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	<title>Europe &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Les sanctions contre l&#8217;Iran, un danger pour l&#8217;Europe ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Jul 2023 07:31:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Alors que la « stratégie du regard vers l&rsquo;Est » commence à être remise en question en Iran, le rapprochement diplomatique que le régime a également entamé avec l&rsquo;Occident entre dans une séquence de rapport de force qui s&rsquo;annonce difficile. Menacée dans sa stabilité depuis les manifestations qui ont violemment secoué le pays à l&rsquo;automne 2022, la République islamique se sait acculée face à une jeunesse qui représente les deux tiers de la population iranienne et souhaite bâtir un autre avenir pour l&rsquo;Iran, loin des sanctions internationales et des privations de libertés individuelles. L&rsquo;activisme diplomatique des autorités iraniennes s&rsquo;inscrit dans cette volonté de sortir l&rsquo;Iran de l&rsquo;ostracisme économique et politique, afin de redynamiser l&rsquo;économie iranienne et de redonner des perspectives d&rsquo;avenir à des forces vives qui ne songent pour l&rsquo;heure qu&rsquo;à l&rsquo;exil.</p>
<p style="font-weight: 400;">Alors que la Chine et la Russie, ses alliées asiatiques, donnent de nombreux signes d&rsquo;ambivalence stratégique en dépit des multiples partenariats qui les lient à l&rsquo;Iran, l&rsquo;obligation de diversifier ses relations devrait logiquement ouvrir la voie à la mise au point d&rsquo;un nouvel accord avec l&rsquo;Occident. Le <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em>, toujours officiellement en vigueur, prévoit une première porte de sortie puisqu&rsquo;il stipule qu&rsquo;en octobre prochain, plusieurs sanctions occidentales contre l&rsquo;Iran liées aux programmes nucléaires et balistiques auront expiré. Le traité et la résolution onusienne 2231 précisent par ailleurs que les Nations Unies devront également lever l&rsquo;interdiction d&rsquo;importation et d&rsquo;exportation par l&rsquo;Iran de technologies liées aux missiles balistiques, ainsi que les drones d&rsquo;une portée de 300 km ou plus.</p>
<p>Des informations récentes laisseraient néanmoins entendre que les Européens auraient l&rsquo;intention demaintenir l&rsquo;ensemble de ces sanctions en raison du partenariat militaire de l&rsquo;Iran avec la Russie, et de son implication dans le conflit ukrainien aux côtés de Moscou. En réponse, les médias ultra conservateurs iraniens ont menacé l&rsquo;Europe d&rsquo;une accélération du programme nucléaire iranien et d&rsquo;une levée de la distance maximum que l&rsquo;Iran impose pour l&rsquo;heure à ses missiles balistiques, limités à une portée 2000 km. En clair, l&rsquo;Europe serait potentiellement à portée des missiles iraniens. Au-delà d’une rhétorique vindicative de circonstance, comment comprendre cette menace ?</p>
<p>Certes, l&rsquo;arsenal iranien est de haute technicité, et l&rsquo;efficacité de l&rsquo;ensemble de ses missiles balistiques n&rsquo;est plus à démontrer, tant au Yémen qu&rsquo;en Arabie Saoudite. En outre, l&rsquo;Iran en rompant avec ses engagements du traité de Vienne après le retrait unilatéral des Etats-Unis en 2018, a attendu un an avant de poursuivre son programme nucléaire. En augmentant progressivement son enrichissement d’uranium de 3,67 % à 60 %, il est parvenu en trois ans à devenir un « Etat du seuil », statut qui semble logiquement irréversible et que les Occidentaux, comme les voisins immédiats de l&rsquo;Iran, doivent désormais prendre en considération dans les négociations. Pour autant, il paraît peu vraisemblable que l’Iran s’engage dans un conflit de grande ampleur avec des grandes puissances occidentales, qui de surcroit ne serait pas soutenu par la population iranienne et pourrait générer plus de risques que de bénéfices pour le régime iranien.</p>
<p>Le véritable enjeu est donc plutôt diplomatique. Alors que le retrait des Etats-Unis de l’accord de Vienne avait constitué un premier affront de taille pour l’Iran, Téhéran s’était alors progressivement autorisé à prendre des « mesures compensatoires », avec principalement la relance de son programme nucléaire, dans une volonté d’établir un rapport de force avec les Occidentaux et de les inciter à rouvrir les négociations. Alors que celles-ci étaient sur le point d’aboutir, la violente répression du régime envers les manifestations de l’automne 2022 en Iran a mis un nouveau coup d’arrêt au processus. La reprise d’échanges officieux, bien que démentis par Téhéran et Washington, laissait espérer la conclusion d’un accord informel, conçu pour contourner l’épreuve de l’examen du traité par le Congrès américain, très divisé sur le sujet.</p>
<p>L’Iran serait en effet prêt à un ralentissement de son programme nucléaire sous réserve d’obtenir la levée des principales sanctions économiques et le dégel d’actifs bloqués à l’étranger, qui représentent plusieurs milliards de dollars et lui sont nécessaires pour soulager une économie exsangue. Preuve de sa bonne volonté, Téhéran a rétabli sa coopération avec l’AIEA sur ses sites sensibles, ce qui semblait être le principal obstacle à une reprise du <em>JCPoA</em>.</p>
