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	<title>musulman &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>La Cour suprême indienne donne raison aux extrémistes hindous contre les musulmans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Nov 2019 17:04:34 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-3799 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/ayodhya-la-cour-supreme-indienne-donne-raison-aux-extremistes-hindous-contre-les-musulmans-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/ayodhya-la-cour-supreme-indienne-donne-raison-aux-extremistes-hindous-contre-les-musulmans-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/ayodhya-la-cour-supreme-indienne-donne-raison-aux-extremistes-hindous-contre-les-musulmans-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/ayodhya-la-cour-supreme-indienne-donne-raison-aux-extremistes-hindous-contre-les-musulmans-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Samedi 9 novembre, la Cour Suprême indienne a enfin tranché une bataille juridique vieille de presque sept décennies, qui a opposé parfois dans le sang musulman et hindou. Et elle a jugé en faveur de ses derniers : sur le site d&rsquo;Ayodhya, dans l&rsquo;Uttar Pradesh, sera bien érigé un temple hindouiste dédié à Ramā, le héros du <em>Ram</em><em>āyan</em>a, roi légendaire de l&rsquo;Inde et septième avatar du dieu Vishnu, supposément né en ce lieu. Le temple sera construit à l&#8217;emplacement exact où se situait la mosquée du premier empereur moghol Bābur (1483-1530), prince timouride descendant de Tamerlan et Gengis Khan, érigée au XVIème siècle. Celle-ci avait été détruite en 1992 lors d&rsquo;émeutes, les plus sanglantes depuis la Partition en 1947, qui ont tué près de 2000 personnes. Pour compenser les musulmans, les cinq juges qui ont pris cette décision à l&rsquo;unanimité ont demandé au gouvernement de Narendra Modi de leur allouer un autre terrain « bien en vue » à Ayodhya pour reconstruire leur mosquée.</p>
<p>La décision de la Cour Suprême va entraîner de lourdes implications politiques. On pourrait légitimement se demander pourquoi celle-ci n&rsquo;a pas tranché, à l&rsquo;instar des juges de la cour de justice de l&rsquo;Uttar Pradesh en 2010, en faveur d&rsquo;un partage équitable du site entre hindous et musulmans. Les juges s&rsquo;étaient alors basés uniquement sur les faits historiques, rappelant que des siècles durant, hindous et musulmans avaient cohabité en bonne intelligence et adoré leurs dieux respectifs en un seul et même lieu. Faire d&rsquo;Ayodhya un lieu partagé, symbole d&rsquo;une Inde séculière et démocratique, qui reconnaît et admet plusieurs religions, et en particulier les deux qui avaient le plus forgé son histoire, apparaissait comme une possibilité d&rsquo;apaisement et de réconciliation pleine de bon sens.</p>
<p>Mais en préférant trancher en faveur d&rsquo;un mythe plutôt que d&rsquo;une réalité historique, en choisissant de reconnaître la souveraineté des hindous sur Ayodhya, la Cour Suprême a validé un nationalisme identitaire, qui est le fond idéologique du gouvernement de Narendra Modi. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pour lui une immense victoire politique puisque son parti ultra-nationaliste, le Bharatiya Janata Party, avait fait de la reconstruction du temple de Ramā l&rsquo;un de ses principaux combats depuis 1992.</p>
<p>Les objectifs de Modi, et des extrémistes hindous derrière lui, n&rsquo;ont jamais été ambigus. Réécrire l&rsquo;Histoire d&rsquo;une « Mother India » expurgée des traces, pourtant glorieuses, des Moghols, marginaliser les musulmans au bénéfice des seuls hindous, telle est la direction que le BJP souhaite donner à l&rsquo;Inde, et celle-ci trouve un large écho populaire si l&rsquo;on en juge par l&rsquo;éclatante réélection du Premier ministre en mai dernier. Au lendemain de cette victoire, nombreux étaient alors les hindous à penser que ce second mandat verrait la décision finale rendue concernant Ayodhya. Ils ont eu effectivement gain de cause.</p>
