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	<title>Non classé &#8211; Amir Aslani</title>
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	<description>Éclairages et réflexions</description>
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		<title>La Syrie, nouveau pivot diplomatique du monde arabe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 07:33:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
		<category><![CDATA[Syrie]]></category>
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					<description><![CDATA[Employés à renforcer leur indépendance, les pays arabes du golfe Persique poursuivent, parallèlement à la reprise de leurs relations avec<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/la-syrie-nouveau-pivot-diplomatique-du-monde-arabe/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Employés à renforcer leur indépendance, les pays arabes du golfe Persique poursuivent, parallèlement à la reprise de leurs relations avec Téhéran, un processus semblable avec Damas, après plus d’une décennie de rupture diplomatique. C’est une tendance à l’œuvre depuis 2018, mais qui s’est considérablement accélérée ces trois dernières années. Oman a ainsi été le premier État du Conseil de coopération du Golfe à rouvrir son ambassade à Damas en octobre 2020, tandis que la diplomatie active des Émirats arabes unis a culminé en mars 2022 par la visite officielle du président syrien Bachar el-Assad à Dubaï, sa première visite dans un pays arabe depuis le début de la guerre civile en 2011. Le Bahreïn a rouvert sa première mission diplomatique en Syrie en juin 2022 après dix ans d’absence, et depuis le début de l’année 2023, les échanges diplomatiques et visites de délégation se multiplient.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Ramener la Syrie dans le giron arabe</strong></h4>
<p>Le séisme du 6 février, qui a fortement impacté la Syrie et mit en péril 5,3 millions de ses habitants, a contribué à créer de nouveaux canaux diplomatiques en faveur de Damas et d’un assouplissement des sanctions occidentales à des fins humanitaires. Au-delà de cette “diplomatie du désastre” largement exploité par Bachar el-Assad pour se refaire une virginité politique, le processus de normalisation initié par ses voisins se veut pragmatique : mettre de côté des années de brouille contre-productive et ramener la Syrie dans le giron arabe répondent en effet à une vision stratégique plus large, visant à stabiliser le Moyen-Orient et à renforcer sa cohésion.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Le séisme du 6 février, qui a mit en péril 5,3 millions de ses habitants, a contribué à créer de nouveaux canaux diplomatiques en faveur de Damas et d’un assouplissement des sanctions occidentales”</em></p>
<p>La position de l’Arabie saoudite est à cet égard déterminante, et il n’est guère surprenant qu’après avoir multiplié les signaux publics concernant sa réconciliation avec l’Iran, Riyad soit en pourparlers avec Damas pour rouvrir leurs ambassades respectives le mois prochain. Dans le royaume comme dans d’autres chancelleries arabes, la nécessité d’un dialogue serein avec la Syrie semble faire consensus. La tenue du prochain sommet de la Ligue Arabe en Arabie saoudite en mai prochain pourrait être le moment d’annoncer publiquement une reprise officielle des relations avec la Syrie.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Profiter de la proximité Iran-Syrie</strong></h4>
<p>Certains analystes ont eu tôt fait de penser que cette normalisation s’inscrivait dans une tentative d’éloignement de la Syrie de la sphère d’influence iranienne, afin de lui redonner une meilleure autonomie vis-à-vis de l’Iran et l’ancrer plus fortement dans le monde arabe. En réalité, le fait que cette normalisation s’accélère depuis l’annonce de l’accord irano-saoudien le 10 mars dernier sous l’égide de la Chine ne relève guère du hasard. Loin de vouloir éloigner la Syrie de l’Iran, le monde arabe chercherait bien davantage à bénéficier de sa proximité avec la République islamique pour approfondir leurs relations, et constituer un front commun contre les positions occidentales. Histoire de bien rappeler la profondeur des liens qui unissent son pays à l’Iran, Bachar el-Assad lui-même a précisé aux chancelleries arabes qu’il n’avait aucunement l’intention de prendre ses distances avec Téhéran. Depuis la guerre froide, l’Iran entretient en effet des liens étroits avec la Syrie, à la fois politiques et économiques. Damas a été le premier pays arabe à reconnaître l’existence de la République islamique en 1979, le seul aussi avec la Libye à la soutenir face à l’Irak entre 1980 et 1988.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Damas a été le premier pays arabe à reconnaître l’existence de la République islamique en 1979, le seul aussi avec la Libye à la soutenir face à l’Irak”</em></p>
<p>Entre ces deux pays se trouve une alliée commune, la Russie, qui a largement profité comme l’Iran de la guerre civile syrienne pour renforcer son influence locale. Et tandis que la guerre en Ukraine a rendu la Russie dépendante de l’aide militaire de l’Iran, elle n’a en rien diminué son engagement en Syrie, renforçant bien au contraire sa collaboration sécuritaire locale avec Téhéran. Moscou encourage donc de près le processus de normalisation entre les pays arabes et Damas, ainsi qu’avec la Turquie, dans le but de protéger ses intérêts stratégiques en Syrie et au Moyen-Orient.</p>
<h4 class="inter-titre"><strong>Mettre en défaut les États-Unis</strong></h4>
<p>Face à ce rééquilibrage régional, les États-Unis apparaissent en défaut. S’ils qualifient cette normalisation avec la Syrie de “honteuse” et n’entendent pas réviser leur position quant à l’illégitimité du pouvoir d’Assad, leur stratégie pour maintenir son pays dans l’ostracisme tant qu’il restera au pouvoir apparaît plus incertaine. Certes, les Américains disposent de la loi César, mise en place par l’administration Trump en 2020, qui impose des sanctions contre la Syrie, mais aussi contre des pays tiers qui tenteraient de commercer avec elle. Joe Biden n’est pas revenu sur ce texte, confirmant le maintien de la stratégie trumpienne contre Bachar el-Assad.</p>
<p class="mise_en_avant"><em>“Dans l’optique de protéger leurs intérêts immédiats au Moyen-Orient, les États-Unis n’auront d’autre choix que d’opter pour le dialogue, avec leurs alliés mais aussi avec leurs ennemis”</em></p>
<p>Appliquera-t-il cette loi à des alliés comme la Turquie ou l’Arabie saoudite, mettra-t-il en place des sanctions économiques ou un embargo sur les ventes d’armes à l’encontre d’autres pays qui souhaiteraient normaliser leurs relations diplomatiques avec la Syrie ? Cela paraît peu probable, pour une simple question de priorités, alors que la Chine et la Russie occupent l’essentiel de la politique étrangère de l’administration Biden. Au demeurant, la politique des sanctions et autres mesures coercitives a prouvé son inefficacité depuis plus de dix ans : toujours au pouvoir, Bachar el-Assad est plus courtisé que jamais par ses voisins, et en passe d’être totalement réhabilité sur la scène régionale.</p>
