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	<title>France &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>La suprématie militaire aérienne de l’Occident abattue en plein vol</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 11:40:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’affrontement aérien qui a opposé, le 7 mai dernier, des avions indiens et pakistanais au-dessus du Cachemire aurait pu n’être<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’affrontement aérien qui a opposé, le 7 mai dernier, des avions indiens et pakistanais au-dessus du Cachemire aurait pu n’être qu’un épisode de plus dans le conflit vieux de soixante-quinze ans. Mais la chute d’un Rafale français, abattu par un chasseur J-10C chinois, a transformé cet incident en un séisme stratégique. Pour la première fois, en presque un siècle, un appareil occidental de premier rang a été neutralisé en combat réel par un concurrent asiatique. Un symbole qui marque l’avènement d’un monde multipolaire dans l’industrie de la défense et qui interroge la supériorité technologique longtemps tenue pour acquise par les armées occidentales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vitrine inespérée pour son complexe militaro-industriel chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Rafale, fleuron de Dassault Aviation, incarne l’excellence aéronautique européenne. Doté d’une avionique de pointe et d’une polyvalence reconnue, il figurait parmi les chasseurs les plus redoutés au monde. Son apparente vulnérabilité face au J-10C, un appareil de génération 4.5 développé par la Chengdu Aircaft Corporation, balaie des certitudes ancrées dans les états-majors occidentaux. Les détails de l’interception restent disputés : Islamabad affirme avoir abattu trois avions indiens, dont un Rafale, tandis que New Delhi minimise ses pertes. Mais les analyses concordent sur un point : le missile PL-15, d’une portée supérieure à 200 km, et le radar AESA du J-10C ont joué un rôle décisif. Cette première validation opérationnelle de ces systèmes face à un adversaire de haut niveau érode le mythe de l’invulnérabilité des avions occidentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Pékin, l’évènement est une aubaine. La Chine, déjà premier exportateur d’armes vers le Pakistan – 82 % des importations militaires pakistanaises en 2024 selon le Sipri (Institut international de recherche sur la paix de Stockholm) – y trouve une vitrine inespérée pour son complexe militaro-industriel. Longtemps perçue comme une puissance “copiste”, la Chine démontre sa capacité à développer des technologies rivalisant, voire dépassant, celles de l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le J-10C, moins coûteux et sans contraintes politiques, séduit des pays africains et moyen-orientaux. La bourse de Shanghai a d’ailleurs enregistré une hausse de 8 % des actions de Chengdu Aircraft la semaine suivante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers un nouvel équilibre des forces</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’évènement a provoqué une onde de choc à Paris, Bruxelles et Washington. La supériorité aérienne occidentale, pilier des doctrines de l’Otan, se voit contestée. Les alliées des États-Unis en Asie-Pacifique pourraient réévaluer leurs achats d’avions de combat. Les performances chinoises obligent l’Occident à accélérer ses programmes de guerre électronique. Le projet européen FCAS (Futur Combat Air system) pourrait être redimensionné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Inde, humiliée, envisage d’acquérir des Awacs et des F-35 américains pour contrebalancer la menace. Une aubaine pour Washington dans sa stratégie d’endiguement de Pékin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà du militaire, l’incident consacre un basculement géopolitique. La Russie perd du terrain en Inde au profit de la France et des États-Unis. La Chine, elle, s’impose comme une puissance capable de fournir des armements compétitifs et désormais éprouvés au combat. Pour Pékin, le message est clair : la hiérarchie des puissances aéronautiques n’est plus figée. Un monde qui change…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Violette Froger</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol-125709/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-suprematie-militaire-aerienne-de-loccident-abattue-en-plein-vol-125709/"><em>Le nouvel Économiste</em></a> le 26/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>La France est-elle encore l’amie de l’Arménie ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-france-est-elle-encore-lamie-de-larmenie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Oct 2023 07:40:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Lors de la célébration du 108e anniversaire du génocide arménien de 1915 en avril dernier, Emmanuel Macron a réaffirmé le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-france-est-elle-encore-lamie-de-larmenie/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la célébration du 108e anniversaire du génocide arménien de 1915 en avril dernier, Emmanuel Macron a réaffirmé le “soutien résolu” de la France à l’Arménie… tout en acceptant les importations gazières en provenance d’Azerbaïdjan. Pourtant, depuis trois ans, ce pays déploie contre les Arméniens du Haut-Karabakh tout un arsenal militaire et idéologique qui vise leur destruction pure et simple. En dépit d’une riche histoire commune et de la présence de la plus importante communauté arménienne d’Europe sur son territoire – plus de 450 000 personnes, dont au moins 80 000 résidant dans la région de Marseille – la France ne sort pas des condamnations formelles envers l’Azerbaïdjan, qui a achevé le 19 septembre l’entreprise de reconquête entamée en 2020 avec l’appui de la Turquie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Une longue tradition d’amitié</strong></h4>
<p>La France a pourtant une longue tradition d’amitié et de proximité avec le peuple arménien, qui débute dès le Haut-Moyen Âge. Les points communs culturels sont en effet nombreux entre l’Arménie, qui fut le premier royaume chrétien du monde fondé en 301 après J.C, et la France, “fille aînée de l’Église”. Du règne de Soliman le Magnifique à la chute du califat ottoman en 1923, la France a été chargée, en vertu des capitulations, de la protection des minorités chrétiennes de l’Empire ottoman. Et bien avant le génocide de 1915, les intellectuels et hommes politiques français ont pris fait et cause pour les persécutions commises à l’encontre des Arméniens ottomans.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les points communs culturels sont en effet nombreux entre l’Arménie, qui fut le premier royaume chrétien du monde fondé en 301 après J.C, et la France, “fille aînée de l’Église”</p>
<p>De cet intérêt pour les “peuples d’Orient” naquit en 1900 le journal ‘Pro Armenia’, dont le comité éditorial réunissait aussi bien Jean Jaurès que Georges Clemenceau ou encore Anatole France, et qui inaugura le mouvement arménophile en France. C’est encore la France qui s’imposa comme protectrice des Arméniens dans les années qui ont suivi le génocide, puisque la Cilicie – correspondant aujourd’hui à l’actuelle province turque d’Adana – a été une terre de refuge pour les Arméniens sous forme de protectorat français, et que notre pays est également devenu à partir de cette époque le lieu d’exil “naturel” de la diaspora arménienne.</p>
<p>L’amitié franco-arménienne est telle depuis le début du XXe siècle qu’elle explique en grande partie le contentieux particulièrement vif entre la France et la Turquie à propos de la reconnaissance du génocide arménien, tout comme le fait qu’elle ait été l’un des pays les plus divisés face à la perspective d’une adhésion turque à l’Union européenne. C’est, encore une fois, la France qui fut l’un des premiers pays à reconnaître officiellement le génocide arménien et la République d’Arménie en 1998, suite à l’adoption à l’unanimité d’une proposition de loi de l’Assemblée nationale.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’attentisme européen, un mauvais calcul</strong></h4>
