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	<title>Guerre &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Ardavan Amir-Aslani invité de France Info</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-france-info-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Jun 2025 16:39:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[cessez-le-feu]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
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					<description><![CDATA[Mercredi 25 juin, Maître Ardavan Amir-Aslani était l’invité de France Info pour réagir au cessez-le-feu imposé par Donald Trump à<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-france-info-4/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mercredi 25 juin</strong>, Maître <strong>Ardavan Amir-Aslani</strong> était l’invité de <strong>France Info</strong> pour réagir au <strong>cessez-le-feu</strong> imposé par Donald Trump à Israël et à l’Iran, mettant un terme à la <strong>guerre des douze jours</strong> dont l’escalade menaçait la stabilité régionale et mondiale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez la retranscription de son interview <strong>ci-dessous</strong> : </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment avez-vous vécu ces dernières heures et ces événements qui s’enchaînent, avec désormais ce cessez-le-feu qui a été clairement imposé par le président américain Donald Trump ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’ai vécu comme la plupart des Iraniens que vous avez interrogés : un sentiment de soulagement avec ce cessez-le-feu, et, préalablement à celui-ci, une inquiétude permanente pour mon pays d’origine et pour sa population.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que le fait que le régime reste en place est une déception pour vous ? C’est difficile d’appréhender cette situation avec, d’un côté, des bombardements, et de l’autre, le régime qui sauve sa tête.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous savez, je crois que la plupart des Iraniens distinguent dans leur esprit, d’un côté, l’amour et l’affection qu’ils ont pour leur pays et sa population, et de l’autre, le pouvoir islamique qui règne sur place depuis 47 ans. Incontestablement, l’immense majorité des Iraniens exècrent le régime islamique et espèrent son départ. En même temps, les Iraniens, dans leur immense majorité, ne supportent pas que leur pays fasse l’objet de bombardements de la part d’un pays étranger, et a fortiori par Israël, pays poursuivi pour faits de génocide devant la Cour internationale de justice. Les Iraniens considèrent qu’ils sont capables eux-mêmes de procéder à la libération de leur pays et à son retour dans le concert des nations. Et ils s’interrogent : quelle crédibilité pourrait avoir un gouvernement imposé par Israël en Iran, au lendemain de la chute de ce pouvoir, s’il devait intervenir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cela dit, est-ce que le pouvoir iranien est affaibli aujourd’hui ou pas ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Vous savez, vu de Téhéran, le pouvoir iranien ne se perçoit pas du tout fragilisé. Ils se disent qu’ils ont réussi à tenir tête pendant douze jours à l’une des armées les plus puissantes de la terre, appuyée par les États-Unis et d’autres pays membres de l’OTAN comme l’Angleterre et la France, et que le régime n’est pas tombé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël voulait mettre un terme définitif à la quête de nucléaire civil et militaire de l’Iran, mais rien n’est moins certain. On ne connaît pas la situation des sites de Fordo et Natanz, et, globalement, le savoir-faire nucléaire iranien est demeuré intact. On ne sait même pas où sont passés les centaines de kilogrammes d’uranium hautement enrichi à 60 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël voulait également mettre un terme au programme balistique iranien, et l’on a vu que ce n’était pas le cas. Je pense même qu’Israël est très surpris de voir la capacité de l’Iran à résister face à sa surpuissance dans le domaine aérien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et troisièmement, Israël espérait la chute du régime dans les premiers jours des bombardements. Rien de tout cela n’est arrivé. Donc, vu de Téhéran, je ne suis pas certain que le pouvoir iranien considère avoir été fragilisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense en revanche que, si le cessez-le-feu devait tenir, l’Iran va connaître une période de répression extrême.