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	<title>accord nucléaire &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>Comment sauver l’accord sur le nucléaire iranien ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Dec 2022 15:09:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[accord nucléaire]]></category>
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		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-23050" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/raisi-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/raisi-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/raisi-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2022/12/raisi-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis leur reprise en avril 2021, les négociations sur le nucléaire iranien ont épuisé maints diplomates et analystes tant elles ont illustré l’art difficile du compromis et du rapport de forces. On ne compte plus les épisodes, les rebondissements, les pas en avant pour trois pas en arrière. Le fait est que l’administration Raïssi, élue deux mois après la reprise des échanges à Vienne, avait refusé dès son arrivée au pouvoir de faire de la renaissance du Joint Comprehensive Plan of Action le cœur de son mandat. L’accord est en effet perçu de manière extrêmement négative par les conservateurs iraniens, qui le considèrent comme une preuve tangible du manque de fiabilité des Américains, peu empressés de répondre à leurs engagements (même après 2015), ou de normaliser leurs relations avec l’Iran, en dépit des arguments de campagne de Joe Biden.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>La “patience stratégique” ne paie pas</strong></h4>
<p>Ces négociations interminables ont surtout été l’occasion pour chacun des adversaires de tester sa “patience stratégique” afin d’infléchir le rapport de forces en sa faveur. L’urgence semblait au cœur des objectifs des Occidentaux, avant tout préoccupés (à raison) de contenir les progrès nucléaires de l’Iran. Pour Téhéran au contraire, l’urgence n’était plus de mise ni sur le plan économique, ni sur le plan diplomatique grâce à ses partenaires stratégiques en Asie. Autant tenter d’obtenir davantage en échange de peu.</p>
<p class="mise_en_avant">“L’urgence semblait au cœur des objectifs des Occidentaux, avant tout préoccupés (à raison) de contenir les progrès nucléaires de l’Iran. Pour Téhéran au contraire, l’urgence n’était plus de mise ni sur le plan économique, ni sur le plan diplomatique grâce à ses partenaires stratégiques en Asie”</p>
<p>La stratégie a semblé payante au mois d’août 2022, lorsque les négociateurs se sont dits très proches d’un texte définitif satisfaisant toutes les parties. L’optimisme était tel que le marché de l’énergie semblait anticiper une signature prochaine entre Occidentaux et Iraniens, avec une baisse du cours du brut. Si Téhéran avait dû renoncer à sa demande concernant le retrait des gardiens de la révolution de la liste des organisations terroristes, il semblait en passe d’obtenir des garanties cruciales concernant le futur accord (compensations financières en cas de nouveau retrait des États-Unis, droit de reprendre l’enrichissement d’uranium si le cas de figure se présentait). L’automne a douché ces espoirs, entre les débuts d’une insurrection en Iran et la perspective des élections de mi-mandat aux États-Unis, qui ont gelé toute discussion viennoise dans un attentisme délétère.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Iran, un “Etat de seuil”</strong></h4>
<p>Car bien que Téhéran s’enfonce dans la récession et la crise sociale, poursuive son programme nucléaire et s’affranchisse du texte initial de l’accord de Vienne, nul parmi les signataires ne s’est encore risqué à acter la mort clinique du JCPoA. On pourrait s’en étonner. Robert Malley, envoyé spécial des États-Unis pour l’Iran, doutait publiquement de la possibilité de réactiver les négociations dans ce contexte très particulier. On voit en effet le régime iranien sombrer dans la radicalisation et la fuite en avant, entre un rapprochement pro-russe qui l’isole encore davantage sur la scène internationale, une répression de sa population en révolte et une profonde défiance envers les Occidentaux et leurs agences comme l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique). Pour ces derniers, il est désormais urgent d’attendre. Or, rien ne saurait être plus faux.</p>
<p class="mise_en_avant">“La situation sociale de l’Iran ne change rien aux urgences diplomatiques et à un constat : de par ses progrès technologiques, il est devenu un “État du seuil”, un statut irréversible pour une simple question de souveraineté nationale. À chaque résolution critique de l’AIEA, Téhéran riposte par une entorse supplémentaire à ses engagements nucléaires”</p>
<p>En effet, la situation sociale de l’Iran ne change rien aux urgences diplomatiques et à un constat : de par ses progrès technologiques, il est devenu un “État du seuil”, un statut irréversible pour une simple question de souveraineté nationale. À chaque résolution critique de l’AIEA, Téhéran riposte par une entorse supplémentaire à ses engagements nucléaires – reprenant ainsi son enrichissement d’uranium sur le site de Fordow alors qu’il s’en était abstenu entre 2015 et 2018 en respect de l’accord de Vienne. Sur le Moyen-Orient et sur le monde pèse donc le risque très réel d’une crise nucléaire de grande ampleur.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Indispensable changement de stratégie</strong></h4>
<p>Depuis les débuts des manifestations en Iran et la sanglante répression qui ne fait que s’accentuer, les Occidentaux hésitent entre l’attentisme ou une nouvelle campagne de “pression maximale”, assortie de sanctions économiques et d’isolement renforcé pour l’Iran, dans l’espoir de faire enfin tomber la République islamique. Mais le risque de l’attentisme est de renforcer l’axe russo-iranien qui générera une crise bien plus large. Quant aux sanctions, elles ont prouvé leur inefficacité en rimant avec radicalisation du régime et prolifération nucléaire. Il serait par ailleurs irréaliste d’imaginer à court terme une transition démocratique pacifique en Iran, qui permettrait de solutionner cette crise.</p>
<p class="mise_en_avant">“Une politique du “donnant-donnant” ne normalisera pas à elle seule les difficiles relations irano-américaines. Mais elle permettra a minima de sortir de la stagnation et d’éviter un potentiel conflit entre les deux pays”</p>
<p>Un changement de stratégie est donc indispensable pour sortir le dossier du nucléaire iranien de l’impasse, et la seule voie avant le point de non-retour passera inlassablement par la diplomatie. Si la restauration de l’accord de 2015 paraît hors d’atteinte, des concessions progressives demeurent possibles : inciter l’Iran à renouer le dialogue avec l’AIEA et lui ouvrir ses sites pour inspection, en échange de la levée des sanctions économiques les plus handicapantes pour son commerce extérieur (en lui permettant par exemple de commercer sans peine avec ses voisins, l’Irak, les Émirats ou même la Chine). Après tout, l’administration Biden a suivi une stratégie similaire avec le Venezuela dans le but de réguler le marché énergétique. Une politique du “donnant-donnant” ne normalisera pas à elle seule les difficiles relations irano-américaines. Mais elle permettra a minima de sortir de la stagnation et d’éviter un potentiel conflit entre les deux pays.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>paru dans Le Nouvel Economiste du 13/12/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Accord nucléaire : la « patience stratégique » de l&#8217;Iran enfin payante ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/accord-nucleaire-la-patience-strategique-de-liran-enfin-payante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Aug 2022 07:42:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[accord nucléaire]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[Le miracle diplomatique se produira-t-il une seconde fois ? Après des mois de difficiles négociations sur le contenu du nouvel<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/accord-nucleaire-la-patience-strategique-de-liran-enfin-payante/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le miracle diplomatique se produira-t-il une seconde fois ? Après des mois de difficiles négociations sur le contenu du nouvel accord sur le nucléaire iranien, les diplomates des pays signataires ont unanimement estimé qu&rsquo;une signature prochaine était possible. Jamais, depuis avril 2021, le climat n&rsquo;avait été si optimiste. Lundi, l&rsquo;équipe iranienne a transmis sa contre-proposition à l&rsquo;Union européenne, qui l&rsquo;a jugée constructive. Tout dépend désormais de l&rsquo;administration Biden, qui étudie les détails techniques de cette version finale et doit transmettre sa réponse dans les prochains jours. Sans entrer dans le détail du contenu, le Département d&rsquo;Etat américain convenait que l&rsquo;essentiel des problématiques était désormais réglé, rendant le texte proche des objectifs américains. Le marché des hydrocarbures semble d&rsquo;ailleurs anticiper la possible normalisation des relations irano-américaines, puisque dans la perspective d&rsquo;un retour du pétrole iranien sur la scène internationale, le cours du brut était à son plus bas niveau depuis six mois en début de semaine.</p>