<p>Cependant, au plus haut niveau de l’État français, la réactivité diplomatique est loin d’être à la hauteur de la situation vécue par les 100 000 Arméniens de l’Artsakh qui ont déjà trouvé refuge en Arménie voisine. Le temps de Jaurès et d’Anatole France, qui appelaient dès les années 1890 à une intervention militaire pour défendre le peuple arménien, est-il révolu ? Aujourd’hui, les parlementaires français de tous les bords politiques poursuivent malgré tout la tradition de leurs prédécesseurs, en exprimant régulièrement leur soutien aux Arméniens du Haut-Karabakh depuis le début du conflit via des tribunes, des propositions de résolution et des rapports d’information. Récemment, le Sénat a de nouveau réclamé la remise en cause de l’accord énergétique signé entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne en juillet 2022, tout comme le Parlement européen, qui a adopté le 5 octobre, et à une très large majorité, un texte réclamant également “des sanctions ciblées” contre Bakou.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le temps de Jaurès et d’Anatole France, qui appelaient dès les années 1890 à une intervention militaire pour défendre le peuple arménien, est-il révolu ?”</p>
<p>Mais le relatif silence de la France à l’égard des Arméniens du Caucase s’explique par le poids de mauvais calculs géostratégiques. En entraînant le continent européen dans la guerre, le conflit ukrainien a en effet fragilisé l’équilibre énergétique des membres de l’Union européenne, jusqu’alors clients du gaz russe. D’ici à 2027, ceux-ci vont donc doubler leurs importations de gaz en provenance d’Azerbaïdjan, qui permettront de satisfaire 5 % de leur consommation annuelle. Par ailleurs, alors que l’Europe cherche à développer des infrastructures de transport entre le continent et l’Asie centrale tout en évitant la Russie et l’Iran, l’Azerbaïdjan a réussi à s’imposer comme un partenaire incontournable. Autant de sujets qui divisent les Européens sur les décisions à prendre face au bellicisme de cet allié qui commence à devenir gênant…</p>
<p>À long terme, l’attentisme est pourtant une erreur de calcul. Car le conflit, loin d’être résolu, risque désormais de s’étendre. Après l’offensive azérie contre le Haut-Karabakh, les Arméniens de la province du Syunik, au sud de l’Arménie, assurent que les “Azéris sont déjà là”. Ilham Aliyev et Recep Tayyip Erdogan n’ont pas caché que leur prochain objectif était la réalisation du corridor du Zanguezour, cette connexion terrestre qui doit rattacher l’enclave du Nakhitchevan au reste de l’Azerbaïdjan, quitte pour cela à remettre en cause l’intégrité territoriale de l’Arménie ainsi que sa frontière commune avec l’Iran.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La France pour prendre la tête de la réponse européenne</strong></h4>
<p>Patrie auto-proclamée des droits de l’homme, la France, en vertu de son passé commun avec l’Arménie et du respect qu’elle doit à la communauté arménienne présente sur son sol, ne peut plus tolérer la poursuite du nettoyage ethnique et culturel en cours en Transcaucasie, comme elle ne peut plus se contenter d’appels à la raison et de manœuvres diplomatiques. L’envoi de matériel militaire à l’Arménie, ou les rassemblements diplomatiques – comme le dernier sommet de la Communauté politique européenne où, bien que convié, l’Azerbaïdjan a brillé par son absence – ne suffiront pas davantage.</p>
<p class="mise_en_avant">“La France a désormais l’opportunité de s’imposer comme moteur de la réaction européenne face au passage en force des autorités azéries : exiger la suspension de l’accord gazier (…) et organiser l’intervention d’une force internationale dans la région”</p>
<p>Alors que ces dernières années, les Vingt-Sept ont systématiquement failli à coordonner leur position face à l’Azerbaïdjan, la France avait fait partie des rares pays à proposer la mise en place de sanctions contre Bakou, et sa demande demeure toujours en suspens. Elle a désormais l’opportunité de s’imposer comme moteur de la réaction européenne face au passage en force des autorités azéries : exiger la suspension de l’accord gazier signé en juillet 2022, expulser le personnel diplomatique azéri du territoire français, geler les avoirs des dirigeants azéris, coordonner l’aide humanitaire vers l’Arménie et organiser l’intervention d’une force internationale dans la région. Il est en effet plus que temps pour notre pays de renouer avec sa mission historique et morale de protectrice de l’Arménie, qui risque plus que jamais d’être la prochaine cible de la prédation de l’Azerbaïdjan.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 12/10/2023.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La fin de la Françafrique signe t-elle la fin de la puissance française ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-fin-de-la-francafrique-signe-t-elle-la-fin-de-la-puissance-francaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Feb 2022 15:44:12 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-15314 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_9_W96_C8_4ad3bd8a9c-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_9_W96_C8_4ad3bd8a9c-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_9_W96_C8_4ad3bd8a9c-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/02/000_9_W96_C8_4ad3bd8a9c.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis deux ans, le Sahel et l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest subissent une multiplication de coups d&rsquo;Etat, menés par les forces armées locales mais aussi par des groupes rebelles. Tentative avortée en Centrafrique le 13 janvier 2021, putsch réussi contre Alpha Condé en Guinée en septembre de la même année, double coup d&rsquo;Etat des forces armées au Mali en août 2020 et mai 2021, coup d&rsquo;Etat enfin au Burkina Faso fin janvier 2022&#8230; A chaque occurrence, la France, restée pourtant la puissance tutélaire dans ses anciennes colonies, et militairement impliquée au Sahel depuis près de dix ans en réponse à l&rsquo;appel de Bamako, s&rsquo;est montrée incapable d&rsquo;anticiper ces bouleversements, quand elle n&rsquo;a pas appris les faits par voie de presse. Critiquée et accusée d&rsquo;ingérence et d&rsquo;incompétence pour faire reculer la menace terroriste par les populations locales et leurs gouvernements, ravis d&rsquo;instrumentaliser le sentiment anti-français, la France apparaît désormais en Afrique comme une puissance illégitime, débordée par la concurrence d&rsquo;autres influences exogènes, à commencer par la Russie via le groupe paramilitaire Wagner, déjà très impliqué en Centrafrique et en passe de le devenir au Mali. L&rsquo;éviction de l&rsquo;ambassadeur de France à Bamako, présentée par Paris comme un « rappel », souligne le décalage béant entre la perception de sa propre puissance par la France, et la réalité sur le terrain.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_3__container__">Le fait est que la puissance française en Afrique, et plus largement dans le monde, n&rsquo;est malheureusement plus ce qu&rsquo;elle était. Le retour des juntes militaires en Afrique centrale et de l&rsquo;Ouest confirme ce recul (déjà manifeste avec la perte du contrat d&rsquo;armement avec l&rsquo;Australie) et la disparition, de fait, de la Françafrique. Emmanuel Macron, à peine élu en 2017, affirmait que ce concept appartenait d&rsquo;ores et déjà au passé, ce que la réalité sur le terrain durant ses cinq années de mandat a néanmoins démenti. Tel est en revanche le cas aujourd&rsquo;hui face à une situation plus chaotique que jamais dans l&rsquo;ancien pré carré français&#8230; Mais cet état de fait ne résulte en rien d&rsquo;une volonté particulière de la France de rompre avec ses vieux réflexes coloniaux. Il témoigne à la fois de son manque de réalisme, ainsi que d&rsquo;une tendance de fond que l&rsquo;on observe depuis quelques années dans l&rsquo;ensemble du continent africain.</div>
<div></div>
</div>
<div>Les vingt dernières années ont longtemps laissé croire que l&rsquo;Afrique s&rsquo;était enfin engagée sur la voie démocratique, ce que plusieurs élections libres réussies et des pays relativement stables qui servaient ainsi de références pouvaient attester. Mais face à la montée du terrorisme djihadiste et de l&rsquo;instabilité, face à l&rsquo;absence d&rsquo;institutions démocratiques transparentes et solides, et au maintien d&rsquo;une corruption au sein des élites gouvernantes, de nombreux pays africains, notamment dans le Sahel, ont finalement renoué avec l&rsquo;époque des coups d&rsquo;Etat militaires et des dictateurs qui prévalait au lendemain des indépendances dans les années 1950-1960. Peut-on d&rsquo;ailleurs véritablement parler d&rsquo;indépendance, lorsque la France, certes critiquée, se trouve simplement remplacée par d&rsquo;autres puissances extérieures comme la Chine et la Russie, et à la demande de ces nouveaux régimes ? En troquant une ingérence étrangère contre une autre, l&rsquo;Afrique ne sort pas, elle non plus, de la logique coloniale, une situation qui profite surtout aux juntes et à leurs nouveaux alliés.</div>
