<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Joe Biden &#8211; Amir Aslani</title>
	<atom:link href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/tag/joe-biden/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com</link>
	<description>Éclairages et réflexions</description>
	<lastBuildDate>Mon, 18 Jul 2022 09:48:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.1</generator>
	<item>
		<title>Ardavan Amir-Aslani, invité de i24 News</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-i24-news/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Jul 2022 09:46:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[i24 News]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<category><![CDATA[Moyen-Orient]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=19401</guid>

					<description><![CDATA[Ardavan Amir Aslani a eu le plaisir d’être l’invité de i24 News afin d&#8217;évoquer la tournée du Président américain, Joe<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-i24-news/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir Aslani a eu le plaisir d’être l’invité de i24 News afin d&rsquo;évoquer la tournée du Président américain, Joe Biden, au Moyen-Orient.</p>
<p>Regarder l’intégralité de l’interview <a href="https://wmshareeurope.blob.core.windows.net/d41f8c50-6a37-11eb-9439-0242ac130002/23874388604-hdtv.mp4" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		<enclosure url="https://wmshareeurope.blob.core.windows.net/d41f8c50-6a37-11eb-9439-0242ac130002/23874388604-hdtv.mp4" length="334922916" type="video/mp4" />

			</item>
		<item>
		<title>Joe Biden en Arabie Saoudite, le couronnement d&#8217;une politique étrangère ambivalente</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/joe-biden-en-arabie-saoudite-le-couronnement-dune-politique-etrangere-ambivalente/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Jul 2022 07:20:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=19392</guid>

					<description><![CDATA[Freiner le développement du nucléaire iranien, rééquilibrer le marché énergétique, refonder la relation entre Washington et Riyad sans donner pour<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/joe-biden-en-arabie-saoudite-le-couronnement-dune-politique-etrangere-ambivalente/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-19393 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/000_32_EK_6_HD_fd93c7348a-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/000_32_EK_6_HD_fd93c7348a-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/000_32_EK_6_HD_fd93c7348a-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/07/000_32_EK_6_HD_fd93c7348a.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Freiner le développement du nucléaire iranien, rééquilibrer le marché énergétique, refonder la relation entre Washington et Riyad sans donner pour autant l&rsquo;impression d&rsquo;adouber Mohammed Ben Salmane, Prince héritier accusé de graves violations des droits de l&rsquo;homme, autant de « nécessités » chargées de dangers politiques pour Joe Biden. Le président américain achève demain sa première visite d&rsquo;Etat au Moyen-Orient, région qu&rsquo;il connaît bien et où il ne s&rsquo;était pas rendu depuis six ans. Mais les choses ont bien changé depuis 2016 : à l&rsquo;époque, le miracle diplomatique du <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em> que l&rsquo;administration Obama, dont il était le vice-Président, était parvenue à réaliser, promettait de normaliser les relations entre les Etats-Unis et l&rsquo;Iran. Aujourd&rsquo;hui, la résurrection de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien paraît de plus en plus hypothétique, tandis que Téhéran est de nouveau considéré comme une menace à contenir d&rsquo;urgence.</p>
<p>La proximité stratégique entre les plus féroces critiques de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien n&rsquo;a fait, en revanche, que des progrès depuis 2015. Israël et l&rsquo;Arabie Saoudite n&rsquo;ont presque plus qu&rsquo;un pas à franchir pour devenir officiellement alliés et contrer la puissance iranienne, tandis que les Etats-Unis semblent valider le projet d&rsquo;une coopération sécuritaire accrue entre l&rsquo;Etat hébreu et les pays arabes de la région face à l&rsquo;Iran.</p>
<p>Joe Biden dispose aujourd&rsquo;hui d&rsquo;une marge de manœuvre bien plus réduite qu&rsquo;en 2016. Bien qu&rsquo;il présente sa visite, différée pendant deux ans, comme un exercice de réalisme, elle résume à elle seule toute l&rsquo;ambivalence de la stratégie américaine dans la région.</p>
<p>Rattrapé par les échéances domestiques, le président américain a mis de côté les bonnes intentions de son début de mandat – faire de l&rsquo;Arabie Saoudite un Etat-paria, réconcilier les Etats-Unis avec l&rsquo;Iran et restaurer le <em>JCPoA</em> -pour tenter de sauver les élections de <em>mid-term</em> et de réduire l&rsquo;inflation galopante aux Etats-Unis. « MBS » n&rsquo;a donc eu qu&rsquo;à attendre patiemment que les Etats-Unis aient besoin de lui pour sortir de l&rsquo;ostracisme diplomatique, et la guerre en Ukraine a confirmé la pertinence de sa stratégie. Soucieux de ne pas sacrifier aux apparences, Joe Biden n&rsquo;annoncera a priori aucun accord énergétique passé avec l&rsquo;Arabie Saoudite lors de sa visite à Jeddah. Mais les deux pays auraient déjà acté une hausse de la production pétrolière saoudienne en septembre (à hauteur de 750 000 barils par jour), juste à temps pour que l&rsquo;impact puisse être ressenti aux Etats-Unis avant les élections de novembre. Le Prince héritier saoudien, pour sa part, aura regagné sa respectabilité en échange de peu, tant l&rsquo;effet de cette hausse de production sur les prix à la pompe reste discutable.</p>
