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	<title>Kharg &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Accident ou sabotage ? Le naufrage du Kharg fragilise l&#8217;Iran</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2021 15:56:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
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					<description><![CDATA[Deux drames ont coûté mercredi à l&#8217;Iran l&#8217;un de ses plus puissants navires militaires et une importante raffinerie pétrochimique, propriété<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/accident-ou-sabotage-le-naufrage-du-kharg-fragilise-liran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux drames ont coûté mercredi à l&rsquo;Iran l&rsquo;un de ses plus puissants navires militaires et une importante raffinerie pétrochimique, propriété de l&rsquo;Etat iranien. Le <em>Kharg</em> a coulé au large du détroit d&rsquo;Ormuz après plusieurs heures de lutte contre un incendie d&rsquo;origine indéterminée – une explosion survenue dans la salle des machines est parfois évoquée – tandis que quelques heures plus tard, c&rsquo;est un gigantesque incendie, consécutif à une fuite de gaz et à une explosion, qui s&rsquo;est déclenché dans la raffinerie au sud de Téhéran.</p>
<p>Le naufrage du <em>Kharg</em> constitue véritablement une lourde perte pour la marine iranienne. Dédié à l&rsquo;entraînement et au soutien logistique, ce navire de guerre était le plus grand en tonnage jusqu&rsquo;à la reconversion du <em>Makran</em> au début de l&rsquo;année comme porte-hélicoptères. Celui-ci ne pourra cependant pas atteindre le niveau d&rsquo;autonomie du <em>Kharg</em>, capable de ravitailler en hydrocarbures et de réapprovisionner d&rsquo;autres navires en haute mer. A cet égard, il a plusieurs fois aidé les forces opérationnelles iraniennes à mener des opérations de lutte contre la piraterie au large de la Corne de l&rsquo;Afrique. Dans la Mer Rouge face aux Israéliens ou lors d&rsquo;escales en Chine et en Indonésie, il servait également la « diplomatie navale » de l&rsquo;Iran. On ignore si le <em>Kharg</em> devait se rendre au Venezuela, ou bien devenir un centre de commandement maritime des Gardiens de la Révolution. Dans les deux cas, ces deux affectations étaient hautement stratégiques.</p>
<div id="smilewanted-infeed-ad"> Le naufrage et l&rsquo;explosion de la raffinerie sont-ils d&rsquo;origine iranienne, ou bien israélienne ? S&rsquo;agit-il d&rsquo;une défaillance technique, ou d&rsquo;une opération de sabotage ? Toutes ces questions sont soulevées, bien que les analystes penchent sérieusement pour l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une attaque d&rsquo;Israël en marge des négociations sur le nucléaire iranien. Les deux accidents sont en effet survenus alors même que l&rsquo;Iran faisait état de progrès significatifs dans les négociations en vue de réactiver l&rsquo;accord de Vienne.</div>
<p>L&rsquo;Iran a fait face ces derniers mois à plusieurs attaques sur ses sites stratégiques, dont le complexe d&rsquo;enrichissement nucléaire de Natanz, qui ont confirmé de graves défaillances dans la sécurité iranienne, comme la haute performance des opérations d&rsquo;infiltration israéliennes à l&rsquo;étranger. L&rsquo;Etat hébreu a tacitement reconnu sa responsabilité dans plusieurs attaques de terrain, notamment en Syrie, et de cyber-attaques contre l&rsquo;Iran, tout comme l&rsquo;assassinat du scientifique Mohsen Fakhrizadeh en novembre dernier. Pour autant, Israël n&rsquo;a ni démenti ni revendiqué la moindre implication dans la double catastrophe de cette semaine. Le Pentagone a confirmé avoir pris connaissance de la perte du <em>Kharg</em>, sans commenter davantage.</p>
<div> Le Golfe Persique reste néanmoins le théâtre d&rsquo;une guérilla navale qui dure depuis 2019 entre l&rsquo;Iran, Israël et les Etats-Unis. Précisément, le 27 avril dernier, une opération assez semblable était survenue dans la Mer Rouge, au large du Yémen, contre un autre navire militaire iranien, le <em>Saviz</em>. Les Israéliens avaient alors prévenu les Etats-Unis de cette attaque, menée officiellement « en représailles à des frappes antérieures de l&rsquo;Iran », mais étrangement programmée en marge, une fois encore, de progrès manifestes lors des négociations sur le nucléaire iranien.</div>
<p>Ce contexte soulève donc deux hypothèses. Dépité par la volonté de Joe Biden de reprendre le dialogue avec Téhéran, Israël pourrait avoir décidé d&rsquo;agir de manière indépendante contre l&rsquo;Iran en vue de défendre sa sécurité nationale. Une autre possibilité serait celle d&rsquo;opérations menées en réalité par proxy par les Américains, en vue d&rsquo;affaiblir Téhéran et de gagner davantage de marge de manœuvre dans les négociations à Vienne. Dans les deux cas, Israël n&rsquo;a jamais caché, depuis le mois d&rsquo;avril, sa ferme opposition à ce traité qu&rsquo;il considère inapte à limiter les ambitions militaires de l&rsquo;Iran. Après l&rsquo;attaque menée contre le site de Natanz, Washington s&rsquo;était gardé de tout commentaire, se bornant à nier toute implication « <em>de quelque manière que ce soit</em> ».</p>
<p>Pour l&rsquo;heure, la République islamique n&rsquo;a pas répondu à ces provocations. Elle a en effet tout intérêt à minimiser les succès israéliens, à la fois pour éviter de souligner ses propres faiblesses en matière de sécurité intérieure, mais aussi pour ne pas envenimer les négociations sur l&rsquo;accord de Vienne. Pour éviter le piège de l&rsquo;escalade dans lequel Israël aimerait tant le voir tomber, l&rsquo;Iran pourrait choisir, à dessein, la résistance et la patience.</p>
<p>Une dernière thèse, plus embarrassante, mérite néanmoins d&rsquo;être soulevée : celle de l&rsquo;accident provoqué par la vétusté de l&rsquo;équipement militaire de la République islamique. Commandé à l&rsquo;époque du Shah à la Grande-Bretagne et achevé en 1977, le <em>Kharg</em> n&rsquo;a été livré qu&rsquo;en 1984, en pleine guerre contre l&rsquo;Irak, après de longues négociations. Si de tels accidents peuvent frapper n&rsquo;importe quelle armée, leur récurrence au sein des forces iraniennes pose tout de même question. Mardi dernier, la veille du naufrage du <em>Kharg</em>, une défaillance technique des sièges éjectables d&rsquo;un F-5 antérieur à 1979 a coûté la vie à deux pilotes, alors que l&rsquo;appareil était encore au sol. L&rsquo;année dernière, durant un exercice militaire, un missile lancé d&rsquo;une frégate iranienne a frappé par erreur un autre navire dans le port de Jask, faisant 19 morts et 15 blessés parmi les marins. En 2018, un contre-torpilleur iranien avait également coulé en mer Caspienne en raison d&rsquo;une erreur humaine. Entre 2003 et 2020, pas moins d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;accidents dus à des défaillances techniques ont été relevés au sein des forces armées iraniennes. Qu&rsquo;il soit donc le fait d&rsquo;une nouvelle opération de sabotage israélienne ou d&rsquo;une défaillance technique, le naufrage du <em>Kharg</em> met malheureusement en lumière les failles du système de sécurité iranien, y compris dans le contre-espionnage, dans un contexte diplomatique pourtant lourd d&rsquo;enjeux pour son avenir économique et géopolitique.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 06/06/2021.</strong></p>
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