sont ambigus, oscillant entre destruction des capacités nucléaires iraniennes et renversement du régime. Pourtant, les précédents géopolitiques de 2003 en Irak et de 2011 en Libye ont révélé les conséquences dévastatrices de telles ingérences extérieures, laissant les pays à feu et à sang et créant les conditions du chaos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des sites nucléaires et militaires ont été visés par les frappes israéliennes tandis que le bilan des victimes civiles s’alourdit. L’armée israélienne s’est aussi attaquée à des infrastructures énergétiques afin d’occasionner des pénuries d’électricité et de carburant, espérant entamer le soutien du régime et provoquer des mouvements populaires. Cependant, si la population iranienne, attachée à sa souveraineté, est excédée par le régime et sa répression sanglante, elle est loin d’approuver pour autant l’ingérence israélienne. Par ailleurs, l’opération risque d’être contre-productive et de pousser l’Iran à accélérer clandestinement son programme nucléaire en se retirant du TNP, comme il l’avait menacé si la ligne rouge de frappes militaires était franchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le lendemain, l’armée iranienne a riposté en lançant des premières salves de drones puis de missiles, dont plusieurs ont percé le Dôme de fer [le système de défense aérienne mobile israélien, ndlr], et fait d’importants dégâts matériels et des victimes civiles, révélant la vulnérabilité d’Israël malgré sa suprématie militaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences en cascade sur la géopolitique et le commerce mondial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet embrasement inquiète au plus haut point les puissances régionales qui voient leurs intérêts compromis, à commencer par les pays du golfe Persique pour exporter leurs hydrocarbures et réussir leur transition économique post-pétrole. L’Arabie saoudite a d’ailleurs fermement condamné l’agression israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine de son côté a dénoncé la violation de la souveraineté iranienne et appelé à un cessez-le-feu immédiat, craignant que les attaques israéliennes ne visent les installations pétrolières iraniennes. L’or noir iranien, que Pékin achète au rabais, représente près de 15 % de ses importations de brut. Si Donald Trump, en négociant avec l’Iran, espérait aussi éloigner le pays de l’orbite chinoise avec qui il avait tissé d’étroits liens durant son isolement international, l’escalade risque au contraire de renforcer l’alliance sino-iranienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le Pakistan, qui promet de soutenir Téhéran, réclame une réunion de l’Organisation de la Coopération islamique pour s’unir contre Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, qui a la maîtrise du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des hydrocarbures mondiaux, menace de bloquer son accès, faisant craindre à la communauté internationale une déstabilisation historique des chaînes d’approvisionnement mondial et l’envolée des prix du baril.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La voix trop discrète de l’Occident</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La suite du conflit est entre les mains de Washington. Tel-Aviv l’exhorte à lui fournir des bombes GBU-57 dont il a besoin pour frapper les sites nucléaires de Natanz et Fordo profondément enfouis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas plus tard qu’il y a un mois à Riyad, Donald Trump fustigeait l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs. Respectera-t-il son engagement électoral de ne pas mener de guerres coûteuses et inutiles ? Ou au contraire cédera-t-il aux demandes israéliennes, faisant le choix d’une déstabilisation totale du régime iranien, au risque d’un embrasement dont la région ne sortirait pas indemne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi 16 juin, les membres du G7 se sont réunis au Canada sur fond d’escalade militaire entre l’Iran et Israël, au point que Donald Trump a dû quitter prématurément le sommet. Alors que les pays européens ont fustigé l’agression russe en Ukraine, leur pudeur à propos de l’agression israélienne en Iran discrédite la voix de l’Occident, qui peine de plus en plus à résonner dans le monde du fait de son indignation à géométrie variable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations civiles, iraniennes comme israéliennes, victimes de l’engrenage de la violence, restent suspendues aux prochains arbitrages politiques qui décideront de l’issue du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-israel-lengrenage-funeste-126363/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-israel-lengrenage-funeste-126363/">Le nouvel Economiste</a></em> le 18/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">@Freepik</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Iran et États-Unis sous médiation omanaise</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 11:06:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Après une première réunion indirecte le 12 avril à Mascate entre les émissaires américain et iranien, la médiation omanaise sur<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Après une première réunion indirecte le 12 avril à Mascate entre les émissaires américain et iranien, la médiation omanaise sur le dossier du nucléaire iranien se poursuit. Samedi 19 avril, de nouvelles négociations entre l’émissaire américain pour le Moyen Orient et le ministre des Affaires étrangères iranien ont eu lieu à la résidence du sultanat d’Oman à Rome. À en croire l’annonce de prochains pourparlers et de discussions techniques entre experts le 26 avril à Oman, les négociations avancent positivement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Realpolitik saoudienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soucieuses de préserver la stabilité du golfe Persique, les pétromonarchies ont accueilli favorablement ces efforts diplomatiques. À commencer par l’Arabie saoudite qui a choisi cette période opportune pour une visite diplomatique en Iran, tranchant largement avec sa farouche opposition à l’accord sur le nucléaire de 2015.