<div></div>
<div>On ne peut cependant nier la responsabilité de la France dans sa propre balkanisation. Le cas du Mali est particulièrement emblématique. Sollicitée en 2013 face à la menace terroriste par le gouvernement central, la France a voulu faire le pari de former à la fois les forces armées locales et d&rsquo;encourager le retour de l&rsquo;Etat de droit afin de stabiliser la région. Dix ans après le début de son implication militaire, son bilan et sa légitimité sont très maigres.</div>
<div>
<p>« Forte » d&rsquo;une présence militaire réduite comme peau de chagrin depuis la fin de l&rsquo;opération Barkhane (trois bases ont été fermées dans le nord du Mali, tandis que les effectifs ont été divisés par deux, à près de 2500 soldats dont 800 dans le cadre de l&rsquo;opération Takuba), la France s&rsquo;est de fait montrée incapable de limiter l&rsquo;avancée des groupes djihadistes dans le pays. Les relations avec la junte militaire au pouvoir, où se mêlent critiques acerbes envers les Européens (qui ont culminé avec le renvoi de l&rsquo;ambassadeur Joël Meyer en janvier dernier) et avancée des Russes via la compagnie Wagner, n&rsquo;ont fait que se dégrader, ouvrant la possibilité d&rsquo;un retrait total des forces européennes du Mali. La nature ayant horreur du vide, une telle situation ferait non seulement les affaires de Moscou et possiblement de Pékin, mais aussi des groupes terroristes dont l&rsquo;influence n&rsquo;aura jamais été aussi forte qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Les Européens s&rsquo;accordent donc deux à trois semaines pour décider de maintenir ou non leur présence au Sahel, ou de déplacer les diverses opérations militaires vers l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest pour les mener avec davantage de discrétion, par exemple au Burkina Faso.</p>
<p>À quelques mois d&rsquo;une élection présidentielle morose et entachée d&rsquo;échecs notamment diplomatiques, Emmanuel Macron ne pourra guère vanter la réussite de sa politique africaine pour rehausser son bilan. Que ce soit dans le cas de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien, de la crise ukrainienne, des relations avec la Turquie, la France semblait avoir déjà perdu sa capacité à inspirer la crainte. Quitter l&rsquo;Afrique, et perdre ainsi le socle de sa puissance à l&rsquo;international, acterait son déclassement au rang de puissance moyenne. Quand bien même Paris souhaiterait éviter un tel cas de figure, la situation au Sahel et en Afrique de l&rsquo;Ouest semble indiquer qu&rsquo;elle en prend déjà le chemin.</p>
</div>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 13/02/2022.</strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour défendre ses intérêts, la France doit renouer avec une politique étrangère non-alignée</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pour-defendre-ses-interets-la-france-doit-renouer-avec-une-politique-etrangere-non-alignee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Dec 2021 10:07:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Trois mois après la crise des sous-marins français, l&#8217;Australie se risque à un nouveau « coup de Trafalgar » dont l&#8217;industrie de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pour-defendre-ses-interets-la-france-doit-renouer-avec-une-politique-etrangere-non-alignee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-13683 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Trois mois après la crise des sous-marins français, l&rsquo;Australie se risque à un nouveau « coup de Trafalgar » dont l&rsquo;industrie de défense européenne va nécessairement pâtir. Canberra a indiqué vouloir « éventuellement » remplacer ses 47 hélicoptères Airbus MRH-90 Taipan, utilisés dans son armée de terre et sa marine, pour commander 40 hélicoptères Black Hawk et SeaHawk américains, jugés plus « fiables » et économiques. Certes, les Taipan ont pu accuser quelques faiblesses et manques de disponibilité ces dernières années, et leur remplacement devait de toute façon intervenir en 2037. Mais les Taipan étant produits par un consortium de trois fleurons de l&rsquo;industrie de défense européenne, le français Airbus, l&rsquo;italien Leonardo et le néerlandais Fokker, cette mise au rebut confirmée par la presse australienne apparaît comme une nouvelle insulte à l&rsquo;égard de l&rsquo;Union européenne et de la France.</p>
<p>Au-delà des raisons techniques qu&rsquo;elle invoque pour se justifier, l&rsquo;Australie ne cache pas vouloir s&rsquo;engager dans une course aux armements pour répondre à la menace jugée grandissante de la Chine dans la zone Indo-Pacifique. Cette angoisse expliquerait l&rsquo;abandon d&rsquo;appareils encore en service, ainsi qu&rsquo;une importation au coût considérable et peu avantageuse pour l&rsquo;industrie australienne, qui ne sera pas chargée de l&rsquo;assemblage des nouvelles acquisitions. Mais les déclarations du gouvernement australien sont significatives : pour le ministre de la Défense, la commande de Black Hawk « <em>enverrait un message clair aux partenaires comme aux adversaires de l&rsquo;Australie</em> » quel que soit le terrain d&rsquo;opération où elle s&rsquo;engagerait.</p>
<div></div>
<p>On ne saurait mieux dire en effet ! Que Canberra soit discrètement poussé sur le sentier de la guerre par les Etats-Unis, qui y voient certainement un double intérêt stratégique et financier, ne fait aucun doute. Ces deux « ruptures » de contrats ou d&rsquo;engagements en trois mois en faveur des Américains devraient donc véritablement confirmer aux Européens que les Etats-Unis ne font aucun cas ni de leurs intérêts, ni de l&rsquo;alliance supposée les unir, et se concentrent uniquement sur leurs priorités stratégiques dont ils sont totalement exclus.</p>
<p>Une question plus large se pose alors. Face à une puissance qui persiste, malgré les gestes d&rsquo;apaisement, à mépriser ses alliés traditionnels, pourquoi ces derniers lui conserveraient-ils leur allégeance, notamment dans le domaine diplomatique ? Délibérément méprisés et écartés d&rsquo;un déploiement stratégique où ils auraient pourtant toute leur place – à l&rsquo;exception notoire de la Grande-Bretagne qui conserve son statut de « lieutenant » des Etats-Unis au sein de l&rsquo;AUKUS – pourquoi les Européens ne saisiraient-ils pas enfin l&rsquo;occasion de s&rsquo;affranchir pour défendre leurs propres intérêts ?</p>
<p>L&rsquo;année prochaine débutera avec la présidence française du Conseil de l&rsquo;Union européenne, à la suite de la Slovénie. En présentant ses objectifs jeudi dernier, Emmanuel Macron s&rsquo;est fait de nouveau le chantre d&rsquo;une souveraineté stratégique européenne et d&rsquo;une politique de défense commune. Mais faire advenir cette « <em>Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix et maître de son destin </em>» demeurera une ambition chimérique sans cet affranchissement, devenu indispensable et urgent, face à l&rsquo;isolationnisme américain. « Relance, puissance, appartenance », proclame Emmanuel Macron. Aucun de ces objectifs ne pourra être atteint si la France et les Européens demeurent tétanisés face aux trahisons américaines, et persistent dans un engagement à sens unique.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_6__container__">Cet asservissement est particulièrement manifeste dans le cas du dossier iranien depuis le retrait des Etats-Unis du <em>JCPoA</em> en mai 2018. En agissant en « gendarme économique », les Américains ont mis à bas tous les projets de développement des plus grandes banques et entreprises françaises, Total, Renault, Airbus ou encore Engie, en Iran. Par crainte des sanctions américaines, toutes ont rompu leurs engagements dans le pays, et depuis lors, aucune solution politique européenne n&rsquo;a pu être mise au point pour contourner la décision de Washington et sauver ces partenariats pourtant prometteurs, aussi bien pour Téhéran que pour Paris. Jusque dans les renégociations de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien, les trois pays européens signataires s&rsquo;illustrent par leur manque de courage politique et leurs propositions délibérément alignées sur la position américaine.</div>
