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	<title>Guerre de l&rsquo;eau &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Inde &#8211; Pakistan, jusqu’où ira l’escalade ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 May 2025 10:19:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Mardi 22 avril, un groupuscule terroriste tuait vingt-cinq Indiens et un Népalais dans la ville de Pahalgam, au cœur de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Mardi 22 avril, un groupuscule terroriste tuait vingt-cinq Indiens et un Népalais dans la ville de Pahalgam, au cœur de la région du Jammu-et-Cachemire, commettant l’attentat le plus meurtrier auquel l’Inde ait été confrontée depuis vingt-cinq ans. New Dehli a immédiatement pointé du doigt la responsabilité d’Islamabad qui nie son implication. L’Inde accuse pourtant les autorités pakistanaises d’encourager le terrorisme transfrontalier et de soutenir le groupe islamiste “Kashmir Resistance” qui a revendiqué l’attaque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’attentat, les armées indienne et pakistanaise se livrent à des échanges de tirs à la frontière, faisant craindre le retour d’un conflit ouvert entre les deux puissances nucléaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au commencement était la partition des Indes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet attentat a réveillé un conflit régional vieux de plus de 70 ans. Depuis leur indépendance et la partition des Indes de 1947, New Dehli et Islamabad se disputent la souveraineté de la région du Cachemire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Majoritairement musulman, ce territoire a été rattaché à l’Inde contre la logique issue de la partition. Au moment de cette dernière, les régions princières eurent le choix de rejoindre l’un des deux pays. Alors que le maharajah hindou, Hari Singh, sollicitait un moratoire, sa principauté fut attaquée par des mercenaires pakistanais, le conduisant alors à réclamer l’aide de New Dehli et à rejoindre l’Inde en octobre 1947.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première guerre indo-pakistanaise prit fin en janvier 1949 avec un compromis territorial négocié sous l’égide de l’ONU. Le Cachemire fut divisé en deux parties, l’une d’un tiers, conquise par le Pakistan, et l’autre rattachée à l’Inde. Le référendum prévu par la résolution du Conseil de sécurité pour consulter la population n’a jamais été organisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1965, la guerre reprend au Cachemire entre des sécessionnistes soutenus par le Pakistan et les forces armées indiennes. Sous la pression des grandes puissances, un accord de paix est conclu à Tachkent en janvier 1966 et acte le retour à la ligne de démarcation de 1949.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dynamique de l’escalade</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, les relations entre les deux pays sont régulièrement ponctuées d’attentats endeuillant lourdement l’Inde et d’affrontements frontaliers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, un attentat contre un convoi de forces de police indienne revendiqué par le mouvement Jaish-e-Mohammed conduit l’Inde à mener des frappes dans le Cachemire sous administration pakistanaise et à supprimer par décret le statut spécial du Cachemire indien, décision confirmée par la Cour suprême indienne en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fois-ci, le gouvernement indien a pris des mesures de rétorsion encore plus virulentes contre son voisin pakistanais. Le principal poste de frontière qui relie les deux pays a été fermé, des diplomates ont été renvoyés et de nombreux ressortissants pakistanais ont été expulsés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et surtout pour la première fois, le mercredi 23 avril, New Dehli a dénoncé le traité de l’Indus de 1960 qui régit le partage des eaux fluviales entre les deux pays, faisant craindre une escalade sans précédent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vitale irrigation du Pakistan</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Géographiquement en amont, New Dehli a la maîtrise des affluents du fleuve, épée de Damoclès pour Islamabad dont l’économie est largement tributaire de cette irrigation. En effet le secteur agricole pakistanais représente près de 30 % de son PIB. Les autorités pakistanaises ont déclaré que toute manœuvre destinée à restreindre ou à couper l’approvisionnement en eau du Pakistan serait considérée comme un acte de guerre et menacent de leur côté de se retirer de l’accord Simla de 1972 qui fixait la ligne de cessez-le-feu dans le Cachemire, remettant en cause l’architecture régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, les arsenaux nucléaires respectifs des deux pays avaient permis