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La venue du ministre de la Défense saoudien, le mercredi 16 avril, et sa rencontre avec le président iranien ainsi qu’avec le guide suprême marque la préférence du royaume pour des négociations plutôt qu’une surenchère militaire. Une visite lourde de sens alors que ces deux rivaux historiques se disputent la puissance régionale depuis des décennies et que leur rapprochement de mars 2023 sous l’égide de la Chine demeurait, jusqu’à présent, très embryonnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume saoudien reste marqué par les tirs de missiles de 2019 attribués à l’Iran contre ses installations pétrolières qui avaient sensiblement impacté ses exportations d’hydrocarbures. L’immobilisme américain et l’échec des dispositifs d’interception Patriot, fournis à prix conséquent par les États-Unis, ont largement fait douter le royaume de la protection américaine. De sorte que Mohammed Ben Salmane, qui maîtrise parfaitement les codes de la realpolitik, a saisi l’importance de nouer des relations de bon voisinage avec l’Iran pour la stabilité régionale dont il a impérativement besoin pour mener ses ambitions post-pétrolières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’Arabie saoudite espère sans doute profiter des liens de l’Iran avec les Houthis pour canaliser leur activisme régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 7 octobre et le début de la guerre à Gaza, les Houthis mènent des attaques en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, ralentissant considérablement le commerce maritime, obligeant les navires à se détourner de leur itinéraire et à passer par le cap de Bonne-Espérance. Alors que les États-Unis mènent depuis mi-mars des frappes meurtrières contre le groupe armé yéménite, ce dernier poursuit ses agissements qui font craindre une escalade régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran en recherche de soutien chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne participe pas aux négociations, contrairement à celles qui avaient ébauché l’accord de 2015, son directeur s’est rendu le même jour en Iran. La veille, il confiait au journal ‘Le Monde’ sa crainte de voir un Iran nucléarisé et encourageait les efforts américains et iraniens, espérant qu’ils débouchent sur un accord. Il avertissait également, dans le cas où les pourparlers progresseraient, que la présence de l’agence serait indispensable pour certifier les détails techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant les contours de l’éventuel accord demeurent flous. Mardi 22 avril, le ministre des Affaires étrangères iranien s’est rendu en Chine, qui défend avec la Russie le droit de l’Iran à un programme nucléaire civil. L’Iran cherche sans aucun doute des appuis à son refus catégorique de renoncer totalement à l’enrichissement de son uranium et au démantèlement de son programme nucléaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les exigences fluctuantes de Washington</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de Washington, les exigences exactes sont fluctuantes. Alors que le conseiller à la sécurité nationale et le secrétaire d’État, plaident pour un démantèlement complet du programme nucléaire, Steve Witkoff, à qui ont été confiées les négociations avec Téhéran, serait plus accommodant avec les autorités iraniennes qui ont affirmé à l’agence de presse iranienne Tasnim, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, que “les Américains n’ont jusqu’à présent soulevé aucune discussion en dehors de la question du nucléaire”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump est-il prêt à restaurer un accord proche de celui qu’il avait lui-même dénoncé huit ans plut tôt pour obtenir une victoire diplomatique et éviter une confrontation militaire ? La même incertitude règne du côté iranien. Les partisans d’un accord qui, affolés par la situation intérieure, espèrent un répit pour assurer la survie de leur régime, parviendront-ils à infléchir le dogmatisme du guide pour lui faire accepter des concessions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise-124802/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise-124802/">Le nouvel Economiste</a> le 24/04/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Iran serait-il devenu nucléaire ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-serait-il-devenu-nucleaire%e2%80%89/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Feb 2024 09:55:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[nucléaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a de quoi s’interroger. Alors qu’aussi bien le Premier ministre israélien, Netanyahu, que le président américain, Biden, ne<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-serait-il-devenu-nucleaire%e2%80%89/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a de quoi s’interroger. Alors qu’aussi bien le Premier ministre israélien, Netanyahu, que le président américain, Biden, ne cessent de répéter que l’Iran soutient, non seulement moralement, mais aussi financièrement, le Hamas. Que de surcroît, l’Iran arme et entraîne les membres du Hamas. Mais pour autant, aucune réaction concrète n’a été observée ni du côté américain ni du côté israélien. En effet, au lendemain du 7 octobre 2023, à un moment où le carnage de Gaza n’avait pas encore eu lieu, Israël jouissait du statut exclusif de victime et pouvait compter sur la sympathie du monde occidental pour le déploiement éventuel d’une frappe à l’encontre de l’Iran et de ses alliés. Or, il n’en fut rien. Israël se contentait de frapper deux pistes de décollage à Damas et à Alep. Aucun actif militaire iranien, ni même de ses proxies, n’a été pris pour cible.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Israël et les États-Unis sans réaction</strong></h4>
