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	<title>Inde &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Les Brics +, nouvelle alliance anti-US ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 13:03:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les 6 et 7 juillet derniers se tenait le 17e sommet des Brics&#160;+ à Rio, réunissant ses membres fondateurs, ses<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les 6 et 7 juillet derniers se tenait le 17e sommet des Brics&nbsp;+ à Rio, réunissant ses membres fondateurs, ses récents adhérents, des pays “associés” ainsi que plusieurs États “invités”. Les Occidentaux, longtemps habitués à distribuer les cartes, doivent à présent composer avec les Brics&nbsp;+ symbole d’un nouveau monde multipolaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Puissance économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 2009 à l’initiative de la Chine, de la Russie, du Brésil et de l’Inde, le groupe s’est significativement élargi ces dernières années, représentant une véritable force d’attraction géopolitique sous-estimée par les observateurs européens. Après l’adhésion de l’Afrique du Sud en 2010, l’Iran, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Indonésie les ont rejoints en 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’en 2000, les États-Unis et l’Union européenne représentaient respectivement 25 % et 22 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat (PPA), le rapport de force s’est, depuis, inversé. La part de l’Union européenne est tombée à 17 %, celle des États-Unis à 15 %, tandis que les Brics&nbsp;+ concentrent désormais 40 % du PIB mondial en PPA et la moitié de la population mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contournement du dollar</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges commerciaux entre ses membres connaissent un bond sans précédent, au point d’amorcer le contournement du dollar en privilégiant des transactions en monnaie locale, à l’instar des échanges russo-chinois. Dans le sillage de ces nouvelles routes de la soie, la Chine a multiplié les accords bilatéraux d’échanges de devises. Pour cela, Pékin s’appuie aussi sur des partenariats commerciaux étroits. En mai 2025, Pékin et Brasilia ont renouvelé pour cinq ans leur accord d’échanges en devise locale. La Chine, premier partenaire commercial du Brésil depuis 2009, s’approvisionne massivement auprès de ce pays, devenu un véritable grenier alimentaire pour son marché intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux mesures douanières de Washington, les BRICS ont menacé de renforcer les mécanismes d’échange en monnaie locale, tout en écartant l’idée de créer une monnaie commune concurrente au dollar, à laquelle plusieurs membres — à commencer par l’Inde — restent opposés. L’organisation a aussi, à nouveau, réclamé une représentation plus équitable dans les structures internationales héritées de la Seconde guerre mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Force géopolitique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’absence des présidents russe, chinois, égyptien et iranien, ses membres sont parvenus à émettre des positions communes sur plusieurs dossiers internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur déclaration finale, les dirigeants des Brics ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza et ont condamné l’intervention militaire en Iran. S’agissant du conflit ukrainien, l’organisation a embrassé la position de la Russie en ne mentionnant pas sa responsabilité mais en condamnant les attaques ukrainiennes contre des civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Brics ont aussi pris soin de ménager les États-Unis pour poursuivre leurs intérêts respectifs. Si ses membres ont vivement dénoncé les pressions douanières américaines, ils ont fait preuve de retenue en évitant d’attaquer frontalement Donald Trump. Ce zèle n’a pas eu l’effet escompté puisque le président américain a immédiatement menacé de nouveaux droits de douane les États “s’alignant sur les politiques antiaméricaines des Brics”.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indispensable coopération américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants des Brics&nbsp;+ ne peuvent faire abstraction de l’influence commerciale et géopolitique des États-Unis, dont la coopération demeure indispensable à la préservation de leurs intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À commencer par la Russie, qui a absolument besoin de la neutralité américaine pour isoler Zelensky et ses soutiens européens afin de pouvoir gagner un maximum de territoires avant un cessez-le-feu en Ukraine. La Chine qui, en valorisant son monopole sur les terres rares, a réussi à obtenir de Washington un accord-cadre sur les droits de douane, reste aussi prudente à l’approche de prochaines négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran de son côté est dans une position délicate. Deux semaines après la fin de “la guerre des douze jours”, le président iranien Massoud Pezeshkian a fait preuve de bonne volonté en se disant prêt à reprendre les négociations avec les États-Unis dans un entretien exclusif réservé à l’animateur américain Tucker Carlson, proche de Donald Trump. Ses déclarations ont déchaîné le camp conservateur iranien, laissant planer le doute sur une éventuelle reprise des pourparlers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, représenté par le prince Faisal au sommet de Rio, l’Arabie saoudite hésite encore à rejoindre l’organisation, craignant de froisser son allié outre-Atlantique avec qui elle a signé des accords commerciaux titanesques et dont elle a besoin impérativement pour développer son programme nucléaire civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, l’émergence des Brics ne doit pas être lue comme une nouvelle guerre froide et le rétablissement de la logique des blocs, mais davantage comme l’avènement d’un monde multipolaire rééquilibré dans lequel les nations souveraines aspirent légitimement à la défense de leurs intérêts nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us-126979/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us-126979/">Le nouvel Economiste</a>, le 10/07/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>
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		<item>
		<title>La suprématie militaire aérienne de l’Occident abattue en plein vol</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 11:40:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’affrontement aérien qui a opposé, le 7 mai dernier, des avions indiens et pakistanais au-dessus du Cachemire aurait pu n’être qu’un épisode de plus dans le conflit vieux de soixante-quinze ans. Mais la chute d’un Rafale français, abattu par un chasseur J-10C chinois, a transformé cet incident en un séisme stratégique. Pour la première fois, en presque un siècle, un appareil occidental de premier rang a été neutralisé en combat réel par un concurrent asiatique. Un symbole qui marque l’avènement d’un monde multipolaire dans l’industrie de la défense et qui interroge la supériorité technologique longtemps tenue pour acquise par les armées occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vitrine inespérée pour son complexe militaro-industriel chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rafale, fleuron de Dassault Aviation, incarne l’excellence aéronautique européenne. Doté d’une avionique de pointe et d’une polyvalence reconnue, il figurait parmi les chasseurs les plus redoutés au monde. Son apparente vulnérabilité face au J-10C, un appareil de génération 4.5 développé par la Chengdu Aircaft Corporation, balaie des certitudes ancrées dans les états-majors occidentaux. Les détails de l’interception restent disputés : Islamabad affirme avoir abattu trois avions indiens, dont un