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	<title>Emirats Arabes Unis &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Cette guerre du Soudan qui n’en finit pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2025 09:14:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis plus de deux ans, la guerre entre les FAS (Forces armées soudanaises), armée régulière soudanaise menée par le général<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus de deux ans, la guerre entre les FAS (Forces armées soudanaises), armée régulière soudanaise menée par le général Al-Bourhane, et les FSR (Forces de soutien rapide), milice paramilitaire du général Mohamed Hamdan dit Hemetti, ravage le Soudan dans l’indifférence générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au carrefour du Sahel et de la Corne de l’Afrique, ce pays riche en ressources et stratégique grâce à son littoral de 800 km sur la mer Rouge est malmené par les puissances étrangères, en dépit du tragique bilan humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, un soulèvement populaire renverse la dictature d’Omar El-Béchir. Après une courte tentative de transition politique, l’armée régulière dirigée par le général Abdel Al-Bourhane et les FSR, milice issue des Janjawids qui ont participé au génocide du Darfour en 2003, fomentent un putsch en octobre 2021. Mais, dès avril 2023, cette alliance est rompue et dégénère en guerre civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partition en germe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début du conflit, les FSR ont progressé à une vitesse fulgurante et se sont emparées de Khartoum, obligeant l’armée régulière à se retrancher à Port Soudan et à y transférer toutes les institutions. Cependant, au terme de lourdes offensives menées depuis septembre, le général Al-Bourhane a revendiqué le 26 mars 2025 la libération de la capitale et a réinvesti le palais présidentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dorénavant, les FSR sont concentrées au sud et à l’ouest du pays, dans la région du Darfour, où elles sont accusées par le département d’État américain de mener des actes génocidaires, tandis que les FAS, auxquelles on reproche des crimes de guerre, contrôlent le nord et l’est du pays, faisant craindre une nouvelle partition du Soudan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la guerre des drones a étendu le champ des combats. Début mai, des attaques aériennes ont frappé des infrastructures stratégiques de Port Soudan, capitale de facto par laquelle transite l’aide humanitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats en soutien à la milice des FSR</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à ces attaques, l’armée régulière soudanaise a immédiatement rompu le peu de relations diplomatiques qui lui restait avec les Émirats arabes unis (EAU), qu’elle a qualifiés d’“État agresseur”. Depuis le début du conflit, Khartoum accuse l’émirat de soutenir militairement les FSR en les approvisionnant via son allié tchadien, en contrepartie de quoi Abu Dhabi profiterait du pillage des ressources aurifères organisé par les miliciens d’Hemetti. En dépit des rapports onusiens et des sanctions américaines prononcées contre plusieurs entreprises basées aux Émirats et accusées de violer l’embargo sur les armes au Darfour, Abu Dhabi continue de nier fermement ces allégations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les FAS peuvent compter sur le soutien de la Turquie et de l’Iran qui l’approvisionnent en drones, et sur l’Égypte en matière de renseignement, qui, partageant sa frontière avec l’État soudanais, redoute l’extension du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces sur la mer Rouge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le déplacement des combats à Port Soudan, ville côtière de la mer Rouge, inquiète de plus en plus les puissances avoisinantes qui voient leurs intérêts menacés. Large de seulement 300 kilomètres maximum, la mer Rouge, par laquelle transitent plus de 12 % du commerce mondial de marchandises, est un axe maritime cardinal. Alors que les attaques des Houthis ont révélé les coûts exorbitants et les retards significatifs du détournement des navires de leur itinéraire, l’extension du conflit soudanais préoccupe la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Moscou est parvenu, en février dernier, à décrocher auprès des autorités soudanaises un accord de principe pour l’établissement d’une base militaire à Port Soudan, anticipant une éventuelle perte de ses bases syriennes de Tartous et Hmeimim compte tenu de la chute de son allié Bachar al-Assad, les récentes attaques ont révélé la volatilité de la situation, mettant à mal les ambitions russes.