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	<title>Jordanie &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Égypte et Jordanie bientôt réconciliées avec l&#8217;Iran ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/egypte-et-jordanie-bientot-reconciliees-avec-liran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Sep 2023 13:24:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
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					<description><![CDATA[Si la reprise des relations bilatérales entre l’Iran et l’Arabie saoudite laisse encore planer des doutes sur les bénéfices économiques<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/egypte-et-jordanie-bientot-reconciliees-avec-liran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Si la reprise des relations bilatérales entre l’Iran et l’Arabie saoudite laisse encore planer des doutes sur les bénéfices économiques que les deux pays pourront en tirer, il est indubitable que l’accord signé en mars a déjà contribué à initier une nouvelle dynamique régionale en faveur d’une stabilisation forte. Obtenir une véritable désescalade et un Moyen-Orient apaisé est en effet dans l’intérêt des deux rivaux, quitte à faire évoluer leur position sur de nombreux dossiers clés de la région. Ainsi, la voie ouverte par l’Arabie saoudite a largement contribué ces derniers temps à favoriser un rapprochement de l’Iran avec deux autres grandes puissances du monde arabe, l’Égypte et la Jordanie, où Oman et l’Irak jouent un rôle déterminant de médiateurs.</p>
<p>Bien qu’il attire particulièrement l’attention depuis le mois de mars dernier, ce processus de normalisation avec le monde arabe a été en réalité initié dès 2021, sous l’impulsion du régime iranien et du guide suprême qui l’avait érigé en nouvelle priorité stratégique. Le cas du Caire est singulièrement majeur. Depuis la fondation de la République islamique en 1979, et en raison des nombreux bouleversements géopolitiques et idéologiques qu’elle a entraînés, l’Égypte et l’Iran ont connu un froid diplomatique durable, qui a pu être tempéré, quoique de façon éphémère, par la prise de pouvoir des Frères musulmans en Égypte en 2013. En dépit de son extrême proximité avec l’Arabie saoudite, les Émirats et les États-Unis, le président égyptien Abel Fattah al-Sissi a initié, avec l’aide de l’Irak, une très progressive reprise du dialogue avec l’Iran, l’Égypte partageant notamment ses choix stratégiques en Syrie, à la différence du gouvernement de son prédécesseur Mohammed Morsi.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Accord Iran-Égypte en vue ?</strong></h4>
<p>Alors que les États arabes du Moyen-Orient, largement influencés en cela par Riyad, partageaient une vision commune et négative de leurs relations avec l’Iran, les progrès de la normalisation irano-saoudienne ont largement contribué à décomplexer Le Caire vis-à-vis de Téhéran, ainsi qu’à favoriser le retour de Bachar El-Assad sur la scène diplomatique du Moyen-Orient en mai dernier. Menés en parallèle, les deux processus n’en ont pas moins été interconnectés depuis deux ans. Il faut souligner le rôle de l’Irak dans ses rapprochements, largement facilités par la proximité qu’entretenait l’ancien Premier ministre Moustafa al-Kazimi avec les pétromonarchies du golfe Persique et l’Égypte, à la différence de son successeur Mohammed Chia al-Soudani. Il semblerait donc qu’Oman, qui de longue date a fait du travail de médiation le cœur de son action diplomatique, ait pris le relais pour faciliter le rapprochement entre l’Iran et l’Égypte. Ainsi en mai dernier, le sultan Haïtham ben Tariq s’est tendu successivement au Caire et à Téhéran porteur de messages exprimant une volonté de dialogue, de négociations et d’entente commune sur certains dossiers régionaux.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Il semblerait qu’Oman, qui a fait de la médiation le cœur de son action diplomatique, ait pris le relais pour faciliter le rapprochement entre l’Iran et l’Égypte”</em></p>
<p>À ce stade, les négociations entre l’Égypte et l’Iran semblent à mi-chemin d’un accord d’envergure. Les dossiers relatifs au conflit israélo-palestinien, au Yémen et à la Syrie, sans oublier les questions de sécurité frontalière – cruciales pour l’Égypte – entre la bande de Gaza et le Sinaï, ont également fait partie des échanges. Selon des sources diplomatiques, les deux pays pourraient ainsi annoncer un rétablissement officiel de leurs relations diplomatiques dans les prochains mois.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Iran-Jordanie, un rapprochement plus complexe</strong></h4>
