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	<title>Arménie &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Erdogan reprend sa marche ottomane</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Mar 2025 11:47:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[L’année 2024 a profondément bousculé les équilibres régionaux au Moyen-Orient. Au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre, puis en<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/erdogan-reprend-sa-marche-ottomane/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’année 2024 a profondément bousculé les équilibres régionaux au Moyen-Orient. Au pouvoir depuis 2003, d’abord comme Premier ministre, puis en tant que président depuis 2014, Recep Tayyip Erdogan poursuit méthodiquement sa politique de puissance. Pensée pour restaurer une grandeur néo-ottomane, cette stratégie se déploie tous azimuts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retour de la Turquie en Syrie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, la Turquie entend s’imposer comme leader du monde musulman sunnite. À ce titre, Ankara profite largement du renversement du régime de Bachar al-Assad, allié stratégique de l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’Erdogan continue de nier toute implication dans l’offensive éclair de décembre dernier, sa proximité avec le président intérimaire Ahmed al-Charaa, ainsi qu’avec le groupe islamiste sunnite Hayat Tahrir al-Sham en raison de leur obédience commune à l’idéologie des Frères musulmans, lui permet de faire avancer son agenda et de renforcer sa présence dans une région jusque-là sous forte influence iranienne chiite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la chute du régime baasiste, entre 30 000 et 80 000 réfugiés syriens, selon les estimations, ont déjà été rapatriés en Syrie depuis la Turquie. Enfin, Erdogan est parvenu à manœuvrer pour bloquer définitivement la création d’un État kurde à sa frontière sud par les forces kurdes turques du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) et celles syriennes, qui composent majoritairement AANES (Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie), affaiblies par le renversement de leur allié alaouite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que depuis sa prison turque, Abdullah Öcalan, le leader du PKK, a appelé à la dissolution de son parti, le président par intérim syrien et Mazloum Abdi, commandant des Forces démocratiques syriennes, ont conclu le 10 mars dernier un accord historique prévoyant l’intégration des institutions civiles et militaires de l’AANES au sein de l’État syrien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ambitions énergétiques turco-azerbaïdjannaises</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Turquie mène aussi depuis des années une stratégie énergétique ambitieuse, notamment dans le Caucase. En 2006, le gazoduc Bakou-Tbilissi-Erzurum (BTE) a été mis en service et récemment, Ankara et Bakou ont convenu d’augmenter le volume des flux du TANAP (Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline) qui depuis sa création a acheminé 76,1 milliards de mètres cubes de gaz azerbaïdjanais vers l’Europe en passant par la Turquie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le 5 mars dernier, l’Azerbaïdjan et la Turquie ont à nouveau renforcé leur partenariat énergétique en inaugurant un autre gazoduc Igdır-Nakhchivan, qui relie la Turquie à l’enclave azerbaïdjanaise de Nakhitchevan coincée entre l’Arménie, la Turquie et l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces projets sont notamment encouragés par la Commission européenne qui, sans se soucier des droits humains et de la souveraineté de l’Arménie, y voit une opportunité de réduire sa dépendance au gaz russe en faisant de l’Azerbaïdjan, riche en gisements offshore, un fournisseur d’hydrocarbures privilégié. À ce titre, le 18 juillet 2022, Ursusla Von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Ilham Aliyev, le président azerbaïdjanais, ont signé un mémorandum visant à doubler les importations de gaz azerbaïdjanais d’ici 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette ambition énergétique, la Turquie d’Erdogan entend renouer avec son passé altaïque et fédérer les populations turcophones du Caucase et d’Asie centrale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran et le corridor stratégique de Zanguezour</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, significativement affaibli, peine à contenir cet expansionnisme turc. Téhéran a subi de lourdes pertes stratégiques, réduisant drastiquement son influence et son pouvoir de nuisance régionale, stratégie cardinale de sa dissuasion extérieure. La guerre à Gaza, l’offensive israélienne contre le Hezbollah et la chute du régime de Bachar al-Assad, son allié historique par lequel transitait son soutien militaire, ont considérablement entamé ses proxys.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran redoute le renforcement de la coopération énergétique entre Ankara et Bakou, craignant d’être marginalisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment, les autorités turques et azerbaïdjanaises ont réaffirmé leur volonté de mettre en œuvre le corridor de Zanguezour. Ce corridor, hautement stratégique car il permettrait des débouchés sur l’Europe comme sur l’Asie, ambitionne de relier la ville de Kars en Turquie à Bakou sur les bords de la mer Caspienne en passant par l’enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan et en longeant les frontières iraniennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran refuse catégoriquement un tel projet qui encerclerait son territoire et compromettrait la souveraineté arménienne. Téhéran craint que ses flux d’approvisionnement et d’exportation ne deviennent tributaires du bon vouloir des autorités turques et azerbaïdjanaises, faisant peser des risques de blocage à l’image des fermetures sporadiques ces dernières années des postes-frontières de Poldacht et d’Astara, qu’a pourtant démenties Bakou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré une frontière commune et une population azérie chiite représentant environ 60 % de l’Azerbaïdjan, les relations irano-azerbaïdjanaises demeurent délicates. Téhéran a adopté une position ambiguë sur le conflit du Haut-Karabakh, reconnaissant la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur ce territoire tout en maintenant une proximité avec Erevan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’Iran redoute aussi le soutien de l’Azerbaïdjan à l’irrédentisme des Azéris d’Iran, qui représentent environ 16 % de la population et sont concentrés dans le nord-ouest du pays, près de la frontière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, malgré ses faiblesses intérieures et profitant de l’affaiblissement de l’Iran, la Turquie d’Erdogan continue d’avancer ses pions au Moyen-Orient et dans le Caucase.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/erdogan-reprend-sa-marchee-ottomane-123735/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/erdogan-reprend-sa-marchee-ottomane-123735/">Le nouvel Economiste</a> le 20/03/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">©SIPA</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>La paix entre l&#8217;Azerbaïdjan et l&#8217;Arménie est-elle possible ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-paix-entre-lazerbaidjan-et-larmenie-est-elle-possible%e2%80%af/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Nov 2023 09:12:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Le marché plutôt que la guerre ? Créer des liens économiques pour assurer la paix est en effet un principe fondamental<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-paix-entre-lazerbaidjan-et-larmenie-est-elle-possible%e2%80%af/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le marché plutôt que la guerre ? Créer des liens économiques pour assurer la paix est en effet un principe fondamental des relations géopolitiques contemporaines, et celui-ci a d’ailleurs largement présidé à la fondation de l’Union européenne. De fait, l’Europe occidentale est en paix depuis 1945, un phénomène jamais vu au cours des siècles précédents. La recette fera-t-elle des émules dans le Caucase ? Après trente ans de bellicisme et d’échec d’une solution diplomatique sur la question du Haut-Karabakh, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont laissé entendre ces dernières semaines qu’un accord de paix entre les deux pays pourrait être signé d’ici la fin de l’année. Surprenante, l’annonce est cependant crédible sur plusieurs points.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le pragmatisme de la normalisation</strong></h4>
