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	<title>Arabie Saoudite &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Les Brics +, nouvelle alliance anti-US ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jul 2025 13:03:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les 6 et 7 juillet derniers se tenait le 17e sommet des Brics&#160;+ à Rio, réunissant ses membres fondateurs, ses<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les 6 et 7 juillet derniers se tenait le 17e sommet des Brics&nbsp;+ à Rio, réunissant ses membres fondateurs, ses récents adhérents, des pays “associés” ainsi que plusieurs États “invités”. Les Occidentaux, longtemps habitués à distribuer les cartes, doivent à présent composer avec les Brics&nbsp;+ symbole d’un nouveau monde multipolaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Puissance économique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Né en 2009 à l’initiative de la Chine, de la Russie, du Brésil et de l’Inde, le groupe s’est significativement élargi ces dernières années, représentant une véritable force d’attraction géopolitique sous-estimée par les observateurs européens. Après l’adhésion de l’Afrique du Sud en 2010, l’Iran, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Indonésie les ont rejoints en 2024.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’en 2000, les États-Unis et l’Union européenne représentaient respectivement 25 % et 22 % du PIB mondial en parité de pouvoir d’achat (PPA), le rapport de force s’est, depuis, inversé. La part de l’Union européenne est tombée à 17 %, celle des États-Unis à 15 %, tandis que les Brics&nbsp;+ concentrent désormais 40 % du PIB mondial en PPA et la moitié de la population mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contournement du dollar</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les échanges commerciaux entre ses membres connaissent un bond sans précédent, au point d’amorcer le contournement du dollar en privilégiant des transactions en monnaie locale, à l’instar des échanges russo-chinois. Dans le sillage de ces nouvelles routes de la soie, la Chine a multiplié les accords bilatéraux d’échanges de devises. Pour cela, Pékin s’appuie aussi sur des partenariats commerciaux étroits. En mai 2025, Pékin et Brasilia ont renouvelé pour cinq ans leur accord d’échanges en devise locale. La Chine, premier partenaire commercial du Brésil depuis 2009, s’approvisionne massivement auprès de ce pays, devenu un véritable grenier alimentaire pour son marché intérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux mesures douanières de Washington, les BRICS ont menacé de renforcer les mécanismes d’échange en monnaie locale, tout en écartant l’idée de créer une monnaie commune concurrente au dollar, à laquelle plusieurs membres — à commencer par l’Inde — restent opposés. L’organisation a aussi, à nouveau, réclamé une représentation plus équitable dans les structures internationales héritées de la Seconde guerre mondiale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Force géopolitique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’absence des présidents russe, chinois, égyptien et iranien, ses membres sont parvenus à émettre des positions communes sur plusieurs dossiers internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans leur déclaration finale, les dirigeants des Brics ont appelé à un cessez-le-feu à Gaza et ont condamné l’intervention militaire en Iran. S’agissant du conflit ukrainien, l’organisation a embrassé la position de la Russie en ne mentionnant pas sa responsabilité mais en condamnant les attaques ukrainiennes contre des civils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Brics ont aussi pris soin de ménager les États-Unis pour poursuivre leurs intérêts respectifs. Si ses membres ont vivement dénoncé les pressions douanières américaines, ils ont fait preuve de retenue en évitant d’attaquer frontalement Donald Trump. Ce zèle n’a pas eu l’effet escompté puisque le président américain a immédiatement menacé de nouveaux droits de douane les États “s’alignant sur les politiques antiaméricaines des Brics”.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indispensable coopération américaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dirigeants des Brics&nbsp;+ ne peuvent faire abstraction de l’influence commerciale et géopolitique des États-Unis, dont la coopération demeure indispensable à la préservation de leurs intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À commencer par la Russie, qui a absolument besoin de la neutralité américaine pour isoler Zelensky et ses soutiens européens afin de pouvoir gagner un maximum de territoires avant un cessez-le-feu en Ukraine. La Chine qui, en valorisant son monopole sur les terres rares, a réussi à obtenir de Washington un accord-cadre sur les droits de douane, reste aussi prudente à l’approche de prochaines négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran de son côté est dans une position délicate. Deux semaines après la fin de “la guerre des douze jours”, le président iranien Massoud Pezeshkian a fait preuve de bonne volonté en se disant prêt à reprendre les négociations avec les États-Unis dans un entretien exclusif réservé à l’animateur américain Tucker Carlson, proche de Donald Trump. Ses déclarations ont déchaîné le camp conservateur iranien, laissant planer le doute sur une éventuelle reprise des pourparlers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, représenté par le prince Faisal au sommet de Rio, l’Arabie saoudite hésite encore à rejoindre l’organisation, craignant de froisser son allié outre-Atlantique avec qui elle a signé des accords commerciaux titanesques et dont elle a besoin impérativement pour développer son programme nucléaire civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, l’émergence des Brics ne doit pas être lue comme une nouvelle guerre froide et le rétablissement de la logique des blocs, mais davantage comme l’avènement d’un monde multipolaire rééquilibré dans lequel les nations souveraines aspirent légitimement à la défense de leurs intérêts nationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us-126979/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-brics-nouvelle-alliance-anti-us-126979/">Le nouvel Economiste</a>, le 10/07/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>
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		<item>
		<title>Cette guerre du Soudan qui n’en finit pas</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Jun 2025 09:14:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Depuis plus de deux ans, la guerre entre les FAS (Forces armées soudanaises), armée régulière soudanaise menée par le général<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus de deux ans, la guerre entre les FAS (Forces armées soudanaises), armée régulière soudanaise menée par le général Al-Bourhane, et les FSR (Forces de soutien rapide), milice paramilitaire du général Mohamed Hamdan dit Hemetti, ravage le Soudan dans l’indifférence générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au carrefour du Sahel et de la Corne de l’Afrique, ce pays riche en ressources et stratégique grâce à son littoral de 800 km sur la mer Rouge est malmené par les puissances étrangères, en dépit du tragique bilan humanitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019, un soulèvement populaire renverse la dictature d’Omar El-Béchir. Après une courte tentative de transition politique, l’armée régulière dirigée par le général Abdel Al-Bourhane et les FSR, milice issue des Janjawids qui ont participé au génocide du Darfour en 2003, fomentent un putsch en octobre 2021. Mais, dès avril 2023, cette alliance est rompue et dégénère en guerre civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Partition en germe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le début du conflit, les FSR ont progressé à une vitesse fulgurante et se sont emparées de Khartoum, obligeant l’armée régulière à se retrancher à Port Soudan et à y transférer toutes les institutions. Cependant, au terme de lourdes offensives