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	<title>Daech &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Syrie, une guerre civile renouvelée ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 08:13:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Sept mois après l’offensive éclair des djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham qui a renversé le régime de Bachar al-Assad, la<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/syrie-une-guerre-civile-renouvelee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Sept mois après l’offensive éclair des djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham qui a renversé le régime de Bachar al-Assad, la Syrie s’enlise dans la violence et les minorités en sont les premières victimes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Meurtri par treize ans de guerre civile, le pays est confronté à un engrenage de vengeances communautaires. Les nouvelles autorités, incapables d’assurer la sécurité du pays, sont dépassées par les milices qui les ont appuyées pour prendre le pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Minorités décimées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’en mars dernier, plus de 1 000 Alaouites – minorité dont est issu Bachar al-Assad – ont été massacrés dans la région côtière de l’est du pays, les enlèvements de femmes alaouites se multiplient, rappelant le terrible sort réservé aux femmes yézidies [minorité ethnique et religieuse kurdophone du nord de l’Irak, ndlr] par les bourreaux de Daech entre 2014 et 2017.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 22 juin dernier, ce sont les chrétiens qui ont été ciblés par un attentat sanglant contre l’Église grecque orthodoxe de Saint-Élie à Damas, faisant 25 morts et 63 blessés. D’abord attribué à l’État islamique, cet attentat a été revendiqué par le groupuscule terroriste “Saraya Ansar el-Sunna” qui, d’après les experts, serait composé d’anciens partisans de Hayat Tahrir al-Cham devenus dissidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la proportion de chrétiens en Syrie a drastiquement baissé depuis le début du conflit en 2011, passant d’environ 1,5 million à seulement 300 000 fidèles aujourd’hui, le patriarche orthodoxe d’Antioche a déclaré pendant la messe des victimes que le gouvernement du président Ahmed Al-Charra portait la responsabilité de ne pas protéger les minorités et que ses condoléances ne suffisaient pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Affrontements et revirements</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sud du pays est aussi confronté à de violents affrontements entre des tribus bédouines sunnites, la communauté druze et les forces gouvernementales, faisant plus de 500 morts depuis dimanche 13 juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après être entrée mardi 15 juillet dans la ville de Soueïda, l’armée syrienne a été sommée de s’en retirer par Israël, qui a bombardé des sites des forces gouvernementales à Damas, affirmant protéger les minorités druzes tout en maintenant ses positions sur le Golan. Le président syrien, qui veut éviter un conflit ouvert avec Israël, s’est exécuté et a annoncé transférer “à des factions locales et des cheiks” druzes la responsabilité du maintien de la sécurité à Soueïda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, l’accord du 10 mars dernier entre Damas et les Kurdes pour l’intégration de ces derniers à l’administration syrienne n’est toujours pas appliqué. Mazloum Abdi, le dirigeant militaire des Kurdes, a renouvelé sa préférence pour une administration décentralisée, refusant de céder aux pressions américaines. Échaudés par le déchaînement de violence et le sort réservé aux minorités, les Kurdes, qui avaient noué des alliances de circonstance avec le régime d’Assad pour contenir les manœuvres militaires turques, rechignent à se désarmer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les États-Unis à la manœuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les États-Unis, méfiants jusqu’alors, conditionnaient leur appui à des garanties “d’inclusion”, la menace d’un chaos généralisé les conduit, pour rétablir l’ordre, à miser sur les islamistes qui ont investi le pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Affilié par le passé à Al-Qaïda, Hayat Tahrir al-Cham n’est plus considéré comme une organisation terroriste par le département d’État américain et le mandat d’arrêt contre son chef Ahmed al-Charaa – djihadiste relooké devenu président – est tombé. Les sanctions contre la Syrie ont été officiellement levées par Donald Trump à l’occasion de son déplacement en mai dernier dans les pétromonarchies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Washington est même revenu sur ce