</div>
<p>Il y a pourtant un grand besoin de France en Iran, qui ne demande qu&rsquo;à être satisfait. De nombreux secteurs industriels gagneraient en effet à être modernisés grâce à de nouveaux partenariats avec les groupes Bolloré et Vinci pour la gestion des infrastructures portuaires et aéroportuaires, Total pour le secteur clé de l&rsquo;énergie et des hydrocarbures.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_7__container__">C&rsquo;est plus encore la question de la gestion et la distribution de l&rsquo;eau qui pourrait susciter la création d&rsquo;un vaste projet collaboratif entre l&rsquo;Iran, Veolia ou Suez, leaders français, européens et mondiaux de ce marché. L&rsquo;Iran subit en effet une crise de l&rsquo;eau dramatique, où les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, associés à quarante ans d&rsquo;une gestion désastreuse des ressources hydriques, risquent de multiplier les pénuries et de menacer l&rsquo;équilibre environnemental et social du pays. A cet égard, les manifestations populaires qui ont eu lieu en novembre à Ispahan, face à l&rsquo;assèchement de la rivière Zayandeh-Rud, le « fleuve fertile » vital pour la région, ne sont qu&rsquo;un prélude aux futures crises. La situation nécessiterait donc une redéfinition urgente des politiques publiques de gestions des ressources. Or, sur ces points essentiels, la France peut apporter son savoir-faire et son expertise&#8230; pour peu qu&rsquo;elle s&rsquo;en donne les moyens.</div>
</div>
<p>Si de nombreux autres exemples peuvent être évoqués, le cas de l&rsquo;Iran illustre avec une éloquence particulière cette nécessité d&rsquo;indépendance qui devrait donc animer la France. Pour l&rsquo;heure, celle-ci s&rsquo;entête à faire le choix des pays arabes du Golfe Persique et de l&rsquo;atlantisme, bien que ces alliances soient de plus en plus insatisfaisantes ou ambiguës. Prenons-nous à rêver, et à imaginer que la France, à la faveur des six mois qu&rsquo;elle va passer à la tête de l&rsquo;Union européenne, puisse renouer avec le choix du Général de Gaulle et redevienne une nation non-alignée et indépendante, véritable leader de la diplomatie européenne sur la scène mondiale.</p>
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		<title>Nucléaire iranien : que penser des maladresses françaises ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/nucleaire-iranien-que-penser-des-maladresses-francaises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Dec 2021 08:38:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Nucléaire iranien]]></category>
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					<description><![CDATA[La France est le troisième marchand d&#8217;armes au monde, derrière les Etats-Unis et la Russie. En tournée dans le Golfe<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/nucleaire-iranien-que-penser-des-maladresses-francaises/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-13572 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_N76_TD_ccc4da6987-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_N76_TD_ccc4da6987-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_N76_TD_ccc4da6987-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_N76_TD_ccc4da6987.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>La France est le troisième marchand d&rsquo;armes au monde, derrière les Etats-Unis et la Russie. En tournée dans le Golfe Persique pour effectuer trois visites aux Emirats Arabes Unis, au Qatar et hier en Arabie Saoudite, point d&rsquo;orgue très décrié de ce déplacement, Emmanuel Macron a souhaité rencontrer ces alliés controversés pour évoquer la lutte contre le terrorisme et la géopolitique locale, mais aussi pour obtenir quelques accords commerciaux. Le manque à gagner engendré par la perte du contrat des sous-marins avec l&rsquo;Australie a sans doute justifié une compromission de plus avec des monarchies autoritaires et ambigües dans leurs relations avec les mouvements islamistes, en revanche très transparentes lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de museler leurs opposants.</p>
<p>Le président français s&rsquo;est donc fait le VRP de l&rsquo;industrie d&rsquo;armement nationale et a obtenu d&rsquo;Abou Dhabi une promesse d&rsquo;achat historique de 80 Rafale pour la somme de 16 milliards d&rsquo;euros, le plus important contrat jamais conclu par Dassault Aviation. Déjà critiqué pour cet accord, Emmanuel Macron est allé encore plus loin en devenant samedi à Djeddah le premier chef d&rsquo;Etat occidental à rencontrer Mohammed Ben Salmane depuis l&rsquo;assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, dont le prince héritier saoudien serait le commanditaire.</p>
<p>Autant de gestes qui en disent long sur les intentions stratégiques françaises. Si Joe Biden se refuse obstinément à rencontrer « MBS » et n&rsquo;hésite pas à remettre en cause l&rsquo;alliance saoudienne, Paris ne s&#8217;embarrasse pas d&rsquo;autant de scrupules. Les temps sont durs, en particulier lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;assurer le financement des plans de relance et la reprise de l&rsquo;économie française malgré la pandémie de Covid-19&#8230; Alors, pour fidéliser cette précieuse clientèle, Emmanuel Macron se doit de lui donner quelques gages géopolitiques, au risque de nier la réalité des équilibres locaux.</p>
<p>Outre la situation au Liban et au Proche-Orient, c&rsquo;est sans surprise le sujet du nucléaire iranien qui a occupé les discussions. L&rsquo;Iran constitue en effet pour l&rsquo;Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis – beaucoup moins pour le Qatar qui lui est resté proche – un inquiétant « problème » au Moyen-Orient, et surtout pour leur propre stabilité en raison de sa puissance militaire et de ses principes idéologiques. L&rsquo;obsession est telle que les deux pays ont fini, en dépit de divergences religieuses et politiques évidentes, par se rapprocher d&rsquo;Israël, farouche contempteur du JCPoA et partisan d&rsquo;une solution militaire contre l&rsquo;Iran. Soucieux de rassurer ses deux alliés, Emmanuel Macron a donc joué les Cassandre, prophétisant un échec des nouvelles négociations rouvertes depuis seulement cinq jours, et réitérant sa proposition d&rsquo;y intégrer « les pays du Golfe, Israël, et tous ceux qui sont directement touchés dans leur sécurité » par le dossier iranien.</p>
<p>Flatteuse pour les pétromonarchies sunnites, l&rsquo;idée demeure insultante pour l&rsquo;Iran, alors que la renégociation de l&rsquo;accord de Vienne constitue sans doute le challenge diplomatique le plus complexe du moment. Chacune des parties reste campée sur ses positions, la question de la levée des sanctions n&rsquo;étant pas le moindre des blocages. Il est difficile de penser que l&rsquo;administration Raïssi sera disposée aux compromis avec de telles propositions émanant du camp occidental.</p>
<p>Emmanuel Macron justifie l&rsquo;intégration de l&rsquo;Arabie Saoudite en la qualifiant de « premier pays du Golfe en termes de taille ». Mais quelle est la pertinence d&rsquo;une telle remarque, aussi saugrenue qu&rsquo;imprécise, face à un pays de 85 millions d&rsquo;habitants éduqués, œuvrant quotidiennement à la vitalité de leur société en dépit des restrictions qu&rsquo;ils subissent depuis l’avènement de la République islamique ? Quel est son intérêt, face à un pays dont le potentiel économique aurait dû exploser, s&rsquo;il n&rsquo;y avait eu Donald Trump et un nouveau régime de sanctions ?</p>
<p>De longue date, Paris a préféré faire le choix de Riyad et d&rsquo;Abou Dhabi plutôt que celui de Téhéran, malgré les promesses que l&rsquo;accord de 2015 faisait miroiter aux grandes entreprises françaises voulant faire des affaires en Iran. C&rsquo;était déjà un choix regrettable par le passé, il est aujourd&rsquo;hui toujours aussi contestable au regard de la situation géopolitique du Moyen-Orient.</p>