<p>Dans un tel contexte, les rumeurs concernant un maintien des sanctions visent certainement à tenter d’éloigner l’Iran de la Russie, alors même que les contentieux envers cette ambivalente alliée se multiplient et qu’à Téhéran même, la pertinence et les gains d’un tel partenariat commencent à être questionnés. Cette stratégie méconnaît cependant les intentions de l’Iran, désormais attaché à diversifier ses relations, qui ne l’amèneront pas nécessairement à rompre avec la Russie pour prix d’un rapprochement avec l’Occident. Si les Occidentaux refusent donc de lever les sanctions stipulées dans l’accord de Vienne &#8211; alors même que leur statut de membre signataire du traité les y oblige – le risque est de nourrir l’argumentaire des ultra-conservateurs iraniens, qui y verront clairement une absence totale de volonté d’éviter la mort définitive du <em>JCPoA</em> et de proposer un texte alternatif ou transitoire. L&rsquo;Iran se sentant exonéré de tous ses engagements n&rsquo;en poursuivra que davantage ses programmes militaires, ce qui compromettrait ses efforts diplomatiques entrepris par ailleurs avec ses voisins du Moyen-Orient. Une telle décision de la part des Occidentaux pourrait donc entraîner un regain d&rsquo;instabilité dans la région. Ont-ils les moyens de l’assumer ?</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans L&rsquo;Atlantico du 23/07/2023.</strong></p>
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		<title>« La puissance turque est la conséquence de la faiblesse de l’Europe ». Entretien avec Ardavan Amir-Aslani</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 May 2023 15:13:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Revue Conflits]]></category>
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					<description><![CDATA[À moins d’une semaine de son élection présidentielle, la Turquie se trouve face à un tournant majeur de son histoire.<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-puissance-turque-est-la-consequence-de-la-faiblesse-de-leurope-entretien-avec-ardavan-amir-aslani/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 class="p1"><b>À moins d’une semaine de son élection présidentielle, la Turquie se trouve face à un tournant majeur de son histoire. Le règne de Recep Tayyip Erdogan a consisté en la critique de l’héritage kémaliste au profit d’un renouement avec le passé ottoman. Depuis, Ankara s’est éloignée des puissances occidentales et joue un jeu trouble dans la région, à l’équilibre fragile. Ardavan Amir-Aslani analyse les perspectives géopolitiques du régime d’Erdogan.</b></h4>
<p class="p1">Avocat au barreau de Paris, Ardavan Amir-Aslani enseigne la géopolitique du Moyen-Orient à l’École de guerre économique. Il a publié plusieurs essais sur les pays du Moyen-Orient, <i>Arabie Saoudite : de l’influence à la décadence</i> (Éditions l’Archipel), <i>Le Siècle des défis</i> (Éditions l’Archipel) et dernièrement, <a href="https://www.amazon.fr/Turquie-nouveau-califat-Ardavan-Amir-Aslani/dp/2809846529?keywords=ardavan+amir+aslani&amp;qid=1683710244&amp;sprefix=amir+asla,aps,112&amp;sr=8-1&amp;linkCode=sl1&amp;tag=jbnoefr-21&amp;linkId=7e0542229c77ad32960173dd156aaef6&amp;language=en_US&amp;ref_=as_li_ss_tl" target="_blank" rel="noopener"><i>La Turquie : nouveau califat ?</i></a> (Éditions l’Archipel).</p>
<p class="p1"><em>Propos recueillis par Valentin Schirmer</em>.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p class="p1"><b>Votre analyse s’articule autour de trois concepts clés qui définissent la vision politique qui prédomine depuis l’arrivée de Recep Tayyip Erdogan : le califat, le pantouranisme, et le néo-ottomanisme. Pouvez-vous expliciter ces concepts ?</b></p>
<p class="p1">Erdogan ne pense qu’à une seule chose : défaire ce qu’a fait <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mustafa_Kemal_Atat%C3%BCrk" target="_blank" rel="noopener">Atatürk</a>, à savoir une République moderne et laïque à l’européenne. Il souhaite revenir au passé, parce qu’il vit la réduction territoriale de ce que fut naguère l’Empire ottoman comme un traumatisme et une humiliation. Il ne perçoit donc le monde d’aujourd’hui qu’au regard de cet Empire ottoman disparu. Cela implique l’association des pouvoirs temporel et religieux.<span class="Apple-converted-space"> [&#8230;]</span></p>
<p><strong>Retrouvez la suite de l&rsquo;interview sur <a href="https://www.revueconflits.com/la-puissance-turque-est-la-consequence-de-la-faiblesse-de-leurope-entretien-avec-ardavan-amir-aslani/" target="_blank" rel="noopener">Conflits</a>. </strong></p>