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alors justement, vous parliez d’un régime qui reste en place et, vu de Téhéran, qui aurait remporté une grande victoire. Néanmoins, il y a quand même beaucoup de dignitaires importants de ce régime qui ont été tués durant cette guerre. Selon vous, le pouvoir en Iran va-t-il se retourner contre sa population, à la recherche des espions qui ont permis à Israël de monter cette opération ? Comment voyez-vous l’avenir ? Est-ce qu’un espoir de révolte vous paraît possible, malgré les différentes tentatives, et ô combien elles ont été réprimées ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>D’abord, je pense que le pouvoir iranien va effectivement se retourner contre ceux qu’il estime avoir trahi le pays : ceux qui ont soutenu, ne serait-ce que par leur voix ou leurs messages, les frappes israéliennes, et en particulier ceux qu’il considère comme des espions étrangers ayant participé à l’importation de drones pour les frappes effectuées depuis le territoire iranien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, je pense que les assassinats qu’Israël a menés contre les dirigeants iraniens constituent une erreur majeure. Les Israéliens n’ont pas saisi que l’Iran, malgré tout, est un État, et que ce n’est pas parce qu’on assassine un chef d’état-major de l’armée de l’air ou de terre que les solutions de remplacement n’existent pas. D’ailleurs, dans les heures qui ont suivi leur assassinat, ils ont été remplacés – au détriment d’Israël – par des personnes plus jeunes, plus pragmatiques et plus efficaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant la pérennité du régime, je pense que le pouvoir iranien dispose d’environ 20 % de la population qui le soutient, soit par clientélisme, soit par affection ou idéologie. Néanmoins, il y aura un « jour d’avant » et un « jour d’après ». Le pouvoir iranien ne peut pas considérer que demain, comme disent les Anglais, ce sera « business as usual ». Il sera obligé de rendre des comptes aux Iraniens face à cet échec sécuritaire et face à leur incapacité à empêcher le contrôle de l’espace aérien par les Israéliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Iraniens éprouvent de la colère, d’abord envers Israël pour avoir bombardé leur pays, mais également envers leur propre pouvoir, qui n’a pas su les protéger, qui n’a pas su conserver la maîtrise des airs, et qui, malgré 47 ans de vociférations contre le pouvoir israélien, n’a pas été capable de l’empêcher de pénétrer sur son territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il va y avoir des comptes à rendre. Et je pense que, de toute façon, qu’il y ait ou non une suite des frappes, il y aura un changement en Iran. On ne peut pas maintenir éternellement une population, en décalage profond avec son pouvoir, dans une situation de restrictions systématiques des libertés publiques et sociales. Le pouvoir iranien sera obligé d’écouter les aspirations de la population, dont l’immense majorité est jeune et a moins de 45 ans. Ils n’ont connu, si vous voulez, que la théocratie iranienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous pensez que ce changement va venir de la population, ou peut-il aussi venir de l’intérieur, dans les cercles de pouvoir actuels ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran est aujourd’hui dirigé par un certain nombre de groupes de pouvoir. Il y a, bien entendu, la théocratie religieuse, mais aussi les Gardiens de la révolution, qui sont la force répressive du pouvoir. Tous ces gens-là ont des enfants, et tous ces enfants aspirent à un autre mode de vie : un mode de vie séculier, un mode de vie à l’occidentale, parce que la répression et les restrictions des libertés publiques les touchent également.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc, si vous voulez, il y a un vent de changement qui souffle à travers le pays, et qui va exiger de la part du pouvoir des concessions. Alors, je ne pense pas que cela va intervenir dans les 24 heures, mais je pense que cela va intervenir assez rapidement. Les Iraniens considèrent – et leur histoire en témoigne – que le changement du pays doit venir des Iraniens eux-mêmes. Je vous rappelle que la première révolution constitutionnelle sur le continent asiatique a eu lieu en Iran, en 1905. Même la révolution islamique, qui a mis en place le pouvoir actuel, était la première révolution populaire sur tout le continent asiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, l’Iran a été à l’avant-garde des changements institutionnels dans la région. Et je pense que les Iraniens sont convaincus que le changement peut venir de leurs propres mains. Et puis, l’Iran d’aujourd’hui n’est pas disposé à accepter l’arrivée de dirigeants imposés par l’étranger, par la CIA ou les services du Mossad. Quelle que soit la personne, cela ne changera rien : ils veulent que le changement vienne de l’intérieur, et que la personne qui mène ce changement à son terme soit issue du pays.</p>