<p>Ce n’est que péniblement, presque cent jours après le 7 octobre, qu’Israël a assassiné un responsable logistique des gardiens de la révolution à Damas, le présentant comme un très haut gradé – quasiment du niveau du général Soleimani – alors que sa mission consistait simplement à décharger les avions militaires en provenance de l’Iran et charger des camions en partance pour Beyrouth et le Hezbollah. Difficilement qualifiable donc de haut responsable des gardiens de la révolution.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Washington ne semble pas enclin à frapper le territoire iranien, alors même que la mort de soldats américains semblait constituée une ligne rouge”</em></p>
<p>L’Iran a cependant continué à démontrer sa puissance militaire en frappant trois jours de suite les bases de l’État islamique en Irak, en Syrie et même au Pakistan, qui est nucléairement armé, suite aux attentats commis sur son territoire. Téhéran a même placé simultanément trois satellites en orbite (deux de 10 kilos à 500 kilomètres et un autre de 100 kilos à 750 kilomètres), devenant l’un des neufs pays au monde capables d’un tel exploit. Par ailleurs, les bases américaines en Irak et en Syrie ont essuyé plus de 150 frappes ces trois derniers mois et n’ont entraîné que quelques frappes en retour des États-Unis contre les proxies iraniens. Plus encore, après une frappe de drone sur la base américaine dite Tower 22 en Jordanie, ayant entraîné la mort de trois soldats américains et une quarantaine de blessés américains, Washington n’a pas encore réagi et ne semble pas enclin à frapper le territoire iranien, alors même que la mort de soldats américains semblait constituée une ligne rouge.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La mer Rouge sous les attaques des houthis</strong></h4>
<p>Sur un autre champ de bataille, les houthis au Yémen ne cessent de tirer des missiles sur le Bab-el-Mandeb, le détroit séparant Djibouti et l’Erythrée, quintuplant le coût des polices d’assurance des navires transitant par le canal de Suez et forçant un tiers de la navigation destinée aux rives de la Méditerranée à contourner l’Afrique et à gagner la grande bleue par le détroit de Gibraltar. Or, il n’est de secret pour personne que les houthis ne disposent pas d’une industrie d’armement et que les drones et missiles qu’ils emploient sont incontestablement d’origine iranienne. Malgré cela, et alors même que les houthis sont qualifiés de proxies iraniens, le territoire iranien demeure sacralisé et les houthis continuent à menacer la navigation internationale.</p>
<p>Ainsi, malgré le fait que tous les doigts sont pointés vers l’Iran, ce pays sort totalement indemne de cette crise qui secoue le Moyen-Orient.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’hypothèse nucléaire</strong></h4>
<p>Quelles en sont les raisons ? D’abord et avant tout, il convient de mentionner le rôle des pays arabes du golfe Persique. Ces derniers n’ont nulle envie de se retrouver dans une situation où la région risquerait de s’embourber dans une guerre généralisée. Leurs modèles, fondés sur un cadre attractif pour les investissements internationaux, ne survivraient pas au lancement du premier missile qui toucherait leur territoire. Ceci est d’autant plus vrai que l’Arabie saoudite, première victime du fait de ses exportations pétrolières par le biais du canal de Suez, a non seulement refusé de faire partie de la coalition internationale appelée à surveiller le Bal-el-Mandeb, mais envisage de transporter son pétrole par des camions-citernes jusqu’à la mer !</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“L’Iran pourrait avoir franchi le pas et pourrait avoir assemblé les pièces d’un missile balistique nucléaire sans que la nouvelle n’ait encore été rendue publique”</em></p>
<p>Ensuite, il convient de s’interroger sur une éventualité probable, à savoir que l’Iran soit devenu nucléaire. La seule chose qui manquait à l’Iran pour devenir militairement nucléaire demeurait la militarisation de l’engin. En effet, le pays disposait déjà de l’uranium enrichi à 60 %, et les experts savent que passer de 60 % à 95 %, qui correspond à l’enrichissement militaire, ne représente pas d’enjeux techniques mais relève tout simplement d’une décision politique. Ce pays dispose par ailleurs du fuel solide et d’un arsenal capable de transporter des missiles nucléairement armés. L’Iran pourrait donc avoir franchi le pas et pourrait avoir assemblé les pièces d’un missile balistique nucléaire sans que la nouvelle n’ait encore été rendue publique… Ceci expliquant cela.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 02/02/2024.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Réhabiliter les Gardiens de la Révolution, seul moyen d&#8217;obtenir un nouvel accord sur le nucléaire iranien ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 09:06:49 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-16631 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_1_MJ_3_LL_08e386dd29-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_1_MJ_3_LL_08e386dd29-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_1_MJ_3_LL_08e386dd29-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/04/000_1_MJ_3_LL_08e386dd29.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis le début des négociations à Vienne sur le nucléaire iranien, le temps s&rsquo;est imposé comme le seul maître des horloges, un temps dont l&rsquo;Iran use à son avantage face aux Etats-Unis en augmentant progressivement son seuil d&rsquo;uranium enrichi. Preuve de sa bonne volonté dans le cadre des négociations, l&rsquo;Iran a néanmoins accepté de baisser son niveau à 3,67%, correspondant à celui établi par l&rsquo;accord de 2015. Si la garantie demandée en échange, à savoir le maintien des Etats-Unis dans l&rsquo;accord en cas d&rsquo;alternance politique à Washington, n&rsquo;a pas encore été gravée dans le marbre, un compromis qui permettrait à Téhéran d&rsquo;éviter de détruire ses centrifugeuses (sans qu&rsquo;il ait été précisé s&rsquo;il devrait les démanteler ou les confier à la garde d&rsquo;un pays tiers) semble avoir été trouvé.</p>