<p>Depuis 2015, les équilibres ont nettement changé. Le mandat catastrophique de Donald Trump, le désastre du retrait américain d&rsquo;Afghanistan, ont gravement entamé la crédibilité de l&rsquo;Occident dans le monde entier. L&rsquo;Iran sous sanctions ne s&rsquo;est pas perdu plus longtemps dans une attente illusoire auprès de ses alliés occidentaux, décidant de tourner son regard vers l&rsquo;Est, vers la Russie et la Chine, ces deux grandes puissances qui siègent également au Conseil de Sécurité de l&rsquo;ONU et empêchent, par leur droit de veto, le camp occidental d&rsquo;obtenir la moindre résolution contre Téhéran. Preuve d&rsquo;un basculement stratégique vers l&rsquo;Asie, Pékin l&rsquo;a enfin intégré à l&rsquo;Organisation de la Coopération de Shanghai et reste la principale cliente de ses hydrocarbures malgré les sanctions américaines.</p>
<p>Le président français lit encore le Moyen-Orient avec d&rsquo;anciennes cartes. Se tourner vers les pétromonarchies sunnites du Golfe Persique, c&rsquo;est méconnaître délibérément le rôle incontournable que l&rsquo;Iran joue désormais dans la région, que ce soit en Syrie – son implication a contribué au maintien du régime de Bachar el-Assad et de facto à la mise en échec des Occidentaux qui voulaient sa chute – ou au Yémen, avec la prise imminente de Marib par les Houthis, ville stratégique dont la conquête leur donnerait une grande marge de manœuvre dans les pourparlers avec le gouvernement yéménite. Même en Irak, l&rsquo;influence des partis politiques proches de l&rsquo;Iran reste intacte en dépit de leur défaite aux dernières élections législatives. Reste enfin la question cruciale de l&rsquo;Afghanistan, en proie à une catastrophe humanitaire sans précédent et à un possible exil massif de sa population jusqu&rsquo;en Europe. En la matière, à l&rsquo;inverse des pétromonarchies, l&rsquo;Iran incarne l&rsquo;interlocuteur de premier plan en raison de sa frontière commune avec l&rsquo;Afghanistan, et même de ses bonnes relations avec les talibans. Pourtant, son importance demeure ignorée par les chancelleries occidentales.</p>
<p>Emmanuel Macron s&rsquo;illusionne en pensant que la France a encore une voix qui porte. Doit-on rappeler le peu de cas que Washington a fait de Paris dans la formation de l&rsquo;AUKUS ? Une telle accumulation de maladresses et de mauvais choix stratégiques, si elle venait à persister, risque d&rsquo;accentuer fortement son isolement diplomatique et de lui faire perdre son traditionnel rôle d&rsquo;honnête courtier, rendant sa voix totalement inaudible et laissant la place à d&rsquo;autres acteurs plus réalistes.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 05/12.</strong></p>
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		<title>Création de l&#8217;AUKUS : l&#8217;indignation à géométrie variable de la France</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/creation-de-laukus-lindignation-a-geometrie-variable-de-la-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Nov 2021 08:23:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[AUKUS]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-13312 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/063_1235422304_7c65845b9d-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/063_1235422304_7c65845b9d-300x200.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/063_1235422304_7c65845b9d-150x100.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/063_1235422304_7c65845b9d.jpg 750w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Les Anglais ? Perfides, comme toujours ! Les Américains ? Isolationnistes, comme jadis&#8230; En septembre dernier, la France n&rsquo;avait pas de mots assez durs pour critiquer la formation de l&rsquo;AUKUS, l&rsquo;alliance qui a torpillé son « contrat du siècle » de plusieurs milliards d&rsquo;euros pour la vente de sous-marins à propulsion conventionnelle à l&rsquo;Australie.</p>
<p>Certes, il y avait de quoi prendre ombrage, et le discours de la classe politique française traduisait bien ce double sentiment désagréable de « trahison » et « d&rsquo;humiliation ». Outre le manque à gagner financier colossal qu&rsquo;une telle perte représente pour le complexe militaro-industriel français, l&rsquo;abandon de ce contrat souligne son infériorité technologique, face à la contre-offre américaine faite à Canberra pour l&rsquo;équiper en sous-marins à propulsion nucléaire.</p>
<p>Informée par voie de presse de l&rsquo;existence de cette nouvelle alliance, la France n&rsquo;a pu que manifester son impuissance et son dépit après ce « coup de poignard dans le dos », qui témoignait de surcroit du faible poids stratégique que les Etats-Unis lui accordent sur le théâtre Indo-Pacifique.</p>
<p>Pour autant, sur le fond, l&rsquo;indignation semble avoir été quelque peu surjouée. Rappelé à Paris, l&rsquo;ambassadeur français à Washington regagnait son point de départ une semaine plus tard, suite à l&rsquo;échange téléphonique entre Joe Biden et Emmanuel Macron. En dépit de ses critiques contre l&rsquo;AUKUS et le mauvais traitement infligé par les Américains, peut-être s&rsquo;est-elle finalement souvenue que, comme toute puissance militaire et industrielle, elle aussi peut agir au gré de ses seuls intérêts et sans considération pour ses alliés.</p>
<p>La patrie des droits de l&rsquo;homme, troisième exportatrice d&rsquo;armements au monde derrière les Etats-Unis et la Russie, n&rsquo;a en effet pas son pareil pour fournir des armes à des clients radicalement éloignés de ses propres valeurs ou contrevenant aux intérêts de ses partenaires, sans que leurs critiques, ou celles de son opinion publique, soient parvenues à lui faire réviser ses engagements, à de rares exceptions près.</p>
<p>Les exemples en la matière sont récents. En 2014, au grand dépit de l&rsquo;administration Obama, la France avait catégoriquement refusé de mettre fin à la vente très controversée de deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie, qui venait pourtant d&rsquo;annexer la Crimée. Quatre mois de négociations avaient été nécessaires pour que la vente soit finalement annulée de mauvaise grâce par les Français, et il est certain que sans la pression insistante des Etats-Unis et des pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, leurs alliés au sein de l&rsquo;OTAN et les plus légitimement inquiétés par le bellicisme de Moscou, les deux navires baptisés <em>Valdivostok</em> et – fort à propos – <em>Sébastopol</em>, battraient aujourd&rsquo;hui pavillon russe. Ironie de l&rsquo;histoire, la décision avait été présentée par le ministre des Affaires étrangères de l&rsquo;époque, Laurent Fabius, comme une « sanction » vis-à-vis de la Russie.</p>
<p>Un épisode similaire s&rsquo;était également produit en 2009, lorsque la France s&rsquo;engagea à fournir un sous-marin d&rsquo;attaque à propulsion nucléaire au Brésil, puissance émergente alors gouvernée par le président Lula da Silva et affichant une croissance à deux chiffres extrêmement prometteuse. Une manière pour le Brésil de confirmer sa montée en puissance économique sur le plan militaire&#8230; Mais le projet déplut fortement à la Grande-Bretagne, en raison du contentieux qui l&rsquo;oppose à l&rsquo;Argentine depuis 1982, suite à la guerre des Malouines sur la souveraineté des îles éponymes et de leurs voisines, la Géorgie-du-Sud et îles Sandwich. S&rsquo;il ne manifeste aucune animosité contre Londres, le Brésil soutient néanmoins l&rsquo;Argentine sur ce différend territorial. La présence d&rsquo;un sous-marin nucléaire battant pavillon brésilien dans les eaux de l&rsquo;Atlantique sud serait donc susceptible de bouleverser les équilibres&#8230; Telle est la crainte des Britanniques, mais qu&rsquo;elle soit fondée ou non, la France n&rsquo;a jamais annulé ce contrat d&rsquo;armement, qui prévoit une livraison du sous-marin en 2034, contre un bénéfice de 7,4 milliards de dollars, au demeurant une maigre compensation pour la perte du contrat australien.</p>
<p>La France semble donc victime d&rsquo;une mémoire assez sélective&#8230; Et finalement, ne fait-elle pas « beaucoup de bruit pour rien » ? La question se pose d&rsquo;autant plus que sur le long terme, l&rsquo;AUKUS pourrait considérablement œuvrer en faveur de la défense des intérêts stratégiques occidentaux face à la Chine. Face à cette possibilité, que pèse la survie d&rsquo;un contrat d&rsquo;armements qui avait de toute façon accumulé de nombreux retards et doublé ses coûts de production ?</p>