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		<title>Dans le conflit ukrainien, le chantage énergétique russe à l’encontre de l’Europe n’a qu’une seule alternative : l’Iran</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/dans-le-conflit-ukrainien-le-chantage-energetique-russe-a-lencontre-de-leurope-na-quune-seule-alternative-liran/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jan 2022 11:37:42 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-14975 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/000_Nic6288219_96e621c22f.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Avec plus de 100,000 hommes amassés sur la frontière ukrainienne avec des divisions blindés et des lanceurs de missiles, la Russie est suffisamment armée pour procéder à une invasion intégrale de l’ensemble du territoire ukrainien. Il s’agit là de la plus grande concentration de troupes sur le sol européen depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. A un moment où la crise ukrainienne bat son plein, il est utile de s’interroger sur les marges dont disposent réellement l’occident face à Moscou et ses menaces d’invasions. S’il est vrai que les premiers pays intéressés par l’issue de cette situation belliqueuse sont les pays européens, cela n’empêche que, globalement et hormis quelques rares coups de fil entre Vladimir Poutine et les chefs d’Etat européens, les négociations se déroulent entre américains et russes. Pourtant, outre le fait que le conflit se passe sur le territoire européen, les premières victimes des sanctions que peuvent prendre les américains vont être ces mêmes européens.</p>
<p>En effet, la dépendance européenne envers la Russie, en ce qui concerne ses besoins gaziers et de manière générale ses besoins énergétiques est telle, que les membres de l’Union Européenne ont les pires difficultés pour parler d’une même voix. En effet, l’Europe dépend de la Russie à hauteur de plus de 40 pour cent de ses besoins gaziers. L’Allemagne, le plus dépendant énergiquement vis-à-vis de la Russie, ne cesse de temporiser le conflit tout en insistant auprès de Washington afin que soit épargné le projet de l’oléoduc gazier nord-stream 2 des sanctions que pourraient prendre les Etats-Unis à l’égard de Moscou.</p>
<div></div>
<p>La réalité est cependant autrement plus grave. Ainsi, à date d’aujourd’hui il n’y a aucune solution de remplacement pour le gaz russe.  Depuis quelques semaines déjà Washington essaie d’identifier des sources alternatives de remplacement du gaz russe en sollicitant autant ses propres producteurs que les producteurs étrangers. C’est donc sous cette optique qu’il convient d’appréhender la rencontre prévue lundi 31 janvier à la Maison Blanche entre le président américain et l’Emir du Qatar, le deuxième plus grand producteur de gaz liquéfié au Monde. Faire se déplacer l’Emir en Amérique est une indication suffisante pour expliquer le désarroi des américains face aux besoins énergétiques de l’Europe. La réalité est que le gaz n&rsquo;est plus disponible en abondance sur le marché. Son prix a d’ailleurs atteint un sommet historique.</p>
<p>En effet, toute la production du Qatar, qui est donc au maximum de sa capacité, est pré-vendue aux pays asiatiques dont le Japon ce qui explique que les qataris sont dans la quasi incapacité de livrer l’Europe. Il en va de même pour les producteurs américains qui pourront, au mieux, dégager un ou deux tankers de LNG, une quantité largement insuffisante pour répondre aux besoins des pays européens. En outre, les pays le plus dépendants du gaz russe sont ceux de l’Europe de l’est et de l’Europe central où la capacité de recevoir du gaz liquéfié est plus que limitée. En effet, la grande majorité des 28 infrastructures LNG en Europe capables de répondre au remplacement du gaz russe, et ce pour le cas où suffisamment de gaz pourraient y être acheminé, ce qui n’est absolument pas le cas pour le moment, sont situées en Europe occidentale. De plus, si du fait des sanctions américaines ou de sa propre initiative, la Russie cessait son approvisionnement de gaz vers l’Europe, d’autres matières de premières nécessités russes, telle que le pétrole, pourraient également être affectées. Ainsi la conjugaison des mesures de rétorsions américaines et le blocus énergétique de l’Europe par la Russie rendrait la situation intenable. En pareil cas, l’Europe gèlerait en cet hiver rude et le baril de pétrole passerait les 200 dollars sur les marchés internationaux !</p>
<p>Si, dans ce monde de conflit entre les Etats-Unis et la Chine et son allié russe, se pose la question fondamentale de l’indépendance énergétique de l’Europe, il n’y a, à terme, qu’une seule alternative, celle du gaz et du pétrole iranien. En effet, l’Iran recèle en son sein les 3e réserves pétrolières ainsi que les principales réserves gazières prouvées au monde, et ce devant la Russie et le Qatar.</p>
<p>C’est dire que l’issue de l’accord nucléaire avec l’Iran ne fait aucun doute…</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 30/01/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Aujourd&#8217;hui l&#8217;Europe n&#8217;est plus à même d&#8217;assoir sa souveraineté</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/aujourdhui-leurope-nest-plus-a-meme-dassoir-sa-souverainete/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jun 2021 13:46:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Radio]]></category>