<br>De son côté l’Arabie saoudite espère relancer le processus de Djeddah qu’elle avait parrainé en 2023, afin d’obtenir enfin l’accalmie régionale dont elle a impérativement besoin pour mener à bien ses ambitions économiques post-pétrole et ses projets touristiques sur la mer Rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident tente la réconciliation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’aggravation de la situation humanitaire, avec 150 000 victimes depuis avril 2023, plus de 12 millions de déplacés et la moitié de la population au bord de la famine, a conduit à la tenue d’une conférence à Londres le 15 avril dernier. À l’initiative du Royaume-Uni, de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et de l’Union africaine, celle-ci a réuni 14 pays, dont l’Arabie saoudite et les États-Unis, pour dégager une première manne financière de 800 millions de dollars et tenter de trouver un chemin de réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le général Al-Bourhane a fustigé cette tendance de l’Occident à renvoyer dos à dos l’armée régulière et les paramilitaires. Le chef des Forces armées soudanaises a multiplié les déplacements à l’étranger – en Arabie saoudite en mars, en Égypte et Turquie en avril – afin de consolider ses alliances stratégiques dont il a impérativement besoin pour faire pression sur les EAU s’il veut, à terme, négocier une sortie de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas-125970/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas-125970/">Le nouvel Economiste</a> le 05/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;©SIPA</p>
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		<title>La politique étrangère du Pakistan en équilibre instable</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-politique-etrangere-du-pakistan-en-equilibre-instable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 May 2022 09:30:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Pakistan]]></category>
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					<description><![CDATA[Jamais aucun Premier ministre pakistanais n’aura fini son mandat, et Imran Khan n’aura pas dérogé à la règle. Bien qu’il<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-politique-etrangere-du-pakistan-en-equilibre-instable/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-17202 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/05/Pakistan-1.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Jamais aucun Premier ministre pakistanais n’aura fini son mandat, et Imran Khan n’aura pas dérogé à la règle. Bien qu’il ait sans doute été le plus médiatique à ce poste depuis Zulfikar Ali Bhutto dans les années 1970, l’ancien champion de cricket a finalement été évincé par une motion de censure votée au Parlement en avril dernier. Même si de nombreux intellectuels et analystes estiment que son renvoi est injuste, voire commandité par “des influences extérieures”, son avenir politique reste hypothétique.</p>
<p>Pourtant, bien que populiste, Imran Khan restera sans doute l’un des Premiers ministres les plus véritablement engagés à défendre les dossiers prégnants du monde musulman. Ainsi, en quatre ans de mandat, il ne se sera rendu que deux fois en Occident, consacrant l’essentiel de son temps aux questions propres à la géopolitique du Moyen-Orient et de l’Asie du sud.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les soutiens de Khan, et lui-même, évoquent un complot américain pour expliquer sa chute. Mais l’ancien Premier ministre posait surtout de multiples problèmes aux Saoudiens et aux Émiratis”</p>
<p>En vérité, Imran Khan dérangeait, notamment l’armée pakistanaise, consciente de l’importance des relations entre le Pakistan et l’Occident, son principal marché d’exportation, ainsi qu’avec la Chine sur le plan financier et stratégique face à l’Inde. Les soutiens de Khan, et lui-même, évoquent un complot américain pour expliquer sa chute. Mais l’ancien Premier ministre posait surtout de multiples problèmes aux Saoudiens et aux Émiratis. À cet égard, il n’est guère étonnant que les Frères musulmans, dont l’islam politique basé sur un système démocratique s’oppose en tout point à la monarchie absolue saoudienne, soutiennent Khan et comparent son éviction à celle de Mohammed Morsi en Égypte.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Des relations compliquées avec l’Arabie saoudite et les Émirats</strong></h4>
<p>Bailleurs de fonds du Pakistan et s’ingérant régulièrement dans sa vie politique, les deux pétromonarchies n’ont jamais vraiment caché leur mépris envers le “pays des Purs” qui ne s’est pas engagé dans leur guerre au Yémen mais profite volontiers de leur diplomatie du portefeuille, et leur méfiance envers une république islamique forte de 220 millions d’habitants, donc une rivale sérieuse pour le leadership du monde musulman. Khan, précisément, s’est montré sans doute un peu trop critique envers le silence coupable de Riyad et Dubaï face à la situation du Cachemire depuis août 2019, ou sur le conflit israélo-palestinien, au point de vouloir mettre en œuvre une vaste coalition des principales puissances musulmanes du monde asiatique. Ce procès en illégitimité n’a jamais été bien accueilli, et on se souvient du chantage exercé par Riyad sur Imran Khan lorsque celui-ci avait souhaité se rendre au sommet “anti-saoudien” à Kuala Lumpur en décembre 2019, qui réunissait l’Iran, la Turquie, le Qatar et la Malaisie pour évoquer les défis du monde musulman.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les deux pétromonarchies n’ont jamais vraiment caché leur méfiance envers une république islamique, une rivale sérieuse pour le leadership du monde musulman. C’est enfin le rapprochement délibéré avec l’Iran que les deux pétromonarchies n’ont pas pardonné à Imran Khan”</p>