<p>Dans l’optique de protéger leurs intérêts immédiats au Moyen-Orient, les États-Unis n’auront d’autre choix que d’opter pour le dialogue, avec leurs alliés mais aussi avec leurs ennemis, seule manière de sécuriser la région et de préserver leur crédibilité stratégique. Les puissances du Moyen-Orient, devenues des interlocuteurs diplomatiques incontournables, y verront là l’aboutissement de leur quête d’indépendance.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste le 05/04/2023.</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les entretiens de la Géopolitique</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-entretiens-de-la-geopolitique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 07:25:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Conférences]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani a eu le plaisir d’être l’invité, le 4 avril dernier, à la table ronde des « Entretiens de la<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/les-entretiens-de-la-geopolitique/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir-Aslani a eu le plaisir d’être l’invité, le 4 avril dernier, à la table ronde des « Entretiens de la Géopolitique » organisée au siège des Républicains. Il est notamment intervenu sur le thème suivant: « <strong>Le rôle diplomatique et politique de la France dans la région Caucase-Iran-Turquie</strong> ».</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Face au martyre de l&#8217;Arménie, la coupable inefficacité de la communauté internationale</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/face-au-martyre-de-larmenie-la-coupable-inefficacite-de-la-communaute-internationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Oct 2022 11:54:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[FIGAROVOX/TRIBUNE &#8211; La reprise des affrontements entre l&#8217;Arménie et l&#8217;Azerbaïdjan souligne la faillite de la communauté internationale, garante de la sécurité<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/face-au-martyre-de-larmenie-la-coupable-inefficacite-de-la-communaute-internationale/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>FIGAROVOX/TRIBUNE &#8211;</strong> <em>La reprise des affrontements entre l&rsquo;Arménie et l&rsquo;Azerbaïdjan souligne la faillite de la communauté internationale, garante de la sécurité de la région, déplore Ardavan Amir-Aslani qui voit dans l&rsquo;approvisionnement de gaz en provenance de Bakou une volonté de ménager l&rsquo;agresseur.</em></p>
<p>Plus d&rsquo;un siècle après le génocide dont leur peuple fut victime sur décision de l&rsquo;Empire ottoman, les Arméniens se trouvent de nouveau au bord d&rsquo;une nouvelle catastrophe. Ceux du Haut-Karabagh sont visés, mais depuis <a href="https://www.lefigaro.fr/international/bombardements-en-armenie-l-azerbaidjan-s-engage-dans-une-dangereuse-escalade-20220913" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">le 13 septembre 2022</a>, également ceux de la mère patrie, l&rsquo;Arménie. Si l&rsquo;agresseur d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est l&rsquo;Azerbaïdjan, l&rsquo;ombre de la Turquie, à peine dissimulée, se devine derrière Bakou, tous deux unis dans un projet panturquiste qui menace non seulement la vie de milliers d&rsquo;Arméniens, mais aussi l&rsquo;indépendance et la sécurité de leur pays et du Caucase.</p>
<p class="fig-paragraph"><a href="https://www.lefigaro.fr/international/haut-karabakh-le-nouveau-martyre-des-armeniens-20201223" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">La guerre «des 44 jours»</a> à l&rsquo;automne 2020 avait remis en lumière le conflit vieux d&rsquo;un siècle dans le Haut-Karabagh, ce «confetti» territorial dont le désir d&rsquo;indépendance est un sujet de discorde récurrent entre l&rsquo;Arménie, dont les ressortissants peuplent majoritairement le territoire de 4400 km², et l&rsquo;Azerbaïdjan, qui s&rsquo;était vu accorder la souveraineté sur l&rsquo;enclave par Staline en 1921. La chute de l&rsquo;Empire soviétique et la proclamation de la république autonome du Haut-Karabagh en 1991 avaient remis en cause cet état de fait. Azéris et Arméniens s&rsquo;étaient alors opposés une première fois pendant trois ans, avant de s&rsquo;accorder sur un cessez-le-feu incertain qui attribua à l&rsquo;Arménie sept districts entourant l&rsquo;enclave, ainsi que 9 % du territoire azéri.</p>
<p class="fig-paragraph">Au cœur de ce conflit extrêmement complexe s&rsquo;affrontent depuis 30 ans deux légitimités, le droit à l&rsquo;autodétermination des peuples et le poids d&rsquo;une histoire multiséculaire, face à l&rsquo;intangibilité des frontières. Depuis 30 ans surtout, l&rsquo;Azerbaïdjan rumine sa revanche à l&rsquo;égard du peuple arménien, nourrit un nationalisme agressif, et met à contribution sa fabuleuse rente pétrolière et gazière pour cimenter ses alliances, notamment avec la Turquie, qui a elle aussi un intérêt culturel et géopolitique dans l&rsquo;affaire. Face aux conséquences de la guerre en Ukraine, Ankara souhaite en effet développer de nouvelles infrastructures de transport d&rsquo;hydrocarbures entre l&rsquo;Azerbaïdjan et son territoire, en contournant la Géorgie jugée trop instable. La querelle autour du corridor du Zanguezour, qui doit relier la zone de Nakhitchevan, sous juridiction azérie, au reste de l&rsquo;Azerbaïdjan via le sud de l&rsquo;Arménie, est au cœur de ce projet et explique le soutien sans faille de la Turquie à l&rsquo;Azerbaïdjan.</p>
<blockquote class="fig-quote">
<p class="fig-quote__text"><em>À chaque nouvel affrontement, la guerre ouverte menace de dériver en nouveau génocide, comme l&rsquo;Institut Lemkin pour la prévention des génocides l&rsquo;a signalé pour la troisième fois en moins d&rsquo;un an.</em></p>
</blockquote>
<p>Au lancement de l&rsquo;offensive en septembre 2020 pour reprendre les territoires perdus 25 ans plus tôt, l&rsquo;Azerbaïdjan avait déjà bénéficié de son assistance logistique et stratégique, notamment de <a href="https://www.lefigaro.fr/international/des-combattants-syriens-jihadistes-au-karabakh-selon-macron-20201001" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">ses mercenaires syriens</a> et de ses drones Bayraktar TB2. L&rsquo;Arménie, sans soutien direct, n&rsquo;a pas résisté longtemps à un assaut patiemment préparé. Le cessez-le-feu de novembre 2020 a conservé à l&rsquo;Azerbaïdjan les territoires conquis au Haut-Karabagh ainsi que le contrôle des sept districts entourant l&rsquo;enclave, dont les Arméniens ont été chassés.</p>
<p class="fig-paragraph">Loin d&rsquo;être résolu, le conflit «des 44 jours» n&rsquo;a donc été que la première étape d&rsquo;une guerre de conquête qui se poursuit sans relâche pour ôter à l&rsquo;Arménie toute présence dans la région, qu&rsquo;elle soit culturelle – avec la destruction systématique du patrimoine religieux arménien – ou humaine – avec l&rsquo;objectif de reprendre le corridor de Latchine, la seule voie d&rsquo;accès entre l&rsquo;Arménie et le Haut-Karabagh, sous contrôle des forces de maintien de la paix russes. Mais face à l&rsquo;inefficacité du groupe de Minsk – devenu l&rsquo;Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe – pour trouver une solution pérenne entre l&rsquo;Azerbaïdjan et l&rsquo;Arménie, et face à l&rsquo;abandon de la Russie, force de maintien de la paix autoproclamée qui faillit à sa mission en raison de son enlisement en Ukraine, les deux prédateurs, la Turquie et l&rsquo;Azerbaïdjan, ont le champ libre pour satisfaire leurs appétits envers l&rsquo;Arménie. À chaque nouvel affrontement, la guerre ouverte menace de dériver en nouveau génocide, comme l&rsquo;Institut Lemkin pour la prévention des génocides l&rsquo;a signalé pour la troisième fois en moins d&rsquo;un an.</p>