<p>Aussi douloureuse soit-elle, la perte semble-t-il définitive du Haut-Karabakh, rendu au giron azéri, a été actée par l’Arménie. C’est pour elle un échec politique indiscutable. Pour éviter de le doubler d’un échec humanitaire, Erevan compte désormais accorder la citoyenneté arménienne ou un statut spécial de réfugiés aux Arméniens de l’enclave, les autorités azéries entretenant sciemment le flou sur leur avenir. Mais cette perte territoriale lève aussi le seul obstacle permanent à toute normalisation de ses relations avec l’Azerbaïdjan. Or, le pragmatisme est un pilier fondamental d’une action politique efficace. En dépit de leurs profonds contentieux et différences, les deux voisins ont aussi un objectif commun : sortir totalement le Caucase du Sud, l’une des régions du monde les moins dotées en infrastructures de transports (tant pour des raisons géographiques que géopolitiques) de l’enclavement, et augmenter ses réseaux de connexion vers l’Asie et l’Europe. En effet, à cause du différend sur le statut de l’enclave, la frontière entre l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Turquie est demeurée fermée durant près de trente ans, ne permettant à Erevan que des connexions limitées vers le nord, via la Géorgie et la Russie, et l’Iran au sud. Pour l’Azerbaïdjan, les effets ont été tout aussi négatifs, ses exportations d’hydrocarbures vers l’Europe dépendant exclusivement des possibilités de transit offertes par la Géorgie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le projet arménien “Crossroads for peace”</strong></h4>
<p>Le temps serait-il venu pour le Caucase de devenir un hub énergétique et économique ? La région a pu être témoin de cette nouvelle approche volontariste de la part de l’Arménie, lors de la Conférence de la Route de la soie à Tbilissi le 26 octobre dernier. À cette occasion, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a dévoilé un projet baptisé “Crossroads for peace”, dont le but serait de créer de nouvelles interconnexions de transport entre l’Arménie, l’Iran et la Géorgie, mais aussi l’Azerbaïdjan et la Turquie. L’inclusion de ces deux derniers voisins a été évidemment remarquée, à peine plus d’un mois après l’offensive azérie contre le Haut-Karabakh avec le soutien turc.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Le but du projet “Crossroads for peace” serait de créer de nouvelles interconnexions de transport entre l’Arménie, l’Iran et la Géorgie, mais aussi l’Azerbaïdjan et la Turquie”</em></p>
<p>Le projet de Pachinian est naturellement concurrent de celui, panturquiste, de Bakou et Ankara. Le corridor du Zanguezour, sur lequel repose ce dernier, doit en effet non seulement relier l’enclave du Nakhitchevan à l’Azerbaïdjan, mais également assurer à terme une connexion énergétique entre la Turquie et l’Asie centrale via le Caucase du Sud. Outre l’aspect culturel et turcophone du projet, l’objectif de l’Azerbaïdjan était naturellement de s’assurer un moyen de désenclavement, quitte à se passer de l’approbation de l’Arménie pour y parvenir. Erevan y reste farouchement opposé, tout comme l’Iran, tous deux le considérant comme une intolérable remise en cause de la souveraineté territoriale arménienne.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Une option plus sûre pour l’Azerbaïdjan et la Turquie</strong></h4>
<p>Mais l’Arménie a également acté le fait qu’il lui fallait prendre des initiatives pour résister au bellicisme de son voisin, au lieu de demeurer passive et soumise au bon vouloir de ses alliés. L’attitude de la Russie depuis 2020, puissance désormais marquée dans la région par son manque de fiabilité, a été décisive en la matière. Erevan sait que l’Azerbaïdjan et la Turquie ont des objectifs propres que sa proposition risque de compromettre. Mais celle-ci a néanmoins le mérite d’être pour eux politiquement plus “sûre” qu’une campagne militaire, qui risquerait très probablement de susciter une véritable réponse internationale, et donc d’isoler les deux alliés turcs. Ayant désormais atteint son objectif identitaire et nationaliste avec la “reconquête” du Haut-Karabakh, l’Azerbaïdjan pourrait perdre tous ses acquis s’il s’engageait dans l’invasion et la conquête de nouveaux territoires par la force, et au mépris du droit international. Car l’Arménie, État souverain et internationalement reconnu, n’est pas l’Artsakh.</p>
<p>Mais la création d’intérêts économiques communs est en effet une piste crédible pour assurer la stabilité de la région, en plus d’obliger chacun à reconnaître l’intégrité territoriale du voisin.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Un pas vers une paix durable ?</strong></h4>
<p>Le projet de Nikol Pachinian est donc particulièrement pertinent pour au moins deux raisons : outre la création d’intérêts économiques communs qui contribueront à la stabilité de la région et sécuriseront la coopération diplomatique de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, il obligera chacun à reconnaître l’intégrité territoriale du voisin et, de facto, à le désarmer. Il incarne un excellent préalable à toute réconciliation entre les deux pays, et ouvre un avenir de développement considérable pour la région, mais aussi au-delà, en permettant de créer des connexions supplémentaires entre l’Europe et l’Asie centrale et de renforcer potentiellement la présence occidentale dans ce carrefour géopolitique essentiel.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Grande absente du sommet de Tbilissi, la Russie pourrait constituer une force de disruption majeure”</em></p>
<p>Le fait que les officiels des principales puissances concernées, à savoir l’Azerbaïdjan, la Turquie et l’Iran, aient été présents lors de l’annonce publique du projet, laisse transparaître l’espoir d’une paix durable. Les opposants à la normalisation entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, présents dans les deux pays, pourraient néanmoins constituer une force de résistance non négligeable face à cette perspective.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La capacité de nuisance de la Russie</strong></h4>
<p>Grande absente du sommet de Tbilissi et de ce fait très remarquée, la Russie pourrait également constituer une force de disruption majeure face à ces projets. Il n’est plus à démontrer que Moscou a sciemment entretenu le “conflit gelé” du Haut-Karabakh et maintenu l’instabilité dans la région afin de conserver son influence dans son “étranger proche” et saborder les intérêts occidentaux en Eurasie. Son absence de soutien militaire envers son alliée arménienne a achevé de nourrir la défiance d’Erevan à son égard, et les relations entre les deux pays se sont dégradées à mesure que l’Arménie se rapprochait stratégiquement des membres de l’Otan, comme la France et les États-Unis. Face à cette perte d’influence et à la perspective de voir une région où elle fut historiquement présente évoluer sans elle, la Russie risque donc d’employer une nouvelle fois sa capacité de nuisance pour maintenir son emprise géopolitique, quitte à oblitérer les minces espoirs de paix qui se présentent pour le Caucase du Sud.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 09/11/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’invasion de l&#8217;Arménie, une erreur politique pour l’Azerbaïdjan</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/linvasion-de-larmenie-une-erreur-politique-pour-lazerbaidjan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Nov 2023 11:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
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					<description><![CDATA[Les intentions d’Ilham Aliyev suite à sa « reconquête » de l’enclave étaient en effet des plus floues. Et la<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/linvasion-de-larmenie-une-erreur-politique-pour-lazerbaidjan/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les intentions d’Ilham Aliyev suite à sa « reconquête » de l’enclave étaient en effet des plus floues. Et la déclaration d’Antony Blinken début octobre a achevé de laisser penser qu’elles seraient forcément belliqueuses, puisqu’il estimait une invasion de l’Arménie par Bakou « imminente ».</p>
<p>Sans être nécessairement exagérée, cette assertion doit être replacée dans le contexte hautement sensible de l’exil de près de 100 000 Arméniens du Haut-Karabakh, qui ont principalement trouvé refuge en Arménie voisine. Seules les personnes les plus âgées, handicapées, ou inaptes à se déplacer, sont restées dans l’enclave, et leur sort demeure indéterminé. Ces évènements ont réveillé la mémoire du génocide de 1915, toujours vif dans l’inconscient collectif arménien, et ont  rapidement laissé craindre une escalade de la part de Bakou.</p>
<p>Les abus perpétrés par l’Azerbaïdjan au Haut-Karabakh, comme l’accusation de « nettoyage ethnique » et culturel, sont réels. Il paraît au demeurant plausible que le président azéri ait envisagé une invasion de la province arménienne du Syunik dans le cas d’une résistance éventuelle de l’Artsakh, afin de disposer d’un moyen de pression supplémentaire pour obtenir la dissolution du gouvernement autonome. Or, sa reddition extrêmement rapide et sans combat a certes permis à l’Azerbaïdjan d’annexer l’enclave sans trop d’efforts, mais l’a également pris au dépourvu quant à la suite des évènements.</p>