<p>S’il est également engagé depuis deux ans, le rapprochement de Téhéran avec la Jordanie semble en revanche plus lent et complexe à mettre en œuvre. Si les deux pays se sont déjà mutuellement rassurés sur leurs intentions politiques et géostratégiques, les discussions n’ont néanmoins pas dépassé le stade des dossiers sécuritaires. Sur ce point, le nécessaire renforcement de la coopération sécuritaire régionale en matière de lutte contre le trafic de drogue a été central. L’Iran et la Jordanie auraient déjà convenu d’établir une cellule de coopération trilatérale avec l’Irak, afin de limiter la circulation des substances vers la Jordanie depuis l’Irak et la Syrie. L’enjeu est d’autant plus délicat que la Jordanie soupçonne certains “mandataires” iraniens d’y tenir un rôle actif.</p>
<p>Mais les questions politiques demeurent en suspens, et notamment celle relative à la construction du pipeline entre Bassora et Aqaba. Ce projet d’infrastructure pétrolière, dont l’idée remonte aux années 1980, est redevenu de première importance pour l’Irak sous l’administration al-Kazimi, puisqu’il permettrait de transporter le pétrole irakien de Bassora jusqu’à la mer Rouge via le port d’Aqaba, en Jordanie, de façon à contourner le détroit d’Ormuz sous contrôle de l’Iran. Cette liaison assurerait donc un précieux recours en cas de blocus ou d’aléas géopolitiques dans le golfe Persique, afin de maintenir une connexion au marché mondial via le canal de Suez. L’administration al-Soudani a poursuivi cet engagement en dépit de la vive opposition des groupes chiites soutenus par l’Iran, qui l’apparentent à une normalisation avec Israël et reprochent également au gouvernement irakien de fournir gratuitement la Jordanie en pétrole, ce qui représenterait une perte de bénéfices pour le pays. Mais en créant une concurrence et en permettant à l’Irak de diversifier sa clientèle, le projet risque plus vraisemblablement de diminuer le poids de l’Iran dans le secteur international de l’énergie. Il n’en reste pas moins qu’il pourrait aussi faciliter l’intégration régionale et la coopération économique, ce qui, au-delà des légitimes conflits d’intérêts, demeure aujourd’hui l’objectif principal des pays du Moyen-Orient.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Le pipeline entre Bassora et Aqaba pourrait faciliter l’intégration régionale et la coopération économique, ce qui demeure l’objectif principal des pays du Moyen-Orient”</em></p>
<p>Tous ces efforts diplomatiques entrepris en dépit de multiples différents dénotent donc deux aspects : l’Iran comme ses voisins ont compris l’immense intérêt d’une coopération économique, politique et sécuritaire, d’un renforcement des relations bilatérales et de la représentation diplomatique dans leurs pays respectifs. Pour ce faire, l’accord irano-saoudien obtenu sous égide chinoise semble avoir posé un nouveau principe diplomatique efficace, le travail de médiation de pays tiers, qui motive grandement les efforts de dialogue et de négociations positifs. Le succès de toute initiative diplomatique repose désormais sur des propositions de garanties solides, et surtout leur respect, condition <em>sine qua non</em> pour de nouvelles relations basées sur la confiance.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 28/09/2023.</strong></p>
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		<title>L’image d&#8217;une Jordanie stable vole en éclats</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/limage-dune-jordanie-stable-vole-en-eclats/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Apr 2021 17:06:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Jordanie]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[L’ancien vice-prince héritier du royaume jordanien, Hamza ben Hussein, soupçonné d’avoir voulu renverser son demi-frère Abdallah II, le roi actuel<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/limage-dune-jordanie-stable-vole-en-eclats/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-8710 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/04/coup-fatal-a-limage-de-stabilite-de-la-jordanie-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/04/coup-fatal-a-limage-de-stabilite-de-la-jordanie-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/04/coup-fatal-a-limage-de-stabilite-de-la-jordanie-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/04/coup-fatal-a-limage-de-stabilite-de-la-jordanie-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>L’ancien vice-prince héritier du royaume jordanien, Hamza ben Hussein, soupçonné d’avoir voulu renverser son demi-frère Abdallah II, le roi actuel de Jordanie, a été assigné à résidence dans son palais à Amman, capitale de la Jordanie.</p>