d’éviter une issue fatale. Qu’en sera-t-il aujourd’hui si New Dehli, au-delà de la simple dénonciation du traité de l’Indus, restreint l’approvisionnement vital en eau de son voisin ? Alors que mardi 29 avril, Narendra Modi annonçait offrir à son armée une “liberté opérationnelle” pour riposter à l’attentat du Cachemire, jusqu’où ira l’escalade entre les puissances nucléaires ? La situation n’a jamais été aussi incertaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade-125078/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/inde-pakistan-jusquou-ira-lescalade-125078/">Le nouvel Economiste</a> le 01/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Irak, Syrie, Iran, Turquie : chronique d&#8217;une guerre de l&#8217;eau annoncée</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/irak-syrie-iran-turquie-chronique-dune-guerre-de-leau-annoncee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Aug 2022 07:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre de l'eau]]></category>
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					<description><![CDATA[En avril dernier, l’Irak a vu mourir le lac de Sawa, paradis des oiseaux migrateurs et des Irakiens qui aimaient,<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/irak-syrie-iran-turquie-chronique-dune-guerre-de-leau-annoncee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En avril dernier, l’Irak a vu mourir le lac de Sawa, paradis des oiseaux migrateurs et des Irakiens qui aimaient, il y a encore vingt ans, s’y baigner et y pique-niquer. Vieux de 5 000 ans, ce lac s’était formé au bord de l’Euphrate, frontière ouest du mythique Croissant fertile bordé à l’est par le Tigre, un “miracle” géographique et climatique qui donna au monde la civilisation mésopotamienne, l’agriculture et l’écriture. Aujourd’hui, de Sawa, il ne reste quasiment plus une goutte d’eau. Outre que ce désastre écologique risque d’entraîner la disparition d’un patrimoine naturel inestimable, il menace aujourd’hui des régions entières d’Irak, dépendantes de l’élevage et de l’agriculture pour leur subsistance la plus essentielle. Les agronomes irakiens estiment le lac entre 5 et 10 % de sa superficie originelle, et il est aujourd’hui réduit à une mare dépendante d’une unique nappe phréatique surexploitée par les puits illégaux qui alimentent les élevages ou les usines avoisinants.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Changement climatique et catastrophe humanitaire</strong></h4>
<p>Incontestablement, le changement climatique tient une part de responsabilité dans cette catastrophe multifactorielle. Le pays accuse un grave déficit hydrique depuis trois ans, une absence de pluies saisonnières et des températures extrêmes pouvant atteindre 50 °C, ce qui a accéléré la désertification, la baisse du niveau des fleuves et la réduction des réserves d’eau de 60 % par rapport à 2021. En vingt ans, le débit cumulé du Tigre et de l’Euphrate, qui fournissent 98 % des surfaces en eau de l’Irak, a été divisé par deux.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’Irak court au-devant d’une catastrophe écologique et humanitaire. D’ici 2040, les ingénieurs et experts irakiens les plus pessimistes estiment que le pays sera devenu inhabitable en raison du manque d’eau… alors que les prévisions démographiques annoncent un quasi-doublement de sa population d’ici 2050.”</p>
<p>Cruelle, cette situation promet malheureusement de se répéter d’ici 2040 dans de nombreuses régions du Moyen-Orient. L’Irak fait partie de ce que le World Resources Institute nomme la “diagonale de la soif”, vaste région s’étendant du Maroc à la Chine du Nord-Est qui regroupe 5 milliards de personnes et pourrait accuser de très graves pénuries d’eau en quelques décennies. En vérité, le pays court au-devant d’une catastrophe écologique et humanitaire. D’ici 2040, les ingénieurs et experts irakiens les plus pessimistes estiment qu’il sera devenu inhabitable en raison du manque d’eau… alors que les prévisions démographiques annoncent un quasi-doublement de sa population d’ici 2050.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Absence d’anticipation des politiques publiques</strong></h4>
