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	<title>élection présidentielle &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>En Iran, la stratégie risquée des conservateurs pour remporter l&#8217;élection présidentielle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 May 2021 09:36:55 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[élection présidentielle]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-9701 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/Atlantico23-300x167.png" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/Atlantico23-300x167.png 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/Atlantico23-150x83.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/05/Atlantico23.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>A un mois de l&rsquo;élection présidentielle, la publication des candidatures jugées conformes pour le scrutin par le Conseil des Gardiens a créé un séisme en Iran. En vérité, nul n&rsquo;est surpris de n&rsquo;y voir aucun candidat réformateur majeur. Des sept candidatures restantes sur les 600 examinées, cinq appartiennent à l&rsquo;aile conservatrice voire ultra-conservatrice de la République islamique, ne laissant que deux candidats réformateurs de moindre envergure en lice.</p>
<p>C&rsquo;est la liste des exclus qui frappe bien davantage que celle des retenus : l&rsquo;ancien président Mahmoud Ahmadinejad et surtout Ali Larijani ont été écartés. L&rsquo;absence de l&rsquo;ancien président conservateur de l&rsquo;Assemblée consultative islamique d&rsquo;Iran a suscité un grand étonnement en Iran, en vertu de sa longue carrière politique, de la renommée de sa famille et de ses liens tant avec les clercs chiites de Qom qu&rsquo;avec l&rsquo;establishment de Téhéran. Conservateur mais pragmatique, Larijani représentait un véritable danger pour le candidat favori d&rsquo;Ali Khamenei, l&rsquo;actuel chef de l&rsquo;autorité judiciaire Ebrahim Raïssi. Très présent sur les réseaux sociaux et critique envers ses rivaux, soutenu par le président sortant Hassan Rohani dont il pouvait poursuivre la politique d&rsquo;ouverture envers l&rsquo;Occident, Larijani était susceptible de séduire sa base électorale, cette jeunesse iranienne éduquée qui rejette le candidat de l&rsquo;aile dure du régime.</p>
<p>Sa mise à l&rsquo;écart est donc significative, tout comme le choix délibéré d&rsquo;éviter toute candidature réformatrice jugée « dangereuse » : celle d&rsquo;Eshaq Jahangiri, vice-président d&rsquo;Hassan Rohani, ou de Mohsen Hashemi Rafsandjani, fils de l&rsquo;ancien président de la République islamique. La partialité du Conseil des Gardiens démontre la volonté du camp conservateur de ne pas perdre une élection qui pourrait leur donner le dernier levier institutionnel qui leur manque.</p>
<p>Mais sécuriser la candidature de Raïssi pourrait aussi avoir un coût élevé en entamant la légitimité déjà vacillante du régime. A cet égard, les réactions de l&rsquo;opinion publique iranienne et de personnalités emblématiques du régime sont de mauvais augure. Les sondages officiels prévoient déjà le plus faible taux de participation jamais enregistré à une élection depuis 1979. Marquée au quotidien par le poids des sanctions et la gestion chaotique de la crise sanitaire, la population iranienne aspire au changement, mais voit une fois de plus l&rsquo;exercice de ses droits démocratiques réduit comme peau de chagrin. Le propre petit-fils de l&rsquo;Imam Khomeini a rappelé publiquement que nier au peuple iranien le droit de choisir ses représentants politiques allait à l&rsquo;encontre de l&rsquo;esprit de la République islamique, dont la légitimité est à la fois religieuse et populaire.</p>
<p>Embarrassé par ces critiques, Ebrahim Raïssi a exprimé sa propre consternation de voir certains éminents candidats exclus de la liste, lui qui s&rsquo;était présenté comme un concurrent ouvert à la compétition et au pluralisme. Mais la déclaration, évidemment calculée, vise surtout à lui permettre de rester crédible comme candidat à l&rsquo;élection présidentielle et comme successeur d&rsquo;Ali Khamenei. Car rien n&rsquo;interdit au Guide Suprême de contourner la décision du Conseil des Gardiens et d&rsquo;autoriser certaines candidatures écartées par souci d&rsquo;équilibre, ce qu&rsquo;il a déjà pu faire lors de précédentes échéances. A ce stade cependant, Ali Khamenei ne donne aucun signe en ce sens. Le choix de favoriser Raïssi en dit long sur la stratégie des conservateurs, que l&rsquo;agence de presse Fars, proche des Gardiens de la Révolution, a parfaitement résumé : « <em>Non aux architectes de la situation actuelle ». Une situation actuelle jugée comme une conséquence du rapprochement avec les Etats-Unis et du Joint Comprehensive Plan of Action (l’accord nucléaire du 14 juillet 2015), que les conservateurs entendent résoudre par une influence régionale renforcée, un respect total de la ligne idéologique et sécuritaire du régime et de la Velayat-i-Faqih (la théocratie religieuse). </em></p>
