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	<title>Australie &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Pour défendre ses intérêts, la France doit renouer avec une politique étrangère non-alignée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Dec 2021 10:07:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Trois mois après la crise des sous-marins français, l&#8217;Australie se risque à un nouveau « coup de Trafalgar » dont l&#8217;industrie de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pour-defendre-ses-interets-la-france-doit-renouer-avec-une-politique-etrangere-non-alignee/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-13683 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/12/000_9_C9693_f7fabb460d.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Trois mois après la crise des sous-marins français, l&rsquo;Australie se risque à un nouveau « coup de Trafalgar » dont l&rsquo;industrie de défense européenne va nécessairement pâtir. Canberra a indiqué vouloir « éventuellement » remplacer ses 47 hélicoptères Airbus MRH-90 Taipan, utilisés dans son armée de terre et sa marine, pour commander 40 hélicoptères Black Hawk et SeaHawk américains, jugés plus « fiables » et économiques. Certes, les Taipan ont pu accuser quelques faiblesses et manques de disponibilité ces dernières années, et leur remplacement devait de toute façon intervenir en 2037. Mais les Taipan étant produits par un consortium de trois fleurons de l&rsquo;industrie de défense européenne, le français Airbus, l&rsquo;italien Leonardo et le néerlandais Fokker, cette mise au rebut confirmée par la presse australienne apparaît comme une nouvelle insulte à l&rsquo;égard de l&rsquo;Union européenne et de la France.</p>
<p>Au-delà des raisons techniques qu&rsquo;elle invoque pour se justifier, l&rsquo;Australie ne cache pas vouloir s&rsquo;engager dans une course aux armements pour répondre à la menace jugée grandissante de la Chine dans la zone Indo-Pacifique. Cette angoisse expliquerait l&rsquo;abandon d&rsquo;appareils encore en service, ainsi qu&rsquo;une importation au coût considérable et peu avantageuse pour l&rsquo;industrie australienne, qui ne sera pas chargée de l&rsquo;assemblage des nouvelles acquisitions. Mais les déclarations du gouvernement australien sont significatives : pour le ministre de la Défense, la commande de Black Hawk « <em>enverrait un message clair aux partenaires comme aux adversaires de l&rsquo;Australie</em> » quel que soit le terrain d&rsquo;opération où elle s&rsquo;engagerait.</p>
<div></div>
<p>On ne saurait mieux dire en effet ! Que Canberra soit discrètement poussé sur le sentier de la guerre par les Etats-Unis, qui y voient certainement un double intérêt stratégique et financier, ne fait aucun doute. Ces deux « ruptures » de contrats ou d&rsquo;engagements en trois mois en faveur des Américains devraient donc véritablement confirmer aux Européens que les Etats-Unis ne font aucun cas ni de leurs intérêts, ni de l&rsquo;alliance supposée les unir, et se concentrent uniquement sur leurs priorités stratégiques dont ils sont totalement exclus.</p>
<p>Une question plus large se pose alors. Face à une puissance qui persiste, malgré les gestes d&rsquo;apaisement, à mépriser ses alliés traditionnels, pourquoi ces derniers lui conserveraient-ils leur allégeance, notamment dans le domaine diplomatique ? Délibérément méprisés et écartés d&rsquo;un déploiement stratégique où ils auraient pourtant toute leur place – à l&rsquo;exception notoire de la Grande-Bretagne qui conserve son statut de « lieutenant » des Etats-Unis au sein de l&rsquo;AUKUS – pourquoi les Européens ne saisiraient-ils pas enfin l&rsquo;occasion de s&rsquo;affranchir pour défendre leurs propres intérêts ?</p>
<p>L&rsquo;année prochaine débutera avec la présidence française du Conseil de l&rsquo;Union européenne, à la suite de la Slovénie. En présentant ses objectifs jeudi dernier, Emmanuel Macron s&rsquo;est fait de nouveau le chantre d&rsquo;une souveraineté stratégique européenne et d&rsquo;une politique de défense commune. Mais faire advenir cette « <em>Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix et maître de son destin </em>» demeurera une ambition chimérique sans cet affranchissement, devenu indispensable et urgent, face à l&rsquo;isolationnisme américain. « Relance, puissance, appartenance », proclame Emmanuel Macron. Aucun de ces objectifs ne pourra être atteint si la France et les Européens demeurent tétanisés face aux trahisons américaines, et persistent dans un engagement à sens unique.