<p>Les conditions climatiques, si elles sont indéniables, n’expliquent pourtant pas à elles seules la gravité de la situation. Ingénieurs, agronomes et militants écologistes irakiens dénoncent un trait malheureusement courant dans les pays soumis à la fois à des phénomènes climatiques extrêmes et à une instabilité politique chronique renforcée par les situations de conflits : le manque d’anticipation. Engagé régulièrement dans des guerres depuis quarante ans, l’Irak a trop longtemps négligé l’élaboration d’une politique publique volontariste pour rationaliser l’usage de l’eau. Entre le creusement de puits illégaux (5 000 dans la seule région d’Al-Mouthanna, puisant jusqu’à 400 mètres de profondeur) et le maintien des méthodes d’irrigation par inondation héritées de l’Antiquité, aucune méthode moderne économe et favorisant une répartition raisonnée de l’eau n’a été soutenue par les pouvoirs publics. En 2014, soit un an avant que le niveau du lac de Sawa ne commence à baisser, le gouvernement irakien avait défini un plan d’action globale contre la crise hydrique, avec 180 milliards de dollars d’investissements sur vingt ans. Il n’a jamais été mis en œuvre. Depuis fin 2020, l’équipe de Mustafa Al-Kadhimi multiplie plans dédiés et budgets d’urgence en coopération avec l’ONU, sans réussir à lever le doute quant à leur efficacité.</p>
<p class="mise_en_avant">“Ingénieurs, agronomes et militants écologistes irakiens dénoncent le manque d’anticipation, aucune méthode moderne économe et favorisant une répartition raisonnée de l’eau n’a été soutenue par les pouvoirs publics”</p>
<p>Face à l’augmentation de la salinité des sols qui détruit les cultures et favorise les maladies, les Irakiens abandonnent en masse l’agriculture, qui ne représente plus que 26 % du PIB du pays. Sept millions d’Irakiens (et combien de millions d’autres demain ?) sont déjà menacés de devenir des réfugiés climatiques, et cette préoccupation, globale, inquiète d’autant plus que l’Irak est également un “hotspot” géopolitique susceptible de devenir, une fois de plus, une zone de conflit pour la maîtrise de “l’or bleu”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Turquie, Syrie, Iran, Irak : guerre de l’eau entre les quatre États riverains</strong></h4>
<p>La réduction du débit du Tigre et de l’Euphrate tient en effet au choix de modèle économique et à la mauvaise gestion concertée des pays voisins qu’ils traversent. Les deux fleuves mythiques traversent la Syrie et l’Irak pour se jeter dans le golfe Persique via le delta du Chatt-el-Arab, l’Iran appartenant aussi à ce bassin fluvial car il contrôle plusieurs affluents du Tigre, comme la Diyala, qui naissent sur son territoire. Mais la majeure partie du débit des deux fleuves se constitue en Turquie, pays d’origine de leurs sources.</p>
<p class="mise_en_avant">“Point géopolitique critique, tout le bassin hydrographique du Tigre et de l’Euphrate coïncide avec le Kurdistan… ce qui a rapidement fait de l’eau une arme politique pour la Turquie, qui promet de ne pas réduire le débit des fleuves en échange de concessions de la part de ses voisins, notamment syriens, sur la question kurde”</p>
<p>Tous ces États riverains du bassin se trouvent donc rivaux pour capter et gérer la précieuse ressource, la Turquie possédant grâce à sa géographie un indéniable avantage qu’elle ne manque pas d’exploiter. Depuis le premier barrage construit en 1938 jusqu’au barrage Atatürk, quatrième plus grand barrage du monde achevé au début des années 1990, Ankara a multiplié les infrastructures en amont des deux fleuves dans le cadre du Programme régional de développement de l’Anatolie du Sud-Est, qui doit la doter de 22 barrages d’ici 2029. Point géopolitique critique, tout le bassin hydrographique du Tigre et de l’Euphrate coïncide avec le Kurdistan… ce qui a rapidement fait de l’eau une arme politique pour la Turquie, qui promet de ne pas réduire le débit des fleuves en échange de concessions de la part de ses voisins, notamment syriens, sur la question kurde. Les protocoles sur l’eau signés avec l’Irak en 1984, puis avec la Syrie en 1987, garantissent ainsi un débit minimal annuel de l’Euphrate de 500 m3 d’eau, en échange d’une lutte contre le PKK. Mais cette promesse n’est pas toujours tenue. L’Irak a connu depuis les années 1980 plusieurs sécheresses induites par la réduction du débit de l’Euphrate en amont. Plus récemment, en 2020, la Turquie a inauguré le barrage Illisu sur le Tigre, qui a eu des conséquences environnementales immédiates en Irak, en plus de causer un désastre archéologique et humanitaire – la mise en service du barrage a totalement immergé le village d’Hasankeyf, douze fois millénaire. La principale difficulté est que les quatre pays riverains des deux fleuves peinent à mettre en place un partage négocié et équitable des eaux, bien que le changement climatique les concerne tous.</p>
<p>Cette gestion conflictuelle, en plus de la raréfaction de l’eau et de l’accroissement du niveau de pauvreté des populations locales, crée donc toutes les conditions pour que le mythique Croissant fertile devienne le théâtre d’une future “guerre de l’eau”. La Syrie et la Turquie avaient déjà frôlé l’affrontement en 1974. Ironie du sort, la première guerre de l’eau de l’histoire de l’humanité avait déjà eu lieu à Sumer, il y a 2 500 ans, entre les cités-États de Lagash et Umma.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 16/08/2022.</strong></p>
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