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					<description><![CDATA[André Bercoff reçoit Ardavan Amir-Aslani, avocat au barreau de Paris, il enseigne la géopolitique du Moyen-Orient à l’Ecole de guerre<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/aujourdhui-leurope-nest-plus-a-meme-dassoir-sa-souverainete/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>André Bercoff reçoit Ardavan Amir-Aslani, avocat au barreau de Paris, il enseigne la géopolitique du Moyen-Orient à l’Ecole de guerre économique. Il est l&rsquo;auteur de « Le siècle des défis » aux Ed L’Archipel. Retrouvez sur interview sur la chaîne Sud Radio <a href="https://www.youtube.com/watch?v=KtMLHplbDV4" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La Turquie, un enjeu existentiel pour l&#8217;Europe et pour le monde arabo-musulman</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-turquie-un-enjeu-existentiel-pour-leurope-et-pour-le-monde-arabo-musulman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2020 07:51:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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					<description><![CDATA[Si vis pacem, para bellum ? Depuis le 10 août, les relations entre l&#8217;OTAN, l&#8217;Union européenne et la Turquie s&#8217;assombrissent de semaine<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-turquie-un-enjeu-existentiel-pour-leurope-et-pour-le-monde-arabo-musulman/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine lettrine"><em>Si vis pacem, para bellum ?</em> Depuis le 10 août, les relations entre l&rsquo;OTAN, l&rsquo;Union européenne et la Turquie s&rsquo;assombrissent de semaine en semaine, à tel point que l&rsquo;opinion s&rsquo;alarme d&rsquo;une possible guerre en Méditerranée orientale entre Athènes et Ankara. De fait, la Grèce a annoncé le 12 septembre son intention d&rsquo;acquérir dix-huit Rafale et leurs armements auprès de la France, une phase d&rsquo;armement et de modernisation de son aviation qui devrait lui donner un avantage certain sur l&rsquo;aviation militaire turque, affaiblie par un matériel vétuste et surtout par les purges consécutives au coup d&rsquo;Etat raté de 2016.</p>
<p>Emmanuel Macron pour sa part multiplie les menaces de sanctions à l&rsquo;égard de la Turquie. La France, qui avait échoué en juin dernier à monter une action européenne et apparaissait isolée sur le sujet, semble avoir enfin suscité l&rsquo;intérêt de ses voisins européens, comme l&rsquo;atteste le sommet Med7 qui réunissait les pays méditerranéens de l&rsquo;UE le 10 septembre à Ajaccio. « <em>La Turquie n&rsquo;est plus un partenaire dans la région</em> », constatait le président français, tandis que le Premier ministre grec Kyriados Mitsotakis résumait très clairement, dans une tribune parue dans Le Monde, le choix qui s&rsquo;impose désormais à l&rsquo;Europe : « <em>Si la Turquie refuse d’entendre raison d’ici là, je ne vois pas d’autre choix, pour mes collègues dirigeants européens, que d’imposer des sanctions significatives. Parce qu’il ne s’agit plus uniquement de solidarité européenne. Il s’agit de reconnaître que des intérêts vitaux – des intérêts européens stratégiques – sont désormais en jeu. Si l’UE veut exercer un véritable pouvoir géopolitique, elle ne peut tout simplement pas se permettre d’apaiser une Turquie belligérante.</em> » Que l&rsquo;on songe à cette époque pas si lointaine où la Turquie et l&rsquo;Union européenne négociaient son intégration, pour se figurer aujourd&rsquo;hui à quel point le divorce semble consommé entre ces deux puissances politiques&#8230;</p>
<p>Fidèle à son discours martial et sans filtre, Recep Tayyip Erdogan répond aux menaces par d&rsquo;autres menaces. « <em>Ne cherchez pas querelle à la Turquie !</em> », a-t-il averti. Mais que peut véritablement un pays qui souffre d&rsquo;une crise économique de plus en plus grave depuis deux ans, et s&rsquo;isole de ses voisins directs comme de la communauté internationale ? Pour autant, la fuite en avant dans laquelle Erdogan semble vouloir l&rsquo;entraîner ne diminue en rien sa capacité de nuisance sur tout le pourtour méditerranéen, et même au-delà. C&rsquo;est bien là que réside le défi géopolitique majeur de l&rsquo;Union européenne, et l&rsquo;urgence de considérer les motivations profondes de la Turquie afin de mieux y répondre.</p>
<p>Deux grandes questions motivent avant tout l&rsquo;agenda turc, et en premier lieu l&rsquo;indépendance énergétique. Disposant de très peu d&rsquo;énergies fossiles domestiques – elle importe près de 99% du gaz qu&rsquo;elle consomme, livré en majorité par la Russie – la Turquie se trouve néanmoins au cœur d&rsquo;un carrefour énergétique colossal, entre l&rsquo;Asie centrale, le Moyen-Orient et la Méditerranée orientale. Oléoducs et gazoducs transitent par son territoire pour acheminer les hydrocarbures vers l&rsquo;Europe, à l&rsquo;instar du Blue Stream construit sous la mer Noire et reliant la Russie et la Turquie. Aussi ses propres enjeux énergétiques – autonomie, développement de son secteur et revenus financiers issus de la taxation des hydrocarbures en transit – déterminent-ils une stratégie diplomatique expansionniste. L&rsquo;implication militaire de la Turquie, d&rsquo;abord dans le conflit syrien à partir de l&rsquo;été 2016, puis en Libye en soutien au Gouvernement d&rsquo;union nationale, lui ont ainsi permis de se replacer au centre du jeu géopolitique méditerranéen et de l&rsquo;utiliser à son profit. La signature fin novembre 2019 de l&rsquo;accord maritime turco-libyen – considéré comme illégal par la communauté internationale – donne déjà à la Turquie l&rsquo;accès à des zones économiques convoitées par la Grèce et Chypre, mais également par l&rsquo;Egypte et Israël, pour y mener des explorations gazières. Ankara est entrée par ailleurs en pourparlers avec Tripoli pour mener des explorations pétrolières en Libye, qui dispose des plus vastes ressources d&rsquo;Afrique, de surcroit d&rsquo;excellente qualité. Il paraît ainsi évident qu&rsquo;en contrôlant les ressources d&rsquo;hydrocarbures libyennes et méditerranéennes, la Turquie changerait radicalement son poids géoéconomique dans la région.</p>