<p>D&rsquo;imminente, la signature du nouvel accord est pourtant devenue hypothétique, et les blocages causés par la position de la Russie depuis le début de la guerre en Ukraine ne sont pas seuls en cause. Le contexte géopolitique, qui pourrait faire de l&rsquo;Iran le nouveau fournisseur d&rsquo;énergie de l&rsquo;Occident, lui donne en effet un moyen de pression supplémentaire afin d&rsquo;obtenir de nouvelles concessions de la part des Etats-Unis. La République islamique conditionne désormais sa signature au retrait du corps des Gardiens de la Révolution de la liste américaine des organisations terroristes, où il est inscrit depuis 2019.</p>
<p>Certes, cette demande a été jugée particulièrement mal venue par le camp occidental, d&rsquo;autant plus que les Iraniens avaient spécifiquement demandé à ce que toutes les questions dépassant le strict domaine nucléaire ne soient pas abordées lors des négociations. Complaisante, l&rsquo;administration Biden a ainsi mis de côté le programme de missiles balistiques de l&rsquo;Iran et son réseau de proxies au Moyen-Orient, annonçant tout de même la semaine dernière de nouvelles sanctions contre les entités liées au programme balistique afin d&rsquo;apaiser la colère de ses alliés dans la région. Robert Malley, l&rsquo;envoyé spécial de la Maison-Blanche pour l&rsquo;Iran, et le Secrétaire d&rsquo;Etat Antony Blinken, ont affirmé que même s&rsquo;il n&rsquo;était plus listé comme groupe terroriste, les Etats-Unis maintiendraient leurs sanctions contre ce corps militaire qu&rsquo;ils jugent illégitime.</p>
<div></div>
<p>Il sera donc très délicat pour les Américains de lever l&rsquo;anathème qui frappe les Pasdaran. Mais c&rsquo;est pourtant une concession qu&rsquo;ils ont tout intérêt à faire.</p>
<p>Depuis 2007, les Gardiens de la Révolution islamique sont soumis à une diversité de sanctions qui les prive, ainsi que leurs entités affiliées, de tout commerce avec les entreprises et banques américaines. Leur désignation comme groupe terroriste ne remonte qu&rsquo;à 2019, dans le cadre de la « pression maximale » de Donald Trump contre l&rsquo;Iran. Mais dans les faits, aucune de ces mesures n&rsquo;a eu le moindre impact sur leur influence auprès des proxies iraniens à travers le Moyen-Orient, du Liban à l&rsquo;Irak en passant par le Yémen. Au contraire, c&rsquo;est précisément après leur inscription sur cette liste que les Pasdaran se sont montrés les plus virulents, multipliant les représailles contre les Américains ou leurs alliés arabes dans la région.</p>
<p>Pour les Etats-Unis, toute la question reste de savoir si la fin justifie les moyens. La demande iranienne est finalement un bon test pour mesurer la motivation réelle des Américains à assurer la survie de l&rsquo;accord de Vienne. Certes, accorder cette concession à Téhéran serait une décision clivante, à la fois aux Etats-Unis et à l&rsquo;étranger, mais aussi extrêmement courageuse. Entre un accord nucléaire qui pourrait apaiser les tensions dans la région et ouvrir de vastes perspectives économiques pour les deux camps, et une désignation finalement symbolique qui n&rsquo;a entamé en rien l&rsquo;influence du corps militaire le plus puissant d&rsquo;Iran, l&rsquo;analyse coût/bénéfices penche tout de même en faveur d&rsquo;un compromis, finalement relatif, avec l&rsquo;Iran. Car même retirés de la liste des organisations terroristes, les Gardiens de la Révolution resteront en effet soumis aux sanctions américaines les plus anciennes à leur égard. S&rsquo;il obtient gain de cause, l&rsquo;Iran a promis en contrepartie de contribuer à apaiser les tensions régionales au Moyen-Orient. Doutant de sa sincérité, les Américains veulent conditionner la réhabilitation des Pasdarans à une véritable reprise en main de leurs proxies ou, à tout le moins, à des engagements publics et sans ambiguïté de la part de Téhéran.</p>
<p>Pour les Iraniens, le gain pourrait donc apparaître comme une simple affaire de symbole. Il est en réalité essentiel, pour les conservateurs actuellement au pouvoir, d&rsquo;apaiser ces agents d&rsquo;influence que sont les Gardiens de la Révolution, un corps d&rsquo;élite qui dépend directement du Guide Suprême Ali Khamenei et qui œuvre, depuis quarante ans, contre les politiques des réformateurs iraniens sur les ordres du clergé. Présents dans les secteurs du bâtiment et des télécommunications, où ils ont obtenu de juteux contrats par le gouvernement, en passant par les sociétés minières, l&rsquo;industrie du jeu en ligne, et jusqu&rsquo;à la contrebande ou l&rsquo;essentiel secteur énergétique, et en dépit du secret qui entoure leurs réelles activités, les Pasdaran contrôleraient ainsi plus du tiers de l&rsquo;économie iranienne &#8211; si ce n&rsquo;est plus, selon certaines estimations. Être retirée de la liste des organisations terroristes constitue donc une question de prestige et d&rsquo;honneur pour une formation qui se vante par ailleurs d&rsquo;être l&rsquo;unique rempart contre la menace du djihad sunnite à travers le Moyen-Orient.</p>
<p>Force est de constater que, par ailleurs, aucune sanction américaine n&rsquo;aura pu limiter leur rôle au sein de l&rsquo;échiquier politique iranien, ce qui reste au demeurant une stricte affaire domestique et ne pourra en aucun cas être solutionné à court terme par une ingérence étrangère. Conserver aux Gardiens une étiquette infamante n&rsquo;apporte donc rien aux Etats-Unis, et ne retire rien à l&rsquo;Iran. Face à ce constat d&rsquo;inutilité et au temps qui presse, autant accorder cette concession symbolique qui peut pourtant contribuer à normaliser les relations entre les ennemis d&rsquo;hier.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 10/04/2022.</strong></p>
