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	<title>Benjamin Netanyahu &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>L’inculpation de Netanyahu enfonce Israël dans l’impasse politique</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/linculpation-de-netanyahu-enfonce-israel-dans-limpasse-politique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2019 21:22:35 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-4042 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/linculpation-de-netanyahu-enfonce-israel-dans-limpasse-politique-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/linculpation-de-netanyahu-enfonce-israel-dans-limpasse-politique-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/linculpation-de-netanyahu-enfonce-israel-dans-limpasse-politique-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/11/linculpation-de-netanyahu-enfonce-israel-dans-limpasse-politique-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>« L&rsquo;Etat d&rsquo;Israël contre Benjamin Netanyahu », figure le terrible acte d&rsquo;accusation qu&rsquo;il craignait tant. Un en-tête largement repris comme titre par certains médias stupéfaits. Il faut dire qu&rsquo;en frappant celui qui se présentait en campagne électorale comme le seul défenseur de l&rsquo;Etat hébreu contre ses « ennemis extérieurs », qu&rsquo;ils soient arabes ou iraniens, la formule ne manque pas d&rsquo;ironie.</p>
<p>Jeudi 21 novembre, Benjamin Netanyahu a donc enfin été inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance. C&rsquo;est la première fois dans l&rsquo;histoire du pays qu&rsquo;un Premier ministre – par ailleurs celui qui a battu le record de longévité à ce poste &#8211; en exercice est mis en examen. Preuve du caractère exceptionnel de l&rsquo;évènement, les lois fondamentales d&rsquo;Israël n&rsquo;ont jamais prévu ce cas de figure.</p>
<p>C&rsquo;est précisément sur ce vide juridique que Netanyahu a choisi de baser sa défense une heure à peine après l&rsquo;annonce publique de son inculpation, et ce faisant, il a opté pour un renversement complet de l&rsquo;accusation. Ce n&rsquo;est plus l&rsquo;Etat d&rsquo;Israël qui accuse son Premier ministre, mais le Premier ministre qui dénonce « <em>une tentative de coup d&rsquo;Etat sur la base de fausses accusations. </em>» Il a notamment exigé la création d&rsquo;une commission d&rsquo;enquête indépendante contre ses procureurs et contre les officiers de police qui ont monté son dossier depuis 2016. La stupeur engendrée par cette inculpation a bouleversé encore davantage la scène politique israélienne, qui se portait déjà bien mal. Mais c&rsquo;est surtout le Likoud, le parti de Netanyahu, qui s&rsquo;inquiète de pouvoir se relever après un tel coup porté à son leader.</p>
<p>Concrètement, à la suite de cette décision de la justice israélienne, que peut-il se passer ?</p>
<p>Netanyahu va certainement tenter de jouer contre le temps pour rester à son poste. Car la justice israélienne est lente : il va falloir plusieurs mois pour que son acte d’inculpation soit transmis à la Cour. Comme la loi israélienne ne prévoit pas de solution en cas d’inculpation du Premier ministre, celui-ci peut techniquement rester en place jusqu’à une condamnation définitive en appel, et la procédure prendra des mois, voire des années. Une procédure d&rsquo;appel auprès de la Cour Suprême d&rsquo;Israël peut prendre à elle seule entre six mois et deux ans&#8230;</p>
<p>A plus court terme, Netanyahu a 30 jours devant lui pour tenter d’obtenir à nouveau l’immunité auprès de la Knesset pour toute la durée de son nouveau mandat déjà sur la sellette. Or, ceci est totalement impossible puisqu’il n’y dispose d’aucune majorité. Deux fois déjà, en avril et en septembre, les Israéliens ont été appelés aux urnes pour les élections législatives. A l&rsquo;issue de ces élections, ni Netanyahu, ni Benny Gantz, son rival de l&rsquo;opposition, ne sont parvenus à former un gouvernement. En conséquence, le comité qui, au sein du Parlement, serait chargé d&rsquo;examiner l&rsquo;immunité du Premier ministre et de décider s&rsquo;il doit quitter son poste pour affronter la justice, n&rsquo;a jamais pu être formé. Or, sans sa décision, l&rsquo;action en justice lancée par le procureur général Avichai Mandelblit ne peut être poursuivie.</p>