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_6__container__">Cet asservissement est particulièrement manifeste dans le cas du dossier iranien depuis le retrait des Etats-Unis du <em>JCPoA</em> en mai 2018. En agissant en « gendarme économique », les Américains ont mis à bas tous les projets de développement des plus grandes banques et entreprises françaises, Total, Renault, Airbus ou encore Engie, en Iran. Par crainte des sanctions américaines, toutes ont rompu leurs engagements dans le pays, et depuis lors, aucune solution politique européenne n&rsquo;a pu être mise au point pour contourner la décision de Washington et sauver ces partenariats pourtant prometteurs, aussi bien pour Téhéran que pour Paris. Jusque dans les renégociations de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien, les trois pays européens signataires s&rsquo;illustrent par leur manque de courage politique et leurs propositions délibérément alignées sur la position américaine.</div>
</div>
<p>Il y a pourtant un grand besoin de France en Iran, qui ne demande qu&rsquo;à être satisfait. De nombreux secteurs industriels gagneraient en effet à être modernisés grâce à de nouveaux partenariats avec les groupes Bolloré et Vinci pour la gestion des infrastructures portuaires et aéroportuaires, Total pour le secteur clé de l&rsquo;énergie et des hydrocarbures.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569,22485896415/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_7__container__">C&rsquo;est plus encore la question de la gestion et la distribution de l&rsquo;eau qui pourrait susciter la création d&rsquo;un vaste projet collaboratif entre l&rsquo;Iran, Veolia ou Suez, leaders français, européens et mondiaux de ce marché. L&rsquo;Iran subit en effet une crise de l&rsquo;eau dramatique, où les épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents, associés à quarante ans d&rsquo;une gestion désastreuse des ressources hydriques, risquent de multiplier les pénuries et de menacer l&rsquo;équilibre environnemental et social du pays. A cet égard, les manifestations populaires qui ont eu lieu en novembre à Ispahan, face à l&rsquo;assèchement de la rivière Zayandeh-Rud, le « fleuve fertile » vital pour la région, ne sont qu&rsquo;un prélude aux futures crises. La situation nécessiterait donc une redéfinition urgente des politiques publiques de gestions des ressources. Or, sur ces points essentiels, la France peut apporter son savoir-faire et son expertise&#8230; pour peu qu&rsquo;elle s&rsquo;en donne les moyens.</div>
</div>
<p>Si de nombreux autres exemples peuvent être évoqués, le cas de l&rsquo;Iran illustre avec une éloquence particulière cette nécessité d&rsquo;indépendance qui devrait donc animer la France. Pour l&rsquo;heure, celle-ci s&rsquo;entête à faire le choix des pays arabes du Golfe Persique et de l&rsquo;atlantisme, bien que ces alliances soient de plus en plus insatisfaisantes ou ambiguës. Prenons-nous à rêver, et à imaginer que la France, à la faveur des six mois qu&rsquo;elle va passer à la tête de l&rsquo;Union européenne, puisse renouer avec le choix du Général de Gaulle et redevienne une nation non-alignée et indépendante, véritable leader de la diplomatie européenne sur la scène mondiale.</p>
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		<title>Les alliés d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-allies-dhier-ne-sont-plus-ceux-daujourdhui/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Sep 2021 09:35:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Australie]]></category>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Le récent revirement commercial de l’Australie qui a fait perdre un contrat juteux à la France, et la conclusion du<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-allies-dhier-ne-sont-plus-ceux-daujourdhui/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-12384 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/aukus-et-sous-marins-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le récent revirement commercial de l’Australie qui a fait perdre un contrat juteux à la France, et la conclusion du partenariat Aukus, alliance militaire tripartite formée par l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni, ont mis de l’huile sur le feu au niveau diplomatique et semblent réveiller les pays européens au niveau politique.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Feuilleton diplomatique</strong></h4>