<p>C’est enfin le rapprochement délibéré avec l’Iran que les deux pétromonarchies n’ont pas pardonné à Imran Khan. Tant géographiquement que culturellement, il semble pourtant plus logique pour Islamabad de prendre appui sur la République islamique qui, bien que sous sanctions, reste l’autre véritable puissance de la région, dépositaire de vastes réserves d’hydrocarbures. Téhéran est en outre plus indiqué pour traiter les problématiques liées à l’Afghanistan et au terrorisme des talibans pakistanais, que deux États d’obédience wahhabite ou assimilés qui soutiennent de longue date, à la fois financièrement et idéologiquement, les mouvances salafistes à travers le monde musulman. C’est un fait avéré que dès les années 1960, l’islam imprégné de soufisme du Pakistan a été nettement corrompu par la manne financière saoudienne destinée aux madrasas les plus rigoristes, et à l’esprit très éloigné de la culture initiale du pays.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le retour du statu quo des relations arabo-pakistanaises</strong></h4>
<p>Pour les pétromonarchies arabes du golfe Persique, le départ d’Imran Khan au profit de Shehbaz Sharif, chef de la Ligue musulmane et frère de l’ancien Premier ministre Nawaz Sharif, est une excellente nouvelle qui rétablira le statu quo dans lequel demeuraient jusqu’à présent les relations arabo-pakistanaises. La famille Sharif est en effet très proche des Saoudiens, et le nouveau Premier ministre n’a jamais manqué de critiquer les velléités d’indépendance diplomatique de son prédécesseur, ainsi que les tensions avec Riyad. Cohérent, il réservera donc sa première visite officielle à l’étranger au royaume saoudien. Regagner l’amitié de l’Arabie saoudite apparaît en effet d’autant plus nécessaire que le nouveau chef du gouvernement a devant lui de nombreux challenges économiques et financiers qui se greffent sur l’éternelle instabilité politique du pays. Le Pakistan compte en effet une dette de plus de 100 milliards de dollars et verse près de 14 milliards par an en remboursement des prêts contractés auprès des institutions monétaires internationales.</p>
<p class="mise_en_avant">“Regagner l’amitié de l’Arabie saoudite apparaît d’autant plus nécessaire que le nouveau chef du gouvernement a devant lui de nombreux challenges économiques et financiers qui se greffent sur l’éternelle instabilité politique du pays”</p>
<p>Mais l’équilibre demeure la clé de la politique étrangère du Pakistan, et sa meilleure assurance pour faire face à ses propres défis intérieurs. Le travail accompli sous Imran Khan ne pourra pas être défait. Le Pakistan est une puissance nucléaire qui a le potentiel pour s’imposer en Asie, à condition de bien choisir ses amis et de se rapprocher de ceux qui lui sont culturellement proches. Trouver d’autres bailleurs de fonds reste donc possible, voire même indispensable à la sauvegarde des intérêts nationaux du pays.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 03/05/2022.</strong></p>
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			</item>
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		<title>Rapprochement Émirats arabes unis &#8211; Israël: historique mais fragile</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/rapprochement-emirats-arabes-unis-israel-historique-mais-fragile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 15:29:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Emirats Arabes Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Naftali Bennett, Premier ministre israélien, s’est rendu en décembre dernier aux Émirats arabes unis pour la première fois, marquant ainsi<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/rapprochement-emirats-arabes-unis-israel-historique-mais-fragile/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-14831 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/emirats-arabes-unis-israel-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/emirats-arabes-unis-israel-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/emirats-arabes-unis-israel-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/01/emirats-arabes-unis-israel-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Naftali Bennett, Premier ministre israélien, s’est rendu en décembre dernier aux Émirats arabes unis pour la première fois, marquant ainsi un tournant dans les relations diplomatiques entre l’État hébreu et la monarchie du golfe Persique.</p>
<p>Lors de sa visite, le Premier ministre israélien s’est entretenu avec le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, dit “MBZ”. Cette rencontre a été faite dans la discrétion, aucun communiqué officiel n’ayant été diffusé. L’explication réside dans le fait qu’une grande partie de la population des Émirats demeure hostile à la normalisation ainsi qu’au développement des relations entre Israël et les Émirats arabes unis.</p>
<p class="mise_en_avant">“Cette rencontre a été faite dans la discrétion. L’explication réside dans le fait qu’une grande partie de la population des Émirats demeure hostile à la normalisation ainsi qu’au développement des relations entre Israël et les Émirats arabes unis”</p>