<p>Compte tenu de la « panne démocratique » que connaît actuellement le Parlement, convoquer de nouvelles élections – les troisièmes en moins d&rsquo;un an – pour mars 2020 semble une solution de plus en plus crédible. A moins que d&rsquo;ici trois semaines, n&rsquo;importe quel parlementaire n&rsquo;arrive à former un gouvernement d&rsquo;union comme la loi l&rsquo;y autorise, sous réserve de réunir 61 de ses pairs (sur 120). Mais le mouvement le plus dangereux pour Netanyahu risque de venir de son propre camp.</p>
<p>Le soir même de son inculpation, « Bibi » a repris en guise de défense les thèmes mêmes de sa campagne à l&rsquo;adresse de ses partisans et électeurs du Likoud : la critique d&rsquo;une justice « <em>sélective </em>», et des « <em>traîtres </em>», ceux qui, dans son propre camp, envisagent déjà la succession et pousseraient volontiers leur chef mis en difficulté vers la sortie. Mais si jeudi soir, Netanyahu refusait catégoriquement toute idée de primaires pour renouveler la direction de son parti, dimanche soir, le Premier ministre acceptait à contre-coeur la demande formulée par les membres du Likoud – et sous la houlette de son principal rival Gideon Saar. Celles-ci devraient se tenir dans les six prochaines semaines.</p>
<p>L&rsquo;incertitude préside donc au destin d&rsquo;Israël pour les semaines à venir, car l&rsquo;inculpation de Netanyahu, si elle est une bonne nouvelle pour la démocratie et la justice, ne contribuera pas à résoudre la crise politique en cours depuis des mois, bien au contraire. Le climat est particulièrement sombre, alors que le pays fait face à d&rsquo;importants défis sociaux et économiques, sans oublier les enjeux sécuritaires et géopolitiques particulièrement complexes, compte tenu de la situation actuelle du Moyen-Orient. Sans véritable gouvernement, l&rsquo;armée israélienne n&rsquo;en poursuit pas moins ses actions en Palestine, au Liban, en Syrie et en Irak.</p>
<p>Dans sa contre-attaque, Benjamin Netanyahu dénonçait l&rsquo;acharnement des médias à son encontre, se demandant « <em>dans quelle démocratie, dans quel Etat</em> » il vivait. La réponse est pourtant simple : la démocratie israélienne, du moins sous son aspect politique, se trouve désormais dans une impasse que le Premier ministre a contribué lui-même à créer par l&#8217;emploi d&rsquo;une stratégie violente et ultra-nationaliste. Certains éditorialistes craignent précisément que Netanyahu, bien qu&rsquo;acculé, accentue sa tactique de la « terre brûlée » et ne paralyse totalement les institutions avant d&rsquo;accepter de quitter enfin le pouvoir. Cependant, sa mise en examen démontre que, si la classe politique israélienne est tombée dans une affligeante médiocrité, la justice et les médias, pour leur part, donnent la preuve de leur vitalité et restent désormais les seuls garants de l&rsquo;Etat de droit. Cela ne suffira certainement pas à sortir Israël de cette crise politique majeure. Mais au milieu du chaos, cela offre un salutaire espoir de stabilité aux Israéliens.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 27/11/2019.</strong></p>
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		<title>Netanyahu lâché par Trump</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/netanyahu-lache-par-trump/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2019 13:34:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