<p>Le second axe de la diplomatie turque concerne la conquête d&rsquo;une légitimité politico-religieuse au Moyen-Orient. Erdogan vise à imposer la Turquie comme une alternative politique crédible aux pouvoirs traditionnels du monde arabo-musulman – notamment la monarchie wahhabite des Saoud et la République islamique chiite iranienne – à destination des peuples musulmans, humiliés tant par l&rsquo;Occident que par des régimes jugés corrompus et indignes. Ce contre-modèle s&rsquo;inspire directement de l&rsquo;islam politique des Frères musulmans, où la légitimité, contrairement au système pyramidal de la monarchie saoudienne, provient du processus électoral et de l&rsquo;expression populaire. A travers un néo-ottomanisme mâtiné de nostalgie pour les heures de gloire de la Sublime Porte et de nationalisme, Erdogan cherche ainsi à redonner à la Turquie le prestige culturel et le leadership du monde arabo-musulman qu&rsquo;elle aurait perdus à la chute du Califat. Toutes ses décisions fortement symboliques qui convertissent des lieux classés au Patrimoine mondial de l&rsquo;humanité en mosquées, à l&rsquo;instar de la basilique Hagia Sophia d&rsquo;Istanbul, vont dans ce sens.</p>
<p>Cette « croisade » politique se heurte directement à la propre démarche de l&rsquo;Iran, une puissance véritablement rivale au Moyen-Orient, qui possède malgré son identité chiite une crédibilité à la résonnance particulière au sein du monde musulman. Elle menace également le monopole religieux détenu par la monarchie saoudienne gardienne des Lieux saints, que la Turquie ne serait pas fâchée de transformer en zone internationale représentative de tous les courants de l&rsquo;Islam, et « défendue » par les principales puissances musulmanes. A cet égard, le fait que l&rsquo;Egypte, première nation arabe en termes culturel, historique et démographique, devienne une puissance de plus en plus écartée des grandes négociations diplomatiques pose un problème certain pour tempérer la recherche de puissance de la Turquie au Moyen-Orient.</p>
<p>Les conséquences de cet activisme politique protéiforme ne cessent de s&rsquo;accumuler et les tensions s&rsquo;aggravent, y compris avec les alliés directs de la Turquie. La Russie entretient ainsi un rapport de plus en plus ambigu avec une partenaire qui dépend d&rsquo;elle, mais qui concurrence aussi ses intérêts sur le pourtour méditerranéen et en Syrie. Pour les Européens et l&rsquo;OTAN, elle est un allié de plus en plus problématique, qui s&rsquo;autorise à acquérir un système anti-aérien russe potentiellement menaçant pour les intérêts de l&rsquo;Alliance atlantique, mais instrumentalise aussi la gestion des flux migratoires en provenance de Syrie – près de 4 millions de réfugiés syriens, irakiens et afghans vivent sur son territoire – et désormais d&rsquo;Afrique subsaharienne depuis qu&rsquo;elle contrôle le verrou libyen, ce qui paralyse de fait toute prise de décision radicale à son égard.</p>
<p>Un changement de paradigme doit présider au traitement de la question turque, qui représente déjà une menace existentielle pour les Européens sous de nombreux aspects. Certes, les choix géopolitiques de la Turquie interrogent fortement son maintien dans l&rsquo;OTAN. Cependant, son exclusion de l&rsquo;Alliance atlantique, après l&rsquo;échec de son intégration à l&rsquo;Union européenne, lèverait à ses yeux toutes les ambiguïtés persistantes et ne ferait qu&rsquo;imposer davantage Erdogan en chef d&rsquo;un front anti-occidental plus virulent que jamais.</p>
<p>Aussi, au-delà des affrontements verbaux, les dirigeants de l&rsquo;Union européenne gagneraient avant tout à réactiver l&rsquo;effort diplomatique pour la pousser à clarifier une politique depuis longtemps marquée par la duplicité. L&rsquo;issue de cette réflexion déterminera si les Européens ont enfin pris la mesure du risque qui pèse sur l&rsquo;équilibre de l&rsquo;Europe, mais aussi du Moyen-Orient.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 27/09/2020.</strong></p>
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		<title>Europe: pour une redéfinition de sa stratégie diplomatique et militaire</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/europe-pour-une-redefinition-de-sa-strategie-diplomatique-et-militaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2020 08:39:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Découvrez l&#8217;article d&#8217;Ardavan Amir-Aslani sur le magazine l&#8217;Opinion.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Découvrez l&rsquo;article d&rsquo;Ardavan Amir-Aslani sur le magazine <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/09/LOpinion.pdf" target="_blank" rel="noopener">l&rsquo;Opinion</a>.</p>