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		<title>Accord sur le nucléaire iranien : un pari politique pour les conservateurs</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/accord-sur-le-nucleaire-iranien-un-pari-politique-pour-les-conservateurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jun 2021 12:12:23 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-10185 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/07/000_9_CQ_6_MW_e83ba96f49-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/07/000_9_CQ_6_MW_e83ba96f49-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/07/000_9_CQ_6_MW_e83ba96f49-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/07/000_9_CQ_6_MW_e83ba96f49.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>L&rsquo;Histoire regorge d&rsquo;exemples « d&rsquo;ennemis » capables de dépasser leurs antagonismes pour favoriser un rapprochement diplomatique et défendre leurs intérêts communs, voire pour sceller des accords de paix. On pense naturellement à la surprenante visite de Richard Nixon en Chine en 1972, qui initia une entente entre les deux puissances pour contrecarrer l&rsquo;influence soviétique. Autre exemple quelques années plus tard, en 1979, lorsque le Premier ministre israélien Menachem Begin signa les Accords de Camp David avec l&rsquo;Egypte, mettant ainsi fin au long conflit qui, d&rsquo;arabe, devint exclusivement palestinien. L&rsquo;Histoire a parfois tendance à se répéter. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l&rsquo;élection de l&rsquo;ultraconservateur Ebrahim Raeissi pourrait ainsi favoriser la signature d&rsquo;un nouvel accord sur le nucléaire entre l&rsquo;Iran et les Etats-Unis.</p>
<p>Pourquoi les conservateurs réussiraient-ils là où les réformateurs ont, sinon échoué, du moins peiné depuis la reprise des négociations en avril dernier ? Une telle situation aurait été en effet impensable en 2013, lorsque l&rsquo;administration Obama commença à négocier avec l&rsquo;équipe du réformateur Hassan Rouhani. Depuis l&rsquo;élection de Mohammad Khatami, les Occidentaux ont en effet considéré que la seule force de progrès possible en Iran ne pouvait venir que du camp réformateur. Les conservateurs iraniens, au demeurant, ont nourri cet argument, arc-boutés sur leur opposition frontale et radicale aux Etats-Unis et, à partir de 2015, farouches contempteurs du Joint Comprehensive Plan of Action et de ses éventuels bénéfices.</p>
<p>Mais le contexte a changé. Certes, les conservateurs restent intrinsèquement hostiles aux Etats-Unis, favorisant plus volontiers un rapprochement stratégique avec la Chine ou la Russie, les deux principales alliées de l&rsquo;Iran. Si le nouveau président élu n&rsquo;a aucunement l&rsquo;intention de mettre cet objectif entre parenthèses, il répond néanmoins à un autre impératif, la consolidation du pouvoir des conservateurs, et du sien. Pour ce faire, la sécurisation d&rsquo;un accord avec les Etats-Unis est indispensable. Ce pragmatisme est partagé par l&rsquo;administration Biden, qui souhaite avant tout apaiser les tensions au Moyen-Orient – ce qui passe nécessairement par un dialogue retrouvé avec Téhéran – afin de se consacrer à sa principale préoccupation, l&rsquo;ascension de la Chine. En réalisant qu&rsquo;il était contreproductif de faire de l&rsquo;élection présidentielle iranienne un marqueur temporel inamovible, Washington a ainsi rallongé le délai jusqu&rsquo;au milieu de l&rsquo;été, laissant davantage de temps à Ali Khamenei pour sécuriser la bonne marche des négociations côté iranien.</p>
<p>Hier comme aujourd&rsquo;hui, la position du Guide Suprême mérite en effet d&rsquo;être rappelée et analysée, car elle est à contre-courant de celle de la majorité des conservateurs. On oublie par exemple que le Guide avait approuvé l&rsquo;accord initial de 2015 et soutenu la mise en conformité de l&rsquo;Iran. Rendu extrêmement méfiant par le retrait unilatéral décidé par Donald Trump en mai 2018, Ali Khamenei avait alors pris ses distances avec un objet diplomatique qui n&rsquo;avait finalement jamais tenu ses promesses et placé l&rsquo;Iran dans une situation économique catastrophique. Pour autant, à l&rsquo;inverse des Gardiens de la Révolution ou du Parlement iranien, le Guide a toujours opté pour un subtil équilibre entre critiques légitimes envers les Etats-Unis, et souhait de voir l&rsquo;Iran rester membre du traité et ouvert à de nouvelles négociations. Dès le mois d&rsquo;avril, il a ainsi exprimé son soutien à l&rsquo;administration Rouhani, sans se priver d&rsquo;un certain scepticisme quant à ses chances de succès.</p>
<p>Bien que cette stratégie se heurte à leurs convictions, les conservateurs pouvaient difficilement s&rsquo;opposer au Guide Suprême, véritable chef de l&rsquo;Etat iranien. Ebrahim Raeissi s&rsquo;est naturellement inscrit dans la lignée des propos d&rsquo;Ali Khamenei, ne ménageant pas l&rsquo;administration sortante, sans déclarer pour autant qu&rsquo;il retirerait l&rsquo;Iran de l&rsquo;accord sur le nucléaire. Sur le plan de la communication politique, le bénéfice d&rsquo;un nouvel accord serait d&rsquo;ailleurs total pour le nouveau président élu, qui en récolterait les fruits sans avoir eu à s&#8217;embourber dans d&rsquo;âpres négociations avec les Occidentaux.</p>
<p>Pour autant, Ali Khamenei se retrouve face à un choix politique délicat : parer à l&rsquo;urgence et obtenir la levée des sanctions économiques qui pèsent sur l&rsquo;Iran, sans que cela entraîne une victoire diplomatique pour les réformateurs et surtout, des compromis sur les sujets non négociables pour Téhéran. La question des garanties exigées par la République islamique se pose à cet égard. Un nouveau retrait des Etats-Unis à échéance 2025 serait en effet catastrophique pour l&rsquo;Iran. Mais du côté de Washington, obtenir des négociations sur le programme balistique iranien et son influence régionale au Moyen-Orient de la part de l&rsquo;Iran constitue une difficulté majeure, si ce n&rsquo;est insurmontable.</p>