<p>Les négociateurs iraniens, en concertation avec le Conseil suprême de Sécurité nationale et le Parlement iranien, ont amendé le texte européen et formulé d&rsquo;ultimes demandes : l&rsquo;établissement de compensations financières dans le cas où les Etats-Unis se retireraient une nouvelle fois de l&rsquo;accord, ainsi qu&rsquo;une disposition autorisant l&rsquo;Iran à reprendre immédiatement son enrichissement d&rsquo;uranium si ce cas de figure se représentait.</p>
<p>Du point de vue de Téhéran, ces exigences sont légitimes : alors qu&rsquo;il respectait l&rsquo;accord de Vienne, l&rsquo;Iran a dû subir le retrait illégal des Etats-Unis du traité en mai 2018 et des sanctions qui ont lourdement handicapé son économie, freinant ses exportations et les investissements étrangers dans le pays. La méfiance intrinsèque du régime envers les Américains, nourrie par l&rsquo;idéologie de la Révolution islamique, s&rsquo;est trouvée justifiée par la « pression maximale » et n&rsquo;a fait que s&rsquo;accroître avec le retour des conservateurs au pouvoir à Téhéran.</p>
<p>Depuis plusieurs mois, les Occidentaux apparaissent comme les plus pressés de faire signer un nouvel accord à l&rsquo;Iran, tant ils sont inquiets de ses progrès en matière nucléaire. Mais Téhéran n&rsquo;a eu, et n&rsquo;a toujours, aucun intérêt à céder à l&rsquo;affolement, malgré les difficultés économiques – qu&rsquo;il parvient quelque peu à surmonter grâce à la remontée des cours du brut et à la demande chinoise. Entretenir des incertitudes et user d&rsquo;une « patience stratégique » fait, depuis le début, partie de la stratégie iranienne afin d&rsquo;obtenir toujours plus de concessions et de garanties de la part des autres signataires et de l&rsquo;AIEA. De fait, la méthode fonctionne puisque les négociations, en dépit des avertissements américains, n&rsquo;ont jamais été définitivement abandonnées depuis leur reprise en avril 2021, alors même que le droit de regard de l&rsquo;agence atomique a été considérablement réduit. Chaque demande de garanties représente ainsi une opportunité pour Téhéran d&rsquo;exacerber les tensions au sein de l&rsquo;administration Biden, entre tenants d&rsquo;une signature rapide et contempteurs d&rsquo;une entente avec l&rsquo;Iran, lui permettant d&rsquo;obtenir davantage en échange de peu.</p>
<p>Si le contenu exact du nouvel accord reste encore flou, il n&rsquo;imposera probablement pas à l&rsquo;Iran de revenir totalement sur ses avancées technologiques en matière nucléaire, un acquis qui constitue une question de sécurité nationale et de souveraineté. Si l&rsquo;ambition de Téhéran était de devenir un « Etat du seuil » afin d&rsquo;obtenir un pouvoir de dissuasion, l&rsquo;objectif est atteint et sans retour en arrière possible.</p>
<p>De la plus extrême (bombarder l&rsquo;Iran) à la plus souhaitable (l&rsquo;inciter à encadrer son développement nucléaire en échange d&rsquo;avantages économiques), en passant par un bancal statu-quo (reconnaître à l&rsquo;Iran le statut d&rsquo;Etat du seuil sans parvenir à un accord nucléaire), les options sont donc réduites pour la diplomatie occidentale. Il est certain que seul un accord permettrait d&rsquo;apaiser les tensions au Moyen-Orient, y compris chez les alliés des Etats-Unis les plus rétifs à cette idée. A Washington comme à Téhéran, ce texte est nécessaire : pour Joe Biden, afin d&rsquo;obtenir une victoire diplomatique salutaire à quelques mois d&rsquo;une difficile échéance électorale ; pour le régime iranien, afin de sortir de l&rsquo;isolement économique et d&rsquo;apaiser une population qui ne songe qu&rsquo;à l&rsquo;exil.</p>
<p>A cet égard, beaucoup s&rsquo;interrogent néanmoins sur la pertinence d&rsquo;un accord qui ne serait peut-être viable que durant deux ans, soit jusqu&rsquo;à la fin du mandat de Joe Biden en 2024. Un délai certes court avant une éventuelle alternance politique à Washington&#8230; mais suffisant pour permettre à l&rsquo;Iran de récupérer ses réserves de change, évaluées à 100 milliards de dollars, afin d&rsquo;investir dans l&rsquo;économie et de mettre en œuvre des mesures sociales. Face à la crise économique qui a porté l&rsquo;inflation à plus de 60%, du jamais vu depuis la Révolution islamique de 1979, l&rsquo;urgence est désormais de répondre aux préoccupations quotidiennes du peuple iranien afin de garantir la stabilité du régime.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 21/08/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#8217;Iran et les Etats-Unis sur le point de signer un nouvel accord sur le nucléaire ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-et-les-etats-unis-sur-le-point-de-signer-un-nouvel-accord-sur-le-nucleaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Aug 2022 07:30:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Alors que les pourparlers ont repris à Vienne début août, l&#8217;Union européenne a proposé aux autres parties une version jugée<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-et-les-etats-unis-sur-le-point-de-signer-un-nouvel-accord-sur-le-nucleaire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que les pourparlers ont repris à Vienne début août, l&rsquo;Union européenne a proposé aux autres parties une version jugée « finale » du texte, considérée comme la dernière chance avant que la fenêtre diplomatique ne se referme définitivement. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrel s&rsquo;est montré catégorique sur le caractère définitif de cette proposition. En effet, pour les Etats-Unis et les Européens, freiner les progrès technologiques du programme nucléaire iranien, qui a continué son développement en parallèle des discussions ouvertes en 2021, est devenu une impérieuse nécessité. A Washington, les officiels ont confirmé leur volonté d&rsquo;aller vite, considérant l&rsquo;offre européenne comme la « seule base possible » pour parvenir à un accord. C&rsquo;est,<em> de facto,</em>acter la fin des négociations et imposer une forme d&rsquo;ultimatum à Téhéran, chose difficilement acceptable pour la République islamique. En outre, certains au sein de l&rsquo;administration Biden doutent encore que l&rsquo;Iran acceptera de revenir sur ses progrès nucléaires en échange d&rsquo;un allègement des sanctions économiques.</p>
<p>Pourtant, lors de la dernière reprise des négociations, l&rsquo;Iran a décidé contre toute attente de renoncer à deux exigences qui, depuis le début de l&rsquo;année 2022, bloquaient toute avancée diplomatique, ce qui porte à croire que l&rsquo;issue pourrait être positive. Téhéran abandonne donc sa demande de retrait des Gardiens de la Révolution de la liste des <em>Foreign Terrorist Organizations, </em>prenant acte du refus de Joe Biden de revenir sur cette décision de Donald Trump. C&rsquo;était en effet l&rsquo;un des principaux points de blocage depuis six mois, infranchissable sans effort politique de la part des Iraniens. L&rsquo;acceptation d&rsquo;un nouvel accord sans garanties américaines concernant le maintien des Etats-Unis dans le cadre du traité constitue la seconde concession de taille accordée par Téhéran. Pour certains observateurs, ce sont les plus grandes avancées obtenues depuis les élections présidentielles iraniennes, qui ouvrent donc la perspective inespérée d&rsquo;une signature prochaine.</p>
<p>À quelques mois des élections de <em>mid-term</em>, l&rsquo;encadrement du programme nucléaire iranien représenterait une grande victoire diplomatique pour Joe Biden, en dépit du fort clivage politique qu&rsquo;elle suscitera sur la scène politique américaine, compte tenu de l&rsquo;opposition unanime des Républicains et des voix discordantes au sein même du camp démocrate. Pour l&rsquo;Iran, le bénéfice serait également important puisqu&rsquo;une levée des sanctions soulagerait enfin son économie mise en grande difficulté depuis quatre ans, en dépit des diverses manœuvres de contournement élaborées.</p>
<p>Bien que la plupart des « sujets qui fâchent » aient été résolus, la réponse iranienne demeure encore suspendue à une nouvelle condition : que l&rsquo;AIEA renonce à son enquête, lancée depuis trois ans, sur l&rsquo;origine de l&rsquo;uranium artificiel utilisé au sein de divers sites nucléaires iraniens, y compris ceux fermés aux experts de l&rsquo;agence atomique. La demande est néanmoins très difficile à satisfaire compte tenu du fort déficit de confiance qui existe désormais entre l&rsquo;AIEA et Téhéran, depuis le refus des Iraniens de maintenir l&rsquo;accès de l&rsquo;agence à ses propres caméras de surveillance au sein des sites nucléaires. N&rsquo;étant ni signataire du <em>JCPoA</em>, ni engagée formellement dans les négociations, l&rsquo;agence atomique n&rsquo;a qu&rsquo;une influence relative dans le processus diplomatique. Par ailleurs, les Occidentaux tiennent au maintien de cette enquête, afin de conserver un moyen de pression sur la République islamique et la contraindre à respecter ses obligations de transparence.</p>