menées depuis septembre, le général Al-Bourhane a revendiqué le 26 mars 2025 la libération de la capitale et a réinvesti le palais présidentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dorénavant, les FSR sont concentrées au sud et à l’ouest du pays, dans la région du Darfour, où elles sont accusées par le département d’État américain de mener des actes génocidaires, tandis que les FAS, auxquelles on reproche des crimes de guerre, contrôlent le nord et l’est du pays, faisant craindre une nouvelle partition du Soudan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, la guerre des drones a étendu le champ des combats. Début mai, des attaques aériennes ont frappé des infrastructures stratégiques de Port Soudan, capitale de facto par laquelle transite l’aide humanitaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Émirats en soutien à la milice des FSR</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Suite à ces attaques, l’armée régulière soudanaise a immédiatement rompu le peu de relations diplomatiques qui lui restait avec les Émirats arabes unis (EAU), qu’elle a qualifiés d’“État agresseur”. Depuis le début du conflit, Khartoum accuse l’émirat de soutenir militairement les FSR en les approvisionnant via son allié tchadien, en contrepartie de quoi Abu Dhabi profiterait du pillage des ressources aurifères organisé par les miliciens d’Hemetti. En dépit des rapports onusiens et des sanctions américaines prononcées contre plusieurs entreprises basées aux Émirats et accusées de violer l’embargo sur les armes au Darfour, Abu Dhabi continue de nier fermement ces allégations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les FAS peuvent compter sur le soutien de la Turquie et de l’Iran qui l’approvisionnent en drones, et sur l’Égypte en matière de renseignement, qui, partageant sa frontière avec l’État soudanais, redoute l’extension du conflit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces sur la mer Rouge</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le déplacement des combats à Port Soudan, ville côtière de la mer Rouge, inquiète de plus en plus les puissances avoisinantes qui voient leurs intérêts menacés. Large de seulement 300 kilomètres maximum, la mer Rouge, par laquelle transitent plus de 12 % du commerce mondial de marchandises, est un axe maritime cardinal. Alors que les attaques des Houthis ont révélé les coûts exorbitants et les retards significatifs du détournement des navires de leur itinéraire, l’extension du conflit soudanais préoccupe la communauté internationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Moscou est parvenu, en février dernier, à décrocher auprès des autorités soudanaises un accord de principe pour l’établissement d’une base militaire à Port Soudan, anticipant une éventuelle perte de ses bases syriennes de Tartous et Hmeimim compte tenu de la chute de son allié Bachar al-Assad, les récentes attaques ont révélé la volatilité de la situation, mettant à mal les ambitions russes.<br>De son côté l’Arabie saoudite espère relancer le processus de Djeddah qu’elle avait parrainé en 2023, afin d’obtenir enfin l’accalmie régionale dont elle a impérativement besoin pour mener à bien ses ambitions économiques post-pétrole et ses projets touristiques sur la mer Rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Occident tente la réconciliation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’aggravation de la situation humanitaire, avec 150 000 victimes depuis avril 2023, plus de 12 millions de déplacés et la moitié de la population au bord de la famine, a conduit à la tenue d’une conférence à Londres le 15 avril dernier. À l’initiative du Royaume-Uni, de l’Union européenne, de l’Allemagne, de la France et de l’Union africaine, celle-ci a réuni 14 pays, dont l’Arabie saoudite et les États-Unis, pour dégager une première manne financière de 800 millions de dollars et tenter de trouver un chemin de réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le général Al-Bourhane a fustigé cette tendance de l’Occident à renvoyer dos à dos l’armée régulière et les paramilitaires. Le chef des Forces armées soudanaises a multiplié les déplacements à l’étranger – en Arabie saoudite en mars, en Égypte et Turquie en avril – afin de consolider ses alliances stratégiques dont il a impérativement besoin pour faire pression sur les EAU s’il veut, à terme, négocier une sortie de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas-125970/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/cette-guerre-du-soudan-qui-nen-finit-pas-125970/">Le nouvel Economiste</a> le 05/06/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;©SIPA</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La délicate reconstruction de l’État libanais</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-delicate-reconstruction-de-letat-libanais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 08:00:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Samedi 24 mai se tenait le dernier tour des élections municipales libanaises, une première pour la population qui n’avait pas<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-delicate-reconstruction-de-letat-libanais/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Samedi 24 mai se tenait le dernier tour des élections municipales libanaises, une première pour la population qui n’avait pas été consultée localement depuis 2016.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’allié gouvernemental, les Forces libanaises, a enregistré des victoires face à son adversaire le Courant patriotique libre dans les régions chrétiennes, à l’exception de la municipalité de Jezzine, le Hezbollah conserve un soutien populaire significatif, comme en témoignent ses victoires dans ses localités historiques du sud-Liban, malgré une forte abstention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le gouvernement s’attelle à la lourde tâche de reconstruire l’État libanais, la tenue d’élections a été perçue comme un signe positif. Dès son investiture en janvier dernier, le président Aoun, ancien commandant en chef de l’armée libanaise, s’est fixé un double objectif : restaurer l’État régalien en désarmant les milices et endiguer la crise économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le président Aoun renoue les liens diplomatiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Conscient des fragiles équilibres politiques et sociaux et redoutant une nouvelle guerre civile, le président libanais s’est prononcé avec précaution en faveur du désarmement du Hezbollah, qu’il dit vouloir mener par “un dialogue bilatéral”. La milice chiite est largement affaiblie militairement depuis l’offensive d’Israël et la chute du régime de Bachar al-Assad par lequel transitait son approvisionnement auprès de l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, Joseph Aoun a renoué avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, en convenant les 21 et 23 mai derniers de désarmer, à compter de mi-juin, les camps de réfugiés palestiniens au Liban, administrés par les organisations palestiniennes. Mahmoud Abbas, dont la crédibilité pour incarner l’interlocuteur palestinien est souvent mise en doute, espère restaurer sa représentativité face aux autres factions comme le Hamas et le Jihad islamique dont l’influence progresse dans les camps de réfugiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette reprise en main est fortement encouragée par les États-Unis et les pétromonarchies arabes du golfe Persique qui y conditionnent leur assistance économique. Lors de son discours devant le Forum économique américano-saoudien, le président Trump a fustigé le Hezbollah, se disant désormais “prêt à aider le Liban”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, le président libanais entend bien profiter de la récente recomposition des rapports de force régionaux et du recul de l’influence iranienne pour restaurer des relations diplomatiques avec les pétromonarchies arabes du Golfe. Alors qu’il réservait sa première visite officielle à l’étranger au royaume saoudien, le président Aoun a enchaîné depuis les déplacements