<p>Certes, par le passé et singulièrement ces trois dernières années, Aliyev a souvent utilisé la menace militaire pour obtenir des concessions de l&rsquo;Arménie. Depuis l’annonce du projet du corridor du Zanguezour (qui doit relier la province azérie du Nakhitchevan au reste de l’Azerbaïdjan en passant par le territoire arménien), Ilham Aliyev n’a eu de cesse d’employer une rhétorique de plus en plus agressive pour vaincre les légitimes réticences de l’Arménie. De mai à novembre 2021, les incidents frontaliers entre les deux pays se sont multipliés, sans compter les incursions des forces azéries &#8211; déjà ! &#8211; dans les provinces du Syunik et du Gegharkunik, au prétexte d’une mauvaise démarcation de la frontière. Par ces provocations, Ilham Aliyev visait à obtenir à la fois une réponse militaire de l’Arménie et le <em>casus belli</em> nécessaire pour justifier une invasion et une occupation en bonne et due forme de sa voisine.</p>
<p>Cependant, l’Arménie a toujours su résister à la tentation de l&rsquo;escalade, afin de montrer à la communauté internationale qu&rsquo;elle n&rsquo;était pas l&rsquo;agresseur et qu&rsquo;elle respectait à la lettre l’accord de cessez-le-feu du 9 novembre 2020. A l’inverse, l’Azerbaïdjan l’a constamment violé en de multiples points durant trois ans : blocus du corridor de Lachine, exactions régulières contre la population de l’Artsakh, retour rendu impossible pour les réfugiés, rétention des prisonniers de guerre et otages arméniens.</p>
<p>2022 a vu le projet d’invasion de l’Arménie s’accélérer, mais celui-ci s’est rapidement heurté à une forte résistance et a entraîné d’importantes pertes humaines pour l’Azerbaïdjan. Pour autant, ces incursions lui ont permis de saisir des points stratégiques sur la frontière commune entre les deux pays. A ce jour, on compte toujours entre 140 et 215 kilomètres carrés de territoire arménien illégalement occupés par l’Azerbaïdjan.</p>
<p>Compte tenu de l’absence de réaction des Occidentaux face à l’annexion de l’Artsakh, le moment pourrait être tout à fait propice à une invasion de l’Arménie, permettant à Aliyev de poursuivre ses ambitions panturquistes avec la bénédiction de la Turquie. En réalité, l&rsquo;Azerbaïdjan n&rsquo;a aucun intérêt stratégique à s&rsquo;engager dans un conflit militaire avec sa voisine, et ce pour plusieurs raisons.</p>
<p>En premier lieu, l’Arménie n’est pas le Haut-Karabakh, au sens où celle-ci est un Etat de droit internationalement reconnu, et donc indépendant. L’Artsakh ne pouvait malheureusement pas se prévaloir du même statut, en raison du très complexe différend territorial et juridique qui oppose l’Arménie et l’Azerbaïdjan sur son compte depuis plus d’un siècle et l’a privé d’une reconnaissance internationale. Une invasion de l’Arménie sans raison valable – c’est-à-dire sans agression directe ou indirecte contre l’Azerbaïdjan – serait de fait illégale et générerait une réponse internationale immédiate, car Erevan conserve fort heureusement des alliés et des appuis.</p>
<p>Par ailleurs, l’armée arménienne s’est considérablement professionnalisée depuis sa défaite à l’automne 2020. Il est ainsi difficile de comparer l’annexion forcée d’une petite enclave qui ne comptait que 5000 soldats et une population affamée par neuf mois de blocus, avec l’invasion d’un pays de trois millions d’habitants doté d’une véritable armée et de soutiens extérieurs.</p>
<p>Le principal argument en défaveur d’une action militaire de l’Azerbaïdjan demeure naturellement l’Iran. Soucieux de préserver l’intégrité territoriale de son alliée, Téhéran ne pourrait pas considérer une telle attaque autrement que comme un affront personnel et un manque de respect envers son statut de puissance régionale. Une invasion azérie déclencherait donc automatiquement une réponse iranienne, car son absence serait un terrible aveu de faiblesse pour l’Iran auprès de ses alliés et surtout de ses rivaux. La question de l’irrédentisme azéri demeure également au coeur des réflexions stratégiques de Téhéran,  la perspective de voir Bakou armer un mouvement séparatiste à sa frontière nord-ouest étant impensable. Aussi, bien qu’il n’ait plus été engagé dans une guerre conventionnelle depuis 1988, l’Iran demeure fort de son réseau de proxies et de ses capacités techniques militaires, qui lui donneraient aisément l&rsquo;avantage sur l&rsquo;Azerbaïdjan.</p>
<p>Il semble donc contre-productif de céder à la panique, car ce serait miser sur une défaillance stratégique de la part d’Ilham Aliyev. Or, ses vingt années au pouvoir démontrent que le président azéri sait attendre, que ce soit pour renforcer patiemment les capacités militaires de son pays, consolider ses alliances ou exploiter les contentieux entre l’Arménie et ses alliés – notamment la Russie. Pour l’heure, Aliyev a déjà atteint ses principaux objectifs avec l&rsquo;annexion du Haut-Karabakh, et la patience stratégique assurera davantage la stabilité de son régime qu’une hasardeuse option militaire. C’est d’ailleurs pour cette raison que la plus grande méfiance et l’anticipation demeurent des impératifs pour l’Arménie.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 5/11/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>L&#8217;Azerbaïdjan n&#8217;en a pas fini avec l&#8217;Arménie</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/lazerbaidjan-nen-a-pas-fini-avec-larmenie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 07:49:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 15 octobre, Ilham Aliyev s&#8217;est rendu à Stepanakert, l’ex-capitale du Haut-Karabakh, désormais appelée Khankandi depuis son retour dans le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/lazerbaidjan-nen-a-pas-fini-avec-larmenie/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le 15 octobre, Ilham Aliyev s&rsquo;est rendu à Stepanakert, l’ex-capitale du Haut-Karabakh, désormais appelée Khankandi depuis son retour dans le giron de l’Azerbaïdjan. Une vidéo de quatre minutes a immortalisé cette visite, qui présente le président azéri en treillis, hissant lui-même le drapeau de son pays face au bâtiment qui abritait encore jusqu’au 19 septembre dernier le gouvernement de l’enclave. Son passage à l’intérieur du bâtiment a volontairement cumulé gestes et commentaires particulièrement agressifs et méprisants envers l’Arménie et les autorités en exil du Haut-Karabakh. On voit ainsi Ilham Aliyev fouler aux pieds le drapeau de la république défunte, ouvrir délibérément une fenêtre comme pour en chasser toute ancienne présence arménienne, ou encore moquer, à la vue d’une ancienne carte, « la Grande Arménie » de jadis, qui s’étendait de l’Anatolie orientale au nord de l’Iran. Tout aussi virulent et jubilant durant son discours, le président azéri a souligné que cette visite coïncidait avec le 20ème anniversaire de son accession au pouvoir, qu’il a hérité de son père, Heydar Aliyev. Et il a rappelé sa priorité principale depuis lors, à savoir la reconquête de tous les territoires, villes et villages « occupés » et anciennement azéris, « but sacré » qui l’aurait occupé « chaque jour et chaque heure » depuis vingt ans.</p>
<p>Sur ce point, Ilham Aliyev fait preuve d’une parfaite sincérité. La défaite de l’Arménie en 2020, et l’annexion forcée du Haut-Karabakh en 2023 au mépris du droit international après plusieurs mois de blocus, concrétisent en effet une politique revancharde et haineuse alimentée par trente ans de propagande et d’idéologie anti-arménienne. Durant les trente dernières années, l’Azerbaïdjan n’a cessé de préparer militairement cette reconquête, avec l’appui de son parrain naturel, la Turquie, mais aussi d’Israël et du Pakistan.</p>
<p>Le flou le plus total persiste toujours sur les conditions concrètes de l’intégration de la population arménienne à l’Azerbaïdjan, qui était pourtant une promesse du président azéri afin de rassurer les habitants du Haut-Karabakh. Suite à l’offensive du 19 septembre, les officiels azéris ont rencontré à deux reprises les représentants des Arméniens de l’enclave à ce sujet. Mais alors que la quasi-totalité des 100 000 habitants a fui, essentiellement vers l’Arménie voisine, et qu’il ne reste plus qu’une cinquantaine d’habitants sur place selon la mission de l’ONU, aucune précision n’a été apportée depuis sur cette notion de « réintégration ». Selon les autorités azéries, 98 Arméniens seulement ont demandé la citoyenneté azérie. Dans son discours triomphant, Ilham Aliyev a conservé un éloquent silence sur le sort des exilés… que ce soit en matière d&rsquo;intégration à la société azérie, ou de retour au Haut-Karabakh. Ce dernier évènement démontre qu&rsquo;il n&rsquo;y a du côté azéri aucune volonté de réconciliation ni de construction d&rsquo;un avenir commun. Ilham Aliyev a marché en vainqueur dans une ville déserte, vidée de ses habitants, et c’est un symbole en soi : le Haut-Karabakh qu’il souhaite doit être dépourvu d’une présence et d’une mémoire arméniennes. Il ne s’agit en réalité que de la poursuite d’un projet panturc très ancien, débuté au début du XXème siècle par des pogroms, poursuivi avec le génocide arménien de 1915, et en train de s’achever actuellement avec le nettoyage ethnique du Haut-Karabakh.</p>