<p>Exiger la suspension du travail des experts onusiens est certes une demande irréaliste. Mais son maintien permet aux Iraniens de refuser la proposition européenne et de conserver la possibilité de faire évoluer ce texte « ultime ». De surcroit, nul n&rsquo;est dupe du fait que l&#8217;empressement européen demeure en grande partie motivé par l&rsquo;urgence de faire baisser les cours du brut en réintégrant l&rsquo;Iran sur le marché des hydrocarbures, ce qui offre à la République islamique un moyen de pression supplémentaire. Pour autant, face à la perspective d&rsquo;une entente avec les Etats-Unis, le régime demeure encore divisé entre la lutte contre l&rsquo;impérialisme américain, un de ses fondamentaux idéologiques, et la nécessité rappelée par le Guide Suprême Ali Khamenei de libérer enfin l&rsquo;économie iranienne des sanctions. La mise en application de l&rsquo;accord, qui prendra plusieurs mois, est une autre inconnue qui explique les réticences à Téhéran.</p>
<p>En vérité, tant sur plan économique que sécuritaire, les Etats-Unis comme l&rsquo;Iran ont tout à gagner à s&rsquo;entendre, et le soutien d&rsquo;une partie de l&rsquo;armée et des services de renseignements israéliens à cette éventualité est une nouveauté inattendue qui confirme le caractère propice du contexte actuel.</p>
<p>Bien que depuis deux ans, l&rsquo;Etat hébreu ait multiplié assassinats et frappes stratégiques afin de  ralentir le programme nucléaire iranien, cette stratégie a démontré son inefficacité. Par ailleurs, le surprenant repositionnement, encore officieux, des Israéliens survient étrangement après la récente tournée moyen-orientale de Joe Biden. En dépit d&rsquo;un discours ambigu et de son soutien à la création de « l&rsquo;OTAN du Moyen-Orient », le président américain demeure attaché au rétablissement du <em>JCPoA, </em>jugé comme une meilleure garantie de sécurité pour l&rsquo;Arabie Saoudite et Israël qu&rsquo;une surmilitarisation de la région. Le revirement de l&rsquo;état-major israélien semble souscrire à ce point de vue et résulte d&rsquo;une analyse pragmatique. Reconnaissant que l&rsquo;Iran n&rsquo;abandonnera jamais ses ambitions nucléaires sans incitations économiques et politiques fortes, Tsahal et le Mossad estiment qu&rsquo;un meilleur accord nucléaire vaut sans doute mieux qu&rsquo;une situation de statu-quo, qui n&rsquo;a amélioré en rien le niveau de sécurité de l&rsquo;Etat hébreu.</p>
<p>Cette nouvelle configuration géopolitique autorise donc à penser que même en cas d&rsquo;échec définitif des négociations viennoises, des alternatives diplomatiques pourraient être envisagées, comme un accord intérimaire qui éviterait une nouvelle salve de sanctions. En tout état de cause, la voie de la normalisation entre Washington et Téhéran, si elle demeure semée d&#8217;embuches, ne pourra pas rester définitivement close.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 14/08/2022.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quel avenir pour l&#8217;Iran sans accord sur le nucléaire ?</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/quel-avenir-pour-liran-sans-accord-sur-le-nucleaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Jul 2022 08:00:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Joint Comprehensive Plan of Action a fêté ses 7 ans le 15 juillet dernier, mais ce pourrait être son dernier anniversaire.<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/quel-avenir-pour-liran-sans-accord-sur-le-nucleaire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em> a fêté ses 7 ans le 15 juillet dernier, mais ce pourrait être son dernier anniversaire. Au bout d&rsquo;un an de négociations, aucune avancée véritable n&rsquo;a encore vu le jour. Au contraire, la fenêtre diplomatique se referme à mesure que le temps passe et que les discussions s&rsquo;enferrent dans la stagnation. Toutes les parties sont à blâmer dans l&rsquo;affaire, et toutes ont pourtant grandement à y perdre. Pour l&rsquo;Occident, la fin de l&rsquo;accord de Vienne réduirait à néant des années d&rsquo;effort en matière de non-prolifération nucléaire au Moyen-Orient. L&rsquo;échec des négociations entraînerait une escalade militaire dans la région, alors que celle-ci a un rôle capital à jouer dans la crise énergétique globale engendrée par la guerre en Ukraine. Mais pour l&rsquo;Iran, les conséquences seraient encore plus dramatiques puisqu&rsquo;elles engageront son avenir.</p>
<p>Aux yeux des Européens et de Washington, il ne fait aucun doute que l&rsquo;échec du dernier round de négociations à Doha le mois dernier (qui n&rsquo;a pas permis de régler les différends et a même entraîné la réouverture de certains sujets a priori réglés) démontre que les diplomates iraniens cherchent encore à gagner du temps. Au mieux, dans l&rsquo;optique d&rsquo;obtenir du régime un consensus pour accepter un accord sans garantie de pérennité. Au pire, pour accélérer le programme nucléaire iranien.</p>
<p>En effet, au-delà des questions qui fâchent comme le statut des Gardiens de la Révolution, la principale et légitime préoccupation des Iraniens demeure l&rsquo;assurance, jamais obtenue, qu&rsquo;un nouveau deal survivra au mandat de Joe Biden. Le retrait unilatéral de Donald Trump en mai 2018 avait montré la fragilité des engagements. Le fait que Joe Biden n&rsquo;ait pas allégé la « pression maximale » durant les négociations, n&rsquo;ait accordé aucune concession, et soutienne la formation d&rsquo;une coalition israélo-arabe, n&rsquo;a pas été de nature à rassurer les Iraniens sur ce point. Alors qu&rsquo;une alternance politique à Washington est déjà jugée hautement probable en 2025, on comprend que cette garantie soit déterminante pour obtenir la signature iranienne.</p>
<p>Un scénario demeure en revanche certain : en cas d&rsquo;échec définitif du <em>JCPoA</em>, les conséquences politiques, économiques et sécuritaires seront désastreuses pour l&rsquo;Iran.</p>
<p>En dépit de ses faiblesses, un accord nucléaire renouvelé lui apporterait en effet un véritable soulagement économique aux effets immédiats. Débarrassé des sanctions, Téhéran pourrait exporter près d&rsquo;un million de barils de brut quotidiens supplémentaires. Quand bien même le cours  repasserait sous la barre des 80 dollars en raison de la hausse de l&rsquo;offre, la rente pétrolière de l&rsquo;Iran représenterait près de 80 millions de dollars par jour. Ce contexte favorable permettrait une hausse des exportations de produits pétrochimiques, d&rsquo;acier et de biens manufacturés, et une baisse des coûts d&rsquo;importation des denrées alimentaires et du matériel médical. Enfin, l&rsquo;Iran pourrait avoir de nouveau accès à ses actifs bloqués à l&rsquo;étranger, des réserves de change se chiffrant en plusieurs milliards de dollars qui pourraient stabiliser la monnaie et réduire le taux d&rsquo;inflation, créant ainsi une vraie bouffée d&rsquo;oxygène pour l&rsquo;économie iranienne, au moins durant les deux dernières années du mandat de Joe Biden.</p>
<p>Car depuis 2012, la puissance économique de l&rsquo;Iran s&rsquo;érode inexorablement. Sans être au bord de la rupture, elle multiplie les failles. Faute d&rsquo;investissements, de rénovations et de transfert de technologies, ses infrastructures sont vieillissantes, y compris les plus cruciales comme celles de l&rsquo;industrie énergétique. Le discours officiel persiste à souligner la formidable résilience de l&rsquo;économie iranienne, qui est réelle et qui a épargné au peuple iranien d&rsquo;insupportables privations. Pour autant, cette économie de résistance emprisonne l&rsquo;Iran dans la stagnation et freine son développement. En dix ans, le niveau de vie des Iraniens s&rsquo;est dégradé, et si cette tendance persiste, d&rsquo;ici 2030 le PIB par habitant passera sous la barre des 15 000 dollars.</p>
<p>Isolé économiquement, l&rsquo;Iran demeurerait également ostracisé sur la scène internationale, et ce d&rsquo;autant plus facilement que les Européens, galvanisés par la revitalisation de l&rsquo;alliance transatlantique face à la Russie, accepteront plus volontiers de participer à une coalition américaine contre Téhéran. La récente résolution votée à l&rsquo;ONU par près de 30 pays sur 35 pour condamner le manque de coopération de l&rsquo;Iran avec l&rsquo;AIEA, contraste fortement avec la situation de 2020, où le Conseil de Sécurité et notamment les Européens, avaient opposé une fin de non-recevoir aux tentatives de <em>snap-back</em> de l&rsquo;administration Trump.</p>
<p>A Téhéran, les conservateurs misent sur l&rsquo;importance des relations stratégiques entre l&rsquo;Iran et les grandes puissances asiatiques, qui ont effectivement opposé leur veto à cette résolution (comme la Chine et la Russie) ou se sont abstenues (comme l&rsquo;Inde), pour résister aux pressions occidentales. Certes, la visite récente de Vladimir Poutine paraît valider cette stratégie. Mais les expériences de la décennie passée montrent que ce soutien politique et économique demeure limité et sous conditions, l&rsquo;Iran restant une variable d&rsquo;ajustement au gré des aléas relationnels de la Russie et de la Chine avec les Etats-Unis. Par ailleurs, le renforcement des intérêts communs entre ces deux puissances et celles du Moyen-Orient, notamment Israël et l&rsquo;Arabie Saoudite, porte à croire que l&rsquo;Iran peinera à obtenir les garanties sécuritaires et le niveau de coopération économique qu&rsquo;il espère pour pallier à la fin éventuelle du <em>JCPoA</em>.</p>