<p class="fig-paragraph">Ainsi, entre le 12 et le 14 septembre dernier, l&rsquo;Arménie et l&rsquo;Azerbaïdjan ont en effet connu une nouvelle crise à l&rsquo;instigation de Bakou, qui a rompu le cessez-le-feu et frappé directement le territoire arménien pour résoudre la question du statut du corridor du Zanguezour par la force. Bilan des deux côtés: plus de 600 morts. La reprise de ces affrontements frontaliers souligne avec une cruelle acuité la faillite de la communauté internationale, garante de la sécurité de la région mais qui n&rsquo;a apporté aucune solution à un conflit qui n&rsquo;a désormais plus rien de gelé.</p>
<blockquote class="fig-quote">
<p class="fig-quote__text"><em>Affaiblie par ses pertes militaires en Ukraine, l&rsquo;ancienne grande puissance tutélaire de la région s&rsquo;avère de plus en plus incapable de « tenir » sa zone d&rsquo;influence caucasienne, démontrant la vanité de ses ambitions impériales.</em></p>
</blockquote>
<p class="fig-quote__text">La Russie a été la première à manifester sa défaillance. Officiellement soutien de l&rsquo;Arménie dans le cadre de l&rsquo;Organisation du traité de sécurité collective, elle est <a href="https://www.lefigaro.fr/international/la-desillusion-des-armeniens-vis-a-vis-de-moscou-20220925" data-fig-type="Article" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">dénoncée par Erevan</a> comme une alliée sans fiabilité qui ne lui a apporté aucune assistance malgré ses demandes répétées, notamment lors des attaques azéries de septembre dernier contre les villes arméniennes de Goris, Sotk et Jermuk. Affaiblie par ses pertes militaires en Ukraine, l&rsquo;ancienne grande puissance tutélaire de la région s&rsquo;avère de plus en plus incapable de «tenir» sa zone d&rsquo;influence caucasienne, démontrant la vanité de ses ambitions impériales.</p>
<p class="fig-paragraph">L&rsquo;Union européenne et particulièrement la France sont également à blâmer pour leur action inefficace depuis 30 ans. Certes, les Européens ont pu obtenir à Prague le 7 octobre dernier le déploiement d&rsquo;une <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-ue-va-envoyer-une-mission-en-armenie-pour-aider-a-delimiter-les-frontieres-avec-l-azerbaidjan-20221007" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">mission d&rsquo;observation civile</a> à la frontière entre l&rsquo;Arménie et l&rsquo;Azerbaïdjan, avec l&rsquo;accord des deux parties. Mais au-delà des déclarations, comme celle du président Macron dans son interview télévisée du 12 octobre, qu&rsquo;a obtenu la France pour protéger les Arméniens? Outre sa mission historique de défense des chrétiens d&rsquo;Orient, elle accueille la plus importante communauté arménienne d&rsquo;Europe. Son soutien à Erevan est donc un devoir envers la diaspora et envers une alliée essentielle pour la stabilité du Caucase.</p>
<div id="hbv-native-inarticle-btf" class="hbv-figtag-native figtag-native">
<div class="figtag-native__body">Pour sa part, l&rsquo;Union européenne, tout à son angoisse de trouver des alternatives énergétiques aux hydrocarbures russes, n&rsquo;a pas hésité à tendre la main à l&rsquo;Azerbaïdjan, <em>hub</em> énergétique relié à l&rsquo;Europe par un <a href="https://www.lefigaro.fr/flash-eco/azerbaidjan-les-exportations-de-gaz-vers-l-europe-en-forte-hausse-20220912" data-fig-type="NewsFlash" data-gtm-custom-categorie="navigation" data-gtm-custom-action="crossclick" data-gtm-custom-label="Contextuel" data-gtm-event="customEventSPE" data-fig-domain="LEFIGARO">réseau étoffé de gazoducs</a>, en dépit de son action criminelle au Haut-Karabagh et en Arménie. Le 18 juillet dernier, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s&rsquo;était rendue à Bakou pour annoncer un nouvel accord visant à doubler les importations de gaz d&rsquo;Azerbaïdjan, et ainsi diversifier les sources d&rsquo;approvisionnement du continent européen. D&rsquo;un régime autoritaire et belliciste à un autre, l&rsquo;Union européenne décidément ne s&#8217;emploie pas à tenir ses engagements, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la défense des peuples opprimés, de la démocratie, ou de la lutte contre le réchauffement climatique. De telles décisions la fragilisent face à l&rsquo;impérialisme des nations prédatrices et décrédibilisent son projet politique, ce qui est encore plus inquiétant pour son avenir.</div>
</div>
<div></div>
<div><strong>Par Ardavan Amir-Aslani. </strong></div>
<div></div>
<div><strong>Paru dans Le Figaro du 21/10/2022.</strong></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Ardavan Amir-Aslani, invité de RFI</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-rfi-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 May 2022 09:00:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[embargo]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[RFI]]></category>
		<category><![CDATA[sanctions]]></category>
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					<description><![CDATA[Ardavan Amir Aslani a eu le plaisir d&#8217;être l&#8217;invité de RFI English afin d&#8217;intervenir sur les leçons à tirer de l&#8217;Iran<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-invite-de-rfi-2/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ardavan Amir Aslani a eu le plaisir d&rsquo;être l&rsquo;invité de RFI English afin d&rsquo;intervenir sur les leçons à tirer de l&rsquo;Iran quant à l&rsquo;efficacité des sanctions occidentales contre Moscou ainsi que sur l&#8217;embargo sur le pétrole et le gaz russes .</p>
<p>Regarder l&rsquo;intégralité de l&rsquo;interview <a href="https://www.youtube.com/watch?v=d345j3spoaw" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vague d’assassinats terroristes contre les afghanes engagées</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/vague-dassassinats-terroristes-contre-les-afghanes-engagees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Mar 2021 17:11:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Afghanistan]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis quelques mois, l’Afghanistan est le théâtre d’assassinats ciblant des personnalités connues et moins connues de la vie civile et<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/vague-dassassinats-terroristes-contre-les-afghanes-engagees/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-8216 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/vague-dassassinats-terroristes-contre-les-afghanes-engagees-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/vague-dassassinats-terroristes-contre-les-afghanes-engagees-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/vague-dassassinats-terroristes-contre-les-afghanes-engagees-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/03/vague-dassassinats-terroristes-contre-les-afghanes-engagees-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Depuis quelques mois, l’Afghanistan est le théâtre d’assassinats ciblant des personnalités connues et moins connues de la vie civile et plus particulièrement les jeunes femmes.</p>
<p><strong> </strong><strong>Vague de meurtres ciblés de jeunes femmes</strong></p>