Rafale, tandis que New Delhi minimise ses pertes. Mais les analyses concordent sur un point : le missile PL-15, d’une portée supérieure à 200 km, et le radar AESA du J-10C ont joué un rôle décisif. Cette première validation opérationnelle de ces systèmes face à un adversaire de haut niveau érode le mythe de l’invulnérabilité des avions occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Pékin, l’évènement est une aubaine. La Chine, déjà premier exportateur d’armes vers le Pakistan – 82 % des importations militaires pakistanaises en 2024 selon le Sipri (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm) – y trouve une vitrine inespérée pour son complexe militaro-industriel. Longtemps perçue comme une puissance “copiste”, la Chine démontre sa capacité à développer des technologies rivalisant, voire dépassant, celles de l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le J-10C, moins coûteux et sans contraintes politiques, séduit des pays africains et moyen-orientaux. La bourse de Shanghai a d’ailleurs enregistré une hausse de 8 % des actions de Chengdu Aircraft la semaine suivante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un nouvel équilibre des forces</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’évènement a provoqué une onde de choc à Paris, Bruxelles et Washington. La supériorité aérienne occidentale, pilier des doctrines de l’Otan, se voit contestée. Les alliées des États-Unis en Asie-Pacifique pourraient réévaluer leurs achats d’avions de combat. Les performances chinoises obligent l’Occident à accélérer ses programmes de guerre électronique. Le projet européen FCAS (Futur Combat Air system) pourrait être redimensionné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde, humiliée, envisage d’acquérir des Awacs et des F-35 américains pour contrebalancer la menace. Une aubaine pour Washington dans sa stratégie d’endiguement de Pékin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du militaire, l’incident consacre un basculement géopolitique. La Russie perd du terrain en Inde au profit de la France et des États-Unis. La Chine, elle, s’impose comme une puissance capable de fournir des armements compétitifs et désormais éprouvés au combat. Pour Pékin, le message est clair : la hiérarchie des puissances aéronautiques n’est plus figée. Un monde qui change…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Violette Froger</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol-125709/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol-125709/"><em>Le nouvel Économiste</em></a> le 26/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<item>
		<title>Inde &#8211; Pakistan, un fragile cessez-le-feu</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 May 2025 09:51:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Lundi 12 mai, Donald Trump s’est félicité d’être parvenu à imposer, samedi 10 mai, une paix entre l’Inde et le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Lundi 12 mai, Donald Trump s’est félicité d’être parvenu à imposer, samedi 10 mai, une paix entre l’Inde et le Pakistan, empêchant une éventuelle “guerre nucléaire”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’attentat du 22 avril commis contre des touristes indiens dans la région du Jammu-et-Cachemire, l’Inde et le Pakistan ont connu leur pire affrontement militaire depuis des décennies, recensant 70 morts. Dans ce court laps de temps de deux semaines, New Delhi et Islamabad se sont livrés à des manœuvres militaires d’envergure qui tranchent avec leurs affrontements transfrontaliers traditionnellement circonscrits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Perpectives d’une guerre coûteuse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Surprenant par sa rapidité, ce cessez-le-feu s’explique par la prise de conscience de New Delhi et d’Islamabad des risques d’un embrasement militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie pakistanaise est exsangue. Largement détenue par Pékin, la dette d’Islamabad avoisine les 70 % de son PIB. Alors que le Pakistan a tenté à plusieurs reprises de rééchelonner le paiement des prêts contractés auprès de la Chine, les autorités pakistanaises mesurent le coût financier d’un conflit ouvert avec l’Inde. D’autant plus qu’Islamabad ne veut pas risquer de saboter le nouveau programme de prêt que lui a accordé le FMI le 9 mai dernier, et ce malgré l’opposition catégorique de New Delhi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, l’Inde, qui a fermement riposté à l’attentat du 22 avril, a dû faire face aux défenses aériennes pakistanaises. Dans la nuit du 6 au 7 mai, au cours de l’opération militaire indienne “Sindoor”, destinée à frapper des bastions terroristes dans le Cachemire, plusieurs avions de combat indiens auraient été abattus par l’armée pakistanaise dont un Rafale, une première pour le fleuron français mondialement reconnu comme prouesse technologique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La communauté internationale inquiète</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, ce cessez-le-feu reste fragile. Depuis maintenant plus de 70&nbsp;ans, on ne compte plus les phases d’accalmie qui laissaient croire à une résolution du conflit et se soldaient pourtant par la reprise des tensions. Les deux belligérants se disputent la souveraineté de la région du Jammu-et-Cachemire depuis la partition des Indes de 1947.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que New Delhi et Islamabad possèdent l’arme nucléaire, les deux puissances misent avant tout sur les armes conventionnelles pour éviter une escalade dramatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde qui, grâce à sa position géographique, maîtrise l’irrigation du fleuve Indus, continue de menacer le Pakistan de lui couper l’eau en ne respectant plus l’accord de 1960 qui réglemente le partage des affluents entre les deux pays. De son côté, bien qu’il s’en défende, le Pakistan peut abriter et se servir des bastions terroristes du Jammu-et-Cachemire pour déstabiliser New Delhi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le risque d’une guerre ouverte entre ces deux puissances nucléaires inquiète la communauté internationale, notamment Washington et Pékin qui, grâce à leurs relations respectives – les négociations commerciales en cours avec New Delhi pour le premier, et le soutien financier apporté à Islamabad pour le second –, ont les moyens de plaider pour un apaisement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu-125458/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-un-fragile-cessez-le-feu-125458/"><em>Le nouvel Economiste</em></a> le 15/05/2025 </p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Inde &#8211; Pakistan, jusqu’où ira l’escalade ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 10:19:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Mardi 22 avril, un groupuscule terroriste tuait vingt-cinq Indiens et un Népalais dans la ville de Pahalgam, au cœur de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Mardi 22 avril, un groupuscule terroriste tuait vingt-cinq Indiens et un Népalais dans la ville de Pahalgam, au cœur de la région du Jammu-et-Cachemire, commettant l’attentat le plus meurtrier auquel l’Inde ait été confrontée depuis vingt-cinq ans. New Dehli a immédiatement pointé du doigt la responsabilité d’Islamabad qui nie son implication. L’Inde accuse pourtant les autorités pakistanaises d’encourager le terrorisme transfrontalier et de soutenir le groupe islamiste “Kashmir Resistance” qui a revendiqué l’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’attentat, les armées indienne et pakistanaise se livrent à des échanges de tirs à la frontière, faisant craindre le retour d’un conflit ouvert entre les deux puissances nucléaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au commencement était la partition des Indes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet attentat a réveillé un conflit régional vieux de plus de 70 ans. Depuis leur indépendance et la partition des Indes de 1947, New Dehli et Islamabad se disputent la souveraineté de la région du Cachemire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Majoritairement musulman, ce territoire a été rattaché à l’Inde contre la logique issue de la partition. Au moment de cette dernière, les régions princières eurent le choix de rejoindre l’un des deux pays. Alors que le maharajah hindou, Hari Singh, sollicitait un moratoire, sa principauté fut attaquée par des mercenaires pakistanais, le conduisant alors à réclamer l’aide de New Dehli et à rejoindre l’Inde en octobre 1947.