au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït, espérant séduire des investisseurs et obtenir des aides financières dont dépend fortement l’économie libanaise, exsangue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de la crise ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’effondrement financier de 2019, l’explosion du port de Beyrouth, l’offensive israélienne et le blocage institutionnel jusqu’à la récente désignation du président Aoun en janvier 2025, ont plongé le pays dans une crise sans précédent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En dépit des efforts du nouveau gouvernement et de son jeu d’équilibre, l’avenir du Liban demeure incertain. Le gouvernement parviendra-t-il à imposer au Hezbollah l’abandon total de son arsenal militaire ? Quant à Israël, rien n’indique pour l’instant son respect total du cessez-le-feu de novembre dernier. Enfin, à la veille de l’arrivée d’une délégation du FMI, ce 28 mai 2025, le gouvernement libanais redouble d’efforts pour afficher sa bonne volonté, espérant enfin décrocher un accord de prêt tant attendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-delicate-reconstruction-de-letat-libanais-125829/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/la-delicate-reconstruction-de-letat-libanais-125829/">Le nouvel Economiste</a></em> le 29/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph"> © SIPA</p>
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		<item>
		<title>Donald Trump dans les pétromonarchies du golfe Persique</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 May 2025 13:50:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Pour son premier déplacement au Moyen-Orient, Donald Trump a frappé fort, prenant à contre-pied la plupart des observateurs. Au-delà des<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Pour son premier déplacement au Moyen-Orient, Donald Trump a frappé fort, prenant à contre-pied la plupart des observateurs. Au-delà des avantages économiques considérables attendus, il a dessiné les contours de sa nouvelle politique dans cette région agitée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Promesses d’investissements faramineux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En leur réservant sa première visite officielle, le 47e président des États-Unis a voulu ramener les pétromonarchies dans l’orbite de Washington. Adeptes du réalisme politique, celles-ci avaient amorcé depuis déjà plusieurs années une politique étrangère “non alignée”, tissant d’étroits liens aussi bien avec la Russie que la Chine qui figure parmi leurs premiers partenaires commerciaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pari en voie d’être gagné : les pétromonarchies ont annoncé des promesses d’investissements titanesques aux États-Unis dans les dix prochaines années – respectivement de 600 milliards de l’Arabie saoudite, 500 milliards du Qatar et 400 milliards des Émirats arabes unis (EAU), principalement dans les technologies de pointe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entreprises américaines sont aussi parvenues à décrocher d’importants contrats, à commencer par Boeing qui, en sérieuse difficulté financière, en avait plus que jamais besoin. Alors que les EAU ont passé commande de 28 avions, Qatar Airways a annoncé un contrat faramineux de 200 milliards de dollars auprès du constructeur américain.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Donnant-donnant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les monarchies du Golfe ne perdent pas de vue leurs intérêts. Alors que l’Arabie saoudite compte en contrepartie sur l’aval de Washington pour le développement de son industrie nucléaire civile, les EAU espèrent négocier une coopération énergétique mais surtout technologique, tant Abu Dhabi ambitionne de devenir un leader de l’intelligence artificielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Outre la défense de ses intérêts économiques, le président américain a profité de ce déplacement pour présenter les grandes orientations de son second mandat. À l’occasion du forum d’investissement américano-saoudien, Donald Trump a prononcé un discours de politique étrangère dans lequel il tire les leçons du passé, fustigeant l’interventionnisme tous azimuts de ses prédécesseurs néoconservateurs comme démocrates.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eloge de souveraineté des nations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il a salué les réussites de ses hôtes dans des termes peu communs, rendant hommage à la souveraineté des nations : “Il est essentiel que le reste du monde en prenne conscience : cette grande transformation n’est pas le fait d’interventionnistes occidentaux, ou d’hommes qui prennent de beaux avions pour venir vous donner des leçons sur la façon de vivre et de gérer vos propres affaires. Non. Les merveilles étincelantes de Riyad et d’Abou Dhabi n’ont pas été créées par les soi-disant “nation-builders”, les ‘neocons’ [ou néoconservateurs, réputés avoir la volonté d’imposer l’ordre libéral par la force si nécessaire, ndlr] ou les ‘non-profit liberals’ [organisations œuvrant dans le secteur à but non lucratif et perçues comme libérales ou progressistes sur le plan politique, ndlr] – comme ceux qui ont dépensé des milliers de milliards de dollars pour ne pas réussir à développer Kaboul, Bagdad et tant d’autres villes.”</p>



<h2 class="wp-block-heading">Iran et Syrie sur la table</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a également exposé ses ambitions stratégiques sur les dossiers brûlants du Moyen-Orient : l’issue du programme nucléaire iranien et l’avenir de la Syrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un véritable réquisitoire contre la politique iranienne passée, Donald Trump a rappelé sa volonté de “mettre fin aux conflits” et de “conclure un accord” avec Téhéran, écartant de facto les frappes préventives voulues par Tel Aviv. Cependant l’issue des négociations demeure incertaine, l’Iran restant intransigeant sur le maintien de son programme nucléaire civil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, à la surprise générale, le président Trump a décidé la levée des sanctions contre une Syrie à l’économie exsangue. Encouragé par Mohammed Ben Salmane, prince héritier d’Arabie saoudite, qui s’est dit prêt à régler la dette syrienne envers la Banque mondiale – 15 millions de dollars – et à participer à la reconstruction de l’État syrien, le président américain a rencontré dès le lendemain, mercredi 14 mai, à Riyad, Ahmed al-Charaa, l’ancien terroriste d’Al-Qaïda relooké. Véritable pari au moment où les autorités provisoires peinent à établir l’autorité de l’État et où des factions encore plus radicales, à l’image de l’État islamique, profitent du vide sécuritaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Prise de distance avec Israël</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Autant de gestes qui n’ont pu que renforcer les tensions récentes entre Tel-Aviv et Washington. Alors qu’Israël a été exclu de la tournée présidentielle, le vice-président américain J.D Vance a de son côté annulé son déplacement à Tel-Aviv, soi-disant pour des raisons logistiques, à l’annonce de la nouvelle offensive dans l’enclave palestinienne où la tragédie humanitaire s’aggrave jour après jour. Une telle situation a empêché Donald Trump d’obtenir de la part des monarchies du Golfe l’élargissement des accords d’Abraham.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, si sur le plan économique cette première visite au Moyen-Orient est une réussite, l’issue des dossiers régionaux – l’accord nucléaire avec l’Iran, l’avenir de Gaza, du Liban et de la Syrie – demeure encore incertaine. Reste à savoir si la “méthode Trump”, baroque mais pragmatique, fonctionnera.