<p>Depuis quelques années en Afghanistan, des journalistes, des religieux, des hommes politiques et militants des droits de l’Homme sont la cible d’attaques terroristes meurtrières au sein du pays. Les membres des forces de l’ordre ont également été victimes d’assassinats à Kaboul notamment par l’installation de mines placées sur les bords de route. Cependant, ces derniers mois, les jeunes femmes afghanes occupant des hauts postes ou des positions clés dans le monde de l’information ou de la justice semblent faire l’objet d’une attention accrue des terroristes. Le 4 mars dernier, à Jalalabad, ville située à l’est de Kaboul, une femme médecin a été victime d’un attentat à la voiture piégée. Quelques jours plus tôt, trois jeunes femmes afghanes, journalistes, âgées de 20 à 25 ans travaillant pour Enikass-TV, une chaîne de télévision locale, ont été abattues dans des lieux séparés, dans le cadre d’attaques coordonnées. Une quatrième jeune femme a été gravement blessée mais n’a pas péri dans l’attaque. Quelques mois plus tôt, une présentatrice âgée de 26 ans avait également été abattue au volant de sa voiture. En janvier 2021, deux femmes juges auprès de la Cour suprême afghane avaient été tuées par balle à Kaboul par deux hommes affiliés à des groupes terroristes. La Cour suprême était déjà dans le collimateur des groupes terroristes depuis quelques mois déjà puisque celle-ci avait déjà essuyé un attentat suicide en février 2017, visant une foule d’employés, qui avait engendré une vingtaine de morts et plus du double de blessés. 200 femmes juges travaillent actuellement dans cette institution. Certains attentats ont été revendiqués par les Talibans, principal groupe terroriste en Afghanistan ou encore par Daech. L’Afghanistan détient d’ailleurs depuis 2018 le record macabre du nombre de morts liés aux attentats avec environ 7000 morts par an, passant devant l’Irak.</p>
<p><strong> </strong><strong>Un regain de violence coïncidant avec la fin d’une guerre interminable avec les États-Unis</strong></p>
<p>L’Afghanistan est dans l’œil du cyclone américain depuis les attentats du 11 septembre 2001 revendiqués par Al-Qaeda. En plus des guerres contre les pays de l’ <em>« axe du mal »</em> (expression de Georges W. Bush à la suite de l’effondrement des deux tours jumelles), correspondant à l’Irak sous le régime de Saddam Hussein, l’Iran et la Corée du Nord, les États-Unis ont également mené une guerre à et en l’Afghanistan de 2001 à 2014. S’embourbant dans ce conflit interminable, l’administration Trump a initié le début de la fin de la guerre en janvier 2020 en signant un accord avec les Talibans qui a entériné un retrait complet des troupes américaines d’ici mai 2021, en échange de la stabilisation de la région forcée. La présence des forces américaines en Afghanistan se situe aujourd’hui à 2500 hommes, chiffre au plus bas depuis les attentats du 11 septembre 2001. L’OTAN en revanche, qui a toujours 6500 soldats en place dans la région, a déclaré qu’elle n’avait pas encore décidé le retrait de ses troupes comme cela était prévu dans le cadre de l’accord négocié entre les Talibans et l’administration Trump. Profitant de la réduction d’effectif américain et de l’incertitude planant dans le pays depuis quelques mois, les terroristes se sont engouffrés dans la brèche d’instabilité pour semer le chaos dans un pays fragilisé par 40 ans de luttes inter-afghanes, au milieu des conflits entre les Soviétiques, les Américains et les alliés dont la France. Ainsi, les terroristes présents sur le sol afghan attaquent les forces armées et la population civile quasiment quotidiennement depuis quelques mois. En 2020, plus de 18 000 attaques ont été perpétrées par les Talibans selon les renseignements afghans. Ce regain de violence est observable très nettement malgré les négociations de paix qui ont lieu en parallèle entre le gouvernement afghan et les Talibans au Qatar qui joue le rôle de médiateur. Les pourparlers sont en effet dans l’impasse tant les modalités de l’après-guerre américaine sont complexes à déterminer. L’administration Biden a quant à elle gelé toute décision pour se laisser le temps d’évaluer la situation actuelle et les solutions possibles. Joe Biden devra rapidement décider si l’accord signé par son prédécesseur restera en vigueur ou si les termes devront changer. Du côté de l’Afghanistan, la colère gronde au sein du peuple qui critique l’incapacité du gouvernement à endiguer la vague d’assassinats. Toutefois, le gouvernement afghan se veut rassurant. Le président afghan, Ashraf Ghani, a déclaré que <em>« L’Afghanistan n’est pas le Vietnam », </em>que n’est pas un<em> « gouvernement qui s’effondre »</em>, et qu’il ne craint nullement une prise de pouvoir militaire par les Talibans.</p>
<p>Reste à voir s’il a raison !</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 10/03/2021. </strong></p>
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		<title>Pourquoi les sanctions économiques américaines n’ont plus d’effets</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/pourquoi-les-sanctions-economiques-americaines-nont-plus-deffets/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Jan 2021 11:51:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-7638 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/les-sanctions-americaines-contre-productives-et-desuetes-826x459-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/les-sanctions-americaines-contre-productives-et-desuetes-826x459-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/les-sanctions-americaines-contre-productives-et-desuetes-826x459-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2021/01/les-sanctions-americaines-contre-productives-et-desuetes-826x459.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p><em>« Les nations n&rsquo;ont pas d&rsquo;amis ou d&rsquo;alliés permanents, elles n&rsquo;ont que des intérêts permanents »</em> dixit Lord Palmerston, Premier ministre et Secrétaire aux affaires étrangères britannique sous la reine Victoria. Ces mots résonnent fortement dans l’histoire liant les États-Unis et le Moyen-Orient dans laquelle les alliances n’ont eu de cesse de changer, à l’instar des relations impliquant l’Iran et Israël. Ces derniers étaient en effet des alliés stratégiques des États-Unis au Moyen-Orient jusqu’à la Révolution islamique en 1979 qui a redistribué les cartes. Depuis lors, les États-Unis, ont reporté leur attention sur l’Iran, dont la place de choix et la force historique a toujours effrayé les monarchies du golfe Persique. D’autres pays ont également fait l’objet du courroux américain dont Cuba, le Venezuela et plus récemment les rebelles houthis au Yémen.</p>
<p><strong>Un outil surexploité par les États-Unis pour forcer les négociations</strong></p>
<p>Les sanctions américaines ont dès le départ été utilisées afin d’amener de force les différents acteurs politiques à la table des négociations. En 2015 par exemple, les sanctions économiques à l’encontre de l’Iran avaient poussé Téhéran à participer aux négociations et à signer l’accord sur le nucléaire (JCPOA) en échange de son retour sur les marchés internationaux. Mais sous l’Administration Trump, les dizaines de rounds de sanctions contre l’Iran, les centaines de désignations d’iraniens ou d’entreprises sur la liste noire ainsi que la politique de non-négociation vis-à-vis de l’Iran ont participé au processus d’érosion du mécanisme de sanctions. Or, la souplesse dans les négociations est primordiale pour parvenir à un succès politique et diplomatique. Les négociations secrètes à Oman en 2013, dont l’objectif était de renouer des relations et trouver une issue sur le nucléaire, n’auraient pas été un succès sans un assouplissement de la part des États-Unis menés par Barack Obama à cette époque, accompagné de son vice-président, Joe Biden.</p>