<p>Le Guide Suprême a donc tout intérêt à ce que la nouvelle administration conservatrice sécurise l&rsquo;accord, d&rsquo;abord pour pacifier définitivement l&rsquo;aile dure à cet égard. Il a de bonnes chances d&rsquo;y parvenir, en vertu de la confiance que les ultra-conservateurs accordent à leur candidat nouvellement élu, et de leurs intérêts communs. Le processus semble d&rsquo;ailleurs déjà enclenché, puisque moins d&rsquo;une semaine après son élection, Ebrahim Raeissi mettait en place un comité chargé d&rsquo;évaluer la concordance du nouvel accord avec les conditions initiales du JCPoA. Au sein de ce comité siègent côte à côte Abbas Aragchi, le négociateur en chef à Vienne, et Mojtaba Zolnour, l&rsquo;un des parlementaires iraniens les plus critiques de l&rsquo;accord.</p>
<p>L&rsquo;autre objectif non dissimulé d&rsquo;Ali Khamenei est évidemment de stabiliser l&rsquo;Iran pour assurer que sa succession se déroule sans heurts. L&rsquo;élection d&rsquo;Ebrahim Raeissi, en donnant tous les leviers du pouvoir aux conservateurs, constituait une première condition. La seconde est un exercice du pouvoir réussi. Si la chose reste par nature imprévisible et incertaine, elle serait de toute façon impossible sans accord entre l&rsquo;Iran et les Etats-Unis. Raeissi, dont la légitimité à la tête de l&rsquo;Etat reste fragile face à un taux d&rsquo;abstention record dans l&rsquo;histoire de la République islamique, a naturellement besoin d&rsquo;une réussite politique pour s&rsquo;assurer de succéder au Guide Suprême et faire face à la concurrence qui se manifestera le moment venu. Plus que quiconque, il a donc tout intérêt à ce que les négociations viennoises s&rsquo;achèvent positivement pour l&rsquo;Iran.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 27/06/2021.</strong></p>
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		<title>Ardavan Amir-Aslani invité de Radio J</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 May 2021 10:43:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani a eu le plaisir d&#8217;être l&#8217;invité de Radio J afin d&#8217;évoquer la situation en Iran, et plus précisément sur<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-radio-j/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir-Aslani a eu le plaisir d&rsquo;être l&rsquo;invité de Radio J afin d&rsquo;évoquer la situation en Iran, et plus précisément sur le nucléaire iranien, l&rsquo;élection présidentielle ainsi que la détention du français Benjamin Briere. Retrouvez l&rsquo;interview <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vkxziNVzguQ" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
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		<title>Négociations sur le nucléaire iranien : la France joue t-elle vraiment son rôle d&#8217;honnête courtier ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Feb 2021 15:28:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 29 janvier dernier, à la surprise générale, Emmanuel Macron a déclaré qu&#8217;il serait nécessaire d&#8217;inclure l&#8217;Arabie Saoudite dans le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/negociations-sur-le-nucleaire-iranien-la-france-joue-t-elle-vraiment-son-role-dhonnete-courtier/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-7874 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico9-300x167.png" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico9-300x167.png 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico9-150x83.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/02/Atlantico9.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le 29 janvier dernier, à la surprise générale, Emmanuel Macron a déclaré qu&rsquo;il serait nécessaire d&rsquo;inclure l&rsquo;Arabie Saoudite dans le processus de négociations autour de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien. Cette annonce a sonné comme une insulte aux oreilles de l&rsquo;Iran, qui ne négociera naturellement qu&rsquo;avec les signataires initiaux de l&rsquo;accord ratifié par la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l&rsquo;ONU, et certainement pas avec un pays qui a juré sa perte depuis quarante ans.</p>
<p>Cette proposition a d&rsquo;autant plus surpris que ces quatre dernières années, la France s&rsquo;était régulièrement exprimée en faveur d&rsquo;un retour strict aux termes de l&rsquo;accord et de solutions pour venir en aide à Téhéran, soumis à la « pression maximale » de l&rsquo;administration Trump.</p>
<p>Elle survient par ailleurs dans un contexte particulièrement complexe entre les Etats-Unis et l&rsquo;Iran. Certes, l&rsquo;élection de Joe Biden a suscité l&rsquo;espoir d&rsquo;une solution diplomatique et d&rsquo;une reprise du dialogue entre les deux pays. Mais ces discussions ne seront pas sans conditions ni contreparties : ainsi, les Etats-Unis refusent de réintégrer l&rsquo;accord et de lever les sanctions contre l&rsquo;Iran avant que celui-ci ne respecte de nouveau pleinement tous ses engagements. Une position moralement inacceptable pour les Iraniens, qui rappellent que ce sont les Américains qui se sont retirés unilatéralement de l&rsquo;accord de Vienne en mai 2018 et qui ont imposé de nouvelles sanctions dans le cadre de la campagne de « pression maximale » définie par l&rsquo;administration Trump. Face à l&rsquo;échec de la voie diplomatique, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un an plus tard que Téhéran a commencé à sortir graduellement des termes de l&rsquo;accord pour reprendre son enrichissement nucléaire.</p>
<p>Certes, l&rsquo;Iran tente depuis ces derniers mois de créer un sentiment d&rsquo;urgence à Washington, en multipliant les votes au Parlement permettant de porter cet enrichissement à 20%, ce qui lui permettrait de se doter rapidement de l&rsquo;arme nucléaire. Antony Blinken, le nouveau Secrétaire d&rsquo;Etat américain, ne s&rsquo;y est d&rsquo;ailleurs pas trompé en estimant que c&rsquo;était là l&rsquo;affaire de quelques semaines. Pourtant, dans ce bras de fer, les Etats-Unis refusent de céder. Les deux pays se trouvent donc actuellement dans une situation de blocage où chacun refuse de faire le premier pas, un jeu très dangereux pour la stabilité régionale.</p>