<p>Dans les faits, la décision ne changera guère la situation des musulmans d&rsquo;Ayodhya. Cela fait en effet vingt-cinq ans qu&rsquo;ils doivent tolérer la présence d&rsquo;une tente abritant une statue de Ramā, qui fait office de temple et où se rendent plusieurs milliers de pèlerins chaque jour : une validation tacite des actions violentes qui ont amené la destruction de leur mosquée. Régulièrement, depuis 1992, des violences ont été commises à leur encontre par des ultra-nationalistes hindous. Ainsi en 2002, dix ans plus tard, lorsque des hindous de retour d&rsquo;Ayodhya en train avaient multiplié les exactions contre les passagers musulmans et séquestrées des femmes.</p>
<p>Certains musulmans espèrent qu&rsquo;avec ce jugement tant attendu, les hindous se déclareront satisfaits et les laisseront enfin vivre en paix. Mais pourquoi s&rsquo;arrêter en si bon chemin ? Le « cas Ayodhya » est d&rsquo;autant plus grave qu&rsquo;il constitue désormais une jurisprudence. Pourquoi ne justifierait-elle pas la destruction d&rsquo;autres lieux emblématiques de l&rsquo;héritage moghol ? Après tout, aux yeux des ultra-nationalistes, même le Tāj Mahal, symbole s&rsquo;il en est de l&rsquo;Inde à travers le monde, incarne le souvenir d&rsquo;une oppression ! Pour Ram Madhav, secrétaire général du BJP, l&rsquo;Inde doit mener envers son passé musulman le même exorcisme que celui opéré après la fin de la colonisation britannique. Et tant pis pour le raccourci historique et la négation de l&rsquo;impact culturel des Moghols sur la civilisation indienne&#8230;</p>
<p>Narendra Modi a eu beau déclarer dès samedi soir que nul ne se sentirait exclu dans cette « Inde nouvelle », les musulmans indiens craignent, avec raison, d&rsquo;être encore un peu plus marginalisés par cette décision. Comment leur en vouloir, au vue de la situation que connaît l&rsquo;Etat de Jammu-et-Cachemire ? Littéralement annexée par l&rsquo;Inde depuis le 5 août dernier, la majorité musulmane cachemirie vit depuis lors coupée du monde, sans réseaux de communication et sous couvre-feu. Comment ne pas craindre de voir la violence sectaire s&rsquo;institutionnaliser dans un pays où les exactions contre les musulmans sont rarement condamnés par le gouvernement, et où les membres du parti majoritaire eux-mêmes les encouragent ? Si beaucoup de musulmans préfèrent se résigner concernant la décision sur Ayodhya, espérant ainsi apaiser les tensions, d&rsquo;autres songent à la contester, quitte à allumer un nouveau conflit communautaire.</p>
<p>En vérité, ce jugement pourrait effectivement être la provocation de trop. Le gouvernement Modi était si conscient des risques que quelques heures après le verdict de la Cour Suprême, le ministère de l&rsquo;Intérieur indien renforçait déjà les mesures de sécurité à New Delhi ainsi qu&rsquo;à Ayodhya, où les forces de l&rsquo;ordre étaient déjà déployées depuis plusieurs jours. Le 12 novembre, un million de pèlerins y étaient attendus pour un bain rituel dans la rivière Sarju. Rues et réseaux sociaux ont été placés sous surveillance, ces derniers pour éviter la circulation de fausses rumeurs, et les écoles ont été fermées pendant deux jours.</p>
<p>Ce qui n&rsquo;était il y a quelques mois qu&rsquo;un soupçon est devenu une certitude : cette décision porte atteinte non seulement à la citoyenneté des musulmans indiens, mais aussi à la stabilité de l&rsquo;Inde elle-même en tant que nation, et à son histoire. La « plus grande démocratie du monde » autoproclamée s&rsquo;éloigne de plus en plus de ses fondations séculières. A cet égard, il n&rsquo;est pas certain que la stratégie ultra-nationaliste de Modi, lui qui nourrit de grandes ambitions économiques pour l&rsquo;Inde, soit gagnante à long terme.</p>