<p>L’Australie a rompu récemment le “contrat du siècle”, d’une valeur de 90 milliards de dollars australiens (55,7 milliards d’euros), conclu en 2016 avec le français Naval Group pour la fourniture de douze sous-marins à propulsion conventionnelle (diesel-électrique). Canberra a en effet préféré opter pour les sous-marins à propulsion nucléaire issus des technologies américaines et britanniques, provoquant ainsi une crise diplomatique majeure entre la France et ses partenaires anglo-saxons.</p>
<p class="mise_en_avant">“Scott Morrison, Premier ministre australien, a déclaré ne pas regretter et avoir pris “la décision de faire passer l’intérêt national de l’Australie en premier”, en assurant que ce n’était pas un “changement d’avis” mais “un changement de besoins”</p>
<p>Alors que Paris a déploré une “décision regrettable” et un “coup dans le dos”, Scott Morrison, Premier ministre australien, a déclaré ne pas regretter et avoir pris “la décision de faire passer l’intérêt national de l’Australie en premier”, en assurant que ce n’était pas un “changement d’avis” mais “un changement de besoins”. Boris Johnson, Premier ministre anglais, a assuré que cet accord “ne [visait] pas à s’opposer à une quelconque autre puissance”, et que “la relation militaire” du Royaume-Uni avec la France était “extrêmement solide”.</p>
<p>De son côté, après avoir déclaré que les États-Unis n’ont pas d’allié plus proche et plus fiable que l’Australie, Joe Biden s’est montré conciliant envers Paris, assurant qu’il souhaitait “travailler étroitement avec la France” dans la zone indopacifique. Après avoir échangé il y a quelques jours par téléphone, les présidents américain et français ont promis de relancer la relation transatlantique. Mais si Paris a fini par renouer avec Washington, de gré ou de force, Londres qui a été confortée dans sa stratégie “Global Britain” avec cette victoire commerciale et diplomatique, attend toujours le dégel, qui risque de mettre du temps à arriver tant la liste des contentieux entre les deux pays est longue (Brexit, zones de pêche, migrants).</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Indopacifique, la stratégie française en reconstruction</strong></h4>
<p>Une fois l’étape de sidération passée, le président français, qui est à quelques mois de la présidence française de l’Union européenne et des élections présidentielles françaises, a réagi. Afin de rebâtir sa stratégie indopacifique, Paris s’est rapproché de l’Inde, allié majeur dans cette zone, malgré son appartenance au Quad (Dialogue Quadrilatéral pour la sécurité), dispositif américain aux côtés de l’Australie et du Japon face à la Chine.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le président français et le premier ministre indien Narendra Modi ont réaffirmé leur volonté de travailler conjointement face à l’ascension chinoise”</p>
<p>Le président français et le premier ministre indien Narendra Modi se sont entretenus au téléphone il y a quelques jours, et ont réaffirmé leur volonté de travailler conjointement face à l’ascension chinoise, la contrepartie pour l’Inde étant le renforcement de sa base industrielle et technologique grâce aux investissements français. Joe Biden a également rencontré récemment Narendra Modi, Scott Morrison et Yoshihide Suga (Premier ministre japonais) afin de les rassurer après les avoir écartés de l’alliance Aukus.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Européens, les derniers herbivores dans un monde carnivore</strong></h4>
<p>Par ailleurs, le président français remet l’accent sur son agenda européen. Véritable désaveu de la diplomatie militaire française qui se fait exclure d’une stratégie commune dans l’Indopacifique, théâtre majeur de l’affrontement sino-américain, cet événement majeur marque une réelle rupture de confiance entre alliés. L’Union européenne, qui n’a pas été informée du pacte de sécurité conclu entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni pour la région indopacifique, fait front aux côtés de la France. En effet, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-S</p>
<p>ept ont exprimé explicitement et fermement leur solidarité à l’égard de la France.</p>
<p class="mise_en_avant">“Véritable désaveu de la diplomatie militaire française qui se fait exclure d’une stratégie commune dans l’Indopacifique, cet événement majeur marque une réelle rupture de confiance entre alliés”</p>