<p>Pour servir ce principal objectif, l&rsquo;Iran a été sacrifié sur l&rsquo;autel de la <em>realpolitik</em>. S&rsquo;il y a quatre mois encore, Robert Malley et Antony Blinken estimaient n&rsquo;avoir qu&rsquo;un mois devant eux pour conclure un accord avec Téhéran avant un possible <em>break-out time</em>, ils ont délibérément laissé passer cette date-butoir&#8230; tout en maintenant que la survie de l&rsquo;accord restait indispensable. L&rsquo;administration Biden confirme donc que les négociations, bien qu&rsquo;au point mort, demeurent ouvertes, sans doute pour ne pas endosser la responsabilité de leur échec éventuel. Mais dans le même temps, la « révélation » du conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan en début de semaine, concernant l&rsquo;aide militaire que l&rsquo;Iran aurait promis à la Russie en Ukraine – la livraison de centaines de drones et l&rsquo;entraînement des troupes russes à leur maniement dès le mois de juillet – visait sans doute à « confirmer » la réalité de la menace iranienne, et à justifier les efforts sécuritaires de la nouvelle <em>Middle East Air Defense Alliance.</em></p>
<p>Le calcul en termes de popularité ne semble déjà pas payant pour Joe Biden. Il y a quelque chose de gênant à voir la première puissance mondiale s&rsquo;abaisser à demander un « service » à un allié aussi peu démocratique que l&rsquo;Arabie Saoudite, au lieu de le convoquer à Washington pour discuter des dossiers qui le préoccupent&#8230; surtout lorsque l&rsquo;administration en place a promis de faire de la défense des droits de l&rsquo;homme le cœur de sa politique étrangère.</p>
<p>Par ailleurs, un fort clivage se dessine au sein même de la Maison-Blanche, entre « faucons » qui réclament plus d&rsquo;ingérence américaine au Moyen-Orient et un déploiement de <em>hard-power</em> face à l&rsquo;Iran, alors que Joe Biden souhaite en finir avec les « guerres sans fin », et ceux qui, au contraire, prônent un véritable retrait stratégique des Etats-Unis de la région. C&rsquo;est là un dilemme cornélien, car un retrait total, en créant un vide stratégique, laisserait le champ libre à la Chine qui s&rsquo;implante déjà beaucoup trop au Moyen-Orient au goût de Washington. A l&rsquo;inverse, renouer avec le bellicisme de l&rsquo;ère Bush au début des années 2000 serait renier une promesse de campagne ainsi que les attentes des Américains, qui souhaitent voir les Etats-Unis revenir à une politique isolationniste.</p>
<p>Au-delà des phrases incantatoires, l&rsquo;administration Biden doit donc clarifier ses positions. Lors de son passage en Israël, le président américain a certes marqué sa différence avec le ministre des affaires étrangères israélien Yair Lapid sur le dossier iranien, se disant prêt à empêcher l&rsquo;Iran de se doter d&rsquo;une arme nucléaire, mais pas à stopper son programme nucléaire. Néanmoins, cette subtile différence sémantique ne suffira pas à apaiser ses alliés régionaux. Le président américain a besoin de devenir l&rsquo;architecte d&rsquo;une authentique stratégie diplomatique adaptée au monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et à ses enjeux ; une stratégie qui prendra en compte les évolutions géostratégiques actuellement à l&rsquo;oeuvre, afin de déterminer ses priorités et des actions politiques adaptées. Ne pas s&rsquo;engager sur cette voie entraînerait potentiellement le risque d&rsquo;être le jouet des circonstances, et de se rendre vulnérable aux pressions extérieures qui, elles, ne faibliront pas.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans L&rsquo;Atlantico du 17/07/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Visite de Joe Biden en Arabie Saoudite : la plus mauvaise des options ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/visite-de-joe-biden-en-arabie-saoudite-la-plus-mauvaise-des-options/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2022 07:25:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=18351</guid>

					<description><![CDATA[« Biden pourrait rendre le monde plus sûr, mais il a trop peur de faire de la politique. » C&#8217;était le titre<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/visite-de-joe-biden-en-arabie-saoudite-la-plus-mauvaise-des-options/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-18352 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/000_8_ZL_3_LL_338aa38cc3-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/000_8_ZL_3_LL_338aa38cc3-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/000_8_ZL_3_LL_338aa38cc3-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/06/000_8_ZL_3_LL_338aa38cc3.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p style="font-weight: 400;">« <em>Biden pourrait rendre le monde plus sûr, mais il a trop peur de faire de la politique. </em>» C&rsquo;était le titre cinglant d&rsquo;une chronique parue dans le <em>New York Times</em> le 9 mai dernier. Elle évoquait essentiellement la stagnation des négociations sur le nucléaire iranien, mais ce titre pourrait parfaitement s&rsquo;appliquer à une autre actualité du président démocrate : l&rsquo;annonce de sa visite en Arabie Saoudite l&rsquo;été prochain.</p>