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<p>Au moment où nous publions ces lignes, les résultats des élections législatives israéliennes ne sont pas encore tombés. Pour autant, on peut d’ores et déjà estimer sans trop se tromper que cette échéance sera décisive pour l’avenir politique de Benjamin Netanyahu. De deux choses l’une, soit le Premier Ministre sort battu par son adversaire Benny Gantz, avec lequel il est au coude à coude dans les sondages, et dès lors plus aucune immunité ne sera envisageable pour le protéger des poursuites judiciaires qui le menacent (« Bibi » a été inculpé en février dernier pour corruption, fraude et abus de confiance). Soit il est réélu de justesse, et entamera son nouveau mandat dans des conditions bien difficiles.</p>
<p>Conscient du caractère serré et crucial de l’enjeu, Netanyahu a multiplié les promesses de campagne volontiers provocatrices afin de mobiliser l’électorat de droite, capable de faire basculer l’élection en sa faveur. Néanmoins, celles-ci ont davantage donné l’impression d&rsquo;un candidat lancé dans une fuite en avant désespérée, qui de plus a accumulé les signes de malchance.</p>
<p>Ainsi, une semaine avant l’élection, Netanyahu a annoncé son intention d’annexer l’ensemble des colonies juives de la vallée du Jourdain s’il était élu. A peine 48h avant l’ouverture des bureaux de vote, il a donné le feu vert à la « légalisation » d’une colonie sauvage de Cisjordanie, juste à côté de la ville arabe de Jericho. Deux décisions déclarées illégales par les Palestiniens bien sûr, mais aussi par la communauté internationale qui a toujours condamné l’occupation israélienne de la Cisjordanie à travers plus d’une dizaine de résolutions de l’ONU. Même la classe politique israélienne, pourtant favorable à l’annexion, a jugé le timing électoraliste.</p>
<p>Le fait est qu’au terme d’une campagne sans dynamisme mais particulièrement agressive, Netanyahu n’a pas grand-chose pour faire valoir son action politique, et aucun projet politique nouveau si ce n’est une surenchère ultra-nationaliste. La suppression par Facebook de sa page officielle, après un message qualifié d’incitation à la haine à l’égard des arabes israéliens, est à ce titre révélateur.</p>
<p>Mais c’est surtout la distance délibérée que Donald Trump semble avoir prise avec son allié israélien qui a torpillé son principal argument : sa proximité avec le président américain pour influencer sa politique au Moyen-Orient en faveur des intérêts d’Israël. Les 8, 9 et 10 septembre semblent à cet égard laisser apparaître un étrange timing.</p>
<p>Le 8 septembre, Netanyahu a ainsi échoué à faire voter un amendement autorisant les militants du Likoud à filmer les bureaux de vote pour intimider les électeurs arabes.</p>
<p>Le 9 septembre, alors le Premier Ministre sortant achevait un exposé « dévoilant » une nouvelle centrale nucléaire iranienne, et appelait à un renforcement des pressions internationales contre l&rsquo;Iran, Trump a déclaré qu&rsquo;il n&rsquo;excluait pas de rencontrer le président Hassan Rohani. On sait à quel point ce rapprochement avec l&rsquo;Iran panique littéralement la droite israélienne. Selon le journaliste israélien Barak Ravid, Netanyahu avait « désespérément » tenté de joindre au téléphone le président américain durant le G7 à Biarritz, après avoir appris la visite surprise de Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien. Résultat : sa présentation a été considérée par la plupart des observateurs politiques israéliens comme un « pétard mouillé », ce qui l&rsquo;a cruellement décrédibilisé.</p>
<p>Le 10 septembre, des roquettes du Hamas ont obligé un de ses meetings à se disperser dans la ville d’Ashdod. L&rsquo;humiliation fut double, puisque les tirs de roquettes qui se poursuivent dans le sud d&rsquo;Israël sont considérés comme le symbole de l&rsquo;échec de Netanyahu en matière de sécurité.</p>