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique-125578/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/donald-trump-dans-les-petromonarchies-du-golfe-persique-125578/">Le nouvel Economiste</a></em> le 22/05/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>Iran et États-Unis sous médiation omanaise</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Apr 2025 11:06:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Après une première réunion indirecte le 12 avril à Mascate entre les émissaires américain et iranien, la médiation omanaise sur<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Après une première réunion indirecte le 12 avril à Mascate entre les émissaires américain et iranien, la médiation omanaise sur le dossier du nucléaire iranien se poursuit. Samedi 19 avril, de nouvelles négociations entre l’émissaire américain pour le Moyen Orient et le ministre des Affaires étrangères iranien ont eu lieu à la résidence du sultanat d’Oman à Rome. À en croire l’annonce de prochains pourparlers et de discussions techniques entre experts le 26 avril à Oman, les négociations avancent positivement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Realpolitik saoudienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Soucieuses de préserver la stabilité du golfe Persique, les pétromonarchies ont accueilli favorablement ces efforts diplomatiques. À commencer par l’Arabie saoudite qui a choisi cette période opportune pour une visite diplomatique en Iran, tranchant largement avec sa farouche opposition à l’accord sur le nucléaire de 2015.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La venue du ministre de la Défense saoudien, le mercredi 16 avril, et sa rencontre avec le président iranien ainsi qu’avec le guide suprême marque la préférence du royaume pour des négociations plutôt qu’une surenchère militaire. Une visite lourde de sens alors que ces deux rivaux historiques se disputent la puissance régionale depuis des décennies et que leur rapprochement de mars 2023 sous l’égide de la Chine demeurait, jusqu’à présent, très embryonnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume saoudien reste marqué par les tirs de missiles de 2019 attribués à l’Iran contre ses installations pétrolières qui avaient sensiblement impacté ses exportations d’hydrocarbures. L’immobilisme américain et l’échec des dispositifs d’interception Patriot, fournis à prix conséquent par les États-Unis, ont largement fait douter le royaume de la protection américaine. De sorte que Mohammed Ben Salmane, qui maîtrise parfaitement les codes de la realpolitik, a saisi l’importance de nouer des relations de bon voisinage avec l’Iran pour la stabilité régionale dont il a impérativement besoin pour mener ses ambitions post-pétrolières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, l’Arabie saoudite espère sans doute profiter des liens de l’Iran avec les Houthis pour canaliser leur activisme régional.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 7 octobre et le début de la guerre à Gaza, les Houthis mènent des attaques en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, ralentissant considérablement le commerce maritime, obligeant les navires à se détourner de leur itinéraire et à passer par le cap de Bonne-Espérance. Alors que les États-Unis mènent depuis mi-mars des frappes meurtrières contre le groupe armé yéménite, ce dernier poursuit ses agissements qui font craindre une escalade régionale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran en recherche de soutien chinois</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne participe pas aux négociations, contrairement à celles qui avaient ébauché l’accord de 2015, son directeur s’est rendu le même jour en Iran. La veille, il confiait au journal ‘Le Monde’ sa crainte de voir un Iran nucléarisé et encourageait les efforts américains et iraniens, espérant qu’ils débouchent sur un accord. Il avertissait également, dans le cas où les pourparlers progresseraient, que la présence de l’agence serait indispensable pour certifier les détails techniques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant les contours de l’éventuel accord demeurent flous. Mardi 22 avril, le ministre des Affaires étrangères iranien s’est rendu en Chine, qui défend avec la Russie le droit de l’Iran à un programme nucléaire civil. L’Iran cherche sans aucun doute des appuis à son refus catégorique de renoncer totalement à l’enrichissement de son uranium et au démantèlement de son programme nucléaire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les exigences fluctuantes de Washington</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de Washington, les exigences exactes sont fluctuantes. Alors que le conseiller à la sécurité nationale et le secrétaire d’État, plaident pour un démantèlement complet du programme nucléaire, Steve Witkoff, à qui ont été confiées les négociations avec Téhéran, serait plus accommodant avec les autorités iraniennes qui ont affirmé à l’agence de presse iranienne Tasnim, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, que “les Américains n’ont jusqu’à présent soulevé aucune discussion en dehors de la question du nucléaire”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump est-il prêt à restaurer un accord proche de celui qu’il avait lui-même dénoncé huit ans plut tôt pour obtenir une victoire diplomatique et éviter une confrontation militaire ? La même incertitude règne du côté iranien. Les partisans d’un accord qui, affolés par la situation intérieure, espèrent un répit pour assurer la survie de leur régime, parviendront-ils à infléchir le dogmatisme du guide pour lui faire accepter des concessions ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise-124802/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-et-etats-unis-sous-mediation-omanaise-124802/">Le nouvel Economiste</a> le 24/04/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© Freepik</p>



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		<title>Iran &#8211; États-Unis, à quand la reprise du dialogue ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Mar 2025 17:39:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Téhéran a tout à gagner à éviter une escalade militaire qui lui serait fatale, et Washington à contrer les approvisionnements<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Téhéran a tout à gagner à éviter une escalade militaire qui lui serait fatale, et Washington à contrer les approvisionnements en énergie de la Chine</p>



<p class="wp-block-paragraph">À seulement sept mois de l’expiration officielle de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, le 18 octobre 2025, Donald Trump semble avoir renoué avec la politique de pression maximale qu’il avait menée au cours de son premier mandat vis-à-vis de l’Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Menaces américaines pour contraindre la négociation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le pays est sous embargo économique depuis la dénonciation unilatérale du JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) en 2018 par Trump, ce dernier a, dès son investiture, décidé de nouveaux trains de sanctions contre Téhéran. Celles-ci visent précisément l’industrie pétrolière iranienne, dernier secteur économique lucratif grâce aux contournements silencieux des sanctions, avec notamment l’assistance de la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, le nouveau président américain a déclaré avoir adressé, le jeudi 6 mars, une lettre enjoignant les autorités iraniennes à reprendre les négociations sur le programme nucléaire, sous peine de frappes militaires contre leurs installations. Bien qu’attaché à sa doctrine non interventionniste, Donald Trump a, à plusieurs reprises, évoqué la possibilité d’actions préventives, soutenues par Israël, contre des infrastructures iraniennes si les négociations échouaient, espérant ainsi contraindre Téhéran à négocier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a démenti avoir reçu une lettre, il y a répondu indirectement en dénonçant “l’intimidation des gouvernements” et en refusant, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi (en marge de la conférence de l’Organisation de la coopération islamique à Djeddah), d’entamer “aucune négociation directe avec les États-Unis tant qu’ils continueront leur politique de pression maximale et leurs menaces”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, en dépit des pressions épisodiques du nouveau président américain et des réactions cadenassées de Téhéran, le contexte semble plus que jamais propice à la reprise des négociations.