<p>Les deux dirigeants ont échangé sur l’approfondissement des relations entre les deux pays qui a été initié par la normalisation des relations dans le cadre des accords d’Abraham en 2020. En effet, en septembre 2020, sous l’impulsion de Donald Trump, président en fonction à l’époque, les Émirats arabes unis et Bahreïn avaient normalisé officiellement leurs relations avec Israël, devenant ainsi les premiers pays arabes du golfe Persique à le faire. Les accords d’Abraham avaient également acté la normalisation des relations avec le Maroc et le Soudan. Ils ont à ce titre été perçus par la Palestine comme une trahison puisque jusque-là, la résolution du conflit israélo-palestinien était une condition sine qua non à toute discussion autour de la normalisation des relations entre les pays arabes et Israël. D’autres progrès diplomatiques avaient été faits en 2020, avec notamment l’inauguration d’une ambassade d’Israël à Abou Dhabi et d’un consulat à Dubaï, puis inversement, d’une ambassade des Émirats arabes unis à Tel-Aviv.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Coopération économique bien lancée</strong></h4>
<p>Déterminés à améliorer la coopération dans tous les domaines, le Premier ministre israélien et le prince héritier émirati ont également évoqué les enjeux économiques et régionaux. Résolument tournés vers une diversification de leur économie afin de réduire leur dépendance aux ressources pétrolières, les responsables émiratis considèrent qu’Israël, qui a une économie sophistiquée, peut les aider.</p>
<p class="mise_en_avant">“Résolument tournés vers une diversification de leur économie afin de réduire leur dépendance aux ressources pétrolières, les responsables émiratis considèrent qu’Israël, qui a une économie sophistiquée, peut les aider”</p>
<p>C’est dans cette dynamique qu’une soixantaine de protocoles d’accords dans les secteurs du commerce, de la recherche et du développement, de la cybersécurité, de la santé, de l’éducation et de l’aviation ont été signés avec Israël depuis la normalisation. Un accord de libre-échange en 2022 serait même sur la table. Naftali Bennett a souligné lors de sa visite officielle, le potentiel “illimité” des relations commerciales entre l’État hébreu et la monarchie du Golfe. En 2021, les échanges bilatéraux ont atteint près de 900 millions de dollars.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Divergence de vues sur le nucléaire iranien</strong></h4>
<p>La rencontre a ainsi confirmé la volonté des deux pays de consolider leur partenariat économique. Toutefois, cette entente est parasitée par les positions divergentes des deux États sur les questions de sécurité régionale, et particulièrement sur la question du nucléaire iranien. En effet, autrefois liés par une animosité commune envers l’Iran, les deux pays ne semblent plus s’entendre sur cette question. Bennett, comme ses prédécesseurs, a fait de la question de l’enrichissement nucléaire iranien une priorité de sa politique étrangère et a vivement critiqué l’orientation des négociations reprises récemment entre Téhéran et les grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni) pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien.</p>
<p class="mise_en_avant">“Autrefois liés par une animosité commune envers l’Iran, les deux pays ne semblent plus s’entendre sur cette question”</p>
<p>Les Émirats arabes unis, quant à eux, semblent avoir changé leur fusil d’épaule et souhaitent aujourd’hui rechercher la paix avec l’Iran, mais également avec la Turquie, et ce malgré l’existence de profonds désaccords idéologiques. Les visites récentes du conseiller émirati à la sécurité nationale à Téhéran et de MBZ en Turquie vont dans ce sens.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Les Émirats soucieux de paix régionale après le départ américain</strong></h4>
<p>Le désengagement des Émirats dans les problèmes de sécurité régionale au cours des dernières années s’explique en outre par la conviction des responsables émiratis qu’il est nécessaire de maintenir la diplomatie avec Téhéran, sous peine de se retrouver pris au piège d’une confrontation militaire entre l’Iran et Israël.</p>
<p>Par ailleurs, le désengagement des États-Unis au Moyen-Orient au profit d’une concentration des moyens vers la Chine, pousse les monarchies du Golfe telles que les Émirats à diversifier les possibilités commerciales en préparation de l’ère post-pétrolière, et ce en évitant au maximum les conflits avec ses voisins. En plus de la question du nucléaire iranien, les Émirats doivent également gérer une des conséquences militaires des accords d’Abraham. Des missiles lancés par les rebelles yéménites suite aux frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre Sanaa, la capitale contrôlée par les rebelles houthis, ont récemment été interceptés, pour partie, par Abou Dhabi.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les Émirats arabes unis semblent ainsi se livrer à un numéro d’équilibriste afin de maintenir ses accords économiques avec l’État hébreu tout en axant sa politique étrangère sur une désescalade régionale”</p>
<p>Les Émirats arabes unis semblent ainsi se livrer à un numéro d’équilibriste afin de maintenir ses accords économiques avec l’État hébreu tout en axant sa politique étrangère sur une désescalade régionale. Toutefois, si les tensions entre Israël et l’Iran s’intensifient dans les prochains mois en raison des désaccords sur les négociations relatives à l’accord de Vienne, reste à savoir si Israël et les Émirats sauront conserver leur entente fraîchement consolidée.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 26/01/2022.</strong></p>
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