<p>Selon Josep Borell, haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union européenne, la dispute franco-américaine n’était pas un sujet bilatéral mais bien un sujet européen. Gérard Araud, ancien représentant permanent de la France auprès des Nations unies, déclarait en octobre 2020 : “Nous vivons dans un monde de carnivores et les Européens sont les derniers herbivores. Les Européens doivent changer leur régime alimentaire et c’est pour eux très difficile à affronter”.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>America first, encore et toujours</strong></h4>
<p>Être un allié des États-Unis semble être gage ni de protection, ni d’amitié. La leçon à tirer de ce camouflet diplomatique et commercial est que, pour ceux qui en doutaient encore malgré les récents événements à Kaboul, l’administration Biden n’est pas foncièrement différente de l’administration Trump. Derrière des mots courtois, qui tranchent certes grandement avec l’hostilité de Donald Trump, le mépris de l’administration actuelle s’observe dans les faits. L’objectif premier des États-Unis se confirme un peu plus au fil des années : sa rivalité avec la Chine.</p>
<p>L’affaire des sous-marins, secrètement négociée au fil des derniers mois par les États-Unis avec ses alliés de longue date – les mêmes que ceux du Five Eyes (alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis datant de 1941) – vise en effet de manière évidente à satisfaire les ambitions régionales de Washington vis-à-vis de Pékin.</p>
<p>La perte du contrat des sous-marins a été interprétée comme le signe du déclin de la France sur la scène géopolitique mondiale et ce, à juste titre. Pour renverser la tendance, la France doit absolument, avec l’aide de l’Union européenne, mener une politique plus agressive et concurrentielle afin de retrouver une souveraineté effective et une autonomie stratégique, de manière à survivre face à l’aigle américain et le dragon chinois.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 30/09/2021.</strong></p>
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		<title>La crise des sous-marins, une débâcle mais aussi une chance pour la France</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-crise-des-sous-marins-une-debacle-mais-aussi-une-chance-pour-la-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Sep 2021 08:34:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-12368 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/09/063_1235422297_b13ed2c601.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Beaucoup d’encre a coulé sur l’affaire dite des sous-marins depuis que le 15 septembre dernier l&rsquo;Australie a annoncé à la France, sans aucune information ni indication préalable, la mise en place d’un nouveau partenariat stratégique avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec comme conséquence inéluctable l’annulation pur et simple d&rsquo;un contrat de plus de 56 milliards d&rsquo;euros pour la fourniture par la France de douze sous-marins conventionnels. Bien entendu, cette annulation ne manquera pas d’entacher, pour les années à venir, les relations entre la France et le monde anglophone en général, en ce y compris l’Inde. Cependant, malgré l’irruption médiatique autour de cette affaire et la rhétorique de vierge effarouchée déployée par le quai d’Orsay, bien mal placé par ailleurs à crier au loup alors qu’il a lui-même bafoué sa propre signature dans l’affaire des Mistrals où la France a renié son engagement de livrer deux porte hélicoptères à la Russie, quatre constats importants sont  à prendre en compte.</p>
<p>Dans un premier temps,  on pourrait insister sur le danger qui pèse sur les autres contrats d’armement en cours, et en particulier celui des rafales avec l’Indonésie. La France, à travers cette fâcheuse affaire, a découvert la triste réalité que le multilatéralisme proclamé par l’administration Biden n’était que de la poudre aux yeux et que la devise « America First » de Trump avait toujours toute sa pertinence à Washington. Ainsi, alors que les Américains identifient, et ce aujourd’hui encore plus qu’hier, la Chine comme leur principal concurrent économique et militaire, Washington risque de revenir sur ces décisions antérieures. Rappelons que le choix du Rafale par l’Indonésie n’a été qu’un second choix de remplacement pour Djakarta après le refus des Américains de leur vendre le fleuron de leur aviation militaire qu’est le F35. La nouvelle donne que représente l’annulation des contrats de sous-marins français risque de n’être qu’un signe annonciateur d’autres annulations à venir. Après tout, l’Indonésie, à l’instar de l’Australie est également menacée par la nouvelle hyper puissance de plus en plus assumée des Chinois. Le raisonnement qui a prévalu pour l’Australie du coté de Washington peut trouver aussi application sur la question des ventes d’armes à l’Indonésie. Pour Biden, la lutte contre la menace que représente la Chine pour le positionnement américain autorise cette stratégie de <em>containment </em>dans la zone Indo-Pacifique, ainsi que le renforcement de l&rsquo;armement des pays alliés qui y sont directement confrontés. Washington peut donc revenir sur sa décision de refus de vendre des F35 à l’Indonésie et donc entrainer la remise en question du contrat des Rafales par Djakarta</p>