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Iran exsangue</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, l’Iran traverse une crise sans précédent. Les sanctions en vigueur depuis 2018 asphyxient le pays, confronté à de fréquentes pénuries et à un chômage massif qui frappe notamment la jeunesse iranienne, désillusionnée et écœurée par les sanglantes répressions du régime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que l’inflation avoisine les 40 % et que le rial iranien a connu une dévaluation de près de 30 % le mois dernier, le ministre de l’Économie et des Finances, Abdolnasser Hemmati, a été limogé par le Madjles (Parlement iranien) pour avoir échoué à endiguer ces déséquilibres économiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan stratégique, l’influence régionale iranienne a largement reculé. La guerre à Gaza, l’offensive israélienne contre le Hezbollah et la chute du régime de Bachar al-Assad ont significativement affaibli les proxys iraniens, tandis que les frappes israéliennes d’octobre 2024 ont endommagé ses capacités militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’élection de Massoud Pezechkian, ancien ministre de Rohani sous lequel l’accord sur le nucléaire iranien avait été conclu, traduit la volonté de la population de sortir de son isolement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant au régime iranien, son affaiblissement inédit le prédispose à négocier avec l’Occident s’il veut éviter une escalade militaire qui lui serait fatale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’Arabie saoudite à la manœuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce risque d’embrasement, les puissances régionales manœuvrent pour servir leur agenda. À commencer par l’Arabie saoudite, qui accueille les négociations russo-américaines sur l’Ukraine et plaide pour la reprise des pourparlers sur le nucléaire iranien. Le prince héritier, Mohammed ben Salmane, est conscient que la stabilité régionale est indispensable pour garantir ses exportations d’hydrocarbures et mener à bien son projet Vision 2030 de diversification économique et touristique post-pétrole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le royaume saoudien garde un souvenir amer des frappes de 2019, attribuées à l’Iran, contre ses installations pétrolières, qui avaient gravement affecté ses exportations de brut. Ce précédent a renforcé la volonté de Riyad d’apaiser ses relations avec son voisin perse, ce qui a conduit à la reprise des relations diplomatiques irano-saoudiennes en mars 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Course américaine à l’hégémonie contre la Chine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, le président américain a aussi besoin du soutien saoudien pour la reconstruction de Gaza et pour ses efforts de médiation régionale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la reprise du dialogue entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour négocier la paix en Ukraine et éloigner la Russie du giron chinois pourrait, compte tenu des étroites relations entre Moscou et Téhéran, faciliter un compromis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trump a parfaitement intégré que la course à l’hégémonie se jouera, dans les années à venir, entre les États-Unis et la Chine. Il perçoit dans la restauration de l’accord sur le nucléaire iranien une opportunité de priver Pékin d’un partenaire stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran, qui possède les deuxièmes réserves mondiales de gaz grâce à son champ gazier South Pars, et les troisièmes de pétrole, est un allié essentiel pour Pékin, surtout depuis le retour des sanctions en 2018.<br>Les États-Unis ont réussi à réduire leur dépendance à la Chine, tant pour les semi-conducteurs, en relocalisant leur production afin de ne plus être tributaires de Taïwan, que pour les terres rares, en contournant le monopole chinois grâce à des négociations visant à obtenir une part des ressources ukrainiennes en échange de leur soutien militaire et financier pendant la guerre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bras de fer avec Pékin sur l’énergie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Washington entend à présent réduire l’influence chinoise et impacter ses approvisionnements énergétiques. Alors que la Russie et l’Iran disposent des premières réserves mondiales de gaz et que la Chine est le premier importateur de gaz, le président Trump refuse catégoriquement que Pékin puisse bénéficier de l’exploitation de gisements gaziers conséquents à l’image de celui de South Pars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autant que la Chine louche sur ce dernier. Si l’Iran a récemment annoncé des contrats de 17&nbsp;milliards de dollars attribués à des entreprises iraniennes pour augmenter la pression des réservoirs de gaz, le géant chinois CNPC (China National Petroleum Corporation) avait été choisi pour remplacer Total et développer la phase 11 du gisement gazier South Pars, avant que Pékin ne se soit désengagé du projet du fait des sanctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’issue de ce bras de fer reste suspendue non seulement aux décisions de Washington et de Téhéran, mais aussi à la manière dont les trois autres puissances – Russie, Arabie saoudite et Israël – ménageront leurs intérêts respectifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> dans <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue-123522/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/iran-etats-unis-a-quand-la-reprise-du-dialogue-123522/">Le nouvel Economiste</a></em> le 14/03/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">©SIPA</p>



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		<title>L’Arabie saoudite ou les dividendes d’une diplomatie proactive</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/larabie-saoudite-ou-les-dividendes-dune-diplomatie-proactive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Feb 2025 18:05:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le royaume entend capitaliser sur ses efforts de médiation entre États-Unis et Russie pour pousser son propre agenda sur des<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/larabie-saoudite-ou-les-dividendes-dune-diplomatie-proactive/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le royaume entend capitaliser sur ses efforts de médiation entre États-Unis et Russie pour pousser son propre agenda sur des dossiers régionaux</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 février dernier, au terme d’un long entretien téléphonique, Vladimir Poutine et Donald Trump, pour parvenir à la paix en Ukraine, ont convenu d’entamer immédiatement des négociations parrainées par l’Arabie saoudite. À ce titre, le secrétaire d’État américain Marco Rubio et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont entretenus le 18 février à Riyad, où leurs chancelleries respectives ont annoncé qu’une rencontre entre leurs deux présidents se tiendrait prochainement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Neutralité calculée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fidèle à sa politique de neutralité tout au long du conflit, l’Arabie saoudite profite de ses relations privilégiées avec les États-Unis comme avec la Russie pour s’imposer en véritable puissance diplomatique, sans oublier de servir ses intérêts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le début du conflit, le royaume a fait le choix de ne pas condamner l’invasion russe et a refusé de suivre la politique d’isolement de la Russie menée par la précédente administration américaine, docilement suivie par les Européens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les sanctions économiques, Riyad a maintenu des relations commerciales avec Moscou, notamment en achetant au rabais son pétrole pour sa consommation intérieure, réservant ainsi le sien à l’exportation, plus