<p style="font-weight: 400;">C&rsquo;est peu dire que le projet est surprenant. Joe Biden, élu il n&rsquo;y a même pas deux ans, avait pourtant martelé durant sa campagne qu&rsquo;il réviserait l&rsquo;amitié liant les Etats-Unis à l&rsquo;Arabie Saoudite. Les premiers mois de son mandat avaient vu la publication du rapport des services de renseignement américains incriminant formellement le Prince hériter Mohammed Ben Salmane pour l&rsquo;assassinat du journaliste Jamal Kashoggi en 2018. Peu suspect de sympathie envers Riyad contrairement à son prédécesseur, Joe Biden avait même été jusqu&rsquo;à promettre de faire du royaume wahhabite un « Etat paria », mis en cause pour son irrespect des droits de l&rsquo;homme et sa guerre ravageuse au Yémen.</p>
<p style="font-weight: 400;">Cet été pourtant, Joe Biden rendra visite à cet « Etat paria », dont il a trop besoin pour couper totalement les liens qui l&rsquo;unissent à son pays depuis 1945. La raison essentielle de ce reniement tient encore et toujours à une denrée dont le cours atteint aujourd&rsquo;hui 120 dollars le baril, et qui redevient de nouveau centrale sur l&rsquo;échiquier géopolitique : le pétrole. De fait, les administrations américaines, républicaines comme démocrates, n&rsquo;ont que peu d&rsquo;options pour agir efficacement sur le prix à la pompe, tant elles restent dépendantes d&rsquo;aléas géopolitiques sur lesquels elles n&rsquo;ont qu&rsquo;une prise relative. L&rsquo;enjeu économique et social, surtout à l&rsquo;approche d&rsquo;échéance électorales, demande aujourd&rsquo;hui des gestes forts de la part de la Maison-Blanche, justifiant de demander aux Saoudiens d&rsquo;augmenter leur production d&rsquo;hydrocarbures pour stabiliser le marché. Il n&rsquo;est pourtant absolument pas certain que même en cas de baisse des cours, Joe Biden en tire profit politiquement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-weight: 400;">Durant un temps, l&rsquo;exploitation des pétroles et gaz de schiste devait justement donner aux Etats-Unis une indépendance énergétique qui leur permettrait de redéfinir certains équilibres stratégiques. Aujourd&rsquo;hui, le mirage s&rsquo;est évanoui : les Etats-Unis ne fournissent que 12% de la demande mondiale d&rsquo;hydrocarbures, un plein d&rsquo;essence coûte environ 90 dollars aux Etats-Unis, bien plus qu&rsquo;il y a à peine un an, ce qui impacte directement le pouvoir d&rsquo;achat des Américains terriblement habitués à se déplacer exclusivement en voiture. Les propositions de certains Républicains d&rsquo;ouvrir d&rsquo;autres zones à l&rsquo;exploitation, comme l&rsquo;Alaska ou le Golfe du Mexique, afin d&rsquo;augmenter la production américaine, ont rencontré l&rsquo;opposition des Démocrates en raison de leur impact environnemental pour un gain immédiat totalement irréaliste – démarrer une nouvelle exploitation demande en effet une planification sur plusieurs années avant d&rsquo;être rentable. Au demeurant, les producteurs de schiste américains ont refusé la demande de l&rsquo;administration Biden d&rsquo;augmenter leur production, tant ils craignent qu&rsquo;une surabondance d&rsquo;hydrocarbures sur le marché ne fasse <em>in fine</em> chuter les prix.</p>
<p style="font-weight: 400;">Washington agit comme si aucune autre option n&rsquo;était disponible en dehors de Riyad. En décidant d&rsquo;exclure la Russie des marchés mondiaux, l&rsquo;administration Biden semblait pourtant ouverte à une saine remise en question de ses alliances et paraissait même prête à l&rsquo;ouverture. Car d&rsquo;autres alternatives « étrangères » à l&rsquo;Arabie Saoudite existent, et quitte à fréquenter un « Etat paria », pourquoi se montrer soudainement circonspect face au Venezuela et à l&rsquo;Iran, avec lesquels des rapprochements ont pourtant été initiés dès le mois de mars pour augmenter l&rsquo;offre mondiale de pétrole, et sont aujourd&rsquo;hui suspendus ? La visite prévue à Riyad semble donner une réponse à cette question : parce qu&rsquo;à l&rsquo;approche d&rsquo;élections de <em>mid-terms</em> difficiles pour le camp démocrate, une ancienne alliance, certes insatisfaisante, qui pose question, apparaît moins périlleuse électoralement qu&rsquo;un rapprochement avec Téhéran ou Caracas sans l&rsquo;obtention de concessions de leur part sur des réformes démocratiques ou, dans le cas spécifique de l&rsquo;Iran, sur le dossier du nucléaire. Pourtant, selon les experts, l&rsquo;Arabie Saoudite en dépit de sa grande capacité de production ne pourra pas, à elle seule, faire baisser le cours du brut, tant la production russe accuse une chute vertigineuse à mesure que les Européens réduisent leurs achats auprès de Moscou. Preuve de la limite de cette perspective, les prix des références pétrolières américaines et mondiales ont grimpé après l&rsquo;annonce de la visite présidentielle à Riyad, tant le marché de l&rsquo;énergie demeure convaincu que l&rsquo;offre restera limitée, donc le prix du brut élevé. Un meilleur sens de l&rsquo;anticipation (le propre, théoriquement, du politique) est donc urgent afin de ne plus revivre perpétuellement la même situation de crise et de dépendance extérieure. A cet égard, un soutien accru aux énergies renouvelables et à la production électrique pourrait contribuer à atteindre l&rsquo;indépendance énergétique tant convoitée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="font-weight: 400;">Des innovations sont également attendues sur le plan diplomatique de la part