<p>Dans un contexte aussi incertain, une minorité croissante au sein du régime souhaiterait faire véritablement de l&rsquo;Iran une puissance nucléaire, suivant en cela l&rsquo;exemple du Pakistan, afin de recréer un équilibre régional face à Israël, la seule puissance nucléaire de la région. Face à cet état de fait, le monde entier, et surtout les Etats-Unis, seraient dès lors contraints de réviser leurs relations avec Téhéran. Pari très hasardeux, tant il garantit presque automatiquement une réponse militaire israélienne et une escalade des tensions régionales. Car si les Etats-Unis répugnent à s&rsquo;engager dans un nouveau conflit au Moyen-Orient, Israël ne poserait aucune difficulté à y agir comme proxy. De même, tous les efforts de normalisation entrepris avec les pétromonarchies sunnites du Golfe Persique, par le jeu des alliances, seraient alors réduits à néant.</p>
<p>Résister aux sanctions était une tactique pertinente, qui a conféré à l&rsquo;Iran une position de force pour négocier un meilleur accord avec les Etats-Unis. Maintenant que ce deal existe, une stratégie de long terme doit être privilégiée. La République islamique se trouve aujourd&rsquo;hui face à un choix qui engage l&rsquo;avenir de l&rsquo;Iran : ressusciter l&rsquo;accord sur le nucléaire, ou supporter les conséquences de son échec. De même, l&rsquo;administration Biden doit dépasser les considérations électorales, par nature court-termistes (et qui l&rsquo;ont empêché d&rsquo;accorder des concessions, même symboliques, à Téhéran) pour engager une approche diplomatique plus flexible et courageuse vis-à-vis de l&rsquo;Iran. Les bénéfices d&rsquo;un retour au <em>JCPoA</em> sont trop importants pour être le jouet des circonstances. Il est encore possible de faire survivre cet accord. Au cours de ce laps de temps très bref, l&rsquo;Iran peut  conclure un deal en étant en position de force. S&rsquo;il ne saisit pas cette opportunité, l&rsquo;occasion ne se représentera sans doute plus, compte tenu des risques économiques et militaires qui le guettent en cas d&rsquo;échec.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 31/07/2022.</strong></p>
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		<title>Vers un break-out ou un accord nucléaire ? L&#8217;heure des choix pour l&#8217;Iran et les Etats-Unis</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 28 Nov 2021 09:48:27 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-13455 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/000_NK_0_PX_4d73f8d5ac-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/000_NK_0_PX_4d73f8d5ac-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/000_NK_0_PX_4d73f8d5ac-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/11/000_NK_0_PX_4d73f8d5ac.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Ce lundi, les négociations sur le nucléaire iranien vont reprendre à Vienne. Les discussions se feront cependant sans les Américains, à la demande de Téhéran, et avec une République islamique campée sur une position maximaliste : l&rsquo;Iran n&rsquo;arrêtera pas son programme nucléaire – présenté comme pacifique par le président Raïssi &#8211; sans une levée de toutes les sanctions économiques qui le frappent. Bien qu&rsquo;ils brillent par leur absence, les Etats-Unis se préparent d&rsquo;ores et déjà à l’éventualité d’un échec diplomatique, ayant estimé à plusieurs reprises qu&rsquo;il était désormais trop tard pour ressusciter le <em>JCPoA</em> selon ses termes initiaux.</p>
<p>Et bien que Joe Biden ait plusieurs fois rappelé son désir de ne plus engager militairement les Etats-Unis au Moyen-Orient, le général Kenneth McKenzie, commandant des forces américaines dans la région, a publiquement fait comprendre que la Maison-Blanche, le Pentagone et le Département d&rsquo;Etat fourbissaient leurs armes et avaient déjà prévu un « plan B », si d&rsquo;aventure les négociations ne trouvaient aucune issue. Un plan B « à large spectre », puisqu&rsquo;il prévoit aussi bien de nouvelles sanctions qu&rsquo;une intervention militaire contre l&rsquo;Iran.</p>
<p>L&rsquo;état-major américain est conforté dans cette position par l&rsquo;insistance des Républicains, d&rsquo;Israël et des pétromonarchies du Golfe Persique à prendre en considération les « activités malveillantes » de l&rsquo;Iran dans la région, notamment par le biais de ses <em>proxies</em>. Selon le général McKenzie, ceux-ci auraient lancé le 20 octobre une attaque de drones contre la base américaine d&rsquo;al-Tanf, dans l&rsquo;est syrien. Seules les infrastructures en ont souffert, et aucune perte humaine n&rsquo;a été déplorée. Mais pour Washington, le message a semblé suffisamment clair pour décider, neuf jours plus tard, d&rsquo;imposer des sanctions contre deux hauts gradés du corps des Gardiens de la Révolution et deux entreprises affiliées, soupçonnées de fournir drones et matériel militaire aux insurgés en Irak, au Liban, au Yémen et en Ethiopie.</p>
<p>Diplomates et militaires américains divergent sur la stratégie à observer. Pour l&rsquo;heure, les premiers conservent la main pour éviter un désastre diplomatique, et faire en sorte que l&rsquo;Iran ne s&rsquo;engage pas sur le chemin sans retour d&rsquo;un armement nucléaire. Les seconds en revanche se montrent plus anxieux et pessimistes, comme le prouvent leur anticipation et les multiples « plan B » élaborés. Pour Washington, l&rsquo;Iran n&rsquo;a jamais été plus proche du break-out nucléaire, et selon l&rsquo;AIEA, il aurait déjà atteint le seuil des 60% d&rsquo;uranium enrichi (le seuil permettant de fabriquer une bombe étant de 90%). Selon une autre source (le rapport d&rsquo;un think tank spécialisé dans l&rsquo;analyse nucléaire publié en septembre dernier), une fois ce seuil atteint, trois mois seulement lui seraient nécessaires pour obtenir une seconde bombe, et moins de cinq mois pour une troisième. L&rsquo;état-major américain estime cependant qu&rsquo;il faudrait près d&rsquo;un an à Téhéran pour développer des ogives capables d&rsquo;être incorporées à son arsenal de missiles balistiques.</p>
<p>Si l&rsquo;Iran s&rsquo;abstient encore de franchir le Rubicon, c&rsquo;est que l&rsquo;incertitude et de l&rsquo;anxiété ainsi créées chez les Occidentaux le placent en position de force pour négocier. Il reste néanmoins difficile de connaître exactement le stade de développement de son programme nucléaire, les inspecteurs de l&rsquo;AIEA étant de plus en plus empêchés par les autorités iraniennes dans l&rsquo;exercice de leur mission.</p>
<p>Dans un tel contexte, un accord nucléaire est-il non seulement possible, mais surtout pertinent ? Apaiser les tensions et les risques nécessiterait d&rsquo;accéder à toutes les demandes de l&rsquo;Iran, or cet objectif semble difficile à atteindre. Si l&rsquo;administration Biden a montré une réelle volonté de revenir sur les sanctions économiques de l&rsquo;ère Trump, la levée de celles relatives au soutien allégué au terrorisme et aux droits de l&rsquo;homme représente un coût politique trop important pour le président américain, déjà fragile. S&rsquo;il n&rsquo;est pas dupe des activités de l&rsquo;Iran au Moyen-Orient, toute la question reste de savoir quelles seront les lignes rouges qui empêcheront tout compromis. De fait, les négociations qui reprendront lundi ne semblent pas s&rsquo;orienter vers un allègement de la pression économique subie par Téhéran, mais plutôt vers une sommation à revenir aux termes du <em>JCPoA</em>&#8230; La voie diplomatique reste donc ouverte, mais elle se rétrécit à vue d&rsquo;œil, si bien que l&rsquo;issue la plus probable des discussions viennoises reste l&rsquo;échec.</p>
<p>Dès lors, les scénarios pour la suite des évènements sont peu nombreux : les cas de figure bellicistes prévoient la poursuite par l&rsquo;Iran de son programme nucléaire jusqu&rsquo;à obtention d&rsquo;une bombe, ou bien une intervention militaire américaine contre Téhéran. Il existe encore deux autres possibilités : que la diplomatie parvienne miraculeusement à détourner l&rsquo;Iran de ses objectifs, ou que ce dernier continue à jouer la montre et maintienne le climat de « guerre froide » actuel. Toutes ces hypothèses ont en commun d&rsquo;être soit insatisfaisantes, soit irréalistes. Tel est pourtant le point où se trouvent tous les signataires de l&rsquo;accord de 2015&#8230;</p>
<p>Du point de vue américain, l&rsquo;approche multilatérale et collective reste la solution à privilégier en premier lieu pour obtenir un nouvel accord. Mais qui dit accord, dit levée des sanctions&#8230; Dans le cas contraire, l’Iran poursuivra son programme nucléaire jusqu’au break-out, sans doute via une explosion souterraine, ce qui le ferait enfin entrer dans le club très fermé des nations détentrices de l&rsquo;arme nucléaire. Une telle avancée technologique le doterait certes d&rsquo;une arme de dissuasion massive, mais relancerait aussi les dés du jeu moyen-oriental. Si cette perspective venait à se concrétiser, ce serait alors Israël et ses nouveaux alliés du Golfe Persique qui fourbiraient leurs armes.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 28/11/2021.</strong></p>