<p>Ce positionnement n’augure rien de bon pour les suites du conflit, qui n’est absolument pas réglé. En atteste la déclaration de l’ambassadeur arménien auprès de l’Union européenne, qui estime que l’Azerbaïdjan prépare activement une invasion du sud de l’Arménie dans les prochaines semaines. Plus inquiétant encore, cet avis est partagé par Antony Blinken lui-même, qui en a fait part récemment à quelques parlementaires américains. Le Secrétaire d’État a d’ailleurs précisé que le Washington envisageait de ne pas renouveler la dérogation au Freedom Support Act, qui permettait aux Etats-Unis de fournir une assistance militaire à Bakou depuis 2002 en dépit de ses différends avec Erevan.</p>
<p>Bien qu’ayant pris ses distances ces derniers mois sur la question de l’indépendance du Haut-Karabakh, le gouvernement arménien ne pouvait contester le fait que l’enclave constituait un bouclier stratégique pour la propre intégrité territoriale de l’Arménie. Alors que la république du Haut-Karabakh a acté sa dissolution au 1er janvier prochain, elle est désormais clairement menacée par la réalisation du corridor du Zanguezour, qui permettrait de créer une continuité territoriale entre la Turquie et l’Azerbaïdjan via le Nakhitchevan, mais constituerait une atteinte fatale portée à sa souveraineté.</p>
<p>Depuis un mois, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian essuie de vives critiques sur sa gestion du conflit et son abandon délibéré du Haut-Karabakh, dans l’espoir d’éviter d’entraîner l’Arménie dans un conflit de plus grande ampleur, notamment avec la Turquie. Mais le fait est que le conflit est désormais aux portes de l’Arménie, et dans ce contexte si incertain, des négociations de paix doivent pourtant s’ouvrir entre Bakou et Erevan. Son vibrant plaidoyer devant le Parlement européen mardi 17 octobre en faveur de la préservation de la démocratie arménienne témoigne de la fébrilité croissante de son pays, désespérément à la recherche d’alliés en Occident alors que la Russie, totalement passive face au sort du Haut-Karabakh, se rapprocherait délibérément de l’Azerbaïdjan. Pour sa part, la France semble s’être enfin souvenue de sa mission historique de protection de l’Arménie, puisqu’elle serait sur le point de finaliser des mesures opérationnelles concrètes, dont la livraison de matériel militaire à Erevan pour qu’elle puisse assurer sa défense, « sans aucun esprit d’escalade ». Mais comme le dit l’adage latin : si vis pacem, para bellum.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 22/10/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La France est-elle encore l’amie de l’Arménie ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-france-est-elle-encore-lamie-de-larmenie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Oct 2023 07:40:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Lors de la célébration du 108e anniversaire du génocide arménien de 1915 en avril dernier, Emmanuel Macron a réaffirmé le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-france-est-elle-encore-lamie-de-larmenie/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lors de la célébration du 108e anniversaire du génocide arménien de 1915 en avril dernier, Emmanuel Macron a réaffirmé le “soutien résolu” de la France à l’Arménie… tout en acceptant les importations gazières en provenance d’Azerbaïdjan. Pourtant, depuis trois ans, ce pays déploie contre les Arméniens du Haut-Karabakh tout un arsenal militaire et idéologique qui vise leur destruction pure et simple. En dépit d’une riche histoire commune et de la présence de la plus importante communauté arménienne d’Europe sur son territoire – plus de 450 000 personnes, dont au moins 80 000 résidant dans la région de Marseille – la France ne sort pas des condamnations formelles envers l’Azerbaïdjan, qui a achevé le 19 septembre l’entreprise de reconquête entamée en 2020 avec l’appui de la Turquie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Une longue tradition d’amitié</strong></h4>
<p>La France a pourtant une longue tradition d’amitié et de proximité avec le peuple arménien, qui débute dès le Haut-Moyen Âge. Les points communs culturels sont en effet nombreux entre l’Arménie, qui fut le premier royaume chrétien du monde fondé en 301 après J.C, et la France, “fille aînée de l’Église”. Du règne de Soliman le Magnifique à la chute du califat ottoman en 1923, la France a été chargée, en vertu des capitulations, de la protection des minorités chrétiennes de l’Empire ottoman. Et bien avant le génocide de 1915, les intellectuels et hommes politiques français ont pris fait et cause pour les persécutions commises à l’encontre des Arméniens ottomans.</p>
<p class="mise_en_avant">“Les points communs culturels sont en effet nombreux entre l’Arménie, qui fut le premier royaume chrétien du monde fondé en 301 après J.C, et la France, “fille aînée de l’Église”</p>
<p>De cet intérêt pour les “peuples d’Orient” naquit en 1900 le journal ‘Pro Armenia’, dont le comité éditorial réunissait aussi bien Jean Jaurès que Georges Clemenceau ou encore Anatole France, et qui inaugura le mouvement arménophile en France. C’est encore la France qui s’imposa comme protectrice des Arméniens dans les années qui ont suivi le génocide, puisque la Cilicie – correspondant aujourd’hui à l’actuelle province turque d’Adana – a été une terre de refuge pour les Arméniens sous forme de protectorat français, et que notre pays est également devenu à partir de cette époque le lieu d’exil “naturel” de la diaspora arménienne.</p>
<p>L’amitié franco-arménienne est telle depuis le début du XXe siècle qu’elle explique en grande partie le contentieux particulièrement vif entre la France et la Turquie à propos de la reconnaissance du génocide arménien, tout comme le fait qu’elle ait été l’un des pays les plus divisés face à la perspective d’une adhésion turque à l’Union européenne. C’est, encore une fois, la France qui fut l’un des premiers pays à reconnaître officiellement le génocide arménien et la République d’Arménie en 1998, suite à l’adoption à l’unanimité d’une proposition de loi de l’Assemblée nationale.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’attentisme européen, un mauvais calcul</strong></h4>
<p>Cependant, au plus haut niveau de l’État français, la réactivité diplomatique est loin d’être à la hauteur de la situation vécue par les 100 000 Arméniens de l’Artsakh qui ont déjà trouvé refuge en Arménie voisine. Le temps de Jaurès et d’Anatole France, qui appelaient dès les années 1890 à une intervention militaire pour défendre le peuple arménien, est-il révolu ? Aujourd’hui, les parlementaires français de tous les bords politiques poursuivent malgré tout la tradition de leurs prédécesseurs, en exprimant régulièrement leur soutien aux Arméniens du Haut-Karabakh depuis le début du conflit via des tribunes, des propositions de résolution et des rapports d’information. Récemment, le Sénat a de nouveau réclamé la remise en cause de l’accord énergétique signé entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne en juillet 2022, tout comme le Parlement européen, qui a adopté le 5 octobre, et à une très large majorité, un texte réclamant également “des sanctions ciblées” contre Bakou.</p>
<p class="mise_en_avant">“Le temps de Jaurès et d’Anatole France, qui appelaient dès les années 1890 à une intervention militaire pour défendre le peuple arménien, est-il révolu ?”</p>
<p>Mais le relatif silence de la France à l’égard des Arméniens du Caucase s’explique par le poids de mauvais calculs géostratégiques. En entraînant le continent européen dans la guerre, le conflit ukrainien a en effet fragilisé l’équilibre énergétique des membres de l’Union européenne, jusqu’alors clients du gaz russe. D’ici à 2027, ceux-ci vont donc doubler leurs importations de gaz en provenance d’Azerbaïdjan, qui permettront de satisfaire 5 % de leur consommation annuelle. Par ailleurs, alors que l’Europe cherche à développer des infrastructures de transport entre le continent et l’Asie centrale tout en évitant la Russie et l’Iran, l’Azerbaïdjan a réussi à s’imposer comme un partenaire incontournable. Autant de sujets qui divisent les Européens sur les décisions à prendre face au bellicisme de cet allié qui commence à devenir gênant…</p>