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		<title>La crédibilité de l’Europe passera par une redéfinition de sa stratégie diplomatique et militaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Jul 2020 14:31:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Objet politique particulièrement central pour l’Europe et ses voisins, la Méditerranée est depuis plusieurs mois, singulièrement depuis ces dernières semaines, le théâtre<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-credibilite-de-leurope-passera-par-une-redefinition-de-sa-strategie-diplomatique-et-militaire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Objet politique particulièrement central pour l’Europe et ses voisins, <a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/moments-verite-dans-rapport-force-international-chronique-frederic-219943" target="_blank" rel="noopener">la Méditerranée</a> est depuis plusieurs mois, singulièrement depuis ces dernières semaines, le théâtre sur lequel l’impuissance des uns se heurte de plein fouet à l’ambition des autres. A la fois frontière naturelle entre le Nord et le Sud, le monde européen et le monde arabe, la chrétienté et l’islam, cette mer chargée de fortes représentations géopolitiques a vu s’intensifier, début juin, <a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/turquie-france-suspend-participation-a-l-operation-navale-l-otan-219461" target="_blank" rel="noopener">les tensions de longue date entre la Turquie et la France</a>.</p>
<p>Le 10 juin, la frégate française <em>Courbet,</em> qui opérait en Méditerranée orientale dans le cadre de la mission de l’OTAN <em><span class="DiagPlWs_error">Sea</span> Guardian</em> pour le respect de l’embargo sur les armes à destination de la Libye, a été mise en joue par des frégates turques accompagnant un cargo battant pavillon tanzanien vers Tripoli. Cette version des faits, française, est démentie par Ankara. Les circonstances de l’affrontement furent donc suffisamment floues pour susciter une enquête, puis un rapport « hautement classifié » à l’OTAN et actuellement examiné par le comité militaire de l’Alliance atlantique.</p>
<p>Dans l’attente d’obtenir des « réponses » à ses demandes sur le comportement de la Turquie, pourtant allié de la France et des autres membres de l’OTAN, Paris a décidé <a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/turquie-france-suspend-participation-a-l-operation-navale-l-otan-219461" target="_blank" rel="noopener">– comme l’a révélé l’Opinion –</a> de suspendre sa participation à la mission de sécurité maritime de l’organisation, jugeant malsain « de maintenir des moyens dans une opération censée, parmi ses différentes tâches, contrôler l’embargo avec des alliés qui ne le respectent pas ». L’argument s’entend parfaitement. Néanmoins, en matière de communication, la décision a de quoi surprendre. Outre qu’elle semble donner un blanc-seing aux agissements de la Turquie en Méditerranée orientale, elle dénote un terrible aveu de faiblesse de la part des Européens.</p>
<p><span class="wysiwyg_format--intertitre">Suspicions.</span> Bien qu’elles aient multiplié les désaccords, les suspicions, et les frictions diplomatiques au cours des trois dernières années, la France et la Turquie pourraient partager un même constat : tétanisé face à un problème turc de plus en plus manifeste,<a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/puissances-moyennes-europeennes-peuvent-elles-se-reinventer-politique-219006" target="_blank" rel="noopener"> l’OTAN </a>semble effectivement en état de « mort cérébrale », comme l’avait souligné Emmanuel Macron lors de son interview à <em>The Economist </em>en novembre 2019. Cependant, les deux pays réagissent fort différemment face à cette situation.</p>
<p>Motivée par son propre agenda expansionniste et la volonté d’un président tout acquis à une forme d’islam politique pour le moins réactionnaire, la Turquie profite largement de l’immobilisme de l’Alliance atlantique, faisant fi aussi bien des mises en garde que des éventuelles approbations, et fait délibérément passer ses engagements en tant qu’allié au second plan.</p>
<p class="wysiwyg_format--exergue">Depuis l’enlisement des négociations visant à intégrer le pays au sein de l’Union européenne, la Turquie est une épine de plus en plus douloureuse dans le pied de l’Europe</p>
<p>La France pour sa part espérait encore monter un front au sein de l’OTAN contre cet allié devenu embarrassant. Mais le maigre soutien qu’elle y a obtenu – seuls 8 pays sur 30 l’ont suivie dans sa démarche – démontre de manière éloquente à la fois son isolement diplomatique, mais aussi l’absence de volonté politique et de cohésion au sein de l’organisation militaire. De longue date, la France se veut moteur d’une « Europe de la Défense », de concert avec l’Allemagne. Mais à quoi bon siéger au Conseil de Sécurité et disposer de l’un des plus importants budgets consacrés à la défense en Europe (37,5 milliards d’euros en 2020) pour finalement fuir ses responsabilités en suspendant sa participation à une opération de sécurité de première importance ? La France se donne-t-elle seulement les moyens de s’imposer ? Son choix stratégique suite à l’incident du 10 juin permet d’en douter.</p>