<p>D&rsquo;ici 2025, Modi souhaite en effet en faire une économie pesant près de 5000 milliards. Mais pour l&rsquo;heure, la croissance est faible, et le chômage atteint le chiffre astronomique de 45% de la population active. Modi multiplie les déplacements à l&rsquo;étranger pour trouver de nouveaux partenaires commerciaux. Mais la communauté internationale condamne de plus en plus fortement son orientation politique, et verrait très certainement d&rsquo;un mauvais œil l&rsquo;émergence d&rsquo;une guerre civile qui menacerait les affaires. L&rsquo;enjeu est tellement pris au sérieux que de nombreux officiels – sous couvert d&rsquo;anonymat &#8211; ont abondamment communiqué auprès des médias pour assurer qu&rsquo;aucune mosquée ne serait détruite à la suite de la décision de la Cour Suprême. A Modi de voir si les préoccupations religieuses seront, encore une fois, au-dessus des réalités historiques et de la <em>real politik</em>, quitte à fragiliser ce colosse aux pieds d&rsquo;argile qu&rsquo;est l&rsquo;Inde.</p>
<p><strong>NB</strong> : J&rsquo;évoque les relations entre hindous et musulmans depuis les débuts de l&rsquo;Empire moghol jusqu&rsquo;à nos jours dans mon dernier livre <em>Le Pakistan, de l&rsquo;Empire moghol à la République islamique</em>, publié aux éditions de l&rsquo;Archipel.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 12/11/2019.</strong></p>
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		<title>Les musulmans de l&#8217;Assam déchus de leur nationalité indienne</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-musulmans-de-lassam-dechus-de-leur-nationalite-indienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Sep 2019 07:04:54 +0000</pubDate>
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<p>Samedi 31 août, les musulmans d’Inde ont subi une nouvelle humiliation et une nouvelle menace pour leurs droits en tant que citoyens, d’autant plus inquiétante que celle-ci semble vouée à se répéter dans l&rsquo;Inde toute entière.</p>
<p>Ce matin-là, deux millions de musulmans de l&rsquo;Etat de l&rsquo;Assam, au nord-est du pays, ont parcouru en vain les listes du recensement opéré sur les 33 millions d&rsquo;habitants de l&rsquo;Etat, et rendues publiques par la Cour Suprême indienne : leurs noms n&rsquo;étaient pas présents. Ils sont donc devenus, du jour au lendemain, apatrides dans leur propre pays.  Il y a un an, une première tentative similaire avait exclu quatre millions de citoyens, qui avaient eu jusqu’au 31 décembre 2018 pour faire appel et prouver leur nationalité indienne. La moitié avait alors pu être réintégrée. A nouveau, l&rsquo;Inde leur offre gracieusement 120 jours pour faire recours et prouver que leurs ancêtres étaient présents en Inde avant le 24 mars 1971. Mais au sein d&rsquo;une population où l&rsquo;illettrisme reste très présent, et dans un Etat où les registres ont pu disparaître au gré des catastrophes naturelles et où les actes de naissance ne sont pas systématiques, les difficultés pour rassembler les pièces nécessaires risquent fort d&#8217;empêcher une grande partie d&rsquo;entre eux de tenter toute action judiciaire.</p>
<p>Pourquoi choisir la date du 24 mars 1971 comme marqueur temporel ? Pour des raisons à la fois historiques et politiques. L&rsquo;Assam est une région frontalière avec le Bangladesh et autrefois composante du vaste Bengale, la province la plus riche de l&rsquo;Inde britannique, dont la population fut très longtemps majoritairement musulmane. Les particularismes bengali, dont une riche culture  littéraire et surtout une conscience politique active dès la seconde moitié du XIXème siècle, ont longtemps posé problème au Raj britannique d&rsquo;abord, puis au Pakistan nouvellement créé en 1947. En effet, à l&rsquo;issue de la Partition, le Pakistan comportait deux « ailes », une située à l&rsquo;ouest, correspondant au Pakistan actuel, l&rsquo;autre à l&rsquo;est, correspondant au Bengale, qui supporta mal de devoir se soumettre aux lointaines décisions prises à Karachi, puis Islamabad. Ce Pakistan oriental gagna son indépendance le 24 mars 1971 pour devenir le Bangladesh d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, Etat à la population majoritairement musulmane. Une partie des musulmans de l&rsquo;Assam descendent de ceux qui firent le choix de s&rsquo;y réfugier avant cette date et de prendre la nationalité indienne, afin de fuir les sanglants affrontements entre Bengalis partisans de l&rsquo;indépendance et le pouvoir central pakistanais. Cependant, les migrations de Bengalis ont jalonné l&rsquo;histoire de l&rsquo;Etat tout au long des cent dernières années. De nombreux habitants musulmans de l&rsquo;Assam se considèrent donc depuis toujours parfois comme Bengalis, mais avant tout comme Indiens, et en aucun cas comme Bangladais.</p>