de Washington. Le décalage entre le discours et les faits démontre l&rsquo;absence de courage politique d&rsquo;une administration dont le bilan domestique et international est pour l&rsquo;instant très mitigé, alors que le contexte géopolitique mondial exige plus que jamais de faire évoluer ses alliances. Le propre camp de Joe Biden critique sa décision de se rendre à Riyad, et par lettre interposée, certains élus lui ont précisément demandé de veiller, <em>a minima</em>, à ce que les liens avec l&rsquo;Arabie Saoudite soient profitables aux Etats-Unis, ce qui est régulièrement mis en doute depuis le 11 septembre 2001, et à ce que leur relation soit « recalibrée ». Six points d&rsquo;attention sont évoqués, et outre le déficit démocratique du royaume, les Démocrates ont souligné pour la première fois publiquement le danger d&rsquo;une coopération accrue entre l&rsquo;Arabie Saoudite et la Chine dans le nucléaire civil et surtout dans la sphère militaire : Pékin soutient en effet Riyad dans l&rsquo;acquisition et la fabrication de missiles balistiques de longue portée. Le surarmement du Moyen-Orient et le risque de confrontation entre l&rsquo;Arabie Saoudite et l&rsquo;Iran, enfin ce rapprochement entre leur vieille alliée et leur plus dangereuse rivale ne sont évidemment pas de nature à rassurer les Etats-Unis. A charge pour Joe Biden de rappeler à l&rsquo;Arabie Saoudite que de telles relations pourraient avoir un coût non négligeable, car la dépendance n&rsquo;est, en effet, pas à sens unique.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 13/06/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Joe Biden tarde à se positionner sur le dossier iranien</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/joe-biden-tarde-a-se-positionner-sur-le-dossier-iranien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2021 17:16:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=8481</guid>

					<description><![CDATA[Une guerre clandestine déplacée en mer Une guerre de l’ombre se joue depuis près de 40 ans entre Israël, l’Iran<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/joe-biden-tarde-a-se-positionner-sur-le-dossier-iranien/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img decoding="async" class="size-medium wp-image-8482 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/joe-biden-tarde-a-se-positionner-sur-le-dossier-iranien-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/joe-biden-tarde-a-se-positionner-sur-le-dossier-iranien-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/joe-biden-tarde-a-se-positionner-sur-le-dossier-iranien-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/joe-biden-tarde-a-se-positionner-sur-le-dossier-iranien-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></strong></p>
<p><strong>Une guerre clandestine déplacée en mer</strong></p>
<p>Une guerre de l’ombre se joue depuis près de 40 ans entre Israël, l’Iran et les États-Unis. Ces deux dernières années toutefois, l’arène, qui était surtout aérienne et terrestre, et qui réunissait l’Iran d’une part, et d’autre part la coalition regroupant Israël, les États-Unis et officieusement l’Arabie Saoudite, s’est indéniablement déplacée en mer. Dans ce court laps de temps en effet, l’attaque de navires israéliens et iraniens, en mer Méditerranée ou en mer Rouge, atteste de l’accroissement des tensions entre Israël et son seul grand ennemi au Moyen-Orient : l’Iran. Par ailleurs, l’assassinat du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh, grand spécialiste des missiles balistiques, le 27 novembre 2020 ainsi que les attaques multiples contre des proxies en Syrie et au Liban affiliées à l’Iran démontrent que la méthode de l’État hébreu consiste non seulement à affaiblir l’Iran mais de surcroît de le pousser à la faute et ainsi l’empêcher de revenir sur la scène internationale. De plus, les récents accords de normalisation entre Israël et certaines pétromonarchies arabes du golfe persique ont créé <em>de facto </em>un front anti-Iranien. Malgré leur récent changement d’administration, les États-Unis, allié de longue date d’Israël, n’ont pas hésité à intervenir en Syrie le 26 février dernier en réponse à des attaques survenues en Irak et menaçant les intérêts occidentaux. Cette première opération militaire « défensive » de l’administration Biden, visant des installations contrôlées par des milices liées à l’Iran a fait pas moins de 17 morts dans le nord-est syrien. Avec ces derniers évènements, l’horizon d’éventuelles négociations incontestablement s’obscurcit.</p>
<p><strong>De la « pression maximale » au « Grand Bargain »</strong></p>
<p>L’arrivée de Joe Biden à la présidence des États-Unis a marqué un tournant décisif dans la gestion de la crise au Moyen-Orient. Alors que Donald Trump offrait un soutien indéfectible à la politique dure de Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien en fonction depuis douze ans, Joe Biden, quant à lui, s’est volontairement éloigné de la ligne de son prédécesseur. En effet, depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier dernier, Joe Biden semble faire de la renégociation de l’accord de Vienne, que son prédécesseur avait quitté avec fracas en mai 2018, l’un de ses principaux objectifs de son mandat. Toutefois, le président américain n’a toujours pas explicité clairement les détails de sa vision du dossier iranien, ni décidé d’enclencher les négociations ou encore de revenir sur les sanctions trumpiennes. Or, l’issue