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		<item>
		<title>États-Unis : Marionnette d&#8217;Israël ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/etats-unis-marionnette-disrael/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2025 11:19:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[escalade]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 19 juin 2025, Maître Ardavan Amir-Aslani était l’invité de Charles D’Anjou, Président du média OMERTA, pour un grand entretien<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/etats-unis-marionnette-disrael/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le 19 juin 2025, Maître <strong>Ardavan Amir-Aslani</strong> était l’invité de Charles D’Anjou, Président du média <strong><a href="https://www.omertamedia.fr/" data-type="link" data-id="https://www.omertamedia.fr/">OMERTA</a></strong>, pour un <strong>grand entretien géopolitique</strong> consacré à la guerre israélo-iranienne qui embrase actuellement le Moyen-Orient.<br>Pendant près d’une heure, Maître Amir-Aslani décrypte cette actualité brûlante :</p>



<p class="wp-block-paragraph">• L’agression militaire israélienne contre l’Iran<br>• Les objectifs de guerre poursuivis par Israël<br>• La violation du droit international<br>• L’absurdité de la doctrine du « regime change »<br>• Le programme nucléaire iranien<br>• L’éventuel engagement des États-Unis dans le conflit<br>• L’effacement de la diplomatie française<br>• Les risques de déstabilisation régionale<br>• L’inquiétude croissante des pays arabes</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de points essentiels pour comprendre la guerre en cours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f3a5.png" alt="🎥" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> <strong>Regarder l’émission sur la chaîne YouTube d&rsquo;OMERTA</strong> :<strong> </strong><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ShJ5VCJCXsM" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/watch?v=ShJ5VCJCXsM">États-Unis : Marionnette d&rsquo;Israël ? &#8211; 19 juin 2025 </a></p>
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		<item>
		<title>L’Iran face à ses défis. Entretien avec Maître Ardavan Amir-Aslani</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-face-a-ses-defis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 10:06:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Conflits : Revue de Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un entretien accordé le 19 juin 2025 à la revue de géopolitique Conflits, Maître Ardavan Amir-Aslani livre son analyse<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-face-a-ses-defis/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans un entretien accordé le <strong>19 juin 2025</strong> à la revue de géopolitique <strong><a href="https://www.revueconflits.com/" data-type="link" data-id="https://www.revueconflits.com/">Conflits</a></strong>, Maître <strong>Ardavan Amir-Aslani</strong> livre son analyse de la guerre en cours entre Israël et l’Iran, dont l’escalade menace de bouleverser la stabilité du Moyen-Orient et de déboucher sur un conflit mondial &#8211; Propos recueillis par Jean-Baptiste Noé</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retrouvez <strong><a href="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/" data-type="link" data-id="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/">l&rsquo;interview ici </a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ardavan Amir-Aslani dans <a href="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/" data-type="link" data-id="https://www.revueconflits.com/liran-face-a-ses-defis-entretien-avec-maitre-ardavan-amir-aslani/"><em>Conflits : Revue de Géopolitique</em></a> le 19/06/2025</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Iran-Israël, l’engrenage