<p>Mais depuis que le Bharatiya Janata Party de Narendra Modi est au pouvoir, les nationalistes hindous soupçonnent les musulmans bangladais de franchir illégalement la frontière, et donc de « grossir » la population musulmane de l&rsquo;Assam. Des émeutes inter-communautaires ont effectivement longtemps eu lieu dans cet Etat, jusqu&rsquo;à ce que les plus sanglantes, dans les années 1980, décident New Delhi d&rsquo;octroyer la nationalité indienne à tous les migrants bengalis et de pacifier ainsi la région. Pour autant, un certain racisme anti-bengalis, accusés de tous les maux dont on affuble généralement les immigrés – vol des emplois, remplacement culturel, et même en l&rsquo;espèce, une cruauté qui serait propre aux Bengalis&#8230; &#8211; a perduré. Aujourd&rsquo;hui légalement apatrides, les musulmans déchus de leur nationalité par la décision du 31 août 2019 sont désormais assimilés à des migrants vivant illégalement sur le territoire indien, donc susceptibles d&rsquo;être emprisonnés ou expulsés.</p>
<p>Cette vaste opération de recensement est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une décision prise en 2015 par la Cour Suprême, mais en réalité beaucoup plus ancienne. Décidé en 1985, ce recensement n&rsquo;avait jamais été organisé. Néanmoins, le BJP y a vu l&rsquo;occasion, dès son arrivée au pouvoir local dans l&rsquo;Assam en 2016 et avec la bénédiction d&rsquo;un Premier ministre issu de ses rangs, de faire de l&rsquo;Etat le « laboratoire » de son principal objectif : transformer l&rsquo;Inde en une nation hindoue. A l&rsquo;échelle de l&rsquo;Assam, les partisans du BJP se sont ainsi servis du recensement pour « expurger » la population de ses citoyens musulmans au bénéfice des seuls hindous. Et ceux-ci sont plutôt déçus du résultat : ils comptaient sur l’exclusion de cinq millions de citoyens!</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, face aux légitimes critiques que cette décision a suscitées et aux risques de débordements qui ont motivé le renforcement des mesures de sécurité, le gouvernement Modi répond que la liste exclut également des hindous&#8230; sans fournir plus de détails. Comme l&rsquo;ont souligné de nombreux observateurs, la politique de redéfinition d&rsquo;une citoyenneté désormais ethnique, uniquement basée sur une « hindouïté » fantasmée, et excluant toutes les autres minorités, se poursuit sans que personne ne semble en mesure de l&rsquo;arrêter. Modi a ainsi promis qu&rsquo;il mettrait en place une initiative similaire à l&rsquo;échelle nationale, et dans l&rsquo;Etat du Nagaland, voisin de l&rsquo;Assam, les autorités locales veulent lancer un recensement encore plus ciblé, cette fois à l&rsquo;attention des quatre cent minorités tribales qui y vivent.</p>
<p>Entre les deux évènements qui ont marqué le mois d&rsquo;août en Inde, ouvert avec la quasi-annexion du Cachemire et clôt par la déchéance de nationalité de deux millions de musulmans de l&rsquo;Assam, des similitudes se distinguent nettement. Le Cachemire comme l&rsquo;Assam sont des régions frontalières problématiques pour l&rsquo;Inde, à l&rsquo;ouest avec le Pakistan, à l&rsquo;est avec le Bangladesh. Dans les deux cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;anciennes régions de l&rsquo;Inde moghole, à la population majoritairement musulmane depuis des siècles. La décision du 31 août est un prolongement administratif et direct du « coup d&rsquo;Etat » du Cachemire, lequel s&rsquo;est de plus assorti d&rsquo;un déploiement militaire. Elle se place également dans la lignée d&rsquo;une loi passée en janvier dernier, qui accorde la nationalité indienne «<em> à tous les ressortissants du Pakistan, d&rsquo;Afghanistan et du Bangladesh, qu&rsquo;ils soient hindous, chrétiens, sikhs, bouddhistes, jaïns ou parsis </em>». L&rsquo;absence des musulmans de la liste est éloquente.</p>