de cette guerre secrète Iran-Israël ne sera véritablement tranchée que par une décision politique de Washington. Cependant, la transition entre la fin de la politique de <em>« pression maximale » </em>et la renaissance du JCPoA se fait trop lentement aux yeux de l’Iran, qui, inflexible, a repris au début de l’année l’enrichissement nucléaire au-delà des limites imposées par le JCPoA, dans l’attente de la réintégration de Washington dans l’accord en plus de la levée intégrale des sanctions pesant sur son économie. Malgré la résilience iranienne permise notamment grâce à des partenariats économiques avec la Chine, le président modéré Hassan Rohani, en fonction depuis 2013, semble conscient du fait que l’Iran a besoin de faire renaître le JCPoA afin de retrouver sa croissance économique, et ce même si la méfiance envers les États-Unis est encore vivace. Le président iranien sait également que la volonté de l’Iran de traiter de la question seule du JCPoA ne sera pas respectée si les sujets de l’influence régionale de l’Iran, de l’enrichissement du nucléaire iranien, du programme balistique, et des milices régionales ne seront pas traités. La frilosité des États-Unis quant à cette question, reprochée par l’Iran et considérée comme hautement suspecte, s’explique toutefois par le refus américain de faire de l’Iran le chef d’orchestre des négociations mais également par la peur de provoquer l’ire de ses alliés au Moyen-Orient soit les pétromonarchies sunnites du Golfe Persique et Israël. Ainsi, alors qu’Israël s’apprête à lancer ses élections législatives et l’Iran ses élections présidentielles en juin prochain, le compte à rebours est lancé. En effet, l’arrivée au pouvoir probable des conservateurs en Iran en raison de la délégitimation des modérés, jugés naïfs vis-à-vis des États-Unis, corserait les négociations, les conservateurs étant beaucoup moins enclins au dialogue avec l’administration américaine que les modérés.</p>
<p>Ainsi, face à l’escalade des tensions entre Israël et l’Iran, l’administration Biden devra rapidement assumer une position dans ce rapport de force car le temps ne joue pas en la faveur de la résurrection du JCPoA.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru le 24/03/2021.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Joe Biden recalibre l&#8217;alliance avec l&#8217;Arabie Saoudite&#8230; à pas menus</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/joe-biden-recalibre-lalliance-avec-larabie-saoudite-a-pas-menus/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Feb 2021 17:44:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=8078</guid>

					<description><![CDATA[En quarante-huit heures, l&#8217;étoile de « MBS » a sérieusement pâli. En milieu de semaine, l&#8217;administration Biden annonçait la publication<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/joe-biden-recalibre-lalliance-avec-larabie-saoudite-a-pas-menus/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-8079 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico10-300x167.png" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico10-300x167.png 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico10-150x83.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico10.png 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">En quarante-huit heures, l&rsquo;étoile de « MBS » a sérieusement pâli. En milieu de semaine, l&rsquo;administration Biden annonçait la publication imminente d&rsquo;un rapport des services de renseignements américains, mettant formellement en cause le Prince Héritier saoudien pour son rôle décisif dans l&rsquo;assassinat du journaliste et dissident Jamal Khashoggi à Istanbul, en octobre 2018. Selon ce document essentiellement réalisé par la CIA, le Prince Mohammed ben Salmane aurait non seulement approuvé, mais vraisemblablement commandité ce crime. Des enregistrements de ses propres conversations et du commando missionné pour ce faire, ainsi que l&rsquo;utilisation de deux avions privés appartenant à l&rsquo;une des sociétés de « MBS », l&rsquo;attestent.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Jeudi, Joe Biden s&rsquo;entretenait pour la première fois avec son seul véritable homologue saoudien, le roi Salmane, ainsi que l&rsquo;a rappelé la Maison-Blanche, ôtant <em><span style="font-family: 'Arial',sans-serif;">de facto</span></em> au Prince héritier son rôle d&rsquo;intermédiaire diplomatique qu&rsquo;il occupait activement ces quatre dernières années, et le reléguant à sa seule fonction de ministre de la Défense. Les communiqués qui ont suivi cet échange n&rsquo;ont pas permis de savoir si les deux dirigeants avaient abordé le contenu du rapport. Mais Joe Biden aurait en revanche évoqué deux points clés des relations américano-saoudiennes : le nécessaire « recalibrage » de cette alliance, et le choix de Mohammed Ben Salmane comme futur roi d&rsquo;Arabie Saoudite.