funeste</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-israel-lengrenage-funeste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Jun 2025 09:39:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans la nuit du 12 au 13 juin, tandis que Washington et Téhéran poursuivaient leurs négociations de l’accord sur le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-israel-lengrenage-funeste/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Dans la nuit du 12 au 13 juin, tandis que Washington et Téhéran poursuivaient leurs négociations de l’accord sur le nucléaire iranien, Israël a mené des frappes militaires sur le territoire iranien au mépris du droit international.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que son Premier ministre Benjamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, le pays s’engouffre dans une guerre d’agression contre l’Iran, détournant l’attention médiatique du chaos humanitaire qui règne à Gaza.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Capotage des négociations sur le seuil d’enrichissement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Signataire du Traité de non-prolifération, et contrairement à Israël qui n’autorise pas les vérifications de l’Agence internationale de l’énergie atomique, l’Iran a respecté l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien de 2015, comme l’attestaient les rapports de AIEA, jusqu’au retrait des États-Unis en mai 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à la dénonciation unilatérale par Washington du JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action, ndlr], Téhéran s’est affranchi de ses engagements en accélérant l’enrichissement de son uranium, dont le taux avoisine à présent les 60 %. Selon les experts militaires, une décision politique et quelques semaines suffiraient pour passer aux 90 % nécessaires à l’arme nucléaire. Ensuite, sa vectorisation sur des missiles nécessiterait au moins un an et demi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs semaines, les négociations irano-américaines bloquaient sur cette question décisive du seuil maximal d’enrichissement d’uranium. Alors que Washington exigeait un taux zéro, Téhéran refusait de renoncer à un taux minimum nécessaire pour le développement de son programme nucléaire civil dont il a le droit en vertu du TNP. Israël a profité de l’affaiblissement intérieur du régime des mollahs et de la déroute de ses proxys pour lancer son offensive et faire capoter les négociations dont le prochain tour devait se tenir dimanche dernier à Mascate.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Objectifs ambigus d’Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les buts de guerre israéliens sont ambigus, oscillant entre destruction des capacités nucléaires iraniennes et renversement du régime. Pourtant, les précédents géopolitiques de 2003 en Irak et de 2011 en Libye ont révélé les conséquences dévastatrices de telles ingérences extérieures, laissant les pays à feu et à sang et créant les conditions du chaos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des sites nucléaires et militaires ont été visés par les frappes israéliennes tandis que le bilan des victimes civiles s’alourdit. L’armée israélienne s’est aussi attaquée à des infrastructures énergétiques afin d’occasionner des pénuries d’électricité et de carburant, espérant entamer le soutien du régime et provoquer des mouvements populaires. Cependant, si la population iranienne, attachée à sa souveraineté, est excédée par le régime et sa répression sanglante, elle est loin d’approuver pour autant l’ingérence israélienne. Par ailleurs, l’opération risque d’être contre-productive et de pousser l’Iran à accélérer clandestinement son programme nucléaire en se retirant du TNP, comme il l’avait menacé si la ligne rouge de frappes militaires était franchie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le lendemain, l’armée iranienne a riposté en lançant des premières salves de drones puis de missiles, dont plusieurs ont percé le Dôme de fer [le système de défense aérienne mobile israélien, ndlr], et fait d’importants dégâts matériels et des victimes civiles, révélant la vulnérabilité d’Israël malgré sa suprématie militaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conséquences en cascade sur la géopolitique et le commerce mondial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet embrasement inquiète au plus haut point les puissances