qui était jusqu’à présent sa ligne rouge&nbsp;: autoriser les 3 500 djihadistes étrangers à intégrer l’armée syrienne, afin qu’ils ne se jettent pas dans les bras de l’État islamique qui reconstitue ses forces dans certaines localités du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les États-Unis ne voient sans doute pas dans les nouvelles autorités syriennes des démocrates, mais ils espèrent éviter la désintégration de l’État syrien dont les conséquences géopolitiques seraient dramatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, rien n’indique pour le moment que ce pari puisse être gagné. Les nouvelles autorités syriennes disent vouloir réconcilier les Syriens pour obtenir la bénédiction de la communauté internationale, mais les faits sont têtus et trahissent pour l’instant leurs paroles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les prochaines semaines seront décisives pour savoir si la Syrie bascule à nouveau dans le chaos ou si la patience des Occidentaux et des États du golfe Persique avec le nouveau maître de Damas permet la stabilisation du pays. Mais à quel prix…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/syrie-une-guerre-civile-renouvelee-127151/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/syrie-une-guerre-civile-renouvelee-127151/">Le nouvel Economiste</a> le 17/07/2025</p>
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		<title>Pourquoi la mort de Baghdadi n&#8217;entraînera pas la fin de Daech</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Nov 2019 22:29:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Daech]]></category>
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					<description><![CDATA[La mort d&#8217;Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique, avait été annoncée par Donald Trump, le 27 octobre,<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-mort-dabou-bakr-al-baghdadi-le-chef-du-groupe-etat-islamique-avait-ete-annoncee-par-donald-trump-le-27-octobre-apres-une-operation-militaire-americaine-la-mort-dabou-bakr-al-baghdadi-a-ete/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-3533 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/baghdadi-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/baghdadi-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/baghdadi-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/baghdadi.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>La mort d&rsquo;Abou Bakr al-Baghdadi, le chef du groupe Etat islamique, avait été annoncée par Donald Trump, le 27 octobre, après une opération militaire américaine. La mort d&rsquo;Abou Bakr al-Baghdadi a été confirmée par l&rsquo;organisation terroriste ce jeudi 31 octobre.</p>
<p>L&rsquo;annonce de la mort d&rsquo;Abou Bakr Al-Bagdhadi, « calife » autoproclamé de l&rsquo;Etat islamique, survenue samedi 26 octobre, a été une nouvelle occasion pour Donald Trump de vanter les mérites des forces armées américaines et de sa politique étrangère&#8230; bien que ce raid ait été mené en coopération avec les Kurdes, lâchement abandonnés par leur allié face à la Turquie. La vantardise du président américain lui fait naturellement oublier la prudence minimum qui devrait accompagner ce genre de nouvelles.</p>
<p>Il est vrai que l&rsquo;annonce de ce décès ponctue une série de revers subis par Daech depuis deux ans. En effet, depuis la mi-2016, les djihadistes ont perdu toutes leurs implantations territoriales, et même leur force de frappe à l&rsquo;étranger semble être mise en sommeil. Si en France, 238 personnes ont été victimes d&rsquo;attentats entre janvier 2015 et juillet 2016, le chiffre est fort heureusement tombé à 13 entre août 2016 et décembre 2018. Depuis cette période, la France n&rsquo;a plus connu d&rsquo;attentat d&rsquo;envergure, et dans les autres pays de l&rsquo;Union européenne, seules deux attaques ont fait plus de dix morts (Manchester en mai 2017 et Barcelone en août de la même année).</p>
<p>Loin de s&rsquo;arrêter au raid du 26 octobre, les forces américaines ont accentué leur pression sur les membres de l&rsquo;organisation terroriste les jours suivants, tué de toute évidence le successeur présumé de Bagdhadi, Abou Hassan Al-Mouhajir, dans le nord-ouest syrien, et saisit plusieurs prisonniers soupçonnés d&rsquo;être affiliés à Daech. Pour l&rsquo;heure, et malgré un président désireux de retirer toutes ses forces du Moyen-Orient, le Pentagone semble réussir son opération tactique contre une résurgence de l&rsquo;organisation terroriste.</p>