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première guerre indo-pakistanaise prit fin en janvier 1949 avec un compromis territorial négocié sous l’égide de l’ONU. Le Cachemire fut divisé en deux parties, l’une d’un tiers, conquise par le Pakistan, et l’autre rattachée à l’Inde. Le référendum prévu par la résolution du Conseil de sécurité pour consulter la population n’a jamais été organisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1965, la guerre reprend au Cachemire entre des sécessionnistes soutenus par le Pakistan et les forces armées indiennes. Sous la pression des grandes puissances, un accord de paix est conclu à Tachkent en janvier 1966 et acte le retour à la ligne de démarcation de 1949.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dynamique de l’escalade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, les relations entre les deux pays sont régulièrement ponctuées d’attentats endeuillant lourdement l’Inde et d’affrontements frontaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, un attentat contre un convoi de forces de police indienne revendiqué par le mouvement Jaish-e-Mohammed conduit l’Inde à mener des frappes dans le Cachemire sous administration pakistanaise et à supprimer par décret le statut spécial du Cachemire indien, décision confirmée par la Cour suprême indienne en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fois-ci, le gouvernement indien a pris des mesures de rétorsion encore plus virulentes contre son voisin pakistanais. Le principal poste de frontière qui relie les deux pays a été fermé, des diplomates ont été renvoyés et de nombreux ressortissants pakistanais ont été expulsés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout pour la première fois, le mercredi 23 avril, New Dehli a dénoncé le traité de l’Indus de 1960 qui régit le partage des eaux fluviales entre les deux pays, faisant craindre une escalade sans précédent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vitale irrigation du Pakistan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Géographiquement en amont, New Dehli a la maîtrise des affluents du fleuve, épée de Damoclès pour Islamabad dont l’économie est largement tributaire de cette irrigation. En effet le secteur agricole pakistanais représente près de 30 % de son PIB. Les autorités pakistanaises ont déclaré que toute manœuvre destinée à restreindre ou à couper l’approvisionnement en eau du Pakistan serait considérée comme un acte de guerre et menacent de leur côté de se retirer de l’accord Simla de 1972 qui fixait la ligne de cessez-le-feu dans le Cachemire, remettant en cause l’architecture régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, les arsenaux nucléaires respectifs des deux pays avaient permis d’éviter une issue fatale. Qu’en sera-t-il aujourd’hui si New Dehli, au-delà de la simple dénonciation du traité de l’Indus, restreint l’approvisionnement vital en eau de son voisin ? Alors que mardi 29 avril, Narendra Modi annonçait offrir à son armée une “liberté opérationnelle” pour riposter à l’attentat du Cachemire, jusqu’où ira l’escalade entre les puissances nucléaires ? La situation n’a jamais été aussi incertaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade-125078/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade-125078/">Le nouvel Economiste</a> le 01/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
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		<title>L’Inde de moins en moins « non-alignée »</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/linde-de-moins-en-moins-non-alignee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2023 08:24:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
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					<description><![CDATA[En bouleversant les équilibres géopolitiques du Moyen-Orient, la guerre de Gaza aura également mis en lumière les stratégies de puissances<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/linde-de-moins-en-moins-non-alignee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">En bouleversant les équilibres géopolitiques du Moyen-Orient, la guerre de Gaza aura également mis en lumière les stratégies de puissances exogènes à la région. L’Inde a ainsi tout particulièrement attiré l’attention, lorsque Narendra Modi a condamné sans réserve les attaques du Hamas et apporté son soutien à Israël. C’était en effet un singulier virage diplomatique, à de multiples égards. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">Dès son indépendance en 1947, l’Inde s’est tout de suite démarquée par une diplomatie originale dans un ordre mondial bipolaire. A l’initiative du mouvement des « non-alignés », terme inventé par le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru dès 1954, l’Inde s’est également engagée très tôt et sans réserves aux côtés de la Palestine, jugeant son combat comme une lutte contre le colonialisme qui pouvait avoir des résonances avec sa propre histoire. En 1975, l’Inde a d’ailleurs été le premier Etat non-arabe à accorder un statut diplomatique plein et entier à l’Organisation de libération de la Palestine, dont le chef d’alors, Yasser Arafat, se rendait régulièrement à New Delhi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Georgia, serif; font-size: 12pt;">En 1992 néanmoins, l’Inde établissait des relations diplomatiques avec Israël, nuançant sa traditionnelle politique pro-arabe pour permettre une ouverture envers l’État hébreu et s’assurer ainsi une flexibilité stratégique. Trente ans plus tard, cet équilibre semble tendre vers une préférence ouvertement affichée pour Tel-Aviv pour de multiples raisons, le rapprochement sécuritaire avec les Etats-Unis n’étant pas la moins importante.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">L’Inde a en effet ses propres enjeux géostratégiques, essentiellement concentrés sur l’endiguement de la puissance chinoise et la lutte contre le Pakistan. Dès les années 1970 d’ailleurs, Israël s’est employé à favoriser un potentiel rapprochement diplomatique avec New Delhi en lui fournissant une aide miliaire lors du troisième conflit indo-pakistanais de 1971 – qui entraîna la création du Bangladesh – ainsi qu’en 1999. Cette époque a vu alors l’Inde équilibrer ses relations entre trois pôles concurrents, mais indispensables à ses intérêts : le monde arabe – pour des raisons économiques, puisque près de 7 millions de travailleurs indiens y résident &#8211; Israël – en vertu de leur partenariat militaire et technologique &#8211; et l’Iran – pour son ouverture vers l’Asie centrale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Georgia, serif; font-size: 12pt;">A son arrivée au pouvoir, Narendra Modi a volontairement préservé cet équilibre. En 2017, il est ainsi devenu le premier Premier ministre indien à se rendre en Israël, tout en cultivant ses amitiés dans le monde arabe – en visitant Ramallah en 2018, en recevant Mohammed Ben Salmane à New Delhi en dépit de l’affaire Khashoggi, ou en multipliant les visites aux Emirats Arabes Unis. Cet activisme vise également à investir les grandes instances du monde arabo-musulman, comme l’Organisation de la Coopération islamique, afin d’y affaiblir le Pakistan et gagner des soutiens sur la question du Cachemire. En 2019, le ministre des Affaires étrangères indien a ainsi été le premier à s’exprimer à la tribune de l’OCI en un demi-siècle, tandis qu’Islamabad brillait par son absence durant son discours.