<p>Depuis l’enlisement des négociations visant à intégrer le pays au sein de l’Union européenne, la Turquie est une épine de plus en plus douloureuse dans le pied de l’Europe. L’échec du coup d’Etat de 2016 a renforcé l’autoritarisme du président Erdogan et plus particulièrement son durcissement contre l’Occident, qui plaît à sa base électorale. La toute récente décision d’une Cour de Justice turque rendant possible <a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/turquie-erdogan-a-retabli-decret-statut-mosquee-sainte-sophie-d-220329" target="_blank" rel="noopener">la transformation en mosquée de l’église byzantine Sainte Sophie</a>, convertie en musée par la volonté d’Atatürk, et ce au risque de vives tensions avec les chrétiens à travers le monde, n’en est que le dernier exemple. Sur le terrain géopolitique, la Turquie use abondamment du chantage avec l’Union européenne sur la question des six millions de réfugiés syriens résidant dans le pays. Ce faisant, elle protège ainsi son propre expansionnisme et consolide en toute impunité sa présence en Syrie et en Libye, autre verrou capital de régulation des flux migratoires venant, cette fois, d’Afrique subsaharienne.</p>
<p><span class="wysiwyg_format--intertitre">Habitude.</span> Malgré tous les risques qu’elle implique pour l’équilibre du Moyen-Orient, cette stratégie agressive ne rencontre aucun obstacle de la part de ses propres alliés. Qu’en conclure, hormis que le rapport de force s’est inversé ? Aujourd’hui, le pouvoir ne revient pas à celui qui dispose de la force militaire la plus puissante, ou de la politique la plus intelligente, mais bien à celui qui est le plus disposé à assumer le coût, financier et surtout humain, d’un conflit. A ce jeu, les Turcs sont passés maîtres en Méditerranée, tandis que l’Europe capitule. Cette absence de réaction, qui la fragilise profondément sur le plan diplomatique, semble être devenue une sorte d’habitude que l’on observe sur de très nombreux dossiers géostratégiques de premier plan, où son effacement est habilement exploité par ses rivaux moins scrupuleux.</p>
<p>Il est donc plus que temps de sortir de cette « léthargie stratégique » soulignée par <a href="https://www.lopinion.fr/edition/international/il-faut-reinventer-nos-rapports-russie-plaide-hubert-vedrine-195093" target="_blank" rel="noopener">l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine</a>, comme il est urgent d’acter le fait que les Etats-Unis, enfermés dans leur isolationnisme, et l’OTAN, objet politique de plus en plus incohérent et inefficace, ne souhaitent plus ou n’ont plus les moyens d’assurer la défense de l’Europe. Cette mission, désormais, lui revient de plein droit.</p>
<p>La gestion de la pandémie de Covid-19 a été l’occasion pour les Européens de comprendre que la solidarité et les stratégies de coopération souveraines pouvaient répondre efficacement aux défis imposés, et singulièrement celui d’organiser cette « Europe de la Défense ». Cela passera naturellement par le renforcement du fonds européen de défense et la multiplication de projets de coopération industriel et technologique, de façon à bâtir une véritable autonomie stratégique. Mais ce nouveau projet ne saurait faire l’économie d’une stratégie diplomatique renouvelée. L’Europe ne doit plus se considérer comme le simple lieutenant des Etats-Unis, mais comme une entité politique indépendante, volontaire, et surtout crédible.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Opinion du 29/07/2020.</strong></p>
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		<title>Ardavan Amir-Aslani, interviewé par TV5Monde</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-interviewe-par-tv5monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 18:02:58 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[INSTEX]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 31 mars 2020, Berlin, Londres et Paris ont annoncé avoir réalisé la première transaction avec l&#8217;Iran en utilisant le mécanisme<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-interviewe-par-tv5monde/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 31 mars 2020, Berlin, Londres et Paris ont annoncé avoir réalisé la première transaction avec l&rsquo;Iran en utilisant le mécanisme de troc INSTEX leur permettant de contourner les sanctions américaines. Un <em>« bon présage »</em> mais qui reste <em>« insuffisant »</em> pour les autorités iraniennes. Entretiens réalisés séparément avec François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran et Ardavan Amir-Aslani, avocat d’affaires franco-iranien.</p>
<p>Officiellement, ce premier échange concerne du matériel médical, sans plus de précisions. Mais selon plusieurs sources, la vente concernerait des tests sanguins provenant d’un laboratoire allemand privé pour une somme d’environ 500 000 euros.</p>