<p>Le dessein du BJP est parfaitement clair : « nettoyer » ces régions de ces populations et constituer une Inde à l&rsquo;identité sans équivoque, essentiellement hindoue, où même les Sikhs, dont la pensée est pourtant aussi proche de l&rsquo;islam que de l&rsquo;hindouisme, sont plus tolérés que les musulmans. Après tout, les propos d&rsquo;Amit Shah, président du BJP et aujourd&rsquo;hui ministre de l&rsquo;Intérieur de Modi, lors de la campagne des législatives en avril dernier, résumait cette idéologie en termes très simples : il avait alors promis « <em>d&rsquo;éliminer tous les infiltrés du pays à l&rsquo;exception des bouddhistes, des hindous et des sikhs</em> », ajoutant que les immigrés bangladais étaient des « <em>termites</em> »&#8230; soit des êtres nuisibles dont il convient de se débarrasser.</p>
<p>Concrètement, que vont devenir tous ces apatrides, musulmans ou appartenant à d&rsquo;autres minorités ethniques et religieuses ? L&rsquo;idéal pour les nationalistes hindous serait évidemment de les expulser vers les « pays-refuges » que seraient le Pakistan et le Bangladesh pour les musulmans. Or, il n&rsquo;existe pour l&rsquo;heure aucun accord d&rsquo;extradition entre l&rsquo;Inde et le Bangladesh, et les décisions du gouvernement Modi de ces dernières semaines n&rsquo;arrangent en rien les relations avec le Pakistan&#8230; L&rsquo;option la plus effrayante, envisagée très sérieusement par New Delhi, est celle de la détention de ces « migrants illégaux » dans des camps, aujourd&rsquo;hui au nombre de six&#8230; La construction de dix nouveaux camps a déjà été lancée.</p>
<p>Toutefois les ONG estiment que dans l&rsquo;immédiat, ces camps seraient dans l&rsquo;incapacité de recevoir deux millions de personnes. Aussi, les musulmans déchus de leur nationalité risquent fort de devenirs des habitants clandestins, condamnés à errer dans les limbes de la société indienne, sans droits ni existence légale.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><b>Paru dans Le Nouvel Économiste du 03/09/2019.</b></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>L’arc chiite, une réalité plus politique que militaire ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/larc-chiite-une-realite-plus-politique-que-militaire%e2%80%89/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jul 2018 15:48:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[Adepte de longue date de la realpolitik, l&#8217;Iran sait choisir ses batailles. Au sein du monde musulman, l&#8217;Iran conserve une<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/larc-chiite-une-realite-plus-politique-que-militaire%e2%80%89/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Adepte de longue date de la realpolitik, l&rsquo;Iran sait choisir ses batailles.</p>
<p>Au sein du monde musulman, l&rsquo;Iran conserve une spécificité depuis le XVIe siècle puisqu’il est le seul pays à avoir fait du chiisme duodécimain sa religion officielle, par la grâce du Shah Ismaël Ier (1487-1524). Une décision qui a concerné non seulement l’Iran, mais tous les pays limitrophes appartenant à l’Empire safavide (1501-1736). Dans les pays de l’ancien Empire perse vivent toujours aujourd’hui d’importantes communautés chiites.</p>
<p>Lisez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;article sur <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/larc-chiite-une-realite-plus-politique-que-militaire%e2%80%89-63948/" target="_blank" rel="noopener">Le Nouvel Economiste</a>.</p>
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