<p>À long terme, l’attentisme est pourtant une erreur de calcul. Car le conflit, loin d’être résolu, risque désormais de s’étendre. Après l’offensive azérie contre le Haut-Karabakh, les Arméniens de la province du Syunik, au sud de l’Arménie, assurent que les “Azéris sont déjà là”. Ilham Aliyev et Recep Tayyip Erdogan n’ont pas caché que leur prochain objectif était la réalisation du corridor du Zanguezour, cette connexion terrestre qui doit rattacher l’enclave du Nakhitchevan au reste de l’Azerbaïdjan, quitte pour cela à remettre en cause l’intégrité territoriale de l’Arménie ainsi que sa frontière commune avec l’Iran.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La France pour prendre la tête de la réponse européenne</strong></h4>
<p>Patrie auto-proclamée des droits de l’homme, la France, en vertu de son passé commun avec l’Arménie et du respect qu’elle doit à la communauté arménienne présente sur son sol, ne peut plus tolérer la poursuite du nettoyage ethnique et culturel en cours en Transcaucasie, comme elle ne peut plus se contenter d’appels à la raison et de manœuvres diplomatiques. L’envoi de matériel militaire à l’Arménie, ou les rassemblements diplomatiques – comme le dernier sommet de la Communauté politique européenne où, bien que convié, l’Azerbaïdjan a brillé par son absence – ne suffiront pas davantage.</p>
<p class="mise_en_avant">“La France a désormais l’opportunité de s’imposer comme moteur de la réaction européenne face au passage en force des autorités azéries : exiger la suspension de l’accord gazier (…) et organiser l’intervention d’une force internationale dans la région”</p>
<p>Alors que ces dernières années, les Vingt-Sept ont systématiquement failli à coordonner leur position face à l’Azerbaïdjan, la France avait fait partie des rares pays à proposer la mise en place de sanctions contre Bakou, et sa demande demeure toujours en suspens. Elle a désormais l’opportunité de s’imposer comme moteur de la réaction européenne face au passage en force des autorités azéries : exiger la suspension de l’accord gazier signé en juillet 2022, expulser le personnel diplomatique azéri du territoire français, geler les avoirs des dirigeants azéris, coordonner l’aide humanitaire vers l’Arménie et organiser l’intervention d’une force internationale dans la région. Il est en effet plus que temps pour notre pays de renouer avec sa mission historique et morale de protectrice de l’Arménie, qui risque plus que jamais d’être la prochaine cible de la prédation de l’Azerbaïdjan.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 12/10/2023.</strong></p>
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		<title>L’indispensable intervention militaire iranienne en faveur de l’intégrité territoriale de l’Arménie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Oct 2023 09:11:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[Après sa reconquête du Haut-Karabakh, il serait naïf de penser que l’Azerbaïdjan s’arrêtera en si bon chemin. Bien au contraire,<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/lindispensable-intervention-militaire-iranienne-en-faveur-de-lintegrite-territoriale-de-larmenie/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après sa reconquête du Haut-Karabakh, il serait naïf de penser que l’Azerbaïdjan s’arrêtera en si bon chemin. Bien au contraire, sa « victoire » célébrée en commun avec la Turquie, qui lui a fourni un infaillible appui militaire et logistique, risque d’enhardir Bakou pour mener à bien d’autres projets dans le Caucase, des projets qui menacent directement l’intégrité territoriale arménienne et les équilibres géostratégiques locaux.</p>
<p>Un signal très clair a d’ailleurs été envoyé sur les intentions de l’Azerbaïdjan, avec la visite d’État de Recep Tayyip Erdogan dans l’enclave du Nakhitchevan le 25 septembre dernier, quelques jours après l’offensive décisive contre le Haut-Karabakh. Ce territoire azéri est en effet séparé géographiquement du reste de l’Azerbaïdjan par l’Arménie. Or, il ne manquerait qu’une jonction de quarante kilomètres pour le réunir au reste du territoire de Bakou. Depuis l’accord de 2020, le projet du corridor du Zanguezour est ainsi devenu omniprésent dans le discours d’Ilham Aliyev, qui rêve ouvertement de le concrétiser « par la force »). Mais contrairement au corridor de Lachine, seule connexion terrestre du Haut-Karabakh à l’Arménie, le tracé de celui de Zanguezour nécessiterait de traverser une province méridionale de l’Arménie, le Syunik. L’objectif in fine de l’Azerbaïdjan serait d’annexer ce territoire et de créer ainsi une vaste connexion « panturque », reliant la Turquie à l’Asie centrale via l’Azerbaïdjan. Qu’au passage, l’intégrité territoriale de l’Arménie soit bafouée en la coupant de sa frontière avec l’Iran, et au risque de bouleversements géopolitiques majeurs, ne semble pas en mesure d’arrêter les ambitions azéries et turques. Ce projet répond, en effet, à un plus large projet qui trouve ses racines dans l’idéologie panturquiste des nationalistes turcs, visant à réunir sous la bannière d’Ankara tous les peuples turcophones du monde altaïque.</p>
<p>Créer une connexion terrestre passant par le territoire arménien, mais demeurant exclusivement sous juridiction arménienne et assurant la liaison entre le Nakhitchevan, l’Azerbaïdjan et la Turquie, serait pourtant une autre solution possible. Cette solution d’équilibre, respectueuse du droit international, s’avère cependant résolument contraire aux intérêts des deux alliés turcophones, aussi est-il peu probable qu’ils l’acceptent.</p>
<p>En cas d’annexion forcée, il serait donc attendu que la Russie réagisse. L’Arménie demeure en effet son alliée au sein de l’OTSC, dont l’article 4 l’obligerait à une action militaire en cas d’agression. L’issue du conflit gelé du Haut-Karabakh permet néanmoins d’anticiper un immobilisme total de la part de Moscou, entièrement dédié au conflit ukrainien.</p>
<p>Mais face à une influence russe en retrait dans une zone qui était traditionnellement son « étranger proche », l’Iran s’avère désormais être le seul recours possible pour protéger l’Arménie de la prédation panturquiste, car il est lui aussi directement concerné et menacé par l’éventualité du corridor du Zanguezour, De longue date, Téhéran entretient de bonnes relations avec Erevan. L’Arménie est en effet un excellent partenaire commercial, un « pont » permettant à l’Iran d’être connecté au monde russe et à l’Europe via la Géorgie et le Caucase. Historiquement, la proximité entre l’Iran et la Transcaucasie est particulièrement ancienne et renforce la légitimité de son droit de regard sur la situation géopolitique locale. On a régulièrement rappelé que les khanats du Haut-Karabakh et l’Arménie elle-même ont longtemps été territoire perse. Les traités du Golestan (1813) et de Turkmentchaï (1828) ont certes acté leur cession à l’Empire russe, mais n’ont jamais pu amoindrir la permanence de l’influence culturelle iranienne dans la région. Le Caucase est donc de longue date, à son corps défendant, le lieu de confrontation du monde altaïque, ou turcophone, et du monde iranien, deux mondes dont les expressions locales sont manifestes.</p>
<p>Depuis le début du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan à la fin des années 1980, l’Iran s’est porté volontaire pour servir de médiateur entre les deux belligérants, malheureusement sans succès. Bien qu’allié de l’Arménie, l’Iran demeure en effet circonspect dans ses relations avec Bakou, en raison de sa propre communauté azérie et du supposé influence de l’Azerbaïdjan sur ses éléments les plus séparatistes. Combiner à la fois sa mission de protection du monde iranien dans le Caucase avec la préservation de sa propre unité nationale s’apparente de longue date à un périlleux exercice d’équilibre. Mais aujourd’hui, et pour toutes les raisons évoquées jusqu’ici, l’Iran ne peut tolérer d’être ainsi coupé de son alliée arménienne, ni du Caucase, au mépris du droit international et du respect de sa propre souveraineté territoriale. La menace azérie et plus largement panturquiste dans le Caucase fait depuis longtemps partie des principales préoccupations stratégiques de l’état-major iranien, qui craint les tentatives d’encerclement du monde turc. Aujourd’hui, l’évolution du contexte géopolitique régional semble confirmer ces inquiétudes. Depuis trois ans, les tensions entre l’Azerbaïdjan et l’Iran n’ont fait que s’accroître au rythme des tentatives d’assassinats, des exercices militaires frontaliers, et d’une propagande azérie anti-iranienne clairement assumée par Bakou en dépit des avertissements diplomatiques. Est-ce un hasard si en octobre dernier, le ministre des Affaires étrangères iranien a officiellement inauguré le nouveau consulat général d’Iran à Kapan, ville de la province de Syunik, celle-là même visée par le corridor du Zanguezour ?</p>