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">Mais aujourd’hui, l’Inde doit naviguer dans un monde de plus en plus multipolaire tout en poursuivant son objectif de devenir la troisième économie mondiale d’ici sept ans. Le développement de son influence diplomatique doit aller de paire – or, au Moyen-Orient, celle-ci ne peut s’exonérer d’une dimension sécuritaire. Plus que sur l’équilibre, la stratégie indienne au Moyen-Orient repose donc désormais sur le pragmatisme. De ce fait, l’Inde investit de plus en plus ouvertement sa collaboration sécuritaire avec les Etats-Unis, avec lesquels elle partage la même volonté de contenir la montée en puissance de la Chine. Ces dernières années, elle a ainsi rejoint plusieurs partenariats économiques et miliaires initiés par Washington avec d’autres grandes puissances régionales : le Dialogue de Sécurité Quadrilatéral (ou QUAD), qui la place coeur de la stratégie « Indo-Pacifique » américaine, le groupe I2U2, qui a gagné en notoriété après que les Emirats aient signé les accords d’Abraham, ou encore le corridor économique « Inde-Moyen-Orient-Europe » annoncé en marge du dernier sommet du G20 en septembre, qui ambitionne de rivaliser avec la centralité du canal de Suez dans le commerce mondial.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Georgia, serif; font-size: 12pt;">Néanmoins, la proximité grandissante de l’Inde avec les Etats-Unis et l’abandon de sa neutralité historique – jusqu’ici l’une des raisons de sa popularité au Moyen-Orient &#8211; pourraient justement être contre-productifs pour ses ambitions stratégiques dans la région. Outre que plusieurs puissances arabes sont également clientes de la Chine, passer pour un « valet » des intérêts américains risque d&rsquo;avoir mauvaise presse au sein du monde arabe, surtout dans le contexte actuel.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">L’Inde n’en ménage pas moins ses « vieux » alliés, même si cela peut sembler incompatible avec sa réorientation plus ouvertement pro-américaine ou ses propres affaires domestiques. Face au conflit à Gaza, New Delhi s’est ainsi retrouvé dans une situation inconfortable, condamnant sans réserve le Hamas et saluant la réaction d’Israël, tout en dénonçant par la suite la crise humanitaire vécue par les Palestiniens. Par ailleurs, sa politique ouvertement discriminatoire envers les musulmans indiens est un sujet de contentieux récurrent avec les chancelleries arabes et même les Etats-Unis, qui lui reprochent ses atteintes à la liberté religieuse… Mais à ce jour, les partenariats ont tenu bon et semblent vouer à perdurer. Preuve que la fortune sourit aux audacieux.</span></p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 26/11/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Renommer l&#8217;Inde « Bharat », une trahison de l’Union indienne héritée de 1947</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/renommer-linde-bharat-une-trahison-de-lunion-indienne-heritee-de-1947/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Sep 2023 10:06:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le récent sommet du G20 n’a permis d’obtenir aucune déclaration d’envergure sur la guerre en Ukraine ou la sortie des énergies fossiles, l’évènement aura au moins servi à son hôte, Narendra Modi, de vitrine pour son idéologie nationaliste à un an des élections législatives de 2024. En amont du sommet, les invités pour le dîner du samedi soir ont eu sans nul doute la surprise de lire que le nom de l’Inde n’était mentionné nulle part. A sa place pouvait en revanche se lire le terme « Bharat », le nom du pays en sanskrit. Mentionné dans les textes védiques les plus anciens de l’Inde, il y désigne l’ensemble du sous-continent indien.</p>
<p>Pourquoi un tel changement, puisque la Constitution indienne indique les deux noms dès son article premier, et que ceux-ci sont utilisés indifféremment en Inde comme à l’étranger ? Soixante-quinze ans après l’indépendance obtenue de l’Empire britannique en 1947, Narendra Modi souhaite pourtant faire supprimer par voie législative le terme « Inde » de tous les textes officiels pour ne plus retenir que celui de « Bharat ». En effet, le nom qui fut celui de l’Inde depuis toujours est désormais jugé comme « un terme abusif hérité des Britanniques », par opposition à sa version sanskrite, « symbole de la culture indienne ».</p>
<p>Cette analyse sémantique n’est pourtant qu’une mauvaise interprétation faisant peu de cas de la vérité historique. Le terme « Inde » est en effet bien plus ancien que le Raj britannique puisqu’il dérive du nom « Sindhu », la désignation sanskrite du fleuve Indus, frontière naturelle de l’Inde dans l’Antiquité. Hérodote lui-même au Vème siècle avant J.C mentionnait déjà ce nom pour désigner « le pays indien » dans <em>L’Enquête</em>.</p>
<p>Cette volonté de renommer le pays uniquement par son nom sanskrit dénote une fois de plus la vision étroite de l’identité indienne telle que Narendra Modi et son parti ultra-nationaliste Bharatiya Janata Party la défendent depuis bientôt dix ans au pouvoir. Elle s’inscrit surtout dans une vaste entreprise de « décolonisation » globale de l’Inde, jugée corrompue par l’influence d’envahisseurs : les Britanniques d’une part, mais aussi les Moghols, ces souverains musulmans qui ont pourtant donné à l’Inde les monuments qui la symbolisent dans le monde entier – en premier lieu le Taj Mahal – ainsi qu’une richesse culturelle et ethnique qui a contribué à son identité et son histoire. La discrimination croissante exercée à l’encontre des musulmans indiens par le gouvernement Modi traduit cet objectif, tout comme l’annexion du Cachemire, actes aujourd’hui totalement négligés par la communauté internationale et singulièrement par les autres puissances musulmanes à l’exception notoire du Pakistan.</p>
<p>Mais pour le BJP, la cible est également cette élite indienne sécularisée, historiquement symbolisée par Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre de l’Inde indépendante, jugée trop sécularisée, trop occidentalisée, et déconnectée du peuple indien qu’elle a gouverné presque sans interruption de 1947 à 2014 via le parti du Congrès.</p>
<p>L’usage du terme « Bharat » a donc une importance particulièrement significative en cette année pré-électorale. Car il ne fait aucun doute que les élections générales de 2024 seront les plus cruciales de l’histoire contemporaine de l’Inde : celles qui la verront poursuivre la tradition pluraliste des pères de la démocratie indienne, ou choisir le chemin de l’ethno-nationalisme tant souhaité par les défenseurs de l’<em>Hindutva</em>, « l’hindouité ». Au coeur de cette doctrine popularisée par les intellectuels nationalistes hindous, se trouve la ferme conviction d’une corruption de l’âme indienne par les règnes moghols et britanniques, qui justifie donc à la fois l’idée de conflit ouvert avec les musulmans indiens, mais aussi de retour à l’idée d’Akhand Bharat, ou « Inde indivisée ». Dans sa vision « minimaliste », cette théorie expansionniste prône le retour aux frontières de l’Inde avant la Partition de 1947. Or, ce rétablissement d’une Inde « réunifiée » s’étendant de l’Indus jusqu’au golfe du Bengale reviendrait à nier l’existence du Pakistan et du Bangladesh&#8230; Dans sa vision maximaliste, l’Akhand Bharat englobe ces mêmes pays en y ajoutant le Myanmar, l’Afghanistan, le Népal, le Bouthan, le Tibet et le Sri Lanka !</p>