régionales qui voient leurs intérêts compromis, à commencer par les pays du golfe Persique pour exporter leurs hydrocarbures et réussir leur transition économique post-pétrole. L’Arabie saoudite a d’ailleurs fermement condamné l’agression israélienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Chine de son côté a dénoncé la violation de la souveraineté iranienne et appelé à un cessez-le-feu immédiat, craignant que les attaques israéliennes ne visent les installations pétrolières iraniennes. L’or noir iranien, que Pékin achète au rabais, représente près de 15 % de ses importations de brut. Si Donald Trump, en négociant avec l’Iran, espérait aussi éloigner le pays de l’orbite chinoise avec qui il avait tissé d’étroits liens durant son isolement international, l’escalade risque au contraire de renforcer l’alliance sino-iranienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le Pakistan, qui promet de soutenir Téhéran, réclame une réunion de l’Organisation de la Coopération islamique pour s’unir contre Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, qui a la maîtrise du détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des hydrocarbures mondiaux, menace de bloquer son accès, faisant craindre à la communauté internationale une déstabilisation historique des chaînes d’approvisionnement mondial et l’envolée des prix du baril.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La voix trop discrète de l’Occident</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La suite du conflit est entre les mains de Washington. Tel-Aviv l’exhorte à lui fournir des bombes GBU-57 dont il a besoin pour frapper les sites nucléaires de Natanz et Fordo profondément enfouis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pas plus tard qu’il y a un mois à Riyad, Donald Trump fustigeait l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs. Respectera-t-il son engagement électoral de ne pas mener de guerres coûteuses et inutiles ? Ou au contraire cédera-t-il aux demandes israéliennes, faisant le choix d’une déstabilisation totale du régime iranien, au risque d’un embrasement dont la région ne sortirait pas indemne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi 16 juin, les membres du G7 se sont réunis au Canada sur fond d’escalade militaire entre l’Iran et Israël, au point que Donald Trump a dû quitter prématurément le sommet. Alors que les pays européens ont fustigé l’agression russe en Ukraine, leur pudeur à propos de l’agression israélienne en Iran discrédite la voix de l’Occident, qui peine de plus en plus à résonner dans le monde du fait de son indignation à géométrie variable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations civiles, iraniennes comme israéliennes, victimes de l’engrenage de la violence, restent suspendues aux prochains arbitrages politiques qui décideront de l’issue du conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-israel-lengrenage-funeste-126363/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-israel-lengrenage-funeste-126363/">Le nouvel Economiste</a></em> le 18/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">@Freepik</p>
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		<title>L&#8217;Iran doit-il maintenir son soutien à un allié russe peu fiable ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-doit-il-maintenir-son-soutien-a-un-allie-russe-peu-fiable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Mar 2022 14:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre]]></category>
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					<description><![CDATA[Pour l’avoir longtemps “pratiquée”, l’Iran devrait savoir à quoi s’attendre avec la Russie. Au cours du XIXe siècle, la Perse<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-doit-il-maintenir-son-soutien-a-un-allie-russe-peu-fiable/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-15946 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/alliance-iran-russie-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/alliance-iran-russie-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/alliance-iran-russie-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/03/alliance-iran-russie.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Pour l’avoir longtemps “pratiquée”, l’Iran devrait savoir à quoi s’attendre avec la Russie. Au cours du XIXe siècle, la Perse des Qadjars a en effet dû subir la prédation territoriale des tsars voisins et leur céder de nombreux territoires, en particulier dans le Caucase. Même si aujourd’hui, la Russie post-soviétique a troqué son statut d’ennemie pour celui de soutien de l’Iran, et si leur relation s’est enrichie de multiples interdépendances, elle demeure néanmoins ambivalente du côté russe.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La Russie et l’Iran unis contre l’Occident</strong></h4>
