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	<title>Attaque préfecture &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Attaque à la Préfecture de police : critiquer les dérives de l&#8217;islam est une question de responsabilité pour les musulmans de France</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Oct 2019 12:51:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Attaque préfecture]]></category>
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					<description><![CDATA[Jeudi 3 octobre, un salarié de la Préfecture de police de Paris assassinait quatre de ses collègues, avant d&#8217;être lui-même<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/attaque-a-la-prefecture-de-police-critiquer-les-derives-de-lislam-est-une-question-de-responsabilite-pour-les-musulmans-de-france/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-3009 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/10/000_1EH2L4-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/10/000_1EH2L4-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/10/000_1EH2L4-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2019/10/000_1EH2L4.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Jeudi 3 octobre, un salarié de la Préfecture de police de Paris assassinait quatre de ses collègues, avant d&rsquo;être lui-même abattu par les forces de l&rsquo;ordre. Une semaine après, Christophe Castaner était auditionné par la commission des Lois du Sénat, afin de mettre au jour les dysfonctionnements qui auraient rendu cette attaque contre l&rsquo;Etat possible. Ceux-ci, en effet, sont nombreux et interrogent.</p>
<p>Que ce soit le ministre de l&rsquo;Intérieur, ses collègues de la Préfecture de police de Paris ou ses coreligionnaires de la mosquée de Gonesse, tout le monde s&rsquo;attache à dépeindre Mickaël Harpon, 45 ans, originaire de la Martinique et salarié de la Préfecture depuis vingt ans, comme un homme « <i>qui n&rsquo;a jamais présenté de difficultés comportementales</i> » ni « <i>le moindre signe d&rsquo;alerte</i> ». Un homme en couple, « <i>sans histoires</i> », dont la seule particularité était d&rsquo;être sourd. Si son handicap ne gênait en rien l&rsquo;exercice de ses fonctions comme agent administratif au service informatique, l&rsquo;homme reste néanmoins présenté comme « <i>un solitaire n&rsquo;ayant pas beaucoup d&rsquo;amis</i> » et passant beaucoup de temps sur Internet.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Cet homme normal, converti à l&rsquo;Islam depuis 2008, avait pourtant déjà fait l&rsquo;objet d&rsquo;un signalement peu après l&rsquo;attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015 – qu&rsquo;il avait légitimé. Plus étonnant encore, Mickaël Harpon appartenait à la Direction du renseignement de la Préfecture, où les agents sont accrédités au secret défense et font systématiquement l&rsquo;objet d&rsquo;une enquête approfondie avant d&rsquo;être intégrés. Embauché il y a vingt ans (donc bien avant sa conversion à l&rsquo;Islam), il y aurait acquis selon son propre témoignage une forme de stabilité. Mais depuis lors, vraisemblablement, l&rsquo;évolution de son profil psychologique n&rsquo;a pas été suivie, ou a été largement sous-estimée. D&rsquo;après sa compagne placée en garde à vue depuis l&rsquo;évènement, il aurait ainsi eu une « crise de démence » la nuit précédant l&rsquo;attaque. Ce passage à l&rsquo;acte tragique est l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une radicalisation passée totalement inaperçue, d&rsquo;un « <i>signal faible qui n&rsquo;a pas été exploité comme il aurait dû l&rsquo;être</i> », comme le soulignait Eric Morvan, le directeur général de la police nationale. Mais, précisément, pourquoi ne n&rsquo;a t-il pas été ?<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Les faits soulèvent deux questionnements : d&rsquo;une part, évoquer l&rsquo;Islam dans le débat public semble poser de plus en plus de difficultés. De peur de se voir accusés d&rsquo;islamophobie, les partis de droite comme de gauche n&rsquo;osent pas aborder un sujet potentiellement clivant. Pourtant, le lien de plus en plus récurrent de l&rsquo;Islam avec la violence nécessiterait, au nom de la protection des personnes et plus largement de l&rsquo;intérêt général, que de réelles questions soient posées : sur le mode de financement des lieux de culte, sur la provenance et l&rsquo;obédience des prédicateurs, sur l&rsquo;isolement dans lequel certains quartiers et certaines populations fragiles sont abandonnés, en faisant des proies faciles pour les versions les plus extrémistes de l&rsquo;Islam.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>D&rsquo;autre part, on observe bien qu&rsquo;il y a, depuis de longues années, un silence coupable, non seulement de la classe politique française, mais aussi des musulmans de France. La réaction des musulmans de Gonesse est à ce titre révélatrice : un état de sidération face à l&rsquo;évènement, et l&rsquo;inquiétude de voir leur mosquée considérée comme l&rsquo;antichambre du terrorisme. Pourtant, les imams de la mosquée locale &#8211; Ahmed Hilali, imam adjoint, révoqué depuis vendredi, et Hassan el Haouri, imam référent, toujours en poste – ont la réputation d&rsquo;être « controversés »&#8230; Ahmed Hilali était « fiché S » depuis 2015, mais la raison de ce fichage reste à ce jour encore à préciser. L&rsquo;association musulmane de Gonesse, en charge du lieu de culte, nie néanmoins que l&rsquo;assaillant se soit radicalisé dans cette mosquée. Plus que de la gêne et de la crainte, c&rsquo;est de la colère qu&rsquo;on serait en droit d&rsquo;attendre de la part des musulmans de France, de voir ainsi une communauté entière placée en accusation à cause des crimes de quelques-uns. Le Conseil français du culte musulman a beau avoir dénoncé « <i>ces actes criminels commis prétendument au nom de l&rsquo;Islam</i> » et réaffirmé « <i>son engagement à œuvrer aux côtés des responsables des lieux de culte pour (…) prévenir toute forme de radicalisation </i>», sa parole est tout aussi inaudible que celle d&rsquo;un Etat protecteur incapable de se protéger lui-même. C&rsquo;est, de part et d&rsquo;autre, un mutisme ou une panique quasi totale que l&rsquo;on observe.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>C&rsquo;est là que les Français issus de l&rsquo;immigration, qu&rsquo;ils viennent du Maghreb ou d&rsquo;autres pays de culture musulmane, et dont les parcours sont marqués par la réussite, ont un rôle fondamental à jouer pour réintroduire l&rsquo;islam dans le débat public. Outre qu&rsquo;ils ont la légitimité nécessaire pour parler du sujet – on pourrait difficilement les accuser de racisme ou d&rsquo;islamophobie – ils peuvent devenir des <i>role-models </i>(héros positifs), des figures avec lesquelles les membres de la communauté musulmane française peuvent s&rsquo;identifier. Dans le silence assourdissant, ou les contre-vérités, qui entourent désormais la question de l&rsquo;islam en France, eux que l&rsquo;on entend peu doivent désormais s&rsquo;exprimer, critiquer, proposer. Il en va de l&rsquo;avenir d&rsquo;une communauté de 10 à 15 millions de personnes, gangrenées par l&rsquo;obscurantisme alors qu&rsquo;elles vivent dans un pays qui leur offre un vaste champ d’opportunités.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 15/10/2019.</strong></p>
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