avantageux économiquement. Le royaume a continué de collaborer étroitement avec la Russie pour peser sur les cours du pétrole grâce à leurs capacités respectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Point d’orgue de cette coopération, la visite de Vladimir Poutine à Riyad le 6 décembre 2023 a marqué une rupture avec l’alignement total sur Washington. Cette rencontre, mise en scène tant par le Kremlin que par le royaume saoudien, symbolisait une volonté de rééquilibrage diplomatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, en prenant ses distances avec l’administration Biden, Mohammed ben Salmane, le prince héritier de l’Arabie saoudite, ne pouvait imaginer que deux ans plus tard seulement, le Trump à la tête de la Maison-Blanche viendrait récompenser son audace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement de Riyad s’est en effet réjoui de la réélection de Donald Trump, avec qui il entretenait d’excellentes relations lors de son précédent mandat. Alors que les deux hommes affichaient une sympathie réciproque, les échanges commerciaux entre les deux pays avaient été très fructueux. Le royaume avait également tissé d’importants liens financiers avec le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, en investissant près de 2 milliards de dollars dans sa société Affinity Partners.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Conscient des attentes de la nouvelle administration, MBS s’est empressé de promettre d’investir près de 600 milliards de dollars dans l’économie américaine au cours de son nouveau mandat, une initiative dont Trump s’est félicité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En quête de stabilité dans le Golfe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, le royaume saoudien entend capitaliser sur ses efforts de médiation pour pousser son propre agenda sur d’autres dossiers régionaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout d’abord, il espère en contrepartie obtenir des États-Unis des garanties de sécurité renforcées ainsi que leur soutien dans le développement de son programme nucléaire civil, qui suppose un certain taux d’enrichissement d’uranium.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, à l’approche du sommet arabe qui se tiendra le 4 mars prochain en Égypte, l’Arabie saoudite cherche à contenir les effets délétères dans le monde arabe des déclarations fracassantes du président américain sur l’expulsion des Palestiniens de Gaza pour y construire une “Riviera”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riyad, qui abrite les principaux lieux saints de l’islam et revendique son leadership sur le monde musulman sunnite, ne peut accepter le plan de Donald Trump pour Gaza sans risquer de déchaîner son opinion publique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cet esprit que le royaume a réuni, le vendredi 21 février, un sommet “informel” avec les pétromonarchies du golfe persique, la Jordanie et l’Égypte, afin d’examiner les alternatives crédibles au plan de Donald Trump.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, MBS a un besoin impératif de stabilité dans le golfe persique, tant pour sécuriser ses exportations d’hydrocarbures, notamment vers la Chine, que pour mener à bien son projet Vision 2030 de développement économique et touristique post-pétrole. Dès lors, le prince héritier redoute une escalade militaire entre Israël et l’Iran qui compromettrait ses ambitions. Plutôt que de plaider pour des frappes préventives contre des installations nucléaires iraniennes, Riyad semble préférer des négociations avec l’Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump, de son côté, a également besoin de l’Arabie saoudite pour deux raisons. D’une part, pour contenir l’activisme du Premier ministre israélien Netanyahu, éviter l’escalade avec l’Iran et trouver des partenaires participant à la reconstruction de Gaza. D’autre part, pour peser au sein de l’Opep et agir sur le cours du baril de pétrole. N’oublions pas qu’en janvier dernier, le 47e président des États-Unis avait ordonné à Riyad de moduler sa production pour freiner les recettes de la Russie et l’inciter à négocier la paix en Ukraine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, dans un contexte international extrêmement volatil, MBS maîtrise les codes du réalisme politique, dépassionné de considérations morales, afin de servir au mieux les intérêts de son royaume.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Maelström moyen-oriental,<br>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> sur <em><a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/larabie-saoudite-ou-les-dividendes-dune-diplomatie-proactive-122978/" data-type="link" data-id="https://www.lenouveleconomiste.fr/larabie-saoudite-ou-les-dividendes-dune-diplomatie-proactive-122978/">Le nouvel Economiste</a> </em>le 27/02/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;© SIPA</p>



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		<title>Arabie saoudite ou Turquie, un choix existentiel pour Damas</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/arabie-saoudite-ou-turquie-un-choix-existentiel-pour-damas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Feb 2025 09:53:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[La Syrie a besoin des investissements saoudiens pour se reconstruire, et de la puissance militaire turque pour réunifier ses frontières<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/arabie-saoudite-ou-turquie-un-choix-existentiel-pour-damas/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La Syrie a besoin des investissements saoudiens pour se reconstruire, et de la puissance militaire turque pour réunifier ses frontières</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 2 février, Ahmed El-Charaa s’est rendu à Riyad, réservant sa première visite officielle à l’étranger au royaume saoudien, alors qu’il avait déjà consacré son premier entretien au journal saoudien panarabe ‘Asharq Al-Awsat’. Le nouveau maître de Damas est venu solliciter la pétromonarchie pour participer à la reconstruction d’une Syrie ravagée par près de quinze années de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Riyad a accueilli très favorablement l’arrivée au pouvoir des rebelles islamistes le 8 décembre dernier. D’une part, parce que les relations entre le royaume et la Syrie étaient gelées depuis le début du conflit en raison du soutien saoudien aux rebelles syriens. D’autre part, parce que Riyad entend bien profiter du recul de l’influence iranienne dans la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien qu’il soit parvenu au pouvoir grâce au soutien turc, le nouveau maître de Damas a aujourd’hui besoin de l’appui des pétromonarchies pour reconstruire une Syrie détruite par la guerre. Il compte aussi sans doute bénéficier des bonnes relations de Mohammed ben Salmane, le Premier ministre saoudien, avec la nouvelle administration américaine pour lever au plus vite les sanctions économiques qui asphyxient son pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La résurgence d’une rivalité ancienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, deux jours plus tard, le 4 février, Ahmed El-Charaa se rendait à Ankara pour s’entretenir avec le président Recep Tayyip Erdogan, conscient sans doute que ce dernier accepterait mal d’être remplacé comme premier partenaire par l’Arabie saoudite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmed El-Charaa semble vouloir naviguer entre les deux puissances sunnites au risque de raviver une rivalité turco-saoudienne historique. L’Empire ottoman a dominé le monde arabo-musulman, du Maghreb au Yémen, pendant plus de 400 ans, du XVIe au XXe siècle. Gardien des lieux saints de l’islam, La Mecque et Médine, la Sublime Porte [porte monumentale ouvrant sur le siège du gouvernement du sultan de l’Empire ottoman à Constantinople, ndlr] s’est imposée comme leader du monde musulman sunnite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le XVIIIe siècle, à l’image du chiisme au XVIe siècle, les tribus de l’actuelle Arabie saoudite se sont unifiées autour du wahhabisme, en opposition au pouvoir ottoman. Aujourd’hui encore, sans remettre officiellement en cause l’autorité du royaume saoudien sur les lieux saints, la Turquie adopte un discours critique à son égard.