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Tous ces évènements semblaient s&rsquo;inscrire dans la suite logique des annonces des dernières semaines, concernant la fin du soutien logistique des Etats-Unis dans la guerre saoudienne au Yémen, et le retrait des Houthis de la liste des organisations terroristes. Alors que Donald Trump soutenait sans état d&rsquo;âmes l&rsquo;autoritarisme de « MBS » – à la fois pour préserver sa stratégie iranienne et les exportations d&rsquo;armes américaines &#8211; le candidat Joe Biden avait martelé tout au long de sa campagne électorale que l&rsquo;Arabie Saoudite devait être traitée comme un « <em><span style="font-family: 'Arial',sans-serif;">Etat paria </span></em>» et qu&rsquo;il n&rsquo;y avait « <em><span style="font-family: 'Arial',sans-serif;">pas grand chose à sauver dans l&rsquo;action du gouvernement saoudien actuel</span></em> ». Il appelait en outre à ce qu&rsquo;elle rende des comptes pour ses atteintes aux droits de l&rsquo;homme, notamment à l&rsquo;encontre du résident américain qu&rsquo;était Jamal Khashoggi. Avant cette semaine, le président démocrate ne s&rsquo;était toujours pas entretenu avec les dirigeants saoudiens depuis son investiture, encore une rupture avec Donald Trump qui avait réservé sa première visite d&rsquo;Etat à Riyad en mai 2017.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Jeudi, les médias s&rsquo;interrogeaient donc davantage sur les sanctions qui seraient prises à l&rsquo;encontre du Prince, que sur les conclusions du rapport désormais connues de tous. Etaient alors évoquées des mesures contre les entreprises saoudiennes implantées aux Etats-Unis, le refus des investissements saoudiens, et jusqu&rsquo;au gel des actifs de « MBS » à l&rsquo;étranger, ainsi que de ses engagements diplomatiques envers les Etats-Unis.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Las, vendredi, la déception était à la hauteur de l&rsquo;attente, puisque Joe Biden a fait savoir qu&rsquo;il n&rsquo;appliquerait aucune sanction contre le Prince, estimant la décision trop coûteuse pour les intérêts américains au Moyen-Orient. Impossible en effet, selon ses conseillers, de l&rsquo;interdire de séjour ou de le traduire en justice sans rompre les liens diplomatiques avec l&rsquo;un des principaux alliés arabes des Etats-Unis. Frapper un dirigeant étranger d&rsquo;une interdiction de séjour reste au demeurant extrêmement rare et difficile à mettre en œuvre. A l&rsquo;heure actuelle, seuls les leaders de quelques <em><span style="font-family: 'Arial',sans-serif;">rogue states </span></em>comme la Corée du Nord, la Syrie et le Venezuela, pays qui ne sont pas des alliés de Washington, subissent une telle disgrâce.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Il était donc encore trop tôt aux yeux de l&rsquo;administration Biden pour que l&rsquo;Arabie Saoudite rejoigne la liste des « Etats-voyous » en rupture diplomatique avec les Etats-Unis, compte tenu de l&rsquo;alliance, pourtant aujourd&rsquo;hui discutable d&rsquo;un point de vue énergétique, que les deux pays entretiennent depuis 1945. Pour autant, le Secrétaire d&rsquo;Etat Antony Blinken a approuvé l&rsquo;application de sanctions à l&rsquo;égard d&rsquo;officiels saoudiens de moindre stature : interdiction de séjour à l&rsquo;encontre de l&rsquo;ancien chef des services de renseignements saoudiens, très impliqué dans l&rsquo;affaire Khashoggi, et de la garde rapprochée de « MBS ». La Maison-Blanche a fait également savoir qu’il ne serait pas reçu de sitôt aux Etats-Unis. L&rsquo;administration Biden a enfin mis en place une nouvelle catégorie de sanctions, baptisées <em><span style="font-family: 'Arial',sans-serif;">Khashoggi ban</span></em>, privant de visas quiconque participerait à une opération de répression à l&rsquo;encontre de dissidents ou de journalistes à travers le monde, ce qui concerne d&rsquo;ores et déjà 76 ressortissants saoudiens.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Cela reste néanmoins une déception pour les militants des droits de l&rsquo;homme, et pour la famille de Jamal Khashoggi, puisque le commanditaire de son assassinat ne sera, pour l&rsquo;heure, pas condamné, à l&rsquo;instar des 17 Saoudiens « impliqués » qui ont été jugés à Riyad dans une parodie de procès. Au sein même du parti démocrate, nombreux sont ceux à estimer que des sanctions visant personnellement Mohammed Ben Salmane devraient être obligatoires, dans la mesure où le Secrétaire d&rsquo;Etat dispose d&rsquo;informations confirmant sa culpabilité.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Alors, beaucoup de bruit pour rien ? Pour de nombreux officiels américains, temporiser reste nécessaire pour préserver l&rsquo;Arabie Saoudite, interlocuteur incontournable au Moyen-Orient, tout en lui signifiant clairement que l&rsquo;administration Biden souhaitait prendre ses distances.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Ainsi, un message a été passé à Riyad : alors que le roi Salmane, âgé de 85 ans et à la santé plus que fragile, semble lâcher les rênes du pouvoir au profit de son fils, la Maison-Blanche a fait comprendre que le Prince héritier ne serait peut-être pas le meilleur candidat pour assurer l&rsquo;avenir de l&rsquo;Arabie Saoudite et la pérennité de son alliance avec les Etats-Unis. Très contesté au sein de sa propre famille, celui-ci ne bénéficiera donc pas d&rsquo;un soutien inconditionnel à Washington pour asseoir sa légitimité.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Ce point risque de faire réfléchir à dessein les officiels saoudiens, alors que toute cette séquence intervient une semaine à peine après que la Maison-Blanche ait accepté de reprendre le dialogue avec l&rsquo;Iran. S&rsquo;il n&rsquo;a pas osé prendre de sanctions immédiates et sévères contre « MBS » pour ne pas instaurer de « relation d&rsquo;hostilité » avec l&rsquo;Arabie Saoudite, Joe Biden n&rsquo;en poursuit pas moins lentement mais sûrement son objectif de redéfinition des équilibres au Moyen-Orient, qui ne seraient plus cette fois en faveur de Riyad&#8230; à moins que le royaume ne consente enfin à évoluer.</span></p>