<p>Unis dans leur mépris de l’Occident et leur souhait de voir advenir un monde multipolaire, l’Iran et la Russie ont grandement approfondi leurs liens bilatéraux au cours de la dernière décennie, notamment dans le domaine militaire comme en Syrie, même si cette collaboration n’a pas toujours été sereine. Rare soutien de Vladimir Poutine, l’Iran a souscrit sans réserve au discours officiel russe faisant de l’invasion de l’Ukraine une réponse à l’expansion de l’Otan, “une menace pour la sécurité et la stabilité des nations indépendantes”. Pour autant, son amitié n’est pas allée jusqu’à valider la reconnaissance des républiques de Donetsk et de Luhansk dans l’Est ukrainien. Sur le plan politique, l’Iran a toujours conservé une position prudente face à l’interventionnisme russe dans son étranger proche, que ce soit en 2008 avec la reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, ou en 2014 avec l’annexion de la Crimée. La République islamique, soucieuse de conserver son intégrité territoriale, s’est en effet toujours gardée de nourrir l’irrédentisme de ses propres minorités, qu’elles soient kurdes, baloutches ou azéries.</p>
<p class="mise_en_avant">“La République islamique, soucieuse de conserver son intégrité territoriale, s’est en effet toujours gardée de nourrir l’irrédentisme de ses propres minorités, qu’elles soient kurdes, baloutches ou azéries”</p>
<p>Sur ce point précis, ce n’est que dans la foulée du retrait américain du JCPoA que les relations irano-russes se sont approfondies, l’Iran votant plus volontiers contre les résolutions onusiennes condamnant les visées russes sur l’Ukraine. Début 2020, la destruction accidentelle du vol 752 d’Ukraine International Airlines par les Gardiens de la Révolution avait au demeurant nettement refroidi les relations de Téhéran avec Kiev, facilitant d’autant plus ce rapprochement avec Moscou.</p>
<p>De son côté, la Russie a réussi à maintenir un étrange équilibre entre l’Asie et l’Occident en tant que signataire de l’accord sur le nucléaire iranien. Son expertise dans le domaine énergétique et nucléaire lui confère d’ailleurs une mission cruciale dans ce dossier, celle de recevoir les stocks d’uranium enrichi de la République islamique.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’enjeu de l’accord sur le nucléaire iranien</strong></h4>
<p>Consciente de son rôle déterminant dans la réussite des négociations à Vienne, la Russie assurait que les tensions en Ukraine n’interféreraient pas dans le processus. Aujourd’hui, elle a pourtant changé de discours et conditionne désormais la signature du nouveau traité, sur le point d’être finalisé, à plusieurs garanties sans lien direct avec l’accord. Celles-ci visent à protéger sa coopération commerciale avec l’Iran… et donc à contourner les sanctions qui le frappent. Elle a ainsi exigé que les banques russes actuellement sous sanctions occidentales soient exemptées afin de pouvoir continuer à échanger avec Téhéran. Désirant manifestement ne pas connaître la situation de son allié économiquement asphyxié depuis quatre ans, la Russie utilise désormais sa position de signataire du JCPoA comme bouclier pour se protéger d’un tel sort et marchander sa participation sans laquelle, à l’heure actuelle, aucun accord ne pourra être signé.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les réformistes en revanche se sont montrés plus touchés par le sort de l’Ukraine et ont surtout rappelé avec raison la douloureuse histoire de l’Iran aux prises avec l’impérialisme russe il y a deux siècles”</p>
<p>La Russie et l’Iran ont longtemps eu en commun une même défiance envers les Occidentaux, jugés comme des alliés peu fiables. Pour l’Iran, le retrait américain du JCPoA en 2018 en était la preuve. Pour la Russie, les “manœuvres” de l’Otan en Europe orientale en sont une autre. L’Iran, par les voix des ultra-conservateurs (le guide suprême et le président de la République islamique en tête), s’est fait l’écho de ce discours. Les réformistes en revanche se sont montrés plus touchés par le sort de l’Ukraine et ont surtout rappelé avec raison la douloureuse histoire de l’Iran aux prises avec l’impérialisme russe il y a deux siècles. Aujourd’hui, le contexte pousse légitimement à interroger la fiabilité de Moscou envers Téhéran.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Rapprochement Iran/États-Unis en vue ?</strong></h4>