<p>Et quelques heures plus tôt, au moment même où Netanyahu annonçait son intention d’annexer la vallée du Jourdain avec l’étroite collaboration de l’administration Trump, John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président américain, était limogé. Or M. Bolton, faucon néo-conservateur acharné à déclencher un conflit militaire entre l’Iran et les Etats-Unis, était sans doute le meilleur allié de « Bibi » à la Maison-Blanche. Que ce départ ait été le résultat d&rsquo;une démission spontanée de Bolton, en constant désaccord avec Trump, ou d&rsquo;une décision exclusive du président, cette annonce fut sans doute le pire revers pour Netanyahu. Cet événement a prouvé que le président américain penchait de plus en plus vers une nouvelle forme d’isolationnisme, bien plus en phase avec ses convictions profondes. Cependant, un an avant les élections présidentielles, Trump s&rsquo;est sans doute souvenu qu&rsquo;il aurait besoin du camp républicain, et notamment des soutiens d&rsquo;Israël dans ses rangs, pour assurer sa réélection. Sous cet angle, on comprend davantage le gage qu&rsquo;il a accordé samedi 14 septembre à l&rsquo;allié israélien, en annonçant des discussions avec Netanyahu en vue d’un possible « traité de défense mutuel ». Car Netanyahu compte sans doute encore sur l’appui américain pour son plan d’annexion du Jourdain. Mais le silence assourdissant de Trump, d&rsquo;ordinaire prompt à le soutenir sur Twitter, lors de ces dernières semaines de campagne, montre surtout le Premier Ministre comme un homme clairement « lâché » par son principal allié, désormais incapable de se présenter comme le seul candidat à même de négocier avec lui.</p>
<p>En désespoir de cause, Netanyahu s&rsquo;est rendu à Sotchi le 12 septembre dans l’espoir d&rsquo;afficher un autre puissant allié à ses côtés, en la personne de Vladimir Poutine. Mais là encore, le désir de Trump de se rapprocher de la Russie sur le plan économique, qui pourrait entraîner un alignement russe sur les positions américaines, notamment à l&rsquo;égard de l&rsquo;Iran, n&rsquo;arrangerait en rien les affaires de Netanyahu. Encore une erreur de timing&#8230;</p>
<p>On saura, à l’issue de cette journée, dans quelle mesure « Bibi » aura les coudées franches pour former un nouveau gouvernement. Mais rappelons qu&rsquo;en Israël, peu après l’échec de Netanyahu à former une coalition fin mai, les éditorialistes avaient noté la déception de Trump, qui méprise les « losers » et se montre peu enclin à leur accorder son temps. En cas de victoire à l&rsquo;arraché, et encore plus en cas d&rsquo;échec total, Netanyahu fera sans doute face à une très grande solitude.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 18/09/2019. </strong></p>
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		<title>Le début de la fin pour Benjamin Netanyahu ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/le-debut-de-la-fin-pour-benjamin-netanyahu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Jun 2019 13:58:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Son opposant centriste Benny Gantz a 90 jours devant lui pour convaincre les Israéliens qu’une autre politique est possible.</p>
<p><img decoding="async" class=" wp-image-2510 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/06/Le-début-de-la-fin-pour-Benjamin-Netanyahu-826x459-300x167.jpg" alt="" width="365" height="203" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/06/Le-début-de-la-fin-pour-Benjamin-Netanyahu-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/06/Le-début-de-la-fin-pour-Benjamin-Netanyahu-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/06/Le-début-de-la-fin-pour-Benjamin-Netanyahu-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 365px) 100vw, 365px" /></p>
<p>Il n&rsquo;y a décidément pas qu&rsquo;en France que la droite se déchire. C&rsquo;est une véritable crise politique qui secoue Israël depuis plusieurs semaines, et elle risque peut-être de faire chuter l&rsquo;actuel Premier Ministre, qui a essuyé le pire revers de sa carrière le 29 mai dernier.</p>