<p>Par ailleurs, l&rsquo;imbroglio diplomatique autour de la création de cette nouvelle alliance illustre la méthode désormais choisie par l&rsquo;administration Biden : affronter l&rsquo;inévitable et faire le « sale boulot » en conséquence, sans se préoccuper des réactions des alliés des Etats-Unis. Le retrait précipité d&rsquo;Afghanistan, mené sans concertation avec leurs partenaires, ou l&rsquo;abandon des sanctions contre les entreprises russes impliquées dans le projet de gazoduc Nord Stream 2, une victoire pour Vladimir Poutine et une catastrophe pour la Pologne et l&rsquo;Ukraine, sont autant de preuves qui augurent la suite du mandat du président démocrate. Autant en tenir compte le plus tôt possible, et reléguer l&rsquo;épisode de l&rsquo;AUKUS à d&rsquo;autres humiliants précédents diplomatiques pour la France. Car pour se permettre de se draper dans sa dignité offensée, encore faut-il en avoir les moyens.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 21/11/2021.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Les alliés d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-allies-dhier-ne-sont-plus-ceux-daujourdhui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Sep 2021 09:35:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Le récent revirement commercial de l’Australie qui a fait perdre un contrat juteux à la France, et la conclusion du<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-allies-dhier-ne-sont-plus-ceux-daujourdhui/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-12384 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le récent revirement commercial de l’Australie qui a fait perdre un contrat juteux à la France, et la conclusion du partenariat Aukus, alliance militaire tripartite formée par l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni, ont mis de l’huile sur le feu au niveau diplomatique et semblent réveiller les pays européens au niveau politique.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Feuilleton diplomatique</strong></h4>
<p>L’Australie a rompu récemment le “contrat du siècle”, d’une valeur de 90 milliards de dollars australiens (55,7 milliards d’euros), conclu en 2016 avec le français Naval Group pour la fourniture de douze sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique). Canberra a en effet préféré opter pour les sous-marins à propulsion nucléaire issus des technologies américaines et britanniques, provoquant ainsi une crise diplomatique majeure entre la France et ses partenaires anglo-saxons.</p>
<p class="mise_en_avant">“Scott Morrison, Premier ministre australien, a déclaré ne pas regretter et avoir pris “la décision de faire passer l’intérêt national de l’Australie en premier”, en assurant que ce n’était pas un “changement d’avis” mais “un changement de besoins”</p>
<p>Alors que Paris a déploré une “décision regrettable” et un “coup dans le dos”, Scott Morrison, Premier ministre australien, a déclaré ne pas regretter et avoir pris “la décision de faire passer l’intérêt national de l’Australie en premier”, en assurant que ce n’était pas un “changement d’avis” mais “un changement de besoins”. Boris Johnson, Premier ministre anglais, a assuré que cet accord “ne [visait] pas à s’opposer à une quelconque autre puissance”, et que “la relation militaire” du Royaume-Uni avec la France était “extrêmement solide”.</p>
<p>De son côté, après avoir déclaré que les États-Unis n’ont pas d’allié plus proche et plus fiable que l’Australie, Joe Biden s’est montré conciliant envers Paris, assurant qu’il souhaitait “travailler étroitement avec la France” dans la zone indopacifique. Après avoir échangé il y a quelques jours par téléphone, les présidents américain et français ont promis de relancer la relation transatlantique. Mais si Paris a fini par renouer avec Washington, de gré ou de force, Londres qui a été confortée dans sa stratégie “Global Britain” avec cette victoire commerciale et diplomatique, attend toujours le dégel, qui risque de mettre du temps à arriver tant la liste des contentieux entre les deux pays est longue (Brexit, zones de pêche, migrants).</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Indopacifique, la stratégie française en reconstruction</strong></h4>
<p>Une fois l’étape de sidération passée, le président français, qui est à quelques mois de la présidence française de l’Union européenne et des élections présidentielles françaises, a réagi. Afin de rebâtir sa stratégie indopacifique, Paris s’est rapproché de l’Inde, allié majeur dans cette zone, malgré son appartenance au Quad (Dialogue Quadrilatéral pour la sécurité), dispositif américain aux côtés de l’Australie et du Japon face à la Chine.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le président français et le premier ministre indien Narendra Modi ont réaffirmé leur volonté de travailler conjointement face à l’ascension chinoise”</p>
<p>Le président français et le premier ministre indien Narendra Modi se sont entretenus au téléphone il y a quelques jours, et ont réaffirmé leur volonté de travailler conjointement face à l’ascension chinoise, la contrepartie pour l’Inde étant le renforcement de sa base industrielle et technologique grâce aux investissements français. Joe Biden a également rencontré récemment Narendra Modi, Scott Morrison et Yoshihide Suga (Premier ministre japonais) afin de les rassurer après les avoir écartés de l’alliance Aukus.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Européens, les derniers herbivores dans un monde carnivore</strong></h4>
<p>Par ailleurs, le président français remet l’accent sur son agenda européen. Véritable désaveu de la diplomatie militaire française qui se fait exclure d’une stratégie commune dans l’Indopacifique, théâtre majeur de l’affrontement sino-américain, cet événement majeur marque une réelle rupture de confiance entre alliés. L’Union européenne, qui n’a pas été informée du pacte de sécurité conclu entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni pour la région indopacifique, fait front aux côtés de la France. En effet, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-S</p>
<p>ept ont exprimé explicitement et fermement leur solidarité à l’égard de la France.</p>
<p class="mise_en_avant">“Véritable désaveu de la diplomatie militaire française qui se fait exclure d’une stratégie commune dans l’Indopacifique, cet événement majeur marque une réelle rupture de confiance entre alliés”</p>
<p>Selon Josep Borell, haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne, la dispute franco-américaine n’était pas un sujet bilatéral mais bien un sujet européen. Gérard Araud, ancien représentant permanent de la France auprès des Nations unies, déclarait en octobre 2020 : “Nous vivons dans un monde de carnivores et les Européens sont les derniers herbivores. Les Européens doivent changer leur régime alimentaire et c’est pour eux très difficile à affronter”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>America first, encore et toujours</strong></h4>
<p>Être un allié des États-Unis semble être gage ni de protection, ni d’amitié. La leçon à tirer de ce camouflet diplomatique et commercial est que, pour ceux qui en doutaient encore malgré les récents événements à Kaboul, l’administration Biden n’est pas foncièrement différente de l’administration Trump. Derrière des mots courtois, qui tranchent certes grandement avec l’hostilité de Donald Trump, le mépris de l’administration actuelle s’observe dans les faits. L’objectif premier des États-Unis se confirme un peu plus au fil des années : sa rivalité avec la Chine.</p>
<p>L’affaire des sous-marins, secrètement négociée au fil des derniers mois par les États-Unis avec ses alliés de longue date – les mêmes que ceux du Five Eyes (alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis datant de 1941) – vise en effet de manière évidente à satisfaire les ambitions régionales de Washington vis-à-vis de Pékin.</p>