<p>Est-ce l’intérêt de l’Iran de demeurer un soutien indéfectible d’une alliée capable de le prendre en otage ? Alors que la guerre en Ukraine redéfinit déjà les équilibres géopolitiques mondiaux, ce n’est pas certain. La décision des États-Unis d’imposer un blocus aux hydrocarbures russes les pousse à ouvrir le dialogue avec des pays et régimes honnis hier, mais potentiellement utiles demain en raison de leur poids énergétique. C’est déjà le cas avec le Venezuela, cela peut l’être également avec l’Iran, qui n’a besoin que d’une levée des sanctions et d’une normalisation des relations pour regagner le marché international.</p>
<p>Plus que jamais, Moscou n’a aucun intérêt à un rapprochement entre les États-Unis et l’Iran, ce qui reviendrait à céder la place à un puissant concurrent sur le secteur énergétique. La nature ayant horreur du vide, une Russie sous sanctions pour une durée indéterminée laisserait évidemment tout loisir à l’Iran, dépositaire des premières réserves mondiales de gaz naturel, de s’imposer comme une solution alternative durable pour les Occidentaux. Ce qui serait une excellente nouvelle pour son économie et pour son peuple…</p>
<p class="mise_en_avant">“La décision des États-Unis d’imposer un blocus aux hydrocarbures russes les pousse à ouvrir le dialogue avec des pays et régimes honnis hier, mais potentiellement utiles demain en raison de leur poids énergétique. C’est déjà le cas avec le Venezuela, cela peut l’être également avec l’Iran”</p>
<p>Alliés face à l’Occident, la Russie et l’Iran partagent ironiquement la même situation aujourd’hui : tous deux sous un régime de sanctions, tous deux exclus de la scène internationale, tous deux en grande difficulté sur le plan domestique à cause de cet isolement que la force militaire ne parvient pas à combler.</p>
<p>En raison de sa position jusqu’au-boutiste – même la Chine, sa plus proche alliée en Asie, a regretté sa tentative de marchandage – la Russie pourrait demeurer dans cet état de fait. L’Iran en revanche a la possibilité d’en sortir et de regagner sa juste place dans le concert des nations. La guerre en Ukraine et l’aide qu’il peut apporter aux Occidentaux pour contrebalancer le chantage énergétique de la Russie lui offrent enfin un contexte favorable. Cela signifierait un changement radical d’orientation de la position iranienne, tant d’un point de vue rhétorique que stratégique. Après s’être tourné vers l’Est pour résister aux sanctions américaines, l’Iran optera-t-il pour un juste équilibre, voire un retour plus affirmé vers l’Ouest ? Si Téhéran et Washington le désirent, il est possible d’atteindre cet horizon, et ce en dépit des manœuvres russes.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 15/03/2022.</strong></p>
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		<title>La difficile neutralité de l&#8217;Arménie face à la crise ukrainienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Mar 2022 09:56:33 +0000</pubDate>
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<p>Le chaos ukrainien inquiète légitimement tous les pays indépendants issus de l&rsquo;ancien monde soviétique, dans le Caucase plus que partout ailleurs. Rares sont ceux qui se sont franchement exprimés en soutien à l&rsquo;offensive décidée par Vladimir Poutine. Certains, comme l&rsquo;Arménie, ont opté pour une prudente neutralité, pour de multiples raisons géostratégiques.</p>
<p>En effet, sortie meurtrie du dernier conflit au Haut-Karabakh qui l&rsquo;a opposée à l&rsquo;Azerbaïdjan en novembre 2020, l&rsquo;Arménie a perdu près de 75% du territoire de l&rsquo;enclave qu&rsquo;elle contrôlait, repassé sous domination azérie. Cette défaite a entamé son poids géopolitique dans la région au profit de la Russie, garante de la sécurité de la zone avec le déploiement d&rsquo;une force de maintien de la paix de 2500 hommes. Erevan s&rsquo;est retrouvée de ce fait tributaire de la puissance russe, qui protège les Arméniens du Haut-Karabakh, mais sécurise aussi la frontière entre l&rsquo;Arménie et l&rsquo;Azerbaïdjan, théâtre d&rsquo;affrontements récurrents depuis trois décennies, et la frontière avec la Turquie.</p>