<p>Le 17 septembre prochain, les Israéliens seront de nouveau appelés aux urnes pour une seconde élection législative en quelques mois, après que la Knesset ait voté sa dissolution face à l&rsquo;incapacité de Benjamin Netanyahu de former un gouvernement de coalition, en dépit des attentes. L&rsquo;autorité de « Bibi » a été singulièrement écornée par cet échec, alors qu&rsquo;il avait revendiqué haut et fort sa victoire aux dernières élections le 9 avril dernier.</p>
<p>Bien que son parti, le Likoud, et les partis de droite et religieux censés être ses alliés naturels ont gagné la majorité des sièges de la Knesset (65 sur 120), Benjamin Netanyahu n&rsquo;a pas réussi à s&rsquo;allier le parti d&rsquo;extrême-droite Israel Beytenou, qui a obtenu 5 sièges sous la férule de son ancien ministre de la Défense Avigdor Lieberman.</p>
<p>Ce dernier a en effet refusé de faire partie d&rsquo;un gouvernement où siégeraient également les partis ultra-orthodoxes Shahs et Judaïsme unifié de la Torah, en raison de leur désaccord concernant un projet de loi sur la conscription militaire. Ce texte obligerait les<em> haredim </em>(la communauté juive ultra-orthodoxe) à faire leur service militaire et à rejoindre les forces armées israéliennes, un devoir civique dont ils ont toujours été exemptés jusqu&rsquo;à présent, en dépit de l&rsquo;exaspération d&rsquo;une partie de l&rsquo;opinion publique sur ce point. Pour sa part, Lieberman a depuis longtemps soutenu que le fardeau du service militaire ne devait pas souffrir d&rsquo;exceptions, et les partis ultra-orthodoxes auprès desquels il refuse de siéger sont évidemment opposés à un tel changement de situation.</p>
<p>En l&rsquo;absence de ce soutien qui se serait avéré précieux, Netanyahu n&rsquo;a pas pu trouver d&rsquo;alternative, la gauche et le centre s&rsquo;étant d&#8217;emblée refusés à intégrer son gouvernement à cause de ses problèmes judiciaires.</p>
<p>L&rsquo;élection du 9 avril s&rsquo;était pourtant achevée sous les meilleurs auspices pour Netanyahu. Aux termes d&rsquo;une campagne électorale particulièrement violente et même qualifiée de raciste, la « droite dure » avait remporté les élections, assurant à Netanyahu de garder la main sur le pouvoir pour quatre années de plus. Dès le mois de juillet, il dépassera le record de longévité comme Premier Ministre détenu par David Ben Gourion, le père fondateur de l&rsquo;Etat israélien.</p>
<p>« Bibi » n&rsquo;avait pourtant pas remporté son cinquième mandat de façon éclatante, puisqu&rsquo;il n&rsquo;était arrivé que légèrement en tête face à son rival centriste Benny Gantz. Les résultats de ces élections validaient néanmoins une tendance de plus en plus assumée de l&rsquo;Etat hébreu : une dérive ultra-nationaliste et résolument opposée à l&rsquo;existence d&rsquo;un Etat palestinien voisin d&rsquo;Israël. Fort d&rsquo;une bonne situation économique et sécuritaire, Benjamin Netanyahu avait ainsi assuré, entre autres promesses de campagne, qu&rsquo;une fois réélu il poursuivrait la colonisation de la Cisjordanie et étendrait la loi israélienne à toutes les colonies qui y sont implantées. Ce qui signifierait très clairement la fin d&rsquo;un processus de paix aboutissant à la solution de deux Etats. Profitant de la situation chaotique du Moyen-Orient depuis plus de dix ans, le Premier Ministre israélien a réussi à suffisamment marginaliser la question palestinienne pour que celle-ci ne parasite plus les relations d&rsquo;Israël avec les autres pays du monde, hormis ceux du monde arabe. Les ambitions de Netanyahu ont été chaleureusement applaudies par Vladimir Poutine, mais surtout par Donald Trump, qui a reconnu la souveraineté d&rsquo;Israël sur le plateau du Golan et le déplacement de l&rsquo;ambassade américaine à Jérusalem – reconnaissant <em>de facto</em> la ville comme capitale de l&rsquo;Etat hébreu.</p>