<p>La perte du contrat des sous-marins a été interprétée comme le signe du déclin de la France sur la scène géopolitique mondiale et ce, à juste titre. Pour renverser la tendance, la France doit absolument, avec l’aide de l’Union européenne, mener une politique plus agressive et concurrentielle afin de retrouver une souveraineté effective et une autonomie stratégique, de manière à survivre face à l’aigle américain et le dragon chinois.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 30/09/2021.</strong></p>
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		<title>La crise des sous-marins, une débâcle mais aussi une chance pour la France</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-crise-des-sous-marins-une-debacle-mais-aussi-une-chance-pour-la-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Sep 2021 08:34:35 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-12368 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Beaucoup d’encre a coulé sur l’affaire dite des sous-marins depuis que le 15 septembre dernier l&rsquo;Australie a annoncé à la France, sans aucune information ni indication préalable, la mise en place d’un nouveau partenariat stratégique avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec comme conséquence inéluctable l’annulation pur et simple d&rsquo;un contrat de plus de 56 milliards d&rsquo;euros pour la fourniture par la France de douze sous-marins conventionnels. Bien entendu, cette annulation ne manquera pas d’entacher, pour les années à venir, les relations entre la France et le monde anglophone en général, en ce y compris l’Inde. Cependant, malgré l’irruption médiatique autour de cette affaire et la rhétorique de vierge effarouchée déployée par le quai d’Orsay, bien mal placé par ailleurs à crier au loup alors qu’il a lui-même bafoué sa propre signature dans l’affaire des Mistrals où la France a renié son engagement de livrer deux porte hélicoptères à la Russie, quatre constats importants sont  à prendre en compte.</p>
<p>Dans un premier temps,  on pourrait insister sur le danger qui pèse sur les autres contrats d’armement en cours, et en particulier celui des rafales avec l’Indonésie. La France, à travers cette fâcheuse affaire, a découvert la triste réalité que le multilatéralisme proclamé par l’administration Biden n’était que de la poudre aux yeux et que la devise « America First » de Trump avait toujours toute sa pertinence à Washington. Ainsi, alors que les Américains identifient, et ce aujourd’hui encore plus qu’hier, la Chine comme leur principal concurrent économique et militaire, Washington risque de revenir sur ces décisions antérieures. Rappelons que le choix du Rafale par l’Indonésie n’a été qu’un second choix de remplacement pour Djakarta après le refus des Américains de leur vendre le fleuron de leur aviation militaire qu’est le F35. La nouvelle donne que représente l’annulation des contrats de sous-marins français risque de n’être qu’un signe annonciateur d’autres annulations à venir. Après tout, l’Indonésie, à l’instar de l’Australie est également menacée par la nouvelle hyper puissance de plus en plus assumée des Chinois. Le raisonnement qui a prévalu pour l’Australie du coté de Washington peut trouver aussi application sur la question des ventes d’armes à l’Indonésie. Pour Biden, la lutte contre la menace que représente la Chine pour le positionnement américain autorise cette stratégie de <em>containment </em>dans la zone Indo-Pacifique, ainsi que le renforcement de l&rsquo;armement des pays alliés qui y sont directement confrontés. Washington peut donc revenir sur sa décision de refus de vendre des F35 à l’Indonésie et donc entrainer la remise en question du contrat des Rafales par Djakarta</p>
<p>Ensuite, cette affaire est une aubaine pour le Royaume-Uni qui, à peine sorti de l’Union européenne, loin d’un isolement espéré par Paris, se trouve sacré comme partenaire privilégié des américains comme garant de la sécurité dans le pacifique. Londres renoue ainsi avec son passé impérial et devient un acteur majeur de la sécurité asiatique et ce au détriment des intérêts et du prestige militaire de la France. Le Royaume-Uni de la Commonwealth, seul allié européen des Etats-Unis, se permettra de rappeler au Monde que l’adage historique de « Britania rules the Waves » n’est pas dénué de sens aujourd’hui. Ceci est tellement vrai que la France offusquée n’a pas rappelé son ambassadeur à Londres comme si par ce geste symbolique Paris voulait réduire le rôle des anglais dans cette nouvelle alliance. Ce témoignage d’agacement en réalité est inversement proportionnel à la frustration française.</p>
<p>Troisièmement, cette affaire sonne le glas du traité de non-prolifération nucléaire. En effet, Washington ne peut que difficilement soutenir son attachement à la non-prolifération nucléaire alors qu’elle vient de bafouer ses dispositions en armant un pays non nucléaire, en l’occurrence l’Australie, avec la technologie nucléaire et l’armement qui va avec.  En effet, chacun comprendra que le sous-jacent naturel de la logique des sous-marins nucléaires est leur armement avec des missiles balistiques à tête nucléaire. En réalité, ce que traduit également cette affaire est le fait que les américains font peu de cas de la prolifération dès lors qu’elle intervient chez leurs alliés dans monde anglo-américain, en ce y compris l’Inde. On voit difficilement la position que pourra défendre Washington face à l’Iran lorsque les négociations sur le nucléaire iranien reprendront à Vienne !</p>
<p>Enfin, on peut comprendre qu’entre les sous-marins Diesel français et ceux nucléaires des américains, le choix est vite fait par Canberra même si dans les premières décennies ces sous-marins ne seront pilotés que par des marins américains. En effet, un soutien militaire américain, en cas de conflit avec la Chine, est plus crédible pour l’Australie qu’un soutien français avec seulement deux frégates dans tout le pacifique contre six porte-avions nucléaires américains et une quinzaine de sous-marins nucléaires, sans même parler des bases américaines en Corée du Sud, à Subic Bay aux Philippines et ailleurs. A cet égard, l’intimité culturelle entre Washington, Canberra et Londres, un élément certes non essentiel mais qui reste importante a joué un rôle non négligeable dans leur rapprochement. Le referendum sur l’indépendance de la Nouvelle Calédonie a accentué encore plus le ressenti des australiens concernant l’abandon de la présence française dans le pacifique et l’engagement de Paris dans cette partie du monde.</p>
<p>Toute chose égale par ailleurs, cette crise représente un « reset » de  priorités stratégiques de la France. En effet, même les membres de la « secte » des néo-conservateurs au quai d’Orsay, atlantistes convaincus de leur état, sont devenus les chantres du renouveau d’un gaullisme français. Ils appellent de leurs vœux un retour aux valeurs de l’indépendance nationale militaire et un retour à une autonomie de la production national de notre armement sur le sol français. La France, a une leçon à tirer de cette crise; celle fondée sur la phrase attribuée au Général de Gaulle : « la France n’a pas d’alliés mais des intérêts ». Le mépris témoigné par Washington à l’égard de la France, aussi bien sur cette affaire des sous-marins que sur celle de Kabul où les européens n’étaient ni informés ni sollicités dans le calendrier du départ américain, démontre la nécessité absolue d’une Europe de la défense.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 26/09/2021.</strong></p>
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		<title>Ardavan Amir-Aslani dans le Magazine Causeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Sep 2021 15:08:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Dans Le Siècle des Défis, l&#8217;avocat et essayiste franco-iranien affirme que les rapports de force entre pays sont amenés à<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-dans-le-magazine-causeur/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans Le Siècle des Défis, l&rsquo;avocat et essayiste franco-iranien affirme que les rapports de force entre pays sont amenés à devenir de plus en plus brutaux. Face aux superpuissances russe, chinoise et turque, que sera la France si elle continue de se sentir coupable de son histoire, au lieu d&rsquo;en assumer la grandeur?</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;interview d&rsquo;Ardavan Amir-Aslani dans <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/Amir-Aslani_Le-Siècle-des-défis_Causeur_1-septembre-2021.pdf" target="_blank" rel="noopener">Causeur</a>.</p>