<p>Raïssi à cet égard remplira dûment le contrat confié par Khamenei et les conservateurs. Son nom est tristement associé à la terrible répression menée par la « commission de la mort » en 1988 contre les opposants politiques, qui aurait entraîné la mort de 5000 d&rsquo;entre eux d&rsquo;après Amnesty International. Procureur adjoint puis procureur général d’Iran, président depuis 2016 de l’Astan Qods Razavi, l’une des fondations religieuses les plus puissantes du pays, et chef du pouvoir judiciaire depuis 2019, Raïssi a été nommé à ces deux postes par le Guide Suprême, qui en a fait son bras armé et l&rsquo;incarnation de la répression du régime. Il aura donc en charge de le préserver de toute révolte populaire.</p>
<p>La manœuvre reste néanmoins un très mauvais signal envoyé aux Iraniens, qui sortent des quatre dernières années exsangues et exaspérés par les défaillances du régime. Une ligne de crête devra donc nécessairement être trouvée entre idéologie et pragmatisme. Ali Khamenei a déjà compris, en soutenant les pourparlers sur le nucléaire iranien qui ont démarré à Vienne en avril, que la seule répression ne suffirait plus à stabiliser le régime. Et quel que soit le vainqueur de l&rsquo;élection présidentielle, c&rsquo;est encore à lui que reviennent, pour l&rsquo;heure, les décisions capitales qui déterminent l&rsquo;avenir de l&rsquo;Iran.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 30/05/2021.</strong></p>
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		<title>Le regard du Moyen-Orient sur l&#8217;élection présidentielle américaine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Nov 2020 15:02:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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<p>Jamais élection étrangère n&rsquo;aura été autant suivie, et plus particulièrement au Moyen-Orient. Alors que le décompte final des votes semble avoir lieu, donnant le candidat démocrate gagnant, pendant des semaines le monde a retenu son souffle tant la victoire de Joe Biden ou de Donald Trump aura des conséquences, néfastes ou bénéfiques, sur l&rsquo;équilibre géopolitique de la région.</p>
<p>L&rsquo;Iran est sans nul doute le pays qui a le plus à gagner d&rsquo;une défaite du président américain sortant, auquel il doit le retour de sanctions économiques désastreuses pour son économie depuis le retrait des Etats-Unis du <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em> en mai 2018. Certes, les relations entre l&rsquo;Iran et les Etats-Unis demeurent complexes et ambiguës, et ce depuis les quarante dernières années. Qu&rsquo;ils l&rsquo;aient officiellement annoncé comme un objectif ou qu&rsquo;ils se soient montrés discrets sur la question, les présidents américains successifs possédaient tous une « stratégie iranienne » dont l&rsquo;objectif était, notamment du point de vue du Guide Suprême Ali Khamenei, d&rsquo;obtenir la chute du régime. Les déclarations régulières de Washington en faveur de la démocratie et des libertés individuelles, les sanctions frappant des personnalités iraniennes accusées de violations des droits de l&rsquo;homme, justifient ainsi la radicalisation du régime iranien comme mécanisme de défense. En outre, les appels à la démocratie en Iran et la pression continuelle exercée à cette fin apparaissent assez naturellement comme un « deux poids, deux mesures » pour les Iraniens, compte tenu du silence assourdissant observé, notamment par l&rsquo;administration Trump, face aux abus du pouvoir saoudien. L&rsquo;administration Obama, dont Joe Biden a été le vice-président, a peut-être été la seule à opter pour une tactique plus subtile avec l&rsquo;accord de Vienne, qu&rsquo;on peut considérer comme une tentative de favoriser une « normalisation » de la politique iranienne via la croissance économique et le développement de partenariats commerciaux. Compte tenu de l&rsquo;échec de cet accord, il n&rsquo;est pas permis de savoir si cela aurait effectivement contribué à libéraliser le régime, voire à en changer.</p>
<p>A l&rsquo;aune de cet arrière-plan relationnel, le Guide Suprême Ali Khamenei a toujours rejeté aussi bien la normalisation des relations diplomatiques avec les Etats-Unis que la guerre, qui désigne aussi bien l&rsquo;affrontement militaire que la « pression maximale » mise en place par Donald Trump. Aujourd&rsquo;hui, il se trouve néanmoins confronté à l&rsquo;impérieuse nécessité de sortir son pays de la crise. Aussi, le désintérêt qu&rsquo;il montre publiquement pour l&rsquo;issue de l&rsquo;élection américaine ne peut être sincère, ne serait-ce que par pragmatisme. Joe Biden a clairement signifié son souhait de réintégrer les Etats-Unis au <em>JCPoA</em> et de renégocier avec l&rsquo;Iran en cas de victoire. Et Ali Khamenei sait qu&rsquo;il ne pourra obtenir une levée des sanctions pesant sur les secteurs pétrolier et bancaire, les plus essentiels à l&rsquo;économie iranienne, qu&rsquo;au prix de quelques concessions sur la politique régionale de l&rsquo;Iran. Par ailleurs, cette victoire des Démocrates peut avoir de réelles conséquences sur les relations triangulaires qu&rsquo;entretient Washington avec l&rsquo;Arabie Saoudite et Israël, ce qui ne peut que servir les intérêts iraniens.</p>