<p>La mesure serait-elle atteinte désormais ? Pour certains analystes, il apparaît douteux que l’Iran s’engagera dans un conflit armé avec son voisin et, en filigrane, la Turquie. Pourtant, Téhéran ne transigera pas sur la permanence des frontières historiques, la géopolitique régionale et sa connexion terrestre avec l’Arménie. Il n’en reste donc pas moins urgent pour lui, allié historique de l’Arménie en état de constante agression de la part de ses voisins turcophones, de garantir la paix et la stabilité dans la région. Parce qu’il incarne désormais le seul allié capable de fournir une aide à l’Arménie, il est urgent qu’Erevan entame des pourparlers stratégiques avec Téhéran en vue de la signature d’un traité de défense qui garantira la protection de son territoire.</p>
<p>En plus d’un devoir moral, pour l’Iran, défendre l’Arménie est désormais une question existentielle, de géostratégie et de permanence civilisationnelle désormais incontournable.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Atlantico du 01/10/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Second génocide arménien en cours au Haut-Karabakh</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/second-genocide-armenien-en-cours-au-haut-karabakh/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Sep 2023 12:45:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Haut-Karabakh]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis décembre 2022, les 120 000 Arméniens vivant dans l’enclave du Haut-Karabakh, disputée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, subissent un blocus presque<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/second-genocide-armenien-en-cours-au-haut-karabakh/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis décembre 2022, les 120 000 Arméniens vivant dans l’enclave du Haut-Karabakh, disputée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, subissent un blocus presque permanent et organisé par Bakou. Les forces azéries maintiennent en effet de manière quasi continue un barrage sur le corridor de Latchine, seule connexion terrestre entre le territoire de l’Artsakh et le reste du monde. Denrées alimentaires et biens de première nécessité, aide médicale, convois de la Croix-Rouge, rien désormais ne circule plus sur cette route et n’atteint une population qui se trouve de facto en état de siège. Or, selon l’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, toute situation “infligeant délibérément à un groupe humain des conditions de vie susceptibles de conduire à leur destruction physique” s’apparente à un cas manifeste de génocide. Et de fait, toutes les conditions d’une famine insidieuse ont été créées contre l’Artsakh et sa population arménienne.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Famine, nettoyage ethnique et déshumanisation</strong></h4>
<p>Dans les conflits, l’usage de la famine est d’autant plus cruel qu’il passe généralement inaperçu auprès de la communauté internationale. Les précédents sont nombreux dans l’histoire du XXe siècle. Cette arme “invisible” a ainsi frappé près d’un million d’Arméniens lors du génocide de 1915, Polonais et Juifs à la fin des années 1930 dans les différents ghettos de Pologne, Russes à Léningrad en 1942, Cambodgiens entre 1975 et 1976, enfin Bosniaques à Srebenica durant l’hiver 1993-1994.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Dans les conflits, l’usage de la famine est d’autant plus cruel qu’il passe généralement inaperçu auprès de la communauté internationale”</em></p>
<p>Aujourd’hui, plusieurs preuves tendent à démontrer que toutes les conditions pour la perpétration d’un génocide, tant en termes d’intentionnalité que de mise en œuvre, sont actuellement réunies au Haut-Karabakh. La Cour pénale internationale (CPI), saisie par l’Arménie pour analyser la situation sur le corridor de Latchine, a d’ailleurs rendu un avis confirmant le soupçon de nettoyage ethnique perpétré par l’Azerbaïdjan à l’encontre de la population arménienne du Haut-Karabakh. En effet, les conditions de vie qui lui sont imposées constituent bien selon la Cour “un risque réel et imminent pour la santé et l’existence du groupe ethnique”. Par ailleurs, l’Arménie avait dénoncé dès 2021 auprès de la CPI les manifestations de discrimination et de propagande azérie incitant à la haine raciale et à la violence ethnique envers les Arméniens, exprimées non seulement dans les médias mais aussi par les officiels azéris. La vandalisation de l’héritage culturel arménien dans les zones reconquises par l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh, suite à la “guerre des 44 jours” de 2020, est une autre preuve de ce processus de déshumanisation, préalable incontournable à tout génocide.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Ilham Aliyev inflexible face aux injonctions de la CPI</strong></h4>
<p>L’intentionnalité en matière de génocide est clairement établie par la responsabilité évidente du président Ilham Aliyev dans l’organisation du blocus, maintes fois réitérée et assumée publiquement sur des prétextes fallacieux. Le blocus est ainsi justifié par Bakou par un souci de lutte contre la contrebande de matières premières, d’armes et d’essence entre l’enclave et l’Arménie. Bakou a également refusé de répondre positivement aux injonctions de la Cour pénale internationale, formulées en février 2023 et réitérées en juillet dernier, afin de rétablir la circulation sur le corridor dans les deux sens. Son revirement concernant la reconnaissance de l’autonomie du Haut-Karabakh à la suite du conflit de 2020 confirme également cette volonté d’imposer la souveraineté azérie sur ce territoire par la force.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Bakou a refusé de répondre positivement aux injonctions de la Cour pénale internationale, formulées en février 2023 et réitérées en juillet dernier, afin de rétablir la circulation sur le corridor dans les deux sens”</em></p>
<p>Enfin, le 1er août dernier, Ilham Aliyev a de nouveau exprimé le choix simple qu’il offre aux Arméniens de l’enclave et sur lequel il semble refuser toute négociation : l’acceptation du joug de l’Azerbaïdjan, sous peine d’une détérioration de leur situation actuelle. Invoquant la nécessité de lutter contre le séparatisme, le président azéri se réfère souvent au cas de la Catalogne et de l’Espagne. On aurait beau jeu de lui répondre que Madrid ne recourt pas à l’arme du génocide pour répondre aux conflits de souveraineté et à l’irrédentisme sur son territoire !</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le temps long de la justice internationale</strong></h4>
<p>La question de la traduction en justice d’Ilham Aliyev pour crime de génocide se posera in fine. Par nature, la justice internationale s’inscrit dans un temps parfois très long, mais parvient le cas échéant à s’accomplir. Le cas du conflit du Darfour et de la responsabilité de l’ancien président soudanais Omar El-Béchir dans son évolution est un exemple récent. De la même manière en 2011, l’ancien président libyen Mouammar Khadafi avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Pour l’heure, Ilham Aliyev demeure certes protégé par son immunité en tant que chef d’État. Néanmoins, la CPI pourrait contourner cette difficulté, sous réserve qu’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU dénonçant la situation au Haut-Karabakh soit adoptée et lui soit transmise.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“La question de la traduction en justice d’Ilham Aliyev pour crime de génocide se posera in fine”</em></p>
<p>La réalité d’un génocide au Haut-Karabakh pourrait au demeurant permettre de jeter un éclairage nouveau sur le conflit de souveraineté entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui s’est mué ces trente dernières années en une guerre culturelle et ethnique où la haine raciale est particulièrement exacerbée côté azéri. C’est une dimension largement ignorée dans le cadre des négociations, et qui pourtant doit appeler l’attention des pays médiateurs en faveur d’une protection accrue des intérêts arméniens.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le devoir d’action urgente de la communauté internationale</strong></h4>
<p>Alors que la réalité du génocide semble évidente, la communauté internationale, et en particulier les principaux pays médiateurs du conflit – à savoir la Russie et l’Union européenne – ont donc le devoir d’agir de toute urgence. L’administration Biden, la première à avoir reconnu formellement le génocide arménien de 1915, s’est dite fermement engagée dans l’identification et la prévention des génocides. Elle a aujourd’hui face à elle l’opportunité de traduire ces intentions en actes concrets.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“L’administration Biden s’est dite fermement engagée dans l’identification et la prévention des génocides. Elle a aujourd’hui face à elle l’opportunité de traduire ces intentions en actes concrets”</em></p>