<p>Avant de donner corps à ce fantasme révisionniste et expansionniste, les membres du BJP s’emploient déjà à faire de l’Inde une « nation hindoue » dans les frontières héritées de 1947, ce qui menace directement l’existence des minorités ethniques et religieuses du pays et justifie les violences à leur égard. Paradoxalement, cette vision exclusive de l’identité indienne menace directement la <em>nation</em> indienne, forgée par les luttes politiques de Nehru et Gandhi. Car renommer l’Inde de son nom sanskrit reviendrait en effet à nier le caractère politique de l’indianité pour en faire un marqueur exclusivement civilisationnel et culturel. Dès lors, qui pourrait nier que l’ourdou est une langue indienne que l’on parle aussi bien à New Delhi qu’à Dacca ou Lahore, ou que la musique pakistanaise est une musique issue de l’Inde ?</p>
<p>En voulant exclure, Modi rappelle finalement que l’indianité dépasse les frontières actuelles de l’Union indienne. Et son choix donne dès lors au Pakistan une nouvelle raison de se réclamer du principal héritage des Moghols : cette identité multiculturelle et multiethnique. La polémique a d’ailleurs ravivé à Islamabad le souvenir de la controverse qui avait entouré le choix du nom « Inde » par New Delhi en 1947, Mohammed Ali Jinnah, le père fondateur du Pakistan, considérant que l’Inde restait avant tout ce grand ensemble civilisationnel cohérent, cette construction dépassant largement les deux pays nouveaux-nés qui pouvaient légitimement continuer à en faire partie. Par sa réécriture de l’Histoire et sa conception erronée de l’identité indienne, Modi risque donc d’obtenir l’inverse de ses objectifs : affaiblir son pays et renforcer la légitimité du « frère ennemi ».</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 17/09/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;Inde, nouvelle grande puissance d&#8217;influence au Moyen-Orient ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/linde-nouvelle-grande-puissance-dinfluence-au-moyen-orient/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jul 2023 07:13:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Obsédés par l’essor de l&#8217;influence chinoise, les Etats-Unis ont omis de considérer une autre reconfiguration géopolitique : l’émergence discrète mais<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/linde-nouvelle-grande-puissance-dinfluence-au-moyen-orient/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">Obsédés par l’essor de l&rsquo;influence chinoise, les Etats-Unis ont omis de considérer une autre reconfiguration géopolitique : l’émergence discrète mais efficace de l’Inde sur la scène du Moyen-Orient, qui dans l’ombre de la Chine y multiplie les investissements. Certes, l’Inde ne naviguait pas en terre inconnue dans la région. Outre qu&rsquo;elle en importait des hydrocarbures en quantité considérable pour nourrir son économie énergivore, elle fournissait également en échange la main d&rsquo;oeuvre bon marché qui structurent les économies des pétromonarchies du Golfe Persique. Mais en une décennie, New Delhi a considérablement accru la teneur de ses relations bilatérales avec les grandes puissances économiques locales.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">Ses divers partenariats avec Israël sont probablement ceux qui ont connu le développement le plus impressionnant. Si leur bonne entente date de 1950, année où l’Inde a reconnu l’existence de l’État hébreu, les deux pays ont attendu 1992 pour établir des relations diplomatiques officielles. Depuis lors, leur relation n’a fait que s’approfondir, et singulièrement ces dernières années. En 2017, Narendra Modi est devenu le premier leader indien à se rendre en Israël, politesse rendue par Benjamin Netanyahu l’année suivante. Les domaines des nouvelles technologies et de l’industrie de défense ont tout particulièrement profité de cette coopération renforcée. En 2021, Israël était ainsi le troisième fournisseur d’armes de l’Inde, et les deux pays étudieraient actuellement la possibilité d’une coproduction d’armements de pointe. De même, le dédain des investisseurs indiens à l’encontre du marché israélien, jugé trop modeste et soumis à l’instabilité politique, appartient désormais au passé. En 2022, le groupe Adani, le conglomérat multinational indien spécialiste dans la production d’électricité, a remporté un appel d’offre d’1,2 milliards de dollars pour le port d’Haïfa avec la participation d’un partenaire israélien. Un accord de libre-échange serait également en cours de négociation.  </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Georgia, serif; font-size: 12pt;">New Delhi sait néanmoins diversifier ses relations : elle supporte la cause palestinienne, parvient à maintenir des relations cordiales avec l&rsquo;Iran, et renforce fortement sa proximité avec les pétromonarchies du Golfe Persique. Soucieux d’investir un marché d’1,4 milliards d’habitants situé à quatre heures de vol, l&rsquo;Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, soutiens traditionnels du Pakistan, s&rsquo;en sont éloignés ces dernières années pour tenter de renforcer leur coopération économique avec l&rsquo;Inde. Leur silence face à la situation du Cachemire témoigne d&rsquo;ailleurs de cette réorientation stratégique. Pour l’heure, la séduction active des pays arabes semble avoir produit des résultats efficaces : durant les onze premiers mois du partenariat économique entre l’Inde et les Emirats, entré en vigueur en mai 2022, le commerce bilatéral entre les deux pays a atteint 45 milliards de dollars hors secteur pétrolier, soit une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente. Dans le cadre du groupe « I2U2 » qui regroupe Israël, l’Inde, les Emirats et les Etats-Unis, Indiens et Emiratis ont mutualisé leur niveau d’expertise technologique et leurs capitaux financiers pour développer leur collaboration en matière d’énergies renouvelables, d’agriculture et de développement d’infrastructures. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Georgia, serif; font-size: 12pt;">Pour sa part, l’Arabie Saoudite en tant que second fournisseur de l’Inde en hydrocarbures, souhaite approfondir cette coopération énergétique en y ajoutant une production d’énergies renouvelables. A cet égard, un projet de connexion énergétique entre l’Inde et le royaume wahhabite via des câbles sous-marins serait à l’étude et, en cas de réalisation, accélérerait considérablement le volume du commerce bilatéral entre les deux pays, qui atteint déjà 43 milliards de dollars.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Georgia',serif;">Autre grande puissance du monde arabe, l’Egypte cherche à développer ses échanges avec l’Inde, encore relativement modestes (6 milliards de dollars) en dépit de l’excellente entente entre Narendra Modi et Abdel Fattah al-Sissi. Les effets désastreux de sa politique économique et l’aggravation de la dette publique égyptienne, sans oublier une inflation qui atteint les 30 % et la désaffection progressive des traditionnels bailleurs de fonds du Golfe Persique, expliquent en effet l’attrait de l’Inde pour l’Egypte. New Delhi et Le Caire étudient donc la possibilité de transactions commerciales payées en roupies, faute de réserves en dollars suffisantes en Egypte, ainsi qu’un prêt accordé par l’Inde en échange d’un remboursement de la dette égyptienne en gaz naturel et fertilisants. Pour l’Inde, l’intérêt de l’Egypte en tant que porte d’entrée vers les marchés européens et africains, justifie de jouer ce rôle de créancier.