<p><strong>Des sanctions économiques stériles d’un point de vue politique</strong></p>
<p>Bien que l’effet du rouleau compresseur américain ait été incontestablement destructeur pour les économies iraniennes et vénézuéliennes, la politique de « pression maximale » exercée religieusement par l’Administration Trump et ce, jusqu’aux derniers jours du mandat du 45<sup>ème</sup> président n’a pas eu les effets escomptés sur les gouvernements iranien et vénézuélien. L’Iran, principale cible de Washington depuis l’administration Clinton mais surtout depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en 2017, tel le Roseau dans la fable de Jean de La Fontaine, a plié sans rompre sous les coups américains et la crise de la Covid-19, résisté sans courber le dos et attendu la fin du mandat de Donald Trump. Malgré une situation économique des plus compliquées, la position du régime iranien n’a donc pas bougé d’un iota. Sur la même note, les négociations menées au Venezuela, qui portaient uniquement sur les modalités de sortie de Nicolás Maduro, ont été un échec, faute de souplesse et d’ouverture dans les négociations de la part de Washington.</p>
<p>Les sanctions économiques ne semblent donc pas avoir d’effet pour renverser un régime ou même le faire infléchir. Pourtant, tel est bien le but des lois politiques d’Amato Kennedy (pour l’Iran et la Libye) et Helms-Burton (pour Cuba) encadrant l’extraterritorialité. En effet, l’interdiction pour les entreprises américaines (sanctions primaires) et étrangères (sanctions secondaires) de commercer avec les <em>rogue states</em> (« Etats voyous ») avait pour finalité de créer une pression économique si forte &#8211; en plaçant <em>de facto</em> les Etats ciblés hors de la communauté internationale &#8211; que les peuples seraient tentés de renverser eux-mêmes leurs dirigeants afin de mettre un terme à l’hémorragie économique.</p>
<p>Par ailleurs, les sanctions économiques semblent être des mesures faisant l’objet de tractations politiques. En effet, la loi Helms-Burton de 1996 a été votée sous Clinton alors que celui-ci se représentait à la présidence des États-Unis et essayait de démontrer que sa priorité était la défense des intérêts américains. Le renforcement des sanctions économiques sous Donald Trump faisait partie de son programme, qu’il a consciencieusement appliqué afin de satisfaire son électorat et pouvoir prétendre à un second mandat. Toutefois, l’échec cuisant de ces sanctions retentissantes ont certainement participé au baroud de déshonneur de celui-ci à la fin de son mandat.</p>
<p>En outre, l’effet pervers des sanctions américaines, qu’il est important de mettre en lumière est le renforcement des régimes en place, qui profitent du chaos économique et de la cristallisation des tensions pour entériner leur mainmise sur leur pays. Les élites politiques, par exemple les Gardiens de la Révolution en Iran, ont pu s’enrichir durant la période des sanctions imposées à l’Iran en augmentant leur contrôle sur les canaux de distribution et en éliminant les concurrents extérieurs dans l’économie du pays.</p>
<p><strong>Des sanctions désastreuses d’un point de vue économique et humain</strong></p>
<p>La guerre économique menée sans merci n’a certes pas été un succès au niveau politique mais a provoqué en revanche des dégâts colossaux au niveau économique et humanitaire dans les pays ciblés par les sanctions.</p>
<p>L’Iran par exemple est en récession économique depuis trois ans, après que le prix du baril de pétrole ait drastiquement chuté, de même que le nombre de barils exportés du fait du retrait américain de l’accord nucléaire en mai 2018, le tout entrainant une forte inflation. Les sanctions sectorielles ont affecté la vie des iraniens qui ont enduré une pénurie sévère de denrées alimentaires et de médicaments, encore plus meurtrière en période de crise sanitaire mondiale. La classe moyenne s’est appauvrie et la diaspora iranienne présente dans le monde s’est retrouvée impuissante face à la situation de leur pays d’origine puisque tout contact avec les banques extérieures a été coupé.</p>
<p>Quant au Venezuela, qui a pour similitude avec l’Iran d’avoir une économie principalement pétrolière, est en grande difficulté en raison de la privation des financements américains, de l’interdiction d’importations notamment de produits alimentaires et de médicaments mais également de gasoil et de diesel pour les véhicules et ambulances dans le pays, un comble pour un pays pétrolier.</p>
<p>Des exemptions ont été progressivement mises en place pour la nourriture et les produits de première nécessité, notamment par l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France après le retrait américain du JCPOA en 2018. Mais cette demi-solution n’a pas réussi à résoudre le vrai problème économique touchant les deux pays : l’impossibilité d’exporter leur pétrole. En sus, des dommages importants sont à déplorer dans d’autres nations alliées des t les dirigeants Houthis sont les alliés de l’Iran.</p>
<p><strong>Iran – Venezuela – Chine – Corée du Nord : l’alliance des honnis</strong></p>
<p>Dès le mois de mai 2020, alors que les salves de sanctions américaines ne laissaient aucun répit aux peuples iranien et vénézuélien, l’Iran a décidé de mettre en place un corridor « anti-sanctions », impliquant le Venezuela, l’Iran, la Chine et la Corée du Nord. La coalition émergente fait tourner ce corridor à plein régime, sous les yeux des américains, en partageant notamment ses connaissances dans les domaines militaires et du renseignement, de l’économie et de la cybercriminalité.</p>
<p>La Chine, bien consciente d’être indispensable aux États-Unis d’un point de vue économique, a très tôt soutenu les efforts iraniens et vénézuéliens pour défendre leur souveraineté face aux sanctions américaines, dénonçant une ingérence illégale au regard du droit international, de la part de Washington. Après la fin du passe-droit accordé à la Chine et à la Turquie pour les exportations, la Chine a bravé le risque de rétorsion et est vite devenue le principal receveur des exportations vénézuéliennes et iraniennes, notamment de pétrole, qui représentent plus que la moitié des exportations des deux pays. Ainsi, chaque jour des centaines de milliers de barils iraniens (au lieu de 1,5 millions auparavant) et plus de 2 millions de barils de brut vénézuélien ont été achetés par la Chine. Ce soutien aux ennemis des États-Unis n’a pas été sans conséquences pour la Chine qui certes, est devenu le maillon indispensable du circuit anti-sanctions américaines mais s’est vue imposée des sanctions notamment à l’égard de la société chinoise China National Electronics Import &amp; Export Corporation (CEIEC), pour avoir soutenu le président vénézuélien Nicolás Maduro.</p>
<p>La lutte anti-sanctions américaines ainsi engagée a amené le chef d’État vénézuélien à manifester sa volonté de restructurer son armée à l’aide de l’Iran. Le corridor maritime anti-sanctions américaines pourrait également s’équiper de navires d’escorte chinois. Par ailleurs, de nombreux conseillers iraniens ont également investi les lieux de pouvoir au Venezuela afin de leur livrer leurs conseils en matière de contournement des sanctions américaines dont les premières ont vu le jour dès 1979 en Iran, année historique de la Révolution islamique.</p>
<p><strong>Une obsolescence des sanctions américaines consommée</strong></p>