<p>Ensuite, cette affaire est une aubaine pour le Royaume-Uni qui, à peine sorti de l’Union européenne, loin d’un isolement espéré par Paris, se trouve sacré comme partenaire privilégié des américains comme garant de la sécurité dans le pacifique. Londres renoue ainsi avec son passé impérial et devient un acteur majeur de la sécurité asiatique et ce au détriment des intérêts et du prestige militaire de la France. Le Royaume-Uni de la Commonwealth, seul allié européen des Etats-Unis, se permettra de rappeler au Monde que l’adage historique de « Britania rules the Waves » n’est pas dénué de sens aujourd’hui. Ceci est tellement vrai que la France offusquée n’a pas rappelé son ambassadeur à Londres comme si par ce geste symbolique Paris voulait réduire le rôle des anglais dans cette nouvelle alliance. Ce témoignage d’agacement en réalité est inversement proportionnel à la frustration française.</p>
<p>Troisièmement, cette affaire sonne le glas du traité de non-prolifération nucléaire. En effet, Washington ne peut que difficilement soutenir son attachement à la non-prolifération nucléaire alors qu’elle vient de bafouer ses dispositions en armant un pays non nucléaire, en l’occurrence l’Australie, avec la technologie nucléaire et l’armement qui va avec.  En effet, chacun comprendra que le sous-jacent naturel de la logique des sous-marins nucléaires est leur armement avec des missiles balistiques à tête nucléaire. En réalité, ce que traduit également cette affaire est le fait que les américains font peu de cas de la prolifération dès lors qu’elle intervient chez leurs alliés dans monde anglo-américain, en ce y compris l’Inde. On voit difficilement la position que pourra défendre Washington face à l’Iran lorsque les négociations sur le nucléaire iranien reprendront à Vienne !</p>
<p>Enfin, on peut comprendre qu’entre les sous-marins Diesel français et ceux nucléaires des américains, le choix est vite fait par Canberra même si dans les premières décennies ces sous-marins ne seront pilotés que par des marins américains. En effet, un soutien militaire américain, en cas de conflit avec la Chine, est plus crédible pour l’Australie qu’un soutien français avec seulement deux frégates dans tout le pacifique contre six porte-avions nucléaires américains et une quinzaine de sous-marins nucléaires, sans même parler des bases américaines en Corée du Sud, à Subic Bay aux Philippines et ailleurs. A cet égard, l’intimité culturelle entre Washington, Canberra et Londres, un élément certes non essentiel mais qui reste importante a joué un rôle non négligeable dans leur rapprochement. Le referendum sur l’indépendance de la Nouvelle Calédonie a accentué encore plus le ressenti des australiens concernant l’abandon de la présence française dans le pacifique et l’engagement de Paris dans cette partie du monde.</p>
<p>Toute chose égale par ailleurs, cette crise représente un « reset » de  priorités stratégiques de la France. En effet, même les membres de la « secte » des néo-conservateurs au quai d’Orsay, atlantistes convaincus de leur état, sont devenus les chantres du renouveau d’un gaullisme français. Ils appellent de leurs vœux un retour aux valeurs de l’indépendance nationale militaire et un retour à une autonomie de la production national de notre armement sur le sol français. La France, a une leçon à tirer de cette crise; celle fondée sur la phrase attribuée au Général de Gaulle : « la France n’a pas d’alliés mais des intérêts ». Le mépris témoigné par Washington à l’égard de la France, aussi bien sur cette affaire des sous-marins que sur celle de Kabul où les européens n’étaient ni informés ni sollicités dans le calendrier du départ américain, démontre la nécessité absolue d’une Europe de la défense.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 26/09/2021.</strong></p>
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