<p>La droite israélienne croyait donc fermement que Netanyahu leur permettrait de réaliser ce vieux rêve d&rsquo;une souveraineté de leur pays étendue de la Méditerranée au Jourdain. Las, Avidgor Lieberman, par son refus d&rsquo;intégrer le nouveau gouvernement, a mis tous ces espoirs à bas, et a renvoyé Netanyahu à la case départ. Chacun se renvoie désormais la responsabilité dans cette crise politique, Lieberman accusant le Likoud d&rsquo;avoir provoqué la tenue de ces nouvelles élections en refusant d&rsquo;adopter le projet de loi sur la conscription militaire, tandis que Jonathan Urich, le porte-parole du Likoud, tweetait en réponse : « <em>Ce n’est pas la conscription et ce ne sont pas les ‘’principes’’. Lieberman veut détruire Netanyahu. Le reste, c’est du baratin. </em>» Il est vrai qu&rsquo;en jouant l&rsquo;obstruction, Avidgor Lieberman s&rsquo;impose en « faiseur de roi », ce qu&rsquo;il sera peut-être de nouveau amené à faire le 17 septembre, même s&rsquo;il n&rsquo;a que très peu de chances de remporter l&rsquo;élection. La stratégie est d&rsquo;autant plus judicieuse qu&rsquo;au sein du Likoud, on remet déjà en question le leadership de Netanyahu. L&rsquo;ancien ministre de la Défense voit peut-être encore plus loin, renforçant sa position pour devenir le prochain Premier Ministre, une fois l&rsquo;ère Netanyahu définitivement close.</p>
<p>Avec cette nouvelle élection, Netanyahu joue effectivement son va-tout et les enjeux n&rsquo;ont jamais été aussi importants pour lui. La dissolution de la Knesset lui a certes permis de ne pas être renvoyé par le président Reuven Rivlin, mais elle plonge Israël dans une réelle instabilité politique avec une cinquième élection législative convoquée depuis 2009, et alors que la situation au Moyen-Orient est particulièrement tendue.</p>
<p>L&rsquo;échec de Netanyahu dans la formation du nouveau gouvernement prouve que son habileté politique n&rsquo;est plus ce qu&rsquo;elle était, et que certains en Israël souhaitent réellement le sortir du jeu. Or, « Bibi » espérait avec cette nouvelle législature obtenir enfin l&rsquo;immunité qui lui éviterait de comparaître dans les trois affaires de corruption dont il est accusé, son audition étant d&rsquo;ailleurs programmée deux semaines après les nouvelles élections. Un délai bien trop court pour obtenir sa précieuse immunité, même s&rsquo;il les remporte une nouvelle fois.</p>
<p>Preuve qu&rsquo;il n&rsquo;est pas encore totalement abandonné face à l&rsquo;adversité, le Premier ministre sortant a reçu dès le lendemain de son échec le soutien de Donald Trump en la personne de son gendre Jared Kushner, son conseiller spécial sur le Moyen-Orient. Venu spécialement à Jérusalem, il a ainsi assuré que les discussions autour du plan de paix américain pour le Proche-Orient, le fameux « deal du siècle » censé résoudre le conflit israélo-palestinien et offrir la prospérité économique aux Palestiniens, étaient loin d&rsquo;être suspendues malgré la crise politique israélienne. Ce soutien est pourtant tout aussi fragile que le reste. Cette visite, étape d&rsquo;un grand tour du Moyen-Orient, n&rsquo;occulte pas l&rsquo;échec de Kushner à obtenir un consensus régional avant le sommet économique de Bahreïn fin juin. Les Saoudiens et les Emiratis ont confirmé leur venue, mais pas les Palestiniens, peu dupes des intentions américaines avec ce plan, qui devrait surtout entériner la mainmise d&rsquo;Israël sur la Cisjordanie.</p>