<p>Décryptage de cette opération inédite avec François Nicoullaud, analyste politique et ancien ambassadeur français en Iran et Ardavan Amir-Aslani, avocat d’affaires franco-iranien et spécialiste du Moyen-Orient.</p>
<p><strong>TV5MONDE : Lundi</strong><strong> </strong><strong>6 avril</strong><strong>, </strong><strong>dans un entretien téléphonique avec son homologue français</strong><strong> </strong><strong>Emmanuel Macron</strong><strong>,</strong><strong> </strong><strong>le président iranien Hassan Rohani </strong><strong>a qualifié la première activation d’INSTEX de « bon présage » mais</strong> <strong>« insuffisant ». Qu’en pensez-vous ? </strong></p>
<div><strong>F</strong><strong>rançois </strong><strong>Nicoullaud : </strong>C’est une opération de l’ordre du symbole. C’est bien, mais ça ne résout pas les problèmes posés par les sanctions américaines. Pour qu’INSTEX puisse se développer et apporter un véritable flux constant d’oxygène à l’économie iranienne, il faudrait que les Européens achètent du pétrole iranien. Or, aucune des sociétés de raffinage ou de grandes sociétés pétrolières européennes n&rsquo;ose prendre le risque de se fâcher avec les Américains.</div>
<p>​</p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani </strong>: Cela me fait penser à la pièce de Shakespeare « <em>B</em><em>eaucoup de bruits pour rien</em> ». Il s’agit davantage de rhétorique et de propagande que d’une mesure concrète. Les Européens n’ont pas fourni la liste exacte des équipements qu’ils ont envoyés mais il faut savoir que la loi américaine autorise bien l’exportation de médicaments et de la plupart des équipements médicaux vers l’Iran, pour des raisons humanitaires, à hauteur de 500.000 dollars.</p>
<p>Cette transaction-là, semble-t-il, concerne effectivement des médicaments et des équipements médicaux pour une somme avoisinant les 500.000 dollars (un dollar américain= 0,91 euros). Donc pourquoi passer par INSTEX ?</p>
<p>Retrouvez la suite de l&rsquo;interview sur <a href="https://information.tv5monde.com/info/iran-activation-d-instex-l-europe-n-pas-retrouve-la-souverainete-necessaire-pour-dire-non-aux" target="_blank" rel="noopener">TV5Monde</a>.</p>
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		<title>Pourquoi l’Europe n’a pas les moyens de contrecarrer les États-Unis sur l’Iran</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Nov 2018 18:39:02 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Toutes les pistes possibles pour contourner les sanctions économiques américaines se sont soldées par un échec. Depuis l’annonce des États-Unis<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-leurope-na-pas-les-moyens-de-contrecarrer-les-etats-unis-sur-liran/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Toutes les pistes possibles pour contourner les sanctions économiques américaines se sont soldées par un échec.</p>
<p>Depuis l’annonce des États-Unis qu’ils se retiraient de l’accord de Vienne, force est de constater que les Européens ont fait preuve de bonne volonté pour tenter de maintenir cet accord et de ne pas abandonner l’Iran à son triste sort, fait de sanctions internationales et d’une aggravation de la crise économique qui frappe déjà durement le pays depuis plusieurs années.</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;article sur <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/pourquoi-leurope-na-pas-les-moyens-de-contrecarrer-les-etats-unis-sur-liran-66074/" target="_blank" rel="noopener">Le Nouvel Economiste</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;Europe face à l&#8217;extraterritorialité des sanctions américaines</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/leurope-face-a-lextraterritorialite-des-sanctions-americaines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Nov 2018 13:23:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[sanctions américaines]]></category>
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					<description><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani, invité de l’Institut Meydane et des associations Meydane Panthéon-Sorbonne, Meydane Cergy-Pontoise et Meydane Sciences Po en partenariat avec<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/leurope-face-a-lextraterritorialite-des-sanctions-americaines/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir-Aslani, invité de l’Institut Meydane et des associations Meydane Panthéon-Sorbonne, Meydane Cergy-Pontoise et Meydane Sciences Po en partenariat avec Thinkestan, a participé à une conférence traitant la question de l&rsquo;<a href="http://thinkestan.org/2019/01/22/leurope-face-a-lextraterritorialite-des-sanctions-americaines-contre-liran-un-defi-pour-leurope/" target="_blank" rel="noopener">extraterritorialité du droit américain</a> et plus précisément la place que peut occuper l&rsquo;Europe face aux sanctions unilatérales américaines.</p>
<p><img decoding="async" class=" wp-image-1968 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2018/11/46187164_2250072235269345_5185981140845985792_o-1200x675-300x169.jpg" alt="" width="455" height="264" /></p>
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