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le problème des Frères musulmans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rivalité est aussi politico-religieuse. L’Arabie saoudite et la Turquie incarnent deux modèles opposés de leadership musulman. Depuis l’essor de l’islam politique en Turquie avec l’AKP (le parti de la justice et du développement) et Recep Tayyip Erdogan, Ankara cherche à renouer avec son héritage ottoman et à s’imposer comme leader du monde sunnite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite voit d’un mauvais œil ses ambitions, notamment en raison des liens turcs avec l’idéologie des Frères musulmans. Alors que ce courant trouve un écho favorable durant les printemps arabes de 2011, les pétromonarchies du Golfe, dont Riyad et Abu Dhabi, interdisent les Frères musulmans en 2014, parallèlement au renversement du président égyptien Mohamed Morsi par le maréchal Abdel-Fattah al-Sissi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question kurde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si Damas compte sur les investissements saoudiens, avec lesquels la Turquie, en situation économique difficile, ne peut pas rivaliser, elle a aussi besoin de conserver une relation forte avec Ankara notamment pour trouver une issue à la question kurde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Erdogan a besoin de l’appui de la Syrie pour éviter la création d’un État kurde sur son flanc sud, et Ahmed El-Charaa aura besoin d’Ankara s’il veut réunifier la Syrie en récupérant le contrôle du Nord-Est, aux dépens des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui aujourd’hui l’administrent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En définitive, le nouveau président de Damas a compris qu’il lui faudra bien concilier les financements du royaume saoudien et la puissance militaire turque. En honorant Riyad de sa première visite, il a voulu signifier à Erdogan qu’il pouvait ne plus être son partenaire exclusif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir dira si les États-Unis entendent jouer les arbitres entre leur allié saoudien et la Turquie, membre de l’Otan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Maelström moyen-oriental,<br>Ardavan Amir-Aslani et Sixtine Dupont</em> publié sur le Nouvel Economiste le 06/02/2025</p>



<p class="wp-block-paragraph">© SIPA</p>
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		<title>Entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, une réconciliation en suspens</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/entre-liran-et-larabie-saoudite-une-reconciliation-en-suspens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Dec 2023 16:01:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’accord de normalisation signé en mars dernier entre l’Iran et l’Arabie Saoudite sous l’égide de la Chine promettait beaucoup. Il se fondait en effet sur un espoir d’apaisement au Moyen-Orient grâce à une véritable coopération économique entre les deux rivaux, qui avaient rompu toute relation diplomatique en 2016 et ne cessaient, depuis lors, de se faire la guerre par procuration à travers la région. Néanmoins, en dépit de multiples réunions officielles tant à Riyad qu’à Téhéran entre les officiels des deux pays, rien de véritablement concret ne semble avoir encore émergé de cet accord. Faut-il dès lors le considérer comme une coquille vide ?</p>
<p>La genèse de ce rapprochement dénote une lente et patiente maturation, qui contredit ce point de vue. Les considérations économiques et sécuritaires sont en effet essentielles pour expliquer cette réconciliation. Dès 2019, à la suite des attaques menées sur son sol et attribuées à l’Iran, l’Arabie Saoudite a été en pourparlers avec son puissant voisin pour normaliser leurs relations. En effet, le développement de son plan de transition économique « Vision 2030 » nécessite paix et stabilité dans la région. Or, le préalable à cet objectif louable est un cessez-le-feu durable au Yémen avec les Houthis, ce qui place l’Iran comme interlocuteur incontournable dans les négociations de paix.</p>
<p>Pour sa part, Téhéran nourrit également des espoirs de retombées économiques de son rapprochement avec Riyad. Ainsi, il pouvait légitimement espérer de la première économie régionale, non seulement des investissements majeurs dans le pays, mais aussi qu’elle influence positivement Washington en faveur d’une levée des sanctions pour soulager l’économie iranienne. Or, dans un cas comme dans l’autre, les espoirs de l’Iran ont pour l’instant été déçus, d’abord en raison des réticences des investisseurs étrangers faute d’un cadre financier suffisamment solide. Le fait que l’économie iranienne demeure toujours sous sanctions américaines explique également cette frilosité. De fait, l’Iran ne parvient donc pas à sortir de ce cycle infernal.</p>
<p>La guerre à Gaza a par ailleurs recréé les conditions d’une instabilité globale et entraîné des conséquences géopolitiques qui menacent la viabilité de la normalisation irano-saoudienne. Certes, le conflit a gelé les négociations entre Tel-Aviv et Riyad, qui semblait en voie d’adhérer aux accords d’Abraham, ce qui convient aux orientations stratégiques de Téhéran. Mais la guerre entre le Hamas et l’État hébreu a presque immédiatement déclenché une réponse militaire des Houthis, qui depuis le Yémen ont attaqué le sud d’Israël ou les navires battant pavillon israélien. Or, il est évident qu’une résurgence de la guerre au Yémen constitue une menace claire pour l’accord entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.</p>
<p>Pour autant, on sent une volonté réciproque d’éviter tout débordement du conflit à l’échelle régionale. Et de fait, le dialogue mutuel entre Iraniens et Saoudiens a, pour l’heure, su résister aux évènements. Le 11 novembre dernier, en marge du sommet de l’Organisation de la coopération islamique dédié à la situation à Gaza, Ebrahim Raïssi et « MBS » se sont rencontrés pour la première fois. Quinze jours plus tard, le chef de l’état-major iranien confirmait s’être entretenu avec son homologue saoudien en vue d’une coopération approfondie des deux pays dans le domaine sécuritaire. Mais sur le plan économique, rien de précis n’a été annoncé, du moins officiellement. Plusieurs médias ont ainsi évoqué un « marchandage » proposé par le royaume wahhabite à l’Iran : l’apaisement des proxies iraniens – alors que ceux-ci se déclarent prêts à étendre le confit gazaoui à l’ensemble du Moyen-Orient &#8211; en échange de la promesse (pour le moins hypothétique et en tout cas très opaque) d’investissements saoudiens.</p>
<p>Indépendamment de la réalité de cette offre, savoir si l’Iran serait prêt à l’accepter est sujet à caution. Il est certain que Téhéran possède une réelle influence sur ces groupes qui composent « l’axe de résistance ». Mais ce réseau de proxies fait également partie de sa stratégie de défense, patiemment bâtie et renforcée depuis quarante ans afin de garantir sa propre intégrité territoriale. Selon toute vraisemblance, l’Iran n&rsquo;abandonnerait donc jamais cet outil de projection de puissance pour des investissements à court terme, même si son économie pourrait en bénéficier. La pertinence de cette analyse peut être discutable. Elle n’en demeure pas moins fondamentale dans l’idéologie de la République islamique. L’autre risque, et non des moindres, serait de voir les proxies iraniens se détourner de leur parrain pour poursuivre leurs propres intérêts, en cas de désaccord politique et stratégique. Et le conflit à Gaza est un cas typique où des divergences idéologiques majeures peuvent se manifester.</p>