<p>Membres du Conseil de sécurité de l’ONU, ces États sont également membres de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. À eux de respecter leurs engagements en répondant au crime qui s’opère actuellement au Haut-Karabakh à la mesure de sa gravité. Pour mémoire, la France avait d’ailleurs proposé en 2013 que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité voient leur droit de veto suspendu lors de l’étude de cas de génocide.</p>
<p>À court terme, la communauté internationale doit donc œuvrer au rétablissement complet de la liaison terrestre menant au Haut-Karabakh dans les deux semaines, ainsi qu’à l’élaboration d’un dispositif de gestion concret et efficace sur les territoires disputés d’ici 2025, date à laquelle la force de maintien de la paix russe perdra son mandat d’action. Toute la difficulté réside actuellement dans la capacité de ces États à mettre leur relation conflictuelle de côté pour parvenir à une intervention commune au Haut-Karabakh, qui rétablirait une situation normale en très peu de temps.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 19/09/2023.</strong></p>
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		<title>L&#8217;Arménie n&#8217;attend rien d&#8217;une Turquie sans Erdogan</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/larmenie-nattend-rien-dune-turquie-sans-erdogan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 15:28:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Erdogan]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dimanche soir, la Turquie est entrée dans une nouvelle séquence d’incertitude politique. Aucun des deux candidats à l’élection présidentielle n’a franchi la barre des 50 % plus une voix, nécessaire à une victoire dès le premier tour. Kemal Kilicdaroglu et Recep Tayyip Erdogan ont désormais quinze jours pour convaincre les Turcs qu’ils seront aptes à diriger leur pays, quinze jours qui seront sans nul doute marqués par de multiples rebondissements et tensions.</p>
<p>Outre les enjeux domestiques, cette élection inédite à bien des égards aura nécessairement des conséquences sur la politique étrangère turque. Son évolution est considérée avec inquiétude par les voisins et alliés de la Turquie, et l’Arménie pose naturellement un regard particulier sur l’issue du scrutin. Engagée dans un difficile et incertain processus de normalisation avec Ankara, Erevan demeure circonspecte face à l’éventuel changement politique qui se présente chez sa voisine.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Quelques pas vers la normalisation</strong></h4>
<p>Pour des raisons historiques évidentes qui remontent au génocide de 1915 perpétré par l’Empire ottoman, la Turquie et l’Arménie n’ont jamais eu de relations diplomatiques formelles. Depuis 1993 et le début de la première guerre du Haut-Karabakh, leur frontière commune a été fermée par la Turquie, par solidarité avec l’Azerbaïdjan. C’est plus encore la politique ouvertement panturquiste du président Erdogan dans le Caucase qui a accru la méfiance de l’Arménie – avec raison. Dans la perspective de reconquérir les territoires perdus dans le Haut-Karabakh en 1994, l’Azerbaïdjan a bénéficié du soutien militaire d’Ankara plusieurs années durant, ce qui lui a permis d’organiser sa supériorité militaire et d’imposer une humiliante défaite à l’Arménie à l’automne 2020.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“La forte proximité d’Erdogan avec Ilham Aliyev, président d’Azerbaïdjan, dont la rhétorique est de plus en plus agressive, laisse craindre le pire pour les intérêts de l’Arménie en cas de réélection du président turc”</em></p>
<p>Depuis lors, la Turquie a ouvert avec sa voisine affaiblie un processus de normalisation de leurs relations bilatérales, qui demeure chaotique en dépit de quelques avancées. Les deux pays se sont en effet accordés sur la reprise des vols directs de voyageurs et de fret, et sur un traité, non encore ratifié, d’ouverture de la frontière terrestre aux citoyens de pays tiers et aux personnes titulaires d’un passeport diplomatique. Dans cette optique, le gouvernement arménien a accepté de financer la rénovation du poste de contrôle frontalier de Margara.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Le génocide arménien en toile de fond</strong></h4>
<p>Pour autant, l’ombre du génocide arménien semble toujours planer sur ces efforts, qui parviennent mal à effacer le poids du passé. Quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle turque, Ankara a fermé son espace aérien à certains vols en provenance d’Arménie, en réaction à l’inauguration d’une fontaine-mémorial dédiée aux membres de l’opération “Némésis”, ces “Justiciers arméniens” qui avaient tenté d’assassiner les futurs génocidaires ottomans. Aujourd’hui, c’est la forte proximité d’Erdogan avec Ilham Aliyev, président d’Azerbaïdjan, dont la rhétorique est de plus en plus agressive, qui laisse craindre le pire pour les intérêts de l’Arménie en cas de réélection du président turc.</p>
<p>Renforcé à la tête de la Turquie, ayant tout loisir de donner libre cours à sa politique panturquiste, Erdogan sera en mesure d’exiger de l’Arménie qu’elle accepte non seulement une résolution du conflit du Haut-Karabakh conforme aux intérêts de l’Azerbaïdjan, mais aussi qu’elle cesse de militer pour une reconnaissance internationale du génocide de 1915 pour prix de leur réconciliation diplomatique. Face à l’Arménie en difficulté, Ankara pourrait affermir ses exigences et aller jusqu’à lui imposer d’accepter la réalisation du corridor du Zanguezour, qui traversera sa province de Syunik pour ouvrir la voie à la Turquie vers les pays turcophones d’Asie centrale à travers le Caucase, au détriment de sa propre souveraineté territoriale.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Quelques concessions arméniennes</strong></h4>
<p>Faute d’un soutien international significatif, Erevan a déjà fait évoluer certaines de ses positions. Si la Turquie demeure dans l’esprit collectif arménien une menace, voire une ennemie, la perspective de normaliser leurs relations ouvrirait néanmoins de vastes opportunités économiques. Le gouvernement arménien estime qu’une réouverture de la frontière commune réduirait la distance entre Ankara et Erevan de 200 kilomètres, et entraînerait donc des économies d’énergie pour le transport routier.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Une réorientation de la diplomatie turque vers des positions atlantistes passera nécessairement par une relation plus conciliante avec l’Arménie”</em></p>
<p>Une augmentation des échanges commerciaux est espérée, puisqu’en dépit de ses différends avec la Turquie, l’Arménie importe déjà de nombreux biens de consommation turcs, aluminium et fruits. Aussi ne conditionne-t-elle plus la reprise des relations bilatérales à une reconnaissance formelle par l’État turc de sa responsabilité dans le génocide arménien. Elle demeure cependant catégoriquement opposée à toute perte d’emprise territoriale impliquée par le tracé du corridor du Zanguezour, qui la couperait de sa frontière stratégique avec l’Iran et créerait un sentiment d’encerclement et de vulnérabilité face à ses voisins et rivaux.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>L’hypothèse d’une victoire de Kilicdaroglu</strong></h4>
<p>La défaite du président turc sortant, certes peu probable, serait donc accueillie favorablement par les Arméniens Pour autant, une alternance politique à Ankara ne signifiera pas nécessairement un changement profond des relations entre les deux pays.</p>
<p>En cas de victoire de Kemal Kilicdaroglu, très peu probable, l’apaisement pourrait néanmoins être de mise, étant donné que le candidat kémaliste souhaite rouvrir un canal plus franc avec les instances occidentales, renforcer la coopération avec les États-Unis dans le cadre de l’Otan, et reprendre le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Compte tenu du soutien de longue date des Occidentaux à la cause arménienne, une réorientation de la diplomatie turque vers des positions atlantistes passera nécessairement par une relation plus conciliante avec l’Arménie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Changement de méthode</strong></h4>
<p>Une incidence peut être légitimement attendue sur le dossier du Haut-Karabakh, bien qu’il soit peu probable que l’étroite relation entre la Turquie et l’Azerbaïdjan soit révisée, compte tenu de la profondeur de leurs liens économiques, stratégiques et culturels. La présidence d’Erdogan laissera un héritage pesant et durable en termes de défense des intérêts géopolitiques du son pays, que l’opposition pourra difficilement rejeter en bloc au risque de devenir impopulaire.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Près de 89 % des Arméniens considèrent la Turquie comme une “menace politique”, et cette opinion monte à 93 % de la population concernant l’Azerbaïdjan. Vox populi !”</em></p>