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Georgia, serif; font-size: 12pt;">L&rsquo;émergence de l&rsquo;Inde au Moyen-Orient est un cas d&rsquo;école : elle reflète en effet l&rsquo;évolution de l&rsquo;ordre mondial et la volonté de la région de bénéficier de la multipolarité. L’indépendance stratégique de l’Inde, qui s’est exprimée dans le cadre du conflit ukrainien, ne doit d&rsquo;ailleurs pas être sous-estimée. Si l’Inde a en effet condamné l’invasion de la Russie, elle n’a pas voté la résolution onusienne à l’encontre de Moscou et demeure une des principales clientes des hydrocarbures et armes russes. De même, dans le cadre précis du Moyen-Orient, sa position vis-à-vis de l’Iran diverge considérablement de celle des Etats-Unis et d’Israël par sa conciliation. Sans devenir le cheval de Troie des Américains au Moyen-Orient, l’Inde ne s’inscrira pas non plus dans une dynamique de rivalité, à l’instar de la Chine ou de la Russie. Si les Etats-Unis ne parviendront sans doute pas à devenir les partenaires exclusifs de l&rsquo;Inde compte tenu de leurs positions divergentes sur divers sujets régionaux, ils ont donc tout intérêt à lui laisser remplir le vide stratégique local, au détriment de la Russie ou de la Chine. L’Inde et la Chine partagent en effet une histoire frontalière riche en inimité qui s’est souvent traduite en conflits armés. L’Inde peut donc naturellement être un contre-poids et contribuer à faire du Moyen-Orient une aire d’opportunités pour contenir l’influence chinoise.</span></p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans L&rsquo;Atlantico du 9/07/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Entre l&#8217;Inde et l&#8217;Occident, l&#8217;union succède enfin aux hésitations face à la Chine</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/entre-linde-et-loccident-lunion-succede-enfin-aux-hesitations-face-a-la-chine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Mar 2021 13:20:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[Chine]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-8559 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico14-1-300x167.png" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico14-1-300x167.png 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico14-1-150x83.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico14-1.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le premier véritable sommet du Dialogue Quadrilatéral pour la Sécurité, qui regroupe les principales puissances de la zone Indo-Pacifique (les Etats-Unis, l&rsquo;Australie, le Japon et l&rsquo;Inde), s&rsquo;est tenu la semaine dernière et restera sans doute dans les mémoires comme le moment où l&rsquo;Inde a définitivement choisi son camp. Face à la montée en puissance indéniable de la Chine, New Delhi semble avoir enfin rompu avec son historique autonomie stratégique, et décidé de se rapprocher des Occidentaux.</p>
<p>Pacte de sécurité initié en 2007 par le Japon, le Dialogue Quadrilatéral pour la Sécurité, aussi connu sous le nom de « Quad », était resté en sommeil durant dix ans en raison du retrait de l&rsquo;Australie, très prudente dans son positionnement face aux tensions grandissantes entre les Etats-Unis et la Chine dans le Pacifique. Le pacte a connu un regain d&rsquo;intérêt à partir de 2017 en raison de la politique anti-chinoise de deux dirigeants populistes, Donald Trump et Narendra Modi. Pour le Premier ministre indien, le sommet de 2021 acte donc « la maturité » de l&rsquo;organisation, et surtout l&rsquo;urgence de la rendre opérationnelle face aux défis posés par la Chine. A l&rsquo;issue de cette rencontre, les quatre pays se sont engagés à coopérer sur les sécurités maritime, informatique et économique, mais aussi à renforcer l&rsquo;approvisionnement de l&rsquo;Asie du Sud-Est en vaccins. Ces deux initiatives visent avant tout à faire de l&rsquo;Inde un relais stratégique pour les Etats-Unis et leurs alliés dans la région, afin de se dégager de leur dépendance envers la Chine.</p>
<p>Ce sommet marquera donc le premier engagement de l&rsquo;Inde dans une série de traités et d&rsquo;organisations multilatérales dirigées par les Occidentaux. En octobre 2020, New Delhi avait déjà participé à un sommet des « Five Eyes » &#8211; l&rsquo;alliance des services de renseignements des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de l&rsquo;Australie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande – groupe qui, s&rsquo;il reste très fermé, se montre particulièrement intéressé par une collaboration accrue avec les services de renseignements indiens. Narendra Modi sera surtout invité au prochain sommet du G7 à Londres cet été, préalable à l&rsquo;éventuelle intégration de l&rsquo;Inde au « D-10 », le groupe des dix puissances démocratiques du monde, que Boris Johnson souhaite ardemment constituer.</p>
<p>A l&rsquo;aune du positionnement géopolitique de l&rsquo;Inde au cours de la seconde moitié du XXème siècle, ces évolutions apparaissent effectivement comme un tournant majeur actant l&rsquo;abandon d&rsquo;une certaine indépendance stratégique. Dès le début des années 1950, sous l&rsquo;égide du Premier ministre Jawaharlal Nehru, l&rsquo;Inde avait été en effet l&rsquo;un des pionniers du mouvement des non-alignés, aux côtés de l&rsquo;Indonésie, de l&rsquo;Egypte et de la Yougoslavie. Revendiquant son refus de choisir entre les Etats-Unis ou l&rsquo;URSS et d&rsquo;intégrer toute organisation militaire internationale, l&rsquo;Inde s&rsquo;était malgré tout rapprochée de Moscou durant la Guerre froide, déjà pour contrer la Chine. La guerre sino-indienne de 1962, qui s&rsquo;acheva par une série de revers et la perte de l&rsquo;Aksaï Chin au profit de Pékin, obligea Nehru à demander l&rsquo;aide du président Kennedy. Si leur décès respectif interrompit le processus, leur prise de contact initia bien un rapprochement qui allait mettre près d&rsquo;un demi-siècle à se concrétiser, et dont le récent sommet du « Quad » constitue une étape décisive.</p>
<p>Les années 1970 en particulier semblèrent consacrer « l&rsquo;anti-américanisme » d&rsquo;une Inde socialiste, leader tiers-mondiste et délibérément éloignée de toute coopération économique avec l&rsquo;Occident. La fin de la Guerre froide et la chute de l&rsquo;URSS en 1991 ouvrit alors une période complexe, rythmée par les atermoiements d&rsquo;une Inde encore divisée entre sa méfiance envers les Occidentaux et sa crainte de la puissance chinoise, et l&rsquo;extraordinaire patience des présidents américains successifs, déterminés à s&rsquo;allier à la troisième grande puissance d&rsquo;Asie pour contrer la première. Au début des années 2000, Georges W. Bush a d&rsquo;ailleurs été le premier président américain à considérer ce rapprochement stratégique comme indispensable pour faire face aux mutations du continent impulsées par la Chine. En rééquilibrant ses relations entre l&rsquo;Inde et le Pakistan, et en abandonnant tout activisme en faveur du Cachemire ou d&rsquo;une dénucléarisation de la région, Washington offrait une alliance sans conditions à l&rsquo;Inde. Celle-ci persista néanmoins dans son mythe d&rsquo;une autonomie stratégique, y compris après la crise financière de 2008 lorsque la Chine, convaincue d&rsquo;un effondrement prochain des Etats-Unis, devenait pourtant de plus en plus agressive à l&rsquo;égard de ses voisins.</p>
<p>Ce n&rsquo;est finalement qu&rsquo;à partir de l&rsquo;élection de Narendra Modi en 2014 que les « hésitations historiques » de l&rsquo;Inde ont pris fin. Depuis le début de son premier mandat, le nouveau Premier ministre a multiplié les traités de coopération militaire avec les Etats-Unis, longtemps laissés en suspens, élargit l&rsquo;exercice naval trilatéral et annuel « Malabar » au Japon en 2015 et à l&rsquo;Australie en 2020, et a contribué à la résurrection du « Quad » à partir de 2017. Cet activisme diplomatique n&rsquo;oublie pas les Européens, que ce soit au sein du Commonwealth, de l&rsquo;Union européenne ou du partenariat maritime Indo-Pacifique avec la France. Les liens avec l&rsquo;ancienne puissance coloniale britannique devraient également être renforcés, alors que Boris Johnson est attendu en Inde le mois prochain. En l&rsquo;occurrence, cette volonté de rapprocher l&rsquo;Inde de l&rsquo;Occident constitue l&rsquo;un des rares projets politiques où Narendra Modi n&rsquo;est pas dominé par l&rsquo;idéologie ultra-nationaliste de son parti, mais par un pragmatisme uniquement préoccupé des intérêts de son pays.</p>