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		<title>L’Iran n’est pas pressé de sauver l&#8217;accord sur le nucléaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Oct 2021 14:40:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Malgré un récent geste allant dans le sens de la coopération, l’Iran démontre son manque d’inclination à sauver l’accord de<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/liran-nest-pas-presse-de-sauver-laccord-sur-le-nucleaire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-12730 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/accord-de-vienne-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/accord-de-vienne-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/accord-de-vienne-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/accord-de-vienne-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Malgré un récent geste allant dans le sens de la coopération, l’Iran démontre son manque d’inclination à sauver l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA), qui reste pourtant une priorité pour l’administration Biden dont la réputation a été mise à mal ces derniers mois, notamment après le retrait critiqué d’Afghanistan.</p>
<p>Fin septembre, l’Iran avait fini par accepter in extremis le remplacement de cartes mémoire dans les caméras de surveillance mises en place par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur certains sites. L’installation de ces caméras constituait une solution de secours suite au retrait de Téhéran de l’accord de coopération avec l’AIEA et au silence de Téhéran face aux demandes d’installation de caméras et de contrôles demandés par les inspecteurs, qui estiment que leurs capacités de vérification ont été “sérieusement compromises” depuis quelques mois. Par ailleurs, depuis le mois de juin dernier, aucun rendez-vous de diplomatie n’a été tenu à Vienne pour réenclencher le sauvetage de l’accord. Face à des agissements considérés comme des “manœuvres dilatoires” par les États-Unis et l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, les tensions se cristallisent.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Un nouveau cap stratégique anti-JCPOA</strong></h4>
<p>La raison principale de ce ralentissement dans les négociations réside dans l’élection d’un nouveau président iranien, <a href="https://www.lenouveleconomiste.fr/les-consequences-complexes-de-l-election-d-ebrahim-raissi-87546/">Ebrahim Raisi</a>, le 18 juin dernier, qui s’inscrit dans l’ultra-conservatisme, contrairement à son prédécesseur. En effet, malgré la promesse de respecter les strictes limitations de l’activité atomique de l’Iran et une position officielle non hostile aux négociations, dans les faits, il en est tout autrement. La demande de temps supplémentaire pour mettre en place une équipe de négociation et pour examiner les six cycles précédents de discussion n’apparaît être que de la poudre aux yeux pour cacher le véritable agenda iranien.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“ La raison principale de ce ralentissement dans les négociations réside dans l’élection d’un nouveau président iranien, Ebrahim Raisi, qui s’inscrit dans l’ultra-conservatisme, contrairement à son prédécesseur”</em></p>
<p>Ali Bagheri Kani, nouveau vice-ministre des affaires étrangères chargé des affaires politiques, fervent opposant au JCPOA, considère que l’accord viole les droits nationaux de l’Iran et porte atteinte à l’indépendance du pays. De plus, les récentes déclarations du nouveau président et du ministre iranien des Affaires étrangères actuel, Hossein Amir-Abdollahian, vont dans le sens d’un nouveau cap stratégique. Ce dernier avait en effet déclaré à la fin de l’été dernier, devant les législateurs du Parlement iranien, que le ministère des Affaires étrangères ne serait pas le ministère du JCPOA pendant son mandat. Il faisait alors une allusion à peine voilée à son prédécesseur, Mohammad Javad Zarif, qui avait consacré la majorité de son mandat à tenter de résoudre la crise nucléaire en négociant avec les États-Unis et les autres puissances mondiales.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Quand l’Iran doute de la levée des sanctions</strong></h4>
<p>Le président Raisi quant à lui, et contrairement à l’ancien président Hassan Rohani, ne voit pas cet accord d’un bon œil, et ne considère donc pas son sauvetage comme l’une de ses priorités, loin s’en faut. Toutefois, l’étonnement n’est pas de mise puisque lors de sa première prise de parole officielle en juin 2021, soit quelques mois après l’entrée en fonction de Joe Biden et le début des pourparlers à Vienne, le président Raisi avait donné le ton en déclarant qu’il ne lierait pas le sort de l’économie aux négociations du JCPOA. Le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, avait quant à lui déclaré que les efforts vains pour trouver un accord ainsi que le retrait décidé par le président américain de l’époque, Donald Trump, en mai 2018, avaient prouvé “la folie de faire confiance à l’Occident”. Le gouvernement actuel ne semble pas croire que les sanctions économiques seront un jour levées par les États-Unis, et semblent donc agir en conséquence.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“En juin 2021 le président Raisi avait donné le ton en déclarant qu’il ne lierait pas le sort de l’économie aux négociations du JCPOA”</em></p>
<p>Par ailleurs, les responsables politiques iraniens considèrent que même si l’accord est relancé, celui-ci ne sera pas porteur de grands avantages économiques pour l’Iran, puisque la frilosité des banques et des entreprises ne disparaîtra pas du jour au lendemain. De plus, sous couvert de la surveillance du programme balistique iranien et de la protection des droits de l’homme, certaines sanctions demeureront certainement en place, ce qui conforte le gouvernement iranien dans son éloignement des négociations.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Plus proche de ses voisins que des États-Unis</strong></h4>
<p>De même que les États-Unis qui se désengagent de leurs batailles interminables afin de se concentrer sur leur rivalité avec la Chine, l’Iran, résolument sceptique et cynique vis-à-vis des États-Unis, semble adopter la même stratégie pragmatique en se désengageant du JCPOA pour se concentrer sur ses relations économiques avec la Chine et la Russie, le but étant de neutraliser l’impact des sanctions économiques qui pèsent sur le pays.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“De même que les États-Unis qui se désengagent de leurs batailles interminables afin de se concentrer sur leur rivalité avec la Chine, l’Iran, semble adopter la même stratégie pragmatique en se désengageant du JCPOA pour se concentrer sur ses relations économiques avec la Chine et la Russie”</em></p>
<p>L’adhésion en juillet dernier de l’Iran à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) réunissant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde et le Pakistan, démontre la volonté de renforcer ses relations avec les pays voisins.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Pendant ce temps, le programme nucléaire se poursuit</strong></h4>
<p>Ainsi, bien que l’Iran ait toujours intérêt à ce que les États-Unis réintègrent l’accord, Téhéran ne semble pas vouloir se montrer conciliant. Le JCPOA ne sera pas relancé à n’importe quel prix, car le gouvernement iranien ne transigera plus sur les avantages économiques qui sont indispensables à la reprise durable de l’économie iranienne, qui est en asphyxie depuis des années (le taux d’inflation était de 45 % en août dernier). Téhéran exigera donc une garantie de non-retrait des États-Unis de l’accord, la suppression totale des sanctions et des obstacles à la normalisation du commerce de l’Iran. Le négociateur de l’Union européenne en charge de ce dossier, Enrique Mora, estime que le temps presse et s’est rendu à Téhéran pour appeler le gouvernement iranien à reprendre les négociations au plus vite.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Le gouvernement iranien ne transigera plus sur les avantages économiques qui sont indispensables à la reprise durable de l’économie iranienne, qui est en asphyxie depuis des années (le taux d’inflation était de 45 % en août dernier)”</em></p>
<p>Le temps joue en la faveur du gouvernement Raisi puisque le programme nucléaire iranien continue son expansion et l’influence iranienne ne cesse de s’accroître dans la région.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 20/10/2021.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pour l&#8217;Iran, l&#8217;avenir s&#8217;écrira en dehors de l’accord nucléaire</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pour-liran-lavenir-secrira-en-dehors-de-laccord-nucleaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Oct 2021 08:22:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[accord nucléaire]]></category>