<p>En réalité, la prochaine élection, comme les précédentes, se déroulera en deux temps : d&rsquo;abord dans le secret de l&rsquo;isoloir, puis dans le secret des salles de réunion de la Knesset, lorsque le parti vainqueur devra former une coalition de gouvernement. Aucun parti à lui seul n&rsquo;a jamais remporté de majorité absolue à la Knesset, les gouvernements de coalition sont donc une norme de la vie politique israélienne. Mais qui dit que Netanyahu, déjà bien fragilisé, réussira en septembre ce qu&rsquo;il a échoué à faire en mai ? Benny Gantz, son rival centriste, espère peut-être faire basculer le jeu en sa faveur s&rsquo;il réussit à séduire un électorat lassé par cette instabilité et la personnalité d&rsquo;un Premier ministre corrompu et clivant. Mais la base électorale du Likoud lui reste encore fidèle. Benny Gantz a donc 90 jours devant lui pour convaincre les Israéliens qu&rsquo;une autre politique est possible.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Article paru dans Le Nouvel Economiste du 12/06/2019.</strong></p>
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		<title>Benny Gantz, seul candidat capable de remplacer Netanyahou ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/benny-gantz-seul-candidat-capable-de-remplacer-netanyahou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jan 2019 09:55:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 27 décembre dernier, la création d’un nouveau parti politique par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne a eu l’effet<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/benny-gantz-seul-candidat-capable-de-remplacer-netanyahou/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="chapeau-long hidden-xs hidden-sm">Le 27 décembre dernier, la création d’un nouveau parti politique par l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne a eu l’effet d’une bombe.</div>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-1817 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/01/000_1BW6UO-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/01/000_1BW6UO-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/01/000_1BW6UO-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/01/000_1BW6UO.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" />Un peu plus de trois mois avant la tenue des élections parlementaires, l’entrée en scène de cet homme, pur produit de l’armée israélienne, risque de bousculer la donne communément admise et qui désigne le premier ministre actuel comme gagnant à l’occasion des prochaines élections. Alors qu’il était particulièrement courtisé par l’ensemble des partis politiques israéliens depuis qu’il a quitté l’uniforme, il y a trois ans, son choix semble s’être porté sur celui de l’indépendance. Le titre choisi pour son parti, la « résilience ou l’invulnérabilité israélienne » en fonction des traductions, ne dit pas grand-chose sur les orientations nationales et internationales qu’il pourrait donner à la politique israélienne. Il semble en tout cas ne pas vouloir positionner son parti à droite car dans une interview octroyée, le jour même de la création de ce parti, Netanyahu a réagi en déclarant qu’il ne se « mêlait pas des affaires internes de la gauche ». Ni de gauche ni de droite, le parti de Gantz est un parti qui se situe au centre.</p>
<p>Quand bien même ce parti serait de gauche, « gauche » ne signifie pas cependant laxisme sur le plan sécuritaire comme aimerait le faire croire Netanyahu; sujet sensible s’il en est, à un moment où ce pays est confronté à un véritable encerclement par l’Iran et ses alliés. Au nord avec le Hezbollah, mieux armé et entrainé que jamais du fait de sa participation dans la guerre civile syrienne, un Hamas qui cherche le conflit avec Israël dans l’espoir de d’attirer la sympathie des médias internationaux lui permettant de mettre un terme au blocus qui l’isole et enfin  avec la présence iranienne et de ces alliés en Syrie, Israël est plus que jamais enfermé dans sa forteresse.</p>
<p>Gantz, en effet, ne peut être soupçonné d’une quelconque faiblesse sur la question de la sécurité. Il a été de toutes les guerres, de celle du Liban sud en 1978 jusqu’à la fin de son mandat au sommet de l’armée israélienne. En revanche, Netanyahu, lui, a été fustigé aussi bien par ses opposants que par les membres de sa propre coalition pour sa réponse « mi chaud mi froid » au conflit contre le Hamas à Gaza en novembre dernier. Rappelons qu’Avigdor Lieberman a estimé que l’accord conclu avec le Hamas était une « capitulation devant le terrorisme » et a démissionné de ses fonctions de ministre de la défense. C’est d’ailleurs cette démission qui a fini par convaincre Netanyahu d’aller devant les urnes de manière anticipée.</p>