<p>Imaginé par des militaires français, Jean Tannery et Frédéric François-Marsal, durant la Première Guerre Mondiale, le concept de guerre économique est loin d’être récent. L’idée était de déplacer le conflit du champ de bataille au champ économique afin d’anéantir l’ennemi allemand sans perdre plus d’hommes. Le mode opératoire consistait ainsi à provoquer un ras-le-bol au sein de la population afin que celle-ci demande la résolution du conflit. Les américains, après avoir reçu l’enseignement de ce concept, l’ont repris à la lettre lors de la guerre froide, substituant ainsi l’affrontement militaire par l’affrontement économique.</p>
<p>Bien que le dollar ait été un vecteur puissant offert à l’Amérique pour imposer sa loi au reste du monde jusque-là, la guerre économique exercée par les États-Unis à coups de sanctions unilatérales et d’embargos, à cause d’une application abusive de l’extraterritorialité de leurs lois, semble être sur le point de décliner définitivement. L’installation durable de nouveaux concurrents et la transformation d’un monde bipolaire en un monde multipolaire ont en effet rebattu les cartes sur la scène internationale. De plus, le contournement des transactions en dollars pour privilégier l’euro ou le huan  &#8211; utilisé notamment dans les ventes de pétrole vénézuélien à la Chine &#8211; a diminué la dépendance de ces pays au dollar. Ainsi, les États-Unis, menés par Joe Biden durant les quatre prochaines années, devront innover par rapport aux administrations Clinton, Obama, Trump qui ont usé et abusé de ce <em>modus operandi</em>. De plus, en raison du coup porté au leadership moral des Etats-Unis suite à l’inefficacité des sanctions et leur coût humain, Joe Biden devra en plus opérer avec davantage de perspicacité.</p>
<p><strong>L’irréversibilité des sanctions questionnant la responsabilité de leur créateur</strong></p>
<p>Les sanctions américaines s’avèrent tenaces et peut être même rémanentes à l’Administration Trump qui les a multipliées. En effet, il n’existe pas de processus permettant de faire machine arrière car ces mesures n’ont tout simplement pas été créées pour contenir une possibilité de retour ou d’assouplissement. Cependant, il est important de comprendre que si les sanctions sectorielles continuent à être imposées de manière unilatérale, des mécanismes, comme le corridor anti-sanctions, continueront d’être créés pour contourner les sanctions, ce qui au bout du compte ne bénéficiera à personne puisque cela engendrera une diminution de la transparence dans le système économique mondial.</p>
<p>L’annulation de ces sanctions ou du moins leur remodelage va constituer pour Joe Biden, malgré sa longue expérience en politique étrangère, l’un des principaux défis qu’il lui faudra relever durant son mandat. Une des façons de procéder pourrait être celle de l’allègement des sanctions liées à la pandémie et l’apport d’une aide alimentaire considérable mais toutefois sans chercher à revitaliser l’économie de pays non alliés. La signature d’un nouvel accord avec l’Iran et l’organisation de sommets avec le Venezuela, Cuba et la Corée du Nord permettraient également d’éviter que ces pays ne se reposent sur des puissances concurrentes telles que la Chine et la Russie. Une chose est sûre, c’est que la question de la responsabilité inhérente au pouvoir d’imposer des sanctions doit être posée.</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani et Inès Belkheiri. </strong></p>
<p><strong>Publié dans Le Nouvel Economiste. </strong></p>
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		<title>Ardavan Amir-Aslani interviewé par Sputnik</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Aug 2020 09:14:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Ils sont ulcérés. Ce vendredi 21 août, les États-Unis s’insurgent contre l’avis des Européens sur la prolongation de l’embargo sur<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/ardavan-amir-aslani-interviewe-par-sputnik/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ils sont ulcérés. Ce vendredi 21 août, les États-Unis s’insurgent contre l’avis des Européens sur la prolongation de l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran. En effet, une semaine après s’être abstenue lors du vote du Conseil de sécurité de l’ONU pour proroger cet embargo, la France et ses partenaires ont désapprouvé la réclamation américaine (snapback) visant à rétablir des sanctions internationales contre l’Iran. Le Secrétaire d’État Mike Pompeo enrage et accuse ses alliés de «s’aligner sur les ayatollahs». Quel rôle joue la France envers l’Iran? Cherche-t-elle à s’émanciper de la politique américaine, agressive à l’égard de ce pays du Moyen-Orient?</p>
<p>Ardavan Amir-Aslani, avocat d’affaires franco-iranien, cofondateur du cabinet Cohen Amir-Aslani et auteur d&rsquo;ouvrages traitant de géopolitique au Moyen-Orient, dénonce, dans ce nouveau Désalliances, l’alignement de la France sur les États-Unis dans les dossiers iraniens. Emmanuel Macron avait en effet fini par adopter le discours de Donald Trump sur le nucléaire iranien signé en 2015. Aujourd’hui, Paris fait une nouvelle fois le même constat que Washington concernant la vente d’armes à l’Iran. Selon le Quai d’Orsay, la sécurité et la stabilité régionale ne manqueront pas d’être impactées si Téhéran parvient à acheter de nouvelles armes. Et ce n’est pas l’abstention européenne au vote pour la résolution américaine de prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran lors du Conseil de sécurité de l’ONU du vendredi 14 août qui pousse Ardavan Amir-Aslani à changer son analyse. Au contraire, l’avocat franco-iranien, qui a été l’intermédiaire de nombreuses entreprises françaises en Iran entre 2015 et 2018, fait observer que la France a préféré s’abstenir au lieu de voter contre le projet américain. Celui-ci va pourtant à l’encontre des initiatives diplomatiques françaises puisque l’Iran a promis de sortir de l’accord sur le nucléaire si l’embargo était prolongé après le 18 octobre prochain. Or, même si l’abstention retoquait la résolution américaine, la France ne s’est donc pas opposée aux États-Unis comme l’ont fait la Chine et la Russie. Cette position «d’intermédiaire honnête» pour l’Iran, «de troisième voie» sur le plan international dans les relations avec Téhéran, semble impossible à tenir pour Paris, selon Ardavan Amir-Aslani. L’agressivité américaine, notamment illustrée par l’extraterritorialité de ses lois, apparaît trop oppressante devant la faiblesse européenne. Et pour l’invité de Sputnik, cette approche alternative ne tiendra pas non plus au Liban. En effet, Paris refuse de désigner le Hezbollah, une des premières forces politiques au pays du Cèdre et allié à l’Iran, comme une organisation terroriste. Mais jusqu’à quand? Les pressions américaines et israéliennes ont d’ores et déjà fait infléchir les partenaires britanniques et allemands qui ont dénoncé le mouvement chiite libanais.</p>
<p><strong>Retrouvez l&rsquo;interview <a href="https://youtu.be/f_bMerOT0-Y" target="_blank" rel="noopener">ici</a>.</strong></p>
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		<title>Une riposte iranienne millimétrée et lourde de sens</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/une-riposte-iranienne-millimetree-et-lourde-de-sens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jan 2020 20:16:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouvel Economiste]]></category>