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					<description><![CDATA[Le sort de l&#8217;Iran et de son économie ne pourront plus dépendre de l&#8217;issue des négociations sur le nucléaire iranien,<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/pour-liran-lavenir-secrira-en-dehors-de-laccord-nucleaire/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-12605 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2-300x217.jpg" alt="" width="300" height="217" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2-300x217.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2-150x109.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/10/000_9_LM_88_E_39eb76a8d2.jpg 1024w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Le sort de l&rsquo;Iran et de son économie ne pourront plus dépendre de l&rsquo;issue des négociations sur le nucléaire iranien, et celles-ci ne seront plus la priorité numéro 1 de l&rsquo;agenda diplomatique. Tel est, en substance, le nouveau principe qui guidera désormais l&rsquo;administration Raïssi, confirmé par le nouveau président dès sa première conférence de presse et par Hossein Amir-Abdollahian, son ministre des Affaires étrangères, qui se refuse catégoriquement à devenir « le ministre du JCPoA » durant son mandat.</p>
<p>C&rsquo;est là un changement radical par rapport à la politique menée par l&rsquo;ancien président Hassan Rohani, réformateur déterminé à apaiser les relations avec l&rsquo;Occident. Pour sa part, Ebrahim Raïssi le conservateur semble avoir pris acte de l&rsquo;impasse dans laquelle cette ambition conduisait son pays. C&rsquo;est un fait qu&rsquo;en dépit de leur reprise en avril dernier, et pas moins de six cycles de réunions, les négociations demeurent toujours au point mort. Certes, l&rsquo;interruption qu&rsquo;a constitué l&rsquo;élection présidentielle iranienne l&rsquo;explique en partie, et en héritant du travail de ses prédécesseurs, la nouvelle administration avait souhaité l&rsquo;analyser et composer une nouvelle équipe de négociateurs avant de s&rsquo;engager plus avant. Mais sans doute n&rsquo;était-ce là qu&rsquo;une simple temporisation. Résoudre ce dossier, qui s&rsquo;est transformé en crise internationale sous Donald Trump mais portait déjà en lui les germes des discordes et déceptions à venir, n&rsquo;aura finalement été qu&rsquo;une épine dans le pied de l&rsquo;Iran dès sa ratification à Vienne en juillet 2015.</p>
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<p>L&rsquo;accord reste en effet un exemple éloquent du manque de fiabilité des Américains. Si l&rsquo;Iran a bien respecté ses engagements en matière nucléaire pour se conformer au texte, les Etats-Unis ont été loin de respecter les leurs. Même après la signature du traité en 2015, l&rsquo;administration Obama a maintenu un certain nombre de sanctions &#8211; exigence de visa pour tout ressortissant étranger ayant transité par l&rsquo;Iran, ou encore restrictions bancaires imposées par l&rsquo;OFAC, qui ont considérablement affecté la normalisation du commerce extérieur de l&rsquo;Iran. D&rsquo;après l&rsquo;ancien directeur de la Banque centrale iranienne, les bénéfices économiques du JCPoA auraient été, de 2015 à 2018, proches de zéro.</p>
<div></div>
<p>Par ailleurs, en dépit de l&rsquo;alternance politique à Washington en janvier 2021, la réticence des Etats-Unis à lever les sanctions en vigueur sous Donald Trump a été amèrement constatée. Les officiels iraniens ne croient plus à une quelconque volonté de leur part sur ce point, pas plus qu&rsquo;à un quelconque avantage financier pour l&rsquo;Iran, si d&rsquo;aventure le traité rentrait de nouveau en vigueur. La frilosité des banques et des entreprises étrangères pour investir en Iran témoigne d&rsquo;ailleurs du manque de confiance qu&rsquo;inspire la position américaine.</p>
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<div id="google_ads_iframe_/228216569/regie-atlantico/decryptage/Article/Pave-Haut2-desktop_1__container__"> Enfin, Téhéran n&rsquo;est pas dupe du fait que ces négociations interminables restent encore le meilleur moyen de contenir sa montée en puissance, un objectif qui est au cœur de la « stratégie iranienne » des Etats-Unis depuis 1979. Quand bien même le JCPoA reverrait le jour, il ne faudrait s&rsquo;attendre de leur part qu&rsquo;à une levée des sanctions réduite au minimum. L&rsquo;activisme politique et militaire de l&rsquo;Iran au Moyen-Orient, son programme balistique ou ses entorses aux droits de l&rsquo;homme resteraient ce qu&rsquo;ils ont toujours été pour Washington : des lignes rouges infranchissables, empêchant toute normalisation de la situation de l&rsquo;Iran sur la scène internationale.</div>
</div>
<p>Cette analyse a dès lors incité la nouvelle administration iranienne à élaborer une stratégie capable de neutraliser l&rsquo;impact des sanctions sur l&rsquo;économie, et surtout viable en dépit de leur maintien. Pour ce faire, le regard de l&rsquo;Iran a changé de direction, se tournant résolument vers l&rsquo;Est pour chercher d&rsquo;autres partenaires : ses voisins régionaux et surtout deux grandes puissances, la Chine et la Russie. Une stratégie pleinement approuvée par le Guide Suprême Ali Khamenei, qui n&rsquo;a jamais caché son scepticisme face au rapprochement avec l&rsquo;Occident.</p>
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<h4><strong>Le temps, un allié précieux</strong></h4>
<p>Depuis la reprise des négociations, la position de Téhéran a pourtant eu le mérite d&rsquo;être claire et immuable, comme l&rsquo;a rappelé le vice-ministre des Affaires étrangères iraniens, de passage à Paris fin septembre : rien de plus qu&rsquo;un JCPoA appliqué à la lettre par toutes les parties (excluant de facto tout débat sur la stratégie régionale de l&rsquo;Iran ou son programme balistique) assorti de trois conditions non négociables : une levée pleine et entière des sanctions supprimées par le JCPoA, et de toutes celles mises en place depuis son entrée en vigueur en janvier 2016 ; le respect du traité garanti par les Américains ; enfin un paragraphe 29 (sur la normalisation du commerce international iranien) clarifié.</p>
<p>Pour tenir fermement cette position, la nouvelle administration Raïssi dispose désormais d&rsquo;un puissant allié : le temps. La lenteur des négociations lui laisse effectivement toute latitude pour poursuivre son programme nucléaire, et donc faire basculer le rapport de force en sa faveur. Par ailleurs, l&rsquo;Iran est d&rsquo;autant moins pressé que son économie s&rsquo;est montrée plus résiliente que prévu face aux sanctions. En dépit du plus haut taux d&rsquo;inflation jamais enregistré en vingt ans (45,2%), et d&rsquo;une dégradation des conditions de vie des Iraniens, il semblerait qu&rsquo;une sortie de crise soit en vue, du moins d&rsquo;après les données de la Banque centrale iranienne. Les exportations d&rsquo;hydrocarbures iraniennes pour 2020 ont largement dépassé celles des deux années précédentes, atteignant certains mois 1,5 millions de barils/jours. Les revenus pétroliers réalisés sur six mois en 2021 seraient déjà équivalents à ceux réalisés sur l&rsquo;année précédente, une excellente nouvelle alors que le cours du baril de brut a déjà plus que doublé et pourrait atteindre 100 dollars.</p>
<p>Ce contexte, assorti à son nouveau positionnement stratégique, durcira certainement l&rsquo;attitude de l&rsquo;Iran lors des négociations. La nomination à la tête de la nouvelle équipe diplomatique d&rsquo;Ali Bagheri Kani, ancien négociateur sous Mahmoud Ahmadinedjad, et farouche opposant au JCPoA perçu comme une atteinte à la souveraineté et à l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Iran, envoie à cet égard un signe clair. La reprise des négociations risque dès lors de s&rsquo;opérer sous un tout autre mode, où l&rsquo;administration Raïssi exigera une évaluation mesurable et objective des propositions issues des discussions. Une façon de plus d&rsquo;étirer le temps en faveur de l&rsquo;Iran.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 10/10/2021.</strong></p>
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		<title>Course contre la montre pour renégocier l&#8217;accord sur le nucléaire iranien</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/course-contre-la-montre-pour-renegocier-laccord-sur-le-nucleaire-iranien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Mar 2021 10:26:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
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		<category><![CDATA[accord nucléaire]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-8450 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico13-300x167.png" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico13-300x167.png 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico13-150x83.png 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/Atlantico13.png 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Dans sa volonté de se démarquer de la politique étrangère agressive de son prédécesseur, Joe Biden a fait de la renégociation de l&rsquo;accord sur le nucléaire iranien l&rsquo;un de ses principaux objectifs. Quoi de plus naturel pour celui qui, en tant que vice-président, avait activement contribué à ce moment historique pour la diplomatie américaine qu&rsquo;avait constitué la signature de l&rsquo;accord de Vienne ? Son investiture le 20 janvier devait donc coïncider avec la fin de la « pression maximale » et la résurrection du <em>Joint Comprehensive Plan of Action</em>.</p>