<p>Prétendant jouer son rôle d&rsquo;honnête courtier, la France opte pourtant pour la carte de la provocation quand l&rsquo;apaisement devrait être de rigueur. Comment expliquer alors cette prise de position diamétralement opposée à ses engagements des dernières années, particulièrement préjudiciables dans le contexte actuel ?</p>
<p>Alors que l&rsquo;administration Biden questionne la validité de sa propre alliance avec le royaume wahhabite – en retirant le soutien logistique américain dans la guerre au Yémen et même en retirant les Houthis de la liste des organisations terroristes – la France se montre moins scrupuleuse, d&rsquo;abord par intérêt économique auprès d&rsquo;un fidèle client de son industrie d&rsquo;armement. Le calcul peut se comprendre, bien qu&rsquo;au regard des colossales potentialités du marché iranien, il apparaisse mesquin. Isolé par quarante ans de guerres et de sanctions, en demande de nombreuses infrastructures et développements dans de multiples secteurs, l&rsquo;Iran représente une manne de contrats pour toutes les grandes entreprises françaises&#8230; Ce partenariat semble pourtant dédaigné par la France au profit des ventes d&rsquo;armes aux Saoudiens.</p>
<p>La manœuvre française s&rsquo;explique également d&rsquo;un point de vue politique, afin d&rsquo;exploiter le potentiel vide stratégique laissé par les Américains en Arabie Saoudite. Les médias iraniens stigmatisent ainsi la « position trumpienne » de la France, qui a choisi de durcir le ton vis-à-vis de l&rsquo;Iran et de réclamer des discussions sur la présence iranienne au Moyen-Orient et sur son programme balistique, dans un souci de s&rsquo;imposer comme nouveau protecteur des pétromonarchies arabes du Golfe Persique. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs peu de temps après un échange téléphonique entre Emmanuel Macron et le Prince héritier Mohammed Ben Salmane que cette position s&rsquo;est exprimée par la voix de Jean-Yves le Drian dans une interview au <em>Journal du Dimanche</em>&#8230; La situation rappelle singulièrement les mois qui ont précédé la signature de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien, où le ministre des Affaires étrangères de l&rsquo;époque, Laurent Fabius, s&#8217;empressait après chaque réunion à Vienne de faire un compte rendu à son homologue saoudien, Saoud al-Fayçal. A tel point que l&rsquo;on peut s&rsquo;interroger légitimement sur les ambiguïtés de la classe politique française avec le régime saoudien&#8230; comme l&rsquo;a suggéré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dans un tweet cinglant adressé à Jean-Yves Le Drian : « <em>Cher collègue, vous avez commencé votre carrière en vendant des armes aux criminels de guerre saoudiens. Evitez les contresens absurdes sur l&rsquo;Iran. Les faits sont têtus : vous déstabilisez notre région. Cessez de protéger des criminels qui éliminent leurs opposants et utilisent vos armes pour massacrer des enfants au Yémen.</em> »</p>
<p>On peut aussi considérer qu&rsquo;en invitant l&rsquo;Arabie Saoudite à la table des négociations, la France cherche à rompre le statu-quo entre les Etats-Unis et l&rsquo;Iran et à accentuer la pression sur Téhéran. La manœuvre risque pourtant d&rsquo;être contreproductive, crispant avant tout les Iraniens et les incitant à radicaliser leur position. Il est par ailleurs dommage que l&rsquo;Europe, qui par la force des choses avait regagné son indépendance diplomatique face à l&rsquo;administration Trump, se soit empressée d&rsquo;agir de nouveau en lieutenant de Washington sitôt Joe Biden investi, au lieu de définir une position équilibrée et respectueuse de toutes les parties de l&rsquo;accord.</p>
<p>Elle semble au demeurant ignorer qu&rsquo;en quatre ans, le monde a changé, et que l&rsquo;Iran n&rsquo;est plus aussi isolé sur la scène internationale. Il compte parmi ses alliés deux des membres permanents du Conseil de Sécurité de l&rsquo;ONU, la Chine et la Russie, avec lesquels les liens économiques se sont resserrés – le <em>Lion-Dragon Deal</em> lie Téhéran à Pékin sur vingt-cinq ans pour un montant de 400 milliards de dollars d&rsquo;investissements. Ces deux pays affichent pour leur part une ligne politique extrêmement cohérente vis-à-vis de l&rsquo;Iran depuis 2015 et défendent systématiquement ses intérêts.</p>
<p>On en viendrait donc presque à regretter le mandat de Donald Trump, qui détruisait le multilatéralisme mais obligeait au moins les Européens à développer une indépendance diplomatique. Il est triste de constater que la France n&rsquo;a rien retenu de ces évolutions stratégiques, et préfère s&rsquo;en tenir à ses liens mortifères avec les pétromonarchies arabes sunnites au lieu de se tourner vers un pays éduqué et avide de changement.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 14/02/2021.</strong></p>
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		<title>Dénucléariser le Moyen-Orient, pourquoi pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2020 15:18:17 +0000</pubDate>
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<p>En 2017, la dépense militaire mondiale atteignait 1739 milliards de dollars, son niveau le plus élevé depuis la fin de la Guerre froide. Les Etats-Unis, la Chine et la Russie, mais aussi l&rsquo;Arabie Saoudite, la Turquie et l&rsquo;Inde, figuraient en tête des pays ayant considérablement renforcé leurs arsenaux. Les traités de non-prolifération nucléaire avaient pourtant pour ambition, en créant une logique d&rsquo;alliances et d&rsquo;engagements respectifs, de garantir la sécurité collective. Ils semblent avoir été impuissants à ralentir la course aux armements, en raison d&rsquo;un paradoxe assez étrange qui continue d&rsquo;animer les stratégies de défense des Etats : plus on s&rsquo;équipe, plus on conjure la nécessité d&rsquo;une riposte. C&rsquo;est l&rsquo;effet magique de la « dissuasion nucléaire », censée rendre le monde plus sûr. Le contexte international n&rsquo;a pourtant jamais été aussi instable&#8230; ce qui encourage ces mêmes Etats à s&rsquo;équiper encore davantage au nom de leur sécurité. Et le cercle vicieux n&rsquo;en finit pas de s&rsquo;envenimer.</p>