<p><strong>Un complot déjoué à l’origine de l’assignation à résidence de l’ancien prince</strong></p>
<p>Le vice-Premier ministre jordanien, Aymane Safadi, a déclaré qu’un <em>« plan maléfique »</em> avait visé le Roi Abdallah II, pour <em>« porter atteinte à la sécurité » </em>du pays. Les services de sécurité jordaniens ont déclaré avoir appréhendé les suspects à l’étape des discussions d’un <em>« calendrier d’action »</em> et estiment que <em>« la sédition a été tuée dans l’œuf »</em>. Le suspect numéro un de ce prétendu <em>« complot complexe et de grande envergure »</em> n’est autre que le demi-frère du Roi Abdallah II et dernier fils du Roi Hussein et de la reine Noor, sa quatrième femme. Le mobile serait tout trouvé puisque Hamza ben Hussein nourrirait une rancœur à l’égard du monarque, arrivé au pouvoir en 1999, après qu’il l’ait démis de son titre de prince héritier en 2004 au profit de son fils et ce, contre les vœux de leur défunt père, le Roi Hussein. Par ailleurs, il n’aurait pas agi seul puisqu’<em>« un autre membre de la famille royale ainsi que des chefs tribaux et des membres de la direction de la sécurité du pays »</em> seraient également impliqués. Malgré la débâcle évidente, la famille royale s’est évertuée à éviter de parler <em>« d’un coup d’État » </em>et a assuré que la situation était sous contrôle.</p>
<p><strong>Réel complot ou Grandes Purges version hachémite ?</strong></p>
<p>Alors que la dynastie hachémite, hautement légitimée par sa filiation directe avec le prophète Mahomet de par son ancêtre Hachem, jouit d’une réputation de stabilité et de tranquillité dans une région impactée par les rivalités religieuses et politiques, le scandale impliquant l’ancien dauphin éclipse l’anniversaire des cent ans d’existence du royaume qui aura lieu dimanche prochain. En effet, l’Émirat de Transjordanie fut créé par le Roi Abdallah le 11 avril 1921 aux côtés de la Palestine et fut indépendant dès la fin du mandat britannique le 22 mars 1946, date à laquelle les hachémites ont été repoussés vers le territoire jordanien par les Anglais. Les luttes d’influence dans cette zone ont engendré la montée en puissance du royaume saoudien, privilégié par les Anglais et la perte des trois lieux saints pour les hachémites à savoir La Mecque, Médine et Jérusalem. Depuis quelques années, le Roi Abdallah II doit composer avec de nombreuses difficultés. En effet, depuis les Printemps arabes, la dynastie s’est vue ébranlée par des manifestations réclamant une démocratisation et une ouverture du pays. Les révoltes et dissensions se sont considérablement accrues au fur et à mesure de la dégradation de la situation économique, sur fond de dénonciation de corruption des hauts placés et membres de la famille royale jordanienne. La Jordanie, qui ne dispose pas de ressources naturelles comme ses voisins du Golfe Persique, peine en effet à garder la tête hors de l’eau. Accueillant 2,2 millions de réfugiés palestiniens et 1,3 million de réfugiés syriens, la Jordanie souffre d’un chômage endémique (23%), d’une forte dette publique et voit depuis la crise de la Covid-19, son tourisme être sévèrement impacté. Le royaume survit essentiellement grâce à l’aide économique de ses partenaires américain, israélien et saoudien. De plus, les frontières partagées avec Israël, l’Irak et la Syrie, trois pays livrés à des guerres longues et meurtrières, sont une difficulté de plus à gérer pour le Roi. Enfin, soucieux de préserver l’unité de son pouvoir, ce dernier a mis au pas ses rivaux potentiels au cours des dernières années. Toutefois, Hamza ben Hussein, s’est avéré être un opposant récalcitrant. En effet, malgré sa destitution qui l’a cantonné à un rôle symbolique, ce dernier est dans la ligne de mire du Roi en raison de sa propension à la critique de sa gestion du royaume mais également de sa grande popularité auprès du peuple jordanien et de sa légitimité dynastique. Bien que théoriquement coupé du monde extérieur depuis son assignation à résidence il y a quelques jours, ordonnée par le chef d’état-major de l’armée, l’ancien dauphin a fait savoir par la voie de son avocat qu’il n’obéirait pas aux ordres du général Youssef Huneiti. Il en a également profité pour rendre publiques ses critiques, autrefois calfeutrées au sein de la famille royale : <em>« Le pouvoir pense que ses intérêts personnels, ses intérêts financiers, sa corruption sont plus importants que la vie, la dignité et l&rsquo;avenir des dix millions de personnes qui vivent ici. Malheureusement, ce pays s&rsquo;est enfoncé dans la corruption, dans le népotisme et dans la mauvaise administration, avec pour résultat l&rsquo;anéantissement ou la perte de l&rsquo;espoir. »</em> Le divorce au sein de la royauté jordanienne est bel et bien consommé.</p>