<p>Malheureusement, depuis le début de l&rsquo;année, les Etats-Unis et l&rsquo;Iran échouent à rétablir le dialogue.  A ce jour, les sanctions mises en place par l&rsquo;administration Trump persistent, si bien que l&rsquo;Iran augmente progressivement mais inexorablement son enrichissement nucléaire, bien au-delà des limites imposées par le <em>JCPoA</em> en 2015. Inflexible, Téhéran a refusé la main tendue par Washington et toute reprise des négociations, estimant à bon droit qu&rsquo;il revient d&rsquo;abord aux Etats-Unis, pays signataire qui a décidé unilatéralement de se retirer de l&rsquo;accord, de le réintégrer en levant l&rsquo;intégralité des sanctions imposées à la République islamique. Pour l&rsquo;heure, nul n&rsquo;accepte de faire ce pas en avant. Mais à trop tergiverser, les Américains pourraient bien laisser s&rsquo;échapper le <em>kairos</em>, le bon moment pour agir auprès de l&rsquo;Iran.</p>
<p>Washington est en réalité pris entre deux feux. Ses hésitations traduisent la crainte d&rsquo;une réaction très vive de ses alliés au Moyen-Orient, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;Israël ou des pétromonarchies sunnites du Golfe Persique, l&rsquo;Arabie Saoudite en tête, si des concessions étaient accordées à l&rsquo;Iran. Mais elles inquiètent ceux qui, au sein de l&rsquo;administration Biden, souhaitent un rapprochement irano-américain et savent qu&rsquo;en la matière, seule la rapidité d&rsquo;action sera gage de succès avant que le climat diplomatique ne se dégrade davantage.</p>
<p>Car malgré les sanctions qui étranglent son économie depuis bientôt trois ans, l&rsquo;Iran affiche une étonnante résilience qui lui donne du poids dans les négociations. Autres facteurs de risque pour Joe Biden, l&rsquo;élection présidentielle iranienne qui aura lieu en juin, et qui consacrera très certainement le retour des conservateurs au pouvoir en Iran, et surtout sa propre lenteur à agir, suspecte aux yeux des Iraniens, qui y voient le signe d&rsquo;un refus à lever les sanctions.</p>
<p>Ainsi, aux yeux du ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, aucun changement stratégique n&rsquo;a pu être observé malgré l&rsquo;alternance politique à Washington, ce que réfute Robert Malley, l&rsquo;envoyé spécial américain pour l&rsquo;Iran, qui estime que l&rsquo;échec de la « pression maximale » la relègue <em>de facto</em> au passé. Mais le point de blocage reste le même : si les Américains se disent prêts à négocier, ils se refusent pour des raisons diplomatiques à accepter le tempo de Téhéran et à lever les sanctions. A force d&rsquo;attendre, Joe Biden aura donc non seulement du mal à renégocier le <em>JCPoA </em>en abordant les « sujets qui fâchent » – l&rsquo;influence régionale de l&rsquo;Iran, son programme balistique et ses nombreux prisonniers binationaux &#8211;  et sur lesquels les conservateurs opposent une fin de non-recevoir, mais aussi à obtenir les accords de suivi que ses alliés réclament.</p>
<p>Temporiser reste pour Washington un calcul hasardeux. Car si Robert Malley estime que les prochaines élections en Iran n&rsquo;influencent en rien la stratégie américaine, il est évident qu&rsquo;à l&rsquo;inverse, elles orientent les décisions du Guide Suprême Ali Khamenei. En vérité, la stagnation de la situation le sert, car une levée des sanctions et une réouverture économique, en redonnant de l&rsquo;espoir aux Iraniens, pourraient en effet profiter davantage aux réformateurs, artisans du <em>JCPoA</em>, qu&rsquo;à l&rsquo;aile dure du régime. La morosité actuelle en Iran promet de se traduire dans les urnes par une très forte abstention, et donc par une plus forte probabilité de placer un « ultra » à la tête du pays. Les conservateurs font en outre campagne sur le fait que l&rsquo;Iran continuera à remettre en cause leur hégémonie – et celle de leurs alliés locaux – au Moyen-Orient en dépit de la « pression maximale » qui, au demeurant, aura permis à Téhéran de se dégager de sa dépendance à la rente pétrolière et de nouer de nouveaux partenariats économiques en Asie.</p>
<p>L&rsquo;impatience commence donc à monter à Washington, où les partisans de la paix avec l&rsquo;Iran s&rsquo;agacent de la lenteur de Joe Biden et déplorent sa décision de frapper ses proxies en Syrie. La stratégie de Donald Trump semble avoir tout de même laissé quelques traces chez certains officiels américains, persuadés que les démonstrations de force augmenteront leurs marges de manœuvre lors des négociations. Or, cette dangereuse escalade ne peut être que contreproductive : alors que les Etats-Unis accumulent les crises – sanitaire, sociale, et diplomatique avec la Chine et la Russie – leur stratégie actuelle face à l&rsquo;Iran risque de ne pas apaiser le Moyen-Orient, mais au contraire d&rsquo;en faire, à nouveau, un problème majeur pour la politique étrangère américaine.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 21/03/2021.</strong></p>
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		<title>Cinquième anniversaire de l&#8217;accord nucléaire iranien ou le remake d&#8217;un accord mort-né</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/cinquieme-anniversaire-de-laccord-nucleaire-iranien-ou-le-remake-dun-accord-mort-ne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Jan 2021 08:24:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[accord nucléaire]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est un euphémisme que de dire que l&#8217;accord nucléaire iranien du 14 juillet 2015 a été profondément fragilisé par le<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/cinquieme-anniversaire-de-laccord-nucleaire-iranien-ou-le-remake-dun-accord-mort-ne/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">C’est un euphémisme que de dire que l&rsquo;accord nucléaire iranien du 14 juillet 2015 a été profondément fragilisé par le retrait américain en mai 2018. Outre ce retrait, l’administration Trump a, de surcroit, imposé, dans le cadre de sa stratégie de « pression maximale », des sanctions économiques sévères à l’encontre de l’Iran. Néanmoins, force est de constater que plus de deux ans et demi après ce retrait, tout ce que la « pression maximale » américaine a pu générer est l’intensification de l’activité nucléaire iranienne.  Ainsi, il y a deux semaines, Téhéran a annoncé que le taux d’enrichissement de l’uranium allait être porté à 20%, un niveau proche de la concentration nécessaire pour la fabrication d’une bombe. Il a également précisé que le pays allait mettre un frein drastique à la surveillance et la vérification internationale, assurées par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (« AIEA »). Le dossier nucléaire iranien est donc revenu au-devant de la scène, à la situation ante par rapport à la date de son implémentation, il y a précisément cinq ans, 16 janvier 2016.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Or dans trois jours la nouvelle administration de Joe Biden assumera ses fonctions, ce qui mettra un terme au carnaval diplomatique auquel Donald Trump avait habitué le monde. Le Président élu n’a jamais caché son intention de faire réintégrer les Etats-Unis dans l’accord nucléaire. L’espoir est donc permis de considérer qu’un nouvel engagement diplomatique irano-américain est sur le point de démarrer. Ce d’autant que l’ensemble des personnes appelées à occuper des postes de responsabilité dans l’administration Biden ont joué un rôle clé dans la finalisation de l’accord nucléaire de 2015. Qu’il s’agisse d’Anthony Blinken, le prochain secrétaire d’Etat, de William Burns, le prochain directeur de la CIA ou encore de Jake Sullivan, le prochain conseiller à la sécurité nationale, tous ont eu un impact direct et décisif dans ces négociations.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Or, le contexte mondial a changé. En cinq ans, Donald Trump a fait de la Chine un ennemi, de la Russie un sujet de sanctions et de l’Iran le pays à abattre. Il ne sera donc pas aisé pour l’accord de redémarrer sachant que la confiance réciproque fait totalement défaut. Le premier pas pose déjà problème. En effet, qui de l’Iran ou des Etats-Unis, devra faire ce premier pas ? Biden souhaite que l’Iran prenne l’initiative et revienne au respect total de ses engagements au titre de l’accord avant sa réintégration par Washington. Les iraniens, pour leur part, ont la position inverse et considèrent que le premier pas devra être effectuer par les américains sachant que ce sont eux qui ont quitté l’accord. Cette question est donc le premier obstacle à une relative normalisation du dialogue et pourrait confronter l’administration Biden à une crise nucléaire dès le début de son mandat. En effet, l’administration rentrante américaine rencontrera l’administration finissante de Rouhani, plus encline que son successeur, à entamer des discussions avec Washington. Aucun des candidats potentiels du camp conservateur iranien, donné vainqueur des élections à venir en juin 2021, n’a l’expérience d’un dialogue avec Washington ni ne souhaite se montrer trop empressé à la recherche d’un apaisement. Rouhani, fragilisé et décrédibilisé aux yeux des électeurs iraniens ne pourra, de par l’opposition du guide, mener ces discussions qui pourront apporter les dividendes financiers dont le pays a si désespérément besoin.