<p>A Riyad comme à Tel Aviv, on s&rsquo;inquiète au contraire d&rsquo;une défaite de Donald Trump, « meilleur ami d&rsquo;Israël » pour Benjamin Netanyahu et serviteur infatigable des pétromonarchies du Golfe Persique, l&rsquo;Arabie Saoudite en tête, dans leur stratégie d&rsquo;endiguement du « croissant chiite ».</p>
<p>Quatre ans durant, Donald Trump a accordé de nombreux « cadeaux » à Netanyahu, de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale au « plan de paix pour le Proche-Orient » qui favorise l&rsquo;annexion de la Cisjordanie et délaisse volontairement la solution à deux Etats, en passant bien sûr par le retrait de l&rsquo;accord de Vienne sur le nucléaire iranien. La Maison-Blanche s&rsquo;est aussi enorgueilli d&rsquo;avoir pu allonger la liste des Etats arabes reconnaissant Israël, en servant d&rsquo;honnête courtier dans la normalisation des relations entre les Emirats Arabes Unis et Bahreïn avec l&rsquo;Etat hébreu. Pour autant, cette proximité très forte entre Trump, les évangélistes américains et Israël, a rompu avec la traditionnelle approche bipartisane de la question palestinienne par les Etats-Unis. Soutenus sur ce point par leurs électeurs progressistes mais aussi par la communauté juive américaine, les Démocrates, maintenant qu’ils ont remporté la Maison-Blanche, devraient rééquilibrer davantage les relations israélo-américaines en faveur d&rsquo;un Etat palestinien coexistant aux côtés d&rsquo;Israël. A cet égard, cette victoire de Joe Biden représente un espoir de salut pour les dirigeants palestiniens, qui n&rsquo;osaient même pas imaginer ce que leur réserverait quatre années supplémentaires de « trumpisme ». Tout en se déclarant favorable à Israël, Joe Biden a néanmoins fermement rappelé son intention de se tourner de nouveau vers l&rsquo;Iran, ce qui ne pourra qu&rsquo;inquiéter les ultra-nationalistes israéliens. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs de façon très significative le ministre israélien chargé des « affaires des colonies » qui a d&rsquo;ores et déjà annoncé que l&rsquo;Etat hébreu serait « contraint d&rsquo;agir » contre Téhéran en cas d&rsquo;élection de Joe Biden et de nouvelles négociations avec l&rsquo;Iran. Pour autant, il est peu probable que le président élu démocrate remettre en cause le déplacement de l&rsquo;ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, ou la reconnaissance de l&rsquo;annexion du Golan que Trump avait annoncée en mars 2019.</p>
<p>Le torchon risque également de brûler avec Riyad maintenant que la victoire démocrate sembe acquise. Si Donald Trump avait accordé sa première visite d&rsquo;Etat à l&rsquo;Arabie Saoudite, s&rsquo;était montré un soutien indéfectible de Mohammed Ben Salmane y compris durant la polémique entourant l&rsquo;assassinat du journaliste Jamal Khasshogi, et avait opposé son veto au vote par le Sénat d&rsquo;une résolution mettant fin au soutien américain à la guerre menée au Yémen par les Emirats et l&rsquo;Arabie Saoudite, Joe Biden ne se montrera certainement pas aussi complaisant. Sur ces derniers points, il a précisément déclaré durant sa campagne qu&rsquo;il « réviserait » l&rsquo;alliance saoudienne, une façon, certes, de se démarquer de Donald Trump, mais aussi de satisfaire son électorat. De la même manière, les contrats de vente d&rsquo;avions de chasse F35 aux Emirats et au Bahreïn seront peut-être remis en question.</p>
<p>De Tel-Aviv à Abou Dhabi, en passant par Riyad, les dirigeants craignent de voir en Joe Biden le prolongement de l&rsquo;administration Obama, qui avait initié un rapprochement avec l&rsquo;Iran au détriment de leurs intérêts. Leurs craintes sont parfaitement fondées car, outre ce rééquilibrage en faveur de Téhéran, une administration Biden pourrait se montrer d&rsquo;autant plus critique envers les atteintes portées aux droits de l&rsquo;homme que les Etats-Unis restent, malgré la crise, indépendants sur le plan énergétique. S&rsquo;il est bel et bien élu, Joe Biden aura devant lui la tâche immense de rebâtir une relation de confiance entre les peuples du Moyen-Orient et les Etats-Unis et, plus largement, avec les principaux acteurs de la scène internationale. Il semble désormais certain que les cartes seront rebattues et les équilibres géopolitiques du Moyen-Orient redéfinis.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 8/11/2020.</strong></p>
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