<p>L’arrivée de Gantz dans la vie politique israélienne, à un moment où Netanyahu est affaibli par des accusations de faiblesse et par des menaces de poursuites judiciaires pour faits de corruption, tombe donc à pic. Benny Gantz est perçu, quasi unanimement par la population israélienne, comme ayant la trempe d’un homme d’Etat et pouvant incarner un véritable espoir de renouveau, à un moment où la société israélienne souffre d’un sentiment de fatigue après presque une décennie de pouvoir du premier ministre actuel.</p>
<p>De surcroit, le contexte géopolitique est particulièrement délicat en ce moment. La possibilité d’une nouvelle guerre avec le Hezbollah parallèlement à une nouvelle occupation de Gaza se confirme de jour en jour, ne serait-ce qu’à travers la symbolique de la destruction des tunnels inusités creusés au nord par le Hezbollah. Netanyahu, incarnant une vision irrédentiste des enjeux géopolitiques, se trouvera en opposition par rapport à la vision qu’incarne Benny Gantz, davantage construite sur la modération. Rappelons qu’avant la régularisation du fameux accord iranien sur le nucléaire, à un moment où Netanyahu envisageait très sérieusement des frappes sur les sites nucléaires iranien, ce fut notamment Benny Gantz qui s’y opposa en réussissant à convaincre le gouvernement de l’absence d’un risque de frappe iranienne considérant qu’une action militaire israélienne  ne pourrait que renforcer la pérennité du pouvoir de Téhéran en ralliant la population derrière lui.</p>
<p>Victorieux aux élections à venir ou simplement acceptant le poste de ministre de la défense, Benny Gantz sera immanquablement un facteur de modération dans la politique étrangère israélienne.</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;article sur l&rsquo;<a href="https://www.atlantico.fr/decryptage/3562585/benny-gantz-seul-candidat-capable-de-remplacer-netanyahou--amir-aslani-ardavan" target="_blank" rel="noopener">Atlantico</a>.</p>
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		<title>Benjamin Netanyahu à Oman</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/benjamin-netanyahu-a-oman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Nov 2018 20:33:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Oman]]></category>
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					<description><![CDATA[Le sultan d’Oman compte sur la médiation d’Israël pour obtenir le soutien de Washington. Le 26 octobre dernier, Benjamin Netanyahu<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/benjamin-netanyahu-a-oman/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le sultan d’Oman compte sur la médiation d’Israël pour obtenir le soutien de Washington.</p>
<p>Le 26 octobre dernier, Benjamin Netanyahu s’est rendu à Oman pour une visite “secrète” auprès du sultan Qabus ibn Saïd… nouvelle qui a très vite fait le tour du monde une fois le Premier ministre israélien de retour dans son pays. L’événement était en effet aussi rarissime qu’inattendu, la dernière visite d’un Premier ministre israélien – en l’occurrence Shimon Peres – dans le sultanat remontant à 1996, dans le cadre du processus de paix avec la Palestine, qu’Oman a toujours soutenu. Les deux pays ont cependant rompu leurs relations diplomatiques au début de la seconde Intifada en 2000.</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;article sur <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/benjamin-netanyahu-a-oman-65906/" target="_blank" rel="noopener">Le Nouvel Economiste</a>.</p>
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