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Rappelons que l’idée principale, partagée à l’époque par l’administration Obama et les autres membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, était de d’abord freiner le programme nucléaire iranien tout en évitant aborder d’autres points d’achoppement comme la projection de puissance iranienne au Moyen-Orient et son programme de missiles balistiques.  </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">L’espoir était que l’Iran, percevant les avantages économiques de son retour dans le concert des nations, allait être plus enclin à aborder les autres volets de la préoccupation occidentale. Or, les iraniens ont constaté, pendant les deux années et demi suivant la signature de l’accord et le retrait américain, que ce qui les pénalisait vraiment étaient les sanctions américaines liées aux non respect des droits de l’homme et au soutien allégué au terrorisme qui, elles, n’avaient pas été levées, empêchant le retour de l’Iran dans le système financier international et son accès aux financements de projets internationaux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Contrairement aux sanctions liées au nucléaire qui peuvent être levées directement par le Président américain par voie de décret, ces autres sanctions nécessitent  un vote du congrès, vote quasi impossible à l’époque d’Obama et encore plus difficile aujourd’hui. La position de la quasi totalité des représentants républicains, à l’occasion du vote sur la destitution de Donald Trump, la semaine dernière, démontre ainsi que les thèses défendues par ce dernier continuent à régenter leur parti. Pareillement, au Sénat, les démocrates n’ont la majorité que grâce à la voie de départage du vice-président et il n’est pas certain que, s’agissant de l’Iran, pays honni par beaucoup d’entre eux, ils feraient bloc derrière la volonté de réengagement de l’administration Biden.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">De surcroit, l’administration Biden voudra, à l’occasion de la reprise du dialogue, aborder outre la question du nucléaire, la question des missiles balistiques et la présence militaire iranienne au Moyen-Orient; tout cela en concertation avec l’Israel et ses alliées, les pétromonarchies du golfe persique. Pareillement, Téhéran, par la voie du Guide Ali Khamenei, a déclaré que le retour à l’accord nucléaire n’était pas l’objectif principal et qu’il fallait négocier avant tout la levée totale des sanctions, nucléaires ou pas. Il est vrai que Téhéran n’a reçu qu’une infime fraction des centaines de milliards d’investissements étrangers annoncés lors de signature en 2015. Entre temps, la guerre déclarée à la Chine par l’administration Trump a amené Beijing à apporter une alternative économique à l’Iran. Contrairement à 2015, l’unanimité au conseil de sécurité fera défaut.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial',sans-serif; color: #3b3b3b;">Autant dire que l’accord n’est pas près de voir le jour et que l’Iran reviendra au sommet de l’agenda politique internationale dès ce fin janvier.</span></p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 17/01/2021.</strong></p>
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		<title>Deux ans après le retrait américain de l’accord nucléaire, rien de nouveau à l’horizon</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/deux-ans-apres-le-retrait-americain-de-laccord-nucleaire-rien-de-nouveau-a-lhorizon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 May 2020 19:28:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[accord nucléaire]]></category>
		<category><![CDATA[Atlantico]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 8 mai 2020 était la date du second anniversaire du retrait américain de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/deux-ans-apres-le-retrait-americain-de-laccord-nucleaire-rien-de-nouveau-a-lhorizon/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="lettrine lettrine"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-6273 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1IF58N-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1IF58N-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1IF58N-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/05/000_1IF58N.jpg 900w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p class="lettrine lettrine">Le 8 mai 2020 était la date du second anniversaire du retrait américain de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU plus l&rsquo;Allemagne et l’union européenne. L’administration Trump n’avait d’ailleurs jamais caché sa volonté de sortir les Etats-Unis de cet accord, qualifié par Trump comme « le pire accord jamais négocié par les Etats-Unis». Il s’agissait là d’un énième assaut mené par le Président américain nouvellement élu contre tous les acquis de l’administration Obama. Après l’abrogation des mesures de protection de l’environnement, du climat et la sécurité sociale pour tous, il fallait que Trump s’en prenne à cet accord qui était l’exploit phare de l&rsquo;administration d’Obama et qui avait obtenu l’adhésion de la communauté internationale entière ! Les Etats-Unis se sont donc retrouvés comme le seul pays signataire ayant quitté l&rsquo;accord.</p>
<p>L’objectif déclaré de Washington était d’appliquer à l’Iran une politique de pression maximale afin de contraindre ce pays à se remettre autour de la table en vue de la renégociation d’un nouvel accord nucléaire. Ce nouvel accord vu de Washington devait (i) mettre un terme à la quête du nucléaire pour l’éternité, (ii) imposer à l’Iran l’arrêt de son programme de missiles balistiques et (iii) un retrait complet de son influence dans la région du moyen orient. Ces demandes américaines auraient eu pour conséquence, si elles avaient été acceptées par Téhéran, de priver l’Iran des moyens d’assurer sa défense, il ne faut pas oublier que le pays fait également l’objet d’un embargo sur les armes conventionnelles. Autant dire que l’Iran se serait engagé à se désarmer complémentent.</p>
<p>Bien évidemment, l’Iran opposa à Washington un front de refus et face à la « pression maximale » américaine, l’Iran présenta une  « résistance maximale ». Le problème de fond pour les Etats-Unis concernant le dossier iranien était qu’il ne restait plus grand-chose à sanctionner. Tous les secteurs industriels étant déjà visés en ce y compris le secteur pétrolier, il ne restait plus à Washington qu’à s’en prendre aux officiels iraniens, dont le ministre des Affaires étrangères Zarif en lui interdisant, au mépris du droit international, l’accès au siège de l’ONU à New York.</p>
<p>Or, loin de contraindre l’Iran à s’asseoir à la table des négociations, cette pression maximale américaine a amené, à plusieurs reprises, les deux pays au bord de la guerre; une première fois à l’occasion de la destruction du drone américain au-dessus des eaux territoriales iraniennes, une seconde fois lors de la destruction des installations pétrolières saoudiennes par des missiles cruise, vraisemblablement à l’initiative de l’Iran, même si revendiquée par les Houthis du Yémen et enfin à l’occasion de l’assassinat du Général Soleimani en Iraq suivi, en retour, par les frappes iraniennes sur les bases américaines.</p>
<p>Les tensions sont loin de s’apaiser, le harcèlement que font subir, au quotidien, les navires iraniens à la marine américaine peuvent à chaque instant déraper en conflit ouvert. Le récent placement en orbite d’un satellite militaire par l’Iran n’a fait qu’exacerber les sentiments d’hostilité de Washington à l’égard du pouvoir iranien. Par dépit, le secrétaire d’Etat américain a même eu recours à des dispositions de l’accord nucléaire dont les Etats-Unis ne faisaient plus partis, lui fournissant une base juridique pour condamner l’Iran pour son programme spatial.</p>
<p>Des occasions se sont pourtant présentées et auraient pu permettre aux deux parties de renouer des liens. La crise du Covid-19 suivie d’une demande de prêt iranienne adressée au Fonds Monétaire International aurait pu créer un rapprochement, si cette demande n’avait pas été rejetée par Washington. Le récent crash des cours pétroliers ne fait pas non plus l’affaire de Washington. Etonnamment, de tous les pays producteurs de pétrole, l’Iran est celui qui encaisse le mieux la chute des cours du fait de son accoutumance à des sanctions américaines. Ainsi, la marge de négociations américaines se réduit de jour en jour, ce d’autant que l’Iran, en privatisant des pans entiers de l’économie détenue par l’Etat, semble avoir trouvé de nouvelles sources de financement pour ses finances publiques. Parallèlement, son influence dans la région ne cesse de s’agrandir avec d’une part l’incapacité des saoudiens de venir à bout des Houthis, d’autre part l’arrivé au pouvoir du nouveau premier ministre pro-iranien à Bagdad et enfin l’enracinement d’Assad à Damas.</p>
<p>A ce rythme-là, la pression maximale américaine devra encore durer des décennies avant que Téhéran ne fléchisse.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></p>
<p><strong>Paru dans l&rsquo;Atlantico du 10/05/2020. </strong></p>
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