<p>Exemple de cet échec diplomatique, le <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em> sur le nucléaire iranien avait été négocié précisément dans l&rsquo;optique de réduire le risque de prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Le traité avait d&rsquo;ailleurs été salué au moment de sa signature en 2015 comme un réel effort pour « sécuriser » l&rsquo;environnement régional. Pourtant, les Etats-Unis ont décidé unilatéralement – et sur pression active d&rsquo;Israël et de l&rsquo;Arabie Saoudite – de quitter un accord qu&rsquo;ils ont contribué à élaborer trois ans plus tard, malgré l&rsquo;opposition des autres signataires.</p>
<p>On pourrait croire les administrations américaines successives versatiles&#8230; Mais la réalité est plus complexe. Selon le site du Bulletin des Scientifiques atomiques et deux reportages publiés par le magazine <em>Newsweek</em> en janvier 2020, l&rsquo;administration Obama élaborait dès 2016 des scénarios militaires ayant recours à des ogives B-61 contre l&rsquo;Iran&#8230; malgré son engagement dans l&rsquo;accord de Vienne signé un an plus tôt. A la fois pour répondre à ses propres convictions et pour satisfaire ses alliés moyen-orientaux, Donald Trump n&rsquo;a fait qu&rsquo;officialiser une stratégie, finalement jamais abandonnée par Washington, plus favorable à la dissuasion nucléaire qu&rsquo;à la recherche de la non-prolifération. On aura dès lors du mal à croire à la volonté réelle Américains de désarmer le Moyen-Orient, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils reconnaissent les mérites de la dissuasion nucléaire de façon sélective, l&rsquo;interdisant aux Iraniens&#8230; mais l&rsquo;autorisant aux Saoudiens.</p>
<p>Une véritable politique de désarmement nucléaire devrait obliger tous les Etats, sans exception, à renoncer à l&rsquo;enrichissement de l&rsquo;uranium ainsi qu&rsquo;au traitement du combustible nucléaire usé, qui permet d&rsquo;extraire le plutonium, composant également nécessaire à l&rsquo;élaboration des bombes. C&rsquo;est une restriction à laquelle l&rsquo;administration Trump refuse pourtant de souscrire, essentiellement pour ne pas mécontenter l&rsquo;Arabie Saoudite qui, à la différence des Emirats Arabes Unis, n&rsquo;accepterait de signer qu&rsquo;un accord de coopération nucléaire peu contraignant. En proie à une agitation sécuritaire de plus en plus manifeste, Riyad multiplie en effet les démarches, notamment auprès de la Chine, afin de perfectionner son industrie minière et son traitement de l&rsquo;uranium. Connaissant l&rsquo;autoritarisme du Prince héritier Mohammed Ben Salmane et ses engagements militaires hasardeux – le Yémen peut en témoigner depuis cinq ans &#8211; n&rsquo;a rien de rassurant pour la stabilité régionale.</p>
<p>Les Etats-Unis, en tant que première puissance nucléaire du monde et signataire de nombreux accords de coopération dans le nucléaire civil (qui doivent être notamment renouvelés en 2021 avec le Maroc et l&rsquo;Egypte et en 2023 avec la Turquie) détiennent pourtant une réelle influence et peuvent choisir de renforcer les restrictions sur l&rsquo;acquisition et l&rsquo;usage du matériel nucléaire. A l&rsquo;échelle du Moyen-Orient, cela devrait concerner tous les pays allant du Maroc à l&rsquo;Iran, incluant Israël et l&rsquo;Arabie Saoudite. Remplacer la limitation de la prolifération &#8211; qui se résume finalement à ne l&rsquo;accepter qu&rsquo;à condition que son développement soit lent – par une interdiction d&rsquo;acquérir tout matériel nucléaire hors usage civil, d&rsquo;où qu&rsquo;il vienne, serait une avancée véritablement crédible.</p>
<p>Le complexe militaro-industriel et nucléaire américain a beau jeu de souligner qu&rsquo;aucun pays n&rsquo;acceptera de souscrire à de telles conditions, surtout lorsque la Chine et la Russie peuvent se montrer plus conciliantes. Trop de principes tueraient le business&#8230; A ce détail près que les perspectives d&rsquo;exportations des Etats-Unis dans le domaine nucléaire sont très faibles, voire inexistantes. L&rsquo;industrie de production de réacteurs « made in USA » est si moribonde que les lobbyistes du secteur font pression sur le Congrès pour obtenir des financements fédéraux et relancer une production nationale à l&rsquo;arrêt depuis vingt ans.</p>
<p>Le fait d&rsquo;être une nation maîtrisant la technologie nucléaire fut longtemps considéré comme une preuve de grande avancée scientifique et un gage de compétitivité. A l&rsquo;aube du XXIème siècle et face aux enjeux générés par le changement climatique, cette conception paraît bien obsolète. L&rsquo;avenir des pays du Moyen-Orient réside bien davantage dans une coopération en matière de renseignements et de technologies de pointe, ainsi que dans le développement des énergies renouvelables, ou des énergies fossiles les moins émettrices comme le gaz naturel.</p>
<p>Pour que le Moyen-Orient entre véritablement en cohérence avec les objectifs du Traité pour la non-prolifération nucléaire, seul un accord contraignant visant à interdire l&rsquo;enrichissement et le retraitement des combustibles usés, et signé par tous les Etats de la zone sans exception, désamorcerait le principe même de la dissuasion nucléaire. En l&rsquo;absence de risques pour la sécurité globale, la course aux armements s&rsquo;éteindrait d&rsquo;elle-même.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans le Nouvel Economiste du 21/10/2020.</strong></p>
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