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					<description><![CDATA[Ils avaient promis la vengeance après l&#8217;assassinat du général « martyr ». En frappant cinq jours plus tard deux bases américaines en<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/une-riposte-iranienne-millimetree-et-lourde-de-sens/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="size-medium wp-image-4806 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/une-riposte-iranienne-contre-les-bases-americianes-en-irak-fut-millimetree-et-lourde-de-sens-300x167.jpg" alt="" width="300" height="167" srcset="https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/une-riposte-iranienne-contre-les-bases-americianes-en-irak-fut-millimetree-et-lourde-de-sens-300x167.jpg 300w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/une-riposte-iranienne-contre-les-bases-americianes-en-irak-fut-millimetree-et-lourde-de-sens-150x83.jpg 150w, https://www.ardavan-amir-aslani.com/wp-content/uploads/2020/01/une-riposte-iranienne-contre-les-bases-americianes-en-irak-fut-millimetree-et-lourde-de-sens.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Ils avaient promis la vengeance après l&rsquo;assassinat du général « martyr ». En frappant cinq jours plus tard deux bases américaines en Irak, les dirigeants de la République islamique ont démontré la maîtrise militaire et régionale de l&rsquo;Iran ainsi que l&rsquo;isolement des Américains au Moyen-Orient. Mais si la confrontation directe et immédiate a été évitée, cette riposte sonne également comme un avertissement.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Pour l&rsquo;Iran, l&rsquo;enjeu était cornélien et urgent. Comment satisfaire une population éplorée réclamant vengeance et laver l&rsquo;affront de l&rsquo;assassinat de Soleimani, sans pour autant déclencher un véritable conflit ouvert avec les Etats-Unis ? Téhéran ne pouvait pas non plus écarter la menace de Donald Trump visant 52 sites culturels iraniens, même si cette éventualité, qui aurait constitué un crime de guerre, a évidemment été invalidée par l&rsquo;administration Trump.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Mercredi 8 janvier, le jour même des funérailles de Ghassem Soleimani dans sa ville natale de Kerman, l&rsquo;Iran a lancé plus d&rsquo;une douzaine de missiles balistiques sur la base d&rsquo;Aïn al-Assad, située au nord de Bagdad, et à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Les deux bases accueillaient les forces américaines en Irak dans le cadre de la lutte contre l&rsquo;Etat islamique, mais les frappes n&rsquo;ont fait aucune victime. Tandis qu&rsquo;en Iran, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a déclaré que les frappes « <i>concluaient la réponse iranienne</i> », Donald Trump s&rsquo;est dit satisfait de voir « <i>l&rsquo;Iran capituler</i> ».<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>L&rsquo;analyse de cet épilogue est riche en enseignements. Loin d&rsquo;être symboliques, les représailles iraniennes ont été parfaitement calibrées pour répondre à l&rsquo;assassinat de Ghassem Soleimani, sans pour autant franchir la ligne rouge en entraînant la mort de ressortissants américains. En l&rsquo;espèce, les analystes soulignent que les soldats américains avaient été alertés suffisamment à l&rsquo;avance pour quitter les bases, aussi les échanges d&rsquo;information entre l&rsquo;Irak et l&rsquo;Iran portent-ils à croire que l&rsquo;Iran a délibérément épargné la vie des militaires.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Par leur précision et leur portée, les frappes iraniennes ont étonné jusqu&rsquo;aux militaires américains, qui leur ont rappelé le précédent contre les sites pétroliers saoudiens le 14 septembre dernier. Certes, Téhéran a toujours nié sa responsabilité dans l&rsquo;affaire&#8230; Néanmoins, de l&rsquo;avis de tous les experts, aucun pays de la région, y compris Israël, n&rsquo;aurait été en mesure de se protéger contre de telles attaques. Force est de constater que les forces militaires iraniennes disposent d&rsquo;un arsenal non conventionnel (missiles balistiques et drones) extrêmement sophistiqué, sans oublier une réelle maîtrise des cyberattaques et près de 250 000 miliciens chiites répartis dans tout le Moyen-Orient. En outre, la mort de Soleimani a permis à l&rsquo;Iran de fédérer un arc chiite et plus globalement régional contre l&rsquo;ingérence américaine au Moyen-Orient, dont la fin est devenue plus que jamais l&rsquo;objectif de « l&rsquo;axe de la résistance ». Face à un adversaire qui possède la maîtrise du terrain et des techniques de guerre aussi précises qu&rsquo;imprévisibles, les Etats-Unis sont plus isolés que jamais, réduits à accepter le bombardement de leurs bases irakiennes pour peu qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de pertes humaines.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Cette démonstration a permis de faire un état des lieux des rapports de force au Moyen-Orient, et ceux-ci ne sont clairement plus en faveur des Américains, dépourvus d&rsquo;alliés dans la région, malgré leur supériorité militaire. L&rsquo;Irak a désormais choisi le camp iranien, peut-être même au-delà des milices chiites pro-iraniennes, tandis que tous les tenants de « l&rsquo;arc chiite », jusqu&rsquo;au Hezbollah libanais, promettent leur propre vengeance contre les Etats-Unis. Tout porte à croire que les réponses iraniennes n&rsquo;en resteront pas là, mais celles-ci useront davantage de moyens détournées pour s&rsquo;exprimer. Le nouveau chef de la force Al-Qods, Esmaïl Qaani, ancien second de Soleimani, l&rsquo;a rappelé : l&rsquo;objectif reste, à long terme, de chasser toutes les forces américaines de la région. En déclarant Soleimani « <i>plus dangereux mort que vivant</i> », la République islamique dépasse l&rsquo;éloge funèbre et dévoile, presque clairement, ses intentions à moyen terme. Les jours de l&rsquo;interventionnisme américain semblent désormais petitement comptés.</p>
<p>Certes, la « guerre des douze jours » semble avoir été remportée par les Iraniens, qui ont donné la preuve d&rsquo;une capacité de réponse non négligeable. Pour autant, la République islamique demeure particulièrement fragile sur le plan intérieur, comme en témoignent les nouvelles manifestations contre le régime après le crash accidentel d&rsquo;un avion ukrainien le 8 janvier dernier, sur ordre des Pasdarans. Ce drame n&rsquo;a fait que réveiller les profondes divisions du peuple iranien, que l&rsquo;union sacrée autour de la mort d&rsquo;un général emblématique n&rsquo;avait que temporairement endormies. Plus que jamais, le régime se trouve confronté aux conséquences d&rsquo;une politique étrangère certes ambitieuse mais aussi très hasardeuse.</p>
<p>mais particulièrement hasardeuse..</p>
<p><strong>Par Ardavan Amir-Aslani.</strong></p>
<p><strong>Paru dans Le Nouvel Economiste du 14/01/2020.</strong></p>
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		<title>Bahrain : A bomb in waiting</title>
		<link>https://www.ardavan-amir-aslani.com/bahrain-a-bomb-in-waiting/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ardavan Amir-Aslani]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Dec 2018 15:09:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Blog]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[The results of Bahrain’s parliamentary elections on Saturday are a foregone conclusion, which is largely a product of continued oppression<a href="https://www.ardavan-amir-aslani.com/bahrain-a-bomb-in-waiting/" class="small">&#160; ... <i class="fa fa-arrow-circle-right"></i></a>]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class=" wp-image-1651 aligncenter" src="http://www.amir-aslani.com/wp-content/uploads/2018/12/79964306_025216348-1-300x169.jpg" alt="" width="434" height="254" /></p>