<p>Mais si la mort de l&rsquo;homme le plus recherché du monde porte effectivement un coup très dur à l&rsquo;organisation terroriste, celle-ci est loin d&rsquo;être réduite à néant. L&rsquo;évènement n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas suscité tant de cris de victoire au Moyen-Orient, et a même été accueilli avec une relative froideur. Les officiels iraniens ont ainsi largement minimisé la portée symbolique du raid américain, en rappelant que Daech avait déjà reculé depuis longtemps en Syrie et en Irak grâce à l&rsquo;intervention des forces régionales, l&rsquo;Iran et ses alliés en tête. Les plus cyniques, comme le ministre de l&rsquo;Information Mohammad Javad Azari Jahromi, n&rsquo;ont même pas hésité à flirter avec la théorie du complot en répondant au tweet bravache de Donald Trump « <em>Quelque chose d&rsquo;important vient de se produire !</em> » par un commentaire lapidaire et révélateur : « <em>La belle affaire ! Vous avez simplement éliminé votre créature</em> ».</p>
<p>Au-delà de la provocation, la seule question qui prévaut désormais est bien celle de l&rsquo;avenir du mouvement terroriste. A ce titre, la réaction iranienne souligne une réalité politique tangible : la mort d&rsquo;Al-Bagdhadi ne signera pas la fin du terrorisme ni du sectarisme. Le net affaiblissement que l&rsquo;on observe actuellement au sein de Daech ne fait sans doute que précéder une phase d&rsquo;adaptation et de reconfiguration, qui sera peut-être ralentie par d&rsquo;éventuelles querelles de succession et des rivalités, mais qui n&rsquo;efface en rien sa dangerosité. En outre, l&rsquo;EI bénéficie toujours d&rsquo;une large réserve financière – entre 50 et 300 millions de dollars selon l&rsquo;ONU – qui lui permet de nourrir des cellules dormantes et de mobiliser des combattants en Syrie, en Irak et dans le monde entier. Autant d&rsquo;éléments qui en font une menace constante et avide de s&rsquo;étendre à d&rsquo;autres zones tendues comme l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Est ou l&rsquo;Asie du Sud-Est. Tel l&rsquo;hydre de Lerne, dont les têtes repoussent perpétuellement une fois coupées, le terrorisme islamiste a toujours su s&rsquo;adapter à la perte de ses chefs. Pas plus que la mort d&rsquo;Oussama Ben Laden n&rsquo;a entraîné la fin d&rsquo;Al-Qaïda, la mort de Bagdhadi n&rsquo;entraînera celle de Daech. Poussés par la nécessité de s&rsquo;adapter pour survivre, les deux mouvements ne cesseront pas d&rsquo;exister, tant que les causes qui les ont engendrés ne seront pas réglées. Celles-ci se nourrissent depuis plusieurs décennies d&rsquo;un puissant ressentiment au sein du monde arabe.</p>
<p>Daech comme Al-Qaïda ont été fondés sur le même terreau idéologique, qui en font des symboles difficiles à atteindre et à anéantir. Près de vingt ans après le 11 septembre 2001, et quarante ans après les débuts du djihad en Afghanistan, les ressorts qui les ont motivés hier sont restés les mêmes aujourd&rsquo;hui : une pensée mortifère mais cohérente, qui redonne du sens à des individus en rupture ou marginalisés socialement, à la recherche d&rsquo;une raison d&rsquo;exister et inquiets face au progrès et à la mondialisation, des Etats et institutions corrompus qui ne répondent pas aux besoins de leur population et encore moins aux demandes de la jeunesse, des zones de conflit sans fin, une insécurité et une frustration renforcées par l&rsquo;interventionnisme occidental. La différence majeure peut-être, et non négligeable, avec les djihadistes d&rsquo;hier, réside évidemment dans le perfectionnement des nouvelles technologies de communication et leur facilité d&rsquo;accès, qui permettent désormais une mobilisation transnationale sans précédent.</p>
<p>L&rsquo;actualité offre à ce titre une véritable photographie du dilemme qui secoue le monde musulman actuellement. Au Liban et en Irak, les manifestations appelant à des régimes plus laïcs et démocratiques séduisent les plus ouverts, tandis que les plus conservateurs, qu&rsquo;ils résident au Yémen, en Afrique ou en Asie du Sud-Est, restent fidèles à Daech précisément en raison de sa radicalité et de sa brutalité, avec laquelle même Al-Qaïda ne parvient plus à rivaliser. Loin d&rsquo;être décapité, l&rsquo;EI saura sans doute profiter du chaos régional et surtout des dissensions entre ses ennemis pour se reconstruire et se développer sous une autre forme.</p>
<p>Entre manifestations pacifiques et tentation de l&rsquo;islam radical, le Moyen-Orient se trouve toujours à la recherche d&rsquo;un nouveau modèle politique. Si l&rsquo;intervention militaire reste indispensable à court terme pour lutter contre les mouvements terroristes, seules des actions politiques concrètes visant à stabiliser la région et assurer l&rsquo;indépendance de ses Etats permettront de réduire efficacement l&rsquo;attraction que Daech et ses avatars peuvent encore exercer.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 02/11/2019. </strong></p>
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