<p><strong>Quelle puissance étrangère en toile de fond ?</strong></p>
<p>Aymane Safadi, vice-Premier ministre jordanien, avait évoqué à chaud la complicité d’une puissance étrangère sans la nommer. Or, parmi la quinzaine de personnes arrêtées, une personne intrigue particulièrement par son <em>curriculum vitae</em>. En effet, Bassem Awadallah, l’ancien ministre des Finances et du Plan et ex-chef de la Cour royale (2007-2008) &#8211; aux côtés de Cherif Hassan ben Zaid qui a également été arrêté &#8211; fait partie de la liste. Notons qu’il fut également l’ancien ambassadeur de la Jordanie en Arabie Saoudite et est considéré comme un proche du prince héritier saoudien à la réputation sulfureuse, Mohammed ben Salmane, dit MBS. Riyad s’est fendue d’un tweet pour partager son « <em>appui total au royaume hachémite de Jordanie (&#8230;) et aux décisions et mesures prises par le roi Abdallah II et le prince héritier Hussein pour sauvegarder la sécurité et la stabilité </em>» en Jordanie. Malgré le soutien immédiat apporté par l’Arabie Saoudite au roi Abdallah II, les accusations se tournent ainsi vers le royaume saoudien. En effet, les saoudiens sont bien connus dans leurs capacités et zèle à retourner les Ambassadeurs et autres dignitaires étrangers accrédités auprès de leur pays. Rappelons à cet égard le Général Sissi qui après avoir été l’attaché de défense de l’Egypte auprès du royaume saoudien devint le putschiste pro-saoudien qui renversa le Président Morsi, seul chef d’Etat égyptien démocratiquement élu dans l’histoire du pays. Mais l’Arabie Saoudite n’est pas la seule à avoir apporté son soutien au Roi jordanien. En effet, immédiatement après l’annonce de l’arrestation de l’ancien prince héritier et la tempête qui s’en est suivie dans le royaume hachémite, des messages de soutien ont afflué de la part de la Russie, des Émirats arabes unis, d’Israël et des États-Unis en raison du rôle stratégique qu’occupe la Jordanie sur la scène internationale.</p>
<p>De nombreuses questions demeurent ainsi sans réponse. En l’absence de preuves ou de nouveaux éléments, il faudra attendre les explications des autorités jordaniennes pour lever le voile sur cette crise inhabituelle qui a eu raison de l’image d’Épinal de la royauté jordanienne. Après tout, rien n’est moins certain que les Hachémites aient abandonné définitivement leur espoir de regagner leur fief historique que fut la Mecque en lieu et place des Saouds….</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 07/04/2021.</strong></p>
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		<title>Jordanie &#8211; Israël : les points noirs de la rancœur</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/jordanie-israel-les-points-noirs-de-la-rancoeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Mar 2021 10:07:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Jordanie]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annulé sa visite officielle à Abu Dhabi, capitale des Émirats Arabes Unis, prévue<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/jordanie-israel-les-points-noirs-de-la-rancoeur/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-8374 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/tension-croissante-entre-la-jordanie-et-israel-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/tension-croissante-entre-la-jordanie-et-israel-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/tension-croissante-entre-la-jordanie-et-israel-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/tension-croissante-entre-la-jordanie-et-israel-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annulé sa visite officielle à Abu Dhabi, capitale des Émirats Arabes Unis, prévue le 11 mars dernier en raison d’un désaccord avec la Jordanie.</p>
<p><strong>Une rencontre symbolique</strong></p>