<p>The results of Bahrain’s parliamentary elections on Saturday are a foregone conclusion, which is largely a product of continued oppression by the ruling al Khalifa family against any meaningful challenges to its absolute authority. The government, propped up both politically and financially by the small country’s Persian Gulf neighbors, has shut down the political groups who could have mounted any serious number of votes, banned their members from politics, and jailed dissident clerics, activists, human rights defenders, journalists, and lawyers.</p>
<p>The island state has a long history of having its majority-Shia population (estimated to be between 60% to 65% of the population) governed by Sunni rulers, despite its historical ties with Iran that go back centuries. Intent on keeping the Sunni al Khalifa government secure, purportedly against increasing Iranian influence in the region, Saudi Arabia remains heavily involved in the country’s domestic politics. And the ruling family is in close collaboration with the Gulf countries to keep Bahrain firmly under their control: in 2011, when Bahrain’s Arab Spring protests put the <a href="https://www.washingtonpost.com/world/national-security/in-bahrain-a-smoldering-insurgency-reveals-the-resilience-of-irans-proxy-war/2018/05/17/f107d684-4c7f-11e8-84a0-458a1aa9ac0a_story.html?noredirect=on&amp;utm_term=.9752008e5727">largely-underprivileged</a> Shia in confrontation with the government’s security forces, Saudi Arabia and the United Arab Emirates <a href="https://www.nytimes.com/2011/03/15/world/middleeast/15bahrain.html">sent troops</a> across the 25 km-causeway linking the small island to the Saudi mainland to help put them down. In 2017, Bahrain <a href="https://edition.cnn.com/2017/06/05/middleeast/saudi-bahrain-egypt-uae-qatar-terror/index.html">cut ties</a> with Qatar as part of the Gulf crisis, and in October of this year, Saudi Arabia, Kuwait, and the United Arab Emirates <a href="https://www.reuters.com/article/us-bahrain-economy/saudi-kuwait-uae-to-sign-10-billion-bahrain-aid-deal-kuwait-newspaper-idUSKCN1ME0GC">pledged</a> $10 billion in aid to support Bahrain’s economy.</p>
<p>Furthermore, the government in Bahrain has been engaged in demographic engineering to shift the sectarian breakdown to their advantage. Unlike most other Gulf countries, Bahrain <a href="https://www.economist.com/middle-east-and-africa/2017/01/19/bahrain-is-still-hounding-its-shia">accepts Syrian refugees</a> (who are overwhelmingly Sunni) and hires scores of Sunnis from countries like Pakistan, Yemen, and Jordan into their security forces, all of whom are <a href="https://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2011/08/2011829104128700299.html">put on a fast track</a> to citizenship.</p>
<p>Considering the United States’ blank check to Saudi crown prince Muhammad bin Salman, and the presence of both American and British navy bases in Bahrain who benefit from stability and good relations with the ruling family, there is no reason for the al Khalifas to worry about international reprehension for their actions. Nonetheless, they promote a rosy PR narrative abroad, such as portraying themselves as bulwarks against Iranian attempts to expand influence, downplaying the Shia community’s size and <a href="https://www.economist.com/middle-east-and-africa/2016/06/23/brutal-king-cowardly-allies">grievances</a>, and <a href="http://edition.cnn.com/2008/WORLD/meast/05/30/jewish.ambassador/index.html">appointing</a> a Jewish female lawmaker as ambassador to the United States.</p>
<p>Meanwhile at home, the heavy-handed crackdown on opposition and dissidents continues. Al Wefaq, Bahrain’s largest opposition group who is led by a Shia cleric and who controlled nearly half the parliament in 2010, is only one of the political groups who has been dissolved and its members banned from politics. The Shia cleric who leads al Wefaq, Ali Salman, was tried for accusations of collaborating with Qatar. Hundreds of Bahraini dissidents have been <a href="https://www.hrw.org/news/2018/07/27/bahrain-hundreds-stripped-citizenship">stripped</a> of their citizenship in 2018 alone. Despite being acquitted of charges against him early in the summer, Salman was <a href="https://www.hrw.org/news/2018/11/20/bahrain-no-free-elections-current-environment">sentenced to life in prison</a> just three weeks before the election in a move likely to further intimidate any opposition to the government.</p>
<p>It is against the backdrop of these aggressive policies that Saturday’s elections took place. Holding elections in this atmosphere is nothing more than a charade that only helps promote its image, while it is impossible to lead to real change or reflect the genuine political will of the Bahraini people. It is for this reason that al Wefaq <a href="https://www.france24.com/en/20181009-bahrain-opposition-calls-election-boycott">called for a boycott</a> of the elections. While the government is touting a <a href="https://www.thenational.ae/world/gcc/bahrain-announces-election-results-as-palace-prepares-for-visit-from-saudi-crown-prince-1.795639">voter turnout rate</a> of 67% on Saturday (identical to the 2010 election’s turnout rate and significantly higher than 2014’s 52% when al Wefaq had also boycotted), al Wefaq <a href="https://www.reuters.com/article/us-bahrain-politics-election/bahrain-to-hold-run-off-vote-for-parliament-on-december-1-idUSKCN1NU0J6?il=0">disputes this number</a> and claims that the real number is just under 30%.</p>
<p>The reality is that the perceived lack of legitimacy of the elections and continued oppression of the Shia will only push them closer to Iran as they are increasingly frustrated and look outside the country for support. Meanwhile, Iran is reanimating a narrative to reassert control over Bahrain. It has long laid claim to the island, and there are several reports that it is <a href="https://www.washingtonexaminer.com/opinion/who-is-irans-next-target-bahrain-time-for-the-us-to-draw-a-line-in-the-sand">exploiting the frustration</a> of the Bahraini Shia and at the very least training militants in Iran and Iraq to carry out attacks against targets. “I did it because people on our side were killed as well,” <a href="https://www.washingtonpost.com/world/national-security/in-bahrain-a-smoldering-insurgency-reveals-the-resilience-of-irans-proxy-war/2018/05/17/f107d684-4c7f-11e8-84a0-458a1aa9ac0a_story.html?noredirect=on&amp;utm_term=.9752008e5727">said one prisoner</a> who had been arrested for conducting attacks on police patrols. With Iran’s use of a narrative of fighting oppression, the oppressed in Bahrain become easy targets for their co-religionists. And as long as legitimate grievances continue to not be addressed, those affected by the grievances, both violent and non-violent, will be driven straight into Iran’s arms. Thus, ironically, the real threat of strengthening Iran’s influence in the country actually comes from none other than the al Khalifa government and its Persian Gulf Sheikhdom supporters.</p>
<p><strong>By Ardavan Amir-Aslani</strong></p>
<p><em>*Ardavan Amir-Aslani is a member of the Paris Bar and an analyst of the geopolitics of the Middle East.</em></p>
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