<p>Alors qu&rsquo;elle était déjà étroitement liée à la Russie par son appartenance à l&rsquo;Organisation du Traité de Sécurité collective (OTSC), son principal traité de coopération, et par une présence militaire russe importante sur son territoire (avec l&rsquo;aéroport militaire de Erevan et la base de Gioumri), cet état de fait a naturellement accru la dépendance de l&rsquo;Arménie à son ancienne tutelle soviétique. Or, ceci l&rsquo;oblige aujourd&rsquo;hui à un délicat exercice d&rsquo;équilibre, compte tenu de sa proximité avec les Occidentaux. Dans l&rsquo;optique d&rsquo;accéder à des financements significatifs dédiées à la modernisation de ses institutions et de son économie, l&rsquo;Arménie a patiemment développé sa coopération avec l&rsquo;OTAN à travers les plans d&rsquo;action individuels pour le partenariat (IPAP), dont le premier date de 2005, ainsi qu&rsquo;avec l&rsquo;Union européenne. Elle est ainsi membre de l&rsquo;initiative de partenariat oriental de l&rsquo;Union et a signé avec les Vingt-Sept un accord de partenariat global et renforcé en 2017. Elle a enfin initié un dialogue stratégique directement avec les Etats-Unis en 2019.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_4__container__">Autant de liens d&rsquo;amitié maintenus durant les vingt dernières années en parallèle des liens avec la Russie&#8230; aujourd&rsquo;hui susceptibles de lui attirer les foudres du Kremlin, une situation que Erevan souhaite à tout prix éviter pour ne pas menacer sa propre souveraineté déjà fragile. Elle a ainsi communiqué a minima sur la guerre en Ukraine, et a offert son soutien diplomatique à la Russie. Le 26 février, l&rsquo;Arménie a été le seul pays à voter contre son expulsion du Conseil de l&rsquo;Europe, et s&rsquo;est abstenue lors des votes du Conseil onusien des droits de l&rsquo;homme et de l&rsquo;Assemblée générale des Nations Unies deux jours plus tard.</div>
</div>
<p>Le peuple arménien, s&rsquo;il s&rsquo;est montré ému et solidaire du sort des Ukrainiens, a pour sa part très peu manifesté, et pour cause. Il garde en effet une rancune tenace envers Kiev, soutien politique et militaire de l&rsquo;Azerbaïdjan auquel elle est soupçonnée d&rsquo;avoir fourni des armes chimiques, du phosphore blanc qui aurait été utilisé contre l&rsquo;Arménie lors du conflit dans le Haut-Karabakh. Volodymyr Zelensky a formellement démenti une telle accusation, sans convaincre une population facilement séduite par les discours nationalistes et les campagnes de désinformation russes. La Russie reste pourtant l&rsquo;un des principaux soutiens militaires de Bakou et lui aurait fourni près de 60% de ses équipements militaires entre 2011 et 2020, selon l&rsquo;Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, quand l&rsquo;Ukraine n&rsquo;en aurait guère fourni que 1%. Pour autant, sans avoir pu délibérément prendre fait et cause pour l&rsquo;Ukraine, l&rsquo;Arménie ne peut totalement se détourner d&rsquo;un conflit qui menace 400 000 de ses ressortissants résidant dans le pays. Si les autorités arméniennes ignorent combien d&rsquo;entre eux ont dû fuir les combats, elles ont déjà annoncé leur volonté d&rsquo;accueillir des réfugiés russes, biélorusses et ukrainiens, en plus de leurs propres compatriotes.</p>
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<p>Pour beaucoup en Arménie, le silence reste donc l&rsquo;option stratégique la plus pertinente. Cependant, face au risque de s&rsquo;isoler du camp occidental, il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;elle puisse conserver longtemps une telle neutralité. Préférant temporiser, elle n&rsquo;est donc pas allée plus loin dans son soutien à la Russie et s&rsquo;est gardée de reconnaître l&rsquo;indépendance des républiques séparatistes du Donbass, craignant naturellement un scénario similaire dans l&rsquo;enclave de l&rsquo;Artsakh. Pour autant, le Kremlin lui demandera sans doute des preuves de sa loyauté, notamment dans son effort pour contourner les sanctions occidentales et trouver des alternatives au sein de sa propre sphère d&rsquo;influence. Ce faisant, et dans l&rsquo;hypothèse où la Russie sortirait victorieuse du conflit ukrainien, l&rsquo;autre risque pour l&rsquo;Arménie sera de se retrouver à nouveau prisonnière du joug russe comme au temps de l&rsquo;Union soviétique.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 13/03/2022.</strong></p>
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