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		<title>Politique et militaire, la symbiose ratée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Jul 2021 12:25:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La semaine qui vient de s’écouler a été l’occasion pour deux grandes puissances militaires de confirmer un changement d’époque. Jeudi<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/politique-et-militaire-la-symbiose-ratee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La semaine qui vient de s’écouler a été l’occasion pour deux grandes puissances militaires de confirmer un changement d’époque. Jeudi à Washington, Joe Biden annonçait que les États-Unis auraient retiré toutes leurs troupes d’Afghanistan le 31 août prochain. Le président américain a rappelé que la première puissance militaire mondiale ne pouvait plus se permettre, pour des raisons géopolitiques mais aussi humaines, de maintenir son engagement dans ce conflit, après deux décennies d’investissements sans commune mesure pour le contribuable américain, des milliers de morts militaires et civils des deux côtés, et surtout un bilan désastreux. Hier encore, l’avancée des talibans dans leur reconquête du pays était jugée “plus rapide que prévu”, témoignant surtout d’un vide stratégique et politique béant qui leur livre de nouveau le pays.</p>
<p class="inter-titre"><strong>Retrait militaire américain, puis français</strong></p>
<p>Le lendemain, à Paris, Emmanuel Macron présentait à son tour les grandes lignes du retrait des 5 100 soldats français qui opéraient au Sahel depuis 2013, et plus particulièrement au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane. Annoncé pour les prochaines semaines, celui-ci devrait s’étaler dans le temps jusqu’au début de l’année 2022. Et si un retrait total n’est vraisemblablement pas envisagé, il n’en reste pas moins que les effectifs devraient être réduits d’au moins 40 %, laissant entre 2 000 et 3 000 soldats sur place pour “gérer” une zone de trois millions de kilomètres carrés.</p>
<p class="mise_en_avant">“Emmanuel Macron veut encore croire qu’il sera possible de “pacifier” une région de plus en plus menacée par l’avancée djihadiste en recentrant les efforts militaires – et en réduisant les moyens de l’armée. “En même temps”… nous n’en sommes plus à un paradoxe près”</p>
<p>À la différence de Joe Biden, Emmanuel Macron veut encore croire qu’il sera possible de “pacifier” une région de plus en plus menacée par l’avancée djihadiste en recentrant les efforts militaires – et en réduisant les moyens de l’armée. “En même temps”… nous n’en sommes plus à un paradoxe près.</p>
<p class="inter-titre"><strong>Le 1er régiment de hussards parachutistes, de Valmy au Mali</strong></p>
<p>Hasard du calendrier, ce week-end voyait également le 1er régiment de hussards parachutistes, installé à Tarbes, fêter ses 300 ans d’existence. Son histoire est peu commune, puisqu’il fut fondé à Constantinople le 27 juillet 1720 par le comte hongrois Ladislas de Bercheny, patriote alors en exil, qui décida de mettre ce régiment, qui fut d’abord de cavalerie légère, au service du roi de France Louis XV. Ce régiment cosmopolite mais français, où les ordres étaient d’abord donnés en allemand, fut de toutes les batailles marquantes de notre pays à dater de la Révolution : Valmy et Jemmapes en 1792, grandes campagnes napoléoniennes depuis celle, victorieuse, d’Italie en 1797, ou encore celle de Prusse en 1806 marquée par les batailles d’Iéna, de Friedland, et celle d’Eylau, victoire à la Pyrrhus où le régiment de hussards participe, selon la légende napoléonienne, à l’une des plus grandes charges de cavalerie de l’Histoire, menée par Murat et réunissant 12 000 hommes.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le 1er régiment de hussards parachutistes, cosmopolite mais français, où les ordres étaient d’abord donnés en allemand, fut de toutes les batailles marquantes de notre pays à dater de la Révolution”</p>
<p>Évoluant naturellement au gré des perfectionnements militaires, le 1er régiment de hussards est passé des cavaliers aux parachutistes en 1946, mais continue de remplir toutes les missions d’un régiment de cavalerie légère avec une abnégation totale : reconnaissance au contact, intervention antichar, sûreté des arrières ou des flancs. Il est le seul régiment blindé de la 11e brigade parachutiste de l’Armée de terre française et de ce fait, a participé à toutes les opérations extérieures militaires françaises des quarante dernières années. Du Liban à l’ex-Yougoslavie, en passant par l’Afghanistan dès 2003 et les multiples missions en Afrique de l’Ouest ou dans le Sahel, le régiment est reconnu pour son expertise sur les terrains d’opération les plus sensibles. À ce titre, il a été précisément l’un des deux régiments français déployés dans le cadre de l’opération Barkhane. La dernière opération menée au Mali par près de 600 parachutistes remonte ainsi à moins d’un an, à l’automne 2020.</p>
<p class="inter-titre"><strong>Absence de réflexion politique</strong></p>
<p>Que nous rappelle cette histoire si particulière au sein de l’armée française ? D’abord, l’importance du travail symbiotique entre le politique et le militaire, le second restant au service du premier, du bien commun et de la sécurité nationale. À cet égard, les décisions des présidents américains et français nous obligent à quelques réflexions. Aux États-Unis comme en France, les annonces des retraits de conflits militaires complexes et malheureusement emprunts d’échec, ont naturellement été accueillies par les familles de militaires avec un immense soulagement. En septembre dernier, le 1er régiment de hussards parachutistes avait d’ailleurs perdu deux des siens au Mali. Et que dire des milliers de soldats américains morts en Afghanistan en vingt ans, sans que le conflit ait été résolu pour autant ?</p>
<p class="mise_en_avant">“Comme l’a souligné récemment dans la presse le général Didier Castres, qui dirigeait l’opération Serval, puis Barkhane lors de son lancement, “seuls, les militaires ne règlent rien”</p>
<p>Mais comme l’a souligné récemment dans la presse le général Didier Castres, qui dirigeait l’opération Serval, puis Barkhane lors de son lancement, “seuls, les militaires ne règlent rien”. L’intervention du politique reste indispensable pour anticiper, élaborer, reconstruire, en complément de l’intervention militaire. Dans le cas de l’Afghanistan, dans le cas du Mali, l’absence de véritable réflexion politique n’a pu qu’être amèrement constatée, laissant in fine la lourde tâche aux seules forces armées de pallier cette défaillance. Or, la réflexion politique se doit d’être à même de proposer un but précis pour atteindre la sortie de crise, et d’en fournir les moyens. Au Sahel comme en Afghanistan, les retraits des Occidentaux laissent malheureusement une situation chaotique qui ne fait pas justice au sacrifice des soldats engagés, permettant dans les deux cas une avancée de mouvements islamistes plus menaçante que jamais.</p>
<p class="inter-titre"><strong>De l’honneur d’être Français</strong></p>
<p>L’histoire du 1er régiment de hussards parachutistes nous rappelle enfin l’importance de la notion d’engagement et d’exemplarité. Elle peut trouver aisément un écho chez tous ceux qui sont arrivés en France depuis l’étranger pour y démarrer une nouvelle vie, qui ont pu bénéficier des possibilités offertes par leur pays d’accueil, et qui en guise de reconnaissance pour tous ses bienfaits, ont tenu à lui témoigner leur gratitude par une modeste contribution, qu’elle soit d’ordre professionnel, militaire, moral ou intellectuel.</p>
<p class="mise_en_avant">“La devise du régiment devrait d’ailleurs résonner tout particulièrement pour nous tous, issus ou non de l’immigration : “Quand tu as tout perdu, souviens-toi qu’il te reste l’honneur”</p>
<p>Cette histoire nous rappelle qu’être citoyen français, c’est certes avoir des droits, mais aussi des devoirs, que l’on soit civil ou militaire. La devise du régiment devrait d’ailleurs résonner tout particulièrement pour nous tous, issus ou non de l’immigration : “Quand tu as tout perdu, souviens-toi qu’il te reste l’honneur”. L’honneur d’être Français.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 14/07/2021.</strong></p>
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