<p>Joe Biden poursuivra très certainement les efforts de rapprochement initiés par ses prédécesseurs. Compte tenu de son poids démographique et économique, l&rsquo;Inde serait donc amenée à jouer un rôle clé dans la sécurisation de l&rsquo;espace asiatique. Son inclusion dans la stratégie Indo-Pacifique des Etats-Unis et dans le « Quad » vont dans ce sens, mais reste à savoir si l&rsquo;Inde jusqu&rsquo;ici farouchement non-alignée sera effectivement devenue une alliée fiable. New Delhi ne monnaiera sans doute pas son soutien sans conditions, obtenant par exemple une certaine complaisance à l&rsquo;égard de sa politique ultra-nationaliste. <em>In fine</em>, ce sont très certainement les citoyens musulmans de l&rsquo;Inde, le Cachemire et le Pakistan, qui paieront les frais de ce rapprochement indo-occidental.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 28/03/2021.</strong></p>
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		<title>L&#8217;Inde et les Etats-Unis alliés contre un ennemi commun : la Chine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2020 17:40:05 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine lettrine lettrine lettrine"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-6789 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/000_1PA9X5-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/000_1PA9X5-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/000_1PA9X5-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/000_1PA9X5.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p class="lettrine lettrine lettrine lettrine">Loin du bel unanimisme qui les unit aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Inde et les Etats-Unis ont longtemps connu des relations difficiles. D&rsquo;une part parce que durant la Guerre froide, l&rsquo;Inde avait choisi le camp de l&rsquo;URSS, à la fois pour se démarquer du Pakistan allié aux Etats-Unis, mais surtout pour lutter contre l&rsquo;influence déjà inquiétante de la Chine. D&rsquo;autre part, parce qu&rsquo;en décembre 1971, en pleine guerre d&rsquo;indépendance du Pakistan oriental, le futur Bangladesh, les Américains vinrent à la rescousse des armées pakistanaises défaites en déployant leurs meilleures forces dans le Golfe du Bengale. L&rsquo;évènement envoya à dessein un signal fort au Pakistan et surtout à la Chine, au moment même où l&rsquo;administration Nixon initia le rapprochement sino-américain qui devait amoindrir l&rsquo;influence de l&rsquo;URSS en Asie. Le message était clair : les alliés des Etats-Unis pouvaient compter sur eux. Les diplomates indiens le comprirent si bien qu&rsquo;ils accélérèrent leur programme nucléaire, et en 1974, l&rsquo;Inde disposait de sa première bombe atomique.</p>
<p>Cinquante ans plus tard, l&rsquo;entraînement conjoint qu&rsquo;ont observé les marines indiennes et américaines dans le Golfe du Bengale le mois dernier, donne la mesure du chemin parcouru entre les Etats-Unis et l&rsquo;Inde pour améliorer leurs relations diplomatiques. Il intervient sans le moindre hasard au moment où l&rsquo;Inde et la Chine connaissent un regain de tensions sur leur frontière commune dans l&rsquo;Himalaya, et au moment également où les relations sino-américaines sont des plus conflictuelles.</p>
<p>Si la proximité idéologique entre Donald Trump et Narendra Modi a particulièrement exposé au grand jour le rapprochement entre leurs deux pays, celui-ci démarra véritablement en 2008 lorsqu&rsquo;après trois ans de négociations, l&rsquo;administration Bush décida de lever l&#8217;embargo sur le nucléaire civil qui frappait l&rsquo;Inde depuis 34 ans. Et si les Etats-Unis décidèrent d&rsquo;approfondir leur relation avec l&rsquo;Inde, c&rsquo;est bien évidemment pour contrer la montée en puissance d&rsquo;un ennemi commun, la Chine. Aujourd&rsquo;hui encore, même les partenariats économiques entre les deux géants asiatiques, rivaux dans leur quête de puissance, ont échoué à améliorer leurs relations.</p>
<p>De surcroit, le rapprochement sino-pakistanais inquiète l&rsquo;Inde, qui le considère comme une menace pour sa sécurité. Disposant d&rsquo;un budget de la défense représentant moins d&rsquo;un tiers de celui de la Chine, d&rsquo;un PIB représentant un cinquième du PIB chinois et d&rsquo;une armée bien plus modeste, l&rsquo;Inde se sait perdante dans le rapport de forces, et poursuit donc un double équilibrage, à la fois interne et externe. Elle a ainsi accru ses dépenses militaires et s&rsquo;est lancée dans une course aux armements, sollicitant ses principaux fournisseurs d&rsquo;armes, la France et la Russie, pour acquérir plusieurs Rafales, MiG-29 et avions de chasse Sukhoi. La nécessité de se placer sous la protection d&rsquo;un Etat plus puissant afin de garantir ses intérêts et sa sécurité l&rsquo;a enfin naturellement poussée dans les bras des Américains.</p>
<p>Au demeurant, ceux-ci ont tout intérêt à répondre favorablement aux demandes de l&rsquo;Inde pour renforcer leur stratégie dite « Indo-Pacifique » d&rsquo;encerclement de la Chine, depuis la mer de Chine méridionale jusqu&rsquo;à l&rsquo;Himalaya, en passant par Taïwan. Le partenariat avec l&rsquo;Inde devrait ainsi leur faciliter l&rsquo;installation de forces militaires aux abords de l&rsquo;immense chaîne montagneuse ainsi que dans l&rsquo;Océan Indien, par ailleurs route maritime clé.</p>
<p>Néanmoins, le risque est grand de voir l&rsquo;Inde se faire instrumentaliser par les Etats-Unis dans leur propre conflit avec la Chine, et de faire du triangle himalayen où les rivalités entre l&rsquo;Inde, la Chine et le Pakistan sont déjà très vives, une poudrière prête à exploser. Les « petits » pays limitrophes que sont le Népal, le Bhoutan ou le Bangladesh, trop dépendants économiquement et enclavés pour se dispenser de choisir un camp, le redoutent avec raison. Tous, avec le Sri Lanka et le Pakistan, se voient proposer des partenariats dans le cadre des Nouvelles routes de la Soie chinoises pour amoindrir la puissance de New Delhi, ce qui ne lui échappe pas et l&rsquo;alarme. L&rsquo;Inde cherchera très probablement à approfondir ses liens avec Washington, faute de mieux, la Russie n&rsquo;ayant aucune ambition ni aucun intérêt, y compris commercial, à assurer sa protection.</p>
<p>Pour autant, certains sur la scène politique indienne ne désespèrent pas de ressusciter la politique de non-alignement qui prévalut sous Jawaharlal Nehru dans les années 1950, arguant avec prudence qu&rsquo;il convient de ne jamais s&rsquo;en remettre totalement à un seul allié, fut-il puissant. Au demeurant, la fiabilité de l&rsquo;allié américain peut être sujette à caution, comme l&rsquo;Arabie Saoudite ou les Kurdes en Syrie peuvent en témoigner&#8230; Il reste cependant plus vraisemblable que la peur l&#8217;emporte sur la raison. Du côté des Etats-Unis, une éventuelle alternance politique ne devrait guère changer les choses, la stratégie déployée envers l&rsquo;Inde et la Chine accusant une étonnante cohérence depuis le mandat d&rsquo;Obama, malgré les vicissitudes de l&rsquo;ère Trump. Devenue plus complexe et plus imbriquée pour les deux pays, l&rsquo;alliance indo-américaine a tout pour tenir dans la durée. Comme l&rsquo;avait souligné en son temps le diplomate et ancien Premier ministre britannique Henry Temple, Lord Palmerston, « <em>les nations n&rsquo;ont ni ennemis ou amis permanents. </em><em>Seuls leurs intérêts le sont.</em> »</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 13/09/2020.</strong></p>