<p>Des changements notamment dans la méthode sont donc prévisibles en cas d’alternance politique en Turquie, et l’Arménie en bénéficiera certainement. Pour autant, attendre une reconfiguration totale de la diplomatie turque dans le Caucase serait une erreur stratégique. Au demeurant, l’opinion publique arménienne n’est pas dupe des intentions de sa voisine, et demeure ambivalente face à la perspective d’une normalisation : près de 89 % des Arméniens considèrent la Turquie comme une “menace politique”, et cette opinion monte à 93 % de la population concernant l’Azerbaïdjan. Vox populi !</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 17/05/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L’Arménie et l’Azerbaïdjan au bord d’une nouvelle guerre ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/larmenie-et-lazerbaidjan-au-bord-dune-nouvelle-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 07:14:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Azerbaïdjan]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que le Haut-Karabakh est toujours sous blocus azéri depuis trois mois, les grandes puissances tentent d’accélérer la voie diplomatique<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/larmenie-et-lazerbaidjan-au-bord-dune-nouvelle-guerre/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Alors que le Haut-Karabakh est toujours sous blocus azéri depuis trois mois, les grandes puissances tentent d’accélérer la voie diplomatique alors que la rhétorique de Bakou se fait de plus en plus belliqueuse et laisse craindre une nouvelle offensive militaire contre les Arméniens.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les deux pays sont en effet engagés dans un bras de fer concernant le sort des Arméniens du Haut-Karabakh et la levée du blocus en cours sur le corridor de Lachine, seule et unique connexion terrestre entre l’enclave et le reste du monde. Par ailleurs, l’Azerbaïdjan multiplie les nouvelles demandes dans le cadre des négociations. La plus récente concerne le retour des Azéris « déportés » du Haut-Karabakh après 1918, ainsi qu’après la chute de l’URSS en 1991, lorsque la déclaration d’indépendance du Haut-Karabakh avait initié le premier conflit entre l’Azerbaïdjan et la Russie sur la souveraineté de l’enclave. Près de 200 000 Azéris dits « occidentaux » seraient concernés selon Bakou, qui réclame pour eux les mêmes droits que ceux des Arméniens locaux en vertu du principe de réciprocité. Si sa souveraineté sur l’enclave était reconnue, l’Azerbaïdjan leur promet en effet un statut équivalent à celui de ses propres citoyens, ce dont les autorités arméniennes doutent néanmoins fortement. Erevan a opposé une fin de non-recevoir à cette demande considérée comme une manœuvre politique afin d’amoindrir la portée de ses propres exigences pour les habitants du Haut-Karabakh.</p>
<p style="font-weight: 400;">Faute d’obtenir satisfaction pour ses demandes territoriales et ethniques croissantes, Bakou pourrait donc employer de nouveau la force pour régler le problème, comme il l’a fait lors de la « guerre des 44 jours » à l’automne 2020. Tant sur le plan rhétorique que dans les faits, le ton de l’Azerbaïdjan monte en effet dangereusement. Quelques jours avant un échange avec Antony Blinken, Ilham Aliyev rappelait à nouveau très explicitement quel sort devait échoir au Karabakh : être considéré comme territoire azéri, avec la reconnaissance officielle de ce statut par l’Arménie pour signer un traité de paix. L’Azerbaïdjan conditionne donc la sécurité des Arméniens de l’enclave à l’acceptation par l’Arménie de toutes les conditions imposées par Bakou, y compris le travail sur le tracé des frontières.</p>
<p style="font-weight: 400;">Seul un renforcement du dialogue entre les deux pays, sous l’égide de puissances extérieures à l’implication plus soutenue, pourrait donc constituer le dernier rempart à la guerre. Tout le processus diplomatique est néanmoins complexifié par l’ouverture de deux principaux canaux : l’un mené par les Européens avec le soutien des Etats-Unis, l’autre par la Russie. L&rsquo;Iran, en tant que puissance voisine de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan (comme la Turquie) est également présent sur l’échiquier de manière plus ou moins officielle. L’Azerbaïdjan comme l’Arménie semblent favoriser davantage les négociations menées sous égide occidentale. Compte tenu de son ancrage dans le Caucase et de la présence de sa propre force de maintien de la paix, la Russie ne peut cependant être tenue à l’écart. Fin mars, Antony Blinken a multiplié les appels téléphoniques aussi bien avec Nikol Pachinian qu’avec Ilham Aliyev, tandis que Sergueï Lavrov recevait son homologue arménien à Moscou. Le Quai d’Orsay prévoirait également une visite officielle dans les deux pays dans les prochaines semaines.</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour autant, cette agitation diplomatique demeure sans résultats. En dépit de la « pression » de Washington, le président azéri s’est montré inflexible, niant la réalité du blocus, arguant que la Croix-Rouge et la force de maintien de la paix russe pouvaient librement circuler, et accusant l’Arménie d’avoir violé l’accord de 2020 en autorisant la présence de 10 000 soldats arméniens dans l’enclave – chiffre qui ne paraît aucunement sourcé et est donc sujet à caution. Aliyev va jusqu’à rejeter tacitement la responsabilité de l’escalade sur la mission d’observation européenne, dont la présence ne l’arrange évidemment pas et qui servirait, selon lui, de paravent à des transferts d’armes entre l’Arménie et le Haut-Karabakh.</p>
<p style="font-weight: 400;">Un processus de négociations équilibré paraît pour l’heure difficile, tant les positions des deux belligérants quant à sa légitimité et ses objectifs sont divergentes. L’Arménie fait en effet de la présence internationale et de la création d’une zone démilitarisée le cœur de ses demandes, afin de garantir les droits et la sécurité des Arméniens du Haut-Karabakh. A l’inverse, l’Azerbaïdjan rejette tout droit de regard extérieur et maintient que le statut de l’enclave doit être décidé uniquement entre ses habitants et Bakou.</p>
<p style="font-weight: 400;">Nikol Pachinian a voulu se faire un écho optimiste de la position américaine, en promettant un traité de paix avec l’Azerbaïdjan et l’absence de future escalade. Mais même l’opinion publique de son pays s’est étonnée de cet étrange discours, alors que les signaux d’alarme sont nombreux et alertent politiques et diplomates arméniens, avec raison. L’Azerbaïdjan a en effet déjà démontré qu’il n’hésitait pas à recourir à la force pour régler un différend territorial irrésolu après 30 ans d’efforts diplomatiques via le groupe de Minsk. La guerre de 44 jours avait déjà amorcé ce processus. Aujourd’hui, Bakou rêve de l’achever. Cela appelle une réaction de la communauté internationale, idéalement de manière anticipée.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 16/04/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Il relève de l&#8217;honneur de l&#8217;Iran de soutenir le peuple arménien</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/il-releve-de-lhonneur-de-liran-de-soutenir-le-peuple-armenien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Mar 2023 09:25:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Arménie]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[Né à Téhéran, cet avocat conseille plusieurs Etats du Moyen-Orient, dont il est l&#8217;un des meilleurs connaisseurs. Il livre pour<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/il-releve-de-lhonneur-de-liran-de-soutenir-le-peuple-armenien/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Né à Téhéran, cet avocat conseille plusieurs Etats du Moyen-Orient, dont il est l&rsquo;un des meilleurs connaisseurs. Il livre pour NAM ses analyses sur la géopolitique de l&rsquo;Arménie.</p>
<p><strong>Nouvelles d&rsquo;Arménie Magazine : Le 5 février vous avez publié sur votre blog et le site Atlantico un texte mettant en garde contre l&rsquo;escalade entre l&rsquo;Azerbaïdjan et l&rsquo;Iran. Croyez-vous à un conflit entre ces deux Etats à court terme? La frontière avec l&rsquo;Arménie constitue-t-elle pour Téhéran un enjeu suffisant pour entamer une guerre à l&rsquo;issue improbable avec l&rsquo;Azerbaïdjan? </strong></p>
<p><strong>Ardavan Amir-Aslani:</strong> cela fait plusieurs années que l&rsquo;Azerbaïdjan et l&rsquo;Iran entretiennent une relation ambivalente. Bakou a toujours ménagé « <em>officiellement</em> » son voisin en raison de sa puissance militaire et d&rsquo;une fraternité chiite. Pour autant, il existe de longue date une stratégie anti-iranienne mise en œuvre par l&rsquo;Azerbaïdjan, qui s&rsquo;appuie sur l&rsquo;irrédentisme azéri. [&#8230;]</p>
<p>Retrouvez l&rsquo;intégralité de l&rsquo;interview <a href="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2023/03/Article_Nouvelles-dArménie-Magazine.pdf" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
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