<p>Après un report début février de sa visite, en raison des restrictions de voyage liées à la pandémie, une nouvelle visite avait été programmée entre Abu Dhabi et Jérusalem, avant que son annulation n’ait été rendue officielle. Du côté israélien, on invoque un différend avec la Jordanie sur <em>« les dispositions de sécurité et de sûreté du site »</em>. Plus précisément, la Jordanie se serait opposée au franchissement de son espace aérien par Benjamin Netanyahu, en route vers les Émirats Arabes Unis, avant de finalement donner son autorisation. Mais l’équipe du Premier ministre avait déjà annoncé avoir reporté le voyage jusqu’à nouvel ordre. Du côté jordanien en revanche, une autre raison est évoquée pour expliquer la consolidation de la tension diplomatique entre Amman et Jérusalem. Ayman Safadi, le ministre jordanien des affaires étrangères, en visite à Paris le jeudi 11 mars a expliqué qu’Israël avait poussé le prince héritier Hussein bin Abdullah de Jordanie à annuler la visite de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-Est, programmée juste avant la visite de Benjamin Netanyahu en Jordanie. La sécurité du prince aurait été plus armée que prévu par l’accord encadrant ce voyage ce qui aurait mené le service de sécurité israélien à bloquer l’entrée de la sécurité du prince. Le ministre n’a toutefois pas commenté les faits autour de l’espace aérien jordanien. Cette deuxième visite qui a été annulée avait pourtant une véritable symbolique. En effet, cela aurait été la première visite officielle d’un dirigeant israélien aux Émirats arabes unis après l’accord de normalisation conclu au mois de septembre entre les Émirats et Israël sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump, considéré par la Palestine comme une trahison de la part des pays du Golfe Persique. Notons que la visite officielle annulée était planifiée également juste avant un moment fort pour les israéliens qui s’apprêtent à voter le 23 mars prochain dans le cadre de leurs élections législatives. L’actuel Premier ministre, à la tête du parti de droite le Likoud, en tête des intentions de vote aurait ainsi voulu s’appuyer sur cette rencontre officielle avant que les élections ne soient lancées. Pour ne pas perdre la face malgré cet événement, Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il rencontrerait bientôt le prince héritier d’Abu Dhabi après avoir discuté avec lui de la reprogrammation du voyage. Il a également précisé que les Émirats s’étaient engagés à investir 10 milliards de dollars (environ 8 milliards d’euros) à travers la création d’un fonds d’investissement émirati dans des projets liés à des secteurs stratégiques en Israël tels que la production d’énergie, d’eau, la santé, l’agro-technologie et l’espace.</p>
<p><strong>La dégradation progressive des relations entre le royaume hachémite et l’État hébreu</strong></p>
<p>Bien que la Jordanie ait conclu le traité de paix de Wadi Araba avec Israël en 1994, que les liens commerciaux et stratégiques entre les deux pays se soient intensifiés au cours des dernières années, et malgré les accords entre les pays du Golfe Persique et Israël, certains points noirs ont peu à peu cristalliser une certaine rancœur. En effet, des évènements tels que le meurtre non élucidé d’un juge jordanien en 2014 à un poste frontalier israélien ainsi que la mort de deux jordaniens, tués par un agent de sécurité israélien en 2017, ont indéniablement aggravé les tensions et ce malgré la compensation financière par Israël et la réouverture de leur ambassade. Par ailleurs, malgré un engagement en 2013, l’abandon par Israël du « Red Sea-Dead Sea Conveyance », projet d’acheminement d’eau de la mer Rouge vers la mer Morte, en invoquant sa non-rentabilité, a également refroidi Amman car ce projet de coopération régionale permettrait de fournir de l’eau potable dessalée à la Cisjordanie et à la région d’Aqaba et a potentiellement mis un terme à d’autres projets rentables tels que le Jordan Gateway. D’autres points de frictions récents tels que la construction d’un aéroport à proximité de l’aéroport international Roi Hussein de Jordanie et le projet d’annexion de la vallée du Jourdain et des enclaves en Cisjordanie, ont encore plus attisé le courroux des jordaniens. Benny Gantz, ministre de la défense israélien considère que cette dégradation des relations est <em>« l’échec du gouvernement Netanyahu »</em>. Néanmoins, quel que soit le responsable de l’altération des relations, celle-ci demeure une source d’inquiétude et notamment des États-Unis car la Jordanie est un allié stratégique important au Moyen-Orient que ni Jérusalem ni Washington peuvent se permettre de perdre.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 18/03/2021.</strong></p>
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