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		<title>Trump et Modi, la solidarité populiste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2020 18:33:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Inde]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Trump]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-5611 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/donald-trump-et-narendra-modi-ou-la-solidarite-populiste-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/donald-trump-et-narendra-modi-ou-la-solidarite-populiste-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/donald-trump-et-narendra-modi-ou-la-solidarite-populiste-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/02/donald-trump-et-narendra-modi-ou-la-solidarite-populiste-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis hier, l&rsquo;Inde accueille Donald Trump avec toute la démesure que seule la plus grande démocratie du monde peut déployer. Pour faire honneur à cette visite d&rsquo;Etat de deux jours, le Premier ministre indien Narendra Modi a fait des préparatifs pharaoniques en un temps record : routes et trottoirs refaits et fleuris, marbres du Taj Mahal nettoyés de même que la rivière Yamuna, bidonvilles cachés derrière une peinture de 600 mètres de long&#8230;. Tel un village Potemkine, Trump n&rsquo;aura vu de l&rsquo;Inde qu&rsquo;un aperçu idéalisé, acclamé par une foule de plusieurs milliers de personnes réunies à Ahmedabad, le fief de Narendra Modi dans le Gujarat, pour le triomphe de la politique-spectacle qu&rsquo;il nourrit quotidiennement à coups de tweets et de revirements imprévisibles depuis le début de son mandat.</p>
<p>La première visite de Donald Trump en Inde intervient pourtant dans un moment chaotique pour le gouvernement Modi, alors que depuis décembre dernier, des milliers d&rsquo;Indiens attachés aux fondamentaux séculiers de leur démocratie et à la liberté religieuse, manifestent contre la réforme de la loi sur la nationalité. Sans surprise, le premier discours du président américain a été dépourvu de la moindre critique sur la situation du Cachemire et celle des musulmans, qui subissent une ségrégation de plus en plus assumée. Bien au contraire, Trump a rappelé la nécessité pour tout Etat de « <em>sécuriser ses frontières et combattre le terrorisme </em>», voyant sans doute une claire analogie entre la gestion du Cachemire par l&rsquo;Inde et celle du Mexique par les Etats-Unis&#8230; Finalement, les hauts responsables de l’administration américaine qui, trois jours avant l&rsquo;arrivée de leur président en Inde, avaient indiqué qu&rsquo;il saurait la rappeler au respect de ses propres valeurs, connaissent fort peu leur chef. Fidèle à lui-même, Donald Trump a offert une validation tacite de la politique nationaliste de Modi en lui rendant visite.</p>
<p>« <em>May this friendship last forever </em>» (« Que cette amitié dure éternellement »), pouvait-on lire sur une peinture dans une rue de Bombay&#8230; L&rsquo;entente de Narendra Modi et de Donald Trump existe de longue date et apparaît, en surface, logique. Ils représentent après tout deux démocraties emblématiques du monde moderne, l&rsquo;une par le nombre d&rsquo;habitants qu&rsquo;elle représente, ce qui en fait la première du monde, l&rsquo;autre par l&rsquo;aura qu&rsquo;elle a exercée durant toute la seconde moitié du XXème siècle. Mais la sympathie qu&rsquo;éprouvent mutuellement Modi et Trump se base en réalité sur des sentiments bien moins nobles. Entre le suprémaciste hindou et le populiste américain, on trouve beaucoup – trop – de points communs. Donald Trump, en particulier, a plusieurs raisons de manifester son amitié à Narendra Modi. Elles touchent deux aspects essentiels de son action publique : le business, et la politique.</p>
<p>Au-delà de la visite bucolique, les Etats-Unis et l&rsquo;Inde restent des partenaires stratégiques de premier plan pour contrer l&rsquo;hégémonie de la Chine en Asie-Pacifique. Mais malgré cet « ennemi commun », un bras de fer les oppose sur l&rsquo;ultra-protectionnisme affiché par l&rsquo;Inde. En juin dernier, Narendra Modi avait augmenté les taxes douanières sur des produits américains en juin dernier, en réponse à la décision de Washington de mettre fin aux avantages douaniers de son pays. Fin 2019, le Premier ministre indien s&rsquo;était également retiré du partenariat économique régional global, un accord de libre-échange signé entre seize pays du Pacifique, dont l&rsquo;Inde et les Etats-Unis, par crainte de la concurrence de la Chine. Après l&rsquo;imposition de sanctions, comme le retrait de l&rsquo;Inde de la liste des pays en voie de développement, ce qui a entraîné une perte considérable de fonds pour New Delhi, Donald Trump tentera peut-être le dialogue pour convaincre Modi d&rsquo;ouvrir le marché indien aux entreprises américaines, bien qu&rsquo;aucun contrat ne devrait être conclu à l&rsquo;issue de cette visite d&rsquo;Etat.</p>
<p>Bien plus inquiétante est la fascination manifeste et réciproque que les deux leaders éprouvent pour leur politique respective. Dans les colonnes du <em>New York Times</em>, l&rsquo;écrivain Pankaj Mishra déplorait que l&rsquo;Inde, dont l&rsquo;<em>ethos</em> politique post-colonial s&rsquo;est fondé en partie sur la prise en compte des difficultés du plus grand nombre et le respect de son immense diversité, ait fini par être corrompue par l&rsquo;avidité du capitalisme occidental, et plus particulièrement américain ; par le désir d&rsquo;une richesse rapide et sans limite, aux détriments des plus pauvres, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;immense majorité de la population indienne. L&rsquo;arrivée au pouvoir des nationalistes hindous du Bharatiya Janata Party a surtout permis l&rsquo;émergence d&rsquo;un projet de société que ne renieraient pas les suprémacistes blancs aux Etats-Unis : un pays tenu par un leader fort, au service d&rsquo;une idéologie plus néolibérale que progressiste, capable de défendre ses frontières, de réduire la liberté de la presse, et de faire en sorte que les femmes et les minorités restent « à leur place », c&rsquo;est-à-dire en marge.</p>
<p>L&rsquo;Inde s&rsquo;est inspirée de ce que les Etats-Unis ont de pire à exporter, mais elle a été encore plus loin, en concrétisant finalement la vision rêvée de Donald Trump pour l&rsquo;Amérique : une démocratie malade, où les institutions sont bafouées, contournées, où l&rsquo;arbitraire peut avoir force de loi, où les immigrés et les minorités sont brutalisés, sans que la communauté internationale ne réagisse. Telle est aujourd&rsquo;hui la terrible fascination que peut exercer l&rsquo;Amérique de Trump, quand elle ne suscite pas la haine et le rejet : celle d&rsquo;une nation qui a trahi l&rsquo;idéal de ses pères fondateurs, animée par l&rsquo;avidité d&rsquo;une élite et la poursuite insatiable du profit, qui fracture davantage les sociétés entre <em>losers</em> et <em>winners</em>, et détruit l&rsquo;environnement sans crainte du lendemain. Telle est la fascination que l&rsquo;élève indien exerce réciproquement sur le maître américain, qu&rsquo;il semble avoir devancé dans l&rsquo;atteinte aux libertés fondamentales et le reniement de ses propres valeurs.</p>
<p>« <em>America loves India</em> », a clamé Trump devant une foule de 125 000 personnes à Ahmedabad, sincèrement impressionné par cette multitude, qui fait pourtant pâle figure comparée au million de personnes venues écouter le président Eisenhower lors de sa visite à New Delhi en 1959. Narendra Modi, en réponse, a manié la flatterie comme jamais : « <em>Le président Trump voit grand, et le monde sait tout ce qu&rsquo;il a fait pour réaliser le rêve américain </em>». En vérité, le rêve américain de Trump n&rsquo;en est qu&rsquo;à ses balbutiements, et l&rsquo;Inde le préfigure de la plus inquiétante des façons.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 26/02/2020.</strong></p>
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