<p><span style="font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Malgré ces hésitations, les Etats-Unis ont affiché en quelques semaines une prise de position qui contraste de façon éloquente avec l&rsquo;engagement pro-saoudien de la France, un décalage qui ne lui donne aucun prestige. Car il ne fait aucun doute que des évolutions diplomatiques auront lieu dans les prochains mois au Moyen-Orient. Même si « MBS » ne semble pas menacé dans l&rsquo;immédiat, l&rsquo;avenir qu&rsquo;il s&rsquo;était tracé à la tête de son pays se trouble de plus en plus. Malgré un excès de prudence que l&rsquo;on peut critiquer, les temps semblent avoir bel et bien changé à Washington.</span></p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 28/02/2021.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Entre hyper-ouverture et « pression maximale », quelle sera la stratégie iranienne de Joe Biden ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/entre-hyper-ouverture-et-pression-maximale-quelle-sera-la-strategie-iranienne-de-joe-biden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Aug 2020 18:24:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Joe Biden]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.amir-aslani.com/?p=6678</guid>

					<description><![CDATA[150 000 personnes tuées par la Covid-19, une administration dépassée par les manifestations qui agitent le pays et mettent cruellement à<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/entre-hyper-ouverture-et-pression-maximale-quelle-sera-la-strategie-iranienne-de-joe-biden/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6679 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/GEKUIA7IQ5FVHKAUUYBGB4L36Y-300x166.jpg" alt="" width="300" height="166" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/GEKUIA7IQ5FVHKAUUYBGB4L36Y-300x166.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/GEKUIA7IQ5FVHKAUUYBGB4L36Y-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/08/GEKUIA7IQ5FVHKAUUYBGB4L36Y.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>150 000 personnes tuées par la Covid-19, une administration dépassée par les manifestations qui agitent le pays et mettent cruellement à jour les réalités d&rsquo;une société fracturée, une première puissance mondiale officiellement entrée en récession le 30 juillet avec une chute historique du PIB de 33% au second trimestre&#8230; Les Etats-Unis traversent actuellement une crise protéiforme qui restera sans doute l&rsquo;une des plus graves de ce début de siècle. Et à moins de 100 jours de l&rsquo;élection présidentielle américaine, la réélection longtemps considérée comme acquise de Donald Trump semble pour le moins compromise. Celui-ci paye sa gestion désastreuse de la pandémie, critiquée par deux tiers des Américains, et selon les derniers sondages, Joe Biden serait ainsi en tête avec neuf points d&rsquo;avance.</p>
<p>Habitué à jeter le trouble sur l&rsquo;élection présidentielle – comme en 2016 lorsque, s&rsquo;imaginant déjà battu par Hillary Clinton, Trump multipliait les accusations envers un scrutin « truqué » &#8211; le président sortant semble suffisamment inquiet pour avoir envisagé publiquement un report de l&rsquo;élection de novembre, sous prétexte d&rsquo;assurer des conditions de vote « correctes » aux Américains. La proposition présidentielle n&rsquo;a pas étonné son rival démocrate, qui l&rsquo;avait anticipée dès le mois d&rsquo;avril&#8230; mais celle-ci restera selon toute vraisemblance un simple effet d&rsquo;annonce, le Congrès étant seul à pouvoir décider d&rsquo;un tel report.</p>
<p>L&rsquo;élection de 2016 devrait cependant rester dans les mémoires et inciter à la prudence, tant le scrutin présidentiel américain est difficilement prévisible. Comme Richard Nixon avant lui, Donald Trump compte ainsi sur la mobilisation de cette « majorité silencieuse » qui compose une bonne partie de son électorat pour faire basculer la tendance en sa faveur.</p>
<p>Pour autant, les regards commencent à se tourner sérieusement vers l&rsquo;ancien vice-président de Barack Obama. Entre autres challenges, le candidat démocrate a désormais la lourde tâche de présenter un programme non seulement aux antipodes de celui de son concurrent républicain, mais surtout apte à reconstruire une société divisée et une politique étrangère décrédibilisée après quatre années de « trumpisme ». Si en l&rsquo;absence de réformes des institutions internationales en faillite comme l&rsquo;ONU ou l&rsquo;OMS, un retour total au multilatéralisme qui a prévalu depuis 1945 semble chose difficile, un changement à la Maison-Blanche permettrait <i>à minima</i> de sortir les Etats-Unis de leur splendide isolement, et de renouer avec une forme de dialogue entre alliés, et non entre rivaux. C&rsquo;est là un préalable indispensable pour faire face aux défis colossaux qui attendent l&rsquo;éventuelle administration Biden en matière de politique étrangère.</p>