<p>Certes, le renforcement de l’entente entre les deux pays peut faciliter à long terme les possibilités commerciales et d’investissements. Indépendamment de l’évolution du conflit gazaoui, il n’en reste pas moins que les obstacles très concrets que l’on a évoqués demeurent, à commencer par ce régime de sanctions qui paralyse toute action de la part des investisseurs étrangers, en particulier lorsque ceux-ci sont des partenaires économiques des Etats-Unis. Aussi, tant que le conflit entre Israël et le Hamas durera, le dialogue entre Téhéran et Washington demeurera rompu, bloquant toutes les autres évolutions stratégiques, y compris avec les voisins régionaux de l’Iran. Militer en faveur d’une résolution du conflit à Gaza ne pourrait donc que servir les intérêts de Téhéran.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 10 décembre 2023.</strong></p>
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		<title>L’Arabie saoudite, entre l’Iran et Israël</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/larabie-saoudite-entre-liran-et-israel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Sep 2023 09:47:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie Saoudite]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Ces derniers mois, la diplomatie américaine s’est particulièrement concentrée sur les négociations avec l’Arabie saoudite, en vue d’obtenir du royaume<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/larabie-saoudite-entre-liran-et-israel/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ces derniers mois, la diplomatie américaine s’est particulièrement concentrée sur les négociations avec l’Arabie saoudite, en vue d’obtenir du royaume une reconnaissance officielle de l’État d’Israël et une normalisation de leurs relations. Riyad temporise cependant son engagement pour plusieurs raisons, la principale étant son souhait d’obtenir de Washington un partenariat sécuritaire renforcé et le développement d’un programme nucléaire civil sous égide américaine. Pour l’heure, ce rapport de forces semble stagner, au grand dépit de l’administration Biden qui souhaite remporter une victoire diplomatique d’envergure avant l’année électorale de 2024. L’Arabie saoudite n’a en effet pas obtenu satisfaction sur ses demandes, mais son hésitation tient également à un double risque pour sa stabilité, si d’aventure elle rejoignait les pays signataires des accords d’Abraham : celui d’une rupture dramatique avec l’Iran, et l’ensemble du monde musulman.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Rivalité Riyad-Téhéran pour le leadership du monde musulman</strong></h4>
<p>Alors que l’accord irano-saoudien signé en mars dernier sous le patronage de la Chine était un progrès d’envergure en faveur d’une stabilisation régionale, Riyad craint en effet qu’une main tendue vers Israël n’entraîne le mouvement inverse en froissant profondément l’Iran. La rivalité entre les deux grandes puissances militaires du Moyen-Orient est bien connue. Celle-ci s’est accentuée ces dernières années dans le cadre d’une guerre de l’ombre, aussi bien sur terre qu’en mer, jusqu’au sein même du territoire iranien dont les infrastructures sensibles ont plusieurs fois été la cible d’attaques israéliennes. Depuis 2017, Tsahal aurait mené plus de 400 frappes aériennes en Syrie et dans d’autres zones du Moyen-Orient contrôlées par l’Iran ou ses proxies locaux.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’Arabie saoudite craint donc que le pari ne lui coûte plus qu’il ne lui rapporte, face à un pays qui la challenge depuis quarante ans sur son rôle de leader du monde musulman”</p>
<p>À peine en cours de réconciliation avec Téhéran et consciente de son antagonisme avec Israël, l’Arabie saoudite craint donc que le pari ne lui coûte plus qu’il ne lui rapporte, face à un pays qui la challenge depuis quarante ans sur son rôle de leader du monde musulman, et dont l’armée a déjà prouvé en septembre 2019 qu’elle pouvait devenir une véritable menace pour sa sécurité. Téhéran s’est depuis longtemps accommodé de l’alliance entre les États-Unis et l’Arabie saoudite – rappelons qu’au temps du Shah, les deux puissances du Moyen-Orient étaient alliées de Washington, qui les considérait comme les “deux piliers” de sa politique dans la région. En revanche, une alliance avec Israël renforcerait considérablement le sentiment d’encerclement de l’Iran et son inquiétude légitime pour sa propre sécurité nationale, l’Arabie saoudite pouvant potentiellement servir de pont pour les activités israéliennes contre l’Iran – même si le royaume n’en a probablement pas l’intention.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Un accord sans portée militaire ?</strong></h4>
<p>Pour leur part, en normalisant leurs relations avec Israël en novembre 2020, Bahreïn et les Émirats arabes unis ont pris soin de limiter tous les sujets militaires à de vagues garanties sur la paix et la stabilité régionale. Si Manama et Abu Dhabi entretiennent naturellement une coopération militaire avec l’État hébreu, notamment dans le domaine de la cybersécurité, tous deux ont prudemment évité d’en faire officiellement état afin de ménager la susceptibilité de l’Iran, puissant voisin avec lequel les liens politiques et culturels sont complexes et anciens.</p>
<p>La question se pose de manière encore plus subtile pour l’Arabie saoudite, compte tenu de son statut régional et de son autorité morale et religieuse au sein du monde musulman. Toute alliance avec Israël, quand bien même celle-ci serait strictement formelle et dépourvue d’ambitions militaires, serait immanquablement condamnée par l’Iran comme une trahison envers les Palestiniens. En tant que gardien des lieux saints de l’Islam, le roi d’Arabie saoudite doit en effet garantir que le sort de Jérusalem soit équitablement décidé entre Tel-Aviv et Gaza. Les efforts de réconciliation entrepris entre l’Iran et l’Arabie saoudite – d’ailleurs à l’initiative de cette dernière – ne résisteront guère à une alliance israélo-saoudienne, qui sera immédiatement exploitée par l’Iran comme un aveu d’illégitimité pour représenter et défendre le monde musulman. Depuis 1979, la République islamique a régulièrement dénoncé l’Arabie saoudite comme un “arbre maudit” (pour reprendre les termes de l’Ayatollah Khomeini) infiltré par Israël, et ce combat politique a trouvé de multiples terrains d’expression. Si aujourd’hui, les choses semblent en voie d’apaisement, un rapprochement israélo-saoudien serait clairement de nature à les raviver.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Les États-Unis à la manœuvre</strong></h4>
<p>L’enjeu pour Riyad est donc particulièrement délicat : réussir à équilibrer, d’un côté son besoin d’un pacte sécuritaire avec les États-Unis, de l’autre la pacification de ses relations avec ses voisins et la préservation de sa propre légitimité au sein du monde musulman. Pour cette raison, l’Arabie saoudite se refuse encore à accepter toute normalisation avec Israël sans création d’un État palestinien, ou à tout le moins sans l’engagement d’un processus en ce sens, et ne se contentera donc jamais d’un gel des annexions israéliennes en Cisjordanie pour sceller un accord.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’Arabie saoudite se refuse encore à accepter toute normalisation avec Israël sans création d’un État palestinien, ou à tout le moins sans l’engagement d’un processus en ce sens. Néanmoins, l’influence des États-Unis pourrait être déterminante face à l’inflexibilité saoudienne”</p>
<p>Néanmoins, l’influence des États-Unis pourrait être déterminante face à l’inflexibilité saoudienne. Si Washington venait à accepter la plupart des demandes sécuritaires de l’Arabie saoudite en échange de meilleures garanties sur le sort des Palestiniens, une normalisation avec Israël pourrait voir le jour. Les Saoudiens espèrent qu’en contrepartie, le bouclier sécuritaire américain pourra être mobilisé en cas d’hostilité de l’Iran à leur égard. Dans un passé pas si lointain, lors des attaques contre les infrastructures pétrolières saoudiennes en septembre 2019, les États-Unis avaient pourtant brillé par leur absence et n’avaient engagé aucune guerre ouverte contre l’Iran. Ne serait-ce donc pas un pari risqué ?</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans le Nouvel Economist du 06/09/2023.</strong></p>
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