<p>Premier défi, restaurer la crédibilité et le leadership des Etats-Unis, mis à mal par un désengagement encouragé par Trump. Dès janvier, Joe Biden s&rsquo;exprimait à cet égard dans la revue <i>Foreign Affairs</i> : « <i>Le président actuel a dénigré, affaibli et dans certains cas, abandonné les alliés et partenaires des Etats-Unis. Et il a enhardi nos adversaires et affaibli notre capacité à faire face aux défis de sécurité nationale, de la Corée du Nord à l’Iran, de la Syrie à l’Afghanistan et au Venezuela. Il a lancé des guerres commerciales mal avisées aussi bien contre les amis que les adversaires. </i>» Certes, si l&rsquo;administration Trump a cédé bien volontiers aux sirènes de l&rsquo;isolationnisme &#8211; comme ont pu en témoigner l&rsquo;absence de réaction américaine après les attaques iraniennes contre l&rsquo;Arabie Saoudite en septembre 2019 et en Irak après l&rsquo;assassinat de Ghassem Soleimani, ou encore l&rsquo;abandon des alliés kurdes en Syrie en octobre 2019 – cette tendance était déjà en marche sous l&rsquo;administration Obama-Biden, qui reste comptable du retrait hâtif des troupes d&rsquo;Irak, et surtout d&rsquo;un étonnant immobilisme lorsque Bachar El-Assad usa d&rsquo;armes chimiques en Syrie en 2013. Tant humainement que financièrement, le rôle de « gendarme du monde » semble peser trop lourd désormais sur les épaules des Etats-Unis. Mais tandis qu&rsquo;ils peinent à définir un nouveau positionnement, d&rsquo;autres grandes puissances, la Russie et l&rsquo;Iran, mais aussi la Chine, tirent profit de cet absentéisme stratégique pour rebattre les cartes du jeu au Moyen-Orient. Aux yeux de leurs alliés, les Etats-Unis apparaissent désormais peu fiables et même incapables de défendre leurs propres intérêts. C&rsquo;est donc toute une crédibilité diplomatique que le candidat démocrate va devoir rebâtir.</p>
<p>Second défi, apaiser un Moyen-Orient constamment proche de l&#8217;embrasement, et briser le front anti-iranien constitué aux côtés de l&rsquo;Arabie Saoudite et d&rsquo;Israël pour renouer le dialogue avec la République islamique. Considérant ouvertement la stratégie iranienne de Donald Trump comme un « <i>désastre </i>», Joe Biden a très tôt donné des signes d&rsquo;ouverture à l&rsquo;égard de l&rsquo;Iran, pays qui constitue néanmoins de longue date un casse-tête géostratégique pour les Américains. Entre l&rsquo;hyper-ouverture de Barack Obama, concrétisée par le <i>Joint Comprehensive Plan of Action </i>signé il y a cinq ans, une stratégie d&rsquo;apaisement saluée comme telle, mais qui a néanmoins échoué à tenir ses promesses économiques, et la « pression maximale » de Donald Trump qui ne laissait d&rsquo;autre choix à l&rsquo;Iran que la capitulation ou la guerre, Joe Biden peut mesurer l&rsquo;échec de ces deux stratégies diamétralement opposées, et en conclure qu&rsquo;une approche plus nuancée serait souhaitable.</p>
<p>Tirant les leçons de ces deux exemples, le candidat démocrate s&rsquo;est ainsi fréquemment prononcé pour une reprise des échanges diplomatiques avec Téhéran et un retour des Etats-Unis dans le cadre du <i>Joint Comprehensive Plan of Action</i>, à condition que l&rsquo;Iran observe de nouveau ses engagements initiaux et que ses ambitions régionales soient davantage contraintes, un travail qu&rsquo;il compte mener de concert avec les alliés européens. Un retour à la table des négociations de tous les acteurs concernés pour obtenir un accord de Vienne régénéré s&rsquo;accompagnera nécessairement d&rsquo;une levée des sanctions économiques contre l&rsquo;Iran, et de la possibilité pour le pays d&rsquo;exporter de nouveau ses hydrocarbures sans restriction. Pour autant, cet allègement ne sera pas sans contreparties. Du point de vue américain, un nouveau <i>JCPoA</i> ne pourra faire l&rsquo;impasse sur trois sujets que l&rsquo;administration Obama avait laissés en suspens : l&rsquo;activité régionale de l&rsquo;Iran, son programme balistique, et son programme d&rsquo;enrichissement nucléaire après 2025. Mais ces engagements ne pourront être à sens unique. Seul un nouvel accord qui tiendra cette fois toutes ses promesses économiques, et réintégrera véritablement l&rsquo;Iran dans le concert des nations, sera en mesure d&rsquo;infléchir la position iranienne sur ces dossiers clés.</p>
<p>Ce nouveau rapprochement avec l&rsquo;Iran contreviendra très certainement aux intérêts de l&rsquo;Arabie Saoudite et d&rsquo;Israël, ligués contre Téhéran avec la bénédiction de l&rsquo;administration Trump. La première ébauche du programme démocrate semble déjà attester d&rsquo;un éloignement avec la politique nationaliste de Benjamin Netanyahu. Bien que le document ne mentionne jamais l&rsquo;état d&rsquo;occupation dans lequel vivent les Palestiniens, Joe Biden se distance très clairement du « plan de paix pour le Proche-Orient » présenté par Trump en janvier dernier, et s&rsquo;oppose au projet d&rsquo;annexion de la Cisjordanie. Enfin, à la faveur de cet éventuel rapprochement, l&rsquo;Arabie Saoudite s&rsquo;inquiétera légitimement de voir les Etats-Unis remettre encore un peu plus en cause leurs engagements du Pacte de Quincy, déjà nettement réduits depuis l&rsquo;acquisition de leur indépendance énergétique.</p>
<p>Tout porte à croire que l&rsquo;éventuelle future administration observera une politique dotée d&rsquo;une vision à long terme, soucieuse d&rsquo;assurer un équilibre plus circonspect entre défense de ses intérêts et choix pertinent de ses alliances régionales. Les Iraniens, et tout le Moyen-Orient, auraient tout à gagner d&rsquo;un « changement de régime » à Washington. Mais pour l&rsquo;heure, tout invite encore à la prudence, tant l&rsquo;année 2020 semble marquée du sceau de l&rsquo;imprévisible&#8230;</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 02/08/2020.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
